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17.03.2008
je double ...
Ségolène Royal veut doubler tout le monde
Par Pascale AMAUDRIC
Le Journal du Dimanche
Si la gauche est annoncée en vainqueur des élections municipales de ce dimanche, elle n'est pas apaisée pour autant. Frayant au milieu de ceux qui veulent une pause, qui veulent en finir avec les divisions, qui veulent travailler lentement, et tous les leaders potentiels, Ségolène Royal veut accélérer le pas. Pour prendre le parti et rester la seule cheffe de l'opposition.
Derrière le sourire de Royal, l'ambition de prendre le pouvoir, très vite. (Reuters)
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Tous en seront pour leurs frais: les socialistes, qui veulent profiter de la victoire, quelle que soit son ampleur finale, pour "refiler à la droite le mistigri de la division" (Jean-Christophe Cambadélis) ; ceux qui prônent pour les prochains mois "des casques bleus plutôt que des casques à pointe" (Guillaume Bacheley, jeune élu fabiusien); ceux qui annoncent "une période très calme" (Vincent Peillon) ou qui voient s'ouvrir enfin "une phase de paix", cette "pause" que tous les militants réclament pour prouver "la mue du PS" et sa détermination nouvelle au travail, tous vont tomber de leur chaise.
La "division" devrait en effet s'afficher très vite, profonde et dure, entre d'un côté l'ensemble du PS, à peu près unanime à vouloir travailler plus lentement, plus sûrement et plus "collectivement", et, de l'autre, Ségolène Royal, décidée à s'imposer coûte que coûte, et très vite, chef de l'opposition. Et ce par-delà "les rites et les rythmes du PS", déplore même un de ses proches convaincu "qu'une guerre éclair sera suivie d'une détestable guerre de tranchées" (Michel Sapin).
Un calendrier trop "lent" à son goût
La commission de la rénovation du PS, par exemple, que dirige François Rebsamen, toujours dans l'équipe de Ségolène, a concocté, courant février, un calendrier prévoyant le prochain congrès en novembre - déconnecté au maximum de l'élection présidentielle et trouvant en douceur le successeur de François Hollande -, précédé, fin juin, d'une "convention nationale" réformant le fonctionnement du parti. Débarrassé des questions d'intendance, s'annoncerait ainsi "un bon congrès d'orientation politique". Deux autres ségolénistes, Vincent Peillon et David Assouline, font partie de cette commission qui présentera le fruit de ses réflexions au prochain conseil national, mardi 25 mars. Las! Tous se sont fait tancer par Ségolène: ce calendrier "lent" ne fait pas son affaire. Elle se sent "majoritaire" et compte aller "vite". "Vite et bien", insiste son ami le plus proche, l'avocat Jean-Pierre Mignard, quasiment le seul voué à 100% à la personne de l'ancienne candidate. Lorsqu'on lui demande si elle va se poser dans les jours qui viennent en leader de l'opposition, il rectifie sans ambages: "Elle n'a pas à se poser en leader, elle 'est' le leader de l'opposition." A l'appui de cette certitude, les sondages et cet engouement qu'elle continue de susciter à chaque déplacement. Dimanche soir, "ce n'est pas au PS, pas à la gauche qu'elle s'adressera, non, c'est à la France"
Peu importe qu'elle tranche toute seule dans son coin, une nouvelle fois, la question des alliances, comme dimanche dernier en réclamant d'emblée des alliances "partout" avec le Modem. "Un Modem qui fait 3,7% au niveau national, alors que la nouveauté du premier tour était précisément la bonne tenue du PCF et l'émergence d'une extrême gauche soucieuse de gestion", ricanent ses détracteurs. Mais il n'est pas dans son tempérament de douter. Et elle n'a d'ailleurs pas la moindre "hésitation", un mot qu'elle prendrait presque pour une injure: oui, elle veut être le chef du parti, et même si elle échoue, elle sera candidate en 2012, désignée ou autodésignée.
Quid des "nouveaux poids lourds"?
Comment comptent réagir les autres? Qu'ils soient présidentiables (Bertrand Delanoë, Martine Aubry, François Hollande, etc.) ou possibles premiers secrétaires du PS (Arnaud Montebourg, Manuel Valls, Julien Dray qui sort un nouveau livre, Et maintenant, au Cherche-Midi, etc.), tous ne jurent que par le sérieux, le collectif, le temps long, hors desquels point de salut. "On restera de marbre", assure l'un des "reconstructeurs".
"Contrairement à ce qu'elle pense, elle n'est pas majoritaire, les militants ne croient plus aux sondages et elle va se prendre à son propre piège", font valoir de nombreux responsables socialistes. Pour eux, le temps des "Eléphants", que Ségolène Royal avait réussi à terrasser, est peut-être terminé, mais l'arrivée de "nouveaux poids lourds", émancipés, sûrs d'eux-mêmes, ces seigneurs locaux, élus ou réélus avec des scores de maréchaux et sur leur propre projet ou bilan, change la donne à gauche. Ils "ne suivront pas docilement les caprices de la dame".
07:01 Publié dans actu segolène | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

