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26.02.2008

chut sur la chute ....

Comment le PS a perdu le tiers de ses troupes
Par Zineb Dryef (Rue89) 20H37 25/02/2008

Les anciens sont déçus par Royal, les nouveaux par l'accueil que leur a réservé le parti: près de 80 000 adhérents ont déserté.



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Pendant que les ténors du PS s'enlisent dans leurs querelles de chapelles, les adhérents s'en vont. Au service communication du parti, on n'apprécie d'ailleurs pas trop les questions sur les chiffres:

"Seul un officiel peut vous parler et d'ailleurs, vous n'aurez pas de chiffres. On ne les communique pas."

Après plusieurs coups de fil, le PS finit par nous fournir une réponse. C'est rude: des 218 000 adhérents de l'année 2006, il n'en reste, selon Yves Bonnefoy, président du Bureau national des adhésions, que 140 000. Un chiffre probablement surévalué, grincent certains cadres du parti, qui accusent la campagne d'adhésion "à 20 euros" (contre au moins 55 euros précédemment) lancée en mars 2006.

A l'époque, des jeunes et des femmes étaient certes venus grossir les rangs du parti. Mais aux réunions de sections, notamment à Paris, une fédération forte de 70 000 adhérents au plus fort de la mobilisation, les nouvelles recrues s'étaient faites invisibles.

A quelques semaines de la désignation du candidat socialiste à la présidentielle, au mois de novembre, les secrétaires de section décident même d'établir une nouvelle règle du jeu: pour voter, il faut s'être présenté au moins une fois dans une réunion. Gagné: les nouveaux se sont bousculés pour avoir le droit de glisser leur bulletin dans l'urne.

Des vieux militants déçus par Ségolène Royal

Depuis cette soirée de primaires, c'est le calme. Un responsable du XIIe arrondissement avoue que sa section, qui avait gagné 800 personnes, est aujourd'hui redescendue à son niveau d'avant, soit quelques 600 adhérents. Parmi ces démissionnaires, des "vieux" militants. Arrivé en 1996, Eric Besançon, 46 ans, n'a pas renouvelé sa cotisation cette année:

"Après dix ans au PS, deux choses m'ont traumatisées: le sourire de Ségolène Royal au soir de la défaite et son volte-face sur le Smic à 1 500 euros. Je ne la supporte plus et j'ai voulu manifester ma colère."

Saine ou pas, sa colère est surtout passagère. Eric l'a décidé, il retournera au PS... sauf si Ségolène Royal prend les rênes du parti. Ce rejet de l'ex-candidate a motivé la décision de partir chez beaucoup de militants de longue date.

A 54 ans, Patrick Soulier a passé dix-huit ans dans des réunions de section à Cesson-Sévigné (Ille-et-Villaine):

"Je suis arrivé en 1990, après le Congrès de Rennes. Je voulais faire avancer les choses. J'ai failli partir en 1997 quand Lionel Jospin a initié la privatisation d'EDF. Puis à nouveau en 2005, à cause de l'Europe. Et j’ai finalement plié bagages en 2006 après la désignation de Ségolène Royal."

Qualifiant la présidente de la région Poitou-Charentes de "candidate des sondages", Patrick Soulier déplore sa désignation par des "gens peu fiables". Il n’est pas le seul à fustiger ces "adhérents à 20 euros".

De nouveaux camarades éphémères, "sans fidélité au parti"

Les militants de longue date ne sont pas les seuls à déserter. Une grande partie des nouveaux adhérents, attirés par la candidature de Ségolène Royal, n'ont finalement pas renouvelé leur carte.

Un secrétaire fédéral y voit une absence de politisation de ses éphèmeres camarades:

"Ce sont des gens sans fidelité au parti. Ils n’ont pas fait campagne. Peu d’entre eux sont venus voter au projet. Le contenu leur importait beaucoup moins que les candidats."

Mais cette sévérité a lourdement pesé dans leur décision de fuir. Etudiant, Yann a poussé les portes de sa section dans le Val-de-Marne en 2006. Plein de l'envie de voir gagner Dominique Strauss-Kahn, il est allé aux réunions, a participé à des groupes de discussions, a collé des timbres sur des enveloppes, a tracté. Avant de déchanter:

"J'en ai eu marre qu'aux réunions, on me reproche mes questions. J'en ai eu marre que tout soit compliqué. Les autres adhérents nous traitaient comme des fans de la Star Ac'. Je suis parti."

Farid Taha est aujourd'hui au MoDem. Il se souvient de ses deux mois à la section de Compiègne (Oise) en 2002. Voici le témoignage qu'il nous a envoyé par mail:

"J’ai demandé à adhérer à la fédération de l’Oise et un syndicaliste de la CFDT travaillant avec moi m’a conseillé de voir une des responsables locales à Compiègne. On m’a fait attendre presqu’une bonne heure dans un local de permanence électorale exiguë sans trop m’adresser la parole.

"J’ai payé ma cotisation et je suis parti avec un bout de papier annonçant la réunion publique du surlendemain. J’y suis allé, découvrant pour la première fois une réunion politique avec d’un côté des chaises et des militants qui écoutent (ils n’avaient pas encore inventé la démocratie participative) et de l’autre une estrade avec des cadres qui parlent.

"J’ai posé une ou deux questions qui se sont soldées par une réponse catégorique du genre 'c’est pas le moment'."

Un mode de fonctionnement poussiéreux et décourageant

Pour Rémi Lefebvre, politologue spécialiste du socialisme français, également membre de Gauche Avenir, club de réflexion de l'aile gauche du parti, cette opération à bas prix a été bricolée dans l’urgence et l’amateurisme:

"L’UMP, à la même époque, pesait lourd en terme de militants. Le PS n’avait pas le choix, ils leur fallait tenter quelque chose."

A l'époque, le parti ne comptait que 130 000 militants. Jack Lang, responsable de cette campagne, y a beaucoup mis du sien. Sur la forme: accueil des nouveaux, déplacements, nouveau site Internet. Sur le fond: discours très antisarkozyste et nouveau mode de désignation.

Lang avait annoncé, à l'époque, être candidat à la candidature, avant de soutenir Ségolène Royal. Un responsable socialiste persifle: "Il a été zélé parce qu’il se voyait déjà président…"

L'affluence des nouveaux adhérents a ainsi été mal accueillie par des sections dont le mode de fonctionnement, poussiéreux, n'a pas su s'adapter.

"Les partis surévaluent toujours leurs adhésions."

Un an après, le Parti socialiste, qui a tant communiqué les chiffres de ses nouveaux adhérents, se fait discret lorsqu’il s’agit de soustraire. Suffisamment vague, le secrétaire aux Fédérations Kader Arif reconnaît que la majorité des partants se compte parmi les adhérents à 20 euros. Pour Rémi Lefebvre, "c’est certainement bien pire que ce qu’ils annoncent. Les partis surévaluent toujours leurs adhésions."

Pour ça, les comptables n’ont même pas besoin de recourir au mensonge. Il suffit de conserver les fichiers d’une année à l’autre, sans faire de mise à jour... Estelle continue ainsi de recevoir du courrier de sa section parisienne, alors qu'elle a quitté le PS en février 2007.

Yves Bonnefoy, président du bureau national des adhésions, concède qu'il est difficile d'établir le nombre exact, notamment en raison de ce double comptage: celui des adhérents dont la cotisation est à jour, et le "corps électoral" constitué par l'ensemble des adhérents des deux dernières années.

Si un adhérent a payé sa cotisation en 2006, il reste pris en compte dans les fichiers et peut, pendant deux ans, renouveler sa carte à tout moment pour participer aux votes internes. Un système complexe qui explique en partie le flou des chiffres.

"Le parti où ils sont le plus nombreux, c’est chez les anciens." Rengaine en vogue dans les années 70 pour railler les vagues de désertions qui touchaient le PCF, elle s’est appliquée dès la fin des années 80 aux socialistes.

"Cette chute des adhérents socialistes est exceptionnelle"

La décrue, d’environ 25% officiellement, est "normale après une campagne", insiste Solférino. Notamment après une défaite. "Ils viennent faire un tour pendant la campagne et repartent. Les réunions politiques de base ne sont pas spécialement rigolotes", dédramatise un socialiste, avant d’observer que "l’amplitude des marées est impressionnante". Rémi Lefebvre rétorque qu'en France, "si le turn-over est très élevé et le taux de fidélité à un parti très faible, cette chute des adhérents socialistes est exceptionnelle".

En public, les socialistes minimisent. En privé, ils laissent entrevoir leur découragement. Un responsable souhaitant rester anonyme avoue :

"L’attractivité dans ce parti est faible… Entre les dirigeants mous, ceux qui ont rejoint Sarkozy et l’absence totale de programme, il n’y a aucune raison de venir chez nous

23.02.2008

cité d avenir

Cités d'avenir" : les quartiers avec Ségolène Royal
Il y a 6 heures

MONTPELLIER (AFP) — "Cité d'avenirs", déclinaison de "Désirs d'avenirs" dans les "quartiers", a vu le jour vendredi à Montpellier où sera basé son siège social, en présence de Ségolène Royal.

"Cité d'avenirs" fédérera les initiatives de quelque 200 associations de toute la France, avec un conseil d'administration représentatif de toutes les régions et se veut une force de propositions au service de Ségolène Royal.

"On veut continuer sur la dynamique" de l'élection présidentielle, a expliqué à l'AFP un des fondateurs de Cité d'avenirs, Brahim Abbou, un Montpelliérain qui figure sur la liste du maire socialiste de Montpellier, Hélène Mandroux, candidate à sa propre succession.

"A l'époque, 200 associations de quartiers avaient appelé à voter Ségolène Royal dès le premier tour", a-t-il dit. "Il y a un réseau, une volonté de continuer à se réunir, discuter et proposer des actions autour de Ségolène Royal."

Cité d'avenirs a été symboliquement lancé dans le quartier populaire de La Paillade alors que Mme Royal était à Montpellier pour soutenir la candidature d'Hélène Mandroux.

"Je trouve ça formidable que des jeunes se prennent en charge, qu'ils dénoncent un système, qu'il sortent de l'assistanat et se disent: +Comptons sur nos propres forces, demandons-nous d'abord à nous-mêmes ce que nous pouvons faire (dans) nos quartiers avant d'aller demander aux autres ce qu'ils peuvent faire pour nous+", a commenté Mme Royal devant la presse.

Parallèlement à Désirs d'avenirs est en train de se créer "Désirs d'entreprendre", association de chefs d'entreprise, a indiqué Mme Royal lors de ce point de presse auquel assistait Georges Frêche, présent sur la liste de Mme Mandroux aux municipales, président de l'agglomération et président divers gauche depuis son exclusion du PS du Conseil régional du Languedoc-Roussillon.

22.02.2008

chat

dolphe : Une grande victoire de la gauche aux municipales, cela siginifierait quoi pour vous ? Je ne change rien et je commence la guerre avec Bertrand Delanoë ?
Ségolène Royal : Non, je ne suis pas de tempérament guerrier. Je suis très calme. Je fais un tour de France assez fatigant, mais passionnant. J'ai eu plus de 200 demandes de déplacements partout en France.
Je pense qu'on ne peut pas quantifier les choses. Il faut que les gens se rendent compte que tout se délite au niveau national : franchises médicales, improvisations et dérapages sur tous les sujets, problème de pouvoir d'achat non traité.
Les problèmes quotidiens des citoyens seront mieux réglés par des élus de gauche, socialistes, parce qu'ils ont des valeurs, en particulier la défense des services publics, le "vivre ensemble", les politiques économiques tournées vers l'avenir.
Et notamment, comme la quasi-totalité des régions de France sont dirigées par des socialistes, à un moment où l'Etat se désengage de nombreux secteurs, pouvoir travailler en cohérence avec des départements, des villes et des communes change la donne.
Yves : Mais le PS ne saurait gagner que les municipales quand la droite est capable de gagner nationalement ?
Ségolène Royal : Je réponds qu'au contraire, c'est dans une dynamique des élections municipales que le PS pourra se réformer en profondeur, à partir des territoires.
Et donc avancer et préparer un projet alternatif, qui se dessine déjà sur de nombreux territoires. Avec d'autres façons de faire de la politique, en particulier sur le mode d'exercice du pouvoir et sur la démocratie.
Car pour réussir des réformes, il faut des institutions qui fonctionnent bien et une démocratie approfondie. Et aujourd'hui, si le pays est bloqué, angoissé, inquiet, c'est aussi parce que les institutions ne fonctionnent pas et qu'il n'y a pas de démocratie participative.
Georges : Irez-vous soutenir Bertrand Delanoë à Paris ?
Ségolène Royal : S'il me le demande, bien sûr, il n'y a pas de problème.
Je ne pourrai pas aller partout, mais j'envoie des mots de soutien. Les candidats qui ne me sollicitent pas, je ne leur demande rien. Chacun a la liberté de mener sa campagne comme il l'entend.
ludovic : Si Bertrand Delanoë obtient une victoire éclatante à Paris, ne pensez-vous pas qu'il serait mieux placé que vous pour tenir les rênes du PS ? Pourrait-on imaginer un pacte entre vous : lui les rênes du PS et vous l'investiture pour la présidentielle de 2012 ?
Ségolène Royal : Je ne crois pas que c'est ce qu'attend aujourd'hui le pays. Celui-ci attend une opposition ferme, claire, avec un leadership. Et un projet. Celui-ci a déjà été largement élaboré lors de la campagne présidentielle.
Il faut travailler dans cette continuité. Il faut approfondir les sujets, regarder les défis du temps présent et des années qui viennent.
Je souhaite qu'il y ait le plus grand nombre de militants qui aient la parole. Ils n'ont pas été consultés depuis la fin de la présidentielle. Il est temps de les faire voter et discuter. Il n'y a aucune tragédie, au contraire, c'est aux militants de choisir un projet et un leader.
élise : D'après vous, doit-on avancer la date du prochain congrès du PS ?
Ségolène Royal : Je pense qu'il ne faut pas que les choses traînent. Les choses s'accélèrent dans la mesure où il y a un vide dans l'autorité de l'Etat, avec cette improvisation permanente, ces promesses non tenues, la gravité de la dégradation du pouvoir d'achat, des annonces tous azimuts démenties le lendemain, des projets concurrents à celui du projet présidentiel. Les gens n'y comprennent plus rien et ne sont pas fiers de ce qui se passe pour l'image de la France. Par conséquent, les socialistes doivent se mettre en ordre de marche.
lise : Vous en êtes où avec le Modem ?
Ségolène Royal : Si des personnes de bonne volonté se retrouvent sur un projet municipal dirigé par un candidat socialiste, je ne vois que des avantages pour se mettre au service de la population.
Yugs : Etes-vous restée en contact étroit avec François Bayrou ?
Ségolène Royal : Non.
Sarah : Vous souhaitez, Mme Royal, une alliance allant de l'extrême gauche au centre, ce qui est une bonne initiative d'ailleurs, mais comment comptez-vous faire cette alliance , si vous êtes en situation ? Car il y a de nombreux contestataires au sein de votre parti....
Ségolène Royal : Je pense que c'est dans la force du projet que cela peut se faire. Ce ne sont pas des alliances d'appareils auxquelles je pense. Je pense que pour répondre aux défis de notre temps, il faut à la fois de la radicalité sur certains sujets. Je pense par exemple à la réforme des banques.
Et en même temps, il faut tenir compte du besoin de compétitivité de l'économie. Qui est très liée à la sécurisation des salariés, contrairement à ce que fait la droite. Je crois qu'il faut être très offensif dans l'économie de marché pour réussir à la réguler.
Vanessa : Pourquoi donc restez-vous au PS qui est totalement dépassé ? Vous devriez fonder votre propre parti ...
Ségolène Royal : Oui, je sais, beaucoup de gens de gauche m'interpellent sur cette question. Mais je suis au PS, j'en suis une élue depuis vingt ans, j'ai été ministre de François Mitterrand dès 1992. Je me sens appartenir à cette famille politique. En même temps, je suis persuadée que c'est un changement en profondeur qu'il faut si l'on ne veut pas que le PS soit marginalisé.
paco : Pensez-vous pouvoir travailler un jour avec Dominique de Villepin ? Autrement dit, estimez-vous qu'il y a plus de choses qui vous unissent que de choses qui vous séparent ?
Ségolène Royal : A ce stade, je ne crois pas. Il y a déjà tant à faire pour rassembler les socialistes et la gauche, c'est d'abord en étant au clair avec nos convictions politiques qu'on peut après rassembler éventuellement sur d'autres sujets. Comme sur les questions de la laïcité, de l'indépendance nationale...
Gaccent : Mme Royal, qu'est-ce qui vous a motivé à signer "l'appel à la vigilence républicaine" de l'hebdomadaire Marianne ?
Ségolène Royal : Je trouve que dans le contexte il était opportun. Je pense qu'il reflète aussi l'avis de nombreux électeurs de Nicolas Sarkozy, qui s'estiment trompés par rapport à ce qui leur a été dit.
Quand on met côte à côte ses déclarations avant et après l'élection, c'est une grande désillusion qui est là aujourd'hui. Et il y a un problème de l'incarnation de l'Etat, les gens le disent beaucoup, l'image de la France à l'étranger...
Alexis de Galembert : Que pensez-vous des propos de Mme Mignon sur les sectes ?
Ségolène Royal : Je les trouve scandaleux. Je me suis occupée des sectes quand j'étais ministre de l'enseignement scolaire.
J'ai dû voter une loi pour extirper les enfants de l'emprise des sectes, notamment en prévoyant des inspections scolaires.
Et je pense qu'il faut la plus grande sévérité à l'égard des sectes, car la mise en sujétion psychologique, mentale, financière existe. Et je suis très inquiète de la complaisance à l'égard de l'Eglise de scientologie exprimée par la conseillère du président de la République.
Gonzague : Que pensez-vous des propos de Rama Yade ? Vous ont-ils blessés ?
Ségolène Royal : Ce sont surtout des propos qui doivent être condamnés avec la plus grande sévérité. On sent de la part des membres de ce gouvernement une sorte d'agitation frénétique préélectorale, un désordre des choses qui n'est pas de nature à rassurer les Français.
Ce gouvernement n'est pas sérieux, n'est pas professionnel. Il y a de l'amateurisme, de l'immaturité aussi, de la désinvolture. Il n'y a plus de cap, plus de direction.
Francis : Le gouvernement propose une augmentation de 0,8 % de la rémunération des fonctionnaires. Qu'auriez-vous proposé ?
Ségolène Royal : Comme l'ont dit les syndicats de fonctionnaires : je dis au gouvernement de respecter la parole donnée. Sarkozy a dit pendant la campagne qu'il serait le président du pouvoir d'achat.
Il a vidé les caisses en dilapidant 15 milliards d'euros de cadeaux fiscaux.
Il faut que les augmentations suivent au moins l'indice du coût de la vie. Or la hausse des prix est de 2,8 %, la plus importante depuis quinze ans. Et les produits alimentaires ont augmenté de 10 %. C'est très grave pour le pouvoir d'achat des familles.
Je le vois en tant que présidente de région, j'ai dû augmenter de 20 % le fonds social dans les lycées. Parce qu'il y a de plus en plus de familles en difficulté, y compris des familles à revenus moyens.
De plus, je pense que la droite prépare des impôts après les élections. Ce qui est en préparation, c'est une augmentation de la CSG, et sans doute de la TVA sociale, qui n'a rien de social d'ailleurs. C'est pour cela que les gens ne doivent pas voter à droite.
amrid : Vous vous êtes engagés pendant la campagne présidentielle à revaloriser le smic à 1 500 euros, avant finalement de nous annoncer que c'était une erreur. Quels sont pour vous les leviers existants pour revaloriser les salaires sans porter atteinte à la compétitivité des produits français sur le marché international ?
Ségolène Royal : Je n'aurais pas dépensé 15 milliards d'euros. Cette somme aurait permis de doubler la prime pour l'emploi, de donner un 13e mois à 8 millions de salariés.
Ensuite, le 2e tiers de ces 15 milliards aurait permis de doubler le budget pour la recherche, l'innovation et l'enseignement supérieur. Ce sont là que se trouvent les ressorts de la croissance.
Nicolas Sarkozy avait promis le choc de la croissance, on a plutôt eu le choc des photos...
Je pense qu'il faut répartir autrement les profits des entreprises entre le capital et le travail. Regardez ce qui se passe dans les entreprises du CAC 40, qui viennent de publier des profits records, et les dirigeants ont augmenté leurs revenus de 40 % en moyenne cette année. Donc ils ne sont pas démunis pour augmenter les salaires.
En revanche, là où il y a des problèmes, c'est sur les entreprises sous-traitantes. Il faudrait une politique industrielle qui régule la répartition des profits sur toute la chaîne de production, et notamment dans les PME qui dépendent des entreprises du CAC 40.
Et enfin, il faut cibler les allègements de charges sur le travail uniquement dans les entreprises qui sont exposées à la concurrence internationale. Parce que, aujourd'hui, la détaxation des heures supplémentaires, ou toutes les aides d'Etat à l'emploi, vont aussi bien à l'hypermarché qui fait des profits considérables, tout en maltraitant les caissières, qu'à une PME qui se bat pour conquérir le marché chinois par exemple. Cette masse d'argent importante doit être concentrée sur les entreprises françaises qui se battent sur les marchés étrangers.
Florent_1 : Que pensez-vous de "l'affaire Ockrent" ?
Ségolène Royal : Je n'ai pas d'avis.
emmanuel : Que pensez-vous des réformes pénales actuelles et en particulier la rétention de sûreté ?
Ségolène Royal : Je pense que ce sont de très mauvaises réformes qui masquent la misère matérielle de la santé en prison.
Le manque cruel de psychiatres et de médecins pour exécuter les peines de soins. Il y a des délinquants sexuels qui sont relâchés sans avoir été soignés alors qu'ils ont été condamnés à le faire.
Je suis allée voir les expériences au Québec et j'ai vu des expériences très réussies, avec une baisse considérable de la récidive des délinquants sexuels à leur sortie de prison, car ils sont pris en charge par des équipes pluridisciplinaires. Les délinquants sont confrontés à des victimes.
Bien sûr il y aura toujours des délinquants que cela ne touchera pas. Et il n'y a pas de réduction de peine si le condamné refuse de se soigner.
fredd : pensez-vous qu'en gardant ce cap, ce pouvoir tiendra cinq ans ?
Ségolène Royal : Je respecte les échéances démocratiques, donc le pouvoir est là pour cinq ans. La difficulté, c'est que la France est victime de ce pouvoir. Chaque jour qui passe, le pouvoir accomplit mal ses fonctions, ne mène à bien aucune bonne réforme. La France est en train de reculer. Or d'autres pays avancent : l'Amérique latine, la Chine, l'Inde.
La France ne peut se permettre de prendre du retard.
Alexis de Galembert : Vous ne vous êtes pas présentée aux éléctions législatives en 2007. Vous ne vous présentez pas aux municipales en 2008. Quelles seront les prochaines élections auxquelles vous vous présenterez ?
Ségolène Royal : On verra le moment venu.
J'avais dans mon programme présidentiel le mandat unique, je voulais aussi consacrer du temps à la réflexion, au PS, donc je me suis appliqué cette règle à moi-même.
Pour les prochaines échéances, on verra. Chaque chose en son temps. Ce sera soit les régionales, soit les législatives. Je ne pense pas encore à la présidentielle de 2012...
J'ai été très contente de dialoguer avec les internautes. Je travaille, j'ai inauguré un nouveau TER de ma région, il y a huit trains dans la région qui rouleront avec de l'agrocarburant. L'excellence environnementale est en mouvement.
J'en profite pour dénoncer la scélérate décision de Jean-Louis Borloo de ne pas donner au Marais poitevin son label de parc régional. Ce n'est pas la peine de faire des Grenelle de l'environnement et de tolérer l'agriculture irriguée dans le Marais poitevin. Je vais saisir le Conseil d'Etat. Mais ce serait plus simple si l'on essayait de gouverner intelligemment

16.02.2008

evolution

AVEC PRÈS de 60 000 nouveaux emplois créés au quatrième trimestre 2007, selon les chiffres provisoires publiés par le ministère de l'économie vendredi 15 février, les créations d'emploi continuent sur un rythme soutenu, malgré une croissance faible de 1,9 %.

Au total, l'année 2007 s'achève avec une augmentation de 297 700 nouveaux salariés dans les entreprises des secteurs marchands (hors agriculture), selon l'Insee. Il s'agit d'une nette augmentation par rapport à 2006, qui avait créé 188 900 emplois, année présentée déjà comme "très dynamique".



Le nombre de salariés du secteur concurrentiel dépasse pour la première fois la barre des 16 millions (16 027 100) sur un total d'environ 25 millions de salariés. La ministre de l'économie, Christine Lagarde, s'est félicitée de "la vigueur remarquable des créations d'emploi en 2007, d'un rythme inédit depuis l'an 2000".

L'augmentation dépasserait, selon ces données encore provisoires - les chiffres définitifs seront publiés le 21 mars - les prévisions de l'Insee qui tablait sur 287 000 nouveaux emplois en 2007 (348 000 sur l'ensemble de l'économie). "La croissance de l'emploi se poursuivrait au premier semestre 2008 au même rythme qu'au second trimestre 2007", estime l'Insee dans sa note de conjoncture.

Cette hausse, qui représente une variation de +1,9 % sur douze mois (+0,4 % au quatrième trimestre), repose sur le tertiaire et la construction. Les services ont fourni plus de 282 000 nouveaux emplois en 2007. Cette performance a été obtenu e en dépit d'une activité de l'emploi intérimaire plutôt faible, marqué aux deuxième et troisième trimestres par des légers reculs et une forte diminution des contrats aidés. La construction continue de tirer l'emploi au rythme de 15 000 emplois nouveaux par trimestre.

Dans l'industrie, l'emploi recule. Le quatrième trimestre 2007 marque une amplification de ces pertes, avec un recul de 17 000 emplois contre 13 500 au troisième trimestre et 9 900 au deuxième. Au total, l'industrie aurait détruit près de 50 000 emplois l'an passé.

Au-delà de ces bons résultats, l'Insee avait souligné, en décembre 2007, une hausse du "sous-emploi", notamment des personnes qui ont un emploi à temps partiel ou qui souhaiteraient travailler plus d'heures.

Rémi Barroux

vigilance

Pour une vigilance républicaine


Les soussignés se réclament de sensibilités très diverses, et ils ont sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes, mais ils ont malgré tout en commun un certain nombre de convictions et de valeurs qu'ils entendent réaffirmer.



- Leur attachement au principe républicain et, en conséquence, leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective.

- Leur attachement aux fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante, gage de la paix civile.

- Leur attachement à l'indépendance de la presse et au pluralisme de l'information.

- Leur attachement aux grandes options qui ont guidé, depuis cinquante ans, au-delà des clivages partisans, une politique étrangère digne, attachée à la défense du droit des peuples et soucieuse de préserver l'indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXI° siècle.



Au-delà de leurs divergences, les soussignés tiennent à rappeler leur engagement à défendre, séparément ou ensemble, ces impératifs, comme toujours cela fut fait au cours de l'Histoire de la République.

Pierre Lefranc, ancien chef de cabinet du Général de Gaulle
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre
Ségolène Royal, ancien ministre, Présidente de la région Poitou-Charentes
François Bayrou, ancien ministre, député des Pyrénées-Atmantiques
Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre
Corinne Lepage, ancienne ministre
Nicolas Dupont-AIgnan, député de l'Essonne
Bertrand Delanoë, maire de Paris
Maurice Leroy, député de Loir-et-Cher
Nöel Mamère, député de la Gironde
Jean-Christophe Lagarde, député de la Seine-Saint-Denis
Marielle de Sarnez, conseillère de Paris
André Gérin, député du Rhône
Arnaud Montebourg, député de la Saône-et-Loire
Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Loire
Jean-Pierre Brard, député de la Seine-Saint-Denis
Jean-Paul Bled, président des Cercles universitaires d'études et de recherches gauliennes

unis

Villepin, Royal, Bayrou, ensemble contre Sarkozy
Par Charlotte Chaffanjon

Imprimez Réagissez Classez Ils rêvent tous les trois d'endosser le costume de premier opposant de France. Ils se sont tous les trois opposés frontalement à Nicolas Sarkozy dans le passé. Ils signent désormais tous les trois "un appel du 14 février pour une vigilance républicaine", dans l'hebdomadaire Marianne à paraître samedi. Dominique de Villepin, Ségolène Royal et François Bayrou, bien que se réclamant de "sensibilités très diverses", affirment avoir "en commun un certain nombre de convictions et de valeurs qu'ils entendent réaffirmer". Quelles sont ces valeurs ? "Le refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective", les "fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante", "l'indépendance de la presse et le pluralisme de l'information" ou encore "une politique étrangère digne". Dans leur viseur, bien sûr : l'hôte de l'Élysée.
L'appel, cosigné avec 13 autres personnalités dont Bertrand Delanoë, Arnaud Montebourg et Jean-Pierre Chevènement, ne cite jamais le chef de l'État mais reprend nombre de critiques formulées contre le style du président de la République ou contre la façon dont il traite les grands thèmes de la société.

"En politique, il faut atterrir"
De fait, Dominique de Villepin se plaît à multiplier les piques assassines contre Nicolas Sarkozy, son ennemi juré et principal rival à l'époque où ils étaient respectivement Premier ministre et ministre de l'Intérieur, depuis l'accession de ce dernier à l'Élysée. En octobre dernier, déjà, sur RMC, il lançait : "Je crois qu'en politique, il faut atterrir. Nous sommes dans une conjoncture internationale difficile, nous sommes dans une situation de croissance difficile, plus difficile sans doute que ce que pensaient Nicolas Sarkozy et François Fillon en arrivant aux affaires. Lorsqu'ils font un paquet fiscal de 15 milliards d'euros en arrivant, ils espèrent que la croissance sera au rendez-vous, ce n'est pas le cas."
Des propos que Ségolène Royal ne renierait pas. La candidate malheureuse à l'élection présidentielle n'a rien perdu de son mordant lorsqu'il s'agit d'attaquer son ancien adversaire. Ainsi, elle, que Jacques Attali définit comme "celle qui incarne l'opposition", était en visite jeudi à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise, questionnant : "Il avait promis un plan Marshall pour la banlieue. Il est où, son plan Marshall ?" François Bayrou, le troisième homme, n'épargne pas non plus grand-chose au président de la République. Il dénonçait ainsi le 3 février dernier, lors du Grand Jury RTL- Le Figaro -LCI, le style présidentiel - "Je déteste l'étalage et l'utilisation de la vie privée" - ou encore la mise en avant de ses conseillers - "C'est sain dans une monarchie. Dans une république, on estime qu'il y a des responsables qui sont élus pour ça." ( voir notre article )
Selon un sondage IFOP pour le Journal du dimanche , réalisé début février, c'est Ségolène Royal qui fait aujourd'hui figure d'opposante la plus crédible à Nicolas Sarkozy (28 %), juste devant François Bayrou (25 %). La compétition pour le poste de premier opposant de France sera disputée.

10.02.2008

dunlop amiens

Automobile
Goodyear Dunlop veut réduire la production à Amiens
24/01/2008
La direction de Goodyear Dunlop France annonce un plan de réduction de la production des sites d'Amiens... Tout en donnant la possibilité aux syndicats de signer son projet de modernisation refusé en octobre par référendum par les salariés.
Lors d'un comité central d'entreprise, tenu le 24 janvier au siège social de Goodyear Dunlop Tires France à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), la direction a présenté un projet de réduction de 23 % de la production des sites Goodyear Dunlop d'Amiens (2700 salariés) pour 2008. Annonçant que ce projet de réduction de voilure « inscrit les sites d'Amiens dans un mouvement de déclin inéluctable », elle ajoute que ce projet « aurait » - en utilisant le conditionnel - un « impact social important », entraînant la suppression de 478 postes pour 2008.

Lors de ce CCE, la direction de Goodyear Dunlop Tires France a tenu à expliquer que cette réduction de voilure s'inscrivait « dans un contexte spécifique ». Goodyear Dunlop France explique les productions de pneus tourisme de petites dimensions des usines amiénoises « ne sont pas compétitives » et « ne répondent pas aux besoins du marché européen ». Elle rappelle que les salariés ont rejeté - référendum des 19 et 20 octobre - son « projet de création d'un complexe industriel moderne et compétitif » et souligne que ceci la contraint à arrêter à Amiens « certaines productions non rentables ».

Après le référendum, les salariés ont espéré que la direction de Goodyear reviendrait à la table des négociations avec d'autres propositions. En fait, il va revenir à la table des négociations, sans « plan B » mais avec le même projet, l'organisation du travail en 4 X 8 constituant, pour lui, le préalable à toute modernisation. Jeudi 24 janvier, la direction de Goodyear Dunlop a en effet indiqué que son projet rejeté en octobre pouvait encore être mis en œuvre « si les organisations syndicales étaient prêtes à négocier sur les modalités d'application de l'organisation en 4 x 8 et si elles étaient prêtes à négocier dans des délais courts ». L'ouverture des négociations aura lieu le 1er février, précise Goodyear Dunlop France.

Pour mémoire, le projet de la direction de Goodyear Dunlop visait à améliorer la compétitivité du site « 25 % plus cher que les usines allemandes du groupe » et parallèlement y injecter 52 millions d'euros pour produire des pneumatiques de véhicules de tourisme à plus forte valeur ajoutée de 15 à 18 pouces, contre 13 à 15 aujourd'hui. Pour réduire ses coûts, Goodyear Dunlop entendait réduire la masse salariale en supprimant 450 emplois en trois ans et ouvrir davantage son complexe industriel - 350 jours par an contre 326 aujourd'hui - en mettant en place une nouvelle organisation du travail reposant sur un passage à quatre équipes par semaine au lieu de cinq sur un rythme de 35 heures (au lieu de 28h pour les week-ends). C'est ce système dit des « 4 x 8 » en vigueur dans l'ensemble des sites Goodyear en Europe qui a été massivement rejeté par les salariés en octobre.



De notre correspondante en Picardie, Claire Garnier

09.02.2008

l'arbre cache ...

Ce que cache l'objectif du «plein emploi»
Mardi, 05 Février 2008

Derrière la réduction du taux de chômage se cache potentiellement l'explosion de l'emploi inadéquat : bas salaires, contrats précaires, sous-emploi des qualifications. L'essor des travailleurs pauvres explique bien des crispations sur le pouvoir d'achat.

«Si d’autres pays y arrivent, je ne vois pas pourquoi nous n’y arriveront pas», Nicolas Sarkozy a coutume de marteler cette antienne. Parmi les objectifs de son quinquennat, le locataire de l’Elysée a fixé celui-ci : en 2012, la France devra parvenir au plein emploi. Soit un taux de 5% de chômeur. Autrement dit une visée proche du chômage frictionnel ou incompressible à l’instar des Etats-Unis (4,9% de chômeurs en janvier) ou, mieux, du Japon et ses 3,5% de chômeurs. Sans parler de la Norvège qui affiche un taux de chômage de 1,8%, rente pétrolière oblige.

Cet objectif du plein emploi, la ministre de l’Economie l’a encore réaffirmé la semaine dernière, lors de la publication des chiffres de l’ANPE. Ils ont montré une nouvelle décrue en 2007 : au 31 décembre, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits dans la catégorie 1 est descendu sous la barre des 1,9 million. Sur un an, la baisse est de 9,3%. Selon l'INSEE, au troisième trimestre 2007, le taux de chômage était de 7,9% en France. La réforme en cours des contrats de travail, censée fluidifier le marché du travail et favoriser les embauches, et la fusion ANPE-Unedic, supposée faciliter le retour à l’emploi, permettraient d’accélérer le rythme. La France tiendrait donc le bon bout.

Sauf que… les chiffres du taux de chômage font l’objet d’une controverse récurrente. Notamment sur la réalité de cette décrue. Il s’agit d’une baisse en trompe l’œil, accusent des associations de chômeurs et des syndicalistes de l’INSEE, de la DARES et de l’ANPE réunis en un collectif : Les autres chiffres du chômage (ACDC). Pour une large part, cette baisse tient à des bidouillages statistiques, dénoncent-ils. Mais le cœur du problème n’est pas là. «Pour nous, cette question du taux de chômage, si elle est la plus médiatisée, n’est pas la plus fondamentale», insistent-ils. Le taux de chômage est au contraire l’arbre qui cache la forêt. «L’essentiel des changements du marché de l’emploi se joue ailleurs, dans le développement continu et insidieux de la précarité», interpellent ces trouble-fêtes. Tout ce que le Bureau International du Travail (BIT) englobe sous la notion «d’emploi inadéquat». C’est à dire un emploi qui ne permet pas de vivre décemment, de prévoir l’avenir, de préserver ses compétences et sa santé.

ACDC a fait ses calculs. A partir des données fournies de 1990 à 2005 par les Enquêtes Emploi de l’INSEE, le collectif a observé que la proportion d’emplois inadéquats «n’a cessé d’augmenter». De 25% de la population active, elle est passée à 41% en 2005 et concerne 11,4 millions de personnes. Sur la période, «la qualité des emplois s’est donc continûment dégradée», épingle le collectif. Les chiffres de cette évolution donnent en effet le tournis.
En 2005, 3,8 millions de salariés percevaient un bas salaire. Par convention est appelé «bas salaire» une rémunération inférieure aux deux tiers du salaire médian. Ce qui donne en France moins de 818 € par mois pour 14% de la population active. Depuis 1990, cette proportion a progressé de plus de 23%. Les femmes sont les premières concernées, tout particulièrement dans des secteurs comme la grande distribution. Justement, les salariés des hypermarchés se sont fait entendre, vendredi dernier. L’appel à la grève a été suivi par 4,5% d’entre eux, selon la fédération du commerce et de la distribution (FCD). Ce qui, de son propre aveu, est «exceptionnel» pour le secteur.

En 2005, 2,7 millions de salariés, soit 10% de la population active, étaient en contrat précaire : CDD, intérim, contrat saisonnier, stage, emploi aidé. Depuis 1990, la progression dépasse les 56%. Aujourd’hui, 3 embauches sur 4 se font en CDD. Cette même année, 5 millions de salariés, soit 18% de la population active, étaient comptabilisés en sous emploi de leurs qualifications et de leurs capacités. Depuis 1990, la progression a dépassé les 147%. Essentiellement dans l’hôtellerie et la restauration, le commerce, les services aux particuliers et aux entreprises. Vendeurs, vigiles, employés de restauration rapide, ce que l’on appelle justement les «fast-food jobs».

Le plein emploi, donc, mais à quel prix ? Non seulement «la focalisation médiatique et politique sur le taux de chômage rejette en arrière-plan le problème beaucoup plus vaste de la précarité», s’insurge le collectif ACDC, mais, pire encore, «elle aide à justifier des politiques qui aggravent encore la précarité au nom de la lutte contre le chômage», dénonce-t-il.
«Pour combattre le chômage dans les années 90, on s’est efforcé d’enrichir la croissance en emplois», rappelle Mathieu Lemoine, économiste à l’OFCE et spécialiste du marché du travail. Une économie crée des emplois quand son taux de croissance est supérieur à ses gains de productivité. «Enrichir la croissance en emploi» revient à casser cette équation. C’est tout le propos des politiques d’exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires développées depuis 1993. «Se fixer un objectif de 5% de chômage fait courir le risque de développer l’emploi précaire», prévient ainsi Mathieu Lemoine.

«A ce titre, il s’agit d’être vigilant quant à la réforme en cours de l’assurance chômage et la fusion ANPE-Unedic», suggère-t-il. Nicolas Sarkozy l’a rappelé, il souhaite des sanctions pour les chômeurs en cas de refus d’une offre valable d’emploi (OVE). Il reste aux partenaires sociaux à s’entendre sur le contenu de cette notion. Car, comme le craignent les syndicats, le risque est de voir les chômeurs obligés d’accepter des emplois très dégradés.

L’Allemagne en sait quelque chose. La baisse de son taux de chômage, spectaculaire, est en partie le résultat des lois Hartz, adoptées sous le gouvernement de Gerard Schröder (SPD). Ces dernières ont fortement réduit les allocations de chômage. Au bout d’un an, les demandeurs d’emploi n’ont plus, outre-Rhin, qu’une allocation forfaitaire du niveau du RMI. Dans le même temps, l’emploi précaire et le temps partiel subi y ont explosé. Conséquence : alors que l’Allemagne a enregistré en janvier son taux de chômage le plus faible depuis quinze ans (8,1%), la consommation des ménages est toujours en berne. C’est tout le problème des travailleurs pauvres.

08.02.2008

l anpe efficace ?

Profilage des demandeurs d'emploi peu performant, efficacité des opérateurs privés à démontrer pour un coût élevé, rapprochement aléatoire des structures de l'ANPE et des Assedic, outil informatique unique en devenir... La Cour des comptes est sceptique sur l'évolution des services rendus aux demandeurs d'emploi.




Le rapport propose que les conseillers de l'ANPE utilisent le profilage des chômeurs plus systématiquement. Et que l'accompagnement intensif par un opérateur privé ne puisse plus être refusé par les demandeurs d'emploi.

Les magistrats épinglent aussi la gestion des ressources humaines à l'ANPE. Selon eux, la direction a calculé "largement" les besoins de recrutement, n'a pas mis en place de gestion prévisionnelle de l'emploi, a laissé s'installer un absentéisme "élevé" et a distribué généreusement certaines indemnités "à ses personnels de direction et à des correspondants locaux informatiques

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