09.03.2009
remerciements
Mesdames, Messieurs, Cher(e)s Camarades,
Vous avez été très nombreux à me témoigner votre sympathie ou à vous associer aux pétitions locales et nationales de protestation concernant le mode d’élaboration des listes du Parti socialiste pour la prochaine élection européenne.
J’ai été particulièrement touché et ému par l’ampleur de cette solidarité provenant de tous horizons intérieurs au PS, mais aussi très largement au-delà et de partout en France et en Europe.
J’en tire un inestimable réconfort devant le travail accompli dans la « lointaine » Europe, infiniment plus visible et reconnu que par le passé.
Pour autant, mon éviction est profondément anecdotique au plan personnel. Nul mandat électif n’a vocation à constituer une rente personnelle et il faut accepter que notre parti puisse reprendre un mandat qu’il vous a attribué, même si l’on peut en nourrir un sentiment d’injustice.
Il ne fait nul doute que parmi les futurs nouveaux élus, il se trouvera des talents et des consciences pour effectuer pleinement un mandat de Député européen de plus en plus important pour la vie quotidienne de nos concitoyens et qui suppose un investissement total.
Les cimetières étant remplis de gens indispensables, c’est au plan politique et au plan collectif que la constitution de nos listes me paraît particulièrement préoccupante.
- Pour notre Région d’abord, l’Aquitaine, qui sera particulièrement sous représentée puisqu’à l’UMP comme au PS, les deux premières places de la liste du Grand Sud Ouest sont occupées par des candidats de Midi-Pyrénées.
J’ai personnellement mal vécu l’intervention de Dominique Baudis sur TV7 Bordeaux reprenant à son compte les dossiers de la LGV Atlantique et du Pôle aéronautique et spatial avec un tropisme toulousain qu’il partagera évidemment avec les deux premiers élus de notre liste.
Il est clair que cette situation augure mal de la limitation de la circulation des poids lourds sur la façade atlantique et de la consolidation de notre industrie aéronautique, dans une période de crise où l’on se disputera chèrement les entreprises et les emplois industriels.
- Par ailleurs, après les départs volontaires de certains de nos camarades parmi les plus expérimentés (Martine Roure, Anne Ferreira, Catherine Guy Quint, Michel Rocard…) impliqués dans des Commissions parlementaires particulièrement importantes, je crains que le réinvestissement socialiste français ne soit laborieux et ne puisse se traduire avant longtemps par une position d’influence politique forte et incontestée dans de nombreux domaines, à l’exception des affaires économiques où Pervenche Beres a heureusement été maintenue.
La Fédération socialiste de la Gironde, 5ème de France, dans un département qui constitue le 1er réservoir électoral de la circonscription, a décidé par un vote massif de son Conseil Fédéral, de ne pas organiser le scrutin du 12 mars en signe de protestation légitime.
J’aurais personnellement préféré, par principe et comme beaucoup, l’organisation d’un scrutin. Mais le retentissement considérable de cette décision, tout autant que le risque de dilution des votes dans la grande région et surtout, pour ce qui me concerne, la répugnance à voter contre des camarades irréprochables comme Kader Arif ou Françoise Casteix, en font probablement la moins mauvaise des solutions à défaut d’être la plus satisfaisante.
Il ne fait nul doute que le 12 mars, la liste présentée par Solférino, naturellement soutenue par les Midi-Pyrénées et le Languedoc-Roussillon sera ratifiée.
Ce soulagement d’un jour ne sera satisfaisant qu’à la condition que le vote interne du Parti Socialiste recèle un succès électoral le 7 juin.
Dans tous les cas, la Gironde et l’Aquitaine, qui pouvait y prétendre par la visibilité de ma candidature et par mon implantation locale ancienne, ne seront pas dans la meilleure posture pour y apporter leur concours et pour garantir leurs intérêts à Bruxelles.
C’est la raison pour laquelle votre mobilisation au-delà de l’appartenance à un parti politique et des sensibilités internes constitue un acte politique fort et témoigne d’un sain rassemblement afin que le Parti Socialiste cesse de s’abîmer dans des querelles de clans et de chefferies qui troublent son message politique et représentent un enjeu dérisoire vis-à-vis des attentes et des impatiences de nos concitoyens dans une période particulièrement inquiétante de crise économique et sociale.
Je tenais, par ce courrier, à vous remercier et à vous encourager à démultiplier la mobilisation en cours au-delà de toute considération de personne.
La Fédération de la Gironde a su faire entendre une voix forte et collective en France.
Gilles Savary
07:36 Publié dans parti socialiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






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