17.11.2008
gaetan
Il arrive que ses analyses soient confirmées par la réalité. Je n'ai
malheureusement pas à m'en réjouir aujourd'hui.
Voici en effet 18 mois que je dénonce obstinément les risques que
représentait l’organisation d’un Congrès si tardivement les élections
présidentielles et législatives. Ce furent, effectivement, au vu de ce
qui s’est passé ce week-end, 18 mois de perdus. Un Congrès organisé
selon le même rituel, désuet, obsolète, des contributions, des motions
et du scrutin proportionnel classique ne peut offrir à la situation dans
laquelle nous nous trouvons aucune solution. Ce week-end en a apporté
une nouvelle démonstration.
Tant que les clivages de notre parti seront fondés sur des querelles de
personnes et des considérations tactiques qui n’ont rien à voir avec le
fond des questions que nous avons à traiter, aucun changement ne pourra
véritablement intervenir.
Benoît Hamon se trompe lorsqu’il estime qu'il faut encore renforcer la
proportionnelle. On le voit bien à l’issue de ce congrès, et c’est ce
qui le différencie de celui de Rennes : il n’existe aujourd’hui qu’une
issue et c’est le vote des militants. Il est heureux que l’on ait prévu
cette possibilité sans laquelle il nous serait impossible d'envisager de
sortir de l'impasse aujourd’hui! Pour autant, n’aurait-il pas mieux
valu, comme je l’avais suggéré lors de la convention de La Villette, que
nous inversion notre propre calendrier, et que l’élection de notre
Premier secrétaire intervienne en même temps que le vote des motions, et
en tout cas, avant le congrès lui-même?
Dans une telle hypothèse, le week-end noir que nous venons de connaître
aurait été transformé en un week-end de reconstruction et de renaissance
du Parti socialiste, entrant dans son congrès avec un leader, mobilisé
autour de l’orientation politique qu’il aurait défini et s’adressant
clairement aux Français. Tant que les socialistes privilégieront leurs
enjeux internes sur le seul enjeu qui vaille : reconquérir les
responsabilités et battre la droite, ils ne pourront pas espérer
atteindre ce second objectif. J’ai apporté, voici quelques semaines, mon
soutien à Ségolène Royal. Au vu de ce qui s’est passé durant tout ce
week-end, je suis conforté dans mon choix Il faut que ce congrès soit le
dernier de cette sorte : le der des ders, non pour l’image, mais aussi
pour l’avenir du parti socialiste.
Nous avons besoin, Ségolène Royal a raison, de retrouver de la
fraternité, de la générosité, le goût des idées et modifier dans ce sens
nos comportements. Le Parti socialiste est arrivé à un point critique de
son histoire, notamment parce que celles et ceux qui en ont la
responsabilité n’en ont pas pris conscience. Lorsque l’on perd ainsi de
vue ses intérêts vitaux, on se met en danger de disparaître. C’est bien
là ce qui pourrait arriver, si un sursaut n’intervenait pas ce jeudi.
Il est temps de nous remettre au travail, dans un esprit de
rassemblement et avec le souci de procéder au renouvellement
indispensable des équipes, des méthodes et des idées, sans lequel la
Gauche demeurera figée dans ses contradictions et ses oppositions internes.
Gaëtan Gorce
Retrouvez aussi l'intégralité de mon discours de Reims
17:03 Publié dans congres de Reims | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





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