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31.10.2007

bianco

Quelles sont les différences idéologiques au sein du Parti Socialiste ?

publié le lundi 27 août 2007 à 23h04



Derrière la dénomination "la gauche" se cache en réalité une multitude de courants idéologiques qui s'affrontent. Il n'y a pas une gauche, mais des gauches. Si les différences entre l'extrême-gauche qui rejette la société capitaliste et les socialistes qui ne souhaitent que la réformer sont visibles, les divisions idéologiques peuvent surprendre lorsqu'elles sont présentes au sein d'un même parti. C'est ce qui se passe au Parti socialiste ou plusieurs courants s'affrontent depuis des années mais de manière plus virulente depuis la défaite de Ségolène Royal à l'élection présidentielle. Tous veulent incarner la rénovation à gauche. Mais quelle gauche ? N'y a-t-il pas plusieurs gauches ? Quelles sont les différences idéologiques au sein du PS ? Dans sa chronique sur France Culture, Olivier Duhamel a tenté de définir les différentes gauches.

La dénomination des gauches
Selon que l'on appartienne à un courant ou à un autre, la dénomination des différents courants change. Les sociaux-démocrates (Royal, Strauss-Kahn) se considèrent comme la nouvelle gauche par opposition à la vieille gauche qui serait celle des socialistes traditionnels qui se réfèrent aux premières années de Mitterrand. Du point de vue des socialistes traditionnels, on désigne le courant rival par le terme de centre gauche par opposition à la vraie gauche pour souligner la dérive droitière de ce courant. Quelles que soient les dénominations adoptées, ces différences d'appellation désignent bien des différences idéologiques.

La gauche social-démocrate ou social-libérale
Pendant la campagne présidentielle, un groupe de hauts fonctionnaires et d'intellectuels, qui s'est donné le nom de "Gracques", a lancé un appel pour une alliance entre les socialistes et les centristes de Bayrou. Ces personnalités de gauche prônent un socialisme réformiste : l'adaptation de la société capitaliste passe d'abord par le compromis et la négociation entre les partenaires sociaux pour les questions d'emploi par exemple.

La gauche traditionnelle, égalitariste
Au Parti Socialiste, des personnalités comme Laurent Fabius et Jean-Luc Mélenchon incarnent la gauche traditionnelle, plus étatiste, plus soucieuse de l'égalité de traitement. La justice sociale passe avant l'efficacité économique. L'égalité est la valeur de référence. La fraternité prédomine dans la vision de la politique de l'immigration. La sécurité passe d'abord par la prévention, la répression étant un thème laissé à la droite.

Un rapport de force déséquilibré entre ces deux gauches
Pour analyser le rapport de force entre ces deux gauches, Olivier Duhamel s'appuie sur une enquête parue dans le Nouvel Observateur. Un sondage auprès de tous les Français indique que les idées de la gauche social-libérale dominent. Cette domination est normale puisque l'échantillon des personnes interrogées comprend tous les Français, de droite, du centre et de gauche. En revanche, le même sondage réalisé auprès des sympathisants de gauche indique le contraire, la gauche traditionnelle l'emporte nettement. Par exemple, les 2/3 des sympathisants de gauche approuvent le SMIC à 1500 euros alors même que Ségolène Royal avait jugé que cette proposition qui figurait dans son pacte présidentiel n'était pas crédible.

Ces divisions reflètent les contradictions des Français
En réalité, l'opposition entre ces deux gauches reflète les contradictions de l'opinion. Ainsi, les Français savent que la réduction des déficits publics est indispensable (gauche social-démocrate) mais dans le même temps, ils refusent qu'on diminue le nombre de fonctionnaires pour maintenir un service public de qualité (gauche traditionnelle). De même, les Français s'inquiètent des déficits de la sécurité sociale mais ils contestent l'allongement de la durée du travail pour financer les retraites. Ils acceptent l'économie de marché mais ils craignent la mondialisation.

Une équation difficile à résoudre
La rénovation au Parti Socialiste passe par le choix entre ces deux gauches. Mais ces oppositions font écho aux priorités contradictoires sans cesse exprimées par les Français. De fait, la victoire d'une gauche sur l'autre entraînerait une clarification idéologique salutaire, mais dans le même temps, elle couperait le parti de toute une frange du peuple de gauche.
Malgré cela, les vainqueurs du prochain congrès du PS devront résoudre ce dilemme pour pouvoir espérer l'emporter en 2012, l’absence de choix idéologique clair entre 2002 et 2007 expliquant en partie la défaite de la candidate socialiste
Jean-Louis Bianco, la seconde jeunesse du Secrétaire général de Mitterrand

publié le lundi 29 octobre 2007 à 23h40



Portrait de Jean-Louis Bianco.
A bientôt 65 ans, Jean-Louis Bianco ne fait pas partie de la nouvelle génération du PS. Il a 20 ans de plus que les quadras qui montent comme Arnaud Montebourg ou Vincent Peillon. Pourtant, il a joué un rôle central pendant la campagne présidentielle de 2007 au côté de Ségolène Royal au point d'être présenté comme un Premier ministre potentiel. Depuis la défaite, il est resté fidèle à la présidente de Poitou-Charentes et, à ce titre, pourrait entrer à la direction du PS en cas de victoire de Ségolène Royal au prochain congrès du parti. (Série 7/20)


Pendant un mois, Politique.net propose une série de 20 portraits de personnalités politiques du Parti Socialiste qui pourraient compter dans un avenir proche. La victoire de Ségolène Royal lors de la primaire socialiste en 2006 avait montré l'envie des militants de tourner la page des Eléphants du PS. Exit Jospin, Fabius, DSK, Hollande. En 2008, un congrès exceptionnel doit se tenir pour désigner le successeur de François Hollande. Qui va prendre le contrôle du PS ?

Origines et formation
Jean-Louis Bianco est né le 12 janvier 1943 à Neuilly-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine. Fils d'un immigré italien qui a fui l'Italie de Mussolini, Jean-Louis Bianco a fait ses études secondaires au lycée Janson de Sailly dans le XVIe arrondissement de Paris. C'est là qu'il fit la connaissance de Jacques Attali. Après son bac, Jean-Louis Bianco poursuit des études prestigieuses : Sciences Po, l'Ecole Nationale d'Administration en 1969. En 1971, il entre dans la haute administration en tant qu'auditeur au conseil d'Etat. En 1978, il monte en grade et devient maître des requêtes au conseil d'Etat. Mais très vite, Jean-Louis Bianco est rattrapé par la politique.

9 ans au poste de secrétaire général de l'Elysée
En 1982, le secrétaire général de l'Elysée, celui qui gère l'agenda du président, les visites, et organise toute la vie du palais de l'Elysée, s'appelle Pierre Bérégovoy. Mais ce dernier souhaite entrer au gouvernement, François Mitterrand doit donc lui trouver un remplaçant. Le nom de Jean-Louis Bianco est alors proposé à François Mitterrand par Jacques Attali, son camarade du lycée Janson de Sailly. A 39 ans, Jean-Louis Bianco fait une entrée fracassante dans la vie politique en devenant secrétaire général de l'Elysée. Pendant 9 ans, ce qui constitue un record de longévité à ce poste, Jean-Louis Bianco va être l'un des plus proches collaborateurs de Mitterrand.

Ministre, député, élu local
En 1992, il quitte le palais de l'Elysée pour entrer au gouvernement. Il devient ministre des Affaires sociales et de l'Intégration dans le gouvernement d'Edith Cresson. L'année suivante, il devient ministre de l'Équipement, du Logement et des Transports dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy.
Après la défaite des socialistes aux législatives de 1993, Jean-Louis Bianco consacre son énergie à son enracinement local. Il fait toute sa carrière dans le département des Alpes-de-Haute-Provence : conseiller général, maire de Digne-les-Bains, puis conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur.
En 1997, il est élu député pour la première fois dans la 1ere circonscription des Alpes-de-Haute-Provence. En 2002 et 2007, il est réélu à chaque fois de justesse (50,79 % en 2002, et 52,32 % en 2007 malgré un ballotage défavorable).

La traversée du désert sous Jospin
Député, président du conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, Jean-Louis Bianco pensait pouvoir revenir au pouvoir avec la victoire de la gauche aux législatives de 1997. Mais lorsque Lionel Jospin devient Premier ministre, il n'est pas nommé au gouvernement. A Jacques Attali, il avait confié son amertume d'avoir été mis à l'écart. Officiellement, Lionel Jospin, qui avait annoncé le droit d'inventaire des années Mitterrand, estimait que Jean-Louis Bianco était trop proche de l'ancien président de la République. En réalité, le poids politique du député des Alpes-de-Haute-Provence était assez faible au PS à cette époque.

Un homme politique assujetti à l'ISF
Pendant sa traversée du désert, Jean-Louis Bianco se replie sur son fief électoral des Alpes-de-Haute-Provence. Parallèlement à ses activités politiques, Jean-Louis Bianco gère un patrimoine personnel important de près de 3 millions d'euros au point d'être assujetti à l'Impôt de Solidarité sur la Fortune. Il est notamment co-propriétaire d'une entreprise spécialisée dans la fourniture de tubes et de poutrelles pour les travaux publics. Cette entreprise, nommée Stat, est une filiale française du groupe italien Bianco.

Au service de Ségolène Royal en 2007
La campagne présidentielle de 2007 offre un retour politique spectaculaire à Jean-Louis Bianco sur la scène nationale. Ségolène Royal cherche des soutiens au Parti Socialiste en vue de la primaire en 2006. Très vite, Jean-Louis Bianco lui offre ses services, sentant que la présidente de la région Poitou-Charentes peut bousculer les éléphants du PS, Jospin, Fabius, DSK. Pour Ségolène Royal, le soutien de Jean-Louis Bianco s'avère important. Pilier de la Mitterrandie, il connaît par cœur le Parti Socialiste. Directeur de campagne de la candidate pendant la présidentielle, il va exercer la fonction de vieux sage en rectifiant les multiples erreurs et improvisations de Ségolène Royal dans les médias.
Malgré la défaite de la candidate, Jean-Louis Bianco a réussi son retour politique sur la scène nationale à l'occasion de cette présidentielle. Si Ségolène Royal devient Premier secrétaire du Parti Socialiste au congrès de 2008, Jean-Louis Bianco pourrait être nommé numéro 2 du parti.

27.10.2007

pauvreté

L'Insee dresse la carte de France de la pauvreté
LEXPRESS.fr
Le Nord et le Sud de la France sont les régions les plus pauvres du pays, selon une étude de l'Institut parue vendredi. La Seine-Saint-Denis est aussi particulièrement touchée. Et Paris est la championne des inégalités de revenus.

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Pauvreté : des chiffres trompeurs (2005)
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La pauvreté dans les pays riches

e Nord et le Sud de la France, avec la Seine-Saint-Denis, sont les régions les plus touchées par la pauvreté et les inégalités, selon une étude de l'Insee rendue publique vendredi.

Les niveaux de pauvreté des ménages diffèrent assez nettement d'une région à l'autre de la France, le chômage, le poids des inactifs, les différences de structures familiales expliquant ces disparités, souligne l'Institut.

Ces inégalités sont cependant amoindries par les prestations sociales, qui comptent pour le tiers du revenu disponible des ménages pauvres, contre 5,4% du revenu disponible moyen des ménages.

Seuls 26 départements de métropole sur 96 se situent au-dessus du niveau de vie médian, établi à 15.766 euros par an et par personne vivant en ménage ordinaire - hors hôpitaux, maisons de retraite ou sans-abri.

Selon les départements, le niveau de vie s'étale de 13.740 euros - dans le Pas-de-Calais - à 20.360 euros pour les Yvelines.



Les plus pauvres vivent dans le Nord de la France, particulièrement touché par le chômage, ou dans les départements ruraux de la Creuse, de l'Aude et du Cantal, qui comptent une forte proportion de retraités, ou encore en Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Seine-Saint-Denis.

C'est en Ile-de-France, hors Seine-Saint-Denis, en Rhône-Alpes et en Alsace que les niveaux de vie médians sont les plus élevés.

L'Ile-de-France occupe une position particulière, souligne l'étude. Trois départements, les Yvelines, Paris et les Hauts-de-Seine, bénéficient de niveaux de vie particulièrement élevés, la forte proportion de cadres expliquant en grande partie ces résultats.

Paris est la championne des inégalités de revenus. Les bas revenus y sont proches de ce qu'ils sont dans les autres départements, mais le niveau de vie des plus riches est plus de 5 fois supérieur à celui des plus modestes.

La Haute-Savoie, et dans une moindre mesure, le Rhône, la Savoie, l'Ain et l'Isère, sont des départements plutôt aisés. Les départements frontaliers d'Alsace et de Franche-Comté bénéficient des salaires des frontaliers.

La pauvreté ne touche pas de la même façon les différentes catégories de ménages, souligne l'étude. Les familles nombreuses et les familles monoparentales sont plus souvent exposées que les autres. Ainsi, dans le Nord, la pauvreté, plus concentrée dans les zones urbaines, frappe plus particulièrement les familles nombreuses, comme en Seine-Saint-Denis.

Le Languedoc-Roussillon et la Corse se caractérisent par une pauvreté élevée qui n'épargne aucune classe d'âge, personnes seules, couple avec ou sans enfant, familles monoparentales. Dans toutes les régions particulièrement touchées par la pauvreté, environ un enfant sur 4 vit sous le seuil de pauvreté, contre 16,4% en moyenne sur toute la France.

26.10.2007

conseil constitutionnel

Politiques
L’opposition dépose un recours contre l’ensemble de la loi Hortefeux
CATHERINE COROLLER
QUOTIDIEN : vendredi 26 octobre 2007
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Hier, les députés et sénateurs socialistes ont annoncé le dépôt d’un «recours commun» devant le Conseil constitutionnel sur «l’ensemble» de la loi Hortefeux sur la maîtrise de l’immigration. Le leader centriste, François Bayrou, s’y est joint, comme les parlementaires verts, communistes et radicaux de gauche. L’opposition appelle les autres parlementaires estimant «nécessaire de censurer cette loi» à faire de même.

Les socialistes concentrent leurs critiques sur l’article 13 du texte, qui contraint indirectement les étrangers souhaitant entrer en France dans le cadre du regroupement familial à faire procéder à des tests ADN. Les députés et sénateurs PS estiment que cette disposition contredit le droit à vivre en famille, garanti par plusieurs traités internationaux, et rompt le principe d’égalité devant la loi, car il «aboutit à privilégier la famille nucléaire biologique au détriment des autres formes de familles, recomposées ou adoptives».

Le Parti socialiste développe également des «griefs» contre l’article 63 de la loi, qui autorise les «statistiques ethniques». Il relève qu’il a été introduit «sans une concertation approfondie», juge qu’il s’agit donc d’un «cavalier législatif» et demande sa suppression en raison de «l’absence de tout lien avec l’objet du texte».

Le Conseil constitutionnel dispose de trente jours pour statuer. Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing, qui en sont membres de droit en tant qu’anciens chefs de l’Etat, ont annoncé qu’ils seraient présents pour l’examen du texte. Hier, Arnaud Montebourg, député (PS) de Saône-et-Loire, a lancé un appel à «la conscience de chacun des membres du Conseil» – dont Jacques Chirac, qualifié de «grand républicain» – pour qu’ils «écoutent [l’]argumentation» des signataires du recours.

25.10.2007

tristesse ...

Goodyear Dunlop : le déclin annoncé du site d'Amiens
22/10/2007
Consultés par référendum vendredi et samedi, les 2 700 salariés du site picard ont rejeté le projet de mise en place de quatre équipes en rotation, effectuant 35 heures. La direction a réagi dans un communiqué.
Dans un communiqué, la direction de Goodyear Dunlop France exprime son « très profond regret » après le rejet massif par les salariés des sites Goodyear et Dunlop d'Amiens (2700 salariés) de son projet de réorganisation et de modernisation. « Cette situation va fragiliser les deux usines et aura un impact important sur les effectifs » commente l'entreprise. « Sans l'organisation du travail en 4 X 8 et sans les investissements, le site d'Amiens n'a pas d'avenir à long terme ».

Dans l'impasse avec les syndicats pour négocier les modalités d'application d'un nouvel accord d'entreprise, la direction de Goodyear Dunlop s'est adressée aux salariés des sites d'Amiens les 19 et 20 octobre avec un « projet » mêlant réorganisation du travail et modernisation de ce site dont la productivité est jugée mauvaise et le taux de rebut très important.


Ce référendum était organisé sous contrôle d'huissier sur chacun des deux sites séparés par une route, l'usine Goodyear d'un côté et l'usine Dunlop de l'autre. Le personnel des usines Goodyear Dunlop s'est massivement déplacé pour voter (92,6 % de participants). Il a répondu « non » à 64,55 % à la question posée : « Etes-vous pour le projet présenté en réunion d'information entre le 9 et le 12 septembre 2007 ? ».

Ce « paquet » global, à prendre ou à laisser, portait sur mise en place d'une organisation du travail reposant sur quatre équipes en rotation, effectuant 35 heures. Cette organisation en « 4x8 », qui prévaut dans l'ensemble de ses sites Goodyear en Europe, devait remplacer l'actuelle organisation en « 5x8 », c'est-à-dire 3x8 en semaine (35 heures) et deux équipes le week-end (28 heures).

Risque de fermeture du site
Le projet comprenait aussi un investissement de 52 millions d'euros pour produire des pneumatiques à plus forte valeur ajoutée et une suppression de 450 emplois en trois ans, sous forme notamment de départs à la retraite non remplacés. Pour l'industriel américain, l'enjeu est de diminuer la masse salariale et de faire fonctionner son complexe industriel 350 jours par an, contre 326 aujourd'hui.


La CGT, syndicat majoritaire, a appelé les salariés à dire « non » à cette nouvelle organisation, au motif que tous les salariés postés allaient travailler 22 week-ends par an dans des conditions moins favorables qu'aujourd'hui (35 heures contre 28 heures). Il a aussi mis en avant le fait que le système de 4x8 supprimait le principe « d'équipe de week-end », entraînant un changement du mode de vie des salariés, dans l'organisation des périodes de travail et de congé. « Auparavant, les salariés travaillant le week-end le faisaient sur la base du volontariat. Avec ce projet, tout le monde travaillerait le week-end » indiquait samedi avant le dépouillement Mickael Wamen, délégué CGT de Goodyear. « Même s'il peut y avoir de l'intox de la part de la direction, les salariés savent que le non peut vouloir dire fermeture du site à terme ».

Le « non » des salariés va-t-il entraîner le « déclin » promis par Goodyear, suivi d'une fermeture à terme d'un site dont la productivité est mauvaise et le taux de rebut important ? La direction de Goodyear Dunlop jointe dimanche ne faisait aucun commentaire. « La démocratie a parlé et les salariés se sont exprimés en connaissance de cause » indiquait Mickael Wamen dans la nuit de samedi à dimanche, le résultat du scrutin entre les mains. Une chose est sûre, le référendum des 19-20 octobre permet aux deux parties - direction et CGT - de s'abriter derrière la légitimité de la consultation, pour se dégager de toute responsabilité, en cas de fermeture.

De notre correspondante en Picardie, Claire Garnier

25 octobre 2007

Projets de loi retardés et amendés, grogne au sein de l’UMP, sondages qui s’effritent, grèves… le Président, qui voulait tout réformer tout de suite, essuie ses premiers revers.
ANTOINE GUIRAL
QUOTIDIEN : jeudi 25 octobre 2007

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Ce n’est pas encore la rupture mais déjà un vrai désenchantement. Entre Nicolas Sarkozy et les Français, l’heure est au désamour, comme l’indiquent tous les sondages où le chef de l’Etat est en baisse depuis la rentrée. La «magie» du volontarisme a vécu: la croissance reste en berne, le pouvoir d’achat ne progresse pas, le chômage ne connaît aucune amélioration significative. Certes, le président de la République conserve 55 % de bonnes opinions dans la dernière livraison BVA-L’Express, mais l’écart entre jugements négatifs et positifs se resserre, semaine après semaine.
Fiasco. Ses nombreuses tentatives pour relancer la machine et mobiliser son camp n’ont guère connu de succès. Dans les rangs de la majorité monte une fronde qui traduit tout autant le doute qu’un début de défiance à l’égard de certaines initiatives élyséennes. Quarante députés UMP n’ont pas voté mardi le texte sur la maîtrise de l’immigration. Hier, la tentative avortée (lire page 12) de faire voter une loi sur mesure pour financer le parti rallié à Sarkozy du Nouveau Centre a tourné au fiasco pour la majorité. «Le fait du prince ça suffit», grince un pilier UMP du Palais Bourbon, sarkozyste de la première heure. La convocation au pied levé par Sarkozy d’un bureau politique de l’UMP dimanche soir dernier n’a pas non plus été appréciée. Bref, le comportement «anxiogène» et les oukases du Président inquiètent.
Impatience. Les parlementaires de droite ne veulent pas non plus entendre parler de la dose de proportionnelle que Nicolas Sarkozy veut leur faire avaler en contrepartie d’un vote de la gauche sur ses réformes institutionnelles. En marge de son déplacement au Maroc (lire ci-dessous), il a semblé prendre conscience que la partie serait serrée sur ce dossier: «S’il n’y a pas de consensus, j’en tirerai les conséquences», a-t-il confié. En clair, la réforme des institutions déjà reportée à l’après-municipales a toutes les chances d’être enterrée. L’exécutif préfère se concentrer sur la difficile ratification du mini traité européen, d’ici au 9 février, date de la suspension des travaux parlementaires.
Dans les circonscriptions, deux sujets reviennent continuellement aux oreilles des députés: la baisse du pouvoir d’achat et la hausse continue du prix de l’essence. L’impatience est patente. «Je ne sens pas encore de décrochage, mais nous sommes dans une période d’entre-deux: les mesures prises en juillet ne sont pas encore visibles, mais elles devraient prendre effet, notamment pour les heures supplémentaires dès la fin octobre». Le même assure que son électorat «ne comprend pas» pourquoi la loi sur le service minimum n’a pas eu d’effet lors de la grève dans les transports. «Il faut donner de l’espoir aux gens, se battre pour le pouvoir d’achat et résister aux assauts de l’opposition», assure le député Pierre Méhaignerie.
«Grincheux». Le 20 novembre, une grève touchera l’ensemble de la fonction publique. Mi-novembre, une nouvelle journée d’action (qui pourrait être reconductible) va paralyser les transports. Le gouvernement parle de dialogue mais les syndicats l’accusent de n’avoir rien à négocier.
A l’Elysée, on réplique qu’il y a «toujours eu des grincheux. On n’a pas le choix. Il vaut avancer». Et d’assurer que les «comptes seront fait au moment des échéances électorales»

Hier, les internes des hôpitaux, la semaine dernière la SNCF, EDF-GDF et la RATP, le 20 novembre les fonctionnaires : cela commence à faire beaucoup de monde dans la rue. La liste est loin d’être close: aujourd’hui, le personnel navigant d’Air France est appelé a débrayer jusqu’à lundi, jour où les syndicats de la SNCF se réunissent pour décider d’une action à la mi-novembre, qui pourrait bien être une grève, officiellement reconductible.

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Le président de la République et son Premier ministre ont toujours considéré vraisemblable l’éventualité d’un automne social chaud. Le scénario a beau être préparé de longue date, la gestion de la crise n’est pas évidente. Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, est prié de jouer les démineurs. Depuis hier, il reçoit les syndicats les uns après les autres. Mais il n’a pas grand-chose de nouveau à leur annoncer.
Chez les cheminots, la CGT et l’Unsa, premier et troisième syndicats de la SNCF, font monter les enchères pour obtenir des compensations qui videraient de son sens la réforme des régimes spéciaux. Et Solidaires, numéro deux avec Sud-Rail, appelle à «des grèves longues», estimant qu’il n’y a «rien à négocier» puisque le gouvernement considère comme acquis le passage à quarante ans de cotisation pour les bénéficiaires de régimes spéciaux de retraite.
«L’enjeu de ces prochaines semaines, ce sont les 17 % de gens qui sans soutenir les grévistes ont de la sympathie pour eux», estime Stéphane Rozès, de l’institut CSA. En se posant jeudi dernier en syndicat responsable, appelant à la reprise du travail, la CGT et son secrétaire général ont renforcé ce capital de sympathie, apparaissant désormais comme les seuls capables de calmer les troupes et de trouver une sortie de crise. A condition que la situation n’échappe pas aux syndicats ouverts à la négociation.
Dans ce dernier scénario, Nicolas Sarkozy devra s’expliquer avec la frange la plus dure de son électorat. Qui ne comprendra pas que trois mois après le vote d’une loi sur le service minimum, la France soit paralysée comme elle ne l’a jamais été depuis Alain Juppé.
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UNEDIC
L'Unedic refuse de transmettre les papiers aux préfectures
NOUVELOBS.COM | 25.10.2007 | 08:00
3 réactions
L'oganisme refuse de transmettre les papiers des demandeurs d'emploi étrangers aux préfectures, estimant que ce n'est pas son rôle.

Annie Thomas, présidente de l'Unedic (Sipa)
La présidente de l'Unedic, Annie Thomas (CFDT), a annoncé jeudi 25 octobre que ce n'était "pas le rôle de ses agents de transmettre à la préfecture les papiers" des demandeurs d'emploi étrangers. L'Unedic va donc donner de nouvelles instructions dans ce sens. "Nous avons redressé la barre par rapport aux instructions qui avaient été données", déclare Annie Thomas, et précise que la décision a été prise "à l'unanimité", aussi bien par les organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) que syndicales (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGE) gestionnaires du régime d'assurance chômage.

"Ce n'est pas le rôle des agents Assedic"

La présidente de l'Unedic déclare que "les agents de l'Assedic ont comme instruction de contrôler toutes les pièces d'identité de toutes les personnes qui arrivent, qu'elles soient françaises ou étrangères. Mais nous en restons là", affirme Annie Thomas. Elle ajoute, "Nous ne rentrons pas dans le débat selon lequel il faut transmettre systématiquement les papiers à la préfecture, ce n'est pas le rôle des agents de l'Assedic de le faire". Annie Thomas indique par ailleurs que "des instructions seront données aux directeurs des Assedic dès jeudi". "C'est l'ANPE qui contrôle si nécessaire et pas les Assedic" a poursuivi la présidente de l'Unedic. La semaine passée, trois syndicats, FO, Sud et CGT dénonçaient cette mesure qui découle de la loi sur l'immigration de Nicolas Sarkozy qui date de juillet 2006. Les trois syndicats s'insurgeaient contre l'application de cette mesure qui, selon eux, retarde l'indemnisation du demandeur d'emploi étranger lorsque que ce dernier y a droit.

Transmission "systématique"

Dans le cadre de la convention liant l'ANPE (organisme qui inscrit les chômeurs) et les Assedic (organisme qui les indemnise), une consigne co-signée par le Directeur général de l'ANPE Christian Charpy ainsi que par le directeur général de l'Unedic Jean-Luc Bérard, demandait aux agents ANPE et mais aussi à ceux des Assedic de transmettre "systématiquement" à partir du 1er octobre une copie des titres de séjour et de travail des demandeurs d'emploi étrangers aux préfectures afin de procéder à une vérification.
Annie Thomas a déclaré que si le contrôle habituel des papiers ne révèle aucune anomalie, les dossiers d'indemnisation seront "ouverts immédiatement". Elle a également rappelé que les antennes Assedic étaient équipées de détecteurs de faux papiers, et ce depuis un rapport parlementaire consacré au problème des fraudes et des escroqueries à l'Assedic

amiante

'est une première dans l'épineux dossier de l'amiante. Le médecin du travail de l'usine Ferodo-Valéo à Condé-sur-Noireau (Calvados), spécialisée dans la transformation de l'amiante, a été mis en examen ce mardi après-midi par les juges Marie-Odile Bertella-Geffroy et Didier Peltier. La justice reproche au docteur Claude Raffaelli sa passivité présumée face aux risques encourus par les salariés en contact avec des fibres cancérigènes.

"L'amiante était un sujet tabou pour le docteur Raffaelli, se souvient Maurice Leroux, responsable du personnel chez Ferodo-Valéo entre 1972 et 1998. Dès que l'on était essouflé, il minimisait nos troubles, nous conseillait d'arrêter de fumer ou de boire. C'était jamais l'amiante."

François Martin, le président de l'association locale de défense des victimes, enfonce le clou: "En tant que médecin préventif du travail, il aurait dû avertir la direction départementale du travail". Oui, mais "on ne mord pas la main qui nourrit", ironise Maître Michel Ledoux, avocat de l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante (Andeva): le praticien était non seulement employé par Ferodo-Valéo, mais aussi membre du Comité permanent amiante, un lobby de l'industrie, "autodissous" en 1996, avant l'interdiction totale du matériau en France.

"Quatre morts chaque mois"
L'Andeva affirme qu'en trente ans, environ 250 salariés des onze usines du bassin de Flers et Condé - la dernière a fermé il y a deux ans - sont décédés de maladies dues à l'amiante. Ce chiffre n'étonne pas Maurice Leroux. "Depuis dix ans, on compte environ quatre morts par mois, dénonce-t-il. Sur les 2700 personnes employées dans les usines Ferodo-Valéo dans les années 70, je dirai qu'il n'y a que 4 ou 5 % de personnes qui n'ont pas encore été reconnues malades."

Il voit encore cette "poussière qui volait partout" et son "malheureux masque, avec un peu de coton et une compresse". A plusieurs reprises, il a demandé que soient améliorés les postes de travail, notamment les systèmes d'aspirations, mais "rien n'était fait".

Les familles des ouvriers ont également payé le prix de ces graves négligences, y compris la femme de Maurice Leroux. "Chaque famille compte un membre malade ou décédé après avoir été contaminé", affirme l'ancien salarié, qui explique que jusqu'en 1997, chacun ramenait chez soi sa tenue de travail pleine d'amiante: "Nos cheveux aussi étaient maculés". Et pas question de prendre une douche à l'usine, "ça faisait perdre trop de temps. Forcément, pendant qu'on se lave, on ne travaille pas".

"Banalisation de l'amiante par la médecine"
En 2006, la justice avait déjà pointé la responsabilité de six anciens directeurs de l'usine du Calvados, mis en examen pour "blessures et homicides involontaires" et "non assistance à personne en danger". Aujourd'hui, la mise en cause sans précédent d'un médecin du travail pourrait ouvrir la voie à d'autres actions judiciaires.

Pour Me Ledoux, l'affaire Ferodo-Valéo illustre la tendance à la banalisation de l'amiante par la médecine, dont nombre d'experts "affirment encore aujourd'hui devant les tribunaux que les pathologies ne sont pas liées à son contact."

De son coté, Maurice Leroux se demande encore "pourquoi le médecin n'a pas fait son travail". Cinq mois après avoir passé un scanner avec le docteur Raffaelli, l'ex-responsable du personnel a vu un autre médecin, qui lui a annoncé qu'il soufffrait de sérieux problèmes respiratoires.

23.10.2007

Maison de l'emploi

Un milliard d’euros en moins pour les maisons de l'emploi en 4 ans
Les « maisons de l'emploi existantes auront une dotation stable de 88 millions d'euros » dans le budget 2008 de l’État, a assuré le 3 octobre la ministre de l'économie et de l'emploi Christine Lagarde. Cette stabilité est toute relative, car le projet de budget pour 2007 prévoyait la somme de 118,5 millions d’euros ; il s’agit donc d’une baisse de 25%.
On rappellera que l’article 80 de la loi de programmation pour la cohésion sociale (n°2005-32, du 18 janvier 2005) est rédigé de la manière suivante :
« L’aide apportée par l’Etat aux maisons de l’emploi, en application de l’article L. 311-10 du code du travail, est financée par des crédits ouverts par les lois de finances des années 2005 à 2009 selon la programmation suivante :

Fonds maisons de l’emploi 2005 2006 2007 2008 2009
Autorisations de programme ou d’engagement 300 330 50 0 0
Dépenses ordinaires et crédits de paiement 120 405 530 375 300


Les chiffres sont donnés « en millions d’euros valeur 2004. »
On remarquera que, le plan de cohésion sociale était théoriquement toujours en cours, et la loi de programmation s’appliquant « évidemment », le budget de l’État aurait dû prévoir 375 millions d’euros en 2007 en 2008.
Regardons ce qu’il en est de budget votés depuis 2005 :

Fonds maisons de l’emploi 2005 2006 2007 2008 2009
Loi de programmation (crédits) 120 405 530 375 300
Lois de finances initiales 120 128,5 118,5 88
Différence = -276,5 411,5 -287


Sur les quatre années premières années d’application du plan de cohésion sociale, il manque donc la coquette somme de 975 millions d’euros…

On remarquera que, le plan de cohésion sociale était théoriquement toujours en cours, et la loi de programmation s’appliquant « évidemment », le budget de l’État aurait dû prévoir 530 millions d’euros en 2007 (au lieu de 88) et 375 en 2008 à la place de la même somme. Sur les quatre années d’application du plan de cohésion sociale, il manque donc la coquette somme de 975 millions d’euros…
Les chiffres ci-dessus concernent les budgets initiaux ; les dépenses réelles sur ce budget ont été bien inférieures. Le retard dans l’application de la loi de programmation, pour ce seul chapitre, dépasse donc le milliard d’euros.
Le sénateur Serge Dassault (Ump), remarquait dans son rapport spécial sur le budget Travail, santé et cohésion sociale lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2005 (présenté le 25 novembre 2004) à propos de ce plan de financement que « Naturellement, cette programmation est purement indicative, seuls les montants repris en loi de finances autorisant véritablement la dépense. Il s'agit uniquement d'un engagement politique. »
Deux ans après, le sénateur Louis Souvet (Ump), faisait lui aussi un rapport spécial sur le budget Travail, santé et cohésion sociale lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2007 (présenté le 23 novembre 2006).
Il considérait que « Le nombre de maisons de l'emploi qui fonctionnent effectivement demeure cependant très inférieur au nombre de projets labellisés. Une fois la labellisation obtenue, une convention pluriannuelle d'objectifs doit être conclue entre les partenaires de la maison de l'emploi, notamment pour déterminer ses financements, puis être transmise pour approbation à la délégation générale pour l'emploi et la formation professionnelle (DGEFP). Or, si quatre-vingt dix conventions ont été adressées à la DGEFP, quarante-trois seulement ont été approuvées à ce jour.

Une rafale d échecs ....

n France, on est vraiment les rois du commerce !", commente, ironique, un homme d'affaires. "Nous étions face à un pays, le Maroc, qui voulait acheter des avions de combat français ; nous-mêmes nous n'attendions que cela. Résultat, faute d'avions, on va finir par vendre une Frégate et, en plus, on va s'en glorifier..." Cette réaction résume le fiasco industriel et politique que représente le nouvel échec à l'exportation de l'avion Rafale (après les déconvenues en Corée du Sud, aux Pays-Bas et à Singapour), que les autorités marocaines ont abandonné au profit du F-16 américain, de Lockheed Martin.




Recevant, à partir du lundi 22 octobre, le président français Nicolas Sarkozy pour une visite d'Etat de trois jours qui débute à Marrakech, le roi Mohammed VI a fait un geste pour atténuer le dépit de son hôte : il a repoussé de trois mois le salon de l'aéronautique Aéroexpo, qui devait se tenir du 24 au 27 octobre à... Marrakech, où Dassault et les autres industriels français impliqués dans la construction du Rafale avaient annulé leur participation.

L'histoire de l'échec de l'avion français sur un marché qui lui était a priori acquis pourrait faire figure de cas d'école pour illustrer un dysfonctionnement d'Etat.

Tout commence par la visite de Vladimir Poutine à Alger, le 10 mars 2006. Le président russe signe un accord pour fournir une soixantaine d'avions de combat Mig-29 et Soukhoï-30 à l'Algérie. Or les relations algéro-marocaines sont empoisonnées depuis trente ans par le conflit du Sahara occidental, et Rabat s'inquiète de cet effort d'armement massif de son riche voisin. Le roi décide donc de doter son pays d'avions de chasse modernes pour remplacer une flotte de Mirage F-1 à bout de course.

Lorsque le Palais prend langue avec l'Elysée, le roi s'engage à acheter des avions français. C'est alors que se mettent en place les premiers éléments de ce qui deviendra une succession d'erreurs du côté français. Il y a deux façons de négocier un contrat de ce genre : soit d'Etat à Etat, soit de façon purement commerciale, le fournisseur négociant directement avec son client. La Délégation générale pour l'armement (DGA) opte pour la première approche, alors que le GIE (groupement d'intérêt économique) Rafale, qui rassemble Dassault, Thales et Snecma, privilégie la seconde.

Une négociation d'Etat à Etat peut avoir l'intérêt de proposer des prix plus attractifs au client, mais elle ne va pas dans le sens du constructeur, qui perd de facto le contrôle de sa politique commerciale. Le premier dysfonctionnement intervient à l'été 2006, parce que personne, au plus haut niveau de l'Etat, ne tranche en faveur de l'une des deux options. La DGA et Dassault parlent séparément aux Marocains. Et pas le même langage : le constructeur présente une "estimation budgétaire" d'environ 2 milliards d'euros pour 18 Rafale, alors que la proposition de l'Etat est nettement inférieure.

Qu'a voulu faire la DGA ? "Occuper le terrain", indique l'un de ses représentants. Toujours est-il que c'est une erreur de stratégie. Dassault est furieux, et les Marocains exploitent habilement la cacophonie française. De toute façon, l'offre ne contient pas assez d'éléments de soutien et d'équipements de mission : Rabat veut pouvoir disposer d'une flotte d'avions de combat autonome. L'offre est donc révisée en ce sens et, fin décembre, elle atteint 2,6 milliards d'euros. Les discussions se poursuivent, jusqu'à ce que, à Paris, certains experts tirent la sonnette d'alarme : une telle facture représente quelque 5 % du produit intérieur brut marocain. Qui va payer ?

Second dysfonctionnement : au sein de la haute administration comme dans les milieux industriels, l'idée a fait son chemin que l'Arabie saoudite, voire les Emirats arabes unis accepteront d'être les mécènes du Maroc. L'Elysée confirme : "Les Saoudiens paieront." Rien n'est plus faux. Mais l'ambiguïté perdure. D'autant plus que dans les discussions franco-marocaines, Rabat se garde de soulever cette question. On évoque la possibilité d'un crédit garanti par la Coface, mais on convient surtout qu'il faudra en "reparler". Dans l'immédiat, l'important est de faire baisser le prix.

Le 15 avril 2007, indique un expert, "nous avons un accord sur le contenu technique de l'offre et sur un prix ramené à 2,1 milliards d'euros. C'est alors que les Marocains posent la question du financement." Les discussions se concentrent sur la solution d'un crédit "cofacé". Le ministère des finances y est hostile, ce qui ne surprend personne.

Le dossier est traité à tous les niveaux : Bercy, la Défense, Matignon, l'Elysée, et personne ne décide. Nous sommes à une semaine du premier tour de l'élection présidentielle. "Il suffit que le président donne son accord de principe, et tout est bouclé, souligne un haut fonctionnaire, mais Jacques Chirac refuse de se prononcer, préférant laisser la décision à son successeur."

A partir de ce moment, les chances du Rafale sont fortement compromises. Car avec la mise en place du nouveau gouvernement, l'indécision se prolonge, et Paris n'apporte aucune réponse au Maroc sur la question cruciale du financement. "Dans le monde musulman, observe un connaisseur de ce type de contrats, ne pas répondre, c'est une façon de dire non. De plus, l'engagement du roi d'acheter des avions français avait été passé avec Jacques Chirac."

Début juillet, alors qu'on se rend compte à Paris que le marché va échapper à la France, l'Elysée tranche en faveur d'un financement entièrement garanti par la Coface, avec de très longs délais de paiement. Mais il est trop tard. D'autant que Nicolas Sarkozy effectue une visite en Algérie le 10 juillet, sans passer par le Maroc, ce qui n'est guère apprécié à Rabat. Pouvait-on encore changer le cours des événements ? Probablement pas. Car la puissante machine commerciale américaine est à la manoeuvre depuis longtemps : l'offre porte sur 24 F-16 neufs (Rabat a refusé à la fois des F-16 d'occasion et des Mirage-2000) au prix - record - de l'équivalent de 1,6 milliard d'euros.

Fin juin, à la faveur de la conférence qui s'est tenue près de New York entre le Maroc et des représentants du Front Polisario, "Washington, commente un haut fonctionnaire, est passé d'une position de neutralité bienveillante envers la position marocaine sur le Sahara occidental, à un soutien actif". Et, le 31 août, le royaume et la Millenium Challenge Corporation (MCC) ont signé un contrat de 697,5 millions de dollars (près de 540 millions d'euros) sur cinq ans "pour réduire la pauvreté et augmenter la croissance économique du Maroc". La MCC - dont le président du conseil d'administration n'est autre que... la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice -, agit à travers le monde pour "promouvoir la croissance économique durable". Dans les faits, elle a surtout favorisé celle de Lockheed Martin. Tout est consommé à l'été.

Dans ces conditions, la maladresse remarquée d'Hervé Morin, le ministre français de la défense, qui, le 11 septembre à Toulouse, a souligné que le Rafale est un avion "très sophistiqué, formidable", mais "difficile à vendre", n'avait plus vraiment d'importance. Les autres contrats qui devraient être annoncés lors de la visite de M. Sarkozy au Maroc constitueront, pour la France, un lot de consolation. Qui n'effacera pas l'échec cuisant du Rafale.

22.10.2007

Gonflé !!!!!

ne large majorité des salariés du site Goodyear-Dunlop à Amiens a rejeté le projet de réorganisation du travail et d'investissement de la direction lors d'un référendum qui s'est achevé samedi 20 octobre à 20 heures, a-t-on appris auprès de la CGT.

Sur l'ensemble des deux sites, 64 % du personnel a répondu non à la question "Etes-vous pour ou contre le projet qui a été présenté lors des réunions d'information du 9 et 12 septembre ?". Le document proposait le passage aux 4x8, un système de rotation de quatre équipes, contre cinq actuellement, qui tourneraient sur huit jours.




Le non est encore plus massif chez les salariés "postés" (78 % chez Dunlop et 74 % chez Goodyear), qui étaient concernés par cette réorganisation du travail.

"Ces résultats montrent un rejet net du système des 4x8 mais pas de l'ensemble du projet" a déclaré à l'AFP Claude Dimoff, secrétaire CGT qui avait appelé, tout comme le syndicat Sud, à un rejet massif.

MENACES CONCERNANT LA FERMETURE DES DEUX SITES

Le référendum, organisé sur deux jours, s'est déroulé sans incident contrairement au premier scrutin. Prévu à la mi-septembre, il avait dû être annulé en raison de l'opposition de la CGT notamment, qui avait bloqué les deux sites dès le premier jour prévu pour la consultation, empêchant ainsi les 2 700 salariés de voter.

L'instauration des 4x8 devait faire passer les équipes du week-end aux 35 heures au lieu de 28 et aurait entraîné la suppression de 450 emplois sur trois ans, sans licenciement.

Selon la direction, le plan, qui prévoit également un investissement de 52 millions d'euros afin de moderniser l'outil de production, "est la seule solution pour rester compétitif". Les dirigeants n'ont pas encore réagi officiellement à l'annonce des résultats. Le PDG de Goodyear-Dunlop France, Olivier Rousseau avait réitéré son appel au "oui" juste avant le scrutin prévenant qu'une victoire du "non" entraînerait des licenciements et pourrait aboutir à la fermeture des deux sites.

"Ces menaces n'ont pas marché et j'espère que la direction va se rendre compte que l'on veut travailler. On peut négocier un nouveau projet sans les 4x8", a affirmé Claude Dimoff.

l espoir

Très silencieuse ces dernières semaines, Ségolène Royal confirme à Libération que sa détermination reste intacte pour mener la rénovation du PS. Depuis Rome où elle a rencontré Walter Veltroni, le nouveau leader du Parti démocrate italien, elle ajoute qu’elle jouera son rôle de première opposante à la politique de Nicolas Sarkozy.
Où en êtes-vous de votre réflexion? Serez-vous candidate au premier secrétariat?
Je n’ai pas pris ma décision. Cela viendra le moment venu. A partir du moment où je ne quitte pas la politique, on ne peut pas faire de la politique sans parti. J’observe ce qui se passe, mais je ne veux pas me placer dans des logiques de conflits internes.
Cette indécision n’a-t-elle pas désorienté vos proches?
C’est vrai que c’est un peu déstabilisant pour mon entourage, qui se demande pourquoi je ne repars pas sabre au clair. Certains se sont inquiétés, ont demandé des consignes. Je leur explique que la politique est faite d’étapes. Et qu’il ne faut pas que je me laisse happer par le système. Le jour où je leur dirai: «On y va», nous irons vraiment.
Combien de temps durera votre réflexion?
Rassurez-vous, je ne suis pas en hibernation. Je travaille avec d’autres, j’accepte les invitations à l’international et je me bats pour ma région. C’est essentiel. Et je mettrai ce travail au service du collectif.
Comment allez-vous désormais participer à la vie du parti?
J’ai rassemblé 17 millions de voix, après avoir été désignée par 60% des adhérents du parti. J’ai des responsabilités à l’égard de tous et toutes. Je ne peux donc pas me laisser attirer dans je ne sais quel piège de tactique interne. Rassembler, expliquer, fédérer, voilà le seul rôle que je me donne. Et mettre au service de la gauche et des Français le potentiel de l’élection présidentielle.
La rentrée politique a été marquée par une profusion de livres très sévères à votre égard. Vous ont-ils affecté?
Oui. Ça laisse toujours des traces, on est toujours touché. D’ailleurs, c’est bien l’objectif. Mais c’est passé. L’important est que les gens se disent et me disent que je me suis bien battue.
Irez-vous au conseil national de samedi?
Je serai probablement en Argentine pour l’élection de Cristina Kirchner, puis au Chili. Sinon, j’y serais allée.
Vous venez de rencontrer Walter Veltroni. L’exemple de la primaire italienne est-il envisageable en France?
Tous les dirigeants italiens ont accepté l’émergence parmi eux d’un leader, avec trois millions et demi d’électeurs qui ont payé un euro pour participer. Au PS, les militants à 20 euros ont été parfois contestés. Mais la réflexion doit se poursuivre. Je sais que ce n’est pas facile, car nous héritons d’un système sécurisant pour les courants, avec ce que cela signifie de contrôle des fédérations et de positions verrouillées. Mais au PS, nous avons tous compris, certes à des degrés divers, que ce système devait changer. L’exemple italien doit nous faire réfléchir.
Comment faire évoluer le PS?
Il faut rendre la parole aux militants. Mais aussi faire voter des gens qui ne sont pas adhérents du parti, comme en Italie. La préoccupation de l’organisation ne doit pas être l’organisation elle-même.
Cela ne semble pas être la tendance actuelle au sein du PS…
Il existe toujours dans le parti cette ligne élitiste sur la crainte d’une transformation en «parti de supporters». Mais qu’est-ce que ça veut dire? Cette conception condescendante me choque. Pourquoi considérer les gens comme des écervelés, qui choisissent à la tête du client? Peut-être qu’ils adhèrent aussi à des idées…
La fusion à l’italienne entre socialistes et centristes vous inspire-t-elle?
Ce qui se passe en Italie montre bien que des recompositions sont nécessaires. L’alliance, contre la droite, entre un parti issu du parti communiste et un parti du centre, d’inspiration chrétienne, est très intéressante. Il y aura forcément, en France aussi, des recompositions entre centre et PS. Et ce ne sera pas en laissant de côté les militants venus de l’extrême gauche ou du PC.
Avez-vous poursuivi vos contacts avec François Bayrou?
Non. Je ne suis pas encore dans cette phase. Je la poursuivrai quand j’aurai achevé la précédente, celle de la réflexion et de la reconstruction. Mais nous sommes à un tournant. L’électorat a évolué, avec de nouvelles générations qui n’ont pas connu l’histoire du PS et du PC, et qui ont d’autres comportements électoraux. Et parmi les centristes, il y a des démocrates qui peuvent se reconnaître dans un projet politique qui ne sacrifierait pas pour autant l’identité de la gauche. On m’a critiquée pour ma démarche d’entre les deux tours, mais soyons réalistes: dans de nombreuses villes, aux municipales, cette convergence devra s’opérer.
Est-il réaliste d’envisager un tel rapprochement en France?
On doit se poser la question d’un rassemblement du camp de la gauche et de tous ceux qui ont une conception exigeante de la démocratie, destiné à passer la barre des 30% au premier tour d’une élection nationale et qui aurait vocation à être leader au niveau de la gauche européenne – laquelle, reconnaissons-le, tangue un peu. Depuis Tony Blair, même si certains aspects de son leadership étaient discutables, la gauche n’a plus de leader capable d’entraîner les mouvements progressistes en Europe.
Quelle est votre position sur le mini-traité?
A partir du moment où le peuple a refusé le précédent, il serait logique de le consulter à nouveau. Mais je crois que ce traité, même imparfait, peut remettre l’Europe en marche. J’aurais préféré un texte avec moins de dérogations. Mais mieux vaut un compromis que rien. L’intégration de la Charte européenne des droits fondamentaux est une avancée très importante. C’est pourquoi nous devons faire bloc avec les socialistes portugais, espagnols, allemands et les autres, et adopter ce texte le plus vite possible pour passer à l’étape suivante : la préparation du traité social. La question de la procédure d’adoption, référendaire ou parlementaire, n’est plus une question de principe. Nous n’avons pas de temps à perdre à nous diviser.
Pourquoi vous êtes-vous montrée si discrète, ces derniers temps, sur la politique gouvernementale?
Ce n’est pas exact. Mais je n’ai pas l’intention de commenter le moindre fait et geste du Président. Il faudrait pour cela passer toute la journée devant la télévision, ou presque ! A ce propos, le CSA, qui refuse de comptabiliser le temps de parole de Nicolas Sarkozy, manifeste une piètre conception de la démocratie. Mais rassurez-vous, l’opposition est bien là.
Comment définissez-vous aujourd’hui votre rôle d’opposante?
Je dois utiliser ma voix avec circonspection, quand je la sens utile au débat démocratique. Mais cela ne sert à rien de mener une opposition frontale, à tout propos.
Quel regard portez-vous sur la pratique sarkozyste du pouvoir?
Ce qui me frappe, c’est le contraste entre le discours, le changement de style et, au fond, un grand archaïsme dans la façon de procéder. Le pouvoir actuel est très proche des puissances d’argent, du Medef. On ne parle ni d’éducation, ni d’innovation, ni de PME, ni de modernisation économique. Sur les mesures fiscales, on a un pays endetté qui se prive de marges de manœuvres au profit des plus privilégiés, suivant en cela les réflexes les plus éculés de la droite traditionaliste et rentière.
Que dit selon vous le mouvement social de la semaine dernière?
Nicolas Sarkozy, pendant la campagne, avait expliqué que tout était prêt… Or, on est dans l’improvisation totale. On aurait pu penser qu’on allait échapper à l’affrontement social, à la grève des transports. Mais à l’arrivée, on a un pouvoir qui ressemble piteusement à tout ce qu’il y a de plus archaïque. Les oppositions sociales se cristallisent, même si elles sont partiellement occultées par une opération d’ouverture médiatiquement réussie. Mais conduire un pays moderne à la grève est la marque d’un pays mal gouverné.
Quel regard portez-vous sur le divorce de Cécilia et Nicolas Sarkozy?
Les grands événements de ces derniers jours, c’est malheureusement la journée de la misère et les mouvements d’inquiétude justifiée sur le front social.
L'essentiel
QUOTIDIEN : lundi 22 octobre 2007

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L’essentiel : «Le jour où je leur dirai “On y va”, nous irons vraiment», déclare Ségolène Royal dans l’entretien exclusif qu’elle a accordé à «Libération» à propos de sa possible candidature au poste de premier secrétaire du PS. Le contexte : Pour la première fois depuis sa défaite, l’ex-candidate socialiste revient longuement sur sa volonté de rénover son parti. L’enjeu : Alors que la rentrée politique a été marquée par la sortie de livres très critiques à son égard, Ségolène Royal se prépare à batailler contre les éléphants avant le congrès de l’an prochain.
Les nouveaux adhérents tentés par la désertion.
Olivier Bertrand (à Lyon), MOURAD GUICHARD (à Orléans) et Haydée Saberan (à Lille)
QUOTIDIEN : lundi 22 octobre 2007

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Après la vague, la décrue. L’an dernier, le Parti socialiste avait enregistré l’adhésion de nombreux nouveaux militants, attirés par l’inscription en ligne à 20 euros et la possibilité de choisir le candidat à la présidentielle. Six mois après la défaite, l’inquiétude gagne la direction du PS qui assiste à un début de désertion militante. Exemple dans trois fédérations.
Tendance inquiétante. Dans le Rhône, les chiffres sont encore provisoires, mais un tiers des nouveaux militants aurait pris le large (les socialistes étaient passés dans ce département de 2 000 militants environ en 2003 à 5 300 fin 2006). «Beaucoup étaient venus pour amplifier le mouvement royaliste, estime Christiane Demontès, sénatrice et première fédérale du Rhône. On les a vus pour la désignation, puis Ségolène Royal a été battue et ils sont passés à autre chose. Je crois même que certains d’entre eux ont depuis rejoint le Modem.» Ce que les militants du Mouvement démocrate confirment.
Mais les premiers scrutins internes ont dégagé une autre tendance, plus inquiétante: 300 à 400 anciens militants n’auraient pas payé leur cotisation. «C’est très nouveau, grimace la première fédérale. Ce sont des gens qui habituellement votaient à chaque élection interne, et se mettaient à jour à cette occasion. Cette fois, ils ne sont pas venus.» Pour quelles raisons? «Il y a la défaite du mois de mai, les livres de règlements de compte, le départ au gouvernement de quelques-uns, la cacophonie et l’absence de ligne. Les gens sont déboussolés. Ceux qui restent aussi, d’ailleurs. Ils se demandent où nous allons.»
Le PS saura fin novembre si la tendance se confirme, lorsque toutes les sections auront voté. En attendant, un petit rayon de soleil éclaire la grisaille ambiante. A côté de cette vague de désertions, 300 nouveaux militants ont adhéré depuis le début de l’année. La plupart après la défaite du 6 mai.
Il y a tout juste un an, la fédération du Loiret revendiquait 1485 adhérents. Soit près du double des effectifs de 2005. Après les défaites électorales du printemps, la seule section orléanaise ne compte aujourd’hui qu’une petite moitié de cartes effectivement prorogées. «Les adhérents 2006 qui ont quitté le parti l’ont souvent fait parce qu’ils n’avaient pas soutenu Ségolène Royal», croit savoir un permanent de la fédération. «D’autres nous reprochent localement la guerre des courants, se disant dégoûtés. Mais cela représente une dizaine de personnes tout au plus.» «Il faut être un ancien pour comprendre les bisbilles internes», explique Daniel, un militant chevronné. Un cadre du parti ironise: «Quand ils auront vécu leur premier congrès, ils auront une bonne raison de prendre le large…».
«J’avais l’espoir que Ségolène change la vie politique, au-delà même du PS, dit Jean, informaticien. Je suis parti parce que j’en avais marre que la base travaille pendant que le sommet lâche des petites phrases. Ils mettent tout par terre. Trois têtes, trois discours différents. Ils se foutent du monde.» Un jeune adhérent qui avait tout misé sur la victoire de Royal vient tout de même de reprendre sa carte. «Je ne vais pas quitter le navire en pleine tourmente, explique-t-il. Mais si le congrès se passe mal, je claquerais définitivement la porte!»
«Univers clos». Dans une section de Lille, le nombre d’adhérents avait doublé avec l’arrivée des «20 euros» en 2006, mais est redescendu au nombre initial, selon les premiers chiffres 2007. A Hazebrouck, une centaine d’adhérents au départ, 25 adhésions à 20 euros, puis 7 départs parmi ces nouveaux, «dont deux juste après le vote interne, parce que leur candidat n’était pas passé», raconte Eddy Defever, le secrétaire de section. «C’est vrai qu’il y a des départs, de nouveaux adhérents découragés par la défaite, mais il y a aussi des adhésions de gens effrayés par Sarkozy», assure Joël Jaspart, secrétaire de section de Valenciennes.
«Les gens qui sont partis l’ont fait, pour la plupart, tout de suite. 90% des nouveaux adhérents du Nord n’ont même pas participé à la campagne», estime le politologue lillois Rémi Lefebvre, qui a analysé des réponses d’adhérents à 20 euros qui ont quitté le parti. «Ils ont adhéré pour voter le projet et désigner la candidate, mais contrairement à ce qu’on dit, ils n’étaient pas plus “ségolistes” que les autres adhérents. Ceux qui sont partis plus tard l’ont fait parce qu’ils n’avaient pas de familiarité avec la vie du parti, ils n’étaient pas préparés à cet univers clos, replié sur lui-même, ils ne connaissaient pas les codes. En face, on ne les a pas accueillis, et pas retenus».

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