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31.03.2008

Gaetan Gorce

Lettre de Gaëtan Gorce aux Parlementaires socialistes et Premiers fédéraux

Cher(e) Camarade,

Au lendemain des élections municipales, je souhaite te faire part de mon sentiment sur l'état de notre Parti et sa nécessaire rénovation. En homme libre. En socialiste de toujours !

Le succès que nous venons de remporter nous permet de reprendre ce débat dans la sérénité.

L'appui que nous ont apporté les Français le 16 mars, l'espoir d'une alternative, nous créent maintenant un double devoir de vérité et de clarté.

Je crois en l'avenir de la Gauche : l'exigence de justice n'est pas près de s'éteindre ! Mais pour y répondre, il nous faut faire l'inventaire des transformations que nous devons apporter à notre pensée, comme à notre organisation.

Ma conviction, celle que j'avais déjà exprimée à la tribune du Conseil national après l'échec de 2007, c'est que le fonctionnement de notre Parti ne correspond plus aux défis d'une démocratie moderne. Sa rénovation constitue donc bien un préalable !

Héritée d'une histoire tourmentée, la logique des courants s'appuie depuis 20 ans sur des questions qui n'ont, à l'évidence, plus rien d'idéologique. Protégés par la proportionnelle, des dirigeants, en mal de notoriété ou d'influence, perpétuent depuis le Congrès de Rennes le même et vain combat. Celui-ci ne produit plus au mieux que des synthèses molles, au pire, comme on l'a encore vu à la présidentielle, des affrontements suicidaires.

Le bilan est terrible aux yeux d'une opinion persuadée que les Socialistes se sentent désormais davantage concernés par les batailles de pouvoir interne que par les solutions à apporter aux problèmes du pays. Cette dérive, au delà des défaillances personnelles, répond à des causes profondes auxquelles il faut nous attaquer, sauf à prédire sa réédition à la première occasion.

La réponse tient en une seule formule : démocratisation. C'est en donnant le premier et le dernier mot à nos adhérents que nous pourrons déjouer les petites tactiques, contourner les stratégies personnelles et faire prévaloir l'intérêt collectif.

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Nous devons d'abord bâtir un Parti populaire et moderne, capable d'accueillir et de mettre en mouvement plusieurs centaines de milliers d'adhérents. Avec un objectif unique mais impératif, la victoire en 2012, auquel toutes les autres préoccupations doivent être subordonnées.

Nous devons ensuite, pour y parvenir, nous doter d'une Direction claire et un leadership fort de la confiance des adhérents.

Je propose ainsi que notre Premier secrétaire soit élu avant le Congrès, pour donner le ton et fixer l'orientation. Ce sera le moyen de déjouer les manoeuvres d'appareil et de consacrer notre congrès au travail de rénovation.

Nous devons également organiser différemment la consultation de nos adhérents. Je propose de renoncer au triste cortège des contributions, des motions et des nuits de synthèse pour organiser dans chaque fédération et chaque section une vaste consultation sur la base de laquelle sera établi le document d’orientation soumis au vote final (et aux amendements) de nos adhérents.

Je propose enfin de jeter les bases d'un fonctionnement plus efficace, plus démocratique et plus moderne. Comment nous ouvrir sur la société et changer notre rapport aux Français sans favoriser les adhésions, comme nous l’avons fait avec les nouveaux adhérents ? Comment faire vivre la démocratie sans tenir chaque année une Conférence nationale chargée d'arrêter les orientations du Parti ? Comment professionnaliser notre action, sinon en faisant de nos secrétaires nationaux des responsables à temps plein ?

L'autre axe de changement doit concerner nos alliances : la Gauche plurielle ne renaîtra pas et je ne vois pas l'intérêt pour le PS de ressusciter, à travers une quelconque formule de fédération d'appareils à bout de souffle. Quant à l'alliance au Centre, elle peut constituer une passade, le temps des municipales, ici ou là, mais certainement pas ouvrir une perspective si l'on veut bien tenir compte du fait que François Bayrou n'imagine de reconfiguration du paysage politique qu'autour de sa candidature à la présidentielle. Nous devons donc assumer notre destin, c'est à dire construire par nous-mêmes une nouvelle force politique représentative d'un électorat aujourd'hui éclaté qui cherche une alternative au sarkozysme.

Je propose qu'une fois le congrès passé, nous lancions des « Assises de l'Alternative », ouvertes à tous les citoyens, qu'ils viennent du Centre ou de la Gauche, qui voudront contribuer à refonder notre formation politique, un peu sur le mode des Assises du Socialisme lancées en 1974 par François Mitterrand et qui avaient permis à notre Parti de s'enrichir de tant d'apports nouveaux. Alors que le Parti se rétracte aujourd'hui sur un noyau dur, ces Assises nous permettront d'enclencher une dynamique d'adhésions dont nous savons, depuis le succès des nouveaux adhérents, qu'elle est possible. Cet élargissement résoudrait, en la rendant caduque, la question des Primaires.

De tels changements sont souvent présentés par leurs détracteurs, c'est à dire les conservateurs qui sont nombreux à Solférino, comme un retour à la SFIO. Le rapprochement est savoureux venant de ceux qui ont précisément placé le Parti dans la situation que connaissait la SFIO dans les années 60 : l'effacement de l'autorité de la direction nationale, l'incapacité à trancher et à fixer une stratégie, des alliances électorales à la carte.

Il est temps de rejeter le joug des habitudes, de bousculer le poids des intérêts de boutique et des ambitions personnelles. La clé du succès réside dans la capacité qui sera la nôtre à innover, changer, transformer.

Imposons le Changement. Ici et maintenant !

Je te prie de croire, Cher(e) Camarade, en l'expression de mes amitiés fidèlement socialistes.

Gaëtan Gorce

29.03.2008

invitation

Bonjour a tous et a toutes,

Notre prochaine réunion d’échanges aura lieu le :
Lundi 28 Avril 2008 à 20h00
Salle Annexe Camon
L’ordre du jour sera fonction de l’actualité (riche d’ici là)
Cordialement.


Jean Rivera
Animateur DA Poulainville

28.03.2008

calcul?

Quand Hollande fait ses calculs
Confié jeudi matin par François Hollande, à l'heure du café, dans son bureau de la rue de Solférino: "Tout le monde a compris que le congrès était imprévisible quant à son dénouement et ses résultats. Donc quand on ne sait pas, on prend son temps. C'est pour ça que mon calendrier a été d'autant plus facile à faire accepter." Une référence au conseil national de mardi dernier, qui a validé sans coup férir le calendrier concocté par le patron du parti.

Décidément en grande forme, le premier secrétaire. Après avoir rappelé à Paris Match qu'il restait dans le jeu ("Pour l'élection présidentielle, il y a plusieurs personnalités possibles, j'en fais partie, je ne m'exclus pas"), le voilà qui estime que la petite géopolitique du PS, particulièrement incertaine ces jours-ci, incite chacun à la retenue.

"Chacun a pris conscience de cette donnée incontestable: personne ne sait ce quel est le rapport de forces interne au PS. Même les pointeurs les plus virtuoses."

Incité à se prêter à l'exercice, le futur-ex-patron du PS s'essaye tout de même à parler chiffres. "Le PS n'a pas beaucoup changé depuis le congrès du Mans. Environ un tiers des voix sont fixées." Fabius? "De 10 à 15 %." Les strauss-kahniens? "De 10 à 15" également. Hamon-Emmanuelli? "10 maximum". Mélenchon? "4 ou 5".

Et le premier secrétaire de laisser planer le doute sur les autres écuries: "Mais pour le reste... Combien pèse Ségolène? Pas le score de la désignation. Combien pèse Bertrand? S'il ne s'agit que des jospinistes... Moi-même?" Et, relancé sur ce dernier point, d'évaluer ses forces à quelques "25%".

A l'arrivée, une conclusion: "Personne ne peut être majoritaire à lui tout seul. Chacun s'en est rendu compte, autour de Ségolène comme autour de Bertrand. Mais personne ne peut le dire."

Manière de dire que personne ne pourra se passer de lui pour construire une majorité... Une légère impression de déjà vu?

agenda

Pour se retrouver à la tête du PS, l'ex-candidate conserve la même stratégie : s'imposer comme leader dans l'opinion pour influencerle choix des militants socialistes. Crédits photo : Le Figaro
L'ancienne prétendante à l'Élysée «réfléchit» à une candidature au poste de premier secrétaire.
L'intuition de Ségolène Royal lui conseille de temporiser. Le «moment» n'est pas venu. Mais à force de tourner autour, son ambition est transparente : elle veut devenir premier secrétaire du PS. «J'y réfléchis, bien sûr», a-t-elle convenu jeudi sur RTL. Mais l'éventuelle annonce solennelle est renvoyée à plus tard : «Nous verrons quand les candidatures seront ouvertes.» En septembre, lorsque seront déposées les motions soumises au vote des militants lors du congrès ? «Peut-être avant.»

On croirait l'entendre, il y a deux ans, lors de la primaire interne du PS pour la présidentielle : «Si je suis en situation, je serais candidate», disait-elle. Sa stratégie non plus n'a pas changé : s'imposer comme leader dans l'opinion pour influencer le choix des militants socialistes.

Ses adversaires veulent croire que «cela ne fonctionne pas comme cela pour un congrès». Effectivement, l'heure est à l'attentisme pour certains au PS. «Nous attendons les projets, pour l'instant il n'y a que de la stratégie», explique prudemment le patron d'une fédération, qui avait soutenu Royal. Cette dernière peut devenir chef du PS, si «elle rassemble largement», a déclaré jeudi l'un de ses proches, François Rebsamen.

Même si ses relations avec les «éléphants» ne se sont pas arrangées, Ségolène Royal a compris qu'elle ne devait pas avoir l'air de prendre de front le PS. C'est pourquoi la présidente de Poitou-Charentes a décidé d'en respecter les usages et le rythme. Mardi soir, elle a assisté à la réunion du conseil national, le parlement du parti.

Elle prépare avec ses proches une contribution pour le congrès qui devrait reprendre les thèmes qui lui sont chers : «ordre juste», «République métissée», «démocratie participative»… Alors que les projets de ses rivaux ne sont pas encore connus, elle répète que le sien, «c'est le pacte présidentiel». C'est bien ça le problème, son programme «on le connaît trop», ironise un membre du bureau national du PS. «Nous allons devoir préparer un projet différent de celui de notre candidate puisque celui-ci a été rejeté», a lancé Laurent Fabius dans Paris Normandie .


«En finir avec les conformismes»

Loin de l'autocritique, Royal persévère. Dans Le Point, l'ancienne candidate tente, pour donner de la substance à son projet, de définir le «ségolénisme» : «C'est d'abord un itinéraire», dit-elle. Mais c'est aussi une liberté : «Il faut en finir avec les conformismes.» Elle livre aussi quelques réflexions sur le socialisme et quelques références philosophiques de poids : Tocqueville, Durkheim, Montaigne, Montesquieu, Arendt, Foucault.

Mais en l'état actuel, Ségolène Royal ne semble pas en mesure de détenir seule la majorité au PS. Il lui faudra peut-être trouver des alliés. «Avec François Hollande, nous avons eu quelques désaccords mais aussi pas mal d'accords politiques», note-t-elle. Mais une alliance avec le premier secrétaire sortant n'est pas un préalable. D'abord, il faut tenir la ligne de fond.

Pour défendre son projet et construire son leadership, Ségolène Royal a prévu de se rendre dans les fédérations du PS, là où elle est invitée. Entre-temps, elle voudrait fêter l'anniversaire du grand meeting de Charléty du 1er mai 2007. Mais elle a aussi inscrit d'autres voyages à son agenda. Du 7 au 12 avril, elle doit se rendre en Inde, à Pondichéry, dans le cadre d'un accord de coopération décentralisé entre l'État du Tamil Nadu et Poitou-Charentes. Au passage, elle devrait rencontrer le premier ministre indien, Manmohan Singh. Au printemps, elle compte se rendre en Europe du Nord et en Allemagne. Récemment, Ségolène Royal a salué le «courage politique» de la chancelière Angela Merkel en matière de politique étrangère.

27.03.2008

congres

Suite au Conseil National de ce soir, voici les principales dates de l'agenda adopté :

1/ Convention nationale portant sur la déclaration de principe, les modifications statutaires préconisées par la commission nationale de la rénovation, et la riposte aux mesures gouvernementales (sic)

6 mai : envoie des textes définitifs dans les fédérations
29 mai vote dans les sections
Date limite de présentation en section pour le vote du 29 mai : 31/12/07
du 5 au 7 juin : conventions fédérales
14 juin : convention nationale

2/ Congrès

Date limite de présentation en section pour pouvoir voter au congrès : 31 mars 2008

16 au 27 juin : validation du corps électoral par le Bureau National des Adhésions
15 juin : début du dépot des contributions
1er juillet : date limite d'arrivée des contribution chez les militans
du 29 au 31 aout : université d'été à La Rochelle
13 septembre : CN de synthèse
20 septembre : date limite d'arrivée des motions chez les militants
23 octobre : vote dans les sections
du 24 au 26 octobre : congrès fédéraux
du 7 au 9 novembre : congrès national
13 novembre : election des secrétaire (de section et premiers federaux et national)
14 novembre : second tour éventuel
15 novembre : conseil national de désignation du BN et SN

26.03.2008

privatisation anpe

L’Agence nationale pour l’emploi privatisée de l’intérieur

Gagner de l’argent avec le chômage
Vue par le patronat, la « flexisécurité à la française » ressemble au pâté d’alouette : beaucoup de flexibilité, peu de sécurité. L’accord qu’il a signé, le 21 janvier 2008, avec quatre des cinq syndicats officiellement reconnus risque de faciliter la précarité et le passage par la case Agence nationale pour l’emploi (ANPE). Cette dernière sous-traite de plus en plus ses activités de formation et de placement. Une aubaine pour les organismes privés, grands et petits, sérieux ou non.
Par Marion LhourEncore un senior à l’avenir précaire ? L’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) a fêté discrètement ses quarante ans cet été. Quarante ans que cet établissement incarne un principe constitutionnel : l’Etat prend en charge les personnes privées d’emploi. Mais, désormais, des centaines d’entreprises font la même chose. Cabinets de reclassement ou de coaching, organismes de formation, job boards sur Internet ou agences d’intérim, elles ont pour cible un gigantesque marché : deux millions de chercheurs d’emploi, auxquels s’ajoutent un million deux cent mille RMistes, sans compter les travailleurs précaires. Sur ce marché, les clients, nombreux – ANPE, Unedic (1), entreprises et même particuliers –, dépensent des millions d’euros. Parfois sans discernement.

Certains accusent la loi de cohésion sociale d’avoir ouvert la brèche au privé, en janvier 2005, en autorisant d’autres organismes que l’ANPE à « placer » les demandeurs d’emploi. En fait, assure Mme Fabienne Brutus, conseillère ANPE et auteure de Chômage, des secrets bien gardés (2), voilà longtemps que le traitement du chômage s’est transformé en un marché où l’Etat laisse à d’autres les tâches qu’il ne peut ou ne veut assumer. « Depuis les années 1980-1990, il y a une véritable coopération public-privé, confirme un cadre de l’ANPE ; le privé fait appel à nous, et nous ne nous passons pas de lui. »

Plus d’un quart du budget de l’agence, soit 528 millions d’euros, rémunère des prestataires externes. De quoi faire prospérer les organismes sous-traitants qui répondent aux appels d’offres. Ils réalisent, entre autres, tous les bilans de compétences approfondis (BCA), soit 6 % des prestations (cent cinquante-cinq mille en 2003). Une vingtaine d’heures d’entretien pour « redéfinir son projet » ou « se préparer à la mobilité ». Et cela rapporte gros : entre 800 et 1 200 euros pièce dans les centres institutionnels de bilans de compétences (70 % des bilans). Sans compter les centres privés attirés par l’aubaine. Le cabinet Dyade, par exemple. Cette entreprise de sept salariés a réalisé, en 2006, 500 000 euros de chiffre d’affaires, en « accompagnement personnel de parcours professionnel ». Or, dans ce type de société, aucune norme ne garantit la formation des consultants, et le personnel change souvent. Pourtant, l’ANPE surveille de moins en moins, affirme Mme Brutus. Le résultat se résume à l’« effet redynamisation »... Un effet difficile à mesurer.

Peu ou pas de résultats concrets
Malgré des tarifs prohibitifs, le service d’accompagnement renforcé – une prestation sur trois – est aussi largement sous-traité. Ce suivi individuel ou collectif de trois mois coûte en moyenne 320 euros quand l’ANPE le réalise et... plus du double ailleurs (agence d’intérim ou cabinet de recrutement). « Ils protègent contre le chômage récurrent », assurait déjà une étude, en 2005 (3). Mais, là encore, les résultats sont peu évalués.

Pour les RMistes, ce sont les collectivités locales qui prescrivent cet accompagnement. Matthieu, bac + 5 en mesures physiques, en a fait l’expérience. Deux cabinets l’ont successivement suivi, via la mairie de Paris. Eurydice Partners ne l’a pas satisfait : « Ils ne m’ont proposé que des jobs alimentaires que j’aurais pu trouver seul. » Chez Lee Hecht Harrison, il était assisté d’encore plus près : « Rendez-vous tous les quinze jours, avec trois semaines de formation. » Mais pas plus de résultat concret : « On a seulement appris à faire des curriculum vitae (CV), témoigne le jeune homme. Pour le reste, on parlait surtout de nos problèmes. » Finalement, Matthieu a retrouvé un emploi par ses propres moyens.

Les chômeurs repreneurs d’entreprise représentent également une mine d’or, puisque l’ANPE leur préconise souvent un accompagnement avec stage en cabinet. M. Vincent Rocher en est revenu : « Neuf fois sur dix, ces organismes ne sont pas compétents, martèle-t-il, ils tirent leur méthodologie d’Internet et de livres vendus partout. » Cet ancien directeur des ressources humaines voulait monter son entreprise. Or, en Poitou-Charentes, sans formation, pas de subvention. « Ils nous faisaient faire des exercices théoriques plutôt que de passer au concret, comme nos études de marché », résume M. Rocher. Bilan : « Ça ne m’a pas aidé, et mes collègues non plus. Je ne comprends pas que le cahier des charges des formations soit si mal contrôlé. » Prix de ce suivi durant quatre mois : 10 000 euros par tête.

Toute une activité mercantile s’est développée autour de la reprise et de la création d’entreprise, qui a l’avantage de faire chuter les chiffres du chômage. Un chômeur senior raconte : « J’ai cotisé 150 euros par an pour appartenir à un club de repreneurs d’affaires... Avec, en plus, beaucoup d’autres dépenses, comme rémunérer mon avocat, 5 000 euros. Certains, qui passent par des intermédiaires, les payent jusqu’à 50 000 euros. »

Les formations, de moins en moins prescrites, coûtent toujours des millions par an. Etat, collectivités et Unedic mettent la main à la poche, à hauteur de 134,8 millions d’euros pour l’Unedic en 2006, dont 5,8 millions pour les formations homologuées et 129 millions pour les formations conventionnées (4). Or, si l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) reste le principal prestataire, avec d’excellents résultats, « il faut attendre un an et demi » avant d’obtenir une formation, regrette Mme Brutus.

Du coup, d’autres se sont lancés sur ce créneau, avec plus ou moins de bonheur. « Le pire que j’aie vu, se souvient M. Olivier Davoust, du blog Mon petit observatoire du recrutement (5), ce sont des stages où les chômeurs devaient se promener masqués et se toucher les uns les autres, prétendument pour mieux comprendre l’espace. » Autre cas, celui de Corinne, à qui l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) a proposé une formation peu après son licenciement. « J’étais un peu obligée de dire “oui”, raconte-t-elle, mais ça a coûté 700 euros pour rien. Chaque semaine, je devais rencontrer un consultant indépendant qui ne connaissait rien à mon domaine. » Il est vrai qu’un chômeur qui rentre en formation sort des statistiques, « ce qui n’incite pas l’Etat au contrôle », avance M. Patrick Salmon, ancien directeur d’une agence ANPE (6).

Il existe aussi un marché privé du chômage, en dehors de la sous-traitance. Les pionniers en sont les cabinets de reclassement, apparus avec les délocalisations, dans les années 1980. Dans le cadre d’un plan social, ils doivent trouver un nouveau poste pour les licenciés. L’encadrement est plus serré qu’à l’ANPE : en 2003, pour Metaleurop, un consultant pour trente-trois salariés (un pour trois cents à l’ANPE). A l’époque, un tiers des travailleurs restent sur le carreau. Il faut dire que, dans ces structures aussi, le personnel change souvent. Et, pour ces cabinets, les clauses d’objectifs posées par les entreprises ne résolvent rien. « Elles poussent surtout à faire pression sur les gens pour qu’ils acceptent des missions d’intérim, assure le sociologue Olivier Mazade. Les salariés se plaignent... Les cabinets devraient connaître les personnes et le terrain, ce qui prend du temps. Par définition, lors d’un plan social, on en a peu. » Pis, selon Mme Brutus, « ce sont parfois les mêmes cabinets qui provoquent les licenciements en conseillant l’entreprise, et qui reclassent ensuite. Par exemple Altedia, pour la société Formica. »

Pourquoi, dès lors, continuer à faire appel aux cabinets ? L’hypothèse de M. Salmon est qu’ils « permettent aux entreprises de déplacer la responsabilité. En termes d’image, c’est mieux qu’un licenciement sec ». Et, dans les statistiques du chômage, un salarié intérimaire ne compte pas.

Mais la nouveauté, ce sont les cabinets de placement qui, depuis 2005, profitent de la fin du monopole de l’ANPE sur le placement des chômeurs. Ingeus, BPI, Altedia ou Adecco se sont engouffrés dans cette activité synonyme de bénéfices... Un an après la première expérience, l’Unedic affichait 24 millions d’économies (7) grâce aux cabinets, qui, eux, revendiquaient 70 % de chômeurs classés en dix mois. L’Unedic décida d’élargir l’expérience à quarante et un mille demandeurs d’emploi. Pour les cabinets, c’est une « manne financière, affirme M. Eric Aubin, représentant de la Confédération générale du travail (CGT) à l’Unedic. Un chômeur placé rapporte 3 500 euros environ. Si vous multipliez, cela fait un marché de plus de 140 millions ».

Il faut dire qu’Ingeus, BPI et consorts « ne vous ravalent pas au rang de chômeur, explique M. Davoust. Leurs locaux sont plus propres, plus spacieux, on est mieux accueilli... ». Mais la CGT et Force ouvrière (FO) contestent la performance des cabinets privés. Pour eux, les comparer à l’ANPE est impossible : les cabinets ne s’occupent que des chômeurs « volontaires et motivés », et l’Unedic calcule ses économies sur l’hypothèse que les chômeurs seraient indemnisés... vingt-trois mois. Or rien n’est moins sûr.

« On a sauté l’étape de l’évaluation avant d’étendre le dispositif », regrette M. Aubin. Les grands cabinets sortent gagnants, comme Ingeus, qui tablait sur 10 millions d’euros de bénéfices en 2007, avec ses six mille chômeurs traités. Mais les cabinets ne convainquent pas toujours. « Je veux bien qu’on me parle de motivation, mais il manque des offres d’emploi adaptées », estime M. Davoust. Par ailleurs, le placement par les cabinets serait parfois source de discrimination : « On privilégie le traitement des chômeurs les plus indemnisés », juge M. Salmon.

Concurrentes des cabinets sur ce marché, les agences d’intérim sont, elles, rémunérées par les entreprises qui ne trouvent pas seules le salarié idéal. Un recrutement rapporte aux agences de 15 à 20 % de la rémunération annuelle du salarié. Leur rôle se limite donc à faire se rencontrer offre et demande, sans accompagnement particulier. Le cœur du métier, c’est la sélection : « Certaines entreprises refusent des chômeurs pour l’intérim », assure Mme Brutus. Mais, pour les entreprises de travail temporaire (ETT), faire embaucher des chômeurs – pour peu qu’ils appartiennent à une population « choisie », notamment chez les non-cadres, négligés par les cabinets – est un marché porteur.

En 2006, les membres du syndicat Prisme (Professionnels de l’intérim, services et métiers de l’emploi) ont triplé leurs placements : vingt-six mille cinq cents, sept sur dix en contrat à durée indéterminée (CDI). D’autant plus facilement qu’ils connaissent bien les bassins d’emploi. Pour l’instant, le placement ne représente que 60 millions d’euros sur leurs 20 milliards de chiffre d’affaires. Modeste, en apparence, mais très rentable. « Cette activité est directement profitable, explique M. Marc Riou, directeur général de Kelly Services. Elle représente peu en chiffre d’affaires, mais beaucoup en marge brute. » Certaines agences espèrent atteindre d’ici deux ans 20 % de marge brute sur cette activité.

Un avantage pour le gouvernement
Derniers acteurs de ce marché : les sites d’emploi sur Internet et leurs cinq cents consultants. En France, la loi interdit de faire payer les internautes pour consulter des offres. Sur la Toile, ce sont donc encore les entreprises qui paient. Autour de 650 euros pour une annonce sur Monster.fr, leader du marché en termes d’audience. Un chiffre auquel s’ajoutent les revenus de la publicité. Et, dans les faits, les job boards proposent souvent aux internautes d’ouvrir leur porte-monnaie pour d’autres services dits « premium » : l’envoi d’offres en avant-première, la rédaction de CV ou, plus récemment, la création de blogs personnels. Chez CV Premium, par exemple, un CV rédigé coûte 120 euros, 350 euros pour un dirigeant.

Le marché s’élargit au fur et à mesure que les classes populaires se connectent. « Aujourd’hui, le chiffre d’affaires des membres de l’Association des professionnels pour la promotion de l’emploi sur Internet [Appei] atteint 70 millions d’euros, constate Mme Valérie Vaillant, présidente de l’Appei, il croît de 40 % par an. »

Cas de figure plus rare mais bien réel, donc, les chômeurs eux-mêmes doivent parfois mettre la main à la poche. Outre les services Web, ils peuvent aussi financer leur propre formation, ou encore demander les services d’un « coach ». Sans qu’une norme ou une certification en garantisse la qualité. « J’ai vu beaucoup de types exploités, commente M. Davoust, ils sont perdus et prêts à payer 150 euros pour un bilan de compétences sur le Net. » Quant au coaching, le marché représente 90 millions d’euros. Pour un particulier, une séance coûte de 150 à 300 euros... et il en faut souvent plusieurs. Encore une fois sans garantie.

Lucratif, donc, le marché du chômage... En croissant, il s’est émietté entre de nombreuses entreprises sans réelle coordination. Là se trouve sans doute la plus grande faute de l’Etat. Mais ces pratiques ont, pour le gouvernement, un avantage : elles dégonflent les statistiques du chômage.

Marion Lhour.

forces ....

Au PS, chacun compte
ses forces en vue du congrès

Nicolas Barotte
25/03/2008 | Mise à jour : 08:15 | Commentaires 34 .

Si Ségolène Royal s'appuie sur les militants dans sa conquête du PS, Bertrand Delanoë dispose des réseaux de Lionel Jospin. Crédits photo : SIPA
Le PS réunit son conseil national mardi soir à Paris, prélude au congrès qui se tiendra début novembre.
Nouvelle séquence au Parti socialiste. En réunissant son conseil national ce soir à Paris, le PS se lance vers un congrès, début novembre, qui devra régler les questions de leadership, d'alliances et de ligne politique. Revue de détail des forces en présence.

Ségolène Royal, la candidate. L'ex-candidate à l'élection présidentielle est partie la première. Depuis le début de la campagne municipale et sa volonté affichée de «servir à fond le PS en s'y impliquant totalement », elle n'a cessé d'accélérer, imprimant son ­rythme à ses adversaires. Son principal atout est sa popularité auprès des militants. «Toute ­seule, elle aurait la majorité rela­tive dans le parti», pense l'un de ses proches. «Elle pèse 25 %», assure un adversaire. Pour mener le combat interne et décrocher la majorité, elle s'appuie notamment sur le député européen Vincent Peillon et sur le maire de Dijon, François Rebsamen, indispensable spécialiste des fédérations socialistes. Mais celui-ci ­participe aussi aux réunions de direction du parti avec François Hollande. Parmi ceux qui pourraient la soutenir, certains refusent toute action qui brusquerait le parti et son numéro un. «Nous sommes dans un parti d'actionnaires», reconnaît un proche. Pour l'emporter, les «royalistes» savent qu'ils devront convaincre des «personnalités d'influence» : les barons locaux. «Si tout va bien, elle aura cinq fédérations du Languedoc-Roussillon derrière elle», a d'ores et déjà déclaré le controversé président de cette Région, Georges Frêche, que Ségolène Royal était venue saluer pendant la campagne. À l'inverse, dans le Nord, l'ancien premier ministre Pierre Mauroy fait preuve pour l'instant d'une grande réserve.

Bertrand Delanoë, l'alternative. Contraint au silence pendant la campagne municipale, le maire de Paris a été réélu largement, mais pas triomphalement. Son refus de s'allier avec le MoDem lui a sans doute coûté la conquête de nouveaux arrondissements mais lui a aussi permis d'envoyer un signal à ceux qui s'opposent à un tel accord. Avant de se lancer à l'assaut du PS, il doit s'installer dans sa mairie, sinon il risque de donner le sentiment d'abandonner les Parisiens qui viennent de le réélire. Dans le parti, il peut compter sur le soutien de Lionel Jospin, dont les réseaux se sont mis à son service. L'ex-ministre Daniel Vaillant et le député européen Kader Arif se chargent d'organiser son futur courant. Le député européen Harlem Désir se consacre davantage au projet politique. Avant de se lancer, Delanoë attend qu'un mouvement se crée en sa faveur. Ses partisans espèrent être rejoints par des personnalités comme Martine Aubry ou d'anciens proches de Dominique Strauss-Kahn. Un membre de la direction qui pourrait se rallier à lui l'assure : «Le parti ira à la force et Ségolène Royal est un facteur d'instabilité aujourd'hui.»

François Hollande, l'arbitre. Même s'il quitte ses fonctions au prochain congrès, l'actuel premier secrétaire n'en garde pas moins bon nombre d'atouts en main. De ceux qui lui permettront de jouer le rôle d'arbitre et de faiseur de roi dans les débats à venir. Un certain nombre de responsables locaux sont dans l'attente de son éventuelle prise de position. Quarante-cinq premiers fédéraux ont déjà souscrit à son calendrier. «Hollande est déterminé à jouer un rôle. Il ne fera pas plus de cadeau à Royal qu'à un autre», assure un de ses proches. Le premier secrétaire veut réussir sa sortie et préserver ses chances pour l'avenir.

Martine Aubry, la revenante. Dernière à être entrée en scène grâce à sa réélection brillante, elle n'est pas de ceux qui laisseront Ségolène Royal s'installer à la tête du PS. Mais si elle bénéficie du statut d'ancien ministre d'envergure, malgré le bilan controversé de sa réforme des 35 heures, ses réseaux se sont distendus dans le PS depuis son «exil» lillois. Elle ne semble pas encore en mesure de pouvoir briguer la direction.

Pierre Moscovici et Julien Dray, les outsiders. Deux personnalités médiatiques qui sont déjà candidats. Mais ni le député du Doubs ni celui de l'Essonne ne disposent encore des relais suffisants dans le parti. L'un comme l'autre tentent de transformer ­cette faiblesse en atout. Ils pensent pouvoir réconcilier les différentes sensibilités autour d'une double idée : les présidentiables ne doivent pas s'abîmer dès maintenant et la rénovation du PS ne peut être menée que par une personnalité sans ambition affichée pour 2012.

Les «reconstructeurs», les apparatchiks. L'alliance improbable des courants fabiusiens, strauss-kahniens et des proches d'Arnaud Montebourg se défend de vouloir constituer un front anti-Royal et se présente plutôt comme une alternative au choc Royal-Delanoë. Néanmoins, le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis a proposé un accord la semaine dernière au maire de Paris pour peu qu'il ne soit pas candidat ! Dans le reste du parti, on ne croit pas à la viabilité de ce groupe hétéroclite mais qui peut peser. Harlem Désir ironise sur cet accord entre courants : « Tout ce qui est fait dans les sous-sols, les soupentes, les couloirs, c'est un peu décalé par rapport à ce que veulent les militants. »

La gauche du PS, les minoritaires. Autour d'Henri Emmanuelli, de Benoît Hamon et de Jean-Luc Mélenchon, l'aile gauche est résolue à se faire entendre au congrès. Elle a déjà prévu de déposer une motion, sans croire qu'elle pourra l'emporter. Ensuite, s'il faut choisir, ce sera plutôt Delanoë que Royal.

20.03.2008

reb

Rebsamen prêt à travailler au projet Royal
Le numéro 2 du Parti socialiste François Rebsamen s'est dit prêt aujourd'hui à travailler au projet que Ségolène Royal veut rédiger dans la perspective du prochain congrès du PS, sans doute en novembre.

Alors qu'on lui demandait sur LCI: "Etes-vous prêt à prendre la plume pour travailler avec elle?", M. Rebsamen, ancien codirecteur de campagne de Ségolène Royal pour la présidentielle, a répondu "oui".
Au soir de la victoire de la gauche aux municipales et cantonales, Mme Royal avait indiqué qu'elle voulait, "avec d'autres", préparer un projet "crédible, solide, cohérent" en vue du congrès du PS.

Source: AFP

congres

Politique
The Associated Press - 19/03/08 à 20:14:27 - 337 mots

Politique française
Royal juge "tardif" le calendrier du congrès du PS
Ségolène Royal a jugé "tardif" mercredi le calendrier proposé par la commission de la rénovation du PS pour le congrès du parti, prévu début novembre. "Il ne faut pas attendre novembre pour apporter des solutions alternatives, concrètes aux Français. Ce calendrier paraît tardif. L'opposition a son rôle à jouer dès maintenant", a déclaré sur France-3 la candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007.

Interrogée sur ses visées sur le poste de Premier secrétaire, qui sera laissé vacant par son ex-compagnon François Hollande, Mme Royal a affirmé "ne pas se mêler des problèmes de calendrier ou d'organisation interne", et avoir "délégué pour cela François Rebsamen", co-directeur de sa campagne présidentielle.

"Ma responsabilité aujourd'hui, avec d'autres, c'est d'être prête le moment venu pour incarner une véritable alternative à ce qui se passe aujourd'hui dans le pays", a-t-elle dit.

La commission de la rénovation, présidée par M. Rebsamen, a entériné mardi soir le calendrier en deux temps proposé par François Hollande: une convention nationale avant l'été pour entériner une nouvelle déclaration de principes et des changements statutaires, et le congrès lui-même à l'automne. Cette proposition sera soumise mardi prochain au conseil national, le "Parlement" du parti. L'idée d'un congrès anticipé formulée par Ségolène Royal n'a pas été reprise.

Ségolène Royal a également défendu sa stratégie d'alliance avec le MoDem de François Bayrou, alors que son appel à des accords "partout" avec les centristes au soir du premier tour des municipales a été très décrié au PS.

"L'attitude qui a été la mienne est la bonne. Il faut tendre la main au centre et au centre-gauche après avoir fait bien sûr le rassemblement de tous nos partenaires de la gauche", a assuré Mme Royal. "Il faut sortir du sectarisme, de l'affrontement bloc contre bloc. Il ne faut pas avoir peur d'anticiper les nouvelles alliances de demain". AP

egp/mw

19.03.2008

congres

Congrès: fallait-il accélérer?
L'affaire est entendue: le congrès socialiste se tiendra donc du 7 au 9 novembre. L'annonce a été faite hier soir aux hiérarques du parti lors de la "commission de rénovation". Le lieu reste à déterminer, même si la proposition de Toulouse, ville symbole de la victoire socialiste aux municipales, faite par Kader Arif, premier fédéral de Haute-Garonne, semble ne poser de problème à personne.

Ségolène Royal et ses partisans, plutôt enclins à accélérer le tempo, se sont donc rangés à ce que François Rebsamen appelle "un principe de réalité". En l'occurence, un calendrier proposé par une direction renforcée par le succès de dimanche, soutenu par la quasi-totalité des courants soucieux de temporiser pour diverses raisons et donc, à l'arrivée, impossible techniquement à brusquer.

La position des amis de Ségolène Royal avait d'ailleurs été adoptée mardi matin, lors de la traditionnelle réunion des proches de l'ex-candidate. Seul Jean -Louis Bianco a tenté hier un baroud d'honneur sur Canal +, prônant des changements "avant l’été" et souhaitant que Royal "fasse acte de candidature". Réplique immédiate de Claude Bartolone: "Qu’est ce que c’est que cette politique fast food, vite cuisinée, vite consommée? Le parti a besoin de quelque chose de consistant!" Hier après midi, Jean-Louis Bianco rectifiait donc le tir: "Nous n’allons pas faire la guerre sur des questions de calendrier..."

Au-delà de la petite cuisine interne, ce calendrier ne risque-t-il pas de retarder le processus de rénovation, et de faire trop durer l'inévitable compétition interne, alors que le gouvernement va repasser, dans les jours qui viennent, à l'offensive? Ces huit mois de réflexion supplémentaires ne risquent-ils pas d'apparaître comme du temps perdu après une séquence post-présidentielle pas franchement productive sur le plan des idées et du projet? Au fond, ne valait-il pas mieux trancher au plus vite?

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