26.09.2009
solo
Ségolène Royal a toujours combattue les luttes d'appareil internes au parti socialiste. Elle a toujours cherchée à se placer en dehors ou au-dessus des courants socialistes qu'elle considére comme étant un frein à l'unité, à la camaraderie voire à la fraternité dans le parti. Même proche du premier secrétaire, François Hollande, elle ne s'est jamais investie dans l'organisation interne du parti.
D'ailleurs lorsqu'elle émerge au parti socialiste en 2006 elle est seule. Il n'y a personne autour d'elle pour structurer une organisation capable de la porter à l'investiture socialiste. Elle comptera d'abord sur une poignée d'élus et de militants qui ensuite feront des vagues jusqu'à former le tsunami qui emportera DSK et Fabius. C'est à partir de ce moment là qu'elle ralliera autour d'elle des figures socialistes. Humant là le parfum de la victoire et des futures responsabilités.
Elle a été soutenue jusqu'au congrès de Reims par une équipe regroupant plusieurs figures socialistes. Mais comme on lui a volé la victoire ils se sont éloignés. Normal dans un parcours politique finalement.
Ce qui pénalise le parti socialiste finalement ce sont celles et ceux qui restent fidèles mordicus à leur Laurent, à leur Dominique, à leur Lionel coûte que coûte. Ceux-là, que l'on peut qualifier d'idolâtres sectaires sans se tromper, vont mettre en œuvre tous les moyens pour parvenir à faire gagner leur poulain sachant qu'ils en profiteront par ricochet. Donc ils construisent patiemment depuis des années des réseaux internes au PS et externes. Ils infiltrent les médias nationaux, ils attirent à eux des élus, des gens de pouvoir, pour être ensuite en situation de peser sur la désignation interne à la candidature présidentielle. Le rêve de toute une vie politique.
Mais avec l'émergence de Ségolène Royal leur bel outil s'est brisé. Ils comprennent qu'il ne sert plus à rien de verrouiller en interne car c'est l'opinion, le peuple de gauche qui choisira sa ou son candidat(e). Finit les tractations d'arrière boutique. En cela on peut dire que l'émergence de Ségolène Royal a cassé cet appareil socialiste patiemment construit. On comprend mieux pourquoi ils lui vouent une haine tenace qui les a amené jusqu'à tricher honteusement lors du vote interne.
Ségolène Royal sait qu'elle n'aura pas l'appareil du parti socialiste de son côté même si elle gagne l'investiture pour 2012. Il y a trop de haines recuites pour que le PS fasse une grande fête de la Fraternité tous ensemble. C'est pourquoi elle choisit de s'adresser directement aux français en expliquant, et justifiant, sa politique. La politique par la preuve quoi.
Pour autant elle reste socialiste. Elle n'a pas à renier un parti dont elle porte fièrement les valeurs. Elle sait qu'elle ne pourra pas exister dans un combat d'appareil, que les éléphants vont essayer de l'enfermer pour la dominer donc elle s'en échappe en dépassant cet appareil mortifère générateur de petites phrases destructrices les uns contre les autres.
Elle n'appartient pas à ce microcosme politique parisianiste. Elle le dit haut et fort et elle peut le dénoncer car elle ne lui doit rien. Même les sondages de 2006 si favorables ne faisaient que refléter une attente populaire à son endroit. Cela s'est vérifié lors du congrès ou sans les sondages pour elle, elle avait encore gagné. Alors elle n'a plus de temps à perdre dans ces batailles internes et doit au contraire se tourner vers les français pour leur proposer un projet porteur de désirs d'avenir.
19:24 Publié dans actu segolène | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.09.2009
discours de Montpellier
Désirs d'avenir
Le Discours de Ségolène Royal lors de la Fête de la Fraternité
Voici le texte du discours de Ségolène Royal prononcé lors de la Fête de la Fraternité à Montpellier.
Et en vidéo, la première partie de ce grand discours.
Mes chers amis,
Permettez moi de vous dire ma joie et ma tendresse de vous voir, nombreux, vous qui êtes venus parfois de si loin, vous qui restez heureux et présents, par jour de grand beau temps comme par jour de tempêtes.
Nous avons marché ensemble et nous marcherons encore longtemps ensemble. Car c’est cela, l’esprit de notre mouvement citoyen, c’est cela l’esprit de Désirs d’Avenir : un rassemblement de citoyens en mouvement qui marchent, ensemble pour ouvrir un autre chemin.
Merci à tous les artistes, les créateurs, de leur don … celui de leur art pour nous offrir de la joie. Merci à ceux de l’ombre, ceux des coulisses, ceux qu’on ne voit jamais et sans lesquels rien ne serait possible.
Merci à Brahim Abbou, notre magnifique Brahim, à toute l’équipe du comité local de Désirs d’avenir, à Cité d’avenir : vous avez fait un travail formidable, enthousiaste, chaleureux qui a porté cet évènement. Merci à Hélène Mandroux qui nous accueille dans sa belle ville, merci à Jean-Louis Bianco, Delphine Batho, Guillaume Garot, Dominique Bertinotti, Najat Vallaud-Belkacem, Marie Monique Robin, Daniel Maximin pour votre présence et pour la qualité exceptionnelle de vos interventions. Merci à Jean-Pierre Mignard, mon ami, qui vous envoie le bonjour et s’excuse de ne pouvoir être parmi nous. Je ne l’oublierai jamais. Il est à Libreville dans le cadre de son métier d’avocat.
Martin Luther proclamait « le courage, c’est de ne pas se soumettre aux circonstances. » Permettez moi, aujourd’hui, de saluer VOTRE courage. Le courage de ne pas céder, de ne pas douter, malgré les vents tourbillonnants qui ne sont, au fond, que l’écume des vagues. « La vie, comme le combat politique est faite de méandres, de flux et de reflux. C’est le mouvement même de la vie. ». C’est François Mitterrand qui disait cela.
L’essentiel, c’est de garder son cap, d’avancer avec sa boussole et de ne pas quitter des yeux l’objectif que nous nous sommes fixés.
Le microcosme parisien, dérouté par ma liberté par mon refus de m’assujettir à leurs codes leurs compromissions a entamé la mise en accusation répétitive et obsessionnelle sur la solitude.
Comme si quelques notables de la politique en attente de jours meilleurs et allant faire leur marché ailleurs, comptaient davantage que vous tous qui donnez généreusement votre temps, vos déplacements, vos énergies, vous êtes vrais, simples, heureux, vous êtes la France qu’on aime.
Moi, ce qui me préoccupe ce n’est pas mon sort personnel, c’est le sentiment de solitude et même d’abandon que ressentent des millions de français. Qu’entendons-nous ? Les questions de vie quotidiennes sont là, de plus en plus pressantes : « qu’est-ce qui va se passer si la grippe arrive dans l’école de mon enfant ? Si je perds mon boulot ? Que va devenir ma vie, ma famille, si mon entreprise est menacée, si je tombe malade, si je ne peux pas rembourser mon emprunt, si je n’arrive pas à payer d’études à mon fils ou ma fille, s’ils ne trouvent pas de travail ? »
Le pouvoir nous abandonne et nous laisse seuls dans l’adversité. Tout un peuple abandonné en quelque sorte par ses dirigeants, voilà la vraie, la dure solitude à laquelle les télés devraient s’intéresser. La fragilité croissante n’épargne personne. On se méfie des gens de pouvoir, perçus comme incapables d’arranger le désordre. « Même quand ils agissent, pas de résultats concrets » entend-on. Alors oui, il faut d’urgence des résultats, ici et maintenant. Tout le reste, c’est du temps perdu et de l’embrouille.
Les politiques sont perçus comme des marchands de mots. « Taxes » : voilà le mot le plus rejeté, car même habillée en vert c’est une contrainte de plus. « Pourquoi ajouter des contraintes aux contraintes alors que la vie devient plus dure. On a l’impression d’avoir de moins de moins de liberté dans la vie quotidienne, même plus de liberté de la pensée. »
Combien de témoignages disant : « Je l’avoue : je me replie de plus en plus sur mon pré carré : ma famille, mes proches, les miens quoi. Je suis de gauche et je m’aperçois avec stupéfaction que j’ai du mal avec certains mots, je ne les comprends plus « collectifs », « soutien aux plus défavorisés » ou même « solidarité ».
Mots qui ébranlent nos certitudes et nos propres mots, usés à force d’être ressassés.
Osons le dire.
Solidarité ? Mais solidarité avec qui, quand on reçoit si peu ? On culpabilise les gens, on les traite comme des privilégiés parce qu’ils ont un CDI, comme si c’était un luxe ; on leur dit qu’ils sont de mauvais citoyens parce qu’ils utilisent leur voiture pour aller à un pique nique en famille le dimanche, comme si c’était un crime de lèse planète en vérité le coup d’une taxe. Et pendant ce temps, les vrais privilégiés prospèrent. La connivence, les réseaux de relations les protègent. C’est insupportable. De la même façon que l’on risque de rendre l’écologie difficile en créant des taxes nouvelles, on risque de galvauder ce beau mot de « solidarité », à force de l’invoquer sans mettre à bas les rentes des vrais privilégiés.
Alors, c’est pour tous et pour toutes que nous devons nous sentir fort de notre force, libre de notre liberté, sereins de notre sérénité.
Parce que nous avançons ensemble, parce que nous innovons ensemble, parce que nous entreprenons ensemble, parce que nous nous respectons mutuellement, parce que nous rêvons aussi un monde meilleur et que nous mettons, n’en déplaise à certains, toute notre énergie, toute notre force, toute notre créativité au service des autres et au service de la France.
Parce que le peuple est debout, parce que nous sommes les citoyens et que nous travaillons à l’avènement de ce Siècle Citoyen où l’on reprendra la maîtrise des choses, de nos vies sans subir le joug d’un pouvoir inerte.
Et de cela je suis fière ! Et de cela nous n’avons pas à rougir ! Et de cela nous n’aurons jamais à nous excuser, quelle que soit les scepticismes, les ricanements et les menaces. Soyez fiers de vous, soyons fiers de nous.
Mes chers amis, venus de partout.
Quel chemin parcouru depuis l’automne dernier ! Depuis cette première fête de la Fraternité qui fit couler tellement d’encre.
Vous avez vu depuis, ne boudons pas cette gourmandise, à quel point après les ricanements du Zénith le mot Fraternité s’est invité dans toutes les discussions, dans tous les discours, dans toutes les déclarations. Je m’en réjouis. Ce mot appartient à la France. Il est l’un des socles de notre pays, de notre démocratie, il est le grand vœu des Lumières ! Avec la liberté et l’égalité.
Quel chemin parcouru depuis un an !
Nous avons lancé les Universités Populaires Participatives. Chacune d’elle a été un grand succès. Nous avons réuni des milliers de personnes cette année pour débattre ensemble, avec des spécialistes remarquables, sur des sujets fondamentaux :
Qu’il s’agisse de la crise financière, ou comment la surmonter avec des hommes à la pointe de la réflexion économique comme Philippe Aghion ou Yann Algan ….
Qu’il s’agisse des liens entre l’Europe et l’Afrique… personne n’oubliera l’émouvante et puissante intervention de Stéphane Hessel, saluant le pardon de Dakar, saluant aussi notre volonté d’imposer la fraternité dans le débat public. Et nous avons entendu Daniel Maximin, si brillant et si convainquant.
Que nous évoquions la crise alimentaire ou la Fraternité, avec les interventions si humaines de Régis Debray et Jean Claude Guillebaud. Marie Monique Robin, le monde selon Montsanto nous a montré tout à l’heure les liens étroits et protection de la planète.
Oui, nous avons, depuis un an, avancé à pas de géants.
Le 1er Octobre, à Poitiers, débutera et pour 3 jours l’université populaire du grand sociologue Edgar Morin sur les 7 grands défis que doit relever l’humanité : défi de la politique et de la gouvernance internationale, défi économique, social, écologique, éducatif et éthique, le vendredi 2 octobre à 18 heures, Université participative européenne. Ces défis que je fais mien et que je porterai dans toutes mes actions nationales et internationales en votre nom et au nom des Français.
Oui, mes amis, nous pouvons être heureux de ce que nous sommes et de ce que nous faisons. Désirs d’avenir, armé de son enthousiasme, de son savoir faire et de sa croyance en demain, Désir d’avenir à construit cette année des bases solides de réflexions et d’action concrètes pour demain.
En venant ici, je repensais à cette année qui venait de s’écouler.
On peut tout faire si on reste chevillé à la base ;
On peut tout faire quand on reste à l’écoute populaire ;
On peut tout faire quand on n’a pas peur de parler ;
On peut tout faire quand on n’a pas peur de la vérité et que l’on accepte de se remettre en cause;
Avec vous, je n’ai pas peur de parler ;
Avec vous, je n’ai pas peur de la vérité ;
Je crois à la force citoyenne ;
Oui, ce qui compte, c’est la constance, et le chemin dans lequel nous avançons !
Ce qui compte, c’est notre cohésion et notre volonté d’avancer malgré les embûches ;
Ce qui compte, c’est notre respect mutuel ;
Ce qui compte, c’est notre fraternité, qui est plus grande que nous et qui va encore nous faire grandir et donner envie de nous rejoindre !
A nous ensuite qu’il y a une autre façon de faire de la politique, humaine et efficace.
Qu’est-ce que c’est que la fraternité et comment peut-elle nous faire agir ?
La fraternité « consiste à devenir frère et sœur avec tous ceux qui ne sont ni nos frères ni nos sœurs. »
J’y vois là une clé essentielle pour permettre une nouvelle conscience mondiale, ce nouveau siècle citoyen.
La fraternité, c’est ce sentiment qui dépasse toutes les différences pour nous permettre de vivre ensemble.
Dans un monde frappé par une crise morale sans précédent, un pessimisme latent, un « aquabonisme » quotidien, tant la vie est difficile, tant l’horizon semble bouché, dans les rapports familiaux, sociaux , se dégradent, dans un monde au cœur glacé, ou l’individualisme est la seule réponse que l’on peut trouver pour se protéger des coups qui pleuvent, lié à une politique injuste qui accorde tout à ceux qui ont tout et n’accorde rien à ceux qui n’ont déjà pas grand-chose. Liés aussi à une dégradation du lien républicain… dans ce monde qui ressemble de plus en plus à une jungle, où la loi du plus fort remplace peu à peu le progrès social, oui dans ce monde qui s’empoisonne, la fraternité doit agir comme un puissant contre poison.
Nous sommes meurtris par les suicides à France Télécom. Ils disent une souffrance, personnelle mais aussi peut être sociale, du à un changement brutal de culture de cette entreprise, à ces murs de silence derrière lesquels on s’enferme quand la pression devient trop forte.
Je n’irai pas plus loin mais je ressens ces vies écourtées par le chagrin comme une alerte, qui doit tous nous rappeler que la fraternité, c’est justement combattre la société de défiance. Fraterniser, c’est établir de nouveau rapport dans l’entreprise, un nouveau dialogue social.
Nous sommes aussi meurtris par la souffrance des salariés des usines qui ferment, Molex, Continental… Ouvriers humiliés, bafoués… Chez Fabris, on menaçait de faire brûler l’usine et je les comprenais parce qu’à leurs côtés je voyais l’humiliation, la désespérance, être traités moins bien que les machines, liquidés avec la mémoire ouvrière que l’on écrase sans un geste, sans un mot, sans la moindre contrepartie alors que l’argent continue de couler à flots sur des banquiers véreux.
Il y a 150 ans naissait Jean Jaurès. Jaurès engagé comme un lion dans la lutte pour la justice sociale, Jaurès qui, avec une écriture magistrale, décrit avec tant de force la souffrance ouvrière de la fin du 19ème siècle, évoque « un système de métal qui traite les hommes comme des marchandises ! « Un siècle plus tard, rien de vraiment différent. Toujours un système dont les mâchoires d’acier broie les plus faibles.
Ce combat de la dignité, c’est notre combat, à nous les socialistes, à nous les progressistes, a nous la gauche ! Le combat pour le respect humain, de la justice sociale. Le courage, écrivait-il, c’est de chercher la vérité et de la dire. Même si elle dérange, même si elle réveille toutes les oppositions les plus violentes.
Vous, moi, nous sommes les héritiers de ces idées là. Nous sommes les gardiens de la devise de la France « liberté, égalité, fraternité. »
La France de la Fraternité peut elle accepter cela sans réagir à cette offense faites aux salariés ? La politique est une affaire de décision, d’échelle de valeur et je ne crois pas, moi, que la politique soit impuissante devant l’économique. Je crois au pouvoir du dialogue social, et fraternel.
Mais la fraternité se forge aussi dans le combat contre l’adversité.
Cet incroyable ressort humain qui se réveille lorsque nos vies sont menacées. Plus de querelles de voisinage, plus de querelles de clochers. Quand la tempête souffle et détruit le village, tout le monde le reconstruit, ensemble, sans état d’âme en se donnant du courage. C’est aussi la fraternité des ouvriers de Continental qui se déplacent à Hanovre pour fraterniser avec les ouvriers allemands.
« Les forces divisées s’annulent » écrivait Victor Hugo. La fraternité les additionne, les multiplient là ou l’indifférence et l’injustice sociale les soustrait, les divisent, les affaiblit.
C’est cela qui anime à Désirs d’avenir. Oui, Désirs d’avenir est un mouvement de citoyens, ancré dans la réalité, dans l’écoute et dans le plaisir d’être ensemble pour être utile.
Nous sommes pour la plupart d’entre nous engagés à gauche depuis tant d’années, dans les associations, au parti socialiste, dans des syndicats.
La fraternité, c’est l’union des forces mais l’union est aussi un combat. Unissons-nous, hommes et femmes de bonne volonté pour changer notre pays qui supporte tant de mauvais coups en ce moment.
Soyons confiants et travaillons tous ensemble, mobilisons pour peser.
La fraternité, ca n’est pas un concept abstrait, un ornement de plus sur une guirlande de mots.
Oui, c’est une arme, un levier politique, un axe autour duquel doit s’accrocher toute décision politique, économique ou sociale.
C’est la seule arme pour sortir de l’abstraction. L’abstraction, le virtuel qui consistent à couper tous les liens , même les plus infimes entre le virtuel et le réel…. entre les chiffres glacés des taux de rendement et la réalité humaine qui a permis d’obtenir ces chiffres… entre les décisions prises dans un bureau de New York et les conséquences concrètes à Gandrange ou ailleurs… entre le cargo qui dégaze dans l’Atlantique et les dégâts souvent irréparable sur l’environnement et donc la vie des êtres humains… .On peut multiplier à l’infini les exemples de cette abstraction, de cette rupture quasiment intégrale dans la chaine humaine qui fait que l’on ne perçoit même plus, même théoriquement, les conséquences directes de notre décision. Oui, cette abstraction est bien l’une des sources empoisonnées de notre temps .
Oui la fraternité est l’antidote au virtuel, à l’abstraction qui détruit notre terre commune : la conscience aigüe de l’autre que nous avons le devoir de retrouver et le respect de l’humanité de chacun, la nécessité vitale d’établir un nouveau code de comportement dans les relations entre un Etat et ses citoyens, un patron et ses salariés, un gouvernement et les syndicats.
Oui, nous devons passer un nouveau contrat humain entre les différents corps qui composent ce pays, ce continent et cette planète.
On m’objectera que ce sont là des mots, des utopies et des concepts. Moi, je crois bien au contraire que c’est la première mission d’un dirigeant politique dans le monde qui s’avance : porter ces valeurs fondamentales et encourager par tous les moyens, à revenir à notre creuset commun : notre humanité. Mohammad Yunus, le prix Nobel de la paix indien, inventeur du micro-crédit, le dit de très belle manière : tous les êtres humains ont un désir très ancré d’aider les autres. Or, le système actuel, qu’il soit politique ou économique oublie cet aspect fondamental de l’être humain. Nous marchons à l’envers.»
Le système actuel pousse à écraser l’autre. Mais en écrasant son voisin, on s’écrase soi-même. C’est grâce à ce retour au fondement même de la démocratie, grâce à cette fraternité active, qu’il y aura des victoires durables.
La Fraternité, c’est aussi la conscience de notre citoyenneté planétaire.
« Nous sommes tous des Africains, nés il y a 3 millions d’années et cela devrait nous inciter à la fraternité ». Voilà ce qu’affirment Yves Coppens, découvreur de Lucy en Ethiopie et Michel Brunet, découvreur Thoumaï au Tchad. Voilà un magnifique démenti à tous ceux qui considèrent que l’homme noir n’est jamais entré dans l’histoire.
Oui, la Fraternité c’est l’antidote au racisme, à l’antisémitisme. Oui, la Fraternité c’est l’hymne à l’ouverture, à la coexistence et pour nous ici, en France… à la France métissée… Je vous salue, chers amis, chers habitants des quartiers de Montpellier ! Je salue la France métissée… la chance de la France.
« Chaque homme, chaque femme porte en lui l’humaine condition. » C’est une vérité qui s’impose jour après jour à l’échelle planétaire. Nous assistons dans un fracas épouvantable, à l’effondrement de ce vieux monde, basé sur le capitalisme financier à outrance, une forme d’amoralité économique et environnementale. A nous de replacer au centre de tout cette fraternité humaine qui transcende les différences sans aliéner ce qui est précieux dans la différence.
Je vous le dis, mes amis, la fraternité est née du siècle des lumières, elle est l’un des socles de notre démocratie, elle a inspiré le monde. Le monde est notre pays, les humains sont nos frères. Voilà les phrases qui résonnaient en Europe au 18ème siècle.
A nous de les porter à nouveau pour ce 21ème siècle. C’est le combat essentiel, le combat d’une vie, le combat de ma vie.
La fraternité, c’est enfin la coexistence avec tout ce qui vit. C’est la reconnaissance des êtres humains mais aussi de leur environnement et des liens inaliénables qui nous lient à la terre sur laquelle nous vivons.
Il n’est pas trop tard et nous pouvons absolument inverser le processus de destruction, désamorcer la bombe à retardement que nous avons-nous même fabriquée.
La poussée écologiste est positive. Il indique une prise de conscience profonde de l’opinion sur la question de l’environnement.
Comme le succés du film « Home « de Yann Arthus Bertrand ou, il y a quelques années, celui d’Al Gore « Une vérité qui dérange. »
Nous pouvons tenter de rattraper le temps perdu.
Avec détermination et imagination…
« L’imagination est plus importante que le savoir » disait à la fin de sa vie Albert Einstein enfermé dans un chagrin incommensurable face à l’utilisation criminelle qui était faite des travaux qu’il avait mené toute sa vie pour améliorer la vie des êtres humains.
Oui, l’imagination est à la base de tout.
Imaginons ce monde durable. Et mettons tout en œuvre, économiquement, scientifiquement, financièrement pour impulser cette croissance verte dans tous les domaines.
Je me bats depuis des années sur tous les fronts de l’écologie, depuis le ministère de l’Environnement avec le traitement de la crise des déchets, la sauvegarde de la biodiversité et le Sommet de la Terre à Rio ; le sauvetage des paysages exceptionnels comme le Marais Poitevin et aujourd’hui le combat pour la voiture électrique pas chère, pour l’énergie solaire, contre les OGM, les pesticides, tout ce qui saigne la terre et tue lentement mais surement les êtres humains.
Victor Hugo a eu cette phrase superbe « Les hommes sont solidaires avec la planète, la planète avec le soleil, le soleil avec l’étoile et l’étoile avec l’infini. La solidarité des hommes est le corollaire invisible de la solidarité avec l’univers. » Il est temps de prendre conscience de ce monde global qui est le notre et celui de chacun de nous.
Nous sommes notre environnement.
A nous de nous battre pour le soigner et créer là aussi de véritables valeurs sociales.
Qui peut aujourd’hui nier le gisement d’emploi que représente la croissance verte ? Personne.
Dans les années 90, le Japon, frappé par l’explosion de la bulle financière, a sauvé son économie en investissant dans la recherche et la haute technologie.
Nous sortirons de cette crise en investissant dans la croissance verte. Les Etats-Unis l’ont compris. Les pays du nord de l’Europe aussi, et depuis bien longtemps.
A nous de jouer. Il faut réaménager toute la fiscalité. J’ai longuement expliqué mon opposition à la taxe carbone version UMP, un impôt supplémentaire destiné à repeindre en vert et sur le dos des citoyens, surtout les plus fragiles, un bilan gouvernemental indigent en matière d’environnement. Taxons plutôt Total et les compagnies pétrolières.
Comment peut-on encore favoriser l’utilisation du charbon, du pétrole et même du nucléaire alors que ces milliards de subventions permettraient de soutenir l’énergie solaire, l’hydrogène ou les piles à combustibles ? Nous avançons encore à contre courant.
Entrer dans un monde durable, c’est sortir de la myopie du 20ème siècle , obsédé par la croissance économique à n’importe quel prix.
Investir dans la croissance verte, le développement durable, c’est investir dans l’épanouissement humain, qui est le seul, garant, à terme, de la paix civile, économique et sociale.
Cette fraternité entre l’homme et son environnement, à nous de la faire avancer dans les esprits et dans les faits.
Mes chers amis,
Nous voici à la croisée des chemins.
Dans quelques jours, le G20 se réunira à nouveau. Nous savons déjà que l’hyper communication et que les images qui vont déferler matin midi et soir vont nous démontrer par A +B que ce sommet est un succès , que les dirigeants, mains dans la mains, sont parvenus à moraliser le capital . Mais ou est la morale quand les banques recommencent à verser des bonus indécents ?
Ou est la décence quand le système redémarre comme si de rien n’était ?
Ou est la fraternité, l’humanisme, le respect du peuple quand les financiers recommencent à s’engraisser, alors que les PME n’arrive même pas à accéder à un crédit pour pouvoir tenir, que dis je pour pouvoir survivre ?
Ou est le succès quand tout semble recommencer comme avant, comme si de rien n’était ?
Nous n’acceptons pas ce « comme si de rien n’était … Dans ce paysage de champ de bataille dévasté par la crise, il est plus que jamais indispensable de s’en remettre à des valeurs et des règles simples, claires, discutées par tous et en premier lieu par les contribuables. Les tenir à distance du débat sur l’avenir du capitalisme, alors même qu’ils ont été les premières victimes de la crise, paraît inconcevable.
Les règles que je propose sont frappées au coin du bon sens.
1) Première règle : encadrer strictement les bonus, voire si possible les interdire, car ils sont le signe extérieur d’une société qui se délite et qui, au fond, perd son âme, car ils nous interrogent sur la France, l’Europe et le monde dans lequel nous voulons vivre. Et je vous pose la question : est-ce qu’un trader est plus utile à la société qu’un médecin, qu’un instituteur ou qu’un postier ? Et là encore, il est question de fraternité. Ceux qui veulent défendre le système actuel, sont les mêmes qui raillent l’idée de fraternité. Ils se croient des réalistes, ils se croient des gens sérieux. Mais oublier la fraternité, c’est l’irréalisme même, autrement dit, comme le dit Régis Debray, les phraseurs, ce sont eux. Ce sont eux les têtes en l’air, ceux qui n’ont plus les pieds sur terre, sur la terre des hommes et des femmes sans bonus ni parachute doré.
2) Deuxième règle : mettre fin aux intolérables collusions, conflits d’intérêts, négligences tacitement acceptées entre ceux qui soi-disant régulent et les banques dont ils sont censés assurer la surveillance. Dans l’ombre, des lobbys puissants s’affairent. Les puissances bancaires ont leurs entrées dans les cercles du pouvoir. Elles demandent l’aide de la puissance publique mais refusent que l’Etat rentre à leur capital ; elles font mine d’accepter des contraintes sur les rémunérations et les bonus, mais ces contraintes n’en sont pas. Le discours s’est brouillé. Les leurres prolifèrent. Tout le monde est pour la régulation. Tout le monde est pour l’Etat. Tout le monde est pour le contrôle. Un savant jeu de rôles est organisé. Le gouvernement doit montrer qu’il agit. Les mots sont durs, les banques sont convoquées, on pousse des cris d’orfraie, c’est la place financière de Paris qu’on assassine. La menace est jugée médiatiquement crédible, le pouvoir est satisfait ; les banques se rassurent, les acteurs ont été bons, le pire est évité. Ces connivences existent en France, mais aussi en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis. Voilà pourquoi l’agenda du G20 est finalement si mince.
3) Troisième règle enfin : recentrer les banques sur leur véritable métier, la collecte d’épargne et le prêt aux entreprises et aux familles. Ça veut dire interdire aux établissements financiers de proposer autre chose que des produits solides, robustes, bien identifiés et tracés. La simplicité et la robustesse ont ici deux vertus : éviter l’accident intégral que nous avons frôlé l’année dernière ; rendre possible la régulation financière. Aujourd’hui, les banques gèrent les économies de millions de familles et spéculent sur les marchés financiers. Aujourd’hui, les banques françaises, allemandes, britanniques et bien souvent américaines gèrent nos dépôts et jouent avec sur les marchés financiers. Hé bien je vous le dis, c’est avec cette confusion des genres malsaine et dangereuse qu’il faut rompre. On ne devrait pas être à la fois une banque de dépôt pour les familles et les PME et une banque s’occupant d’opérations de marchés. Ce sont deux métiers différents. Il faut donc les séparer. Aux premières la légitimité de l’intervention de l’Etat pour sauver l’épargne des ménages et le financement de l’économie. Aux secondes, celles qui spéculent, la responsabilité entière de leurs actes.
Voilà mes 3 propositions. Elles sont très simples. Il suffit de le vouloir. Je crois à la force de la politique, je crois à la force de la décision. Je mets donc au défi Nicolas Sarkozy d’accorder enfin un peu ses violons, ses actes à ses paroles, ses belles déclarations d’intention à ses décisions politiques. On ne peut pas théoriser le bien être à Pittsburg et provoquer le mal être à Gandrange, à Fabris, à Molex et Continental. On ne peut pas ouvrir à gauche et gouverner à droite, on ne peut pas moraliser le capitalisme au G20 et protéger les niches et le bouclier fiscal à l’assemblée. Ca n’est tout simplement plus POSSIBLE !
Mes chers amis,
Nous devons être le mouvement.
Nous voulons ne pas rester enfermés dans nos certitudes et nos réflexes.
Nous avons la capacité de nous remettre en cause.
Je ne crois plus aux mots valises, aux recettes clé en main, aux décrets en tout genre, aux organisations pyramidales.
A Désirs d’avenir, je veux rendre le pouvoir de faire aux Comités locaux, la réussite de cette fête le prouve.
La démocratie, c’est le mouvement, la capacité à anticiper, à s’adapter, se remettre à en cause quand c’est nécessaire, à reconnaitre ses erreurs, et à repartir en restant fermement ancré dans ses valeurs inséparables : la liberté, l’égalité et la fraternité.
Nous devons libérer les énergies de ce pays et nous le ferons dans le mouvement. Non plus du haut vers le bas mais horizontalement, dans un dialogue sans cesse régénéré entre les citoyens et ceux qui les gouvernent.
C’est pourquoi je crois à la démocratie participative. Cette démocratie participative qui est à la base même de Désirs d’Avenir et qui le restera. N’ayez jamais le moindre doute sur ce sujet. Jamais.
Nous ne pouvons plus rester statiques, accrochés à une certaine arrogance, une vision hypertrophiée de notre pays dans un monde qui change si vite, où les informations s’échangent désormais à la seconde, où qui que ce soit peut mettre en ligne en un clic sa vision du monde, ses émotions, son analyse, ses critiques ou ses joies. Internet à changé nos vies… Cette toile mondiale est en mouvement, permanent. Il ne s’agit pas de juger moralement ce phénomène. Il est, tout simplement, et nous devons nous aussi l’utiliser pour créer des valeurs positives, créer de l’espoir.
Je relisais dernièrement des témoignages sur Roosevelt. Et l’un de ses amis citait cette phrase que le président Roosevelt lançait à chaque fois qu’il se trouvait face à une situation bloquée … « Il y a de nombreuses manières de soutenir la tache mais se contenter d’en parler n’en fera jamais partie. »
Ecouter beaucoup, parler peu et agir vite… voilà le mouvement que nous devons impulser.
Allez à la rencontre des idées nouvelles, nous enrichir, avancer par addition et non plus par soustraction, être dans cette dynamique qui nous élève, cette dynamique citoyenne qui monte, partout en France mais aussi dans le monde, de Bombay à Buenos aires, de Moscou à Johannesburg. Face à toutes les violences, nous voulons une révolution douce, qui rende au peuple, à chacun, un véritable pouvoir de choisir sa vie, son destin et celle de ses enfants.
Je compte sur vous, adhérents de Désirs d’avenir, militants socialistes, acteurs engagés, artistes et intellectuels. La gauche compte sur vous et la France compte sur vous. Je continue à faire tout ce que je peux, pour faire émerger ce Siècle Citoyen qui s’avance. A nous d’agir et de donner envie d’agir autour de nous. De cette façon, tous ensembles, militants de gauche, militants socialistes, salariés, jeunes de toutes origines et de tous horizons, syndicalistes, habitants des campagnes et des villes, intellectuels, acteurs engagés dans les associations, oui, tous ensembles, nous accompagnerons le dépassement du parti socialiste, nous créerons ce mouvement puissant et accueillant que tout le pays attend.
Voici votre feuille de route :
1) Mobilisez-vous dans les Comités locaux pour faire de Désirs d’avenir l’avant-garde d’une nouvelle forme d’action solidaire et d’échange de services.
2) Réactivez Cités d’avenir et Désirs d’entreprendre. Soyez les défricheurs de nouvelles actions.
3) Faites de Désirs d’avenir un lieu de réflexion avec nos Universités populaires participatives. Et faites fleurir partout ce vaste mouvement d’éducation populaire.
4) Soyez des témoins engagés. Chaque comité local doit recueillir les témoignages de notre temps et leur permettre de franchir le mur médiatique. A vos caméras pour interroger les salariés qui subissent la crise, éleveurs désespérés, mais aussi les réussites et les actions d’exception, qui prouvent que l’énergie du pays est là et ne demande qu’à se développer.
5) Rétablir la vérité. Sur les faits, sur les paroles, sur les manipulations, sur les faux consensus, comme je l’ai fait sur la taxe carbone.
Je suis heureuse est fière de vous savoir présents et enthousiastes sous les critiques, les dénigrements, les malveillances, les « boules puantes » comme disait le Général de Gaulle. En avant ! Et en regardant notre bonheur d’agir et d’avancer, oui, à nous regarder, ils s’habitueront et ils viendront ou reviendront.
VIVE DESIRS D’AVENIR !
VIVE LA FRATERNITE !
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20.09.2009
Montpellier
Ségolène Royal sonne le rappel de ses troupes samedi lors de sa Fête de la fraternité à Montpellier. Arrivée vers 16 heures dans l'enceinte où se tient la fête, la présidente de la région Poitou-Charentes, de plus en plus isolée au sein du PS, se fraye un chemin dans la foule. Cette dernière l'accueille comme une "rock star", scandant des "Ségolène présidente", "Tu es la meilleure !", "On t'aime !"... Lors de son discours, Ségolène Royal dit souhaiter "le dépassement du Parti socialiste" par un "mouvement puissant et accueillant que le pays attend" : "La France compte sur vous. Je continue à faire tout ce que je peux pour faire avancer cet idéal et ce siècle citoyen qui s'avance. A nous d'agir et de donner envie d'agir autour de nous", poursuit-elle devant 3.000 participants, selon la maire de Montpellier Hélène Mandroux.
"Pour une traversée du désert, ça reste très peuplé !", se félicite sa fidèle conseillère Sophie Bouchet-Petersen, en allusion aux commentaires acerbes sur le départ de plusieurs lieutenants du Congrès de Reims, comme Vincent Peillon ou Manuel Valls... Ségolène Royal peut en tout cas compter sur Georges Frêche. "Ségolène, c'est la seule qui déplace les lignes au PS, la seule qui est moderne. Les autres sont restés au XXe, si ce n'est pas au XIXe siècle", a même lancé le controversé président du conseil régional du Languedoc-Rousillon en l'accueillant à la gare !
"Tourment d'amour"
L'atmosphère est bon enfant et champêtre pour cette seconde édition de la Fête de la fraternité qui mêle politique et musique. Sous les hautes frondaisons du parc, une quinzaine de stands sont disposés autour d'une grande tente marocaine. Il faut suivre le fléchage qui mène au "parking Ségolène", puis dans le domaine, les stands proposent pâtisseries orientales, thé à la menthe, moules-frites ou mets antillais, comme le "tourment d'amour"... Des pancartes proclament, en remake de 2007 : "En route avec Ségolène Royal" ou "Demain ne se fera pas sans toi". Une "université populaire" sur l'éducation accueille en plein air plus de 600 personnes attentives. Sur l'estrade, se trouvent notamment deux des proches de la désormais présidente de l'association Désirs d'avenir : le député Jean-Louis Bianco et la maire du 4e arrondissement parisien, Dominique Bertinotti.
Cette fête est donc l'occasion pour Ségolène Royal de rebondir après une semaine agitée. Semaine qui fut notamment marquée par la publication du livre sur les fraudes présumées lors de l'élection de Martine Aubry en novembre 2008 et le lancement catastrophique du nouveau site de Désirs d'avenir. "Seule compte ma constance à incarner un leadership, la constance de mon discours, et ce que je veux dire aux Français, à Montpellier", a-t-elle aussi glissé au Journal du dimanche .
Liberation
«Tous ensemble, nous accompagnerons le dépassement du Parti socialiste. Nous créerons ce mouvement puissant et accueillant que le pays attend.» C’est le souhait formulé ce samedi, lors de la Fête de la Fraternité qu’elle organisait à Montpellier.
S’adressant aux quelque 3000 sympathisants réunis pour la seconde édition de ce meeting politico-festif, la présidente de l’association Désirs d’avenir a clamé: «La France compte sur vous. Je continue à faire tout ce que je peux pour faire avancer cet idéal et ce siècle citoyen qui s'avance. A nous d'agir et de donner envie d'agir autour de nous.»
Isolée en cette rentrée socialiste qui a été marquée par la polémique sur des fraudes présumées lors du scrutin interne de novembre 2008, l’ex-rivale de Martine Aubry a dénoncé les «notables de la politique» qui l'ont délaissée et le «microcosme parisien» qui instruit, selon elle injustement, le procès de sa propre mise à l’écart au sein du PS.
«Je ne me sens pas seule»
«Alors vous êtes venus? Est-ce que vous vous sentez seuls?», a fait mine de demander la socialiste aux participants. «Non», a hurlé la foule. «Oui, moi non plus je ne me sens pas seule», a-t-elle répondu, ajoutant: «Vous êtes simples, vous êtes vrais, vous êtes tout simplement la France qu'on aime.»
«Comme si quelques notables de la politique, en attente de jours meilleurs, allant faire leur marché ailleurs, comptaient davantage que vous tous qui donnez généreusement votre temps, vos déplacements, vos énergies!», a-t-elle poursuivi, en allusion à certains de ses lieutenants qui ont pris ses distances, tels Manuel Valls et Vincent Peillon.
L’ex-candidate (PS) à la présidentielle s’est enfin posée en première opposante à Nicolas Sarkozy en le mettant au «défi» d'accorder ses «actes à ses paroles» avant le G20 de Pittsburgh les 24 et 25 septembre. «On ne peut pas ouvrir à gauche et gouverner à droite. On ne peut pas moraliser le capitalisme au G20 et protéger à l'Assemblée les niches fiscales et le bouclier fiscal. Ce n'est tout simplement pas possible!», a lancé Royal.
«Si tout recommence, nous aurons à nouveau les mêmes malheurs, les mêmes dégâts, les mêmes fermetures d'usine, les mêmes délocalisations, les mêmes détresses et on nous dira encore que la politique a été incapable de réagir et d'anticiper!», a-t-elle mis en garde.
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19.09.2009
revue de presse
08:06 Publié dans actu segolène | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.09.2009
la suite ...
INTERVIEW EXCLUSIVE - Pour l'ex-candidate à la présidentielle, «l'alternance» ne pourra se faire en 2012 «qu'avec un accord avec le centre».
Le FIGARO. - Vous organisez une Fête de la fraternité samedi. Le PS semble en avoir besoin…
Ségolène ROYAL. Au contraire. La fraternité doit guider nos pas. Aujourd'hui, il y a une épreuve à traverser dont le PS est victime. Il faut la gérer correctement pour que le parti en sorte renforcé. Il faut que la vérité soit faite et qu'on reparte sur de nouvelles bases. Je n'ai jamais pensé que la loi du silence permettait de régler les problèmes. Mais je ne veux pas être facteur de crise ou de divisions. J'ai dit ce que je pensais, ce livre (sur la fraude au PS, NDLR) m'a meurtrie, et je ne veux pas y revenir.
Comment voyez-vous la suite de cette affaire ?
C'est à la direction de prendre ses responsabilités. Je n'interfère pas. Depuis un an, j'ai été très loyale. Aujourd'hui, je m'occupe de ma région.
Martine Aubry a déclaré : «Ségolène sait que je n'ai pas triché»…
Je n'accepte pas cette pirouette, mais je ne veux pas polémiquer. J'ai fait une proposition pour que la vérité soit faite. De la vérité naît la lumière.
Les amis de Martine Aubry vous décrivent comme une femme de plus en plus seule…
On me dit «isolée». C'est le buzz qu'on entretient quand je prends la parole ou quand on n'a rien à me reprocher. On l'a dit avant la désignation à la présidentielle et avant le congrès ! Et vous avez vu les résultats. Un journal a même titré «Coucou, la revoilà». Il y a de la liberté d'expression autour de moi. Je ne caporalise pas les personnes et heureusement. Je ne suis pas dans une opération d'appareil, de courant ou d'armée à organiser. Cela n'a jamais été ma méthode et cela ne le deviendra jamais. J'accepte tout à fait que chacun suive sa route puis revienne dans les moments cruciaux.
Appelez-vous les militants à voter oui lors de la consultation sur la rénovation du PS ?
Oui, bien sûr. La plupart des propositions étaient contenues dans ce que, avec mon équipe, j'avais pu dire. Le PS peut reprendre le chemin de la rénovation.
Comment voyez-vous votre rôle au PS dans les prochains mois ?
D'abord, dans ma région. Il est important d'être appréciée par son travail et de porter une espérance malgré la crise. Il faut être créatif. Par exemple, le bilan environnemental de ma région est exceptionnel, nous avons anticipé la crise énergétique. Ensuite, il y a la prise de parole nationale sur les sujets où je veux éclairer l'opinion et forcer au débat démocratique. J'ai fait par exemple émerger le débat sur la taxe carbone. L'exercice de pédagogie s'est révélé indispensable. Il a fait basculer un certain nombre d'avis qui pensaient que c'était une taxe écologique. En fait, c'est un impôt nouveau qui va se retourner contre l'écologie.
Avant le G20, que pensez-vous des propositions franco-allemandes de réforme du capitalisme ?
Il y a eu beaucoup de discours pour l'instant. Maintenant, on attend les actes. S'il ne se passe rien au G20, ce sera le coup de trop pour les opinions publiques. Va-t-on interdire la spéculation financière des banques pour leur compte propre ? Celles qui spéculent doivent le faire à leurs risques et périls et ne pas recevoir l'appui des États, c'est la meilleure façon de lutter contre les bonus. À l'inverse, les banques qui financent l'économie réelle doivent pouvoir recevoir le soutien public. Si le couple franco-allemand est suffisamment fort, le rapport de force peut déboucher sur quelque chose de concret. C'est impératif.
Reconnaissez-vous un rôle moteur à Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ?
Oui, ils ont été à l'offensive, sans beaucoup de résultats concrets pour l'instant. Je ne dis pas que c'est facile. Mais il y a une volonté politique, au moins dans les discours.
Qu'attendez-vous du FMI de Dominique Strauss-Kahn ?
C'est une force de proposition et d'action mais il ne faut pas faire porter au FMI la responsabilité de la non-réforme des institutions financières. Ce sont des décisions politiques des chefs d'État et de gouvernement. J'apprécie ses propositions concernant les pays les plus pauvres.
Comment la gauche doit-elle réagir face à la stratégie de rassemblement de Nicolas Sarkozy ?
C'est une bonne stratégie du point de vue de Nicolas Sarkozy, et la gauche, en conséquence, doit s'organiser même si c'est toujours plus compliqué : il y a des identités, des autonomies… Mais, par exemple, l'alliance avec le MoDem n'est plus un tabou. Il y a encore des divergences, mais on voit bien que l'alternance ne peut se faire qu'avec l'accord avec le centre après avoir d'abord rassemblé toute la gauche et les écologistes.
Les primaires peuvent-elles rassembler la gauche ?
Elles créent une dynamique mais il faut aussi préparer des convergences programmatiques. Il y a plusieurs pistes. François Bayrou a évoqué un parlement des gauches et des républicains. Pourquoi pas ? Daniel Cohn-Bendit a proposé un système de double appartenance politique. On souffre du cloisonnement des organisations. Il faut au contraire faire sentir aux gens qu'à un moment il peut y avoir des convergences de bonnes volontés qui veulent agir ensemble pour que ça aille mieux et pour redonner de l'espoir.
Faut-il installer une organisation au-dessus des partis après les régionales ?
Ce serait bien. Au second tour des régionales, nous verrons quelles dynamiques se sont mises en place. Ensuite, il faut se rencontrer avec sérieux et respect sans que cela fasse forcément l'événement. Nicolas Sarkozy est déjà candidat. Donc il faut ne pas tergiverser trop longtemps.
À quelle date doivent se tenir les primaires ?
Plus un candidat est désigné tôt, plus il a le temps de se préparer.
Où en sont vos discussions d'alliance pour les régionales ?
Les Verts étaient avec moi en 2004. Les centristes peuvent se reconnaître dans notre action. Le ralliement de Philippe de Villiers à l'UMP devrait faciliter les choses : je ne pense pas que les centristes se reconnaissent dans ses idées !
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17.09.2009
methode coué ????
09:33 Publié dans actu segolène | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.09.2009
vous avez dit magouille
Hold-uPS: suite #2
Voilà donc la suite du billet sur ce fameux livre. les étouffeurs ne l'ont pas lu, bientôt ils seront seuls, demandez à votre libraire: ça se vent sans trop de soucis ce truc. Ségolène n'aura nul besoin de déclaration solennelle : les lecteurs du livre la feront eux même. Ils sont militants, sympathisants et vont parler et discuter entre eux et avec d'autres.
Tout le monde le dira , il y a des fait nouveaux dans l'affaire de novembre 2008. Surtout sur le mode opératoire :
Caractère organisé : comité de ville à Lille, SMS, instructions par voie orale "bourrer les urnes"
Caractère prémédité : citations du genre "même si ça fait mauvais perdant"
Caractère méthodique : emploi d'un logiciel pour ajuster les corrections nécessaires avant publication, ici une simple feuille excel où il suffisait d'ajuster un ou deux variables pour voir l'effet sur le calcul complet.
Des accusations graves, page 16 : blocage des résultats du nord "dans le but de s'assurer que , même si la guadeloupe et la martinique votaient à 100% pour Royal, l'avance de martine ne permettait pas qu'on la rattrape". Ici c'est Claude Bartolone qui est visé.
Maintenant parlons stock de tricheurs potentiels.
Bouches du Rhône : 10 500 militants
Herault: 7300 militants
Pas de Calais : 15 000 militants. Édite ses propres cartes, fichiers de militants non vérifiés par Paris.
Nord : 11 600 militants.
Maintenant il faut regarder les fédérations en cause par ordre d'importance. Et comme l'ont remarqué les auteurs, personne n' a réussi à apporter de preuves de tricheries massives dans le camp royal, ni abadinte
ni qui que ce soit. Ce cas de l'Hérault est cité pages 23, 24 du livre: Personne n'a jamais apporté d'éléments aux auteurs. On voit donc qu'un camp avait un stock de tricheurs potentiel de 17800 pour Royal et 26 600 pour Titine. Soit 50% de plus en faveur de la gagnante. Et dans ce calcul je n'ai pas pris en compte les militants de la fédération de la seine maritime, vous voyez donc que l'influence d'une triche éventuelle est plus fort dans un camp que dans l'autre.
Tout le monde vote, les premiers résultats arrivent dans ROSAM, 53% pour SR , Hollande informe tout le monde, puis "les fabiusiens contestent". Et oh miracle 2 heures plus tard arrivent les résultat du nord et de la seine maritime. Ils inversent le score, des sections de Lille passent de 60% de participation à 96% en 24 heures. Un tel mouvement ne se verra nulle par ailleurs: Le miracle s'est produit.
Donc quand vous lirez "ah oui, mais les bouches du Rhône", pensez aux effectifs des fédérations en question. Et avant qu'on me parle des Antilles, on citera pour ce cas là les courriers que les fédés locales ont envoyé, et resté sans réponses (p 19 à 21 ).
Venons en au procès fait au livre, qui serait l'objet d'un complot pour déstabiliser le PS. Voici ce que j'ai mis en commentaire sur le site du PS de l'ile de ré
.
Pour avoir écrit quelques ouvrages ( techniques je vous rassure), il faut savoir qu’un livre ça ne se fait pas en quelques jours et ça n’apparait pas dans les librairies en 15 jours sauf cas très rare (le + connu = Besson & askolo).
Faites un rétro planning :
- parution 10 septembre
- impression qqes jours avant, puis faut le temps de le porter dans les librairies: logistique de l’éditeur e
- épreuves finales des auteurs et bon a tirer : qqe jours avant.
- rédaction de 180 pages avec vérification d’éléments ( notes de bas de pages toutes les 3 ou 4 pages, avec rappel des entretiens avec divers personnalités dont 50% sont identifiables tt de suite) : ça prend du temps: quelque semaines.
Que peux-t-on lire page 177: “propos recueillis le 24 juin 2009″. C’est la dernière date d’entretien qu’on trouve à la toute fin du bouquin.
Donc le début de l’écriture peut commencer : ils ont alors tous les éléments: notes, entretiens audio et documents refilés par les gens. Retenez donc: Fin juin.
Ensuite il y a donc eu 10, 20 ou 30 entretiens avec des socialistes et pas des lampistes (ex Cambadelis). Donc la direction du PS ne pouvait pas ignorer l’existence de ce livre et ce projet. Ça me semble évident, certains n’ont pas besoin de le lire, ils ont contribué à son existence.
En plus la peur de Titine a fuité dans la presse dès le début de la rédaction du livre. J'en ai parlé en Mars.
Il aurait été logique qu'elle s'empare du problème de la fraude et fasse le ménage. Mais non, tout se monde là se tient. Aucun effort n'a été fait dans ce domaine. On prend les militants pour des bœufs. Et ce malgré l'affaire d'Hénin-Baumont qui aurait été une occasion en or pour lancer un processus de ménage.
Et on ne parle pas de bourrer les urnes physiquement, il suffit tout simplement d’ajuster les résultats dans une section avant envoi à la fédération, ou dans un bureau central “hors statuts”, appelons le “comité de ville” par exemple. Truc dont se demande l’utilité centralisatrice !
On m'a aussi répondu sur Twitter : les primaires seront plus propres. Argument de Razzie Hammadi qui a d'ailleurs été repris par Benoit Hamon (voir rue89.com
) Ah oui, même si elles le sont, on garde donc les procédures foireuses pour élire l'appareil PS et donc permettre encore une fois des tas de choses. Comme par exemple un appareil qui résiste a la candidate désignée... à tord ou à raison.
21:42 Publié dans actu segolène | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.09.2009
revue de presse
La trêve n'aura pas duré deux semaines... Les sourires affichés sur les visages socialistes, à l'université d'été de La Rochelle , le dernier week-end d'août, ne sont plus. Depuis quelques jours, déjà, les membres de la direction du PS montraient des signes de fébrilité : la sortie d'un livre, qui accable Martine Aubry et qui remet en cause la légitimité de son élection à la tête du parti, inquiétait Solférino. La publication de ses bonnes feuilles sur lepoint.fr, mardi, n'a fait que confirmer leurs doutes. Chiffres à l'appui, les journalistes Karim Rissouli et Antonin André démontrent comment le clan Aubry a volé la victoire du 21 novembre 2008.
Déjà, à l'époque, l'équipe de Ségolène Royal avait dénoncé ce système de tricherie organisée. Jean-Pierre Mignard, avocat proche de la présidente de la région Poitou-Charentes, avait rédigé un rapport - Une protestation électorale - détaillé ( lire l'intégralité du rapport ) : "De nombreuses irrégularités (...) pouvant s'apparenter à des fraudes ont été constatées dans le cadre de ces opérations de vote", y écrivait-il, avant de dresser un "inventaire des irrégularités altérant la sincérité du scrutin", citant les exemples de la fédération de Moselle, des Français de l'étranger, de plusieurs sections à Lille ou encore de la Fédération de la Guadeloupe. Dans leur livre, Karim Rissouli et Antonin André confirment ces soupçons, citant Martine Aubry lançant au royaliste François Rebsamen le 18 mars 2009 : "J'ai pas triché ! Fabius, d'accord, mais pas moi !"
Ségolène Royal a-t-elle intérêt à riposter ?
La riposte de Laurent Fabius ne s'est pas fait attendre. L'ancien Premier ministre dément évidemment toute fraude mercredi matin sur RTL . Il n'y a "rien de probant" pour affirmer qu'il y a eu tricherie, promet-il. Dans la foulée, le secrétaire national en charge de l'Économie et ancien proche de Ségolène Royal, Michel Sapin, juge au micro de RMC "un peu dommage que l'on retouille" de "vieilles histoires". Quant au porte-parole du PS, Benoît Hamon, qui a brigué la tête du PS avant de se ranger derrière Aubry, il dénonce un livre "mal informé" un "récit à charge contre le PS". Martine Aubry, elle, se contente d'un commentaire laconique : "J'ai entendu parler de ce livre. Il semblerait qu'il soit malveillant avec tous les socialistes", lâche-t-elle sur le perron de l'Élysée, à la sortie de son entretien avec Nicolas Sarkozy sur la taxe carbone . Quelques heures plus tôt, elle a raconté à quelques journalistes qu'elle ne comptait pas lire le livre, qu'elle attendait "le film", rapporte Le Monde .
Ségolène Royal ne se contentera pas d'un survol de ces pages affligeantes pour le PS. Elle va même le lire avec son "équipe". Celle qui a perdu la tête du PS à une centaine de voix indique sur France 2 qu'elle fera une "déclaration solennelle dans quelques jours" pour dire ce qu'elle compte faire. Interrogé par lepoint.fr sur l'opportunité de réclamer un nouveau vote, Guillaume Garot, rare fidèle de Ségolène Royal à ne pas l'avoir quittée depuis le congrès, est prudent : "Ségolène donnera sa réponse avant la fin de la semaine. Ce qui s'est passé est très grave. Cela foule au pied les principes démocratiques, mais nous ne voulons pas en rajouter aux guéguerres qui ont fait tant de mal au PS. Nous ne voulons certainement pas rouvrir la guerre du congrès de Reims." Ségolène Royal y a-t-elle seulement intérêt ? À l'approche des élections régionales, en campagne pour un nouveau mandant en Poitou-Charentes, elle semble à l'aise dans son costume de madone détachée des tambouilles du parti...
Le Point
st un livre en forme de boomerang pour le PS. Hold-ups, arnaques et trahisons, signé par les journalistes Antonin André (Europe 1) et Karim Rissouli (Canal +), qui retrace le chemin de croix du PS de l’épique congrès de Reims au revers électoral des européennes, revient surtout sur l’élection controversée de la première secrétaire du parti, en novembre 2008... Donnant des sueurs froides au clan Aubry, qui tente de minimiser. Et des couleurs à leur rivale malheureuse.
Ségolène Royal ne s’en cache pas, elle savoure. Et semble vouloir échelonner sa revance. Invitée sur France 2, ce mercredi matin, elle a annoncé son intention de faire «une déclaration solennelle dans quelques jours» afin de «dire en responsabilité ce que nous comptons faire». «Je n’ai pas encore lu la totalité du livre, précise-t-elle, je vais le faire avec mon équipe.»
«Vous bourrez les urnes»
Les bonnes feuilles, publiées en avant-première par lepoint.fr - qui décrit «une charge sévère contre Martine Aubry» -, annoncent déjà la couleur. Les auteurs, qui retracent notamment le déroulement rocambolesque du vote militant dans le fief lillois de d’Aubry, dégainent: «la victoire de Martine a été fabriquée de toutes pièces». Edifiante, la consigne d’un proche de la maire de Lille: «On ne prend plus de gants, vous bourrez les urnes.» Le soir du second tour devant départager Royal et Aubry, «la chaîne cabinet du maire-comité de ville-fédération du Nord va se mettre en branle pour assurer l’élection de Martine Aubry, en étroite liaison avec [son] QG parisien», écrivent les deux journalistes: «Le casse du parti peut commencer.»
Selon eux, l’épisode de Lille «ne serait pas un cas isolé dans le Nord. Certaines voix, sous couvert d’anonymat, évaluent l’ampleur de la fraude à 1.000 votes en faveur d’Aubry», qui avait devancé Royal de... 102 petites voix.
«Copié-collé de choses déja dites»
Depuis 24 heures, l’entourage de la première secrétaire s’efforce de dégonfler les accusations. Aubry elle-même, citée par Le Monde, tentant la touche d’humour: «Je ne lirai pas ce livre. Je préfère attendre le film...»
Son conseiller politique, François Lamy, interrogé par l’AFP, ne voit dans l’ouvrage, qu’un «copié-collé de choses déja dites, déjà écrites» et «sans intérêt». Et appelle à tourner la page, alors que sa championne avait enfin repris la main, fin août à l’université d’été: «On est dans l’après-Rochelle. C’est la seule chose qui nous préoccupe.» Même un proche de François Hollande, Michel Sapin, secrétaire national du PS, juge, sur RMC, «un peu dommage que l’on retouille tout un tas de vieilles histoires qui étaient sorties au moment de cette mauvaise bataille».
Pas plus enclin à remettre le déroulé du scrutin de novembre sur le tapis, Fabius assure que «les choses sont derrière nous. Je le crois, mais ce n’est pas avec ce genre de propos qu’on va remettre la politique à la hauteur qu’elle devrait avoir», balaye, sur RTL, l’ex-Premier ministre, qui avait soutenu la candidature d’Aubry. Dégommant sur TV5 Monde, «un livre mal informé, qui s’arrange avec les témoignages des uns et des autres», le porte-parole Benoît Hamon pousse même le bouchon jusqu’à reprocher à Royal de vouloir «poursuivre dans des combats qui ressassent le passé».
«L'image déplorable des dirigeants actuels»
Pas question pourtant, pour la présidente de Poitou-Charentes de passer l'éponge: «On ne peut pas laisser passer cela pour les militants qui ont voté, pour l'opinion publique, pour les Français pour le principe même de la démocratie, pour la morale en politique.»
Son intention de consulter Robert Badinter pourrait faire frémir ses adversaires. Celui-ci avait proposé, après l'élection contestée, de «revoter dans les fédérations litigieuses», comme se fait fort de rappeler Royal. Sans illusions sur la tenue d'une nouvelle consultation: «je suis consciente, admet-elle, de la lassitude des militants et de l'image déplorable que cela donne des dirigeants actuels du PS.»
Mais à en croire l'eurodéputé Jean-Luc Mélenchon, l'édition 2008 ne serait pas une exception. Dans un billet - «le jour des tricheurs» - posté sur son blog, l'ex-socialiste décrit par le menu les «tricheries» dont il a été «personnellement témoin» lors de précédents congrès du PS. Au congrès de Brest de 1997, qui l'a opposé à François Hollande: «les procès verbaux étaient bidonnés de tout côté. Des sections qui n’avaient pas voté étaient censées avoir centralisé des résultats, certaines fédérations envoyaient successivement des procès verbaux différents», écrit-il, se souvenant d'avoir plus ou moins dealé le résultat annoncé avec l'ex-numéro un – qui n'a d'ailleurs pas tenu parole! -. Rebelote au Mans en 2005 où, selon lui, en une nuit de «protestations et dénonciations», la motion des nonistes qu'il défendait avec Fabius est passée de 17 à 21%...
Liberation
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· La sortie d'un livre réveille les rivalités au PS
Un ouvrage accuse Martine Aubry d'avoir, en 2008, volé la victoire à Ségolène Royal pour l'élection au poste de premier secrétaire. De quoi craindre un retour à l'ambiance délétère du Congrès de Reims.
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Non, ils ne veulent pas rejouer le congrès de Reims… Mais quand même. Dix mois après l'affrontement, les socialistes pensaient avoir tourné la page. Ils en prennent 180 autres. Dans un livre paru aujourd'hui, Hold-uPS, arnaques et trahisons, deux journalistes de Canal + et d'Europe 1, Karim Rissouli et Antonin André, rouvrent le dossier du vote contesté pour l'élection de Martine Aubry comme première secrétaire du PS. La maire de Lille avait été officiellement créditée de 102 voix d'avance sur sa rivale Ségolène Royal. Une victoire volée selon les auteurs qui décrivent un système de fraude méthodiquement organisé.
Depuis plusieurs mois, l'entourage d'Aubry s'inquiétait des révélations contenues dans le livre. Mercredi, la première secrétaire et ses lieutenants ont feint l'indifférence après la publication des bonnes feuilles, mercredi, sur le site du Point. «Je n'ai pas lu le livre », a déclaré Aubry, mercredi, devant quelques journalistes. Elle tente ensuite une plaisanterie : «Je ne le lirai pas, j'attends le film.» Sinon la ligne de défense est simple : ne pas réagir. «J'en ai vu d'autres. Je suis dans une logique de redresser le parti, je suis dans une logique de fond. Il faut rester sur cette ligne-là. Il faut prendre un peu de hauteur», dit-elle .
«L'honneur du PS est atteint»
Ses proches se chargent de déconstruire les accusations. Le porte-parole, Benoît Hamon, a ainsi dénoncé, mercredi sur TV5, «un livre mal informé, qui s'arrange avec les témoignages des uns et des autres pour construire un récit à charge contre le PS» . Mis en cause aussi, l'ancien premier ministre Laurent Fabius a assuré qu' «il n'y a pas d'éléments probants» dans l'ouvrage.
Rue de Solferino, on considère que le livre ne doit pas remettre en cause le «rassemblement» qui commence tout juste à s'opérer sous la direction de Martine Aubry. En outre, explique-t-on, les exemples de fraude à Lille cités dans le livre ont déjà été examinés à l'époque par la commission de récolement. Ils ont aussi fait l'objet d'une plainte, qui a été tranchée en faveur d'Aubry. Au cas où, on garde tout de même «dans les tiroirs» les dossiers litigieux sur les votes dans l'Hérault ou les Bouches-du-Rhône, en faveur de Royal. Mais les socialistes ne voudraient pas en arriver là. «Je trouve dommage que l'on retouille des sujets qui ne sont, pour aucun d'entre nous, nouveaux», déplore Michel Sapin, membre de la direction et proche de François Hollande.
Chez Ségolène Royal, on a beau jeu de s'offusquer des révélations du livre, qui ne visent que Martine Aubry et ses alliés. En lisant les extraits, «j'ai ressenti un choc en pensant aux dizaines de milliers de militants qui se sont fait voler leur vote. On savait que ça avait triché, mais pas avec cette ampleur ni avec ce système d'organisation», a déclaré Ségolène Royal sur France 2. Elle a promis une «déclaration solennelle» une fois qu'elle et ses équipes auront pris connaissance de l'intégralité de l'enquête. La guerre n'est pas rouverte, mais c'est un coup de semonce.
Le Figaro
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extraits ....
Il est midi, ce vendredi 21 novembre (2008), quand le téléphone d'une secrétaire de section lilloise se met à sonner. A l'autre bout du fil, Guillaume Blanc, le conseiller politique de Martine Aubry à la mairie de Lille. Dans le Nord, comme dans le reste du pays, les bureaux de vote pour le second tour de l'élection du premier secrétaire ouvrent dans quelques heures. La discussion est brève. Il n'y a qu'un seul message à faire passer. Dans un premier temps, la jeune femme pense avoir mal entendu. Mais la consigne est claire: "On ne prend plus de gants, vous bourrez les urnes." La veille, Ségolène Royal a créé la surprise en récoltant plus de 42% des voix lors du premier tour. (...) Mathématiquement, le duel s'annonce extrêmement serré et la panique s'empare de la maire de Lille et de ses proches. Plus question de tergiverser. Quelle que soit la méthode, ce soir, il faut barrer la route de -Ségolène Royal. (...)
Vendredi 21 novembre, soir du deuxième tour à Lille. C'est la fin de l'après-midi. Guillaume Blanc, jeune ingénieur de 26 ans, homme de confiance et conseiller politique de Martine Aubry, prend les choses en main. Derrière son air juvénile, l'homme est considéré comme un redoutable agent au service de la maire de Lille. On le surnomme "la Stasi", "parce qu'il vient toujours écouter la moindre prise de parole d'un responsable local du PS pour en faire rapport à Martine", témoigne un militant socialiste lillois. Depuis l'hôtel de ville, Guillaume Blanc adresse un SMS à tous les secrétaires de section. Il leur est ordonné de ne pas communiquer leurs résultats à la fédération - comme le prévoit pourtant le code électoral socialiste -, mais de les transmettre directement à ce qu'on appelle le "comité de ville". Un bureau de liaison au service de Martine Aubry, situé au premier étage du bâtiment qui abrite la fédération socialiste, et dirigé par un certain Patrick Kanner. Depuis son arrivée à la tête de la ville, le PS local est à la main de celle que l'on surnomme "la tsarine", chargé d'assurer le service après-vente de sa politique. Dans les faits, via "le comité", c'est donc le cabinet de Martine Aubry qui a la haute main sur la fédération du Nord. (...) Pargneaux (patron des socialistes du Nord, NDLR) à la fédération sera l'exécutant. C'est sans aucun accroc que la chaîne cabinet du maire-comité de ville-fédération du Nord va se mettre en branle pour assurer l'élection de Martine Aubry, en étroite liaison avec le QG parisien de la future première secrétaire, installé à l'Assemblée nationale. Le dispositif est en place. De Lille à Paris, les montres sont coordonnées. Le casse du parti peut commencer. A 23 heures, huit des dix secrétaires de section de la ville sont au rendez-vous dans le bureau de Patrick Kanner, pour lui remettre les procès-verbaux des résultats. Cet homme, en liaison avec Paris, est chargé de la "tambouille lilloise". Claude Bartolone, Christophe Borgel, François Lamy et Jean-Christophe Cambadélis, les quatre mousquetaires de Martine Aubry, sont installés dans des bureaux de l'Assemblée nationale. Leur consigne est claire: ne pas lâcher les résultats du Nord tant que ceux de toute la France ne sont pas remontés. A mesure que les chiffres tombent, ils sont rentrés dans un logiciel qui calcule automatiquement l'écart entre Royal et Aubry et fait varier les résultats "virtuels" du Nord afin qu'ils assurent la victoire à Martine Aubry. Claude Bartolone, plusieurs semaines après, reconnaîtra d'ailleurs avoir bloqué les résultats du Nord "dans le but de s'assurer que, même si la Guadeloupe et la Martinique votaient à 100% pour Royal, l'avance de Martine ne permettait pas qu'on la rattrape". En clair: les résultats du Nord sont gelés pour pouvoir être "ajustés" jusqu'au dernier moment afin d'assurer une avance suffisante à Martine Aubry.
23 heures : lorsque Gilles Pargneaux, le patron de la fédération du Nord, valide les résultats des sections de Lille, plusieurs d'entre eux ont été modifiés. Certains PV ont été carrément falsifiés dans le tableau récapitulatif de la fédération. Un exercice de "gonflette" organisé depuis Paris et évalué par un secrétaire de section qui préfère rester anonyme, à environ "300 voix sur Lille, bourrage d'urnes compris". Le soir même des résultats, une équipe de France 2 présente à la section de "Lille-Centre" filme l'annonce des résultats par le secrétaire de section: "Martine Aubry, 110 voix, Ségolène Royal, 27!" Sur le PV final rempli par la fédération du Nord, les 110 voix de Martine Aubry sont devenues... 130! Et c'est le même Gilles Pargneaux qui répond très tranquillement aux journalistes que le jeune secrétaire de section a probablement commis "une erreur d'écriture". Il aurait mal retranscrit le décompte des voix sur le papier qui lui servait d'aide-mémoire lors de la proclamation des résultats devant les caméras. L'autre exemple connu concerne la section du "Vieux-Lille", où un vote blanc est devenu un vote Aubry sur le tableau de la fédération du Nord. Ces deux "erreurs d'écriture" seront corrigées quelques jours plus tard en commission des récolements, sorte de tribunal des conflits électoraux interne au PS. Ces erreurs, ces fraudes accidentelles, servent en réalité de leurres. Elles sont données en pâture au grand public pour mieux masquer la triche organisée, qui a assuré la victoire à Martine Aubry. Des magouilles qui auraient dû rester cachées, enfouies dans les tiroirs de la fédération du Nord.
Mais des documents permettent aujourd'hui d'affirmer que la victoire de Martine Aubry a été fabriquée de toutes pièces. Ils sont sans appel. Premier exemple : la section de "Lille-Fives". Dans ce bureau, le score de Martine Aubry a été gonflé de 30 voix. Le mandataire de Ségolène Royal, après le décompte des voix en section, a pointé 58 bulletins pour Martine Aubry, 8 pour Ségolène Royal. Il se souvient parfaitement d'avoir apposé sa signature sur le PV de résultats faisant apparaître ce rapport de forces. Sur le tableau récapitulatif de la fédération, les 58 voix de Martine Aubry ont fait des petits : la maire de Lille est créditée de 88 voix! Une triche grossière planifiée sans trop de précaution. Le comité de ville et la mairie ont les pleins pouvoirs: alors pourquoi se cacher? En témoignent les taux de participation soviétiques qui bondissent entre le premier et le second tour, dans des proportions qui ne peuvent s'expliquer par la seule mobilisation de militants aubryistes subitement remobilisés entre le jeudi et le vendredi. A "Lille-Saint-Maurice", la participation passe de 64% au premier tour à 93,75% au second. A "Lille-Fives", de 62% à 93%. Et la palme revient à "Lille-Vauban", qui voit son taux de participation bondir de 35 points entre les deux tours, de 61% au premier à 96,5% au second! Des scores à faire saliver n'importe quel autocrate, d'autant naturellement que ces regains de mobilisation ne profitent qu'à une seule et unique candidate, Martine Aubry. Seules deux sections lilloises échappent à cette razzia : "Lille-Moulins", fief de Bernard Roman, un proche de François Hollande, et "Vieux-Lille"=", tenue par une proche de Pierre Moscovici.
Lille ne serait pas un cas isolé dans le Nord. Certaines voix, sous couvert d'anonymat, évaluent l'ampleur de la fraude à 1 000 votes en faveur d'Aubry. Les résultats "adaptés" du Nord finissent par tomber vers minuit. Ils sont les derniers à arriver Rue de Solferino. Minuit : les amis de Martine Aubry débouchent le champagne, le hold-up a fonctionné selon leurs plans. Jean-Christophe Cambadélis évalue alors "à 1500 voix" l'avance de Martine Aubry. Tout a marché comme prévu. A ce détail près que les pros de la tambouille ont fait une erreur sur le minutage.
A minuit à Paris, il est 19 heures aux Antilles. Les bureaux de vote dans ces îles, bastions royalistes, sont encore ouverts pour une heure. Soixante minutes pendant lesquelles tout peut encore basculer. Victorin Lurel, député et président de la région Guadeloupe, a passé une soirée tranquille la veille lors du premier tour. Mais ce soir-là, à 19 heures, heure locale, son téléphone est soudain pris d'incessantes convulsions. Christian Paul, député de la Nièvre proche de Martine Aubry, est le premier à l'appeler. "Salut Victorin, dis-moi, on veut être sûr que le vote va bien se dérouler. Tu vois ce que je veux dire?" Victorin Lurel n'en revient pas. "Qu'est-ce que tu veux dire? Qu'est-ce qui vous prend tout à coup?" La conversation tourne court. L'instant d'après, c'est François Rebsamen, pour Ségolène Royal, qui appelle. "Victorin, on peut encore gagner, on peut les rattraper, il faut faire voter. Passe des coups de fil, dis bien à tout le monde que c'est très serré." La Guadeloupe, c'est 2 330 militants socialistes. La Martinique, 374. Largement assez pour remonter les "1 500 voix" d'avance de Martine Aubry. La veille, Ségolène Royal avait recueilli 77,6% des voix, contre 19,8% pour Aubry et 1,9% pour Hamon, avec une participation à 62%. Une mobilisation accrue au second tour pourrait permettre à Ségolène Royal de refaire son retard. Et en l'occurrence, cette dernière heure de vote voit un afflux de militants dans les bureaux de vote de Guadeloupe. "Un votant toutes les douze secondes!" tonne Daniel Vaillant, responsable des élections au PS, qui soupçonne ouvertement la Guadeloupe d'avoir bourré les urnes. (...)
Le regain de mobilisation dans la dernière heure de vote joue en faveur de Ségolène Royal. Les proches de Martine Aubry voient avec angoisse l'écart entre les deux candidates se réduire à mesure que les sections antillaises envoient leurs résultats en métropole. Verdict: Royal arrive en tête avec 81,75% des voix en Guadeloupe et 87,33% en Martinique. Des scores impressionnants, mais qui ne suffisent pas à combler son retard. A 5 h 40 du matin, le résultat annoncé par la rue de Solferino donne la victoire à Martine Aubry avec 42 voix d'avance. La belle ouvrage des mécanos de la maire de Lille a tenu, malgré la contre-offensive des royalistes. Et pour cause, non seulement rien ne prouve une triche royaliste aux Antilles, mais la fraude a en réalité bénéficié... à Martine Aubry. C'est ce qu'affirme Victorin Lurel, "constats d'huissier à l'appui". Deux sections sont pointées du doigt. Deux sections dans lesquelles Martine Aubry est arrivée très nettement en tête. A "Anse-Bertrand", sur 48 inscrits, le PV de section attribue 36 voix à Martine Aubry et 1 voix à Ségolène Royal. Or le bureau d'Anse-Bertrand est resté fermé le jour du vote! (...) L'autre section litigieuse est celle de Pointe-à-Pitre: 190 inscrits. Sur les 173 votants, Aubry obtient 160 voix contre 13 à Royal. Cette fois, selon Victorin Lurel, "ils ont bourré les urnes. Plusieurs militants qui ne se sont pas déplacés ont pourtant été recensés, signature à l'appui, comme s'ils avaient voté". Des vérifications opérées par des huissiers établissent clairement la fraude. (...)
Le mercredi 18 mars 2009, à quelques jours de la convention nationale qui doit ratifier les listes socialistes aux européennes, Martine Aubry est proche de la syncope. Folle de rage, elle s'égosille dans un salon du restaurant Tante Marguerite, à deux pas de l'Assemblée nationale. Ce huis clos dans un des hauts lieux de la "gastronomie politique" oppose royalistes et aubryistes. Vincent Peillon, Jean-Noël Guérini, le puissant patron de la fédération des Bouches-du-Rhône, et François Rebsamen, le sénateur maire de Dijon, d'un côté. François Lamy, le plus proche conseiller, Jean-Marc Germain, le directeur de cabinet, et Martine Aubry en personne, de l'autre. Une heure durant, la première secrétaire et François Rebsamen se hurlent dessus. Fébrile, à la fois insupportée d'entendre les allégations de fraude et consciente de la vérité, Martine Aubry finit par se trahir. "Je n'ai pas triché! Fabius, d'accord! Mais pas moi..." La première secrétaire fait allusion à son score écrasant obtenu dans la Seine-Maritime, fief de l'ancien Premier ministre.
Au lendemain du défilé du 1er-Mai, Jean-Michel Normand, le journaliste du quotidien du soir chargé de suivre l'actualité socialiste, évoque les "sifflets" essuyés "tout au long du défilé" par les dirigeants socialistes présents dans le cortège. Le compte rendu critique du journaliste provoque la colère de Martine Aubry. Le lundi 4 mai, réunion de crise à "Solfé". Seul et unique sujet au menu : les médias. Jean-Christophe Cambadélis est furieux contre l'article du Monde . (...) A l'issue de la réunion, et malgré les démentis des participants, Martine Aubry conseille à sa garde rapprochée de se montrer moins disponible pour les journalistes. Elle décide par ailleurs de se charger en personne du cas Le Monde. Fidèle à sa méthode, la première secrétaire convoque Rue de Solferino Françoise Fressoz, chef du service politique du quotidien. Martine Aubry réclame des explications sur la couverture "déséquilibrée" de l'actualité du PS. Plus surprenant encore, elle affirme avoir pris "comme une insulte personnelle que Jean-Michel Normand ne se soit pas déplacé à Toulouse pour rendre compte du meeting de lancement de la campagne des européennes du PS". Il se trouve que le journaliste était en vacances. La première secrétaire s'indigne enfin que " Le Monde n'ait pas fait sa une sur le meeting dans son édition du lendemain". Françoise Fressoz, une fois la stupéfaction passée, renvoie poliment Martine Aubry dans les cordes et met fin à l'entretien. Un climat de défiance prévaut à l'égard de la presse, d'autant plus mal compris par les journalistes que les socialistes entonnent régulièrement le couplet d'un Nicolas Sarkozy faisant pression sur les médias, jouant de l'intimidation et de la menace.
(Au plus fort de ses ennuis, il peut compter ses amis sur les doigts d'une main. Malek Boutih, David Assouline, Manuel Valls et surtout Vincent Peillon.)
"Au final, je regarde ce parti en général et je me dis : C'est quoi, cette maison? (...) Cette histoire a conforté ce que je pensais de mes rapports avec le PS. Je l'avais déjà ressenti au moment du congrès. Finalement, je suis un bâtard. Tant que le bâtard joue le rôle du fou du roi, ça va... Mais quand le fou du roi veut devenir le roi, on lui dit: T'es pas de la caste, t'es qu'un métèque." Il ne s'arrête plus. "C'est ce que j'ai -ressenti avec François et Ségolène. Je me suis dit : qu'est-ce que je fous là-dedans? Au fond, je suis juste bon à porter les valises." (...) Et puis, les attaques, la frustration et l'amertume se font plus précises. Plus ciblées. C'est Ségolène Royal qui va en faire les frais. Dray a été son plus fidèle soutien au moment de la primaire, il a tout fait pour qu'elle devienne candidate à la présidentielle, et aujourd'hui il se sent lâché, trahi, abandonné en rase campagne. "Elle a montré ce qu'elle était, cette bonne femme. La première chose qu'elle fait, c'est de téléphoner à mon assistante pour savoir si cette affaire la concerne! Elle flippe que j'aille raconter des choses. Mais si j'avais voulu, je l'aurais déjà fait et j'aurais vendu trois best-sellers. Mitterrand, lui, n'aurait jamais agi comme ça. Jamais. Je me souviens du jour où l'affaire Pelat a éclaté. C'était en février 1989. Mitterrand me dit: "Il a peut-être fait des bêtises, mais c'est mon ami... C'est mon ami... Quand il m'enlevait mes poux dans les camps de concentration, j'étais bien content qu'il soit là"." Ségolène Royal, qui s'imagine souvent en héritière de l'ancien président au panthéon des socialistes, ne sera pas très mitterrandienne dans cette affaire. Le lendemain de la perquisition, elle pousse même le vice jusqu'à faire envoyer un communiqué à la presse en s'étonnant que son nom soit mêlé à cette affaire. (...) Lâcheté indéfendable ou réaction logique quand on brigue toujours la fonction suprême? Julien Dray a tranché. "En 40, si j'avais porté l'étoile jaune, je ne sais pas où j'aurais été. Pas à Raspail, en tout cas, parce que je me retrouvais dans le wagon." Royal enverra tout de même un SMS à Julien Dray le 24 décembre : "J'espère que tu passes quand même un bon Noël en famille."
Ce lundi 9 mars, madame la présidente de la région Poitou-Charentes est attablée à une terrasse du port de La Rochelle. Plein soleil, lunettes sur le nez, elle prend son temps et profite des premières chaleurs du printemps. Le congrès est déjà loin, mais Ségolène Royal n'a rien oublié. Elle reste persuadée d'avoir été volée cette fameuse nuit du 21 au 22 novembre. "Il y a eu la fraude active et la fraude passive. On a empêché plein d'anciens militants à 20 euros de voter [ceux qui avaient assuré la victoire à Royal lors des primaires de 2006, NDA]. Ils ont pris le temps de nettoyer les listes en organisant un congrès si éloigné de la présidentielle." (...) En réalité, depuis l'empêchement de Reims, Royal est abandonnée par une grande partie des siens. (...) "Valls, Peillon, je leur ai tout donné. Je les ai même mis devant moi! Devant moi ! s'exclame Ségolène Royal, Et regardez Valls, il déraille! C'est la compétition des ego qui est relancée!" Et quand on évoque la volonté de Peillon d'être candidat en 2012, Royal balaie la question et fusille son ancien lieutenant: "Il n'arrive même pas à garder une circonscription." Puis elle ajoute, comme pour se rassurer: "Ils reviendront, ils reviendront. Vous verrez, Peillon, quand il aura vu ce que c'est de travailler avec Aubry et de demander la permission avant d'aller parler. Avec moi, ils sont totalement libres
08:13 Publié dans actu segolène | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.09.2009
et si on refaisait le congres !
POLITIQUE - Entre autres détails plutôt sévères pour le parti...
«On ne prend plus de gants, vous bourrez les urnes» aurait ainsi dit un proche d'Aubry à une secrétaire de section de Lille, le soir du vote des militants pour l'élection de la première secrétaire. Selon les auteurs, tous les résultats de la maire de Lille auraient d'abord été visés par le «comité de ville», présidé par un soutien d'Aubry, avant d'arriver à la fédération du Nord.
«En clair: les résultats du Nord sont gelés pour pouvoir être "ajustés" jusqu'au dernier moment afin d'assurer une avance suffisante à Martine Aubry», sur la consigne des soutiens d'Aubry à Paris, affirment les auteurs. Qui font également le bilan des diverses «erreurs d'écriture», qui ont émaillé les résultats dans le fief de Martine Aubry: hausses de 30% de la participation dans certaines sections, voix rajoutées, tout y passe... Certaines sources évaluent à «plus de 1.000» voix l'ampleur de la fraude dans le seul département du Nord.
«Je n'ai pas triché! Fabius, d'accord! Mais pas moi»
Au courant de la manoeuvre, qui donnerait «1.500 voix d'avance à Martine Aubry», les partisans de Ségolène Royal mettent la pression sur les Antilles, fief de Ségolène Royal. «On peut encore gagner, on peut les rattraper, il faut faire voter. Passe des coups de fil, dis bien à tout le monde que c'est très serré», aurait dit François Rebsamen, maire de Dijon et lieutenant de Ségolène Royal, au député Victorin Lurel, homme fort de la Guadeloupe. Qui dit avoir fait constater par huissier des cas de fraudes en faveur de Martine Aubry. Mais finalement, à 5h40, au bout de cette nuit en enfer du 22 novembre 2008, les résultats donnent... 42 voix d'avance à Martine Aubry. «Je n'ai pas triché! Fabius, d'accord! Mais pas moi...», aurait même lâché Martine Aubry dans les jours qui ont suivi.
Les passages du livre révélés par Le Point ne mentionnent cependant pas de fraudes chez les partisans de Ségolène Royal. Reste à savoir comment va réagir l'entourage de Martine Aubry à ces révélations, qui risquent de pousser les uns et les autres à refaire le match.
07:28 Publié dans actu segolène | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




