27.06.2009

degradation

Luc Darmais, directeur territorial Loire, mais étant donné que l'indemnisation des demandeurs d'emploi - toujours plus nombreux - reste la priorité du service public de l'emploi, nous ne devons pas prendre de retard sur le traitement des dossiers et le paiement des indemnités ». Surtout que les effectifs vont se réduire pendant les vacances (50 % de personnel en moins) et que la rentrée promet d'être explosive avec l'arrivée massive des jeunes à la recherche d'un emploi et des victimes de licenciements,.

Pour résorber le nombre de dossiers en attente (« 10 000 dans la région mercredi » selon Dominique Chomarat, déléguée syndicale CFDT et ex-agent Assedic) , « trois nouvelles journées de rendez-vous auront lieu en juillet et en août ». Ce qui revient à dire que les 65 sites ex-Assedic régionaux seront fermés trois jeudis sur quatre.

Autre mesure, « la direction a mis en place ou a maintenu des pools de liquidation sur chacun des territoires de Pôle Emploi en Rhône-Alpes, des lieux centralisés où une dizaine d'agents s'affairent pour traiter des dossiers », explique encore Dominique Chomarat. « Mais ce n'est pas suffisant car en septembre, les primo-demandeurs d'emploi vont mobiliser énormément de ressources ».

La direction régionale de Pôle Emploi abordera-t-ellec la rentrée de façon sereine ? Son objectif serait de ne pas dépasser les 6 000 dossiers en attente. Avec les fermetures ponctuelles d'agences, les heures supplémentaires, les CDD recrutés d'ici au 1er juillet et la mise en place d'une inscription complète par téléphone au 39 49 cet été sans rendez-vous de validation, rien n'est moins sûr. Quant à l'intersyndicale, elle exige une augmentation des effectifs conséquente avec des embauches pérennes car « le nombre de demandeurs d'emploi suivis par conseiller se révèle trois fois plus élevé qu'il ne devrait être».

Magali Soubeyran

20.06.2009

primaire

Liberation

Obama l’a fait, Montebourg en rêve. Pour le député socialiste, c’est clair, le renouveau du PS passe par les primaires. Mercredi soir, donc, Arnaud Montebourg a remis à Martine Aubry un rapport sur le nouveau mode de désignation du candidat socialiste (ou de gauche) à l’élection présidentielle de 2012. Il y plaide pour des «primaires ouvertes» à toutes les formations et sympathisants de gauche, avec un calendrier à la clé et un argumentaire pour convaincre qu’il est «urgent de décider». Ce que ne veut pas croire la première secrétaire qui, vendredi, a préféré botter en touche : «C’est un sujet important», a-t-elle relevé sur RMC, mais la priorité est ailleurs : «Aujourd’hui nous sommes en pleine crise, donc moi je souhaite d’abord que les socialistes disent aux Français ce qu’ils veulent comme autre société.»

Le groupe de travail mis en place autour d’Arnaud Montebourg, secrétaire national du PS chargé de la rénovation, et Olivier Ferrand, président du think tank Terra Nova, proche des socialistes, dresse un état des lieux affligeant : un «projet dépassé», une crise du leadership à gauche et des «alliances en friche». Pour redonner de l’allant à la machine, il propose donc des primaires ouvertes (aux sympathisants de gauche ou, à défaut, aux sympathisants socialistes), qui permettront de «donner la plus grande dynamique politique au vainqueur». «C’est une nécessité absolue pour gagner. Nous sommes en effet minés par nos divisions, là où la droite a fait l’unité derrière Nicolas Sarkozy», insistent les auteurs. Il s’agit donc, pour eux, de construire «une implacable machine à rassembler».

«Charte». Concrètement, il s’agit de sélectionner les candidats à l’Elysée, lors d’«éliminatoires» étalés sur six mois, entre janvier et juin 2011. Les électeurs sont les sympathisants qui adhèrent à une «déclaration de principes, inscrite dans la charte de la primaire», moyennant une faible contribution de un ou deux euros. Ils sont appelés à faire leur devoir un dimanche, dans «des tentes à primaires» (les bureaux de vote) situées «devant des bâtiments publics et officiels». Les candidats, eux, sont soumis à «un système de parrainage peu restrictif», avec les signatures de grands élus (membres de la direction du PS, parlementaires…) ou de militants. Les personnalités amenées à concourir sont «les principaux responsables politiques du parti, les personnalités qui se sont construites une légitimité sur la qualité de leur travail parlementaire, leur expérience politique locale, leur popularité militante». Elles sont sélectionnées lors d’un premier vote dans dix départements, où ne seraient qualifiés que les candidats ayant dépassé 5 % des votants, puis dans 20 départements (seuil porté à 10 % des votants), et enfin lors d’un troisième tour dans les départements restants, avec un seuil de 15 %. C’est à ce stade que débuteraient véritablement les primaires avec un scrutin uninominal à deux tours au plan national. Pour cicatriser d’éventuelles plaies post-bagarre électorale, il est aussi prévu «l’organisation d’un congrès extraordinaire de désignation du candidat, dont le déroulé, la scénographie, la symbolique, sont pensés pour assurer le rassemblement des vaincus au vainqueur».

«Porte-à-porte». C’est sur cette dynamique que compte Arnaud Montebourg pour que, comme l’a fait le président des Etats-Unis, militants et sympathisants portent activement et leur candidat et son projet : la «mobilisation est principalement assurée par une campagne militante de porte-à-porte […] selon les méthodes expérimentées par Barack Obama dans sa campagne.» Un Obama érigé en modèle depuis qu’Arnaud Montebourg et Olivier Ferrand ont rencontré son staff de campagne en mars à Washington. Reste maintenant à convaincre les socialistes et leurs alliés de la pertinence du système.

16.06.2009

Européeennes

Le Figaro

Pour sa première réaction depuis l'échec des européennes, l'ex-candidate à la présidentielle a souligné que le PS a perdu 6,7 millions de voix par rapport au premier tour de 2007.

Elle a pris son temps et bien réfléchi à ce qu'elle allait dire. Depuis l'échec du PS aux européennes, Ségolène Royal était restée presque silencieuse, promettant de parler «le moment venu». Lundi, l'ancienne candidate à la présidentielle est sortie de son silence dans une salle mal sonorisée de la mairie du IVe arrondissement de Paris, remplie de ses partisans, étouffant sous la chaleur. Pour l'occasion, Ségolène Royal avait interdit les caméras, les micros et les appareils photo.

«Dans nos universités populaires, nous voulons d'abord et avant tout travailler.» Officiellement, la réunion, programmée depuis longtemps, était consacrée «au nouveau modèle de développement pour l'après-crise». Mais Ségolène Royal reconnaît elle-même qu'on «ne peut pas passer le contexte politique sous silence». Son premier commentaire sur les élections perdues : elle avait fait mieux en 2007. «Sur le PS, je dirai un fait non polémique qui est un fait précis et incontestable : ce sont 6,7 millions de voix qui ont été perdues depuis le premier tour de la présidentielle.» Des votes perdus, selon elle, auprès des jeunes, des femmes et des quartiers populaires. «Ceux qui subissent la crise sont ceux qui se sont détournés du vote», a-t-elle déclaré. En 2007, elle avait obtenu plus de 9,5 millions de voix.

 

Libérer les «énergies»

 

Au-delà de ce rappel historique qui fera plaisir à ses détracteurs, Royal a invité les socialistes à se redresser : «Face à cette situation, il faut avoir l'audace d'espérer, le courage de reconstruire et la générosité pour changer le système.» À propos du succès des Verts, elle a prévenu : «Une politique qui se réduirait à l'écologie serait mutilée.» Mais son entourage fait valoir que «l'un des trois piliers de son pacte présidentiel était l'écologie», les deux autres étant l'économie et le social.

Plutôt que commenter les mauvais résultats, elle préfère lancer de nouvelles pistes. L'ex-candidate a donc proposé à son parti «cinq défis». «Gouverner l'économie mondialisée» ; «construire une sécurité nouvelle» ; assurer les «mutations» nécessaires (écologiques ou urbaines par exemple) ; libérer les «énergies» par l'éducation et l'entreprenariat, conduire la «révolution démocratique», à travers la démocratie participative, notamment.

Alors que le PS a besoin de renouer avec le travail de fond, Ségolène Royal a voulu montrer l'exemple lundi. Après avoir débattu de la fraternité en avril et de l'Afrique en mai, elle s'est intéressée à la crise. Pour l'occasion, elle a réuni un plateau de haute tenue : les économistes Philippe Aghion et Jean-Paul Fitoussi, l'ancien conseiller de François Mitterrand Jacques Attali, mais aussi un syndicaliste, Édouard Martin, du groupe ArcelorMittal.

Ségolène Royal n'entendait pas non plus mener la charge contre Martine Aubry. La semaine dernière, après la défaite aux européennes, les deux femmes se sont vues. Dans les couloirs, Jean-Pierre Mignard, le plus royaliste des royalistes, banalise ces retrouvailles. Les adversaires de Royal, eux, minimisent. «C'est une discussion a minima», pense un proche de la première secrétaire. Le rapprochement pourrait mal passer auprès des alliés de Reims : «Ils se hérissent en disant que c'est une trahison du congrès.»