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10.08.2007
rénovation
La difficile recomposition du PS
Que deviennent les socialistes ? On ne les entend plus. Ils sont peut-être en vacances, tout simplement.
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On l'espère pour eux. Ce qui est sûr c'est que ça cogite même pendant les vacances. Les responsables du PS sont partis sur les plages avec une idée en tête: préparer la rénovation. En fait, faire ce qu'ils auraient dû faire ces dernières années. Alors vous entendrez tous les éléphants, les éléphanteaux ou les jeunes lions vous dire, la main sur le cœur que la rénovation doit d'abord être évidemment celle des idées plutôt que celle des hommes. François Hollande va organiser dès la rentrée des ateliers thématiques pour redéfinir l'identité des socialistes.
Ça paraît logique et plutôt vertueux comme démarche.
Oui mais ça paraît seulement. C'est de la fausse vertu parce que si la rénovation des idées est essentielle elle se fera d'autant mieux qu'elle est incarnée dès maintenant par un ou une personnalité et chacun le sait au PS. Sinon il ne sera question que de compromis pour ne froisser personne. En politique, surtout quand la tendance est à la présidentialisation du pouvoir, les idées sont plus claires si elles sont portées par un homme ou une femme. En réalité la rénovation des idées devrait et pourrait très bien se faire en même temps que celle des hommes mais les leaders socialistes, aux ambitions concurrentes ont décidé de remettre ce combat à plus tard.
Alors qui justement à la tête du PS demain ?
On en est à l'ébauche. Une nouvelle carte se dessine au parti socialiste. L'aile gauche d'Henri Emmanuelli et de Laurent Fabius semble marginalisée par le vent de l'histoire récente et l'âge du capitaine. Si Ségolène Royal n'arrive pas rapidement à s'imposer, il y aura une alliance tacite entre elle-même, François Hollande et Bertrand Delanoë. Tous 3 ont des ambitions présidentielles plus ou moins avouées. Le prochain patron du PS pourrait alors être un homme comme François Rebsamen, le maire de Dijon. Rebsamen est un proche de Ségolène Royal mais il se démène en ce moment pour persuader tout le monde qu'il serait un premier secrétaire impartial. Une telle situation serait une pacification de façade qui contiendrait tous les ingrédients d'une nouvelle guerre des chefs.
Est-ce qu'on peut imaginer une concurrence Ségolène/Hollande ?
Oui, c'est déjà le cas. Leur séparation officialisée était aussi sensé clarifier les choses sur le plan politique mais les relations au sein d'un couple ne sont pas moins complexes et tapissées de sous entendus que les relations entre deux ex. La guerre risque d'en être que plus terrible.
Et pour continuer la description de la probable prochaine géographie du PS on voit apparaître une génération qui entend être la relève. Le seul quadra qui émerge vraiment et qui manifeste, pour l'instant, de façon très prudente, mais déterminée une réelle ambition c'est Manuel Valls. Il a déjà réalisé dans la gestion de sa ville d'Évry et puis dans son discours une certaine forme de rénovation. Il devrait prendre des initiatives prochainement pour que l'on comprenne bien qu'il faut changer de génération et que le renouveau doit avoir à une tête et évidemment pourquoi pas la sienne.
Et puis il y a une autre incertitude. Que vont faire les fidèles de Dominique Strauss Kahn. Attendre le retour du père tenu loin des batailles internes par un prestigieux poste à la tête du FMI? Ou s'éparpiller dans les différentes écuries. Toujours est-il que leur poids idéologique pèsera pour un recentrage du parti.
Quelle peut-être l'attitude des dizaines de milliers de nouveaux militants qui avaient rejoint le PS avant l'élection ?
C'est justement la grande question. Vont-ils rester, vont-ils participer aux débats? Comment ont-ils vécu la défaite et de quel côté vont-ils pesé? Toutes ses inconnues rendent l'avenir du PS incertain. C'est donc passionnant
08:35 Publié dans parti socialiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

