19.03.2009

Pole emploi l enfer !!!

Marianne
Pôle emploi : le numéro demandé n'est pas attribué
Au retard dans le traitement des dossiers par le nouvel organisme public d’emploi s’ajoutent les problèmes posés par le numéro d’appel unique, le 3949.
Une soixantaine de militants du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP) ont occupé mardi une agence Pôle emploi à Paris pour dénoncer les difficultés croissantes des chômeurs.
C’est qu’aux énormes retards dans le traitement des dossiers des allocataires (cf : Pôle emploi: des mois pour toucher les Assedic) s’ajoute la quasi impossibilité de pouvoir joindre son conseiller. Composer le 3949, le numéro mis à la disposition des chômeurs depuis le 5 janvier par les pôles emploi, c'est avoir la certitude d'attendre de longues, très longues minutes au bout du fil avant d’avoir un interlocuteur. Des minutes qui valent de l’or pour les opérateurs de téléphonie mobile français, qui jusqu’ici ont refusé de revoir leur prix à la baisse. Pour cinq minutes d'attente, l'appel est facturé entre 2,40 euros et 3,3 euros HT d’un téléphone portable, ce qui est le cas de la grande majorité des demandeurs qui ont souvent préféré faire l'économie d'une ligne fixe au profit d'un portable, histoire de rester joignable à tout moment par un éventuel employeur…

Mais même pour ce prix-là, il n’est pas dit que le chômeur pourra joindre son conseiller, celui qui lui a été attribué au moment de son inscription. Car la plupart des appels sont redirigés vers des plateformes téléphoniques d’où un téléopérateur traite les dossiers à la chaîne. Une déshumanisation qui pour le secrétaire général du syndicat l’UNSA rime avec privatisation, et surtout soulève une question plus embarrassante encore : Pourquoi avoir construit en France 956 sites, si les chômeurs et leur conseiller ne peuvent quasiment jamais s’y rencontrer ?

Les agressions se muliplient dans les pôles emploi
Depuis la fusion entre ANPE et ASSEDIC on constate une très forte augmentation des agressions verbales et physiques contre les salariés des pôles emploi.


Insultes, gifles, détériorations de matériel, menaces avec arme… Depuis quelques semaines, les violences à l'encontre des salariés des pôles emploi se sont multipliées. La fusion, en janvier dernier, de l'ANPE et des ASSEDIC a généré des retards phénoménaux dans le traitement des dossiers des nouveaux inscrits, doublés d'une désorganisation du travail dans les unités. Le tout alors que le chômage a fait un bond : 90 000 inscrits supplémentaires en janvier.
Résultat : il faut attendre des mois avant de toucher ses allocations. D'où l'incompréhension des chômeurs, qui se retrouvent parfois dans des situations désespérées. A tel point que certains d'entre eux s'en prennent aux seules personnes auxquelles ils ont affaire : les salariés des pôles emploi.

Ces clashs, de plus en plus nombreux, commencent à faire planer une ambiance de peur dans les couloirs des unités. A Paris, à l’occasion d’une réunion syndicale, nous avons rencontré trois conseillères de pôle emploi. Leur témoignage est effarant : Voir la vidéo.


Dépassée, la direction de Pôle emploi vient de décider de mettre temporairement des vigiles dans plusieurs agences du département des Deux-Sèvres après l'agression d'une conseillère par un demandeur d'emploi. Plusieurs sites s’apprêteraient à en faire autant ; en désaccord avec la plupart des syndicats qui craignent une montée supplémentaire des tensions

Pôles emploi : déprimes, psychotropes et suicides
Deuxième volet de notre enquête sur les conséquences de la crise et de la fusion ANPE/Assedic : les employés des pôles emploi sont de plus en plus nombreux à craquer.




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La nouvelle n’a pas fait grand bruit : un employé du Pôle emploi de Saint-Quentin (Aisne) s'est pendu dans la nuit de jeudi à vendredi dernier sur son lieu de travail. Lundi, Sud emploi a appelé la direction à «assumer ses responsabilités» estimant que les conditions de travail ont pu jouer un rôle dans cet événement. Selon de nouveaux témoignages que nous avons recueillis (voir la vidéo) , d’autres suicides ont eu lieu, et pourraient être étroitement liés à la dégradation des conditions de travail sur les pôles emploi.

La fusion entre l’ANPE et les ASSEDIC, l’inscription en masse de nouveaux demandeurs d’emploi, ont aggravé la situation. D’abord, parce que depuis la fusion les salariées doivent apprendre sur le tas à gérer plusieurs postes de travail à la fois. Ainsi, un ancien salarié ANPE doit s’occuper de 200 dossiers en moyenne, mais aussi aller répondre aux appels de la plateforme téléphonique du 3949, le nouveau numéro unique du Pôle emploi mis à la disposition des demandeurs depuis janvier; et le lendemain, être amené à se rendre dans une unité différente que celle de la veille. Une charge de travail ingérable pour atteindre les «objectifs» fixés par la direction, et qu'il n'arrive à remplir qu'en rognant sur ses poses déjeuner et en travaillant 45h, déclarées 35...

L’arrivée de 90 000 chômeurs supplémentaire en début d'année a fait monter d’un cran les tensions : l’augmentation des violences verbales et physiques des demandeurs à l’encontre des salariés (http://www.marianne2.fr/Les-agressions-se-muliplient-dans-les-poles-emploi_a176964.html)
participe de la détérioration de leur état de santé mentale. Fragilisés, certains craquent, d’autres ont recours aux psychotropes, ou tombent en dépression.

C’est ce revers de la médaille qu’ont accepté de nous raconter trois salariées. Toutes demandent non seulement l’augmentation des effectifs, mais surtout un moratoire sur la fusion, avant que de nouveaux drames se produisent.

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