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31.10.2007

bianco

Quelles sont les différences idéologiques au sein du Parti Socialiste ?

publié le lundi 27 août 2007 à 23h04



Derrière la dénomination "la gauche" se cache en réalité une multitude de courants idéologiques qui s'affrontent. Il n'y a pas une gauche, mais des gauches. Si les différences entre l'extrême-gauche qui rejette la société capitaliste et les socialistes qui ne souhaitent que la réformer sont visibles, les divisions idéologiques peuvent surprendre lorsqu'elles sont présentes au sein d'un même parti. C'est ce qui se passe au Parti socialiste ou plusieurs courants s'affrontent depuis des années mais de manière plus virulente depuis la défaite de Ségolène Royal à l'élection présidentielle. Tous veulent incarner la rénovation à gauche. Mais quelle gauche ? N'y a-t-il pas plusieurs gauches ? Quelles sont les différences idéologiques au sein du PS ? Dans sa chronique sur France Culture, Olivier Duhamel a tenté de définir les différentes gauches.

La dénomination des gauches
Selon que l'on appartienne à un courant ou à un autre, la dénomination des différents courants change. Les sociaux-démocrates (Royal, Strauss-Kahn) se considèrent comme la nouvelle gauche par opposition à la vieille gauche qui serait celle des socialistes traditionnels qui se réfèrent aux premières années de Mitterrand. Du point de vue des socialistes traditionnels, on désigne le courant rival par le terme de centre gauche par opposition à la vraie gauche pour souligner la dérive droitière de ce courant. Quelles que soient les dénominations adoptées, ces différences d'appellation désignent bien des différences idéologiques.

La gauche social-démocrate ou social-libérale
Pendant la campagne présidentielle, un groupe de hauts fonctionnaires et d'intellectuels, qui s'est donné le nom de "Gracques", a lancé un appel pour une alliance entre les socialistes et les centristes de Bayrou. Ces personnalités de gauche prônent un socialisme réformiste : l'adaptation de la société capitaliste passe d'abord par le compromis et la négociation entre les partenaires sociaux pour les questions d'emploi par exemple.

La gauche traditionnelle, égalitariste
Au Parti Socialiste, des personnalités comme Laurent Fabius et Jean-Luc Mélenchon incarnent la gauche traditionnelle, plus étatiste, plus soucieuse de l'égalité de traitement. La justice sociale passe avant l'efficacité économique. L'égalité est la valeur de référence. La fraternité prédomine dans la vision de la politique de l'immigration. La sécurité passe d'abord par la prévention, la répression étant un thème laissé à la droite.

Un rapport de force déséquilibré entre ces deux gauches
Pour analyser le rapport de force entre ces deux gauches, Olivier Duhamel s'appuie sur une enquête parue dans le Nouvel Observateur. Un sondage auprès de tous les Français indique que les idées de la gauche social-libérale dominent. Cette domination est normale puisque l'échantillon des personnes interrogées comprend tous les Français, de droite, du centre et de gauche. En revanche, le même sondage réalisé auprès des sympathisants de gauche indique le contraire, la gauche traditionnelle l'emporte nettement. Par exemple, les 2/3 des sympathisants de gauche approuvent le SMIC à 1500 euros alors même que Ségolène Royal avait jugé que cette proposition qui figurait dans son pacte présidentiel n'était pas crédible.

Ces divisions reflètent les contradictions des Français
En réalité, l'opposition entre ces deux gauches reflète les contradictions de l'opinion. Ainsi, les Français savent que la réduction des déficits publics est indispensable (gauche social-démocrate) mais dans le même temps, ils refusent qu'on diminue le nombre de fonctionnaires pour maintenir un service public de qualité (gauche traditionnelle). De même, les Français s'inquiètent des déficits de la sécurité sociale mais ils contestent l'allongement de la durée du travail pour financer les retraites. Ils acceptent l'économie de marché mais ils craignent la mondialisation.

Une équation difficile à résoudre
La rénovation au Parti Socialiste passe par le choix entre ces deux gauches. Mais ces oppositions font écho aux priorités contradictoires sans cesse exprimées par les Français. De fait, la victoire d'une gauche sur l'autre entraînerait une clarification idéologique salutaire, mais dans le même temps, elle couperait le parti de toute une frange du peuple de gauche.
Malgré cela, les vainqueurs du prochain congrès du PS devront résoudre ce dilemme pour pouvoir espérer l'emporter en 2012, l’absence de choix idéologique clair entre 2002 et 2007 expliquant en partie la défaite de la candidate socialiste
Jean-Louis Bianco, la seconde jeunesse du Secrétaire général de Mitterrand

publié le lundi 29 octobre 2007 à 23h40



Portrait de Jean-Louis Bianco.
A bientôt 65 ans, Jean-Louis Bianco ne fait pas partie de la nouvelle génération du PS. Il a 20 ans de plus que les quadras qui montent comme Arnaud Montebourg ou Vincent Peillon. Pourtant, il a joué un rôle central pendant la campagne présidentielle de 2007 au côté de Ségolène Royal au point d'être présenté comme un Premier ministre potentiel. Depuis la défaite, il est resté fidèle à la présidente de Poitou-Charentes et, à ce titre, pourrait entrer à la direction du PS en cas de victoire de Ségolène Royal au prochain congrès du parti. (Série 7/20)


Pendant un mois, Politique.net propose une série de 20 portraits de personnalités politiques du Parti Socialiste qui pourraient compter dans un avenir proche. La victoire de Ségolène Royal lors de la primaire socialiste en 2006 avait montré l'envie des militants de tourner la page des Eléphants du PS. Exit Jospin, Fabius, DSK, Hollande. En 2008, un congrès exceptionnel doit se tenir pour désigner le successeur de François Hollande. Qui va prendre le contrôle du PS ?

Origines et formation
Jean-Louis Bianco est né le 12 janvier 1943 à Neuilly-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine. Fils d'un immigré italien qui a fui l'Italie de Mussolini, Jean-Louis Bianco a fait ses études secondaires au lycée Janson de Sailly dans le XVIe arrondissement de Paris. C'est là qu'il fit la connaissance de Jacques Attali. Après son bac, Jean-Louis Bianco poursuit des études prestigieuses : Sciences Po, l'Ecole Nationale d'Administration en 1969. En 1971, il entre dans la haute administration en tant qu'auditeur au conseil d'Etat. En 1978, il monte en grade et devient maître des requêtes au conseil d'Etat. Mais très vite, Jean-Louis Bianco est rattrapé par la politique.

9 ans au poste de secrétaire général de l'Elysée
En 1982, le secrétaire général de l'Elysée, celui qui gère l'agenda du président, les visites, et organise toute la vie du palais de l'Elysée, s'appelle Pierre Bérégovoy. Mais ce dernier souhaite entrer au gouvernement, François Mitterrand doit donc lui trouver un remplaçant. Le nom de Jean-Louis Bianco est alors proposé à François Mitterrand par Jacques Attali, son camarade du lycée Janson de Sailly. A 39 ans, Jean-Louis Bianco fait une entrée fracassante dans la vie politique en devenant secrétaire général de l'Elysée. Pendant 9 ans, ce qui constitue un record de longévité à ce poste, Jean-Louis Bianco va être l'un des plus proches collaborateurs de Mitterrand.

Ministre, député, élu local
En 1992, il quitte le palais de l'Elysée pour entrer au gouvernement. Il devient ministre des Affaires sociales et de l'Intégration dans le gouvernement d'Edith Cresson. L'année suivante, il devient ministre de l'Équipement, du Logement et des Transports dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy.
Après la défaite des socialistes aux législatives de 1993, Jean-Louis Bianco consacre son énergie à son enracinement local. Il fait toute sa carrière dans le département des Alpes-de-Haute-Provence : conseiller général, maire de Digne-les-Bains, puis conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur.
En 1997, il est élu député pour la première fois dans la 1ere circonscription des Alpes-de-Haute-Provence. En 2002 et 2007, il est réélu à chaque fois de justesse (50,79 % en 2002, et 52,32 % en 2007 malgré un ballotage défavorable).

La traversée du désert sous Jospin
Député, président du conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, Jean-Louis Bianco pensait pouvoir revenir au pouvoir avec la victoire de la gauche aux législatives de 1997. Mais lorsque Lionel Jospin devient Premier ministre, il n'est pas nommé au gouvernement. A Jacques Attali, il avait confié son amertume d'avoir été mis à l'écart. Officiellement, Lionel Jospin, qui avait annoncé le droit d'inventaire des années Mitterrand, estimait que Jean-Louis Bianco était trop proche de l'ancien président de la République. En réalité, le poids politique du député des Alpes-de-Haute-Provence était assez faible au PS à cette époque.

Un homme politique assujetti à l'ISF
Pendant sa traversée du désert, Jean-Louis Bianco se replie sur son fief électoral des Alpes-de-Haute-Provence. Parallèlement à ses activités politiques, Jean-Louis Bianco gère un patrimoine personnel important de près de 3 millions d'euros au point d'être assujetti à l'Impôt de Solidarité sur la Fortune. Il est notamment co-propriétaire d'une entreprise spécialisée dans la fourniture de tubes et de poutrelles pour les travaux publics. Cette entreprise, nommée Stat, est une filiale française du groupe italien Bianco.

Au service de Ségolène Royal en 2007
La campagne présidentielle de 2007 offre un retour politique spectaculaire à Jean-Louis Bianco sur la scène nationale. Ségolène Royal cherche des soutiens au Parti Socialiste en vue de la primaire en 2006. Très vite, Jean-Louis Bianco lui offre ses services, sentant que la présidente de la région Poitou-Charentes peut bousculer les éléphants du PS, Jospin, Fabius, DSK. Pour Ségolène Royal, le soutien de Jean-Louis Bianco s'avère important. Pilier de la Mitterrandie, il connaît par cœur le Parti Socialiste. Directeur de campagne de la candidate pendant la présidentielle, il va exercer la fonction de vieux sage en rectifiant les multiples erreurs et improvisations de Ségolène Royal dans les médias.
Malgré la défaite de la candidate, Jean-Louis Bianco a réussi son retour politique sur la scène nationale à l'occasion de cette présidentielle. Si Ségolène Royal devient Premier secrétaire du Parti Socialiste au congrès de 2008, Jean-Louis Bianco pourrait être nommé numéro 2 du parti.