19.01.2009
Nouvel an socialiste !!!!
Aubry
Alors que les vœux à la presse, aujourd’hui, de la patrone socialiste sont très attendus, revue des turbulences au PS.
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DAVID REVAULT D’ALLONNES
L’année 2009 sera-t-elle un meilleur cru, pour le PS, que la précédente ? La première secrétaire, Martine Aubry, veut y croire, qui présente cet après-midi ses vœux à la presse. Et, du même coup, les bonnes résolutions des socialistes : en finir avec les querelles intestines et faire, enfin, exister l’opposition à Nicolas Sarkozy. Deux mois après le cauchemardesque congrès de Reims, la surface du parti est, certes, nettement plus calme. Mais quelques vaguelettes continuent de la troubler. Cartographie des turbulences.
Aubry : autorité et discrétion
Où est la première secrétaire ? Ségolène Royal, qui, en matière de présence, s’y connaît, s’étonne du «temps perdu» par la patronne du PS. «Martine, on ne l’a pas encore trop vue, c’est bizarre», s’inquiète un parlementaire. «Elle a choisi de ne pas être dans le commentaire de Sarkozy et de choisir ses moments», justifie Benoît Hamon qui, lui, en tant que porte-parole, est partout. Mais la maire de Lille suit de près les affaires du parti. La démission du secrétaire national à la justice André Vallini, furieux d’avoir été tancé par la patronne pour s’être exprimé sur la réforme du juge d’instruction sans son aval, a ainsi posé la question d’un certain «caporalisme», selon François Rebsamen, proche de Royal. «Il va falloir qu’elle se corrige», juge un élu.
Les équilibres internes
Difficile de panser les blessures de la compétition interne. Officiellement, les couteaux sont rangés. «On ne va pas remâcher nos amertumes, glisse Francis Chouat, proche de Bertrand Delanoë. Même si on a de quoi ruminer.» Le congrès a laissé de sérieuses traces. «Reims est encore dans les têtes, note un parlementaire. Et comme la sortie du congrès n’a pas été claire, les choses ne sont pas vraiment réglées.» La laborieuse construction d’une majorité contre Ségolène Royal a façonné les équilibres politiques internes à la direction. Lesquels se révèlent délicats. Pas facile de faire tenir, sur la même ligne, alliés (les amis de Laurent Fabius, de DSK et d’Arnaud Montebourg) et ralliés (ceux de Bertrand Delanoë et Hamon). Ainsi le nouveau porte-parole du parti, très à gauche, est-il visé par les réformistes. Ses «déclarations ne sont guère en phase avec des orientations de rénovation de la gauche», jugent les amis de Pierre Moscovici. «La majorité reste à construire du point de vue de la cohérence», estime Francis Chouat.
Royalistes en embuscade.
Officiellement, l’heure est à l’apaisement entre Martine Aubry et les amis de Ségolène Royal. «Mon idée, c’est qu’on doit être en capacité de clore, estime Patrick Mennucci, proche de Royal. Même si c’est provisoire.» Quoiqu’exclus de la direction, les royalistes entendent peser. «Ils ne veulent pas de nous, mais on est là. On n’est pas dans la guérilla, mais on a des choses à dire et on les dira», ajoute un autre dirigeant du courant. Dans le même temps, les amis de l’ex-candidate soignent l’organisation. Lancement d’un site Internet (www.lespoiragauche.fr) et d’un «réseau social militant», sorte de «Facebook» ségoléniste, et réunion des cadres, le 31 janvier.
L’échéance européenne
Les investitures électorales sont traditionnellement, chez les socialistes, un moment de tensions. Elles pourraient, cette fois-ci, contribuer à calmer le jeu. «Il faut respecter la proportionnelle, et que les amis de Royal soient impliqués à hauteur de ce qu’ils pèsent, à peu près 30 %», estime Benoît Hamon. La première étape vers un retour des royalistes à la direction ? Martine Aubry, qui s’est entretenue mercredi avec Vincent Peillon, l’a assuré : après les élections de juin, «il faudra discuter pour savoir quel est le meilleur dispositif pour le parti». Reste la question du fond du projet, qui, après les déchirements du référendum de 2005, n’est pas le moindre des écueils. Francis Chouat résume : «Allons-nous poursuivre inlassablement la querelle du référendum, et élaborer une plateforme de revendications inaccessibles sous la pression de l’extrême gauche ? Ou alors bâtir un projet européen sur un réformisme efficace ?»
A l’arrivée, c’est le groupe parlementaire qui, fort de sa combativité sur l’audiovisuel et la réforme du travail parlementaire, a pris l’ascendant, ces dernières semaines, sur la rue de Solférino. «Il faut un minimum de temps à la nouvelle équipe pour se mettre en place, estime Michel Sapin, proche de François Hollande. Et comme dans le même temps, le groupe parlementaire, qu’on n’entendait pas, a mené des batailles très visibles, son action est redevenue audible, alors qu’elle ne l’était plus.»
09:07 Publié dans actu segolène | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





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