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29.06.2007

Ségo , la cote ...

SONDAGE



L'image de Ségolène Royal meilleure
que celle du PS selon Opinionway

NOUVELOBS.COM | 29.06.2007 | 13:02

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52% des Français sont d'accord avec l'ex-candidate PS affirmant que "le PS n'appartient pas à un groupe". Ils sont 68% à ne pas attendre de rénovation de la gauche avant des mois.






Ségolène Royal au siège du parti socialiste le 10 juin à Paris (AFP)


Selon un sondage OpinionWay pour le Figaro et LCI, qui paraît vendredi 29 juin, Ségolène Royal bénéficie d'une meilleure image que le PS, parti qui mettra "longtemps à se rénover".

Quand l'ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle déclare que le "le parti socialiste n'appartient pas à un groupe […] il appartient à ses militants", 52% des personnes interrogées l'approuvent, ils sont 79% parmi ceux qui ont voté pour elle au premier tour de l'élection du président.

La critique du fabiusien Claude Bartolone sur Ségolène Royal, est désapprouvée par 58% des personnes interrogées.

PS: "des années à se remettre"

En ce qui concerne le parti socialiste, ils sont 69% à penser que le "PS va mettre plusieurs années à se remettre" de sa défaite, contre 30% qui estiment que le "PS a subi un échec mais va se remettre très vite". Les sondeurs ont demandé au panel si "le PS va se réussir à se rénover dans les mois qui viennent", question à laquelle 68% des sondés ont répondu "non".
Enfin, 69% des personnes interrogées considèrent que l'adoption d'un traité simplifié au niveau européen est "une bonne chose", 11% une "mauvaise chose", et 20% n'ont pas répondu.

27.06.2007

reunion Da Paris

Royal : Désirs d'avenir
est "à l'abri des conflits"

NOUVELOBS.COM | 27.06.2007 | 12:35

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La socialiste a assuré que les travaux de Désirs d'avenir, "à l'abri des conflits de pouvoir", seraient mis à disposition du PS.





Ségolène Royal arrive pour assister à une réunion des comités de son association Désirs d'avenir, le 26 juin à Paris (AFP)
Ségolène Royal a assuré mardi 26 juin au soir que les travaux de Désirs d'avenir seraient mis "à la disposition du Parti Socialiste", tout en se félicitant que cette association soit un endroit "à l'abri des conflits de pouvoir".

L'ex-candidate à la présidentielle était venue "encourager", selon ses propres termes, le groupe parisien de Désirs d'avenir, qui l'avait invitée à une réunion dans le IVème arrondissement. La rencontre était fermée à la presse.

Devant le centre culturel des Blancs-Manteaux, elle a indiqué aux journalistes qu'elle était venue dire aux membres de Désirs d'Avenir "de continuer à travailler".

"Il faut que Désirs d'avenir se maintienne et même s'enrichisse, se déploie, car ce sont des lieux où il n'y a pas d'enjeux de pouvoir, il n'y a pas de conflits de pouvoir, ce sont des endroits apaisés", a-t-elle indiqué.


Absente du conseil national

Elle a noté encore qu'une majorité des membres de ce "laboratoire de réflexion, d'idées, d'ouverture sur la société" étaient socialistes, ajoutant : "le fruit de ces débats sera mis à la disposition du parti socialiste, parce que je suis dans le parti socialiste".

Ségolène Royal avait boudé la réunion samedi du conseil national du PS, préférant la compagnie de "personnes paisibles" dans sa région de Poitou-Charentes.

Quelque 800 personnes assistaient à la réunion parisienne parmi lesquelles Jean-Louis Bianco, qui fut son directeur de campagne, Sophie Bouchet-Petersen et Camille Putois, des membres de son équipe proche, David Assouline, sénateur, Yvette Roudy, ex-ministre, Dominique Bertinotti, maire du IVème, ainsi que le fils de l'ex-candidate, Thomas Hollande.

Jean-Louis Bianco a souligné devant la presse que Ségolène Royal "est dans le parti, continuera à être dans le parti", estimant néanmoins qu'elle avait eu raison de ne pas participer à la réunion de samedi : "il s'agissait surtout de parler de la campagne présidentielle et il était mieux qu'elle ne soit pas là, pour que la parole soit libre dans ce qu'on a entendu de juste et de moins juste", a-t-il dit.


"Perplexes"

Il a affirmé qu'elle avait cependant "pesé sur le contenu" du conseil national, ayant obtenu selon lui que les militants "soient consultés à chaque étape" du processus de rénovation.

Pour lui, "Désirs d'avenir demeure un outil irremplaçable pour compléter l'action du parti", dans "une fonction de réflexion et de proposition".

Yvette Roudy a rappelé, à propos de Désirs d'avenir, que "dans la tradition de François Mitterrand il y a toujours eu des clubs", "lieux d'accueil pour des gens qui n'ont pas envie d'être dans un appareil".

Olga Trostiansky, adjointe au maire de Paris, a souligné que les membres de Désirs d'avenir étaient "perplexes" et qu'ils voulaient "travailler sur le fond pour préparer la rénovation du parti". (AFP

25.06.2007

cool

Royal veut "remettre en cause
certains dogmes"

NOUVELOBS.COM | 25.06.2007 | 08:03

9 réactions



C'est ce qu'a déclaré l'ex-candidate PS à la présidentielle au 20h de TF1, en justifiant ses critiques sur le Smic à 1.500€ brut par mois et sur les 35 heures. Samedi, le Conseil national du PS, auquel elle n'a pas participé, a adopté le calendrier de rénovation du parti de François Hollande.





La socialiste Ségolène Royal, le 23 juin 2007 à Angles-sur-l'Anglin (AFP)
Ségolène Royal a appelé dimanche soir 24 juin sur TF1 le PS à avoir "le courage de remettre en cause certains dogmes et slogans", en justifiant ses critiques sur le Smic à 1.500 euros brut par mois et sur les 35 heures.
Interrogée sur ses déclarations critiques sur le Smic et les 35 heures contenues dans son programme présidentiel, Ségolène Royal a concédé que cela avait "surpris".
"Mais, a-t-elle dit, on ne peut plus présenter de projet par slogan". Pour elle, "la tâche des socialistes" est "de reconstruire un projet pour préparer l'alternance, et faire en sorte que chaque proposition annonce bien la façon dont elle est financée et dont elle est mise en oeuvre".
Ségolène Royal a appelé ainsi les socialistes à "avoir le courage de remettre en cause certains dogmes et slogans".

A propos du calendrier

Concernant son absence la veille au conseil national du PS, l'ex candidate PS à la présidentielle a mis en avant "des obligations dans sa région" et a jugé que "c'était bien de ne pas être là" pour que la "parole soit libre".
A propos du calendrier de rénovation du parti fixé samedi, elle a estimé que c'était "une bonne chose que le calendrier soit là", en ajoutant que "l'important" était de savoir "comment il serait rempli".
A cet égard, Ségolène Royal a appelé "tous les socialistes et tous ceux qui ont envie, à réfléchir" sur les questions comme le chômage, la dette, l'éducation, la recherche, et la façon "de lutter contre les inégalités et de réussir sa vie".
Pendant tout le week-end, Ségolène Royal et François Hollande ont débattu à distance, chacun campant sur ses positions.
Absente samedi à la réunion du Conseil national du PS, l'ex-candidate socialiste à l'Elysée a continué dimanche sur Canal + à prendre ses distances avec les dirigeants PS, en mettant l'accent sur la légitimité des militants, dont elle avait souhaité à plusieurs reprises qu'ils soient "consultés" sur le processus de rénovation.

"Je ne suis pas pressée, le PS n'est pas un objectif en soi"

Même si elle a pris acte du calendrier fixé par le CN, prévoyant un congrès après les municipales de 2008 et le maintien de François Hollande à la tête du PS d'ici là -"je ne suis pas pressée, le PS n'est pas un objectif en soi"-, Ségolène Royal a affirmé que le parti n'appartenait "pas à un groupe ou une minorité de personnes dirigeantes", mais "à tous les militants".
"Personne n'en est propriétaire, et certainement pas ceux qui sont à la tête des courants (...). La structuration par courant ou par conflit de personnes, souvent, a empêché les débats et la clarification des choix politiques", a dit Ségolène Royal.
"Il n'y a pas de minorité. Il y a des responsables élus par les militants et qui ont donc la légitimité pour diriger le parti", lui a répliqué peu après François Hollande, au "Grand jury" LCI/RTL/Le Figaro, en lui conseillant en outre "d'éviter de créer un courant autour de sa propre personne".

"Faire voter les militants"

Ségolène Royal a poussé ses feux, expliquant que pour "moderniser le PS", il fallait "avoir le courage de faire voter les militants pour structurer la nouvelle pensée politique du socialisme du XXIe siècle". Ce qui peut signifier un vote des militants lors de chaque convention thématique d'ici au congrès.
La veille, interrogé sur cette possibilité, François Hollande était resté évasif. "C'est possible, on verra", avait-il dit, soulignant toutefois que les militants "pourront délibérer au Congrès".
Dimanche, il a estimé que "les sondages ne peuvent pas être le seul indicateur pour désigner un candidat ou une candidate" à la présidentielle. "Il faut être capable de prendre plusieurs critères", a-t-il dit, rejoignant la critique sur l'utilisation de l'opinion contre le parti, que certains reprochent à Mme Royal.
Revendiquant les 17 millions de voix en sa faveur à la présidentielle, Ségolène Royal a confirmé son intention de poursuivre sa marche en avant "parce qu'une espérance s'est levée" à gauche avec elle. (avec AFP)

24.06.2007

Reponse a feu mr Royal

Ségolène Royal : le Parti socialiste
"appartient aux militants"

NOUVELOBS.COM | 24.06.2007 | 18:28

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L'ex-candidate à la présidentielle estime que le PS ne doit pas être la propriété d'"un groupe ou une minorité de personnes dirigeantes". Elle réclame un vote des militants "pour structurer la nouvelle pensée politique du socialisme du XXIe siècle".





Ségolène Royal (Sipa)
Ségolène Royal a répondu dimanche 24 juin sur Canal Plus aux critiques venues de plusieurs responsables du PS après son absence samedi au conseil national du parti. Elle a déclaré que ce genre de propos ne rend "pas service au collectif, à notre combat commun, à notre idéal commun".
"J'avais fait le choix d'être dans ma région. J'ai été écartée longtemps de cette région parce que j'ai été engagée dans une campagne nationale, la présidentielle et les législatives", a justifié l'ex-candidate PS à l'Elysée.

Un "coup de com"

Dimanche matin, le fabiusien Claude Bartolone avait déclaré sur France Inter que l'absence de Ségolène Royal était un "coup de com." Il a également jugé que sa candidature de à la présidentielle était une "candidature de duplicité".
"Il n'y avait pas forcément que des propos aimables qui ont été échangés (lors du conseil national, ndlr). Je me suis posée une règle éthique depuis toujours c'est de ne dire jamais de mal d'un autre socialiste, et en ce qui concerne les adversaires politiques c'est de ne jamais les attaquer sur le plan personnel. Je continue à me l'appliquer", a dit Ségolène Royal.

"Structurer la nouvelle pensée politique du socialisme du XXIe siècle"

Après s'être défendue, Ségolène Royal a lancé l'offensive. Contrairement à la décision du conseil national de samedi, elle a demandé de faire voter les militants pour "structurer la nouvelle pensée politique du socialisme du XXIe siècle".
"Le Parti socialiste n'appartient pas à un groupe ou une minorité de personnes dirigeantes. Il appartient à tous les militants", a déclaré l'ex-candidate, en promettant d'être "la garante du respect du processus démocratique à l'intérieur du PS".
"Personne n'en est propriétaire, et certainement pas ceux qui sont à la tête des courants, qui ont été si destructeurs. La structuration par courant ou par conflit de personnes souvent a empêché les débats et la clarification des choix politique", a-t-elle poursuivi.

"Pas pressée" de devenir premier secrétaire

"Pour moderniser le PS, il faudra avoir le courage de clarifier les choix politiques et de faire voter les militants pour structurer la nouvelle pensée politique du socialisme du XXIe siècle". "C'est aux militants que doit revenir le dernier mot", a-t-elle insisté.
Ségolène Royal a en outre assuré qu'elle n'était "pas pressée" de devenir premier secrétaire et que "le PS n'était pas un objectif en soi".

Dialoguer avec Bayrou

L'ex-candidate a aussi assumé sa volonté de dialogue avec François Bayrou. Elle a promis "une approche globale avec ceux qui voudront y participer", n'excluant pas de le faire avec des personnalités du centre. "Il faut ouvrir les portes et les fenêtres (...) Entre les deux tours des législatives, 80 à 90% des électeurs du MoDem sont venus sur les candidats socialistes. Je crois que la façon dont j'ai respecté François Bayrou en prenant contact avec lui a été reconnue", a-t-elle ajouté

19.06.2007

Nouvelle voix

Edito du 18 juin 2007.

La demi défaite de dimanche soir ne peut pas nous faire oublier l’échec que nous avons connu à la présidentielle pour la troisième fois consécutive. Nous devons impérativement en tirer toutes les conséquences. La crise que nous traversons est d’abord une crise des idées. Nouvelle Voix l’avait dit avant beaucoup d’autres lors de l’élaboration de notre projet, sur l’ambiguïté duquel nous avions formulé des critiques qui restent à l’évidence pertinentes.

Mais cette crise est aussi une crise de leadership. En demandant le départ de François Hollande, et plus globalement le retrait du Secrétariat national dans son ensemble, je n’ai pas voulu stigmatiser l’un d’entre nous, mais simplement pointer la responsabilité politique des principaux dirigeants de notre parti. Nous ne pouvons reproduire à l’infini une méthode (le consensus à tout prix) qui a échoué. Nous ne pouvons pas commettre les mêmes erreurs qu’au lendemain de 2002, en reportant à plus tard les changements nécessaires.

Sans nouvelle manière de travailler, sans une nouvelle équipe capable de conduire la rénovation, comment espérer apporter des réponses aux millions de Français, et ils l’ont encore montré dimanche, qui attendent de la Gauche un message et un espoir ? C’est pourquoi je préconise, plutôt qu’un Congrès qui aurait pour effet d’exacerber les conflits entre les personnes, le mise en place d’une Direction de la Réforme, collégiale et homogène parce que mandatée sur un programme clair :

ouvrir le grand chantier de la rénovation des idées, en préparant les Assises de la gauche auxquelles devraient être associées toutes les forces, toutes les personnalités qui le souhaiteront, et d’abord celles issues de la société civile ;
préparer la réforme des statuts qui professionnalisera le fonctionnement de notre parti et surtout répondra à l’exigence de nouveaux rapports avec les citoyens ;
définir une stratégie de reconquête et d’alliance.
Ce sont ces questions qu’un congrès devra trancher à l’automne 2008.

Je suis convaincu qu’elles ne pourront trouver de réponses que si se met en place une nouvelle équipe fondée sur la compétence et non sur le droit à l’ancienneté de ses membres.

17.06.2007

Poursuivons ...

Chers responsables de comités, chère amie, cher ami,

Je tenais à vous remercier de votre soutien et votre implication. Je sais que vous, responsables des comités Désirs d’avenir, vous êtes investis sans compter dans la campagne. Ce que nous avons fait ensemble, à défaut d’une victoire, constitue une force que nous devons faire fructifier. Le suffrage universel a parlé.
Le pouvoir devra désormais être jugé sur ses actes.

J’ai engagé un renouvellement profond de la vie politique, de ses méthodes et de la Gauche. Cela s’est traduit notamment par une forte participation des jeunes en particulier dans les quartiers. Nous devons poursuivre ensemble ce que nous avons entrepris. Il nous faut donc continuer massivement notre engagement pour
approfondir la rénovation de la Gauche, au service de l’idéal qui nous rassemble.

Gardez intactes votre énergie, votre ferveur et votre mobilisation.

Je vous demande de remercier chaleureusement en mon nom, l’ensemble des militants qui ont travaillé avec vous et de leur proposer de continuer ensemble ce que nous avons commencé. Pour fédérer celles et ceux qui se reconnaissent dans notre démarche, je vous invite à leur proposer d’adhérer à Désirs d’avenir, ou à renouveler leur adhésion s’ils en sont déjà membres. Cette nouvelle campagne d’adhésion doit permettre à notre association de se doter de moyens plus solides pour appuyer l’action des comités locaux et poursuivre le site Internet.

Nous avons en effet un programme de travail consistant, dont le thème central sera « Quelle gauche voulons-nous demain ? », sur lequel nous vous enverrons très rapidement des indications sous peu.

Je compte sur vous et votre engagement pour servir l’idéal que nous partageons et qui fait notre force.

Je serai au rendez-vous de ce travail indispensable.

Gilles

La défaite de la gauche; une tentative d'analyse.

Alors que tous les indicateurs étaient au vert, qu'une victoire de la gauche était quasi-certaine, l'échec est aujourd'hui cuisant.
Comment l'opinion publique s'est-elle renversée?
Quelles stratégies ont conduit la droite à la victoire?
Quels ont été les vecteurs les plus puissants de communication?
Quelles leçons peut-on en tirer?

En tant qu'enseignant en communication, j'essaierai de dénouer les fils de cette campagne, dont chacun s'accorde à dire qu'elle fut passionnante. Du point de vue de la stricte stratégie de communication, elle le fut en effet!

1/la stratégie Sarkozy
2/la stratégie Ségolène
3/la stratégie Bayrou
4/l'attitude des partis de droite
5/la notion d'âge, de génération
6/les leçons.



Préambule; le marketing

Comme nous le verrons plus loin, le marketing, c'est comme Ségolène; une excellente chose bénéficiant d'une image de marque exactement opposée. Tous les lieux communs sur ce sujet sont l'exacte opposé de la réalité; d'où l'utilité de cette petite mise au point.
Le marketing naît de l'échec de stratégies commerciales nées de l'après-fordisme, où la fabrication en série d'objets produit des comportements de vente proches du forcing; l'accent est mis sur la promotion (rabais), la facilité de paiement, le matraquage.
La réflexion marketing cherche à se rapprocher du client (de la cible) en cernant sa « personnalité », ses attentes. Elle vise à individualiser au plus près les produits, les consommateurs, les discours, et cherche à personnaliser à la fois le rapport au client et l'image de marque de l'entreprise.
Cette stratégie repose donc sur une connaissance fine de la cible, et s'appuie pour cela sur de nombreuses enquêtes, tant prospectives qu'analytiques.

Ségolène fut, surtout en début de campagne, accusée de n'être qu'un « pur produit marketing ».
Deux remarques à ce sujet;

1/ Il est intéressant de noter que, dans l'imagerie populaire, un « produit marketing » n'en est jamais un; on distingue sous cette appellation tout ce qui relève en fait du « gadget », de l'inutile, du design gratuit...Toutes démarches qui ne sauraient en aucun cas être issues d'une démarche marketing..

2/ La encore, nous voyons à l'oeuvre l'une des figures de rhétoriques les plus utilisées par Sarkozy durant cette campagne; accuser par avance l'adversaire d'un argument qui aurait pu se retourner contre lui-même. Car, comme nous allons le voir, les raisons de la victoire de Sarkozy se trouvent essentiellement dans l'utilisation d'une stratégie marketing parfaitement maîtrisée.


1/ La stratégie Sarkozy.
C'est une stratégie de longue haleine. Il ne s'en est jamais caché, depuis son entrée en politique, son but est la conquête du pouvoir « suprême ».

Le long terme
Il arrive préparé à l'épreuve. Sachant l'importance des médias (dont nous verrons qu'ils ont joué un rôle prépondérant dans la défaite), il se les rallie, se les approprie presque. Le but est de contrôler son image, de maîtriser jusqu 'au bout toute la chaîne de communication qu'il entend mettre en place. Ceci ne peut se faire qu'en jouant sur un temps très long, beaucoup plus long que le temps imparti à une campagne électorale. C'est en misant sur cette stratégie de pénétration lente qu'il a pu échapper à la vigilance des contre-pouvoirs.

La connaissance de son image perçue

Cette arrivisme aurait pu lui coûter cher, mais il a su, en l'assumant pleinement, le faire apparaître comme de la franchise. C'est là sa grande force; il a su tirer parti de chacune de ses faiblesses pour en faire un point positif. Sarkozy a, depuis toujours, commandé des sondages et observé, d'une part, l'état de l'opinion, et, d'autre part, repéré l'incidence de ses interventions sur celle-ci, et ce de façon quasi-instantanée. Il a pu, ainsi, adapter en permanence son discours, au risque de paraître inconstant. Mais Sarkozy prévoit toujours les critiques que son comportement pourrait lever et les anticipe. ( « j'ai changé.. »)

L'observation attentive de ses adversaires

Sarkozy observe les concurrents; il analyse les discours, vérifie leur impact. Quand une idée apparaît populaire, il se l'approprie sans vergogne (après l'impact positif de l'apparition de Ségolène compatissante auprès d'un handicapé, il lance le débat sur le handicap lors du duel télévisé. Auparavant il reprenait à son compte l'idée de faire entrer au gouvernement des contre-pouvoirs de l'opposition,etc...). Cet effarant stratagème ne peut qu'être gagnant grâce justement au « reprendre à son compte », condition indispensable pour éviter d'apparaître comme un simple opportuniste. Qui reprocherait à un candidat d'utiliser de bonnes idées? Cela lui permet, de plus, d'apparaître comme un homme politique nouveau, attendu par l'électorat; comme celui qui est capable de dépasser les clivages droite/gauche, se situant au-delà des partis.

La maîtrise des médias

Chacun le sait, on ne peut envisager une bonne stratégie de communication sans en maîtriser l'affichage. Il est renversant de constater qu'aucun autre candidat n'avait pris la mesure de l'importance du média TV sur l'opinion. Son implication avec ces médias est exactement proportionnelle à la part d'audience de ceux-ci. Si l'entreprise Sarkozy était une agence de communication, elle serait le leader incontesté du marché français. La victoire s'est bel et bien jouée dans les médias, essentiellement à travers la télé, donc sur Tf1 et Antenne2. Faut-il rappeler que Tf1, entreprise privée, est aux mains d'amis proches de Sarkozy? Les journalistes ont-ils fait leur travail? Ont-ils, à un moment quelconque, soulevé la moindre réserve sur le candidat? Ont-ils démenti des propos douteux? Ont-ils enquêté sur la brave dame à laquelle il s'adresse lorsqu'il parle du fameux nettoyage au Karcher? Ont-ils vérifié les informations selon lesquelles l'UMP comptait 300 000 militants?
Pour la plupart, non. Seuls quelques sites internet on fait un véritable travail d'investigation.
Un doute pourtant existait bien dans l'opinion, exploité par Bayrou; voir plus loin.

La Rhétorique.

Personne, pour l'instant, ne l'a encore analysée. Pourtant, l'utilisation, à chaque instant, de cette sorte nouvelle d'anticipation, qui consiste à faire porter sur l'autre les critiques que l'on pourrait se voir adressées, est presque la clef de la rhétorique sarkozienne.
Quelques exemples;
– n'avoir aucun programme et faire accepter l'idée que la gauche n'en a pas, au moment de la parution des « cent propositions ».
– changer constamment d'opinion, de discours et faire accréditer l'idée que c'est l'adversaire qui manque de constance;
– le coup final; lors du dernier débat télévisé, faire apparaître Ségolène comme une personne colérique et hargneuse.
Pour aller plus loin, on peut interroger les notions d'hypotypose, de modalisation, et bien d'autres encore..

Un Parti.
Sarkozy avait avec lui, pour lui, et sous lui, un parti, son parti. Le temps, là encore, lui a permis cette stratégie; chef d'un parti, candidat naturel et unique de celui-ci. Et tout le monde derrière, au service du candidat.



2/La stratégie Ségolène.
.....Ou l'absence de stratégie.
C'est le loup contre l'agneau; un discours du coeur, une conviction profonde pour seules armes.. Cela sera-t-il suffisant?

Absente des médias

Ségolène a choisi d'être proche des électeurs, à travers les débats participatifs, sur internet et lors de nombreuses rencontres partout en France. Cela lui a donné une expertise réelle sur l'état du pays comme sur l'état d'esprit de l'opinion...qui voulait bien se déplacer ou qui avait du temps à perdre sur internet. Présence médiatique; zéro. Elle n'a pas mesuré l'impact du média TV. Elle n'a pas cherché à tout prix la présence. Ses rares apparitions, alors que l'on parlait beaucoup d'elle, et de sa démarche novatrice, n'ont pas satisfait l'appétit d'images du public. Sans doute, les médias eux-mêmes n'ont-ils pas beaucoup apprécié cette partie de la campagne qui se jouait sans eux. Elle n'a pas réagi aux propos de ses adversaires.

Impréparation

Certes, c'est tout à son honneur, mais elle ne se préparait pas depuis l'enfance à la candidature à la présidence de la république. Cet amateurisme sympathique aurait pu être un argument, une force (dans les mains d'un Sarkozy..) si un certain contrôle du compte-rendu médiatique en avait été effectué. Hélas, rien...

Ignorance de l'adversité

La tâche était nouvelle, le public nombreux, l'enthousiasme patent...Comme enfermée dans cet immense succès, Ségolène a superbement ignoré les stratégies de ses adversaires, ne répondant même pas aux attaques et laissant libre cours à toutes les suppositions.
Un exemple; Ségolène en visite en Chine. Elle utilise, devant les caméras (en ces rares instants de présence), le terme (que l'on sent réfléchi) de « bravitude ». C'était assez joli, dans son contexte. Pourtant, l'interprétation, laissée en roue libre, en a été donnée comme d'une erreur émanant d'une personne ignorante de la langue française, une bourde...Démentie? Non, pourquoi?

Un....autre parti.

Ségolène a été désignée par les militants, à l'issue d'un débat public. Sur les grandes chaînes nationales. Enorme succès médiatique auquel Sarkozy répondra par un meeting. Il est évident qu 'elle a dès lors manqué d'un soutien ferme et enthousiaste de ses camarades. Comment les électeurs auraient-ils pu avoir confiance en une femme dont même son propre parti semblait se méfier? Le moins que l'on puisse dire, c'est que le PS n'a pas été le Parti Ségolène!

3/ La stratégie Bayrou

Une stratégie claire, voire limpide, en deux axes;
– un positionnement ni gauche, ni droite, ni centre, uniquement guidé par le bon sens et les supposées « idées qui marchent ».
– l'utilisation de la « prophéties auto-réalisatrice ».

Le positionnement

Les deux « autres » candidats offraient cette particularité d'être portés par deux catégories de français diamétralement opposées, chacun ayant peur de l'autre. La stratégie de l'entre-deux visait à jouer la réconciliation, le raisonnable. Ce positionnement offrait en outre un avantage considérable à Bayrou, qui, en critiquant deux représentants de partis ayant été au pouvoir, pouvait se présenter comme le seul candidat du renouveau.

Les dommages causés à la gauche par cette attitude ont été considérables. Nombreux sont les électeurs qui se sont laissés embarquer dans cette impasse.

La prophétie auto-réalisatrice.

Bayrou n'a pas connu, dès le début, un grand succès. Sa remontée s'est faite sur deux facteurs;
– en proclamant à tout va qu'il sentait bien que « quelque chose » de fort était en train de se produire, alors même qu'il ne se passait rien. Cela assurait sa présence dans les médias, et l'on a commencé à regarder les sondages. Comme par magie, ceux-ci ont bien fini par augmenter en sa faveur.
– En laissant croire qu'on ne lui offrait pas la même couverture médiatique que ses deux principaux adversaires, ce qui était assez subtil, puisque, outre que cela renforçait de fait la dite présence dans les journaux télévisés, cela permettait d'asseoir sa position de candidat « différent ».

4/l'attitude des partis de droite.

Les autres partis de droite, minoritaires, ont tous joué l'union!

5/ la notion d'age, de génération.

En ce début de troisième millénaire, tous les anciens partis ont disparu, se sont rénovés, ou sont en train de disparaître. Le PC est réduit à néant, les Verts itou, le FN également. Jamais les vieux partis d'extrême gauche n'ont connu de si mauvais score. Ils semlent tout-à-coup ringardisés, sauf peut-être pour Besancenot dont la jeunesse fait oublier l(obsolescence du discours. Partout, la notion de vieux, d'ancien parti a été rejetée. Il n'est pas besoin d'être très attentif pour noter cet immense besoin de nouveauté. Les vieux partis sont dépassés, finis. L'UMP même l'avait compris, en renaissant sous un nouveau nom.

6/ Les leçons.
Vis à vis des médias, la présence est indispensable, elle doit être massive, et la critique doit être permanente pour pallier l'absence de travail (ou d'indépendance) des journalistes.

Il faut sortir de la sphère internet (même si cet extraordinaire outil de contact et de communication doit être conservé) et trouver le moyen de mieux faire connaître à l'ensemble du peuple français les idées, les avis, les propositions.

Le PS est mort, vive le PS! Il faut s'y résoudre; rien ne sortira d'utile de ce monstre mort-vivant. Le temps est devant nous, suffisant pour construire un nouveau parti, derrière Ségolène. Son audience est plus large que le cadre étroit du PS. Elle doit échapper à la querelle stérile et contre-productive qui fait que certains se posent encore la question de savoir si elle est réellement de gauche. Les éléphants ont maintes fois fourni la preuve qu'ils ne la soutiendraient pas. Qui peut raisonnablement croire qu'ils changeront d'avis? Les français ont besoin de neuf, ils ont voté Sarko parce qu'il était le seul candidat possible.
C'est une stratégie que certains trouveront peut-être risquée, à mon humble avis c'est la seule qui ait une chance de réussir, le rejet du PS (notamment chez les jeunes), et plus généralement, de tout « appareil » est patent, et le discours des DSK et autres Fabius ne fait qu'augmenter ce rejet.

Ségolène est une femme, ce pourrait être la première femme en France à la tête d'un parti, l'espoir qu'elle a levé est immense, il faut capitaliser là-dessus.

En guise de conclusion, et pour revenir au marketing, la tendance la plus importante aujourd'hui est de tenter d'établir un rapport de complicité entre une marque et les consommateurs.(cf Apple, Nespresso..qui sont des sortes de « clubs »...)

Ce rapport de complicité, inestimable,long et difficile à obtenir, Ségolène le possède avec ceux qui la soutiennent. Il lui reste, pardonnez-moi l'expression, à devenir une marque. C'est exactement ce que Sarkozy a réussi, et s'il n'y avait qu'une seule chose qui serait bonne à prendre chez lui, c'est bien cette intelligence de la communication.

Gilles DAUVERGNE

En avant ..

En ordre de bataille ….

Nous l’attendions, il est enfin arrivé : Ségolène nous a envoyé notre feuille de route, en avant donc pour une nouvelle campagne d’adhésions ou de renouvellement, l’argent restera toujours le nerf de la guerre, laissons au vestiaire nos états d’âmes ou nos crises égotiques, désir d’avenir a besoins de ressources pour se développer.
C’est aussi l’occasion ‘organiser nos troupes, avec de véritables animateurs Ségolistes et non opportunistes, des fantassins et une structure vivante, et pas seulement un nom qui sert de boite aux lettres !!!???
Les Comités locaux ont la chance d’être ouvert et autonomes, à nous maintenant de faire vivre le débat dans la convivialité et l’enrichissement mutuel.

Jean Rivera
Da Poulainville

ecrevisses

lle a toujours adoré les écrevisses, dont la chair est si tendre sous la carapace. Ce soir-là, Ségolène Royal les a mises au menu du dîner qu'elle donne chez elle, à Boulogne, quelques jours après son retour de Djerba, le 20 mai. François Hollande est absent - les agapes sont réservées à ceux qui ont été ses plus proches collaborateurs pendant la campagne présidentielle. Le cognac servi pour l'apéritif est arrosé de Schweppes. Entre le taboulé et le gâteau au chocolat, on parle des législatives. Ségolène Royal a déjà confirmé qu'elle n'était pas candidate, sensible, notamment, aux arguments de sa conseillère Sophie Bouchet-Petersen: la présidence de la région Poitou-Charentes, ce sont des moyens et une équipe bien plus importants que ceux qu'offre l'Assemblée nationale. Certes, la tribune du Parlement présente un accès privilégié aux médias lors des débats autour des textes les plus emblématiques de la législature. Encore faut-il se distinguer parmi les meilleurs orateurs, ce qui n'est pas tout à fait le cas de Ségolène Royal. Elle-même en est consciente...
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Autour de la table, chacun donne son avis. L'avocat Jean-Pierre Mignard, Christophe Chantepy, directeur de cabinet, Benoît Thieulin, responsable de tout ce qui est lié à Internet, Camille Putois, chef de cabinet, ont été invités, eux qui ne sont pas en vacances. Le député socialiste Julien Dray, en campagne pour sa réélection, apparaît en fin de soirée. L'ex-conseiller Bruno Rebelle, lui, s'est pointé dès l'entrée, alors qu'il n'avait pas été convié - certaines de ses attitudes, pendant la campagne, ont agacé Ségolène Royal. Le malentendu jette un petit froid, rapidement dissipé. Pendant le repas, il est beaucoup question de l'association Désirs d'avenir. La présidentielle, elle, est mise hors sujet. «Le moment n'est pas encore venu d'en parler», coupe l'ex-candidate lorsqu'un convive se remémore tel ou tel événement. Pourtant, elle a commencé à écrire, à jeter sur le papier quelques-unes des réflexions que lui ont inspirées les semaines écoulées. Elle parle d'organiser, cet été, un «séminaire de travail» pour réfléchir aux points forts et aux points faibles de sa campagne, évoque «une analyse, une remise à plat» nécessaires. En attendant, la démarche relève de l'intime: «Il est hors de question de pratiquer l'autocritique maintenant, affirme Dray. On ne va pas baisser la tête devant tout ceux qui n'ont pas cessé de la dézinguer de l'intérieur, alors qu'elle a obtenu 17 millions de voix!» Les trahisons, les doutes, les coups bas - toutes les blessures des derniers mois doivent demeurer secrètes.
Rester droite. Son éternel sourire tient la douleur à distance
Rester droite. C'est l'antienne de Ségolène Royal, dont la raideur dissimule la faille tandis que l'éternel sourire tient la douleur à distance. Le 5 mai, à la veille du second tour, elle apparaît heureuse et détendue aux amis qu'elle accueille pour un buffet froid à son domicile. Depuis quinze jours, elle sait qu'elle a perdu - la brutalité de l'échec fait déjà partie du passé. Son verre à la main, elle évoque la soirée du lendemain, avertit qu'elle veut aller vite après la proclamation des résultats: «Il faudra que je parle tout de suite, parce que, si j'attends, ils vont tous me tomber dessus!» «Ils», ce sont les éléphants du PS, ceux qui n'ont jamais accepté sa désignation, ceux qui lui ont, considère-t-elle, saboté la campagne et qui comptent aujourd'hui profiter de sa défaite pour la jeter aux oubliettes.
Ségolène Royal se tourne vers Sophie Bouchet-Petersen, qui est aussi l'une de ses «plumes». Elle insiste, sans se départir de son sourire: «N'est-ce pas, Sophie? Il faudra être prête!» Autour d'elles, tout le monde a saisi l'allusion à la soirée catastrophique du 22 avril. Ce soir-là, abasourdie par l'ampleur du score de Nicolas Sarkozy, la candidate décide de récrire la totalité du discours prévu. Elle s'y met dans la confusion générale, tandis que des directives contradictoires, de la part de ceux qui sont avec elle à Melle (Deux-Sèvres) et de ceux qui appellent de Paris, la ralentissent encore. L'heure tourne. Ségolène Royal a du mal à travailler. Elle est sonnée, comme jamais elle ne l'a été ces derniers mois, comme jamais elle ne le sera les prochaines semaines: l'élection est perdue. Elle vient de le comprendre, deux semaines avant la fin du match - «Il manque deux points», confirme Julien Dray, convaincu, lui aussi, que la bataille est finie. Lorsqu'elle prend enfin la parole, le 22 avril, sur les écrans de télévision, elle porte le masque de la défaite. Les traits sont tirés, le visage est fatigué, la voix prête à se briser. Tous les symboles de la chute, que beaucoup attendront le 6 mai, c'est ce soir-là qu'elle ne peut les dissimuler.
La dégringolade est brutale, à la mesure des certitudes qui ont porté Ségolène Royal pendant la campagne. Ne répondait-elle pas, chaque fois qu'un collaborateur s'alarmait d'un mauvais sondage ou d'une mesure mal accueillie: «Ne vous inquiétez pas, puisque je vais gagner»? Touchée au coe; ur, elle ne se dérobe qu'un instant. La fragilité qui a percé sous l'armure a disparu dès le lendemain, lundi 23 avril, lorsqu'elle paraît à la réunion dans son QG parisien du 282, boulevard Saint-Germain: «Maintenant, je veux surprendre.» La voilà qui prépare l'après-second tour, toute à sa conviction qu'elle doit faire «bouger les lignes» - elle le dit à quelques proches: les Français lui seront reconnaissants, après le 6 mai, d'avoir brisé le carcan du dogme pour leur «offrir» une alternative, une autre manière de pratiquer le débat politique. Ségolène Royal se sent libre. Elle décide, elle exige, elle fait fi de la consternation du parti, impose un concert au stade Charléty. «Les artistes ne seront jamais disponibles; quatre jours pour tout préparer, c'est trop peu! plaide l'équipe. Eh bien, qu'est-ce que vous attendez pour les appeler?» rétorque la candidate. Quelques jours plus tôt, au meeting de Montpellier, Patrick Mennucci répète avec elle le scénario de la traversée de la salle: «Bravo, nous sommes enfin au point! lui dit-elle en riant. Dommage que la campagne s'arrête!»
"Nous sommes enfin au point! Dommage que la campagne s'arrête!"
Les jeux sont faits - pour Ségolène Royal, le débat télévisé face à Nicolas Sarkozy n'est qu'une occasion supplémentaire de montrer sa détermination et sa dimension de femme d'Etat. Elle le prépare à sa manière, avec les notes qui lui sont données, sans que chacun sache qui d'autre a participé. «Elle cloisonne exactement comme François Mitterrand, constate l'un de ses proches, mais autant, chez lui, le secret attisait le désir, autant, chez elle, il inspire la méfiance, l'angoisse d'être exclu. Mitterrand était maître dans l'art de séduire, Ségolène est juste très séduisante.»
Le matin du 4 mai, à quarante-huit heures du second tour, le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale annule tous ses rendez-vous pour rejoindre à Lorient (Morbihan) la candidate socialiste. Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes, veut la persuader de s'exprimer le plus vite possible dimanche soir: «Tu dois jouer l'"anti-Jospin", assurer les militants que tu continues, qu'ils peuvent compter sur toi. Dès 20 h 5!» Ségolène Royal y a déjà réfléchi. Sa priorité, c'est d'apparaître souriante, combative et sereine devant les Français. Elle l'explique à ses invités pendant la soirée qu'elle donne le 5 mai: «Une défaite, c'est déjà difficile à vivre pour tous ceux qui ont cru en vous... Je ne vais pas en rajouter!» Il faut surprendre, impressionner.
Le 6 mai, la bonne humeur est de rigueur parmi ses collaborateurs - l'euphorie de Sophie Bouchet-Petersen stupéfie l'une de ses voisines, à la Maison de l'Amérique latine: «Ce qu'a fait Ségolène, c'est formidable! Quelle belle campagne! Ils ne vont pas se débarrasser d'elle comme ça... - Est-ce que quelqu'un peut lui dire qu'on a perdu?» murmure son interlocutrice en se détournant. Pas Patrick Bloche, patron des socialistes parisiens, qui s'affirme lui aussi moins déprimé en partant qu'en arrivant: «Le sourire de Ségolène Royal a aidé les militants - et les autres! - à faire leur deuil. L'effet thérapeutique a été immédiat!» Ce n'est pas l'avis le plus partagé au parti. L'idée d'une fête que les amis de Ségolène Royal songent à organiser dans la foulée est écartée d'office. «Une fête de la défaite, à moins de 47%, il ne manquerait plus que ça!» soupirent les dirigeants en haussant les épaules.
La France entre en sarkozysme, elle s'éclipse. Lorsqu'elle part à Djerba avec ses enfants et leurs amis, le 13 mai, Ségolène Royal a déjà pris une décision: elle ne veut pas être candidate aux élections législatives. Elle le dit à quelques-uns de ceux qui viennent la voir au 282: «Je ne le sens pas. Je veux prendre du recul, voyager, continuer à rencontrer des gens. Après tout, je n'ai plus le même statut qu'avant...» Elle invoque aussi le non-cumul des mandats, qu'elle a défendu dans son pacte présidentiel, promet malgré tout de réfléchir pendant son week-end. Par précaution, et afin que le sort de celle qui doit lui succéder ne pèse pas dans sa décision, la 24e circonscription du Nord avait été réservée à Delphine Batho. L'information est révélée par une journaliste du Parisien, ce qui contraint Ségolène Royal à s'exprimer publiquement sur le sujet avant de s'envoler pour la Tunisie.
Ses soutiens ne la lâchent pas
Dans ses valises, elle emporte Sylvie, de Gérard de Nerval, Les Cent Plus Beaux Poèmes du monde, aux éditions du Cherche Midi, ou encore Philosophie légère de la mer, petit essai sur le pouvoir salvateur et purificateur de l'eau. «Là-bas, j'ai beaucoup dormi, j'ai nagé, j'ai lu des livres que j'ai pris dans la bibliothèque des enfants», confie Ségolène Royal en rentrant. Plus détendue, moins raide que dans son armure de candidate. Pourtant, c'est «là-bas» qu'elle accuse le contrecoup de l'échec, physiquement, moralement, alors que l'éloignement a relâché la tension et que cèdent enfin les digues qui contenaient la mélancolie.
Ceux qui l'ont soutenue pendant la campagne ne la lâchent pas. A peine est-elle rentrée à Paris qu'elle s'entretient au téléphone avec Bernard-Henri Lévy. Le philosophe continue de dire tout haut son admiration pour la tâche accomplie. Malgré ces témoignages de sympathie, en cette fin de mois de mai, Ségolène Royal hésite à reprendre son bâton de pèlerin pour les législatives. «C'est étrange, non, d'enchaîner comme ça deux campagnes?» Il faut toute l'habileté d'un François Rebsamen pour la convaincre qu'il lui sera très difficile de reprendre la parole, demain, si elle la refuse aujourd'hui. Parler, mais pour dire quoi? Que les socialistes peuvent emporter ce scrutin, alors que pas un d'entre eux ne le croit? Qu'il faut une opposition unie au président, alors que le PS est plus divisé que jamais? Ce parti, décidément, l'ennuie, même si elle en a compris la force et le pouvoir de nuisance. Elle tergiverse, un pas en arrière, deux pas en avant, quand ce n'est pas l'inverse. A des journalistes choisis, «happy few» qu'elle accueillait encore à son QG le 11 mai, pour les remercier d'avoir suivi sa campagne, elle assurait qu'elle ne s'exprimerait pas avant les législatives. Moins de vingt-quatre heures plus tard, le matin du 12 mai, elle évoquait sans ambages le scrutin présidentiel de 2012 devant la presse massée à la sortie du conseil national du PS...
Le 21 mai, Ségolène Royal est à Poitiers, où elle préside une réunion de la commission permanente de la région Poitou-Charentes. «Elle était absente, témoigne un élu de l'opposition. Je ne l'avais jamais vue comme ça, presque humaine dans sa manière de s'ennuyer. Il faut dire que les discussions tournaient autour de bouts de route, de toitures de lycée, de problèmes de chaudières... Quand on a rêvé de l'Elysée, c'est compliqué!» Le 27, elle est à La Rochelle, pour son premier déplacement de soutien aux candidats en campagne. Les militants l'ovationnent, se pressent pour l'embrasser, la toucher. Cette ferveur intacte semble lui réinsuffler la vie, redonnant un sens à son combat: «Quand ces gens viennent vers moi pour me remercier, je me dis que je n'ai pas tout raté», avoue-t-elle plus tard à un journaliste qui l'interroge sur la difficulté de surmonter la fin d'une campagne et de reprendre une vie normale. Rien ne la galvanise comme l'enthousiasme du public: «Ségolène Royal ne veut pas être présidente, elle veut être une star!» résume un député qui la connaît bien. D'ailleurs, revoilà les sondages qui la sacrent. Hier, elle était la meilleure pour gagner l'Elysée. Aujourd'hui, elle est la meilleure pour rénover le PS.
Les Walkyries"
Auparavant, à défaut de pardonner, il lui faudra faire semblant d'oublier que certains n'ont jamais cru en elle, si elle veut réussir à nouer les alliances qui s'imposent au sein d'un parti meurtri. Mais à qui fait-elle encore confiance, elle qui cite parfois cette maxime de La Rochefoucauld: «Notre défiance justifie la tromperie d'autrui»? A quelques intimes, Jean-Pierre Mignard sans doute, Christophe Chantepy, son amie Natalie Rastoin et Sophie Bouchet-Petersen peut-être, blondes toutes les deux et que François Hollande a surnommées «les Walkyries». En revanche, entretenue dans le doute par une partie de son entourage, elle a suspecté longtemps la fidélité politique de son compagnon. Persuadée, malgré les dénégations de plusieurs élus PS affolés par les répercussions publiques de conflits privés, qu'il voulait convaincre Lionel Jospin de se présenter pour l'écarter, elle, de l'investiture socialiste... François Hollande n'est plus l'interlocuteur privilégié de Ségolène Royal. En témoignent les journalistes Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin dans La Femme fatale (Albin Michel): pendant la campagne, racontent-elles, la candidate s'est plus souvent tournée vers Jean-Pierre Chevènement ou vers Bernard-Henri Lévy que vers l'homme fort du parti. Ainsi, ce n'est pas lui qu'elle écoute, à l'issue du débat télévisé du 2 mai, alors qu'il juge qu'elle en a fait «un peu trop» dans la colère. Cette fois-là, Ségolène Royal est plus sensible à l'enthousiasme des membres de son équipe, presque tous convaincus qu'elle a «plié» son adversaire, presque tous désarçonnés par les premiers sondages qui indiqueront exactement l'inverse.
Le 29 mai, retenue par les mêmes appréhensions qu'elle a exprimées avant son déplacement à La Rochelle, elle hésite à participer au meeting collectif du Zénith, à Paris, aux côtés de Dominique Strauss-Kahn, de Laurent Fabius et des autres. Et si la salle lui était hostile? Rassurée par ses amis, elle finit par accepter, malgré le refus de Bertrand Delanoë de la laisser s'exprimer en premier. Le 30 mai, en Charente, elle est acclamée avec la même force qu'aux plus beaux jours de la campagne présidentielle et retrouve, en dépit de la fatigue, ce visage rayonnant qui la distingue de ses rivaux. «Tu vois, je te l'avais dit!» s'amuse Jean-Marc Ayrault au téléphone. Du coup, Ségolène Royal sent s'affermir sa volonté de prendre le contrôle du parti - dans l'avion qui l'emmène à Lyon, le 31 mai, elle confirme aux journalistes qu'elle ambitionne d'ouvrir sa formation «vers les républicains du centre» et de déclencher une «nouvelle vague d'adhésions».
L'ex-candidate redoutait par-dessus tout d'être en situation de faiblesse, et que d'autres décident à sa place de l'heure et du lieu du «débriefing» de sa défaite. Elle sait désormais qu'il n'en est rien, qu'elle demeure protégée par le plébiscite que lui accordent les militants pour rénover le PS. Qu'ils s'avancent, les éléphants, ces hommes qui exigent des comptes: ils affronteront une femme debout. Pour le reste, il sera toujours temps d'y penser demain.
D'apres l'Express

15.06.2007

projection

405 à 435 sièges
pour la majorité présidentielle

NOUVELOBS.COM | 14.06.2007 | 18:49

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Cette projection, qui porte sur la France entière, attribue 380 à 410 sièges à l'UMP et aux divers droite, 21 à 23 au Nouveau centre, et deux au MPF. Le Parti communiste est crédité de 10 à 15 sièges, le PS et les divers gauche de 125 à 155 et les Verts de 2 à 4. Le MoDem n'aurait qu'un à deux sièges.









(c) AFP
La droite obtiendrait entre 405 et 435 sièges et la gauche entre 137 et 174 sièges à l'issue des élections législatives, selon une projection en sièges TNS-Sofres/Unilog pour RTL, Le Figaro et LCI rendue publique jeudi par la Sofres.
Cette projection, qui porte sur la France entière, attribue 380 à 410 sièges à l'UMP et aux divers droite, 21 à 23 au Nouveau centre, et deux au MPF.
Le Parti communiste est crédité de 10 à 15 sièges, le PS et les divers gauche de 125 à 155 et les Verts de 2 à 4.
Le Modem aurait un ou deux sièges seulement et les divers deux.
Dimanche soir, la projection de la Sofres faite sur les 555 députés de France métropolitaine accordait 405 à 445 députés à la droite, dont 385 à 425 à l'UMP et aux divers droite et 20 à 22 au Nouveau centre, et 120 à 160 à la gauche, dont 6 à 12 pour le Parti communiste, 100 à 140 pour le PS et les divers gauche et 1 à 3 pour les Verts.



Cette projection a été faite sur la base d'une enquête réalisée par téléphone les 12 et 13 juin auprès d'un échantillon national de 1.000 personnes, représentatif de l'ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). Notice détaillée disponible à la commission des sondages. (AFP)

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