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18.12.2007
formation
La formation continue : entre critiques et réforme
Le système de formation professionnelle continue, fait l’objet d’un certain nombre de critiques sur son efficacité. Une mission sénatoriale, en a dressé un tableau pessimiste synthétisé en 3 C : complexité, cloisonnements et corporatisme. Le constat est le suivant : plus de 150 000 jeunes sortent du système scolaire chaque année sans diplôme, la formation va majoritairement aux diplômés de l’enseignement supérieur travaillant dans des entreprises de plus de dix salariés.
Derrière le constat des sénateurs, demeurent des questions de fond. Les attentes, le financement, la gouvernance, les choix politiques, la philosophie même du système, sont en jeu. La loi de 1971 visait à offrir une seconde chance à tous les salariés. Instaurée dans un contexte économique florissant, elle a émoussé ses attraits sur les arrêtes de la crise. Depuis, des dispositifs comme la validation des acquis de l’expérience et le droit individuel à la formation ont instillé une touche d’individualisation. Entre temps, la formation avait changé d’objectif : d’outil de promotion sociale elle est devenue au fil des années un élément essentiel de la politique nationale de traitement social du chômage.
Car à quoi doit servir la formation professionnelle continue ? A permettre aux salariés d’évoluer dans leur poste, leur carrière professionnelle, à favoriser l’insertion de jeunes non diplômés, de chômeurs de longue durée, à anticiper des évolutions de l’entreprise ? Sans doute les trois, et pour chaque objectif, les politiques à mettre en place sont particulières et nécessitent des financements propres. D’un point de vue économique, il faudrait se pencher non plus uniquement sur les gains amenés par la formation aux entreprises et aux individus mais aussi sur les bénéfices ressentis par la société dans sa totalité (moins de chômage, élévation du niveau culturel etc.
Les débats sont vastes et se rapprochent des questionnements de la formation initiale. Sans réelle évaluation de leur efficacité, il est difficile de rejeter en bloc les dispositifs existant, les nouveaux dispositifs devront intégrer une dimension d’évaluation. L’orientation est là aussi fondamentale : comment accompagner l’individu adulte à choisir une nouvelle voie professionnelle. La question des diplômes est aussi disputée : doit on inciter les moins qualifiés à passer des diplômes ou se limiter à des apports ponctuels, la juste dose pour exercer efficacement son emploi ou au contraire une formation large qui s’attarde aussi sur les savoir-être, la créativité, l’analyse et la recherche de solutions adaptées.
2008 devrait être une année de réforme pour la formation continue, dans le cadre de la sécurisation des parcours professionnels. Les discussions entre partenaires sociaux ne pourront faire l’économie de questions de fond, à commencer par l’articulation entre formation initiale et formation continue pour une réelle éducation tout au long de la vie.
Monique Royer
06:40 Publié dans emploi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

