25.05.2008
association
Bonjour,
Je reviens des assises régionales de la vie associative, j’ai pu prendre quelques notes que je vous livre :
La Picardie compte 34 000 associations réparties sur 2292 communes
1000 emplois tremplins ont été créés grâce au Conseil régional
En France, nous comptons 14.5 millions de bénévoles correspondant à 935 000 emploi ETP.
Au sein des associations, ce sont 1 900 000 postes occupés soit 1 050 000 emploi EPT
Le bénévolat peut être considéré comme une activité non rémunérée en direction de quelqu’un d’autre.Cette activité est facultative mais devient progressivement un acte citoyen.
Les bénévoles s’investissent dans des projets locaux.
Je retiendrai surtout la proposition d’olivier Chapuis Roux, conseiller régional :
« Le bénévole consacre du temps aux autres, il devrait y avoir un retours d’ascenseur comme la prise en compte des années de bénévolat dans le calcul de la retraite . »
Jean Rivera
09:17 Publié dans L humeur du jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
socialiste et libéral ....
Royal à Delanoë: "libéral et socialiste" est "totalement incompatible"
Il y a 15 heures
PARIS (AFP) — Ségolène Royal a jugé samedi "totalement incompatible" d'être à la fois "libéral et socialiste", en riposte au credo développé par Bertrand Delanoë dans son livre "De l'audace".
"Bertrand Delanoë a déclaré +je n'ai pas envie de pouvoir+", a observé l'ex-candidate à la présidentielle, interrogée par l'AFP alors que le maire de Paris et ses amis s'étaient réunis à la Mutualité pour une journée de travail.
"Ca tombe rudement bien, parce que moi, si", a dit Mme Royal. "J'ai envie de pouvoir agir, avec beaucoup d'autres, pour produire et distribuer autrement les richesses, pour garantir à chacun un avenir meilleur, pour lutter contre les excès insupportables du capitalisme et tout ceci n'a rien de libéral".
"Ma conviction, c'est qu'au XXIème siècle, être libéral et socialiste, c'est totalement incompatible", a asséné la présidente de Poitou-Charentes, qui s'est déclarée le 16 mai candidate à la succession de François Hollande, poste que pourrait aussi briguer M. Delanoë.
Dans son livre d'entretiens paru jeudi, le maire de Paris se revendique "socialiste ET libéral".
Il a affirmé samedi devant ses troupes: "je n'ai pas envie de pouvoir". Mais "nous devons tous prendre des responsabilités". "Comme vous, j'ai bien l'intention d'en prendre ma part. Mais quelle part? Vous en déciderez", a-t-il lancé.
Source AFP
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18.05.2008
panorama
Jusqu'à six outsiders possibles…
En avril, ne te découvre pas d'un fil, en mai lance-toi pour le congrès. Ségolène Royal a annoncé vendredi 16 mai lors d'une réunion publique à La Bellevillloise, à Paris, qu'elle serait candidate à la direction du PS «si les militants le jugent utile» lors du congrès de Reims. Une façon de griller la politesse à son principal rival, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui doit publier un livre et organiser une réunion de ses soutiens dans la semaine à venir.
Faisons d'abord le point sur le calendrier. Après une première consultation militante le 29 mai, pour adopter la nouvelle déclaration de principes et la réforme des statuts, actuellement débattus dans les sections et définitivement avalisés le 16 juin, date de la convention nationale du PS entérinant les votes des adhérents. Chacun pourra ensuite déposer une contribution au congrès jusqu'au 1er juillet. Puis, après l'université d'été de La Rochelle (du 29 au 31 août), viendra le dépôt des motions, le 13 septembre, textes sur lesquels devront se prononcer les militants (le 23 octobre), avant dépouillement lors du congrès (8, 9, 10 novembre). Enfin, le 13 novembre, les militants éliront leur premier secrétaire national, logiquement issu des signataires de la motion arrivée en tête, ou des motions ayant recueilli le plus de suffrages après synthèse.
Royal/Delanoë, vers un duel au sommet
Si Ségolène Royal a pris les devants avec le lancement il y a un mois d'un nouveau site participatif, elle réaffirme ce mercredi dans Le Parisien sa «décision d'assumer (ses) responsabilités de leader politique», tout en gardant un brin de pseudo-mystère. «Lorsque je vous dirai si oui ou non je suis prête à assumer cette position de leadership, je le ferai en expliquant pourquoi, avec quelle vision et quel projet», explique la présidente du Poitou-Charentes. Une formulation telle, qu'on ne la voit pas vraiment dire non. Toutefois, la réussite de l'entreprise Royal (cliquez ici pour en connaître les détails) ne semble plus aussi garantie que lors de la dernière primaire à la présidentielle. En cause, une carte de France militante assez floue (plus de précisions en cliquant ici), une orientation pour l'instant définie par un court texte d'introduction et dix questions. Et l'avènement d'un concurrent de taille.
Bertrand Delanoë est également passé à l'offensive. Face au «congrès utile et serein» proposé par Royal, il préfère un «grand congrès» reposant sur les mots «clarté, courage et créativité». Après un long mois passé à discuter et organiser son réseau, le maire de Paris a lancé mercredi 7 mai son site internet, où figure onze pages d'un texte qui préfigure son ambition au prochain congrès. Membre du PS depuis sa création, mais faisant malgré tout figure de nouveauté dans le cimetière des éléphants socialistes, il affiche une liste non négligeable de soutiens. Profitant de l'architecture du courant Jospin (Harlem Désir, Kader Arif, Elizabeth Guigou, Daniel Vaillant), renforcé par des maires de grandes villes (Grenoble, Toulouse, Strasbourg) et beaucoup d'élus parisiens, Delanoë peut nourrir de sérieux espoirs pour prendre la tête du parti. Mais lui comme Royal sont loins d'être assurés d'une majorité des votes militants.
Car face à ces deux favoris issus de l'ancienne motion majoritaire formée autour de François Hollande depuis 1997, les anciens courants se réorganisent, les individualités font acte de candidature et la gauche du parti tente de revivre…
Derrière le duel Royal/Delanoë, ils sont six attelages différents à avoir affiché leurs ambitions. Pêle-mêle: les "reconstructeurs", deux gauches du parti, un duo de "jeunes lions", et deux individualités. Revue de détail.
Les reconstructeurs, ou l'alliance stratégique qui se voit en troisième force
Ce sont ceux qui travaillent depuis le plus longtemps. Mais depuis l'été 2007, leur groupe ne cesse de connaître des mouvements internes. Les reconstructeurs sont aujourd'hui constitués de proches de Dominique Strauss-Kahn et de Laurent Fabius, sorte de réunion de courants étêtés, à laquelle sont venus se greffer Martine Aubry et ses proches. Problème principal, pour cette force transcourant aux effectifs inconnus même pour ses leaders: l'absence d'unité autour d'un débouché politique. Si les représentants de ces reconstructeurs assurent avoir travaillé sur le fond (ils officialiseront leur démarche le 1er juin), ils se divisent encore sur la forme. Ralliement à Bertrand Delanoë (tel que le souhaite Jean-Christophe Cambadélis), ou promotion de l'un d'eux comme meilleur dénominateur commun (Martine Aubry ou Claude Bartolone).
Moscovici/Montebourg, deux francs-tireurs qui naviguent à vue
Ils ont commencé leur aventure pré-congrès avec les reconstructeurs, mais s'en sont éloignés en duo après que chacun a révélé une ambition différente. Bien que Pierre Moscovici affiche ces certitudes, on ne le voit pas aller jusqu'à la motion, en tout cas pas tout seul. Et pas uniquement avec les amis d'Arnaud Montebourg. Après le dépôt d'une contribution commune, ils devraient négocier leur rapprochement, sans forcément abandonner leurs projets respectifs (succéder à François Hollande pour Moscovici et remplacer Jean-Marc Ayrault à la présidence du groupe PS pour Montebourg). Reste à savoir qui sera l'heureux rallié, tant la géométrie des accointances successives des deux jeunes lions est variable.
Manuel Valls, l'aile droite provocatrice
Il s'assure tenté par une aventure jusqu'au bout, pour essayer de renverser la table socialiste en préférant l'héritage de Clemenceau à celui de Jaurès (lire son interview à Mediapart en cliquant ici). Ancien rocardien puis proche de Lionel Jospin, il ne compte aucun soutien et, quoiqu'il s'en défende, il n'a pas d'autre alternative qu'un soutien à Ségolène Royal (qu'il accompagne actuellement dans sa démarche participative). A moins de devenir le nouveau blairiste du parti, après Jean-Marie Bockel et son 1% lors du dernier congrès. Même s'il s'avoue plutôt clintonien…
Julien Dray, l'inébranlable confiance en soi
Cela fait longtemps qu'il a déclaré ses intentions (voir la vidéo de son passage à Parlons net). En début de semaine, l'ancien héraut de la Gauche socialiste assurait que «le temps est encore à la discussion» et ne semble pas douter de son utilité: «Le PS est plus uni qu'il ne le sait lui-même et moi, je suis le cœur de la majorité du parti. C'est moi qui ai fait les majorités des congrès de Dijon et du Mans, comme celle de Ségolène Royal.» Mais à force d'être en marge de toutes les majorités potentielles, Julien Dray court le risque de ne plus être au centre du jeu… et de voir s'envoler son rêve de calife.
Benoît Hamon, l'aile gauche sur les ruines du NPS
Des quatre intiateurs du Nouveau parti socialiste, qui a recueilli presque 20% des voix des congrès de 2003 et 2005, il est le seul à être resté. Sans Dray, ni Peillon, ni Montebourg, l'eurodéputé et ancien président du MJS compte essentiellement sur les quarterons de jeunes militants issus des mouvements de jeunesses et des syndicats (Unef, UNL), ainsi que sur les amis d'Henri Emmanuelli. Ancien proche de François Hollande, il a pour lui d'être le plus jeune des prétendants (40 ans), modernisant à lui seul ce que certains nomment la gauche archaïque. S'appuyant sur les travaux de La Forge, et après huit forums régionaux, à partir du 24 mai, une contribution nommée Reconquête(s) devrait être annoncée le 28 juin, à l'occasion d'une réunion nationale…
Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès, ou la refondation à gauche
Vieux routiers des congrès socialistes et figures de la gauche du parti, Lienemann et Quilès sont à l'heure des choix. Leur club Gauche avenir arrivé au bout de son processus de réflexion, reste à en définir le débouché. Continuer à promouvoir la création d'un nouveau parti sur le modèle allemand de Die Linke (déçus du PS réformiste + PC, Jean-Claude Gayssot étant de l'aventure) ou chercher à imposer cette idée lors du congrès. D'après l'un des responsables de Gauche avenir, «vu qu'on n'avait pas de force, il fallait être l'embryon d'un début de liant de motion unique à la gauche du parti, car il y a chez nous des proches de Mélenchon et on organise des débats avec Benoît Hamon».
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Question 3
Contribution des militants socialistes du Comité DA Poulainville
14 mai 2008
Thème :
Question 3 de la consultation participative : Que reprendre des modèles progressistes des autres pays et que rejeter ?
En préambule – pour reprendre un constat établi durant les discussions – il est nécessaire d'insister sur le fait que rien ne peut être pris comme modèle dans un autre pays pour être appliqué tel quel en France. Des ajustements seront forcément à faire.
Trois idées principales ressortent à l'issue de la réunion, où les discussions ont essentiellement tourné autour du problème de l'emploi :
• la flexi-sécurité
• une meilleure intégration des jeunes dans le monde du travail (cité comme exemple, le CPE)
• le consensus existant dans d'autres pays, notamment en Europe du Nord
La flexi-sécurité
Exemple cité : le Danemark qui a réussi à concilier agilité et sécurité de l'emploi. La législation est très souple concernant les contrats de travail, tant pour l'embauche que pour le licenciement. Mais une personne au chômage touche 90% de son dernier salaire pendant une période maximale de quatre ans. En contrepartie, elle doit suivre des stages ou des formations.
Proposition : partant du constat que de nombreuses associations manquent d'argent et sont obligées de faire appel à des bénévoles de plus en plus difficiles à trouver, pourquoi ne pas envisager une sorte de contrat de mission, pour une durée limitée, qui serait proposé aux personnes au chômage. La personne aurait une activité, toucherait son allocation de chômage (l'association n'aurait donc pas à la rémunérer) mais pourrait cumuler des « points retraite » correspondant à la durée de sa mission dans le domaine associatif.
L'intégration des jeunes dans le monde du travail
Exemple cité : le Contrat Emploi Jeune. Lorsque l'emploi est pérennisé à l'issue de la période de CPE, c'est une réussite. Une nuance toutefois, l'impression d'avoir affaire à des gens assistés lorsqu'ils bénéficient de ce type de contrat. L'aide de l'état ou de la collectivité locale ou territoriale doit être limitée dans le temps et accompagné au niveau de l'association qui embauche afin d'examiner l'éventualité de la pérennisation de l'emploi dès le début du contrat.
Aide à la création d'entreprise : faire en sorte que tous les jeunes puissent créer leur entreprise plus « facilement », avec moins de contraintes administratives. Pour cela, organiser des formations, accompagner ces jeunes dans leur création d'entreprise et pas uniquement financièrement mais dans la pratique quotidienne de la gestion. Les organismes consulaires pourraient être mis à contribution pour contribuer à accompagner la création d'entreprise en formant le jeune postulant.
Le consensus, une valeur présente dans d'autres pays
Quelles sont les valeurs que d'autres pays progressistes possèdent et que nous n'avons pas en France ? La notion de consensus. Avec un taux de syndicalisation plus important. A nuancer toutefois puisque dans certains pays du Nord de l'Europe, une partie de l'allocation chômage dépend de l'appartenance à un syndicat.
Les syndicats doivent être partenaires dans le dialogue entre employeurs et salariés.
Jean
Sophie
Guillaume
Francis
Sylvie
Jean Bernard
Jean
Gérard
08:43 Publié dans comité local | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Bellevilloise
Chers amis,
Je voudrais commencer par vous remercier d’être venus si nombreux à cet atelier citoyen organisé par le Pacte rénovateur. Merci à vous David, Dominique, Thomas, pour votre travail, merci à tous ceux qui ont participé à la rédaction des synthèses, et merci enfin à ceux qui se sont exprimés ce soir.
La consultation participative pour préparer le congrès est une démarche indispensable et rassembleuse. C'est une démarche de respect. Et les militants méritent ce respect, eux sans qui aucune victoire ne serait possible. On a vu dans les deux synthèses présentées ce soir que vous avez les mots justes.
Nous croyons que le débat d’idées et le respect des arguments de chacun est la seule méthode digne de notre idéal, capable de surmonter les épreuves, les discordes, les incompréhensions, les facilités et de nous remettre, comme nous le devons, en ordre de bataille pour proposer demain une alternative à la politique de la droite.
C’est parce que nous sommes profondément attachés à notre parti que nous voulons le rendre plus fort, plus attractif, en faire un parti avec de très nombreux adhérents, le parti de toute la société française, ouvert sur la société, engagé dans les luttes de son temps, menant les batailles idéologiques, portant un projet sans double langage, responsable, moderne, capable de faire vivre nos valeurs de justice sociale, de laïcité, de progrès partagé. Ce Congrès, pour nous, doit être un Congrès utile et serein, qui permette une dynamique de rassemblement, de projet, de conquête et de victoire ; d’amitié et de sérénité aussi.
La méthode qui consiste à faire vivre le dialogue et la réflexion entre nous, à écrire ensemble notre projet, en associant toutes celles et tous ceux qui le souhaitent, est la bonne méthode. Parce qu’elle est respectueuse des militants, parce qu’elle ne reproduit pas les anciennes méthodes, parce qu’elle se déroule dans la clarté, parce qu’elle préserve notre unité, parce qu’elle permet de mobiliser l’attention et l’écoute des Françaises et des Français. La démocratie doit être le cœur de notre projet. La gauche, pour gouverner demain, pour conquérir le pouvoir d’abord, a besoin de construire dans la société un vrai pouvoir de conviction.
C’est pourquoi nous avons choisi cette méthode, avec toutes celles et tous ceux qui voudront se joindre à nous, pour réfléchir ensemble au nouveau Parti socialiste que nous allons devoir construire tous ensemble, pour être à la hauteur de notre tâche historique dans cette période où les Français sont profondément inquiets. Ce travail, nous l’accomplissons avec les acquis des trois Forums de la rénovation conduits par François Hollande et l’actuelle direction sur le marché, la nation et l’individu.
Dans la continuité de l'espérance soulevée dans la campagne présidentielle puis des bons résultats des élections législatives et municipales, les socialistes peuvent et doivent réussir un beau congrès. Je ferai tout pour cela.
Et si l'on veut une gauche qui permette à chacun d’être acteur de sa propre vie et donc de la société, parce que les deux vont de pair, alors c'est une gauche qui doit permettre la prise de parole de chacun et qui prend en compte la parole de tous.
D'ailleurs nous nous sommes tous sentis socialistes quand un homme a dit un jour, en 1990, dans un discours sur les banlieues : « Sans la participation la plus large de tous, il n'y aura pas d'identité, il n'y aura pas de dignité, jamais non plus il n'y aura de citoyenneté ». Cet homme, c'était François Mitterrand. C'est auprès de lui que j'ai forgé mes convictions, que j'ai appris ce que qu'était la politique, lui qui répétait : la « politique, c'est parler aux gens »
Cet homme là, le 13 juin 1971, lors d'un congrès fondateur pour le parti socialiste, à Epinay, cet homme, appuyé par Pierre Mauroy pour réussir la mutation et la modernisation, avait dit aussi ceci : « La démocratie... finit par manquer d'imagination, par confisquer tout cela au citoyen, à l'individu, à celui qui veut lui même être capable, par l'information et par la formation, par le dialogue et aussi par l'organisation des partis de gauche, capable de penser lui-même et de décider. » Que dire de plus pour convaincre ceux qui déforment ou dénigrent la méthode que nous avons choisie.
Cette consultation, contrairement à ce que j'entends parfois, ne part pas de rien. Nous y proposons, avant les 10 questions, les valeurs qui nous rassemblent et un diagnostic de la période
Les sept valeurs et objectifs qui nous guident
1.Le monde a changé. Le socialisme doit changer pour rester fidèle à sa mission.
2.Le bien-être de tous exige que l’économie de marché et la concurrence ne dictent pas leur loi désordonnée au service d’intérêts particuliers.
3.La volonté publique et l’Etat organisent la conciliation de l’intérêt général et des préoccupations des gens, notamment à travers les services publics.
4.La lutte contre toutes les formes d’injustices et de discrimination est au cœur du droit de chacun à la réussite individuelle.
5.Les socialistes doivent participer à la construction d’un ordre économique, social et écologique juste, au niveau mondial comme au niveau national.
6.Au niveau national comme au niveau local, le socialisme défend la complémentarité qui unit la démocratie représentative, la démocratie participative et la démocratie sociale.
7.La laïcité est le fondement de la République et de l’identité française, enrichie par le métissage.
- Les dix sources d’inquiétude des Français
1. un capitalisme qui perd la tête ;
2. la dégradation du niveau de vie ;
3. les fragmentations et le descenseur social à l’intérieur ; la perte de compétitivité de la France à l’extérieur ;
4. l’affaiblissement de la valeur travail et l’exagération de la valeur du capital ;
5. le trouble qui pèse sur l’identité française, secouée par les peurs de l’autre ;
6. le doute sur l’efficacité de l’Etat ;
7. le scepticisme sur la réalité de l’égalité des chances par l’école ;
8. l’Europe perçue comme indifférente au sort des citoyens ;
9. les désordres du monde et les interrogations sur la fin de l’hégémonie occidentale ;
10. une planète menacée d’autodestruction.
Bien sûr que les militants et les Français veulent des réponses ! Mais pas n'importe lesquelles : des réponses efficaces parce que fondées sur une juste perception des attentes du peuple français, des problèmes qu'il affronte, des obstacles qu'ils rencontre.
Je crois que s'écouter et échanger entre responsables et citoyens, c'est le contraire du « populisme démagogique ». C'est même le meilleur moyen de lutter contre le populisme qui surfe sur les peurs et les sentiments de ceux qui se sentent délaissés, abandonnés à leur solitude, parfois même méprisés. Vingt-cinq premiers fédéraux ont adhéré à cette démarche, animée par Vincent Peillon. Gérard Collomb, François Rebsamen ont signé un texte de maires. Maxime Bono a lancé un appel ouvert à d’autres élus, déjà une cinquantaine de ma région.
Le populisme se méfie comme de la peste des citoyens informés et éclairés capables de se placer du point de vue de l'intérêt général d'un territoire, petit ou grand. Ou d'un parti politique !
Alors je le dis ici, je le redis : oui le responsable politique doit décider, trancher, oui il doit prendre ses responsabilités. Parfois d'ailleurs en allant à contre-courant de l'opinion dominante. Mais les conditions dans lesquelles il décide et prend ses responsabilités ont profondément changé. L'heure du politique jupitérien, omniscient et omnipotent, qui décide dans la solitude de son bureau du destin du pays, cette heure est passée. L'heure du politique élu tous les cinq ans, qui décide, entouré d'experts, sans écouter les citoyens et sans évaluer auprès d'eux ses décisions, cette heure-là aussi est dépassée. La première année de présidence de Nicolas Sarkozy ne m'a pas fait changer d'avis sur ce point ! C'est le moins qu'on puisse dire. Chacun constate aujourd'hui les dégâts causés par un pouvoir enfermé dans sa surdité aux malaises et aux colères.
Aujourd'hui, non seulement Nicolas Sarkozy n'a pas su rétablir la confiance, mais la défiance est revenue encore plus fortement. Parce qu'il n'a pas mobilisé les acteurs individuels, sociaux, économiques et politiques de la société française. Et de ce fait, le fossé entre les gouvernants et le vécu des Français est revenu bien vite. Là réside une des causes profondes de cette déception. A la racine, il y a une pratique du pouvoir, une conception de l'Etat et de la société qui est erronée, inefficace et qui devient la source de désordres. Ce discours volontariste qui ne s'est appuyé ni sur la démocratie parlementaire, ni sur la démocratie sociale, ni sur la démocratie citoyenne a conduit non seulement à l'abaissement de la fonction présidentielle mais à la révolte sociale comme elle s'est manifestée hier dans toute la France pour défendre les services publics, ciments de la Nation.
Fragilité démocratique, faiblesse économique, dureté sociale. Dans ce moment d’inquiétude et d’abaissement national, nous devons avoir une grande ambition collective. La France s’enfonce dans une crise multiforme. Nous devons nous préparer à tracer un chemin. Cela suppose d’oser nous remettre en question, nous remettre en mouvement. Pour préparer la France de demain, il nous faut construire la force politique capable de porter cette exigence et cette dynamique. Le Parti socialiste est cette force. Toute son histoire en témoigne. Il est l’héritier d’une grande tradition de luttes intellectuelles, politiques, sociales, sociétales.
Il a su, à chaque moment de son histoire, se transformer. La fidélité à ce que nous sommes, à l’idéal qui est le nôtre, aux combats de nos prédécesseurs, se mesurera à la capacité qui sera la nôtre de leur donner de l’avenir, à recréer le mouvement, à relancer l’espérance, à retracer des perspectives. Exercer notre responsabilité, être à la hauteur de nôtre tâche, c’est proposer une mutation, c’est créer les conditions pour ouvrir tous ensemble un nouveau cycle politique. C’est ce que les Françaises et les Français attendent de nous : ce sera une étape essentielle de la reconquête de leur confiance, ce sera un élément déterminant pour pouvoir réussir notre action lorsque nous aurons à nouveau la responsabilité du destin du pays. Nous pourrons convaincre que nous pourrons demain transformer la société française, la remettre en mouvement, avec efficacité et justice, si nous sommes capables de nous transformer nous-mêmes, sans rester figés, immobiles, avec les mêmes méthodes, les mêmes discours, les mêmes synthèses ! C'est pourquoi je prends ici devant vous cet engagement : dans ce congrès, je parlerai aux militants comme aux Français. Pas de faux débats, de postures théoriques, de formules toutes faites, soi-disant pour flatter les militants. Je ne veux pas flatter les militants, je veux les respecter et les convaincre.
Notre démarche, aujourd'hui, ce doit être de relancer la gauche, comme le faisait François Mitterrand il y a 35 ans. A quoi sert le Parti socialiste ? Nous croyons qu'entre la liberté d'entreprendre et la liberté d'écraser, il y a un espace assez vaste où chacun puisse être debout et mouvement.
Le congrès socialiste sera utile au pays et aux Français, quand il aura conforté, renouvelé ou complété ses idées et ses propositions, pour que chaque Français puisse être debout et en mouvement. Cela, il le fera à partir des acquis de ses années de combat et de travail, à partir de l’expérience de la campagne présidentielle, à partir des attentes des forces sociales et syndicales et de la prise en compte des profondeurs du pays. Le parti socialiste n'est pas une fin en lui-même, c'est la valeur démocratique dont la France a besoin, pour que la gauche soit en situation crédible d'incarner le changement.
Je crois que le Parti socialiste est capable de dépasser des clivages qui l'affaiblissent dans des confrontations. Pour ou contre la mondialisation, réalisme économique ou justice sociale, prévention ou répression, ouverture ou non des frontières aux flux migratoires, j’en oublie : ce n’est pas par un équilibre savamment dosé entre des contraires que nous sommes clairs. Nous sortirons des impasses par l’innovation et la conviction politiques et par le vote des militants sur des lignes politiques assumées : une vision de gauche pour la société réelle, telle qu’elle est aujourd’hui, pour le monde tel qu'il est. Une gauche sûre de ses valeurs – la justice d’abord, mais décomplexée face aux réalités.
Le PS est bien à la croisée des chemins, ceux de la renaissance ou du sur-place.
Le succès des municipales ne doit pas occulter la montée des abstentions. Nous avons des efforts considérables à faire pour donner envie d'adhérer au PS. Il nous manque en effet des femmes, des jeunes, des employés et des ouvriers, la France métissée qui est venue massivement voter à l'élection présidentielle. Moi je veux que ces électeurs viennent au parti, restent et pèsent sur la transformation de la société.
En revanche, là où le parti a su irriguer partout, c'est par ses élus. Et nous devons, en repensant notre organisation, irriguer davantage notre projet national par les actions, les innovations, les réussites, les valeurs mais aussi leurs applications. C’est ce qui nous vaut l'estime des gens.
Nous devons tout faire pour garder une partie importante des adhérents venus nous rejoindre Nous n’avons pas su les garder... Parfois même on n'a pas voulu les garder, ces militants différents qui venaient troubler les équilibres savants installés depuis des années ... Mais la diversité des militants il faut la défendre, c'est comme la biodiversité, elle est indispensable à notre survie ! Et comme pour elle, le recul de la diversité serait un signe de déclin. Le signal de la forte abstention lors des élections municipales ne doit pas nous laisser indifférents.
Réussir la mutation du Parti socialiste, c'est se fixer trois obligations:
· ouvrir le PS et faire évoluer son militantisme ;
· définir les lignes de forces d'un projet politique pour les quatre prochaines années ;
· rassembler un parti uni, fort et renouvelé, ce qui permettra d'ailleurs de réussir les échéances électorales si proches des européennes et des régionales et de les aborder de façon offensive.
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Chers amis, chers camarades
Je sillonne la France depuis de longues années maintenant ; cet hiver encore, j’étais sur les routes pour soutenir nos candidats dans les mairies. Et partout le même constat, partout cette impression que l’avenir nous file entre les doigts, partout la blessure de sentir que nous ne sommes plus maître de notre destinée. Je sais que les Français aujourd’hui – et les jeunes surtout – n’ont pas peur de leur avenir ; non, ils ont peur de ne plus avoir d’avenir.
Les transitions sont toujours difficiles et inquiétantes entre ce qui n'est déjà plus et ce qui ne semble pas encore être là. C'est mon rôle d'indiquer comment je vois les lignes de force qui se dégagent, et quelles conséquences on peut en tirer pour agir juste et fort. C’est toujours ainsi que j’ai conçu mon rôle de responsable politique : à l’écoute pour mieux éclairer le présent et décider pour l’avenir.
Le monde est devenu plus violent, plus inégalitaire, plus risqué, plus contradictoire : nous n’avons jamais été aussi riches et pourtant les destins sociaux n’ont jamais semblé aussi scellés et rigides ; les individualités veulent s’exprimer, parfois dans leur toute puissance, et pourtant le besoin de règles collectives n’a jamais été aussi intense ; les énergies doivent être libérées, mais pas au prix d’un démantèlement des protections et des sécurités sociales ; notre maîtrise technologique est inédite et pourtant nous n’avons jamais été aussi fragiles face aux désordres que nous provoquons (OGM, réchauffement).
Les bouleversements de la mondialisation ne sont pas seulement à notre porte, à nos frontières. Ils sont déjà en nous même, car la France ne s’est jamais construite à l’abri du monde. Ce monde qui advient, nous ne pouvons pas l’affronter avec un Parti qui repousserait son rendez-vous avec l'Histoire et cèderait à la tentation d'un ajustement superficiel.
Au fond, nous savons tous qu'il faut poser les problèmes différemment si nous voulons, ensemble, pas simplement entre socialistes mais avec tous les Français, sortir par le haut du gâchis d'aujourd'hui et de la France atone que nous laisse Nicolas Sarkozy.
Le parti socialiste doit être une envie, une énergie, une rigueur. Le PS doit devenir le parti que l'avenir trouve utile.
Alors comment aime t-on un Parti ?
On peut aimer une histoire – nous aimons celle de la France,
On peut être fier d'un héritage – nous sommes fiers de celui d’une gauche qui sait gagner quand elle le veut
On peut vouloir s'inscrire dans un grand récit qui a su porter l'espoir et changer vraiment les choses – nous nous inscrivons dans l’histoire socialiste française.
On peut aimer les militants qui s'engagent, qui sont portés par leurs convictions, qui consacrent leur temps et parfois leur vie entière à un idéal.
On peut aimer ceux qui savent résister dans l'adversité, qui prennent des risques et qui rêvent au-delà des déceptions du présent.
Ils sont nombreux au Parti socialiste. J'en connais beaucoup. Je les respecte tous. Et n'oublions jamais ce parti de la base qui fédère autour de lui les espérances, comme à Charléty et dans tous les rassemblements populaires
Mais je sais aussi que les sentiments ne sont jamais aussi forts que lorsque nous sommes entraînés ensemble dans une dynamique d'avenir. C'est pourquoi avec les milliers de celles et ceux qui ont porté leur pierre à cette consultation, je vous confirme que nous ferons une offre politique aux militants sous forme d'une contribution puis d'une motion qui s'adressera aussi aux Français qui sont à l’écoute de ce que nous faisons et disons.
Nous savons tous que le Parti socialiste a besoin d’un leadership et d’une équipe pour le conduire, car un Parti n’est jamais distinct des hommes et des femmes qui le font vivre.
Ma conception du leadership, mon expérience, la réflexion collective, me pousse à dire aux uns comme aux autres, aux socialistes comme aux Français, ce que je crois juste, ce que je crois efficace, ce que je crois conforme à nos valeurs, ce que je crois capable de constituer un guide pour l'action. Il n'y a pas de risque d'affrontement ou de guerre des chefs. Les militants n'en veulent pas. En ce qui me concerne, je l'ai prouvé, le débat sera respectueux et maîtrisé. Le vrai risque ce n'est pas l'affrontement ; c'est que, sous prétexte de l'éviter, rien ne change. Vous ne trouverez jamais non plus jamais dans ma bouche des mots désagréables ou désobligeants pour ceux qui, autour du Premier Secrétaire, conduisent le Parti jusqu’au Congrès en ayant gagné des batailles et protégé notre unité.
Nous allons porter ensemble des orientations, une conception du renouveau du socialisme en France. Nous allons défendre l'idée de créer un Parti socialiste, qui soit le centre de gravité pour toute la gauche. Tout cela sera en débat.
Les militants et eux seuls apprécieront et voteront. Je veux un congrès intéressant et généreux qui s'élève et qui nous élèvent par le débat d'idées. Et vous pouvez compter sur moi pour le monter d'un cran.
Alors, si les militants partagent de manière significative les orientations que nous proposerons, j'assumerai les responsabilités qui en découlent. Pour ces adhérents comme pour nos millions d’électeurs, il ne serait d’ailleurs pas compréhensible que je n’avance pas avec eux. C’est le principe de la sincérité qui depuis l’origine guide mes décisions politiques.
C’est pourquoi si les militants en décident ainsi et l’estiment utile pour le PS, j'accepterai avec joie et détermination, d'assumer cette belle mission de chef du parti socialiste.
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17.05.2008
enfin....
S. Royal part officiellement à la conquête du PS
Soumis par francis le Sam, 17/05/2008 Parti Socialiste SR XIVSégolène Royal a annoncé vendredi lors d'une réunion publique à Paris qu'elle serait candidate à la direction du PS "si les militants le jugent utile" lors du congrès de Reims au mois de novembre.
Par ce geste, l'ex-candidate à l'Elysée en 2007 tente de couper l'herbe sous le pied du maire de Paris, Bertrand Delanoë, dont la semaine prochaine doit marquer la montée en puissance avec la sortie d'un livre et une réunion de ses soutiens.
"Si les militants partagent les orientations que nous proposerons, j'assumerai les responsabilités qui en découlent (...)", a déclaré la présidente du Poitou-Charentes devant 4 à 500 militants réunis dans le XXe arrondissement, le plus populaire de la capitale, pour "un atelier citoyen".
"Si les militants en décident ainsi et l'estiment utile pour le parti socialiste, j'accepterai avec joie et determination d'assumer cette belle mission de chef du parti", a ajouté Mme Royal, qui entend "porter une conception du renouveau du socialisme en France et dans le monde".
Au fil des semaines, la candidature de Mme Royal apparaissait comme une évidence. Mais le moment est inattendu, l'élue picto-charentaise ayant réaffirmé il y a quelques jours devant des journalistes que le moment n'était pas venu.
Dans le complexe de La Bellevilloise, un "lieu de vie" avec théâtre et restaurant, l'ex-candidate à l'Elysée a lancé: "Nous savons tous que le PS a besoin d'un leadership".
Alors que bien des médias annoncent un choc entre Bertrand Delanoë et elle-même au congrès de Reims, Mme Royal a assuré qu'il n'y avait "pas de risque d'affrontement ou de guerre des chefs". "Les militants n'en veulent pas et ils n'en auront pas. En ce qui me concerne, le débat sera respectureux", a-t-elle ajouté.
La présidente de région a précisé que, passage obligé pour conquérir le parti, elle ferait "une offre politique aux militants sous forme d'une contribution puis d'une motion". "Dès la semaine prochaine, nous passons à la rédaction de la contribution" qui devra être déposée au plus tard le 1er juillet, a-t-elle ajouté.
Mme Royal a d'autre part annoncé le soutien, d'ores et déjà, de 25 premiers secrétaires de fédérations départementales, de petite taille en majorité, mais aussi de taille moyenne comme l'Aude, le Var, la Somme ou encore l'Indre-et-Loire.
Selon la présidente du Poitou-Charentes, qui a multiplié les références à François Mitterrand, "le Parti socialiste est bien à la croisée des chemins: celui de la renaissance ou du sur-place".
Régulièrement accusée de vouloir soigner sa popularité en jouant sur son image, Mme Royal s'est défendue de vouloir "flatter les militants". "Je veux les respecter et les convaincre", a-t-elle dit, promettant à nouveau de "parler aux militants comme (elle) parle aux Français". "Il n'y aura pas de faux débats, de postures toutes faites".
Souvent accusée de faire le jeu de François Bayrou, l'ex-candidate a prôné "un parti socialiste qui soit le centre de gravité pour toute la gauche dans le respect de nos partenaires".
Face à "ceux qui déforment ou dénigrent" sa méthode - partir d'un questionnaire aux militants pour proposer un projet politique au congrès -, Mme Royal a affirmé que c'était "le contraire du populisme et de la démagogie", dénonçant un "ordre jupitérien" où on "décide dans la solitude de son bureau
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16.05.2008
municipales
Élections municipales de mars 2008 :
les leçons du scrutin
Le 5 mai 2008 - Dans une tribune publiée dans L'Essentiel des Relations Internationales, Brice Teinturier, DGA de TNS Sofres et codirecteur du dpt Stratégies d'opinion, tire les leçons du scrutin des 9 et 16 mars 2008 :
Plus que tout autre scrutin, les élections municipales donnent lieu à une bataille d’interprétation politique et politologique. Politique parce que chaque camp tend à imposer sa grille de lecture en fonction de ses intérêts. Politologique parce que la multiplicité des situations et l’enchevêtrement de la dimension locale et de la dimension nationale rend traditionnellement ce scrutin objectivement plus complexe à analyser. Pour autant et contrairement à 2001, celui de 2008 est aisément lisible. 5 grandes leçons peuvent en être tirées.
Une abstention forte et une abstention de désenchantement
Au premier tour des élections municipales, l’abstention est légèrement supérieure à celle de 2001 : 33,5% contre 32,6%, ce qui constitue un nouveau record. Au second tour, elle est de 34,5% comme en 2001. Cette abstention est néanmoins doublement signifiante : elle confirme d’abord ce que l’on pressentait, à savoir que l’extraordinaire mobilisation de la présidentielle de 2007 n’est pas l’annonce d’un nouveau cycle politique mais plutôt une exception à l’intérieur d’une tendance lourde qui traduit une montée continue du parti des abstentionnistes. De fait et dès les législatives de 2007, près de 40% des Français s’étaient abstenus. Mais cette abstention est également une abstention de désenchantement. Elle est plus marquée à droite qu’à gauche et traduit une déception à l’égard de Nicolas Sarkozy.
Au soir du premier tour, la majorité va s’appuyer sur ce nouveau record d’abstention pour tenter de relativiser la signification politique de ce que l’on perçoit déjà : la forte poussée de la gauche. Notons que le raisonnement est pour le moins curieux et contestable : en 2001, la majorité, qui était alors dans l’opposition, n’avait pas considérée que le taux d’abstention limitait la portée de son succès et de ce que l’on avait appelé « la vague bleue ». Il constituait pourtant un record. Par ailleurs, on l’a dit, les législatives voient une abstention encore plus forte. Personne n’a pour autant contesté la légitimité et la force de ce scrutin. Vérité d’hier ne vaut donc pas pour aujourd’hui. Peu importe, le fait est là : le 9 mars 2008, cette abstention a une signification politique, tout comme c’était le cas en 2001 : ici, il s’agissait des catégories populaires de gauche qui avaient fait défaut à Lionel Jospin ; là ce sont des électeurs traditionnels de la droite et des nouveaux électeurs qui, en 2007, avaient basculé en faveur de Nicolas Sarkozy qui sont restés chez eux. La France maugrée ou gronde, tel est donc déjà ce que l’on voit à travers cet indicateur.
L’évidence cachée d’un vote de mécontentement
En 9 mois, par paliers successifs et accélérés, la popularité de Nicolas Sarkozy s’est profondément dégradée. Début décembre, le chef de l’Etat est minoritaire dans l’opinion : 49% des Français lui font confiance pour « résoudre les problèmes qui se posent en France aujourd’hui » contre 64% en septembre (baromètre TNS Sofres pour le Figaro Magazine). Ce début d’effondrement a des causes politiques : le Président déçoit sur le pouvoir d’achat et donne le sentiment si ce n’est de ne vouloir rien faire, du moins de ne le pouvoir. Ce sera le fameux et brutal « les caisses sont vides », qui va totalement à l’encontre du socle d’image sur lequel Nicolas Sarkozy s’est construit (présence permanente et sur tous les fronts, volontarisme, culte du résultat, etc). Parallèlement, l’augmentation des indemnités présidentielles produit des effets ravageurs dans l’opinion. Enfin, les conditions de la visite du Président Kadhafi donne le sentiment aux Français qu’on déroule le tapis rouge à un dictateur, lequel n’hésite d’ailleurs pas à contredire publiquement le Président Français en contestant que celui-ci ait abordé les droits de l’homme en Libye au cours de leurs entretiens.
Entre janvier et la fin février, nouveau décrochage. 61% des Français ne font pas confiance à Nicolas Sarkozy, 37% lui font confiance. C’est un record d’impopularité sous la 5ème république 9 mois après une élection. Cette fois-ci, aux causes politiques se sont ajoutés des reproches portant sur le style, la manière d’exercer la fonction présidentielle par Nicolas Sarkozy, la vie privée du Président et la médiatisation de son bonheur personnel.
Ce qui s’est déchiré en quelques mois, ce sont donc deux « promesses client » qui s’étaient implicitement nouées entre le candidat de 2007 et les Français : l’une porte sur l’espérance d’un changement et de résultats concrets. Ce que Nicolas Sarkozy a magistralement incarné face à Ségolène Royal. L’autre sur un rapport spécifique au peuple : sans prétendre en être issu, le candidat témoigne de sa compréhension de ce qu’il vit et ressent. Il active une forme de proximité dans le ton et le style et noue des parallèles (le candidat qui s’est fait tout seul, qui a gravi les marches une à une, etc.). Il y a là une sincérité qui convainc. La séquence novembre 2007 / février 2008 va donner au peuple le sentiment qu’il s’est trompé ou qu’il a été trompé. Elle va réactiver un clivage entre « le haut » et « le bas » où cette fois-ci, Nicolas Sarkozy incarne le haut et une forme de distance, voire de mépris. Le ressentiment d’une partie des Français n’en sera que plus important.
Ce ressentiment n’est pas perceptible que dans les courbes de popularité du chef de l’Etat. Il se prépare dans le vote aux élections municipales. En décembre 2007, dans une étude TNS Sofres publiée, 10 % des Français déclarent souhaiter qu’à l’occasion de ces élections municipales, les électeurs manifestent « leur soutien au Gouvernement », 20% qu’ils manifestent « leur mécontentement » et 65% qu’ils se prononcent « uniquement sur les enjeux locaux ». 1 français sur 5 est donc déjà dans le vote de mécontentement mais la dimension locale reste largement majoritaire. La même question reposée les 6 et 7 février marque une progression de 10 points du vote sanction, qui passe à 30% tandis que le vote purement local perd 8 points, à 57%. 3 jours avant le scrutin, ces chiffres, analysés dans les villes de plus de 9 000 habitants, montrent un petit vote de soutien (9% des électeurs), un vote sanction de près d’un électeur sur 3 (31%) et un vote sur enjeu local ramené à 55%. Ce qui, pour une élection municipale, est particulièrement faible.
Niée avant le scrutin, pendant l’entre deux tours et même en partie, après le second tour, la réalité de ce vote de mécontentement constitue en réalité une variable essentielle du résultat final.
L’alchimie de la dimension locale et nationale et l’écrasante victoire de la gauche
Dans ce contexte, les élections municipales ont donné lieu à une combinaison de la variable locale et de la variable nationale débouchant sur 6 grands cas de figures.
- La prime locale et nationale : cette configuration correspond à des Maires de gauche ayant une bonne ou une très bonne assise locale et qui vont bénéficier à la fois de cette performance personnelle et de la poussée nationale en leur faveur. C’est le cas par exemple de François Rebsamen à Dijon, élu dès le premier tour avec plus de 56% des suffrages, mais aussi, de personnalités telles que Jean-Marc Hérault à Nantes, Martine Aubry à Lille, Michel Destot à Grenoble, Bertrand Delanoë à Paris, Gérard Collomb à Lyon, etc. Leurs victoires sont éclatantes. Les sondages les avaient parfaitement anticipées… et avaient été accueillis dans le plus grand scepticisme !
- Le rattrapage à gauche par le national : ici, des maires de gauche en position difficile localement et qui auraient dû ou pu être battus, sont sauvés de justesse par la poussée nationale. C’est le cas par exemple de Jean-Claude Antonini à Angers, qui conserve sa ville avec 50,6% des suffrages, alors que son challenger, Christophe Béchu, est en pleine ascension.
- Le salut à droite mais via la popularité et la dimension locale : ce troisième cas est l’inverse du précédent. Il s’agit de Maires de droite ayant une très forte assise personnelle et étant totalement à l’écart du national. Ils sauvent leur situation de plus ou moins largement. Ils sont peu nombreux à être dans cette situation mais Alain Jupé en est l’exemple le plus emblématique : doté d’une popularité locale extrêmement forte (79% de bonnes opinions) et ayant été, par la force des choses, mis à l’écart du Gouvernement, il parvient à re-localiser l’enjeu et à être largement élu dès le premier tour. Ces maires montrent cependant a contrario combien il leur a fallu se détacher de l’action nationale pour éviter la défaite.
- Les Maires de droite localement mal implantés : Caen ou Rouen correspondent à cette situation. Jouissant d’une popularité et d’un bilan relativement médiocre, ces Maires sont balayés par la poussée de la gauche, parfois dès le premier tour.
- Les bons maires de droite… malmenés par la national : il s’agit enfin de maires dont la popularité est bonne sans être excellente. La plupart d’entre eux auraient pu ou dû être réélus. La campagne va tourner au cauchemar et souvent, à la défaite. Jean-Claude Gaudin l’évitera de justesse mais de nombreux autres sombreront.
- Les divisions internes à la majorité. Enfin, dans certaines villes où le maire ne se représente pas, des affrontements locaux vont pénaliser la majorité et favoriser la gauche. A Reims par exemple, Adeline Hazan l’emportera largement en profitant habilement de l’affrontement Dutreil / Vautrin et de la poussée anti-Sarkozy.
A l’heure des comptes, la victoire de la gauche est donc totale et ne constitue aucunement un « simple rééquilibrage » du 2001. Dans les villes de 9 000 à 20 000 habitants, la gauche a en effet conquis ou reconquis 66 citées et en a perdu 23, soit un solde positif de 43. Dans les villes de plus de 20 000 habitants, les conquêtes ou reconquêtes s’élèvent à 51 villes, les pertes à 10. Soit un solde de 41. Au total, dans la France urbaine des 952 villes de plus de 9 000 habitants, la gauche enregistre 117 conquêtes et 33 pertes et donc, un solde positif de 84 villes. Même en 1983, la droite, alors dans l’opposition et qui avait taillé des croupières à la gauche gouvernementale, ne lui avait pas infligé une telle défaite. Il faut remonter à 1977 pour mesurer une telle poussée de l’opposition dans un scrutin municipal.
Étiolement du Modem, faiblesse du FN et poussée de la LCR
Lorsque l’on regarde les résultats du Modem non pas sur l‘ensemble du territoire, prisme trompeur dans la mesure où le Modem ne présente pas des listes autonomes partout, mais là où il est présent, ce mouvement obtient des résultats qui ne sont pas nuls. Dans une quarantaine de villes ou d’arrondissements de grandes villes, il obtient même un résultat supérieur à 10% et influence le résultat du second tour. Toutefois, indépendamment de la défaite de François Bayrou à Pau, ces élections font également apparaître d’une part que le niveau du Modem est en deça des espérances de son dirigeant, d’autre part que sa capacité à peser sur les alliances traditionnelles est somme toute réduite (on l’a vu par exemple à Paris), enfin et surtout que son électorat est particulièrement composite et fragile. A Marseille par exemple, l’analyse montre que les électeurs du Modem du premier tour ont voté majoritairement à gauche dans le 1er secteur, très majoritairement à droite dans le 3e secteur et qu’ils se sont fortement abstenus et répartis de manière à peu près équilibrée dans le 6e secteur ! On est donc très loin d’un électorat structuré et solide et donc, pérenne.
Le déclin de la radicalité FN est confirmé. Non seulement ce mouvement ne parvient pas à monter autant de listes qu’en 2001 mais quand il est présent, ses résultats régressent. En revanche, on a peu commenté la poussée de la LCR : à Quimperlé, Sotteville Les Rouen, Clermont-Ferrand ou Bar Le Duc, elle obtient des scores très élevés, supérieurs à 10%. Dans d’autres villes - Marseille, Toulouse, …, la poussée est également perceptible. L’hégémonie du PS est donc bien réelle mais un pôle de radicalité existe.
Le poids de ce double scrutin dans la vie politique française
Il est des scrutins intermédiaires qui n’affectent en rien la vie politique française. Il en est d’autres dont l’impact est majeur. 2008 est de cette veine.
- Le Gouvernement va poursuivre les réformes entamées et revenir aux fondamentaux de l’élection de Nicolas Sarkozy. Mais une page est tournée. Les réformes seront plus difficiles à mener et le risque de conflits sociaux plus important.
- Nicolas Sarkozy va ajuster et a déjà ajusté sa pratique politique. Le Président a compris dès avant le premier tour ce qui s’était passé dans l’opinion. Il se re-présidentialise et va continuer à le faire. Il devrait stabiliser sa chute dans l’opinion et sans doute la reconquérir partiellement. Mais la blessure mettra du temps à cicatriser.
- François Fillon sort renforcé de ces municipales. Le Président n’est plus l’unique leader de la droite.
- L’UMP est en crise. Le Parti du Président n’accouche plus de rien depuis l’élection de son champion. Ces élections l’ont montré et il ne peut donc rester en l’état.
- La question d’une renaissance de l’UDF, via le Nouveau Centre ou d’une autre façon, est posée. Le positionnement au centre du Modem et en réalité, à droite de l’UMP, crée un vide. La sensibilité de centre droit existe toujours et n’est plus représentée.
- La gauche est requinquée mais le PS ne sait que faire de cette victoire qui réactive potentiellement la concurrence de ses leaders. Le diagnostic et le projet de ce Parti ne sont qu’esquissés et la route semble encore longue.
- Le pouvoir d’achat reste au cœur des préoccupations des Français, comme l’ont été en leur temps l’emploi et la sécurité.
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15.05.2008
rencontre
Quelques nouvelles de Poulainville …
En attendant le compte rendu de Sophie, nous vous donnons quelques informations sur notre réunion d’hier soir.
Nous étions une dizaine et nous avons accueilli notre ami Gérard.
Nos échanges ont porté sur le thème 3 mais sont allés bien au delà vue l’énorme besoins de s’exprimer !
Bon courage aux comités qui vont bientôt lancer leur débat.
Salutations militantes.
L’équipe DA Poulainville
07:26 Publié dans comité local | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.05.2008
reb
Pour que nos victoires locales soient porteuses demain d’une victoire nationale !
14 mai 2008
Tribune de Gérard Collomb, maire de Lyon, et François Rebsamen, maire de Dijon
Il y a quelques semaines, nous remportions les élections municipales et cantonales. Pendant plusieurs mois, nous avons, dans nos villes et dans nos cantons, dialogué avec les électeurs, avec les militants et les sympathisants du Parti socialiste et de la gauche entière. Nous connaissons leurs attentes, leurs espoirs mais aussi leurs impatiences et parfois leur scepticisme vis-à-vis de la politique en général y compris du Parti socialiste à qui ils ont pourtant apporté la victoire.
Cette victoire nous engage. Les votes d'adhésion aux projets que nous avons présentés localement doivent maintenant trouver un débouché national dans une véritable réforme des analyses et du fonctionnement de notre parti. Le débouché, ce doit être un Parti socialiste qui écoute, qui innove, qui propose, qui sache fédérer autour de lui tous ceux qui veulent proposer une alternative à la politique menée aujourd'hui dans notre pays.
C'est notre responsabilité historique de faire que la gauche ne se contente pas de belles victoires locales mais qu'elle sache les transformer en une victoire nationale. Elle doit donc commencer par s'interroger sur les raisons des ses défaites dans les scrutins nationaux.
Il y avait incontestablement un élan dans la campagne de Ségolène Royal.
Il a sans doute manqué un projet partagé collectivement par tout le Parti socialiste. Un projet qui ne puisse donner prise à la critique ,de n'être qu'une simple posture idéologique mais qui apparaisse aux yeux des français comme basé sur une analyse lucide de la société du 21e siècle, une appréhension en profondeur des grands problèmes auxquels elle se trouve confrontée.
Les Français sont de plus en plus lassés par les formules toutes faites, entendues maintes fois et dont nos sympathisants et nos militants, eux-mêmes, comprennent qu'elles sont plus destinées à des positionnements internes au PS, que véritablement porteuses de solutions pour notre pays.
C'est pourquoi il faut que, lors de notre congrès, le débat porte sur le fond, qu'il ne se réduise pas à une série de manœuvres tactiques qui, dans les couloirs et les arrière salles, se résumeraient d'abord en des querelles de personnes, masquées dans d'apparents débats de courants.
Il faut que le Parti socialiste ait vis-à-vis de lui-même une grande exigence intellectuelle pour qu'il apparaisse aux yeux de tous les Français comme capable de répondre aux grands défis qui sont ceux de notre monde et de notre pays.
La conjoncture est pour cela porteuse. Les solutions simplistes qui avaient été avancées par Nicolas SARKOZY pendant les présidentielles se heurtent en effet aujourd'hui au mur d'une réalité infiniment plus complexe. De même l'ultra libéralisme réduisant de plus en plus l'économie à de simples jeux financiers a montré ses limites dans la crise des subprime. Dans le même temps, quelques affaires retentissantes dans un certain nombre de nos entreprises ont montré que celles-ci ne pouvaient se passer d'un certain socle éthique.
L'époque est donc propice aux socialistes pour offrir une nouvelle perspective à la société française.
Encore convient-il qu'ils ne retombent pas dans leurs vieux démons en reprenant un discours archaïque.
Pour cela, ils doivent pleinement assumer la mue intellectuelle qu'ils ont déjà en fait accomplie. Ils savent bien que les temps ont changé depuis que Karl Marx analysait le capitalisme de la société anglaise de La Fabrique.
La critique que nous pouvons dresser de la société actuelle aurait plus de force si nous reconnaissions que nous entendons placer notre action dans le cadre d'une économie de marché, qu'il s'agit de réformer, non de briser.
Au niveau local, cette révolution culturelle a déjà été menée. Nous savons ce qu'exige l'attractivité d'un territoire : l'interaction de services publics de qualité, de pôles d'innovation et de recherche de haut niveau et d'entreprises à forte valeur ajoutée, donc compétitives.
Nos collectivités travaillent quotidiennement avec les entreprises pour leur développement et parce qu'il y va de l'intérêt général.
Certes, nous sommes bien placés pour constater un certain nombre de dysfonctionnements de notre société.
Ce sont en effet les élus locaux qui se trouvent en première ligne face aux problèmes d'exclusion, face aux problèmes de pouvoir d'achat d'un certain nombre de salariés ou de retraités. Mais nous savons aussi que pour résoudre ces problèmes il faut produire de la richesse. Car la production de richesse est la condition nécessaire à toute politique de redistribution.
Nous savons que nous avons besoin d'une dynamique économique forte pour mener les politiques que nous mettons en place pour rééquilibrer nos villes, en finir avec les quartiers paupérisés et ghettoïsés, bref pour construire des territoires où nous rendrons possible un réel vouloir vivre ensemble.
De même au niveau national, nous sommes dans notre rôle lorsque nous affirmons notre solidarité avec les travailleurs victimes de délocalisations ou de licenciements.
Mais la solidarité ainsi manifestée serait de pure forme si nous n'étions pas capables d'indiquer quelle politique pourrait nous permettre d'éviter de telles situations, une fois la gauche revenue au pouvoir.
Cela demande que nous expliquions comment nous entendons faire muter économiquement notre pays pour qu'il demeure compétitif dans un contexte où de manière inéluctable, de grands pays sont en train d'émerger qui sont dès aujourd'hui de redoutables concurrents pour nos produits de base et qui commencent à le devenir même dans le domaine des technologies avancées.
Pour sauvegarder notre compétitivité, il n'y a en fait qu'une seule solution : être dans tous les domaines, à la pointe de l'innovation !
C'est là l'axe majeur qui doit sous-tendre toutes nos politiques. Il faut que notre université et notre recherche irriguent davantage notre économie. Il faut accroître l'efficacité de notre système scolaire et plus généralement, élever le niveau de formation de notre société tout entière.
Il faut repérer les nouvelles tendances qui marqueront la société de demain afin d'anticiper les productions à développer.
C'est dans une modernité ainsi retrouvée que nous pourrons garantir aux Français dans les faits et non dans les mots un pouvoir d'achat et une protection sociale élevés.
Car nous le savons : toute promesse sociale qui ne serait pas basée sur une économie capable d'affronter la concurrence mondiale ne serait que pure démagogie.
Cela, la plupart des Français aujourd'hui le comprennent. C'est pourquoi les Socialistes ne seront crédibles que le jour où leur discours sur l'économique, le social et le développement durable, apparaîtra comme ayant une véritable unité.
Si le monde a changé d'un point de vue économique, la société française elle aussi a profondément muté. Là aussi, il faut que nous en analysions les changements.
La société française s'est beaucoup fragmentée, nous devons en tenir compte. Le Parti socialiste, par exemple, parle volontiers de la nécessaire reconquête des couches populaires. Les élus locaux peuvent témoigner combien ces couches sociales sont loin d'être aujourd'hui homogènes, quels clivages il peut y avoir à l'intérieur même de ces couches populaires.
Entre exclus du monde du travail et salariés, entre Français issus de l'immigration et Français d'origine...
Comment dépasser leurs divergences pour qu'ils se pensent demain un destin commun ?
Dans le même temps, il doit aussi pouvoir s'adresser à un certain nombre de couches moyennes et supérieures qui se reconnaissent dans les valeurs sociales ou sociétales dont nous sommes porteurs : reconnaissance de la différence, acceptation des différents modes de vie, ouverture sur le monde, mais qui sont en même temps soucieux de modernité et d'innovation parce qu'ils appartiennent aux secteurs les plus dynamiques de la société. Comment les associer à notre démarche ?
Le Parti socialiste doit donc redevenir le creuset où les uns et les autres pourront se réinventer un avenir partagé.
Réaliser une telle synthèse, demande du dialogue, de la concertation, de la démocratie participative, ce qu'ont pratiqué l'ensemble de nos candidats pendant la campagne récente. Ce n'est donc pas simplement le programme du Parti socialiste qu'il nous faut changer mais aussi ses formes de dialogue avec la société, ses modes de gouvernance. Il nous faut nous ouvrir davantage à toute la société.
Les Elus de gauche qui ont réussi sont aussi ceux qui ont su renouveler leurs équipes, s'ouvrir à l'ensemble de la société et à sa diversité.
Le changement du Parti socialiste doit être aussi d'ordre organisationnel de manière à ce que le plus grand nombre puisse se sentir associé à la mutation que nous souhaitons engager.
Telles sont les premières réflexions qui peuvent, nous semble-t-il, être tirées des dernières élections et nous paraissent être un préambule au débat entamé par les socialistes. Sachons faire de notre réflexion et de notre congrès à la fois un moment de réflexion sérieux mais aussi enthousiaste. C'est comme cela que nous apparaîtrons utiles à notre pays, fidèles à nos idéaux, capables d'inventer un nouvel avenir.
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contribution
Royal sort l’artillerie participative
PS. Elle dévoile les premiers résultats de sa consultation des militants lancée début avril.
David Revault d’Allonnes
QUOTIDIEN : mercredi 14 mai 2008
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Ségolène Royal accélère. Mais à son rythme. Une semaine après la publication du texte des partisans de Bertrand Delanoë, l’ancienne candidate à la présidentielle dévoile aujourd’hui les premiers résultats de sa consultation participative, lancée début avril. Quelque 1 500 contributions, reçues via Internet, ont été synthétisées par son équipe. Vendredi à Paris, lors d’un premier «atelier citoyen», elle y fera référence afin de préciser, en des termes choisis, pourquoi elle entend prendre le parti. Avant d’attaquer les déplacements, mardi en Lorraine, sur le terrain des ouvriers, puis dans l’Aube, deux jours plus tard. Une séquence de visites du parti d’en bas prévue jusqu’au 7 juin, date du début de la rédaction d’une contribution en vue du congrès. Avec, en toile de fond, l’ambition d’incarner «le choix de la survie et du développement du PS». Pour «gagner sur le fait que le parti a besoin de changer».
Bien sûr, comme à l’accoutumée, Ségolène Royal jouera ce mercredi son rôle de première opposante : «Je fais mon travail. C’est ma responsabilité. Je ne vais pas me tourner les pouces en disant : "J’attends 2011."» Elle s’en prendra donc à la loi de modernisation de l’économie façon Nicolas Sarkozy. Mais l’essentiel, aujourd’hui, est ailleurs : dans les positions exprimées par les militants sur le site. Lesquels, en matière économique, estiment que «le PS doit se réapproprier le discours sur l’entreprise». Plaident pour «cesser le catéchisme doctrinal» et pour «traiter de questions qui n’apparaissent pas au premier abord définir un discours de gauche». Préconisent, au chapitre du parti, d’«ouvrir les sections à des non-membres». Et revendiquent «unanimement, la nécessité d’un leadership incontesté et respecté»…
Faut-il voir dans ce timing une réponse de la bergère à Delanoë, qui estimait dans son texte que la démocratie participative devait «se nourrir d’une mise en débat des projets et non de simples questions», fustigeait le «contournement des lieux de débat» ainsi que la stratégie «improvisée et non concertée» d’alliance au centre ? «On déroule une méthode et un calendrier, proteste David Assouline, proche de la candidate. On est dans l’action, pas dans la réaction.» Reste que Ségolène Royal assume volontiers «un certain nombre de différences» : «Je crois à un parti le plus attractif possible, et ouvert à de larges alliances pour battre la droite. Ça a le mérite de poser le débat.» Et, du même coup, de lui fournir un angle pour soigner son profil de rénovatrice face à un canal historique jospino-jospiniste : «On ne peut se contenter de replâtrages, de recyclages des anciens projets du PS. On ne fait plus de la politique comme autrefois.»
Car si «la consultation des militants est un des ruisseaux qui alimentent» le texte que présentera Royal, celui-ci devrait aussi se nourrir, outre des travaux de ses groupes d’experts, des concepts développés pendant sa campagne présidentielle. «Je ne veux pas que ce potentiel soit perdu. Moi, je m’adresserai aux militants comme aux Français, sans compromis. Je ne me forcerai pas, parce qu’un congrès se gagne soi disant à gauche, à diaboliser le centre pour ensuite faire alliance avec lui au moment des élections.» Quant à la forme, Ségolène Royal n’a pas choisi, comme les partisans du maire de Paris, d’aligner les signatures. Du moins pour l’instant. «Je ne suis pas au téléphone en train de faire la course aux signatures, comme au bon vieux temps.» Davantage que la dynamique des soutiens, qui l’avait portée pendant la primaire socialiste, elle privilégie la démarche de l’offre politique. « Je ne mets pas de pression. Les gens doivent se sentir partie prenante dans ce texte, et pas enrôlés dans une liste de supporters.» Un discours de la méthode pensé pour élargir le cercle de ses soutiens: «J’espère que j’entraînerai tout le monde. Y compris Delanoë.» Pour pallier l’effritement de sa cote au fil d’un processus interne édifié pour empêcher son OPA sur le PS au lendemain de la présidentielle: «Le calendrier est très long et a été organisé pour étouffer les choses. Je dois donc faire un travail de pédagogie plus important que d’autres.» Et, aussi, pour clôturer le procès en incompétence datant des primaires: « Là, si je gagne le congrès, on ne pourra pas dire que c’est sous le coup de l’émotion… »
06:10 Publié dans actu segolène | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




