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16.11.2006

NANTES

égolène Royal, candidate à l'investiture socialiste pour la présidentielle, a achevé à Nantes sa campagne de premier tour en se projetant vers l'après-présidentielle et en assurant déjà qu'elle "changerait le mode d'exercice du pouvoir".

Evitant soigneusement toute polémique avec ceux qu'elle appelle ses "compétiteurs", Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, elle a fait comme une synthèse de sa campagne, reprenant ses thèmes favoris, l'un après l'autre, devant un auditoire attentif et policé, au long d'un discours qui a duré une petite demi-heure.



"On va gagner, on va gagner !", scandait l'assistance à la fin du meeting, qui réunissait dans la cité des congrès quelque 2.000 personnes, un millier n'ayant pu rentrer dans la salle et ayant suivi le meeting dans le hall sur des écrans.

"Il faut changer la politique", a lancé Mme Royal, marchant de long en large sur une estrade, sur laquelle étaient assis des membres de ses comités de soutien et des élus, parmi lesquels Jean-Marc Ayrault, maire de la ville et Jacques Auxiette, président du conseil régional des Pays de Loire.

"Le pouvoir devra s'exercer avec plus de sobriété, de modestie, les responsables devront être sans faille", a-t-elle affirmé.

"Je changerai en profondeur le mode d'exercice du pouvoir pour le rapprocher des gens et lui maintenir son prestige", a-t-elle assuré, affirmant qu'"on peut être simple et sobre et incarner la France avec grandeur et dignité".

"L'enjeu de l'élection présidentielle, c'est de tirer notre pays vers le haut", "remettre la société en mouvement", a-t-elle déclaré, estimant qu'"en France il y a trop de murs dressés entre les uns et les autres, les gens ne se mélangent plus, les écoles se ghettoïsent".

"Je vous propose d'abattre ces murs, de lancer des ponts, de construire une société de mixité, de solidarité, pour que tous ensemble nous puissions faire repartir le pays vers le haut", a dit la candidate.

Elle a estimé encore qu'"une page de l'histoire de France est en train de s'écrire". "Ce que je sens monter dans cette salle, cette attente, ce bonheur d'être ensemble, cette espérance qui va se lever, cela nous donne pour la suite une responsabilité éminente !", a-t-elle clamé.

"Donnez-moi cette force d'incarner l'espérance (...), incarner une France qui se redresse et qui va de l'avant, une nation fière d'elle-même !", a-t-elle conclu sous les vivats.

Juste avant le meeting, Mme Royal, les traits tendus par la fatigue de la campagne, s'était dite "sereine" en attendant le vote jeudi des militants. M. Ayrault avait quant à lui ouvert la réunion en comparant l'enthousiasme qu'elle provoque à celui qu'avait suscité en 1981 François Mitterrand, à la veille du second tour, devant il est vrai plusieurs dizaines de milliers de sympathisants.

"Sarko Ségo même combat !", lançaient à l'extérieur quelques dizaines de manifestants d'extrême gauche et anarchistes, empêchés d'entrer dans la cité des congrès