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25.10.2007

25 octobre 2007

Projets de loi retardés et amendés, grogne au sein de l’UMP, sondages qui s’effritent, grèves… le Président, qui voulait tout réformer tout de suite, essuie ses premiers revers.
ANTOINE GUIRAL
QUOTIDIEN : jeudi 25 octobre 2007

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Ce n’est pas encore la rupture mais déjà un vrai désenchantement. Entre Nicolas Sarkozy et les Français, l’heure est au désamour, comme l’indiquent tous les sondages où le chef de l’Etat est en baisse depuis la rentrée. La «magie» du volontarisme a vécu: la croissance reste en berne, le pouvoir d’achat ne progresse pas, le chômage ne connaît aucune amélioration significative. Certes, le président de la République conserve 55 % de bonnes opinions dans la dernière livraison BVA-L’Express, mais l’écart entre jugements négatifs et positifs se resserre, semaine après semaine.
Fiasco. Ses nombreuses tentatives pour relancer la machine et mobiliser son camp n’ont guère connu de succès. Dans les rangs de la majorité monte une fronde qui traduit tout autant le doute qu’un début de défiance à l’égard de certaines initiatives élyséennes. Quarante députés UMP n’ont pas voté mardi le texte sur la maîtrise de l’immigration. Hier, la tentative avortée (lire page 12) de faire voter une loi sur mesure pour financer le parti rallié à Sarkozy du Nouveau Centre a tourné au fiasco pour la majorité. «Le fait du prince ça suffit», grince un pilier UMP du Palais Bourbon, sarkozyste de la première heure. La convocation au pied levé par Sarkozy d’un bureau politique de l’UMP dimanche soir dernier n’a pas non plus été appréciée. Bref, le comportement «anxiogène» et les oukases du Président inquiètent.
Impatience. Les parlementaires de droite ne veulent pas non plus entendre parler de la dose de proportionnelle que Nicolas Sarkozy veut leur faire avaler en contrepartie d’un vote de la gauche sur ses réformes institutionnelles. En marge de son déplacement au Maroc (lire ci-dessous), il a semblé prendre conscience que la partie serait serrée sur ce dossier: «S’il n’y a pas de consensus, j’en tirerai les conséquences», a-t-il confié. En clair, la réforme des institutions déjà reportée à l’après-municipales a toutes les chances d’être enterrée. L’exécutif préfère se concentrer sur la difficile ratification du mini traité européen, d’ici au 9 février, date de la suspension des travaux parlementaires.
Dans les circonscriptions, deux sujets reviennent continuellement aux oreilles des députés: la baisse du pouvoir d’achat et la hausse continue du prix de l’essence. L’impatience est patente. «Je ne sens pas encore de décrochage, mais nous sommes dans une période d’entre-deux: les mesures prises en juillet ne sont pas encore visibles, mais elles devraient prendre effet, notamment pour les heures supplémentaires dès la fin octobre». Le même assure que son électorat «ne comprend pas» pourquoi la loi sur le service minimum n’a pas eu d’effet lors de la grève dans les transports. «Il faut donner de l’espoir aux gens, se battre pour le pouvoir d’achat et résister aux assauts de l’opposition», assure le député Pierre Méhaignerie.
«Grincheux». Le 20 novembre, une grève touchera l’ensemble de la fonction publique. Mi-novembre, une nouvelle journée d’action (qui pourrait être reconductible) va paralyser les transports. Le gouvernement parle de dialogue mais les syndicats l’accusent de n’avoir rien à négocier.
A l’Elysée, on réplique qu’il y a «toujours eu des grincheux. On n’a pas le choix. Il vaut avancer». Et d’assurer que les «comptes seront fait au moment des échéances électorales»

Hier, les internes des hôpitaux, la semaine dernière la SNCF, EDF-GDF et la RATP, le 20 novembre les fonctionnaires : cela commence à faire beaucoup de monde dans la rue. La liste est loin d’être close: aujourd’hui, le personnel navigant d’Air France est appelé a débrayer jusqu’à lundi, jour où les syndicats de la SNCF se réunissent pour décider d’une action à la mi-novembre, qui pourrait bien être une grève, officiellement reconductible.

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Le président de la République et son Premier ministre ont toujours considéré vraisemblable l’éventualité d’un automne social chaud. Le scénario a beau être préparé de longue date, la gestion de la crise n’est pas évidente. Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, est prié de jouer les démineurs. Depuis hier, il reçoit les syndicats les uns après les autres. Mais il n’a pas grand-chose de nouveau à leur annoncer.
Chez les cheminots, la CGT et l’Unsa, premier et troisième syndicats de la SNCF, font monter les enchères pour obtenir des compensations qui videraient de son sens la réforme des régimes spéciaux. Et Solidaires, numéro deux avec Sud-Rail, appelle à «des grèves longues», estimant qu’il n’y a «rien à négocier» puisque le gouvernement considère comme acquis le passage à quarante ans de cotisation pour les bénéficiaires de régimes spéciaux de retraite.
«L’enjeu de ces prochaines semaines, ce sont les 17 % de gens qui sans soutenir les grévistes ont de la sympathie pour eux», estime Stéphane Rozès, de l’institut CSA. En se posant jeudi dernier en syndicat responsable, appelant à la reprise du travail, la CGT et son secrétaire général ont renforcé ce capital de sympathie, apparaissant désormais comme les seuls capables de calmer les troupes et de trouver une sortie de crise. A condition que la situation n’échappe pas aux syndicats ouverts à la négociation.
Dans ce dernier scénario, Nicolas Sarkozy devra s’expliquer avec la frange la plus dure de son électorat. Qui ne comprendra pas que trois mois après le vote d’une loi sur le service minimum, la France soit paralysée comme elle ne l’a jamais été depuis Alain Juppé.
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L'Unedic refuse de transmettre les papiers aux préfectures
NOUVELOBS.COM | 25.10.2007 | 08:00
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L'oganisme refuse de transmettre les papiers des demandeurs d'emploi étrangers aux préfectures, estimant que ce n'est pas son rôle.

Annie Thomas, présidente de l'Unedic (Sipa)
La présidente de l'Unedic, Annie Thomas (CFDT), a annoncé jeudi 25 octobre que ce n'était "pas le rôle de ses agents de transmettre à la préfecture les papiers" des demandeurs d'emploi étrangers. L'Unedic va donc donner de nouvelles instructions dans ce sens. "Nous avons redressé la barre par rapport aux instructions qui avaient été données", déclare Annie Thomas, et précise que la décision a été prise "à l'unanimité", aussi bien par les organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) que syndicales (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGE) gestionnaires du régime d'assurance chômage.

"Ce n'est pas le rôle des agents Assedic"

La présidente de l'Unedic déclare que "les agents de l'Assedic ont comme instruction de contrôler toutes les pièces d'identité de toutes les personnes qui arrivent, qu'elles soient françaises ou étrangères. Mais nous en restons là", affirme Annie Thomas. Elle ajoute, "Nous ne rentrons pas dans le débat selon lequel il faut transmettre systématiquement les papiers à la préfecture, ce n'est pas le rôle des agents de l'Assedic de le faire". Annie Thomas indique par ailleurs que "des instructions seront données aux directeurs des Assedic dès jeudi". "C'est l'ANPE qui contrôle si nécessaire et pas les Assedic" a poursuivi la présidente de l'Unedic. La semaine passée, trois syndicats, FO, Sud et CGT dénonçaient cette mesure qui découle de la loi sur l'immigration de Nicolas Sarkozy qui date de juillet 2006. Les trois syndicats s'insurgeaient contre l'application de cette mesure qui, selon eux, retarde l'indemnisation du demandeur d'emploi étranger lorsque que ce dernier y a droit.

Transmission "systématique"

Dans le cadre de la convention liant l'ANPE (organisme qui inscrit les chômeurs) et les Assedic (organisme qui les indemnise), une consigne co-signée par le Directeur général de l'ANPE Christian Charpy ainsi que par le directeur général de l'Unedic Jean-Luc Bérard, demandait aux agents ANPE et mais aussi à ceux des Assedic de transmettre "systématiquement" à partir du 1er octobre une copie des titres de séjour et de travail des demandeurs d'emploi étrangers aux préfectures afin de procéder à une vérification.
Annie Thomas a déclaré que si le contrôle habituel des papiers ne révèle aucune anomalie, les dossiers d'indemnisation seront "ouverts immédiatement". Elle a également rappelé que les antennes Assedic étaient équipées de détecteurs de faux papiers, et ce depuis un rapport parlementaire consacré au problème des fraudes et des escroqueries à l'Assedic