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17.12.2006
cnit
Ségolène Royal, candidate socialiste à l’élection présidentielle, a donné à ses partisans, samedi à Paris, leur feuille de route pour 2007 en exigeant d’eux qu’ils "changent leur façon de faire de la politique" pour "ramener le vote populaire vers les socialistes et la gauche".
Après elle, le premier secrétaire du PS, François Hollande, a invité ses camarades, lors d’une journée mêlant cadres du parti et partisans de Mme Royal non-adhérents au PS, à "être socialistes" et à pratiquer "la clarté, la vérité" face aux prétendus "candidats anti-système" que seraient Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Jean-Marie Le Pen.
Ségolène Royal a donné à ses soutiens, pendant près d’une heure, une leçon de "démocratie participative", une méthode qui doit "remettre les gens au coeur du projet socialiste" pour élaborer ses propositions présidentielles. Elle a demandé aux militants et élus de cultiver "la vérité de la parole". "Pas de bla-bla, pas de discours pour rien, pas de formules recuites !", a-t-elle recommandé.
La présidente de la région Poitou-Charentes a appelé son auditoire à "secouer un certain nombre de formules, de tabous, d’idées reçues, de conforts intellectuels". Une manière de rappeler que le projet socialiste, un travail auquel "les gens ne sont pas venus participer", n’est pas "le petit livre rouge", selon l’expression qu’elle utilisa au mois d’octobre.
Chaque premier secrétaire de fédération socialiste, président de comité Désirs d’avenir ou de comité de soutien, est reparti avec, sous le bras, un kit de campagne, intitulé "réussir un débat participatif". Ces débats constitueront le fil d’ariane de la première phase, qui s’achèvera fin janvier, de la campagne. "Les gens attendent désespérément un changement des pratiques politiques. Cette démarche, ne la négligez pas !", s’est exclamée la candidate.
Elle y a vu le sésame pour "ramener à gauche le vote populaire". Car "l’enjeu" de 2007 "n’est nulle part ailleurs", selon la députée des Deux-Sèvres, qui fait aujourd’hui jeu égal avec le champion de la droite Nicolas Sarkozy dans les intentions de vote. Ne jetons pas pour autant aux orties le militantisme traditionnel, a nuancé François Hollande. Selon lui, "il faudra faire ces grands rassemblements" qui "créent un effet de masse".
Ségolène Royal a invité ses amis à s’adresser en priorité à "cette France qui pense ne compter pour rien : les travailleurs pauvres, les invisibles, les gens de peu". Elle s’est targuée de les avoir, au vu des sondages, ramenés au bercail, "sans doute par la façon dont je parle", a-t-elle dit. C’est pourquoi le slogan de la première affiche de campagne s’intitule "Pour que ça change fort
Ségolène Royal à l'écoute des catégories populaires
AP | 16.12.2006 | 19:35
Le programme d'abord, la confrontation après: Ségolène Royal a donné samedi le coup d'envoi de la première phase de sa campagne, l'organisation partout en France de débats participatifs jusqu'au début février, qui va lui permettre d'élaborer son programme présidentiel. Son objectif: écouter les revendications des catégories populaires pour les ramener dans le giron électoral du PS.
"La responsabilité des socialistes et des militants de gauche, c'est de ramener vers eux le vote populaire. Il est là l'enjeu de l'élection présidentielle et nulle part ailleurs et donc la façon dont nous allons faire campagne, dont nous allons nous adresser aux Français les plus éloignés du militantisme politique, va compter énormément dans leur reconquête", a-t-elle lancé à ses troupes lors d'un séminaire de travail du PS à La Défense (Hauts-de-Seine), ouvert à des cadres du PRG et du MRC, formations qui l'ont récemment ralliée.
La candidate socialiste a brandi le risque que ces électeurs se réfugient dans un vote extrême. "L'état de la France n'est pas bon. Il y a de multiples fractures, il y a de multiples ruptures, il y a une montée des brutalités et des violences" et "parallèlement, on voit monter une forme de crédibilité du Front national", s'est-elle inquiétée. A preuve, elle a évoqué un "sondage terrible" diffusé cette semaine sur l'adhésion croissante des Français aux idées du FN.
"L'enjeu de cette campagne, c'est de raccrocher les Français qui décrochent vers le mouvement de la France qui avance, et si on arrive à faire ce lien et à être crédibles dans les propositions que nous ferons, à ce moment-là les gens nous feront confiance", a-t-elle assuré, citant "les Français de plus en plus nombreux qui travaillent et qui sont obligés d'emprunter pour boucler les fins de mois". Elle avait rencontré vendredi le président d'Emmaüs France Martin Hirsch.
Pour y parvenir, elle a invité ses troupes à organiser jusque début février des débats participatifs dans toute la France. Et a profité de cette réunion intitulée "Réussir un débat participatif" pour leur remettre un "kit de campagne" en guise de mode d'emploi. Pour attirer dans ces réunions des Français "qui ne sont jamais venus dans une campagne", elle a conseillé à ses soutiens d'être "imaginatifs". Ainsi veut-elle des débats "ludiques", "gais", avec "de la culture", "de la poésie", voire "des intermittents du spectacle".
Pour autant, "ce travail est un travail sérieux. Ce n'est pas un truc en l'air. C'est quelque chose qui va nous obliger", a-t-elle averti. "Demain, quand nous gouvernerons, nous ferons le même effort de sérieux et d'attention". Pas moins de 20% du financement de la campagne présidentielle du PS seront ainsi consacrés à ces débats.
Après cette phase d'échange avec les Français, le PS établira en février une "hiérarchie" de leurs "priorités" et puisera les "idées nouvelles" qui se seront dégagées. Une réunion de "restitution" des débats sera organisée par le parti le 4 février. Ségolène Royal finalisera alors ses promesses électorales. Manière de se démarquer de l'UMP: "l'idée, ce sera de dire: 'mon projet présidentiel, je l'ai construit avec les Français'". Elle-même n'hésitera pas à mouiller sa chemise ensuite en allant "sans doute dans tous les départements".
Cette première phase est "essentielle" car elle "va nous conduire à la victoire si elle est bien faite", a-t-elle assuré, installée derrière un pupitre surmonté de son slogan, "Pour que ça change fort".
Un strict calendrier confirmé par François Hollande, pour qui la campagne ne démarrera que le "15 janvier". "Il n'y a que trois mois" et "dès lors il faut concentrer notre mobilisation sur deux phases", a-t-il déclaré. La "première, c'est la phase de consultation", jusqu'à "la mi-février". Viendra ensuite la "phase de la confrontation" où "nous serons dans un contre-la-montre", a souligné le Premier secrétaire du PS. "Il faut respecter ces deux temps et ne pas engager nos forces avant l'heure". AP
Ségolène Royal lance une nouvelle étape de sa campagne
16/12/2006 Analyse - La leader socialiste ancre sa campagne dans deux socles : le dialogue et le vote populaire.
La candidate socialiste lance les "débats participatifs". Elle surfe ainsi sur une vague qui porte la naissance d'une nouvelle citoyenneté.
La recherche d'appartenance à un groupe a longtemps privilégié une place importante aux partis politiques. Ces derniers modelaient même parfois la vision qu'un citoyen peut avoir de la réalité et guidaient fortement ses intentions de votes.
Ce rapport à un parti politique avait des conséquences nombreuses :
* il révélait une appartenance forte voire même militante,
* le parti « mettait de l'ordre » dans les préférences des citoyens concernés et surtout hiérarchisait des priorités.
Le parti politique était donc un simplificateur de comportements.
Ce critère d'appartenance a été fragilisé pour deux raisons. D'une part, les partis politiques ont perdu en qualité de référence. Leur statut s'est beaucoup désacralisé sous l'influence de nombreux facteurs.
Mais surtout, la désappartenance à un groupe politique est non seulement le résultat de la baisse de l'image de marque des partis mais l' l'affirmation d'une culture politique personnelle qui équivaut à la revendication d'un certain épanouissement intellectuel.
Sur le fond, les citoyens ont gagné en connaissance individuelle des dossiers. Ils sont de plus en plus connaisseurs de questions. Ils se constituent donc en conséquence une opinion et ensuite seulement ils cherchent à voter pour un candidat qui partage leur point de vue.
La démarche de S. Royal se situe pleinement dans ce nouveau cadre. En termes de communication, c'est une indiscutable réussite que d'opter pour une telle démarche
La candidate socialiste à l'élection présidentielle Ségolène Royal a déclaré samedi que Johnny Hallyday, qui s'installe en Suisse pour payer moins d'impôts, devrait "donner l'exemple" et revenir sur sa décision.
Il faut "éviter d'avoir des amis que se sauvent en Suisse pour payer leurs impôts", a ironisé la candidate socialiste, tout sourire, lors d'un séminaire d'organisation de la campagne présidentielle du Parti socialiste au CNIT de La Défense, dans les Hauts-de-Seine. "Ce n'est pas un exemple à suivre, et j'espère que dans les soutiens qui seront les miens je n'aurai pas de contre-exemple comme cela", a-t-elle moqué.
"Quand on gagne beaucoup, beaucoup d'argent, on doit donner l'exemple. Il y a tellement de pauvres en France qu'on a besoin de solidarité", a déclaré Mme Royal à la presse avant de participer à une réunion d'organisation de sa campagne électorale.
"Il faut payer les impôts, c'est un acte citoyen à condition que l'argent public ne soit pas gaspillé. Ici en France, il y a de bons hôpitaux, de bonnes écoles, de bons services publics, des trains qui fonctionnent et des routes en bon état, et c'est grâce aux impôts que payent les Français", a-t-elle ajouté, comme on l'interrogeait sur l'annonce du départ en Suisse du chanteur.
"Il y a plein de gens qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts, la vie est chère, il y a des gens obligés d'emprunter pour finir les fins de mois... Peut-être que Johnny Hallyday va réfléchir et revenir en France et y payer ses impôts, c'est la solidarité nationale", a-t-elle dit.
La décision de Johnny Hallyday a été critiquée par de nombreux responsables politiques, dont le président Jacques Chirac
08:35 Publié dans actu segolène | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

