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16.02.2008
unis
Villepin, Royal, Bayrou, ensemble contre Sarkozy
Par Charlotte Chaffanjon
Imprimez Réagissez Classez Ils rêvent tous les trois d'endosser le costume de premier opposant de France. Ils se sont tous les trois opposés frontalement à Nicolas Sarkozy dans le passé. Ils signent désormais tous les trois "un appel du 14 février pour une vigilance républicaine", dans l'hebdomadaire Marianne à paraître samedi. Dominique de Villepin, Ségolène Royal et François Bayrou, bien que se réclamant de "sensibilités très diverses", affirment avoir "en commun un certain nombre de convictions et de valeurs qu'ils entendent réaffirmer". Quelles sont ces valeurs ? "Le refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective", les "fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante", "l'indépendance de la presse et le pluralisme de l'information" ou encore "une politique étrangère digne". Dans leur viseur, bien sûr : l'hôte de l'Élysée.
L'appel, cosigné avec 13 autres personnalités dont Bertrand Delanoë, Arnaud Montebourg et Jean-Pierre Chevènement, ne cite jamais le chef de l'État mais reprend nombre de critiques formulées contre le style du président de la République ou contre la façon dont il traite les grands thèmes de la société.
"En politique, il faut atterrir"
De fait, Dominique de Villepin se plaît à multiplier les piques assassines contre Nicolas Sarkozy, son ennemi juré et principal rival à l'époque où ils étaient respectivement Premier ministre et ministre de l'Intérieur, depuis l'accession de ce dernier à l'Élysée. En octobre dernier, déjà, sur RMC, il lançait : "Je crois qu'en politique, il faut atterrir. Nous sommes dans une conjoncture internationale difficile, nous sommes dans une situation de croissance difficile, plus difficile sans doute que ce que pensaient Nicolas Sarkozy et François Fillon en arrivant aux affaires. Lorsqu'ils font un paquet fiscal de 15 milliards d'euros en arrivant, ils espèrent que la croissance sera au rendez-vous, ce n'est pas le cas."
Des propos que Ségolène Royal ne renierait pas. La candidate malheureuse à l'élection présidentielle n'a rien perdu de son mordant lorsqu'il s'agit d'attaquer son ancien adversaire. Ainsi, elle, que Jacques Attali définit comme "celle qui incarne l'opposition", était en visite jeudi à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise, questionnant : "Il avait promis un plan Marshall pour la banlieue. Il est où, son plan Marshall ?" François Bayrou, le troisième homme, n'épargne pas non plus grand-chose au président de la République. Il dénonçait ainsi le 3 février dernier, lors du Grand Jury RTL- Le Figaro -LCI, le style présidentiel - "Je déteste l'étalage et l'utilisation de la vie privée" - ou encore la mise en avant de ses conseillers - "C'est sain dans une monarchie. Dans une république, on estime qu'il y a des responsables qui sont élus pour ça." ( voir notre article )
Selon un sondage IFOP pour le Journal du dimanche , réalisé début février, c'est Ségolène Royal qui fait aujourd'hui figure d'opposante la plus crédible à Nicolas Sarkozy (28 %), juste devant François Bayrou (25 %). La compétition pour le poste de premier opposant de France sera disputée.
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