29.11.2008

apaisement

Leur rencontre, mercredi Rue de Solferino, fut nettement plus cordiale que les appels téléphoniques échangés pendant cette fameuse nuit du deuxième tour de l'élection du premier secrétaire. Martine Aubry et Ségolène Royal ont convenu de se voir une nouvelle fois, samedi 29 novembre. Entre les deux rivales, le climat est à l'apaisement ; il pourrait même se traduire par un rapprochement. Si rien n'est encore fixé - la réunion de samedi sera décisive - elles n'excluent pas de faire bouger les lignes. Etant donné les difficultés qui attendent le PS, à peine sorti d'un congrès où il a étalé au grand jour son incapacité à dépasser les ambitions contradictoires de ses dirigeants, les deux principales figures du parti se découvrent des intérêts convergents.



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Si elle veut que son parti puisse de nouveau parler à l'opinion, la nouvelle première secrétaire n'a d'autre alternative que de pousser les feux de la rénovation. Il faut faire vite car les prochaines échéances européennes s'annoncent à haut risque. Or, pour s'imposer face à sa rivale, Mme Aubry a mis en avant des thèmes (refuser toute alliance avec le centre, un mot d'ordre contradictoire avec les pratiques locales des élus socialistes, et s'opposer à un abaissement du prix des cotisations) qui l'installent dans une position défensive.

Comme l'a confirmé son premier discours, mardi devant le conseil national, elle ne dispose pas d'une feuille de route très précise. Le texte programmatique ébauché à Reims avec les amis de Bertrand Delanoë et de Benoît Hamon, est resté embryonnaire.

Confrontée aux pressions contradictoires de ses alliés - en particulier de l'aile gauche du PS qui a permis son élection et revendique à la fois des postes et de l'autonomie - la première secrétaire ne ferme la porte à aucun rapprochement. Elle sait qu'il lui sera difficile de diriger le parti face à Ségolène Royal, désormais à la tête d'une minorité qui se veut une "presque-majorité", forte d'une popularité retrouvée et redevenue une présidentiable à part entière.



NÉGOCIATION



De son côté, Mme Royal peut difficilement s'opposer à une direction qui donnerait le signal de la rénovation. "Nous sommes disposés à jouer le jeu, à condition que nos propositions soient reprises", dit-on dans son entourage, où l'on évoque l'organisation d'une "convention de la rénovation". Consciente qu'elle ne pourra mener bataille en 2012 sans le soutien du PS, Mme Royal se verrait bien dans le rôle de la pacificatrice. Cependant, la rapidité avec laquelle elle a de nouveau évoqué la prochaine présidentielle, mercredi dans un message diffusé à ses réseaux Désirs d'avenir, a irrité une partie de son entourage. "L'objet des dix jours et des mois qui viennent ce n'est pas 2012, c'est d'abord de rassembler le Parti socialiste", a fait savoir jeudi le député européen Vincent Peillon sur Europe 1. Quant aux grands élus engagés derrière Mme Royal, ils poussent à la négociation. Samedi, Jean-Noël Guerini, figure du PS des Bouches-du-Rhône, devait être présent dans la délégation qui rencontrera Mme Aubry.

Jean-Michel Normand

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