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29.09.2008

zenith

Fête de la Fraternité , quelques échos …
La fraternité est une valeur cardinale de notre Révolution de 1789,
pourtant elle n’en est pas moins l’enfant oubliée de notre République.

Qu’est-ce que la fraternité ? Elle renvoie à la fratrie, c'est-à-dire
le lien qui unit les frères et sœurs. La fraternité présuppose donc
l’amour réciproque, l’entraide, la solidarité et surtout le respect à
l’intérieur d’une famille. La révolution française a eu ce fou désir
d’ériger cette solidarité et ce respect à l’échelle de la nation. A
l’intérieur de la patrie française, nous sommes tous frères et sœurs,
nous sommes tous unis par un lien sacré, nous sommes tous unis par le
ciment de la République.

Aussi belle soit cette valeur, aussi immuable soit son inscription sur
les frontons de nos Mairies, la Fraternité n’a pas pour le moins subi
de nombreux revers ces dernières années ; tout comme ses affiliées
Liberté et Egalité.

A commencer par le pouvoir en place ! La campagne de l’actuel
président Sarkozy a été un incroyable piétinement du concept de
fraternité. Pour gagner, il n’a pas hésité une seconde à attiser les
rancunes entre les citoyens, à développer le lit de la haine entre
ceux qui viennent d’horizons et de générations différentes. La
Fraternité a plus que jamais été en berne, lorsque 53% des électeurs
ont consacré son viol.

Cependant, c’est avec persistance que Ségolène Royal a tenté, tant
bien que mal, de faire une campagne basée sur le respect et sur la
solidarité. Elle a réhabilité sa beauté, elle a continué à entretenir
sa flamme.


Si Sarkozy est à blâmer, le parti socialiste n’est pas en reste. Alors
qu’on aurait pu s’attendre à la plus grande des solidarités à
l’intérieur d’un parti qui se veut le garant de l’héritage de la
Révolution française, il n’en a rien été. Chaque jour apportait son
lot de critiques socialistes, démontrant par là l’irrespect et le
manque de solidarité que certains de ses membres n’hésitaient pas à
témoigner à l’égard de Ségolène Royal. Notre ancienne candidate n’est
jamais tombée dans ce piège, elle a préféré garder la tête haute ;
elle a continué à honorer la Fraternité.


Le 27 septembre 2008, elle lui a même organisé un meeting. Alors que
la tentation était grande d’entrer dans une logique personnelle de
valorisation, elle a préféré s’effacer pour que la fête de la
fraternité soit totale. Et elle l’a été.


Des citoyens et des non-citoyens, des Français et des non-Français,
des femmes et des hommes, des jeunes et des moins jeunes, ont tous
ensembles célébrés l’amour réciproque, la solidarité et le respect.


La motion soutenue par Ségolène Royal et menée par Gérard Collomb, se
fait largement écho de considérations fraternelles. Ainsi, on nous
propose (notamment dans le chapitre « Reconnaître la France métissée
comme une chance) de créer une cérémonie républicaine pour tous les
jeunes et de mettre en place un service national civique obligatoire.
Mais la fraternité passe aussi par la laïcité et par la valorisation
de l’immigration.


Les deux autres volets de notre triptyque républicain ne sont pas en
reste. Il ne s’agit pas ici de faire un inventaire, mais seulement
d’évoquer ensemble les orientations qui seront mises en place si dans
quelques années nous incarnons l’espoir de l’alternative.


Concernant l’égalité, nous vous renvoyons au chapitre « Bâtir un état
préventif qui attaque les inégalité à la racine ». Ainsi sont déclinés
dans ce chapitre plusieurs propositions très concrètes : la révolution
fiscale (pour plus d’équité) et surtout un investissement massif dans
l’éducation et la culture pour permettre l’égalité des chances.


La liberté est consacrée par un ensemble de dispositifs (chapitre «
Oser enfin la démocratie jusqu’au bout ») : la démocratie
participative est l’aboutissement de la liberté politique ; une
protection accrue des droits de l’homme et des libertés
fondamentales ; la démocratisation de l’Europe.


Aujourd’hui alors que nos valeurs républicaines sont mises à terre par
les milles et une mesures – toutes plus oppressives les unes que les
autres- du clan Sarkozy, nous républicains et nous socialistes, il est
temps de nous réunir autour de celle et de ceux qui nous proposent de
nous battre pour défendre l’esprit républicain.


Non, la révolution française n’est pas finie, elle a recommencé avec
la campagne de Ségolène Royal, avec sa motion et surtout avec le 27
septembre 2008 !


Et ces trois mots - Liberté, Egalité, Fraternité expriment
l'essentiel de la vie
Krzysztof Kieslowski

Ségolène à son Zénith
Par Michèle Delaunay, dimanche 28 septembre 2008 à 09:37 dans Journal
Cinq mille personnes hier soir au zénith pour la soirée de la Fraternité dont Ségolène Royal a eu l'initiative. A la fin de la performance (au sens français comme au sens anglais du mot), un journaliste demandait à Jean-Louis Bianco : "vous n'êtes pas déçu, il n'y avait pas grand monde..."
Le ton était donné. Quand l'un ou l'autre de nos responsables (en cette période de congrès, je ne veux pas citer de nom !) rassemble 500 personnes, on parle de foule, quand Ségolène en réunit 5000, on tord le nez...
Parmi les 5000 pimpins, il y avait moi. Ce qui m'a donné la chance de ma première journée promenade-exposition à Paris depuis quinze mois que j'y "fais la vie". Bloquée par le RSA jusqu'à vendredi, j'ai pris la folle décision de demeurer sur place jusqu'au lendemain soir. Pour tout dire, en reniflant le soleil le long de la Seine ou en prenant dans la figure la peinture d'Emil Nolde, je me sentais un peu coupable ...
Je serais malhonnête de dire que je suis une fanatique des artistes venus témoigner au zénith. Le nombre de décibels propulsé par les amplis m'a fait la tête comme un cucurbitacé. Quand au discours de Ségolène, je n'ai fait que le lire, puisque les élus ont été, tout le temps qu'elle a parlé, parqués derrière la scène, dans un local dépourvu du moindre haut parleur. Je n'ai donc vu d'elle que les images, fort belles, d'une femme radieuse, détendue, avec une gestuelle tantôt de femme dans la vie normale, tantôt de petite fille (les mains sur les hanches, dessinant de grands ronds dans le ciel...)
Ce visage radieux de la politique ne va pas plaire à tout le monde. Gageons que les grincheux, les acariâtres, les mal-dans-leur-peau vont ronchonner dans leur barbe. Je ne parle pas de barbe par hasard. Gageons encore que ces grincheux seront d'abord masculins. Trop belle, trop légère, trop jeune pour eux, ce qu'ils traduiront par trop belle (légère, jeune) pour la politique.
Qui se mettra en cause ? Je trouve sur mon écran une déclaration de Bertand Delanoë que j'estime et apprécie : "Je ne mets pas en scène". Il ne se met pas en scène ? Les postures campées de Bertrand quand il parle amusent ou irritent, selon le tempérament de chacun. Comme pour Ségolène hier et son nouveau talent de "femme libre", l'apparence devance le propos. Le message n'est pas obligatoirement dans le texte, mais dans le ton ou dans l'image.
Le texte du discours m'a été donné au même titre qu'à la presse. Ce n'était pas un programme politique, mais un hymne à la vie, à la résistance, à la liberté d'une femme en responsabilité.
En toute objectivité, ce que je me suis promis d'avoir en cette période de pré-congrès, Ségolène a trop parlé d'elle. L'idée était de communiquer une image de force, féminine à l'extrème. Presque biblique : chasuble bleue, absence de tout "métal". L'idée ne pouvait que me plaire, moi qui soutient matin, midi et soir, qu'un meeting politique doit d'abord donner de la force et qu'on doit en ressortir meilleur et plus instruit qu'on y entre. Pourtant, trop mature et trop cérébrale sans doute, j'ai besoin de plus de texte.
Au total, un vrai succès doublé d'une vraie interrogation. Les meetings qui ne réunissent que des militants pour entendre des discours convenus dans l'ordre de titres et de mérites des orateurs, ont fait leur temps. Malheureusement, ce que l'on appelait "parler sous les préaux d'école", aussi. Il s'agit de rallier autrement les gens, les jeunes, ceux qui ne baignent pas dans les slogans ni dans les concepts, ceux qui ne savent pas ce qu'est la TIPP, qu'elle flotte ou pas, ceux qui rament, ceux qui vivent comme ils peuvent plus que comme ils veulent, au point Je suis là aujourd'hui, je serai là demain. Rien ne me fera reculer sur ce chemin que j'ai choisi". Sur la scène du Zénith de Paris, samedi soir, Ségolène Royal offre aux 4.000 militants venus assister à son "rassemblement de la Fraternité" un show d'un nouveau genre, arpentant la scène seule trois-quarts d'heures durant, sans micro, sans pupitre, sans notes apparentes, lisant un prompteur, à l'américaine. Ses mains sur les hanches, faisant la révérence, souriant, riant même, la présidente de la région Poitou-Charentes se livre à une prestation qui tient plus du jeu d'acteur que de celui de responsable politique. Ségolène Royal, tendance stand-up de Jamel ? Surprenant.
"Ce soir, la musique porte notre exigence commune d'un monde plus juste et plus libre", lance-t-elle, remerciant les artistes qui ont répondu à son invitation, à l'image de l'inimitable groupe Trust. Et Royal de citer Bernie Bonvoinsin, le chanteur du groupe, et les paroles du tube "Antisocial" : "Cesse de faire le point, serre plutôt les poings, relève la gueule, je suis là, t'es pas seule".
Le Point

"Jamais je n'ai mis un genou à terre"

Le figaro

• Royal, «femme debout»
au Zenith
Samuel Laurent (lefigaro.fr) avec agences
28/09/2008 | Mise à jour : 15:52 | Commentaires 328
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Devant ses partisans réunis pour un concert parisien, l'ex-candidate socialiste, qui a changé de look et de gestuelle, a voulu délivrer un message d'espoir.

«Je suis là aujourd'hui, je serai là demain. Rien ne me fera reculer sur ce chemin que j'ai choisi et sur lequel nous marchons ensemble». Ségolène Royal était «encore debout», samedi soir au Zénith, à Paris pour un concert qui réunissait ses partisans, venus écouter Cali, Trust, les Neg'Marrons... et surtout l'ex-candidate PS à la présidentielle.
Une candidate qui avait visiblement travaillé ce rassemblement. Tunique bleue, jeans, cheveux ondulés, mais aussi gestuelle plus relâchée que d'habitude, Ségolène Royal, équipée d'un micro-cravate sans fil, a arpenté la scène du Zénith pour un discours de 45 minutes qui tranchait avec ses postures figées de 2007.
Devant 4.000 de ses supporters, la présidente de la région Poitou-Charentes, souriante, parfois même éclatant de rire, a largement mis en avant les «trois années de combats et d'épreuves» qu'elle a vécu depuis la primaire socialiste. «Il y a eu la riante primaire, la courtoise présidentielle, les gentils coups bas, les tendres attaques, les doux cambriolages, les amicales pressions et les charmantes épreuves personnelles (...) certains qui s'éloignent gaiement, d'autres qui trahissent avec grâce, d'autres encore qui méprisent coquettement», a résumé Ségolène Royal.

Les «porte-flingues de l'Elysée»




Elle a notamment dénoncé les «porte-flingues» de l'Elysée, une allusion aux responsables de l'UMP qui avaient multiplié les piques contre elles lorsque son appartement a été cambriolé. Ses camarades socialistes n'ont pas été oubliés, qui lui «intimaient l'ordre» de ne pas faire la fête en cette période de crise financière.
Mais, a assuré Ségolène Royal, qui se présente toujours en «femme debout», «jamais je n'ai mis un genou à terre. Jamais je n'ai songé à abandonner» durant ces «épreuves». Qui lui ont appris une chose : «il faut savoir perdre sans amertume pour pouvoir un jour gagner sans triomphalisme».
L'épreuve à venir, celle du Congrès de Reims, l'ex-candidate a en revanche choisi de ne pas l'aborder samedi soir. «Ce n'est pas une réunion de courant, pas une assemblée générale interne», expliquait Vincent Peillon, l'un des membres de sa garde rapprochée. «On est là pour faire la fête ensemble». Les dignitaires du PS avaient d'ailleurs tous été invités, même si aucun n'est venu.

«Relever la tête»

Parcourant la scène du Zénith, Ségolène Royal a évoqué sa volonté de construire une «autre France» que celle de Nicolas Sarkozy, dont elle n'a jamais cité le nom, mais qui selon elle est celle de ces «millions de travailleurs pauvres», ces «petits retraités qui se demandent s'il faut faire un repas à midi ou le soir», ces «enfants des cités qui demandent ‘pourquoi ils ne nous aiment pas'», ou les salariés de Renault victimes de 6.000 suppressions d'emplois.

«Non au cynisme, non à la résignation», a exorté Ségolène Royal, demandant à la France de «relever la tête». «Nous changerons cela parce que nous sommes le changement», a-t-elle promis. «Car, assure l'ex-candidate, «la gauche doit être là pour faire émerger cette nouvelle France qui attend qu'on la réveille».
A la fin de son discours, Ségolène Royal a fait reprendre au public le mot «fraternité», qui s'affichait sur le fond de la scène et qu'elle a scandé durant de longues minutes, pour clotûrer ce show politique au goût très américain.



Malgré le spectacle, le message de Ségolène Royal est clair : en ces temps difficiles, "la gauche doit être là malgré ses imperfections, ses atermoiements, ses frictions, la gauche doit être là pour faire émerger cette France nouvelle qui attend qu'on la réveille". Dans la salle, pas tout à fait pleine, ses partisans scandent "Ségolène présidente" et agitent des drapeaux. "Garde la pêche !", lui hurle l'un d'eux.
Que tous se le disent au PS : en dépit de ces éléphants qui ont fait du "tous sauf Ségolène" leur credo, elle est là et bien là. "Jamais je n'ai mis un genou à terre. Jamais je n'ai songé à abandonner. Jamais je n'ai renié une seule de nos valeurs. Jamais je n'ai lâché prise". Et ce n'est pas maintenant qu'elle compte le faire. Certes, Ségolène a mis sa candidature au poste de premier secrétaire du PS au "frigo" il y a deux semaines, mais ce n'est pas un renoncement. "Nous voyons bien au-delà du congrès de Reims - en novembre, François Hollande passera le témoin - , la vie ne s'arrête pas à ce congrès", assure au point.fr Jean-Louis Bianco, bras droit de Ségolène Royal, ravie de cette performance d'un soir. D'ailleurs, Royal elle-même ne s'en cache pas, la présidentielle de 2012, elle y pense, "bien évidemment". Elle se veut d'ailleurs forte de son expérience de 2007. "J'ai découvert que j'avais de l'endurance. C'est un jeu souvent cruel et même si je ne comprends pas la férocité de certains coups, j'ai pensé à Cyrano de Bergerac qui disait avec panache 'on abdique pas l'honneur d'être une cible ' ".

Bianco : "C'est la seule qui arrive à vous tirer les larmes"

Malgré sa baisse dans les sondages, malgré la forte concurrence au sein de son parti, l'ancienne rivale de Nicolas Sarkozy est revenue au front, convaincue que les Français ont besoin d'elle. Et de railler ceux qui lui ont mis des bâtons dans les roues, depuis "trois ans". "Il y a eu la riante primaire, la courtoise présidentielle, les gentils coups bas, les tendres attaques, les doux cambriolages, les amicales pressions et les charmantes épreuves personnelles..." Et "depuis un an et demi", ceux "qui s'éloignent gaiement, ceux qui trahissent avec grâce, d'autres encore qui méprisent coquettement ! Et de s'étonner : 'mais elle est encore debout ? Et en plus elle continue ?' " Une tirade qui risque d'en agacer plus d'un au PS... Mais Bianco assume et en rajoute : "C'est la seule qui arrive à vous tirer des larmes". Le "style" Royal ? "Elle incarne le mouvement, le renouveau. La dynamique est de ce côté-là", poursuit-il. Sous-entendu : pas du côté de Bertrand Delanoë, ni de Martine Aubry, représentants du "vieux parti", jugés comme "archaïques" par les ségolénistes. "Le congrès va se jouer là, l'ordre face au mouvement", croit savoir un cadre de la Rue de Solférino.
Hormis le show de Royal, les artistes se sont succédés toute la soirée sur la scène du Zénith, parce que, dit la star de la soirée "de tout temps le chant a porté les révoltes". Cali, le groupe de rap Les Neg Marrons et leur célèbre "Bilan", Trust donc, Benjamin Biolay ou encore Ridan, ont mis leur musique gentiment engagée au service de celle qu'ils soutenaient déjà durant la présidentielle, l'an dernier. Cette fois, pour Royal, rien d'impossible, veut-elle croire. Et de répéter ce qu'elle avait lancé le soir de sa défaite à la présidentielle : "Oserais je le dire que quelque chose s'est levé et ne s'arrêtera pas...".
qu'ils ne savent plus toujours ce qu'ils veulent.
Marianne
Relooking extrême pour Ségolène Royal
Hier soir au Zénith de Paris, Ségolène Royal est apparue radieuse, libérée. Et qu'est-ce qu'elle a dit? En gros la même chose : «Je suis radieuse, libérée». Tout un programme.


«Cette femme a indéniablement un certain courage. Après, son camp, c'est son camp!» Le compliment, bourru, est signé Bernie Bonvoisin. Il s'adresse à Ségolène Royal. Si le chanteur de Trust, -bonnet et Ray-Ban inamovibles-, s'est déplacé hier soir au Zénith, « c'est pas pour le PS, ni pour Ségolène, c'est pour la Fraternité ». Comme tous les autres artistes, d'ailleurs. Hervé Villard est même allé rappeler en coulisses qu'il avait déjà chanté pour Jacques Chirac… « Je ne cherche pas à instrumentaliser les artistes », avait souligné Ségolène Royal il y a quelques jours. La distance revendiquée par certains arrange donc tout le monde. A commencer par les lieutenants de l'ex-candidate, qui le répètent : « non, le rassemblement pour la fraternité n'est pas une démonstration de force à quelques semaine du congrès de Reims. Non, il ne s'agit pas d'un Charléty bis ». Foi de Vincent Peillon et de David Assouline.

Etre une femme libérée… c'est facile
Et pourtant ! Après que le mythique « An-ti-so-cial ! » de Trust (il fallait bien ça pour réveiller les 4000 militants assoupis dans la pénombre, sans doute plus à l'aise avec Cali ou Benjamin Biolay), Ségolène Royal a prouvé une nouvelle fois qu'elle était la seule, au PS, a pouvoir électriser une telle foule. Radieuse dans une longue tunique bleue portée sur un jean, les cheveux ondulés, elle a assuré le show, sans musique, pendant plus de 20 minutes. Debout devant son public, elle a arpenté la scène comme une télévangéliste en mêlant tous les registres : la confidence, l'humour, les propos offensifs et les tonalités mystiques qui ont fait son succès. Dans la salle, des militants de Désir d'Avenir, eux, ont recyclé les banderoles de la campagne et on y vont carrément : les « Ségolène, on t'aime ! », enchainés par des « on va gagner, on va gagner ! » fusent de partout.
Hier soir, l'ex-candidate à la présidentielle, qu'on disait marginalisée, a prouvé qu'elle n'était pas sortie du jeu. Et ce bien que certains lui prédisent un congrès difficile. Elle s'en moque et voit déjà plus loin : « J'ai appris qu'il faut savoir perdre sans amertume pour pouvoir un jour gagner sans triomphalisme », lance-t-elle, déclenchant une vague d'hystérie collective dans le public. Devant les siens, elle ironise : « On me dit : « il faut relativiser les épreuves, Ségolène, c'est de la politique, c'est normal les coups ! » Relativisons donc, depuis trois ans, il y a eu la « riante » primaire, la « courtoise » présidentielle, les « gentils » coups bas, les « tendres »attaques, les « doux » cambriolages, les « amicales » pressions et les «charmantes» épreuves personnelles»…
Libérée de ses raideurs, du carcan qui souvent l'enserrait, Ségolène Royal a trouvé une liberté d'allure qui lui faisait jusqu'alors défaut. Dominique Besnehart, son ami agent de stars, n'y est sans doute pas pour rien et, dans un coin de la salle, salue la performance…

25.09.2008

Gaetan

L'an passé au Conseil national de juin, j'avais dénoncé une méthode,
celle des contributions et des motions, obsolète, dépassée, qui ne sert
plus que de paravents à des querelles de personnes. 18 mois plus tard,
cette triste mécanique tourne à plein : nul bilan de nos défaites ou de
leurs causes; nulle amorce de véritable réflexion politique sur ce que
peut et doit être une gauche d'aujourd'hui... Soit!

Parce que la politique est d'abord tournée vers l'action, l'on ne peut
cependant se résigner à ce constat. Le réquisitoire est utile pour
permettre une prise de conscience mais il ne peut suffire! Aussi, et
quoi qu'on en pense, convient-il désormais de *tout mettre en oeuvre
pour que Reims, à défaut d'être réussi, ne soit pas un échec collectif.
*Peut-être même peut-on espérer en faire le modeste point de départ d'un
changement nécessaire. Notre but doit être par conséquent d'exercer une
pression suffisante au cours des prochaines semaines pour que la voix de
la rénovation ne soit pas étouffée; pour que nous soyons suffisamment
nombreux à *exiger une démocratisation de notre parti, par exemple en
réduisant le plus possible la place des clans et des courants*; pour que
les *votes militants *viennent ponctuer, dans le cadre de consultations
et de conventions thématiques *chaque étape de notre réflexion
collective*; pour que vive l'idée d'*assises de l'alternative* ouvertes
non aux états-majors, mais à tous les citoyens désireux de changement;
pour qu'enfin, sur cette base élargie d'un parti rénové, soit élu un
leader qui puisse incarner l'opposition et préparer l'alternance.

Je ne suis pas de ceux qui croient ou font semblant de croire qu'il
suffira pour y parvenir de constituer une majorité arithmétique. *Le
changement viendra non d'une stratégie d'alliance interne mais d'une
dynamique à créer qui seule pourra, au soir du congrès, bouleverser les
accords de façade pour réunir ceux qui aspirent à une véritable
régénération. *C'est la raison pour laquelle, j'ai choisi d'apporter mon
soutien à la démarche politique engagée autour des signataires de la
motion présentée par Gérard Collomb et de Ségolène Royal. Non pour
appuyer telle ou telle personnalité, mais par cohérence avec mes prises
de position depuis plus d'un an. C'est en effet dans le cadre de leur
motion que s'exprimera avec le plus de force et de détermination la
volonté de renouvellement idéologique, démocratique, générationnel sans
laquelle rien ne sera possible.

Gaëtan Gorce

23.09.2008

23 septembre ...

le point
La plus belle !
Les négociations entre les proches de Ségolène Royal et les animateurs de la Ligne claire, les grands élus Jean-Noël Guérini, Gérard Collomb et Vincent Feltesse ont abouti vendredi dernier. Les deux camps se sont rejoints sur "la proximité et la convergence des textes qu'ils ont déposés dans le cadre de la préparation du congrès de Reims qui se tiendra début novembre", selon un communiqué conjoint. Ils affirment être "fiers d'être réformistes", et souhaitent "poser les bases d'une autre politique, basée sur le renforcement de la démocratie". Ils feront donc motion commune à Reims. Le sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb devrait être le premier signataire derrière Ségolène Royal. Cette dernière pourrait alors ressortir sa candidature du "frigo " si la motion obtenait un bon score auprès des militants qui se prononceront le 6 novembre

Martine et fafa
Martine Aubry sera première signataire d'une motion, rassemblant ses amis, ceux de Laurent Fabius, les strauss-kahniens tendance Jean-Christophe Cambadélis et les proches d'Arnaud Montebourg. Samedi, à l'heure de dévoiler de manière alambiquée son ambition de succéder à François Hollande - "Je prendrai toutes mes responsabilités, mais nous n'en sommes pas là. Si nous sommes en capacité, nous déciderons tous ensemble (de qui sera le candidat, NDLR)" - la dame des 35 heures a plaidé pour un "Parti socialiste clairement à gauche". À La Bellevilloise, cette même salle branchée du 20e arrondissement de Paris qu'avait choisie Ségolène Royal pour annoncer sa candidature au poste de premier secrétaire, Martine Aubry s'est employée à faire taire ceux qui fustigent cette alliance de "carpes et de lapins" fabriquée de toutes pièces par les mécanos Jean-Christophe Cambadélis et Claude Bartolone. "Je n'ai jamais pensé que certains camarades étaient anti-Européens", a-t-elle lancé, en référence à la campagne pour le "non" menée par Fabius lors du référendum européen de 2005.

Bertrand
Bertrand Delanoë et François Hollande se sont rapprochés. Ils se sont affichés à l'université d'été de La Rochelle fin août et ont célébré leur union mardi dernier lors d'un meeting commun à Cergy-Pontoise . Ils pourront compter à leurs côtés toute la garde jospiniste, des strauss-kahniens, mais aussi l'ancien Premier ministre Michel Rocard et de grands élus, tels les présidents de région Alain Rousset et Jean-Yves Le Drian. Sur le fond, les deux hommes se définissent comme des "réformistes qui s'assument comme tels, au service d'une efficacité de gauche, et qui sont résolument des soldats de l'idéal européen" (Delanoë, 16 septembre). Le maire de Paris reste le seul candidat officiellement déclaré à la succession de Hollande au poste de premier secrétaire après le "retrait" de Royal et la déclaration prudente d'Aubry . Après une longue hésitation, Pierre Moscovici a en outre annoncé lundi qu'il apportait son soutien à Bertrand Delanoë.

Hamon
Henri Emmanuelli, Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann et Gérard Filoche, tous de l'aile gauche du PS, déposeront une motion commune, pour "une gauche décomplexée". Pas d'alliance avec Aubry, donc, comme cela avait été un temps envisagé. "Loin des synthèses molles et des Meccano improbables, il faut au PS une majorité nouvelle et cohérente, qui incarne une gauche décomplexée et fière de ses valeurs", croient-ils. Pierre Larrouturou, l'avocat de la semaine de travail de quatre jours, les a rejoints samedi. En outre, les négociations engagées avec le volubile sénateur Jean-Luc Mélenchon ont abouti in extremis lundi à un accord avec la motion Hamon-Emmanuelli. Par ailleurs, Benoît Hamon, 41 ans et leader du Nouveau Parti socialiste (NPS), dont le poids est estimé à 15 %, a annoncé sa candidature à la succession de François Hollande Lundi..

Pole écologique
Le pôle écologique du PS déposera une motion au congrès de Reims pour, disent-ils, "prendre en compte l'urgence écologique au même titre que l'urgence sociale". Parmi les signataires, le député de Paris Christophe Caresche, un temps tenté par l'aventure Delanoë. Le petit mouvement Utopia aura également sa motion seul, "sous notre propre drapeau", préfère dire son porte-parole Franck Pupunat. La motion s'intitulera "Socialiste, altermondialiste et écologiste". "Nous demandons, entre autres, la régularisation des sans-papiers et la sortie du nucléaire. Nous expliquons également que nous sommes contre la religion de la croissance", raconte Pupunat au point.fr. Surtout, "nous appelons à un vote sanction contre le spectacle infligé aux Français par les dirigeants socialistes". Utopia espère rassembler 2 % des votants le 6 novembre

Zenith Paris

Bonjour ,
Je vous confirme qu’un bus sera disponible pour notre grand rassemblement du Zenith de samedi , il partira de Feuquiere , s’arretera à Abbeville , Amiens ect..
J’aurai plus de précisions a partir de jeudi ..

Jean Rivera
Animateur Da Sommes

23092008

Congrès du PS : le cas Hamon et l’hypothèse Peillon
Ainsi, à quelques jours du dépôt des motions, une première clarification a eu lieu au sein du Parti socialiste. Inutile de gloser à l’infini sur les tractations de couloirs qui ont permis cette clarification, il s’agit de politique et donc de l’art de passer des alliances et de faire des compromis. Il ne sert à rien en la matière de jouer les vierges effarouchées : en politique, on n’a jamais raison tout(e) seul(e)...


Constatons que quatre axes principaux se sont dégagés des tractations de ces dernières semaines, parmi lesquels les militants auront à faire un premier tri. Notons également que du poids respectif qu’auront donné les militants à ces quatre forces dépendra en grande partie la deuxième phase de clarification qui déterminera, à l’issue du vote sur les motions, un pôle majoritaire et un voir deux pôles minoritaires, ainsi que le nom du prochain premier secrétaire.
Passons en revue les quatre forces principales en présence :

1. L’aile ségo-libérale
Ségolène Royal a finalement noué une alliance avec les animateurs de "La ligne claire", les barons de province du socialisme, comme le maire de Lyon, Gérard Collomb, et le patron des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, mais aussi le député de l’Essonne Manuel Valls, le très "libéral compatible" et qui plaide pour le renoncement du Parti socialiste à sa référence au socialisme. Nous trouvons là tous ceux qui au PS penche vers une redéfinition de la stratégie d’alliance du Parti socialiste en la déportant vers le MoDem. De Royal à Valls et de Valls à Bayrou, il y a là en effet une certaine cohérence politique social-libéral ;

2. Le centre delano-démocrate
Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, s’est allié à l’actuel premier secrétaire, François Hollande, dont le poids reste fort dans les fédérations socialistes, et vient d’enregistrer un soutien de poids en la personne de Jean-Marc Ayrault, le patron des députés socialistes à l’Assemblée nationale et qui fut très proche de Ségolène Royal durant la campagne des présidentielles. Ce dernier souhaite d’ailleurs que Delanoë "tende la main à Ségolène Royal et à ses amis". Ils sont la première partie du pôle social-démocrate.

3. Le centre social-aubryiste
La maire de Lille, Martine Aubry, est quant à elle à la tête d’une coalition qui réunit des strauss-kahniens (comme Jean-Christophe Cambadélis), Arnaud Montebourg, Laurent Fabius et ses amis, ainsi que de nombreux cadres du Nord-Pas-de-Calais. Eux aussi sont des sociaux-démocrates avec une coloration sociale légèrement plus marquée.

4. L’aile hamo-réformiste
Benoît Hamon est parvenu à réunir la gauche du Parti socialiste : Henri Emmanuelli, les anciens ministres Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès, et enfin Gérard Filoche. Si la social-démocratie n’est pas une appellation en laquelle ils se reconnaissent, on note dans leurs différentes contributions l’émergence d’un socialisme moderne, adepte de la réforme, à la fois ambitieux et ancré dans les réalités du XXIe siècle, très européen.
Manque Moscovici qui après avoir longtemps tenu la corde aura finalement fait les frais de ce petit jeu des alliances. Il se déterminera sans doute bientôt, sans que cela puisse sensiblement changer la donne. Nous possédons donc à cette heure de toutes les cartes qui nous permettent de nous lancer dans un petit jeu de prospective politique :

Première hypothèse : La motion delano-démocrate arrive en tête - Le maire de Paris est en position de maintenir sa candidature à la tête du PS et l’hypothèse d’un rapprochement avec la branche ségo-libérale devient envisageable. A moins que Bertrand Delanoë ne préfère faire l’union des sociaux-démocrates en privilégiant une alliance avec Martine Aubry. S’il ne faisait pas ce choix, cette dernière pourrait alors décider soit de rejoindre l’axe qui se serait constitué à la droite du PS, soit de s’allier avec Benoît Hamon et constituer un pôle minoritaire qui plus conséquent aurait d’autant plus les moyens de peser. En tout état de cause, Delanoë deviendrait premier secrétaire du PS.

Deuxième hypothèse : La motion ségo-libérale arrive en tête - En ce cas, il est fort probable que ni Delanoë ni Aubry ne consente à faire l’appoint et qu’ils décident en conséquence de se rapprocher, faisant candidat au poste de premier secrétaire celui des deux qui serait devant l’autre. Le reste dépendrait alors très fortement du poids du pôle hamo-réformiste tel qu’il serait ressorti du vote des militants, lequel pôle - quoi qu’en espère depuis longtemps les ségolénistes - ne devrait pas consentir à s’allier par-dessus les centres avec l’aile ségo-libérale. Ainsi, si Benoît Hamon réussit son pari de fédérer les forces de gauche de ce parti et à peser suffisamment lourd, il serait en position d’entrer dans la constitution d’une majorité qui, penchant clairement à gauche (c’est-à-dire en particulier assez loin du MoDem) n’aurait d’autre choix que de s’atteler à l’élaboration de ce projet ambitieux, innovant et cohérent dont a fini par désespérer la gauche.
Cette deuxième hypothèse est selon moi la plus probable, qui donnerait quelque 25 à 30 % aux motions delano-démocrate et ségo-libérale, 20 à 25 % à la motion social-aubryiste et 15 à 20 % à l’aile gauche du PS. Quelques points en plus ou en moins ici ou là conduiraient soit à une majorité étriquée qui verrait le Parti socialiste continuer dans l’immobilisme où chacun des présidentiables s’efforceraient de miner l’avènement de tous les autres, soit à une majorité conséquente et contrainte cette fois de produire ce projet moderne et de gauche qu’on attend depuis trop longtemps et qui consacrerait l’émergence d’un véritable Nouveau Parti socialiste.
On l’aura compris - et même si j’attends encore de me plonger dans la lecture des motions - je penche pour ma part pour apporter mon soutien à la motion portée par Benoît Hamon et ses amis, avec l’espoir que ceux-ci pèsent suffisamment pour entrer dans une synthèse majoritaire qui orienterait vers l’action et l’audace l’ensemble du Parti socialiste.
A moins que...

L’hypothèse Vincent Peillon - Je l’ai dit depuis longtemps, un congrès de reconstruction aurait été un congrès qui pour en finir avec les vieilles querelles stériles aurait mis sur la touche les vieux querelleurs, c’est-à-dire cette génération de responsables issue du mitterrandisme et qui s’entre-déchirent depuis une
à deux décennies, les Delanoë, Royal, Hollande et Aubry rejoignant sur les lignes arrières les DSK, Fabius et Jospin. On aurait eu alors un congrès qui aurait fait la part belle à un débat de fond et qui se serait articulé autour de nouvelles personnalités et en particulier celles de Vincent Peillon et Benoît Hamon. Le moins qu’on puisse dire est qu’on refusa de s’engager dans une telle direction de rupture.
Néanmoins, paradoxalement, en se neutralisant les uns les autres, les barons du mitterrandisme pourraient n’avoir en définitive d’autre porte de sortie que de se mettre d’accord autour d’un autre que l’un d’entre eux. Or, il apparaît de plus en plus clairement et à de plus en plus de socialistes que Vincent Peillon puisse être celui-là.
La solution Peillon aurait un double avantage, dont le deuxième est un handicap : non seulement le PS sortirait par le haut de son congrès et dans une certaine unité, un Parti socialiste suffisamment solide pour se mettre enfin sérieusement à son travail d’opposition au sarkozysme et de proposition d’une alternative innovante à gauche. Mais, en sus, il ne faudrait alors pas six mois à Vincent Peillon, premier secrétaire du Parti socialiste, pour acquérir auprès des Français aussi bien notoriété que popularité. Ce qui de facto en ferait rapidement le meilleur des présidentiables - fait qui constitue en réalité le frein majeur à la concrétisation d’une telle hypothèse, tant les vieux présidentiables auront à cœur d’étouffer dans l’œuf une menace qui pèserait trop lourdement sur leurs ambitions personnelles.
Aussi, cette hypothèse Peillon ne pourra surgir que d’une pression exercée très fortement depuis les militants, qui siffleraient la fin de la récréation des ego.
Delanoë premier… en librairie
Martin Courcier et Rosalie Lucas | 21.09.2008, 07h00







A DEUX MOIS du congrès de Reims, Bertrand Delanoë, Ségolène Royal et Martine Aubry sillonnent la France, leur livre sous le bras. De Roubaix à Avignon, tous trois enchaînent les séances de dédicaces pour rencontrer leurs lecteurs et, surtout, booster les ventes, tout en faisant campagne. Au programme, quotidien ou presque : une librairie et une rencontre avec les militants locaux.


Sorti le premier, au mois de mai, « De l’audace ! » de Bertrand Delanoë satisfait son éditeur, Robert Laffont, qui parle de « bons chiffres » avec 46 000 exemplaires. « Si la gauche veut des idées », que Ségolène Royal cosigne avec Alain Touraine, a, depuis le mois de juillet, été vendu à 35 000 exemplaires. La présidente de la région Poitou-Charentes assure que son éditeur est « stupéfait » par ce chiffre. « C’est pas mal du tout », reconnaît-on effectivement chez Grasset, surtout pour « un ouvrage sérieux écrit avec un sociologue de haut niveau ». Enfin, « Et si on se retrouvait… » de Martine Aubry, sorti il y a trois semaines aux Editions de l’Aube, a été mis en place à 10 000 exemplaires dans les librairies. « Nous sommes déjà en train d’en réimprimer 3 000, ce qui montre que cela marche », se vante l’éditeur.

Les libraires, eux, sont moins enthousiastes. Si les ouvrages des trois prétendants à la succession de François Hollande à la tête du PS partaient « assez bien » au moment de leur sortie, les ventes se sont essoufflées assez vite. « Ils sont bien exposés, explique-t-on à la Fnac Bellecour de Lyon, mais ces derniers jours on nous en demande très peu. »

En rayon jusqu’en novembre

Les libraires se risquent malgré tout à un palmarès en mettant en tête Delanoë, devant ses deux rivales. Chez Virgin, on assure que, au démarrage, c’est le maire de Paris qui s’en est le mieux sorti : « Il a vendu deux fois plus que Royal et dix fois plus qu’Aubry lors des premières semaines. » A la Fnac Bellecour de Lyon, Delanoë est également en tête, mais la maire de Lille devance Royal.

Les trois ouvrages, même si les ventes se tassent, devraient rester en rayon jusqu’à la désignation du nouveau premier secrétaire du PS en novembre, après le congrès de Reims. Un événement que suivront de près les trois éditeurs, qui espèrent tous, pour relancer les ventes, que c’est leur « poulain » qui l’emportera.

« De l’audace ! », Bertrand Delanoë, Ed. Robert Laffont. 20 € . « Si la gauche veut des idées… », Ségolène Royal et Alain Touraine, Ed. Grasset. 20 €. « Et si on se retrouvait… », Martine Aubry, Editions de l’Aube. 19,20 €.

20.09.2008

Le Figaro

Alors que Ségolène Royal annonce comme prévu un accord avec les «barons locaux» du PS, Martine Aubry confirme qu'elle déposera sa motion. Quant à Pierre Moscovici, il se dit «perplexe».

A quelques jours du dépôt des motions en vue du Congrès de Reims, dont la date limite est fixée à mardi, c'est l'heure des dernières manœuvres au PS. Revue des troupes.

Ségolène Royal annonce ainsi vendredi soir, par l'intermédiaire d'un de ses proches, David Assouline, qu'elle est parvenue comme prévu à un accord avec les tenants de «la Ligne Claire», une contribution qui réunit les grands «barons locaux» du PS : le maire de Lyon Gérard Collomb, le président de l'agglomération bordelaise Vincent Feltesse et le puissant patron de la fédération socialiste de Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini.

Martine Aubry réplique quelques instants plus tard : la maire de Lille, qui n'a pas réussi à s'imposer comme une prétendante sérieuse à la succession de François Hollande, malgré ou à cause- du soutien des fabusiens,, ira au bout de son combat en déposant elle aussi une motion.

Autre mouvement de troupes, cette fois sur l'aile gauche du PS : Jean-Luc Mélenchon, signataire d'une contribution, propose un rapprochement avec les autres «gauchistes», Benoît Hamon et Henri Emmanuelli. Ces derniers, ainsi que Marie-Noëlle Lienemann et Gérard Filoche, ont annoncé un peu plus tôt qu'ils présenteraient bel et bien une motion proposant une «gauche décomplexée».

Enfin, Bertrand Delanoë, qui a reçu cette semaine le soutien remarqué de François Hollande, devrait déposer sa propre motion, que le futur ex-premier secrétaire a qualifiée «d'axe central» pour un changement «dans la continuité» de son héritage.

Reste donc une seule inconnue : que fera Pierre Moscovici, qui a échoué dans sa tentative de réunir les strauss-kahniens la plupart ont préféré rejoindre Bertrand Delanoë ou Martine Aubry ? Pour le moment, l'ancien ministre de Lionel Jospin se dit «perplexe». Il explique sur son blog qu'il préfère attendre «lundi ou mardi» pour faire son choix parmi «quatre possibilités», dont aucune ne le satisfait.

Soit le député du Doubs dépose sa propre motion, ce qui risquerait «d'aggraver la fragmentation du parti », soit il rallie «l'attelage de la carpe et du lapin» entre Aubry et les fabusiens, ce qui ne semble pas lui convenir. Autre solution : rallier Delanoë. Un choix de «cohérence», mais qui ne serait pas celui «du changement», résume-t-il. Quant à la possibilité de rallier Royal, il semble l'exclure : «Ce replâtrage ne me convient pas, d'autant que la force propulsive de sa démarche, en l'absence de changement, s'essouffle». Réponse en début de semaine, donc.

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