09.03.2009
david et fabien pierre
David Assouline :
Lettre aux camarades de la motion E : Mise au point
Chers(ères) camarades,
Ces dernières semaines, j’ai été mandaté par la direction de notre courant « l’espoir à gauche » pour négocier les conditions précises de notre entrée au secrétariat National du Parti, et j’ai conduit notre délégation (6 camarades) à la Commission électorale, composée de 20 camarades, chargée d’élaborer et proposer nos listes aux élections européennes.
J’entends tellement de choses fausses ou injustes, souvent les deux à la fois, sur le processus et les choix qui ont été faits que je m’adresse à vous pour faire état de mon mandat (nos objectifs), de la façon dont je l’ai pratiqué, et du résultat final au vu de nos objectifs.
Il y a trois semaines, le conseil d’animation politique de notre courant, qui se réunit le mardi, constatait qu’il devenait insupportable de voir écrit dans la presse que Martine Aubry nous avait fait des propositions de rassemblement et que nous portions la responsabilité d’une fin de non-recevoir. Nous avons donc décidé de porter clairement le débat au Bureau National, en déclarant que dans cette situation exceptionnelle de crise sociale et économique, nous étions prêts au rassemblement mais qu’il fallait que Martine Aubry nous reçoive pour en parler vraiment avec des propositions concrètes. Ce qui fut fait et Martine Aubry a répondu positivement, la rencontre fut donc organisée la semaine suivante. Notre délégation était composée de Vincent Peillon, François Rebsamen, Manuel Valls, Jean-Noël Guérini, G&eacu te;rard Collomb, Delphine Batho, et moi-même.
Au cours de cette rencontre Martine Aubry a confirmé son état d’esprit et a proposé 4-5 postes à notre courant, et s’est déclarée prête à discuter avec Ségolène Royal pour lui confier des missions dignes de son statut d’ex-candidate à la Présidentielle, pour concrétiser ce début de rassemblement. J’ai été mandaté pour mener les discussions avec François Lamy et Martine Aubry directement. En accord avec notre délégation, et avec Jean-Louis Bianco, que je tenais informé heure après heure des échanges avec mes interlocuteurs, puis en accord avec l’ensemble de notre Conseil Politique du Mardi, j’ai essayé d’obtenir 12 postes. Ce fut difficile : après des heures et des heures de discussions, de coups de fils, de chaud puis de grand froid, l’accord annoncé par Martine Aubry fut celui que vous connaissez. Le blocage le plus important fut celui sur le poste d’adjoint à la rénovation pour Jean-Pierre Mignard, rejeté avec l’argumentation que c’était peu compatible avec la présidence de Désirs d’Avenir. Malgré notre insistance il est vite apparu que ce point de blocage était total. Tout le monde a considéré qu’on ne pouvait pas rompre là-dessus, d’autant que 11 en partant d’une proposition de 5-6 pouvait être considéré comme un bon résultat de négociation.
Il y a quelques semaines aussi commençait la discussion sur les listes aux européennes. Je conduisais notre délégation à la commission électorale. Cette délégation était constituée de 6 camarades : Jean-François Macaire (1er fédéral, grande Région Ouest), Laurent Grandguillaume (secrétaire de la section de Dijon, grande Région Est), Jean-David Ciot (1er Fédéral délégué des Bouches du Rhône grande Région Sud-Est), Sylvain Auvray (chef de cabinet de Gérard Collomb, grande Région Sud-Est), Marc Mancel et moi-même. Personne n’a jamais remis en cause cette délégation mise en place conjointement avec François Rebsamen qui avec moi était chargé de l’ensemble de la négociation électorale. Nous avons défendu et voté à l’ unanimité tout d’abord les critères de composition des listes au premier rang desquels la proportionnelle de la représentation des motions pour les positions éligibles. C’était important pour nous, car si les 70% du CN (A+C+D) décidaient de faire les listes à partir du seul fait majoritaire comme souvent dans le passé, nous aurions pu être réduits à la portion congrue.
Cette proportionnelle donnait 6 sur 20 élus prévisibles ; 7 élus sur 21, 22, 23, 24. Notre mandat était d’abord d’obtenir concrètement ce nombre. Ce ne fut pas chose facile, tant les autres, en particulier la motion A ne voulait pas de la réalité de la proportionnelle pour pouvoir avoir un bonus afin de sauver son trop plein de sortants (avec l’argument « ils n’ont pas démérité pourquoi les sortir »). A ce titre, je suis parti, pendant plusieurs jours, participer, aux quatre coins de la France, aux réunions interrégionales réunissant les 1ers fédéraux concernés, pour défendre nos candidates et candidats.
Au final, le résultat validé par le CN ce week-end, c’est que si les militants votent pour ces listes, nous aurons probablement 6-7 députés européens signataires de la motion E : Vincent Peillon (tête de liste) et Karim Zeribi (3ème) dans le Grand Sud-Est, Eric Andrieu dans le Grand Sud-Ouest (3ème), Bernadette Vergnaud (tête de liste) dans le Grand Ouest, Cécile Jonathan (2ème ) de la grand Région Centre-Limousin, Aurélie Filippetti (3ème) de la grande Région Est ; plus une septième probable, Monique Saliou (4ème) en Région Parisienne. La motion A 5 à 6, la motion D 5 et la motion C 4. Entre l’objectif de la négociation et le résultat obtenu du point de vue quantitatif, il y a de quoi être satisfait. Restait un gros problème, qualitatif celui-là : nous avions plus de candidats que de places possible.s Nous avions donc des choix difficiles à faire, comme les autres motions en particulier la A qui avait beaucoup de sortants.
Nous avons acté unanimement dans notre motion qu’il était impératif que Vincent soit non seulement éligible mais tête de liste. Nous avons demandé jusqu’à la dernière minute qu’il le soit dans le Nord-Ouest (soit dit en passant cela aurait pu satisfaire le candidat de Gérard Collomb, mais cela aurait barré la route à Eric Andrieu et à Gilles Savary dans le Sud-Ouest puisque nos 3 candidats hommes sur 6, n’oublions pas la parité, auraient été les deux du Sud-Est et Vincent). Ceci dit Martine Aubry n’a rien voulu savoir, et Vincent ne pouvait plus qu’aller dans le Sud. Il fallait un homme de moins, le courant a décidé que ce serait Thierry Philip. Un autre choix aurait fait d’autres mécontents puisque deux seulement pouvaient être en position éligible.
Dans le Sud-Ouest, pareil, il y avait deux candidats hommes pour une place : Eric Andrieu et Gilles Savary, les deux avaient chacun leur légitimité, sans compter deux sortants motion E Béatrice Patrie et Michel Teychenné dont personne ne parle mais qui méritent tout autant notre respect. Une place pour quatre postulants.
Notre motion (tous les 1ers fédéraux et membres du CN motion E) réunie avant la dernière commission électorale, le Bureau National et le Conseil National, chargés de proposer les listes aux militants a arbitré de façon presque unanime que dans le Sud-Est nous défendrions Vincent Peillon tête de liste et Karim Zeribi en 3ème, et dans le Sud-Ouest Eric Andrieu en 3ème position.
C’est le mandat impératif que j’ai défendu avec François Rebsamen ensuite.
La vulgarité des propos sur « les apparatchiks qui ont décidé de tout au mépris de la démocratie et des territoires » me choque et me blesse puisque nos instances ont été associées à toutes nos décisions, et que dans les deux choix difficiles que nous avons eus à faire, si la base de notre courant avait été consultée tout le monde sait que ces choix auraient été largement approuvés, en particulier dans le grand Sud-Est avec la région PACA et plusieurs fédérations de Rhône-Alpes qui soutenaient Vincent Peillon et Karim Zeribi et le grand Sud-Ouest avec le Languedoc Roussillon en particulier qui soutenait Eric Andrieu (il n’y a qu’à regarder d’où viennent nos voix de congrès, ce fut d’ailleurs le guide essentiel de notre décision).
Reste un regret aussi, malgré notre insistance jusque dans les dernières heures de la nuit, le véto mis sur la candidature de Malek Boutih en 5ème position en Ile de France n’a pu être levé et je le déplore sincèrement.
Par ailleurs, tout le monde l’oublie mais presque tous les candidats issus de la motion E ayant souhaité figurer sur les listes en position non-éligible y seront, soit une quarantaine, ce qui ne fut pas chose facile, permettant de représenter mieux l’ensemble de notre sensibilité dans les départements.
La rénovation, c’est notre courant qui l’a défendue au congrès, et ce n’était pas la somme de tous les « recalés » des listes européennes, mais une équipe avec Ségolène Royal et un projet.
Quel est le sens politique de signer des pétitions maintenant contre les listes, au nom de la rénovation, avec beaucoup de ceux qui ont participé au bloc du « tout sauf Ségolène », et qui ont ainsi empêché que le Parti fasse un bon en avant sans précédent dans la nécessaire rénovation?
La rénovation ce n’est pas mettre en danger l’unité de notre courant qui est le seul à la porter avec cohérence et détermination, et plomber nos listes publiquement alors qu’une campagne difficile va s’engager face à la droite, pour défendre son seul intérêt particulier quelque soit sa légitimité.
Dans ce processus, difficile et fatiguant, je n’ai été guidé, avec d’autres, que par le souci de poursuivre le plus efficacement le combat que nous menons ensemble, avec le moins d’injustice possible, et je trouve le résultat positif.
Le reste c’est de l’instrumentalisation de notre beau combat pour la rénovation, pour masquer des amertumes que je comprends. Mais l’amertume ce n’est pas une politique, encore moins une feuille de route vers l’avenir.
Les listes ont été adoptées par le Conseil National du parti (qui comprend tous les 1ers fédéraux de tous les départements et les membres de toutes les motions à la proportionnelle des résultats du congrès) réuni le 28 février avec 93.5 % de voix en leur faveur.
Le renouvellement est là avec 50 % de nouveaux candidats pour les places éligibles, le non cumul des mandats (aucun candidat éligible ne dirige un exécutif) et la diversité (6 candidats en position éligible) progressent, la parité est intégrale (si nous avons 25 élus, il y aura 13 femmes).
Je vous appelle donc à voter massivement pour ces listes, car ce vote sera commenté et sera déjà un signe pour ceux qui nous regardent et que nous devrons convaincre de voter socialiste en juin.
Notre unité, le rassemblement, la rénovation que nous portons au cœur, notre capacité à produire des idées, doivent maintenant occuper l’essentiel de notre action. C’est un appel à toutes et à tous pour que triomphe l’espoir à gauche.
David ASSOULINE
Bonjour cher David,
Je viens de prendre connaissance de ta "Lettre aux camarades de la motion E" et, étant signataire de la motion E et coutumier de l'exercice de la lettre-ouverte à un camarade fut-il ex-premier ministre, je tenais à te répondre d'autant que nous avons travaillé ensemble sur la contribution "Combattre et proposer" que tu as défendue avec ardeur.
Tu nous reproches aujourd'hui de "signer des pétitions maintenant contre les listes, au nom de la rénovation, avec beaucoup de ceux qui ont participé au bloc du « tout sauf Ségolène »". Ce reproche culpabilisateur s'étend donc je suppose à Gérard Collomb bien sur mais aussi aux autres responsables nationaux de la motion E comme Najat Vallaud-Belkacem, Jean-Pierre Mignard, Malek Boutih ou pourquoi pas à François Rebsamen qui estimait récemment que notre parti n'avait pas choisi les meilleurs.
Tu évoques donc, avec nous, deux épisodes: l'entrée au secrétariat national et les négociations sur les européennes, mais j'aimerais que tu nous évoques aussi deux autres étapes, celle passée du choix des représentants au Conseil National issus de notre motion et celle, à venir, des régionales.
Etrangement, tu remarques que, sur les entrants au secrétariat national, aucun camarade de ta propre motion ne s'est élevé contre ce choix acté par Ségolène. Pourquoi ? Et bien je vais t'aider à trouver cette réponse: parce que la majorité de notre base militante, issue de Désirs d'Avenir, s'est sentie représentée au sein des nominations de notre motion par plusieurs élément rénovateurs.
En revanche, quand tu évoques ce comité de 6 personnes de talent qui ont négociés, pour la motion, sur les européennes, il me semble que tu devrais te rappeler les principes que nous prônions au congrès: diversité, féminisation et renouvellement avec l'ouverture aux nouveaux militants. Or les 6 camarades sont des hommes blancs inscrits depuis plusieurs années au PS.
Ton talent, celui de Jean-François, de Laurent, de Jean-David, de Sylvain ou de Marc Pierre n'est pas en cause mais comment espère tu ensuite faire évoluer le système si, in fine, vous n'associez pas au moins un représentant socialiste issu de Désirs d'Avenir qui symbolise pourtant à merveille ce renouvellement de nos cadres ?
Pour les choix de la motion au sein du Conseil National, toi et Vincent aviez déjà agit comme si en dehors des "grosses fédérations" et des signataires de l'ex motion NPS, les soutiens de Ségolène Royal issus d'autres sensibilités que la votre n'existaient quasiment pas.
Tu choisis, dans ton courrier, de poser comme valeur suprême "(qu')il n’y a qu’à regarder d’où viennent nos voix de congrès, ce fut d’ailleurs le guide essentiel de notre décision".
Mais, David, les votes pour Ségolène Royal et la motion E viennent aussi du travail de terrain de centaines d'animateurs Désirs d'Avenir encartés au PS, de dizaines de mandataires et d'élus de terrain socialistes qui se reconnaissent dans Ségolène Royal et son mouvement citoyen, Désirs d'Avenir.
Toi et Vincent avez agit, ensuite, pour la mise en place des structures régionales de notre courant exactement comme un courant pyramidal classique. Vous avez choisis de ne même pas consulter les mandataires et mandataires adjoints de notre motion ce qui semble pourtant un minimum pour une motion E qui prônait la démocratie des territoires non ?
Ce mode de cooptation peut se comprendre quand il s'agit d'une figure incontestable locale comme un président de région comme Jean-Jacques Queyras ou un député - premier fédéral comme Guillaume Garot mais l'est beaucoup moins dans d'autres quand il s'agit, encore une fois, de nommer des ex-NPS qui ne représente qu'eux mêmes et en aucun cas la majorité des cadres ou militants de la motion E.
Sur les européennes, c'est bien au delà des sortants que le souci se situe: que je saches Claire Donzel, 1ere fédéral dynamique et femme, a quand même une vraie légitimité à être à tout le moins sur la liste des titulaires à défaut d'un poste éligible ? Pourtant, vous avez décidé sur la région de soutenir pour la motion Christine Priotto, dont je ne conteste par le talent mais qui, malheureusement pour elle, une fois encore, est une ancienne NPS.
Tu nous évoques la diversité aussi, je te dis "Chiche", prenons un candidat issu de la diversité, motion E et qui porte une vraie parole des banlieues en la personne de Kamel Chibli. Mais, là encore, tu as préféré réinvestir Michel Teychenné qui n'est pas éligible en 7e position plutôt que de pousser Kamel. Et Michel, qui n'est pas en cause en l'occurence, aurait sans doute préféré voir pour l'Ariège, qui n'a aucun éligible, avoir un militant qui incarne ce renouvellement sociologique de notre parti non ?
Alors, David, pour éviter que notre motion E deviennent ce qu'est devenu l'aventure NPS en 2005 à Dijon où le choix de rallier la direction de François Hollande fait par Vincent avais, in fine, aboutit à l'absence de soutien d'une candidate rénovatrice en 2007 par une partie des cadres nationaux PS, je t'en conjure, écoute donc ces voix dissonantes d'élus et responsables socialistes de terrain plutôt que de les culpabiliser publiquement !
Aujourd'hui, les médias et Martine Aubry cherchent à faire exploser notre motion : crois tu vraiment qu'une lettre publique comme la tienne donne une image unie ? Ou est ce un exercice de style de plus réclamé par Jean-Christophe Cambadélis et Claude Bartolone, nouveaux zélotes d'un aubrysme qui va droit dans le mur ?
Les nombreux cadres socialistes de la motion E comme moi réclament juste de la cohérence entre notre vision de la politique, celle d'un renouvellement des pratiques, en interne dans notre parti comme en externe avec les citoyens, et la manière dont nous agissons. Michèle Delaunay rappelait, à juste titre, que nous n'encouragions pas l'adhésion des citoyens à l'Europe par des choix effectués sans tenir compte du travail à accomplir par nos futurs élus.
Pour éviter de revivre de tels moments de déchirement voir une explosion pure et simple de la motion, il est sans doute souhaitable que Vincent et toi choisissez aussi de ne plus agir de manière clanique ou classique mais bien en véritables rénovateurs. Faute de signes forts de votre part, le divorce seras en effet inévitable.
Vous avez de la chance: la mise en place des comités régionaux de motion et les futures élections régionales vous offrent une chance en or d'agir en vrais rénovateurs.
Nous sommes nombreux à exprimer que nous ne servirons aucune autre ambition présidentielle que celles, légitime, de Ségolène Royal ni aucun autre mode de fonctionnement que celui que nous prônions hier, ensemble, pour le PS à savoir une démocratie militante.
J'en suis sûr, David, tu ne poursuis pas d'autre but et c'est donc unis et solidaires que nous gagnerons en 2011 le congrès avec Ségolène Royal et la présidentielle en 2012.
Amitiés socialistes,
Fabien-Pierre Nicolas
Conseiller fédéral PS-FFE, Section Harvey Milk - San Francisco
07:39 Publié dans actu segolène | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





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