30.11.2008
Mais ou sont les voix ???
Blackout au PS sur les chiffres de l'élection de Martine Aubry
Par Julien Martin | Rue89 | 28/11/2008 | 21H50
Après recomptage, l'écart en faveur de la maire de Lille est passé de 42 à 102 voix, mais impossible d'avoir les résultats détaillés.
Samedi 22 novembre, 5h40 du matin, les journalistes reçoivent par e-mail les résultats fédération par fédération du second tour du scrutin pour le premier secrétaire du PS, soit 7h40 après la clôture des votes en France métropolitaine. Martine Aubry devance Ségolène Royal de 42 voix.
Tollé chez les royalistes, qui crient au "vol", réclament un "nouveau vote" et menacent d'aller en justice. C'est finalement la commission de récolement qui examine les litiges lundi et mardi. Et le conseil national acte mardi soir les travaux de cette commission, qui accroît encore l'écart en faveur de la maire de Lille et confirme donc sa victoire:
La question est sur les lèvres de nombreux journalistes à peine le vote du conseil national passé: de quelles sections proviennent ces 60 nouvelles voix d'écart? En guise de réponse, l'un des principaux soutiens de Martine Aubry éclate de rire...
"C'est la majorité politique qui a tranché, pas les règles juridiques"
Les jours passent, et toujours pas trace des résultats fédération par fédération du second tour corrigés par la commission de récolement. Contacté ce vendredi par Rue89, le service de presse du Parti socialiste est peu bavard: "On ne les a pas." Les aura-t-on un jour? "On ne sait pas."
Le camp Royal non plus ne sait pas s'il les aura un jour. Jean-Pierre Mignard, président de Désirs d'avenir et l'un des treize membre de ladite commission, ne s'en offusque plus qu'à moitié:
"Vous n'imaginez pas dans quelles conditions on a travaillé, on n'avait même pas les copies des PV de toutes les fédérations avant la commission de récolement. C'est la majorité politique qui a tranché, pas les règles juridiques. Voilà la vérité historique, on ne saura jamais qui a gagné."
"Le vote du 21 novembre restera pour toujours entaché d'un soupçon"
Soutien de Bertrand Delanoë, Pierre Moscovici ne disait pas autre chose sur son blog au lendemain du conseil national, mais lui a tout de même voté en faveur des conclusions "politiques" et "conventionnelles" de la commission de récolement:
"Nous n'avions hier le choix qu'entre des inconvénients. L'inversion du résultat n'était pas justifiable. Un nouveau vote aurait encore dégradé le climat, déjà irrespirable, dans lequel nous vivons. La menace judiciaire était, est toujours insupportable, invivable. (...)
Il fallait donc prendre acte du résultat, politique, de la commission de récolement, qui a conventionnellement donné 102 voix d’avance à Martine Aubry. Le vote du 21 novembre restera pour toujours entaché d'un soupçon, mais le conseil national devait prendre ses responsabilités."
"Ils n'existent pas! Il n'y a que les journalistes pour y croire"
Plus direct encore, mais planqué derrière un anonymat réclamé, un des camarades ralliés à Martine Aubry sur le tard se gausse qu'on l'on puisse chercher à connaître aujourd'hui ces résultats:
"Ils n'existent pas! Il n'y a que les journalistes pour croire qu'il y a eu une vraie commission de récolement..."
Egalement joints par Rue89, Daniel Vaillant, président de la commission, ainsi que Kader Arif et Bruno Le Roux, représentants de la direction du parti au sein de la commission, n'ont pas répondu aux messages laissés sur leur téléphone portable ou à leur assistant.
Seul un très proche de Martine Aubry a accepté ce vendredi de nous envoyer les résultats corrigés par e-mail, "mais plutôt ce soir". A cette heure, toujours rien, malgré plusieurs rappels et messages restés sans suite.
Jean-Pierre Mignard endosse de nouveau ses habits d'avocat de Ségolène Royal, qu'il est dans la vie, pour s'indigner encore une fois de l'absence générale de transparence sur ce vote:
"Nos concitoyens doivent être certains que les partis politiques à qui on donne de l'argent public agissent conformément à la loi
09:13 Publié dans parti socialiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.11.2008
reconciliation?
Le camp Royal "totalement disponible pour l'unité" du PS
lepoint.fr (avec agence)
Vincent Peillon, Ségolène Royal, Noël Guerini et François Rebsamen, samedi 29 novembre au siège du Parti Socialiste (VIIe arrondissement de Paris) AFP PHOTO MEHDI FEDOUACH
Imprimez Réagissez Classez Retrouvez notre dossier spécial "Cohabitation au PS"
La première secrétaire du PS Martine Aubry et Ségolène Royal ont discuté samedi de la nouvelle direction du parti, Mme Royal se disant "disponible" à coopérer, tandis que Mme Aubry veut d'abord discuter d'un texte d'orientation qu'elle prépare avec les autres sensibilités du PS. A cette rencontre qui a duré une heure et quart au siège du PS - la deuxième entre les deux ex-rivales depuis la désignation de Mme Aubry - participaient également Harlem Désir, proche de Bertrand Delanoë, François Lamy, bras droit de Mme Aubry, ainsi que trois proches de Mme Royal: l'eurodéputé Vincent Peillon, le patron des socialistes des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guerini et le maire de Dijon François Rebsamen.
"On a dit toute notre disponibilité pour mettre notre énergie collective au service de la rénovation du parti" et "pour faire en sorte que l'unité et le rassemblement soient là", a affirmé Mme Royal aux journalistes massés devant les grilles de la rue de Solférino, à l'issue de la rencontre. "On n'a pas abordé" le sujet de la répartition des postes au sein de la direction, a-t-elle dit. "Nous avons discuté du texte d'ortientation que Martine Aubry présentera", a souligné Mme Royal, en ajoutant que toutes les deux "partageaient" l'idée d'une rénovation du PS en "un parti de masse, ouvert". "Nous attendons les propositions que fera Martine Aubry pour organiser sa direction".
"Ce qui n'a pas été fait au congrès de Reims doit être fait maintenant"
La maire de Lille n'a pas fait de commentaire à la sortie, mais un de ses proches collaborateurs, David Lebon, a précisé "la méthode" qui sera la sienne pour constituer son équipe, qui doit être soumise samedi 6 décembre au conseil national (parlement) du PS. "Pour avoir une direction politique il faut une majorité politique" basée sur "un texte d'orientation. Ce qui n'a pas été fait au congrès de Reims doit être fait dans le cadre du projet" que la patronne du parti présentera au conseil national, a expliqué M. Lebon. "Il s'agit de continuer ce qui a été entrepris à Reims avec les motions de Bertrand Delanoë et de Benoît Hamon", a-t-il ajouté.
Le texte d'orientation que Mme Aubry entend publier au milieu de cette semaine sera basé sur un compromis acté à Reims entre les motions Aubry, Delanoë et Hamon. "A partir de cet accord", Mme Aubry "va discuter avec les partisans de la motion de Ségolène Royal", a-t-il dit. "Il ne s'agit pas de gommer les différences". "S'il y a des convergences possibles, il est normal que l'équipe de Mme Royal intègre à part entière la direction". Mais "s'il n'y a pas d'accord, Martine Aubry fera l'effort de proposer l'intégration à la direction de partisans de Mme Royal, mais ses propositions ne seront pas de même nature", a précisé M. Lebon
15:50 Publié dans parti socialiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
réunion
Notre prochaine réunion se tiendra le :
Mardi 16 décembre 2008 19h30
Salle annexe Mairie de Camon
Pour plus d'information , vous pouvez contacter :
jean Rivera
0680150306
rivera.jean@wanadoo.fr
07:29 Publié dans comité local | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
rapprochement
28 novembre 2008
Guérini: «Pas de bâtons dans les roues d’Aubry»
INTERVIEW. Le président du conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, a soutenu «Ségolène», mais il est prêt à travailler avec «Martine» : il joue, comme toujours, le pragmatisme. «Pour moi, l’urgence, ce n’est pas 2012», explique-t-il à Libération. Histoire de prendre ses distances avec Ségolène Royal.
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Depuis dix ans, l’homme fort du PS dans les Bouches-du-Rhône avait toujours su se placer du côté du manche. Pour la première fois, il fait partie du camp des perdants. A l’ex-candidate à l’Elysée, il a apporté, dans le combat au sein du PS, tout le poids de sa fédération, qui a voté à chaque fois à 70 % pour elle, en toute spontanéité bien sûr. Qu’importe : il compte remonter en selle avec Martine Aubry. C’est qu’il pèse son poids de grand élu, avec les 11 000 militants de sa fédération.
Vous vous retrouvez dans l’opposition au sein du PS ?
J’ai effectivement dit cela. Mais maintenant, j’attends les propositions de Martine Aubry, sa conception de la rénovation. Mercredi, il y a eu une rencontre avec Ségolène Royal. Ça s’est bien passé. Il y en aura une autre samedi, à laquelle je participerai. Nous allons rentrer dans les détails. Si les propositions qui nous sont faites vont dans le bon sens, nous travaillerons tous ensemble. Je ne ferai rien pour mettre des bâtons dans les roues de Martine Aubry.
Vous désirez participer à la direction du parti ?
Je ne cherche aucun poste.
Vous ne vouliez pas de présidentiable à la tête du PS, c’est raté…
Je ne change rien à cette idée. Je n’ai pas entendu dire que Martine Aubry était candidate. Arrêtons avec la présidentielle !
Pourtant, Ségolène Royal ne parle que de cela et veut organiser des «fêtes de la fraternité»…
Ce n’est pas d’actualité. Pour moi, l’urgence, ce n’est pas 2012 ! Qu’on se préoccupe du fond ! Qu’on se reconnecte à la réalité ! Un peu de modestie et d’humilité. On a vu où nous ont conduit les querelles de personnes.
Y aura-t-il néanmoins un courant Ségolène Royal ?
J’arrête avec ces courants, les sensibilités… Je ne suis pas dans une écurie de présidentiable. Je suis au PS. Au moment venu, en 2011, on choisira.
Au plus fort du combat, vous avez dit que votre «maître en politique, Gaston Defferre [ex-maire de Marseille, ndlr], devait se retourner dans sa tombe».
Mais oui ! Des invectives, des propos blessants, stupides ont ridiculisé le parti… On se battait entre nous. Ce que j’ai dit, avec Gérard Collomb [maire de Lyon, ndlr, lire ici l'article de Libé Lyon], depuis plusieurs mois, c’est que le PS, grisé par ses victoires locales, a perdu le contact avec les forces vives, les syndicats, le monde associatif, les intellectuels. A force de batailler pour des questions de personnes, l’essentiel a été oublié.
Vous avez eu peur de l’éclatement ?
Jamais ! Le PS est le parti de l’éternel débat. Il n’y a pas plus démocratique. Même si des désaccords entre les personnes existent, tant qu’il y a débat, le PS n’implosera pas.
Vincent Peillon, qui était à vos côtés avec Ségolène Royal, a exprimé des «doutes» sur la sincérité du vote.
L’élection de Martine Aubry, on peut en penser ce qu’on veut.
Mais saisir la justice ?
Je désapprouve ce genre d’initiative. On ne va pas en justice contre son propre parti.
Les Bouches-du-Rhône sont souvent montrées du doigt pour quelques tripatouillages, au moment du vote…
Au contraire : depuis quatre ou cinq jours, la fédération des Bouches-du-Rhône est citée en exemple ! Pourquoi nous faisons des scores aussi importants quand nous prenons position ? C’est le fruit d’un travail pour rassembler. Nous avons rassemblé.
«De la vieille chenille va sortir un nouveau papillon», dit Arnaud Montebourg. Vous y croyez ?
Arnaud est un grand philosophe. Sommes-nous capables de travailler ensemble au-delà de nos différences ? A la première secrétaire de faire des propositions.
RECUEILLI PAR MICHEL HENRY
LYON,
de notre correspondant
Ils se sont rangés derrière elle en 2006. Aujourd’hui, sans prendre leurs distances avec Ségolène Royal, ceux qu’on appelle les barons du camp royaliste, Gérard Collomb, le maire de Lyon, et Jean-Noël Guérini, le président du conseil général des Bouches-du-Rhône (lire ci-contre), se disent prêts à faire un bout de chemin avec Martine Aubry, l’irréductible adversaire de leur championne.
C’est ce que confie, en privé, Collomb qui se dit atterré par le spectacle qu’offre le PS depuis quelques jours. Il a plaidé l’apaisement, veut que le parti tourne la page, que les blocs parviennent à dépasser la crise pour travailler ensemble. Si cela se fait, alors le maire de Lyon, premier signataire de la motion Royal, est «disponible» pour travailler avec la nouvelle direction. Et pour que l’on comprenne à quel point il a peu goûté les jours qui viennent de s’écouler, il ajoute : «J’y prendrais de toute façon plus de plaisir que dans la période que nous venons de vivre.»
Dîner. Collomb a plusieurs fois tenté de jouer les passerelles entre Royal et Aubry. Soutien de la première à la primaire présidentielle de 2006, il avait pris un peu de distance et failli rejoindre Aubry cet été, avant qu’elle ne s’allie avec Laurent Fabius. Il s’était alors entendu avec Royal, lors d’un dîner secret qui s’était tenu début septembre à Lyon, chez Najat Belkacem, porte-parole de Royal et adjointe de Collomb. L’union s’était formalisée après que la Poitevine ait accepté de mettre provisoirement au frais sa candidature au poste de premier secrétaire. Collomb a maintenu des liens avec Aubry, ils se sont régulièrement téléphonés.
Puis est venu le vote plaçant les deux candidates au coude à coude. Collomb est alors prudemment rentré aux abris pendant que les coups fusaient. Il n’était même pas mardi au conseil national, retenu à Lyon par son conseil municipal. «On ne sait pas ce qui s’est réellement passé, on ne sait pas s’il y a eu tricherie. Cela ne sert à rien de parler», expliquait son entourage. «En interne, j’ai toujours plaidé, pendant ces quelques jours, pour que l’on puisse surmonter la crise», ajoute Collomb. Son chef de cabinet a sondé les militants de sa motion pour savoir ce qu’ils pensaient de la situation. Il a ensuite transmis une note à Royal pour la prévenir qu’une judiciarisation du vote serait très mal perçue.
Chez lui, il avait depuis longtemps pacifié la situation. Avant même l’élection d’Aubry, un accord avait été trouvé avec les représentants des quatre principales motions, pour se répartir les postes dans le Rhône, et ne présenter qu’un candidat au secrétariat fédéral. Les partisans de Benoît Hamon se sont ensuite dédits car l’accord avait été publié prématurément.
«Accord». Désormais, Collomb aimerait à présent une entente nationale. «Il faut un accord entre elles et entre les équipes», assure-t-il. Si cela se fait, pourrait-il lui-même accepter un poste ? «Je suis disponible, mais je n’ai jamais cherché de poste dans ce congrès. Cela peut se faire s’il y a d’abord un accord du groupe que nous avons formé autour de Ségolène Royal. Puis, si le parti a besoin de moi et que cela correspond à ce que je sais faire. Alors ce serait volontiers.» Il propose une «conférence des grands élus», qui ferait «remonter les facteurs de réussite» expérimentés localement. Du coup, l’idée avancée par Aubry d’un «conseil national des territoires» va, selon lui, dans le bon sens
07:25 Publié dans parti socialiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
apaisement
Leur rencontre, mercredi Rue de Solferino, fut nettement plus cordiale que les appels téléphoniques échangés pendant cette fameuse nuit du deuxième tour de l'élection du premier secrétaire. Martine Aubry et Ségolène Royal ont convenu de se voir une nouvelle fois, samedi 29 novembre. Entre les deux rivales, le climat est à l'apaisement ; il pourrait même se traduire par un rapprochement. Si rien n'est encore fixé - la réunion de samedi sera décisive - elles n'excluent pas de faire bouger les lignes. Etant donné les difficultés qui attendent le PS, à peine sorti d'un congrès où il a étalé au grand jour son incapacité à dépasser les ambitions contradictoires de ses dirigeants, les deux principales figures du parti se découvrent des intérêts convergents.
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Eclairage La fraude, une pratique ancienne dans la plupart des partis
Si elle veut que son parti puisse de nouveau parler à l'opinion, la nouvelle première secrétaire n'a d'autre alternative que de pousser les feux de la rénovation. Il faut faire vite car les prochaines échéances européennes s'annoncent à haut risque. Or, pour s'imposer face à sa rivale, Mme Aubry a mis en avant des thèmes (refuser toute alliance avec le centre, un mot d'ordre contradictoire avec les pratiques locales des élus socialistes, et s'opposer à un abaissement du prix des cotisations) qui l'installent dans une position défensive.
Comme l'a confirmé son premier discours, mardi devant le conseil national, elle ne dispose pas d'une feuille de route très précise. Le texte programmatique ébauché à Reims avec les amis de Bertrand Delanoë et de Benoît Hamon, est resté embryonnaire.
Confrontée aux pressions contradictoires de ses alliés - en particulier de l'aile gauche du PS qui a permis son élection et revendique à la fois des postes et de l'autonomie - la première secrétaire ne ferme la porte à aucun rapprochement. Elle sait qu'il lui sera difficile de diriger le parti face à Ségolène Royal, désormais à la tête d'une minorité qui se veut une "presque-majorité", forte d'une popularité retrouvée et redevenue une présidentiable à part entière.
NÉGOCIATION
De son côté, Mme Royal peut difficilement s'opposer à une direction qui donnerait le signal de la rénovation. "Nous sommes disposés à jouer le jeu, à condition que nos propositions soient reprises", dit-on dans son entourage, où l'on évoque l'organisation d'une "convention de la rénovation". Consciente qu'elle ne pourra mener bataille en 2012 sans le soutien du PS, Mme Royal se verrait bien dans le rôle de la pacificatrice. Cependant, la rapidité avec laquelle elle a de nouveau évoqué la prochaine présidentielle, mercredi dans un message diffusé à ses réseaux Désirs d'avenir, a irrité une partie de son entourage. "L'objet des dix jours et des mois qui viennent ce n'est pas 2012, c'est d'abord de rassembler le Parti socialiste", a fait savoir jeudi le député européen Vincent Peillon sur Europe 1. Quant aux grands élus engagés derrière Mme Royal, ils poussent à la négociation. Samedi, Jean-Noël Guerini, figure du PS des Bouches-du-Rhône, devait être présent dans la délégation qui rencontrera Mme Aubry.
Jean-Michel Normand
07:19 Publié dans parti socialiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.11.2008
motion b
Motion B
Engager une rénovation radicale du PS
La motion B était notamment construite autour de deux exigences majeures :
* Devant le constat des impasses du modèle actuel de croissance, ultralibéral et productiviste, une réponse globale est nécessaire : la transformation radicale du mode de développement, prenant pleinement en compte la révolution numérique ;
* Forger les propositions politiques partagées pour engager cette transformation radicale requiert une force politique à la hauteur des enjeux, pour cela il est nécessaire d'engager une rénovation radicale de notre Parti
Jeudi 20 novembre nous sommes appelés à élire le nouveau leader du PS. Plus qu'un choix de personne, ce qui est en cause c'est d'engager la mue dont le PS a besoin.
Après avoir choisi en responsabilité de rejoindre la motion E pour participer à la construction d'une majorité au Congrès de Reims, force est de constater que celui-ci n'a pas permis de réunir les conditions de la nécessaire mutation du PS.
Le vote du 20 novembre est donc la prochaine étape pour tenter d'y parvenir. Ségolène Royal - appuyée de Vincent Peillon - nous apparaît la mieux à même d'engager cette mutation. Nous apportons notre entier soutien à sa candidature et appelons celles et ceux qui se sont reconnus dans la volonté d'engager une rénovation radicale de notre Parti à voter pour elle jeudi.
Christophe Caresche, Géraud Guibert, Eric Loiselet
Animateurs de la motion B
17:08 Publié dans congres de Reims | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
gaetan
Il arrive que ses analyses soient confirmées par la réalité. Je n'ai
malheureusement pas à m'en réjouir aujourd'hui.
Voici en effet 18 mois que je dénonce obstinément les risques que
représentait l’organisation d’un Congrès si tardivement les élections
présidentielles et législatives. Ce furent, effectivement, au vu de ce
qui s’est passé ce week-end, 18 mois de perdus. Un Congrès organisé
selon le même rituel, désuet, obsolète, des contributions, des motions
et du scrutin proportionnel classique ne peut offrir à la situation dans
laquelle nous nous trouvons aucune solution. Ce week-end en a apporté
une nouvelle démonstration.
Tant que les clivages de notre parti seront fondés sur des querelles de
personnes et des considérations tactiques qui n’ont rien à voir avec le
fond des questions que nous avons à traiter, aucun changement ne pourra
véritablement intervenir.
Benoît Hamon se trompe lorsqu’il estime qu'il faut encore renforcer la
proportionnelle. On le voit bien à l’issue de ce congrès, et c’est ce
qui le différencie de celui de Rennes : il n’existe aujourd’hui qu’une
issue et c’est le vote des militants. Il est heureux que l’on ait prévu
cette possibilité sans laquelle il nous serait impossible d'envisager de
sortir de l'impasse aujourd’hui! Pour autant, n’aurait-il pas mieux
valu, comme je l’avais suggéré lors de la convention de La Villette, que
nous inversion notre propre calendrier, et que l’élection de notre
Premier secrétaire intervienne en même temps que le vote des motions, et
en tout cas, avant le congrès lui-même?
Dans une telle hypothèse, le week-end noir que nous venons de connaître
aurait été transformé en un week-end de reconstruction et de renaissance
du Parti socialiste, entrant dans son congrès avec un leader, mobilisé
autour de l’orientation politique qu’il aurait défini et s’adressant
clairement aux Français. Tant que les socialistes privilégieront leurs
enjeux internes sur le seul enjeu qui vaille : reconquérir les
responsabilités et battre la droite, ils ne pourront pas espérer
atteindre ce second objectif. J’ai apporté, voici quelques semaines, mon
soutien à Ségolène Royal. Au vu de ce qui s’est passé durant tout ce
week-end, je suis conforté dans mon choix Il faut que ce congrès soit le
dernier de cette sorte : le der des ders, non pour l’image, mais aussi
pour l’avenir du parti socialiste.
Nous avons besoin, Ségolène Royal a raison, de retrouver de la
fraternité, de la générosité, le goût des idées et modifier dans ce sens
nos comportements. Le Parti socialiste est arrivé à un point critique de
son histoire, notamment parce que celles et ceux qui en ont la
responsabilité n’en ont pas pris conscience. Lorsque l’on perd ainsi de
vue ses intérêts vitaux, on se met en danger de disparaître. C’est bien
là ce qui pourrait arriver, si un sursaut n’intervenait pas ce jeudi.
Il est temps de nous remettre au travail, dans un esprit de
rassemblement et avec le souci de procéder au renouvellement
indispensable des équipes, des méthodes et des idées, sans lequel la
Gauche demeurera figée dans ses contradictions et ses oppositions internes.
Gaëtan Gorce
Retrouvez aussi l'intégralité de mon discours de Reims
17:03 Publié dans congres de Reims | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.11.2008
reflexions post congres
PS: Ségolène Royal sort sa candidature du frigidaire
AP | 11.11.2008 | 17:02
Elle est prête à y aller. Forte de la majorité relative obtenue lors du vote des militants, Ségolène Royal sera bien candidate au poste de Premier secrétaire du Parti socialiste, a annoncé mardi un de ses proches à trois jours de l'ouverture du congrès de Reims.
La présidente de la région Poitou-Charentes, qui a refusé de s'exprimer mardi, devrait préciser ses intentions en dévoilant mercredi ses propositions pour la nouvelle gouvernance du PS.
Si aucune décision n'est officiellement prise, les informations convergent: Mme Royal, qui avait mis sa candidature "au frigidaire" le 15 septembre dernier pour favoriser son alliance avec les barons locaux du PS, sera bien candidate à la succession de son ex-compagnon François Hollande.
Le porte-parole du PS Julien Dray, proche de la candidate, a confirmé mardi à l'Associated Press l'information annoncée par "Le Monde": "d'après mes informations, c'est vrai", a déclaré le député de l'Essonne.
Selon "Le Monde", la présidente de la région Poitou-Charentes proposera dans les prochains jours une nouvelle organisation de la direction du PS. Un Premier secrétaire (ou président) devrait chapeauter une direction composée d'un Premier secrétaire délégué et d'une "équipe rajeunie".
Lundi après-midi, devant les mandataires départementaux de sa motion réunis au Sénat, Mme Royal n'avait pas annoncé explicitement sa candidature. Mais ses proches avaient tous convenu que la majorité relative de 29% obtenue jeudi dernier lors du vote des militants la rendaient "légitime".
"C'est l'hypothèse sur laquelle on est", a tempéré une proche de Mme Royal interrogée par l'AP. "Cela ne veut pas dire que c'est décidé".
En septembre dernier, Ségolène Royal avait mis "au frigidaire" sa candidature jusqu'au vote des militants. Après sa victoire relative, elle a hésité entre deux options, être candidate elle-même ou proposer un proche (Vincent Peillon, Julien Dray ou François Rebsamen) comme solution de compromis.
Le congrès du PS se tient le week-end prochain à Reims. Le successeur de François Hollande, qui passe la main après 11 ans à la tête du parti, sera élu le 20 novembre par les militants.
En se portant candidate, Mme Royal est confrontée au risque d'un front de ses concurrents contre elle, sur fond d'ambitions rivales pour la présidentielle de 2012. Pour conjurer ce risque et constituer une majorité, elle a multiplié depuis vendredi les contacts avec les autres motions, et notamment celles de Bertrand Delanoë et Martine Aubry, au coude-à-coude avec 25% des voix chacun. Elle a notamment reçu lundi soir pendant une heure et demie M. Delanoë dans ses bureaux parisiens, selon son entourage, qui a qualifié la rencontre de "conviviale".
La finaliste de l'élection présidentielle de 2007, dont les relations avec le "vieux parti" sont difficiles, s'efforce aussi de clarifier sa position sur la question qui fâche, celle des alliances. Plus que méfiants, ses concurrents lui prêtent l'intention de négocier un contrat de gouvernement avec le MoDem de François Bayrou.
Dans un document de travail transmis aux autres motions, dont l'Associated Press a obtenu une copie, Mme Royal rappelle que la stratégie du PS "a toujours consisté d'abord à rassembler la gauche, toute la gauche, autour d'un contrat de gouvernement", puis à s'adresser "seulement ensuite à toutes les forces susceptibles de se reconnaître dans le projet socialiste pour battre la droite".
Les responsables des autres motions n'ont pas voulu commenter la candidature de Ségolène Royal avant qu'elle ne soit officialisée. Les amis de Martine Aubry ont prévu de réagir après leur réunion prévue mercredi après-midi au conseil régional d'Ile-de-France. La maire de Lille doit elle aussi clarifier ses intentions. AP
Selon toute vraisemblance, Ségolène Royal devrait briguer la tête du Parti Socialiste. "D'après mes informations, c'est vrai", a déclaré à l'Associated Press le porte-parole du PS, Julien Dray. Un autre proche de l'ex-candidate socialiste à la présidentielle l'a également confirmé au Point . D'autres, néanmoins, se disent prudents. "Rien n'est fait tant qu'elle n'a pas fait d'annonce officielle", glisse un cadre de Solférino qui rappelle que Julien Dray, lui-même prétendant au poste de premier secrétaire, a tout intérêt à saborder une éventuelle candidature de Vincent Peillon, député européen proche de Ségolène Royal, dont le nom circule avec insistance depuis quelques jours.
Au-delà de toutes ces considérations, il semble toutefois que Ségolène Royal ait bel et bien décidé d'aller au bout de l'aventure entamée il y a deux ans. "Évidemment qu'elle a envie d'y aller : premièrement, parce qu'elle rêve d'être candidate à la présidentielle et que Solferino peut lui apparaître comme un tremplin ; deuxièmement, parce que des divisions naissent chez nous qu'il serait de bon ton de ne pas attiser." Par "divisions", ce membre de l'équipe Royal entend justement la multiplication des candidatures officielles ou officieuses, au sein même de son camp. Ségolène Royal devrait quoi qu'il en soit annoncer mercredi les propositions de sa motion "pour la gouvernance du PS".
"Fédérer la gauche"
En attendant, son équipe a d'ores et déjà soumis aux autres motions un document de travail qu'ils sont appelés à enrichir, intitulé "Pour l'unité et le renouveau du Parti socialiste". Dans ce texte, que s'est procuré Le Monde , l'ancienne rivale de Nicolas Sarkozy propose "de mettre le parti en mouvement autour de quatre grands chantiers destinés à redonner au PS toute sa place auprès des Français" : "Répondre d'abord à l'urgence de la crise", "cinq orientations pour bâtir le socialisme du 21ème siècle", "faire du Parti socialiste une force neuve" et enfin "fédérer la gauche". Un dernier point qui vise sans nul doute à apaiser la colère des signataires des autres motions qui n'acceptent pas la stratégie d'alliance au centre de Royal . "La stratégie des socialistes a toujours consisté d'abord à rassembler la gauche, toute la gauche autour d'un contrat de gouvernement", affirme opportunément le texte. L'expression " contrat de gouvernement" avait justement été employé en septembre par Vincent Peillon, au sujet... du MoDem...
À l'issue du vote des militants socialistes de jeudi dernier , Ségolène Royal avait pris l'avantage dans la course à la direction du parti en recueillant 29 % des voix sur sa motion. Derrière elle, Bertrand Delanoë a recueilli 25 %, Martine Aubry aux alentours de 25 % également et l'outsider Benoît Hamon 19 %.
Pour Ségolène Royal, le plus difficile commence
Depuis le 7 novembre au matin et l’annonce du résultat du vote sur les motions (qui, par parenthèses, n’a toujours pas été définitivement proclamé par le PS), Ségolène Royal a effectué un parcours sans faute. Elle qui, en 2006, avait mis des jours à téléphoner à ses concurrents malheureux au lendemain de sa désignation comme candidate à la présidentielle, a contacté sans tarder ses rivaux. La présidente de la région Poitou-Charentes arrondit les angles. Le document de travail remis aux autres motions le 10 novembre est parfaitement consensuel. Y compris sur le MoDem, une thématique largement instrumentalisée par les adversaires de Mme Royal.
Au sein de son propre courant, « Ségolène » est parvenue à s’imposer face à ses alliés avec ce qu’il faut bien appeler un certain culot. Les grands barons de la Ligne claire, qui ont largement assuré sa majorité relative… en échange de sa non-candidature, ont été mis devant le fait accompli. Elle leur a expliqué qu’il fallait écarter le risque de voir un aspirant premier secrétaire manquant de notoriété – Vincent Peillon était disposé à tenter sa chance – devoir affronter une candidature de dernière minute d’un ténor du parti. Celle de Martine Aubry ou de Benoit Hamon.
Le « document de travail ouvert » adressé à ses concurrents arrondit les angles avec une certaine habileté. Continuer d’affirmer que les « Ségolistes » roulent pour l’union avec le MoDem va forcément devenir plus difficile. A moins, comme le fait déjà Benoit Hamon, de considérer que l’on ne peut pas faire confiance à ce que dit Mme Royal. Ou prétendre, comme Henri Emmanuelli que les enseignements essentiels du scrutin sont 1) que l’ex-candidate a perdu la moitié de ses voix par rapport à 2006 (ce qui n’est pas faux mais fait l’impasse sur l’essentiel) 2) que la gauche du parti fait un excellent score. Ce qui, comme l’a rappelé Jean-Luc Mélenchon, est beaucoup plus discutable puisqu’au Mans « la gauche » se situait autour de 40%. Un discours de nature à resserrer les rangs de ses troupes mais pas forcément à fédérer une majorité alternative.
Pour Ségolène Royal, toutefois, le plus dur commence. A l’offensive qu’elle tente de déployer, ses adversaires s’organisent pour mener – au moins jusqu’à l’ouverture du congrès – une bataille de positions. La « gauche » du parti pilonne consciencieusement le camp Royal. Chez Bertrand Delanoë, on s’est enfermé dans un bunker. Pas question, au moins pour l’instant, de saisir la perche tendue par la motion arrivée en tête.
Certains, comme Harlem Désir – visiblement toujours sous le choc de la déconvenue du 6 novembre – croient mordicus à une sainte-alliance anti-Royal voire à un retour de flamme de la candidature Delanoë. D’autres, parmi les « hollandais » se disent qu’ils pourraient renouer avec Ségolène. D’autant plus que leur apport pourrait être décisif.
Enfin, chez Martine Aubry, on ne semble pas prêt à entrer dans la grande fraternité ségoliste. Lundi 10 novembre, François Lamy que la maire de Lille avait dépêché vers Mme Royal n’a même pas accepté de prendre le texte de négociation que celle-ci lui tendait….
Face à des interlocuteurs au pire hostiles, au mieux désireux de gagner du temps, la stratégie de l’ex-candidate socialiste à la présidentielle, qui consiste à se poser comme la grande réconciliatrice du parti, n’est pas facile à mener. En cas de refus obstiné de négocier, elle apparaîtra comme la victime des réflexes sectaires du « vieux parti » et en appellera aux militants. Bref, si les choses ne bougent pas d’ici vendredi 14 novembre, le congrès de Reims risque de ressembler à une guerre de tranchées. Il aurait peut-être fallu l’avancer de quelques jours. Pour le faire débuter le 11 novembre.
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reflexions post congres
PS: Ségolène Royal sort sa candidature du frigidaire
AP | 11.11.2008 | 17:02
Elle est prête à y aller. Forte de la majorité relative obtenue lors du vote des militants, Ségolène Royal sera bien candidate au poste de Premier secrétaire du Parti socialiste, a annoncé mardi un de ses proches à trois jours de l'ouverture du congrès de Reims.
La présidente de la région Poitou-Charentes, qui a refusé de s'exprimer mardi, devrait préciser ses intentions en dévoilant mercredi ses propositions pour la nouvelle gouvernance du PS.
Si aucune décision n'est officiellement prise, les informations convergent: Mme Royal, qui avait mis sa candidature "au frigidaire" le 15 septembre dernier pour favoriser son alliance avec les barons locaux du PS, sera bien candidate à la succession de son ex-compagnon François Hollande.
Le porte-parole du PS Julien Dray, proche de la candidate, a confirmé mardi à l'Associated Press l'information annoncée par "Le Monde": "d'après mes informations, c'est vrai", a déclaré le député de l'Essonne.
Selon "Le Monde", la présidente de la région Poitou-Charentes proposera dans les prochains jours une nouvelle organisation de la direction du PS. Un Premier secrétaire (ou président) devrait chapeauter une direction composée d'un Premier secrétaire délégué et d'une "équipe rajeunie".
Lundi après-midi, devant les mandataires départementaux de sa motion réunis au Sénat, Mme Royal n'avait pas annoncé explicitement sa candidature. Mais ses proches avaient tous convenu que la majorité relative de 29% obtenue jeudi dernier lors du vote des militants la rendaient "légitime".
"C'est l'hypothèse sur laquelle on est", a tempéré une proche de Mme Royal interrogée par l'AP. "Cela ne veut pas dire que c'est décidé".
En septembre dernier, Ségolène Royal avait mis "au frigidaire" sa candidature jusqu'au vote des militants. Après sa victoire relative, elle a hésité entre deux options, être candidate elle-même ou proposer un proche (Vincent Peillon, Julien Dray ou François Rebsamen) comme solution de compromis.
Le congrès du PS se tient le week-end prochain à Reims. Le successeur de François Hollande, qui passe la main après 11 ans à la tête du parti, sera élu le 20 novembre par les militants.
En se portant candidate, Mme Royal est confrontée au risque d'un front de ses concurrents contre elle, sur fond d'ambitions rivales pour la présidentielle de 2012. Pour conjurer ce risque et constituer une majorité, elle a multiplié depuis vendredi les contacts avec les autres motions, et notamment celles de Bertrand Delanoë et Martine Aubry, au coude-à-coude avec 25% des voix chacun. Elle a notamment reçu lundi soir pendant une heure et demie M. Delanoë dans ses bureaux parisiens, selon son entourage, qui a qualifié la rencontre de "conviviale".
La finaliste de l'élection présidentielle de 2007, dont les relations avec le "vieux parti" sont difficiles, s'efforce aussi de clarifier sa position sur la question qui fâche, celle des alliances. Plus que méfiants, ses concurrents lui prêtent l'intention de négocier un contrat de gouvernement avec le MoDem de François Bayrou.
Dans un document de travail transmis aux autres motions, dont l'Associated Press a obtenu une copie, Mme Royal rappelle que la stratégie du PS "a toujours consisté d'abord à rassembler la gauche, toute la gauche, autour d'un contrat de gouvernement", puis à s'adresser "seulement ensuite à toutes les forces susceptibles de se reconnaître dans le projet socialiste pour battre la droite".
Les responsables des autres motions n'ont pas voulu commenter la candidature de Ségolène Royal avant qu'elle ne soit officialisée. Les amis de Martine Aubry ont prévu de réagir après leur réunion prévue mercredi après-midi au conseil régional d'Ile-de-France. La maire de Lille doit elle aussi clarifier ses intentions. AP
Selon toute vraisemblance, Ségolène Royal devrait briguer la tête du Parti Socialiste. "D'après mes informations, c'est vrai", a déclaré à l'Associated Press le porte-parole du PS, Julien Dray. Un autre proche de l'ex-candidate socialiste à la présidentielle l'a également confirmé au Point . D'autres, néanmoins, se disent prudents. "Rien n'est fait tant qu'elle n'a pas fait d'annonce officielle", glisse un cadre de Solférino qui rappelle que Julien Dray, lui-même prétendant au poste de premier secrétaire, a tout intérêt à saborder une éventuelle candidature de Vincent Peillon, député européen proche de Ségolène Royal, dont le nom circule avec insistance depuis quelques jours.
Au-delà de toutes ces considérations, il semble toutefois que Ségolène Royal ait bel et bien décidé d'aller au bout de l'aventure entamée il y a deux ans. "Évidemment qu'elle a envie d'y aller : premièrement, parce qu'elle rêve d'être candidate à la présidentielle et que Solferino peut lui apparaître comme un tremplin ; deuxièmement, parce que des divisions naissent chez nous qu'il serait de bon ton de ne pas attiser." Par "divisions", ce membre de l'équipe Royal entend justement la multiplication des candidatures officielles ou officieuses, au sein même de son camp. Ségolène Royal devrait quoi qu'il en soit annoncer mercredi les propositions de sa motion "pour la gouvernance du PS".
"Fédérer la gauche"
En attendant, son équipe a d'ores et déjà soumis aux autres motions un document de travail qu'ils sont appelés à enrichir, intitulé "Pour l'unité et le renouveau du Parti socialiste". Dans ce texte, que s'est procuré Le Monde , l'ancienne rivale de Nicolas Sarkozy propose "de mettre le parti en mouvement autour de quatre grands chantiers destinés à redonner au PS toute sa place auprès des Français" : "Répondre d'abord à l'urgence de la crise", "cinq orientations pour bâtir le socialisme du 21ème siècle", "faire du Parti socialiste une force neuve" et enfin "fédérer la gauche". Un dernier point qui vise sans nul doute à apaiser la colère des signataires des autres motions qui n'acceptent pas la stratégie d'alliance au centre de Royal . "La stratégie des socialistes a toujours consisté d'abord à rassembler la gauche, toute la gauche autour d'un contrat de gouvernement", affirme opportunément le texte. L'expression " contrat de gouvernement" avait justement été employé en septembre par Vincent Peillon, au sujet... du MoDem...
À l'issue du vote des militants socialistes de jeudi dernier , Ségolène Royal avait pris l'avantage dans la course à la direction du parti en recueillant 29 % des voix sur sa motion. Derrière elle, Bertrand Delanoë a recueilli 25 %, Martine Aubry aux alentours de 25 % également et l'outsider Benoît Hamon 19 %.
Pour Ségolène Royal, le plus difficile commence
Depuis le 7 novembre au matin et l’annonce du résultat du vote sur les motions (qui, par parenthèses, n’a toujours pas été définitivement proclamé par le PS), Ségolène Royal a effectué un parcours sans faute. Elle qui, en 2006, avait mis des jours à téléphoner à ses concurrents malheureux au lendemain de sa désignation comme candidate à la présidentielle, a contacté sans tarder ses rivaux. La présidente de la région Poitou-Charentes arrondit les angles. Le document de travail remis aux autres motions le 10 novembre est parfaitement consensuel. Y compris sur le MoDem, une thématique largement instrumentalisée par les adversaires de Mme Royal.
Au sein de son propre courant, « Ségolène » est parvenue à s’imposer face à ses alliés avec ce qu’il faut bien appeler un certain culot. Les grands barons de la Ligne claire, qui ont largement assuré sa majorité relative… en échange de sa non-candidature, ont été mis devant le fait accompli. Elle leur a expliqué qu’il fallait écarter le risque de voir un aspirant premier secrétaire manquant de notoriété – Vincent Peillon était disposé à tenter sa chance – devoir affronter une candidature de dernière minute d’un ténor du parti. Celle de Martine Aubry ou de Benoit Hamon.
Le « document de travail ouvert » adressé à ses concurrents arrondit les angles avec une certaine habileté. Continuer d’affirmer que les « Ségolistes » roulent pour l’union avec le MoDem va forcément devenir plus difficile. A moins, comme le fait déjà Benoit Hamon, de considérer que l’on ne peut pas faire confiance à ce que dit Mme Royal. Ou prétendre, comme Henri Emmanuelli que les enseignements essentiels du scrutin sont 1) que l’ex-candidate a perdu la moitié de ses voix par rapport à 2006 (ce qui n’est pas faux mais fait l’impasse sur l’essentiel) 2) que la gauche du parti fait un excellent score. Ce qui, comme l’a rappelé Jean-Luc Mélenchon, est beaucoup plus discutable puisqu’au Mans « la gauche » se situait autour de 40%. Un discours de nature à resserrer les rangs de ses troupes mais pas forcément à fédérer une majorité alternative.
Pour Ségolène Royal, toutefois, le plus dur commence. A l’offensive qu’elle tente de déployer, ses adversaires s’organisent pour mener – au moins jusqu’à l’ouverture du congrès – une bataille de positions. La « gauche » du parti pilonne consciencieusement le camp Royal. Chez Bertrand Delanoë, on s’est enfermé dans un bunker. Pas question, au moins pour l’instant, de saisir la perche tendue par la motion arrivée en tête.
Certains, comme Harlem Désir – visiblement toujours sous le choc de la déconvenue du 6 novembre – croient mordicus à une sainte-alliance anti-Royal voire à un retour de flamme de la candidature Delanoë. D’autres, parmi les « hollandais » se disent qu’ils pourraient renouer avec Ségolène. D’autant plus que leur apport pourrait être décisif.
Enfin, chez Martine Aubry, on ne semble pas prêt à entrer dans la grande fraternité ségoliste. Lundi 10 novembre, François Lamy que la maire de Lille avait dépêché vers Mme Royal n’a même pas accepté de prendre le texte de négociation que celle-ci lui tendait….
Face à des interlocuteurs au pire hostiles, au mieux désireux de gagner du temps, la stratégie de l’ex-candidate socialiste à la présidentielle, qui consiste à se poser comme la grande réconciliatrice du parti, n’est pas facile à mener. En cas de refus obstiné de négocier, elle apparaîtra comme la victime des réflexes sectaires du « vieux parti » et en appellera aux militants. Bref, si les choses ne bougent pas d’ici vendredi 14 novembre, le congrès de Reims risque de ressembler à une guerre de tranchées. Il aurait peut-être fallu l’avancer de quelques jours. Pour le faire débuter le 11 novembre.
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04.11.2008
le bon choix
Lettre aux militants
Chers toutes et tous,
On voudrait nous faire croire que le vote que nous allons faire jeudi est anodin, comme si les élections américaines devaient absorber tous les regards.
Mais non ! Ce vote est très important, historique même, et vous avez une responsabilité essentielle. N’oublions jamais que dans de nombreux pays des hommes et des femmes risquent leur vie pour créer des partis libres. Nous qui avons la chance de pouvoir agir, faisons-le, et je vous appelle à participer très nombreux à ce vote.
Car même si les Français ne comprennent pas toujours nos procédures, ce vote du Congrès va dire ce que l’avenir de la gauche sera.
Oui ou non, voulons-nous écrire une nouvelle page de notre histoire, vibrante et populaire ?
Oui ou non, notre parti va-t-il enfin bouger ?
Oui ou non, la nouvelle génération que nous poussons en avant va-t-elle pouvoir prendre ses responsabilités ?
Oui ou non, le peuple que j’ai vu tellement présent et attentif au cours de ces derniers mois, va-t-il venir vers nous parce que nous saurons lui redonner de l'espoir ?
L'histoire nous enseigne que les civilisations sont mortelles. Pourquoi en serait-il autrement pour un parti ? Comme l'ont dit les femmes salariées de la Camif, les ouvriers de Ford et bien d’autres : « Le PS peut disparaître s'il s'éloigne du peuple. »
Même si ces mots nous secouent, il faut les entendre. Alors secouons-nous. Ne retournons pas à la case départ. Choisissons l’avenir. Donnons-nous un temps d’avance.
Nous n’avons pas le droit d’être faibles ou de disparaître au moment où la France a besoin de nous. N’oublions jamais la confiance que dix-sept millions de Français ont placée en nous, et pensons aussi à toutes celles et ceux cruellement déçus par une droite dont l’insolence le dispute à l’incompétence.
Aujourd’hui l’Amérique métissée assume son histoire. Et nous? Pourquoi renoncer à tendre la main à la France métissée qui a tant cru en nous et ne demande qu’à revenir vers nous ? N’y renonçons pas. Nous le ferons.
Imaginons que les Français, grâce à nous, se ré-intéressent à la politique.
Imaginons qu’on leur donne, nous socialistes, les clefs pour comprendre le monde et donc peser sur les choix de société.
Imaginons que nous apportions au mouvement social notre énergie pour inverser les rapports de force entre le capital et le travail.
Imaginons un parti dans lequel le coût de l’adhésion, désormais très modique, permettrait à la jeunesse, aux employés, aux ouvriers, aux petits retraités, de venir nous rejoindre.
Il faut oser un parti tellement uni et où les militants sont tellement respectés que lorsqu’ils désignent un ou une candidate, tous les autres font campagne pour la victoire. C’est possible, comme viennent de le montrer les forces qui se sont rangées autour de Barack Obama.
Il faut oser tout transformer pour mieux atteindre notre objectif. Quel est cet objectif ? Humaniser le monde. Agir pour que les valeurs humaines s’imposent toujours sur le cynisme financier. Un bout de changement ne suffira pas. Les tumultes actuels le prouvent.
Deux millions d’Italiens se sont levés contre Silvio Berlusconi et sa politique de destruction de l’éducation publique et laïque.
Je vous assure que nous sommes capables d’en faire autant. A condition de le vouloir.
Jeudi 6 novembre, vous pouvez le faire : votez pour une transformation radicale, sereine et utile.
Cette transformation que la droite redoute. Mais une transformation que les Français, notamment ceux qui souffrent, attendent de nous, parfois désespérément.
Oui, nous le voulons ! Oui, nous le pouvons ! En avant !
Fidèlement,
Amitiés socialistes,
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