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29.08.2008

du coté de la Rochelle

Sondage. Delanoë est préféré à Royal pour prendre la tête d’un parti que les Français ne comprennent plus.
PASCAL VIROT
QUOTIDIEN : vendredi 29 août 2008

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Ala veille de l’université de La Rochelle, les Français ont du mal à entendre et comprendre le PS. Trop de leaders, pas assez de solutions concrètes, pas de projet : entre socialistes et électeurs, l’incompréhension est patente.




Réalisée avant l’officialisation de la candidature de Bertrand Delanoë au poste de premier secrétaire, l’enquête Viavoice pour Libération (1) montre que le maire de Paris creuse la distance avec ses concurrents, et en premier lieu avec Ségolène Royal. Tant auprès de l’ensemble des Français (28 %) qu’auprès de sympathisants de gauche (26 %) ou des sympathisants socialistes (30 %), il est perçu comme le meilleur successeur possible à François Hollande (2). Dans ces trois catégories, il devance la présidente de Poitou-Charentes qui recueille respectivement 18 %, 25 % et 24 %.
«Fratricide». A titre de comparaison, au mois de mars (sur la base d’une liste de personnalités partiellement différente, testées par LH2 pour Libération), Bertrand Delanoë recueillait 21 % des citations de l’ensemble de l’échantillon, 23 % auprès des sympathisants de gauche, 24 % auprès des sympathisants socialistes. Ségolène Royal obtenait alors 17 %, 24 % et 24 %. Le maire de la capitale réalise ses meilleurs scores auprès des personnes ayant 65 ans et plus (30 %, contre 12 % pour Ségolène Royal), auprès des cadres (28 % contre 9 %), et auprès des sympathisants de droite (33 % contre 8 %). L’ex-candidate à la présidentielle, elle, recueille ses meilleurs appuis auprès des 18-24 ans (32 % contre 26 % pour Delanoë) et des ouvriers (27 % contre 25 %). Loin derrière viennent Martine Aubry (qui ne s’est pas déclarée candidate) et Pierre Moscovici (officiellement sur les rangs).
Les «rivalités fratricides» qui «minent» le PS, selon l’expression de François Miquet-Marty, directeur des études chez Viavoice, sont perçues comme telles par les Français (à 61 %) et pire par les sympathisants socialistes (64 %). Et cette «balkanisation» du PS ne devrait pas s’atténuer à l’approche du congrès de Reims, en novembre.
Carence. Mais il n’y a pas que le déficit de leadership (ou son trop-plein) qui rebute les Français : ils reprochent aussi au PS son absence de solutions concrètes (31 %) et sa carence en terme de projet global (30 %). Sans leader, sans stratégie (avec le reste de la gauche émiettée ou avec le Modem ?), sans projet, le PS se retrouve dans les pires conditions pour (re)conquérir le pouvoir. Et ce n’est pas ce que les Français entrevoient comme un atout - son ancrage local - qui peut le rassurer : cette implantation dans les villes, les départements et les régions, apparaît en creux, comme une carence dans le registre national.
Ainsi, conclut François Miquet-Marty, «par le simple jeu de ses procédures, le Parti socialiste entretient durablement son propre discrédit auprès d’une opinion publique qui ne comprend plus ses difficultés à surmonter ses concurrences internes et à substituer à ses préoccupations égocentrées, une plus grande attention aux Français, et une plus forte opposition au pouvoir».
(1) Réalisée par téléphone du 20 au 22 août auprès de 1 029 personnes, selon la méthode des quotas.
(2) Seuls les militants socialistes désigneront leur numéro un, le 20 novembre (éventuellement le 21 en cas de second tour).
A La Rochelle, François Hollande demande aux socialistes de "faire bloc"
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 29.08.08 | 07h00 • Mis à jour le 29.08.08 | 09h19

Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a lancé, jeudi 28 août, l'université d'été du Parti socialiste. Devant quelques centaines de militants réunis au siège de la fédération PS de Charente-Maritime, il en a appelé "à la responsabilité de chacun". Alors que se profile un changement de direction au PS au congrès de Reims en novembre, le chef du PS a rappelé que, dès à présent, "il faut que nous soyons non seulement à la hauteur des enjeux, mais à la hauteur de nous-mêmes. (...) Il faut qu'on prenne conscience qu'effectivement les Français nous regardent, quelquefois avec un peu de scepticisme, d'inquiétude, mais aussi d'espoir, d'attente. Alors, faisons ensemble de ces universités le beau rendez-vous des socialistes, non pas avec eux-mêmes mais avec le pays", a-t-il souhaité.
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Devant les journalistes, M. Hollande a encore insisté sur cette nécessaire union. "Ce que je demande aux uns et aux autres et à moi-même, c'est que nous fassions bloc, c'est que nous fassions parler les socialistes d'une seule voix (...). Je ne veux pas que l'université d'été soit l'objet de conciliabules, (...) de combinaisons", a-t-il déclaré. Interrogé sur les préparatifs du congrès, le premier secrétaire a affirmé qu'il était "là pour créer des rapprochements (...) pour que ceux qui, depuis des années, ont porté la même conception du parti, de la gauche, se retrouvent (...). Tous ceux-là doivent former la prochaine direction du Parti socialiste."
Présent dans l'assistance, Bertrand Delanoë, l'un des favoris pour prendre les rênes du PS, ne s'est pas affiché aux côtés de François Hollande, tout en demandant à la presse de "faire attention à ce que les images ne remplacent pas le fond". Se présentant comme un "militant modèle", présent dès les premières heures de l'université d'été, il a expliqué qu'il était venu à La Rochelle pour recueillir des "idées intelligentes pour les Français".
AUBRY ET ROYAL ARRIVENT VENDREDI
Egalement en position d'assurer la succession de François Hollande, Ségolène Royal et Martine Aubry n'arriveront que vendredi à La Rochelle. La maire de Lille ne s'est pour l'instant pas déclarée candidate au poste de premier secrétaire. Interrogée jeudi sur France 2, elle a repoussé l'heure du choix en expliquant qu'il fallait "mettre les choses dans le bon ordre" et placer "les idées d'abord". "Il faudra à un moment donné un chef (...). Et ce quelqu'un ne réussira que si, d'abord, nous avons une vraie perspective", a-t-elle ajouté. Tout en expliquant qu'elle n'est pas "quelqu'un qui recule devant ses responsabilités", Mme Aubry a indiqué que sa décision"dépendra du collectif", laissant la porte ouverte à des alliances. "Nous avons beaucoup de points communs avec Bertrand Delanoë. Mais nous avons beaucoup de points communs avec les amis de Dominique Strauss-Kahn, de Laurent Fabius, de Benoît Hamon, des grands élus", a-t-elle expliqué.
Pour sa part, Ségolène Royal, dans un entretien à La Nouvelle République du Centre publié vendredi, appelle les ténors du PS à ne pas "polluer" l'université d'été par "des enjeux des personnes". "Il y a des nuages noirs qui s'amoncellent sur la situation économique de la France avec la récession. Les socialistes (...) ont une responsabilité éminente : ils doivent donner une image de retenue, être à la hauteur de ce que l'on attend de nous et bannir les petites phrases", ajoute la présidente de Poitou-Charentes, candidate déclarée au poste de premier secrétaire du PS. Malgré sa "puissance" sur le terrain, le PS donne, selon Mme Royal, "le spectacle d'une force désorganisée et en crise. Il faut donc clarifier le projet et adopter des règles de fonctionnement qui empêchent l'individualisme de l'emporter sur le collectif".

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