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24.07.2008
lettre de Gaetan a jean Marc
Lettre à Jean-Marc Ayrault
Le Président du Groupe socialiste a manifestement profité du contexte lié au vote du projet constitutionnel pour m'évincer de la vice-présidence du groupe.
Il est évident que l'objectif alors que j'ai toujours été loyal et discipliné lundi dernier est de me faire payer mes prises de position et ma liberté de ton ces derniers mois.
Je vous livre la teneur du courrier que j'ai transmis à Jean-Marc Ayrault qui m'a bien gardé de m'informer de cette opération.
"Monsieur le Président, Cher Jean-Marc,
c'est en déplacement à l'étranger que j'apprends mon éviction de la vice-Présidence du Groupe. Je n'insisterai pas sur l'élégance de la méthode mais sur les raisons qui ont pu conduire à cette décision.
Ma compétence relativement aux dossiers dont j'ai la charge depuis plus de 5 ans avec le Groupe n'ont à ma connaissance été mise en cause. J'ai toujours loyalement voté avec le Groupe, et encore récemment lundi, y compris lorsque j'étais en désaccord avec la stratégie choisie. Et si je te fais part de mes réserves quant à la réorganisation décidée en février à laquelle j'ai été déchargée du suivi de notre travail législatif, je me suis gardé de tout commentaire public.
C'est donc en raison des prises de position qui sont les miennes depuis plusieurs mois concernant la fonctionnement de notre Parti et ses orientations que je suis "sanctionné". Je suis ausso victime, ce qui est nouveau dans notre Groupe, d'un délit d'opinion. C'est presque risible au régard de la situation risible dans laquelle nous nous trouvons.
Mais c'est surtout attristant que cela témoigne de l'incapacité de ceux qui détiennent dans ce Parti des responsabilités à se remettre en question et à accepter simplement le débat. Ce syndrôme de la "forteresse assiégée" comme l'on disait voila 30 ans du PCF, n'augure rien de bon. Lorsque les appareils n'ont plus à opposer leurs contradicteurs que la menace et la sanction c'est qu'ils sont devenus incapables de se réformer.
je ne crois pas que cette méthode, appliquée aussi à d'autres, permette de rassembler le groupe et encore moins de motiver nos militants comme nos électeurs. En dénonçant ces pratiques et leurs conséquences, je ne fais que mon devoir de socialiste, c'est-à-dire d'homme de convictions, d'autant plus libre que dans mon expression que je ne suis au service de personne ni guidé par aucune des petites ambitions qui dictent aujourd'hui leur pauvre loi.
Je suis attaché à ce Parti que j'ai rejoint à 16 ans; J'aime ce Parlement qui doit être le coeur battant de notre démocratie. Je continuerai donc à travailler pour l'un comme pour l'autre.
Je te prie de croire en mes sentiments socialistes.
Gaëtan GORCE
07:16 Publié dans parti socialiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

