19.04.2009

Le mot du président ..

Bonjour,



D’abord essayons de ne pas commencer nos analyses par des expressions comme « Je commence à être un peu fatigué ». Si l’on est fatigué on se repose.



Je vais répondre à Jean, actif adhérent de Dordogne, ce qui me permet de préciser la pensée du CA.



1/ DA doit sortir du contexte d’affrontements spécifiques aux partis politiques, et de la forme qu’ils revêtent. Ces affrontements découragent et sont la plupart du temps incompréhensibles aux nouveaux adhérents qui deviennent rapidement d’ex adhérents. Je sais ce que la vie politique signifie, cher Jean. L’homme n’est ni ange ni bête etc….constatait déjà le camarade Pascal. Mais je sais aussi que le progrès passe par des modifications de comportement. Cela s’appelle l’exemple. Sinon à quoi bon ?



Je sais aussi que la forme est majeure et qu’une société se juge d’abord par la qualité de ses procédures. Cela ne signifie pas qu’au sein de DA devraient régner une harmonie et un amour dont je veux bien admettre qu’il serait surhumain. Mais étant une association d’abord ouverte vers l’extérieur, si nous ne trouvons pas des formes nouvelles et adéquates d’intégration dans la sphère politique active de proches et de sympathisants, nous aurons échoué. Voilà pourquoi nous organisons des universités participatives de la connaissance. Elles ne sont pas un enjeu de pouvoir mais une référence démocratique.



DA ne présente pas de candidats aux élections, DA ne challenge pas le PS. Il s’agit d’un mouvement de réflexion, de propositions et d’échanges politiques et un réseau social d’éducation civique et populaire. DA dessine peut-être les contours d’une gauche renouvelée et élargie et se donne pour objet de préfigurer de nouvelles formes de militantisme. Si un jour nous sommes dans un parti de 500 000 personnes il est certain que le pouvoir ne sera plus au centre des conversations de tous. Paradoxalement c’est notre taille médiocre qui peut prétendre faire du pouvoir un enjeu pour chacun.



2/ « Espoir à gauche » est la forme prise par la motion E au Congres. A priori c’est la nôtre et a priori toujours c’est un courant dans lequel se retrouvent celles et ceux qui ont soutenu Ségolène Royal lors du Congres de motion. D’autres, beaucoup d’autres, qui ont voté pour elle au premier secrétariat ne s’y trouvent pas et c’est normal puisque c’est un courant issu d’une motion.



A mon niveau et pour autant que ma vie professionnelle me le permet j’y participe.



Le courant c’est la forme officieuse ultra classique, et sans doute à bout de souffle, offerte par le PS à ses motions. C’est son fonctionnement actuel, c’est comme cela. Essayons de faire évoluer les courants vers autre chose que des sous partis au sein du parti et ce serait déjà bien. En attendant de changer la gauche et le PS en premier. Faisons pour l’heure de ce courant un lieu utile.



Mais DA n’a pas vocation à être un sous courant du courant. Petit destin dans ce cas !



Que des amis partageant les thèses de fond de DA tentent de les faire partager au sein du courant comme au sein du parti ou au sein de la société, il n’y a aucun inconvénient à cela et même que des avantages sur le plan démocratique. Et de la simple cohérence avec nous-mêmes.



Mais chacun doit sans cesse se rappeler que l’objectif de DA ce sont les centaines de milliers de sympathisants, de citoyens, qu’il faudra bien, par une procédure à inventer, associer activement aux choix de la gauche. C’est tout le contraire de nous ré-enfermer dans des batailles de clochers. Ouvrons les fenêtres et faisons ce que les partis politiques ne font pas, qu’ils ne le veuillent pas ou qu’ils ne sachent pas le faire. Jean sera d’accord là-dessus.



3/ A ce propos, même si l’intention est compréhensible car elle traduit un sentiment d’appartenance et de fierté, l’affichage de DA dans les cortèges n’est pas ce pour quoi nous sommes faits. En quoi cela renouvelle-t-il la vie et la pratique politiques ? En quoi cela explore -t-il de nouvelles voies politiques ? Et 5 ou 10 drapeaux DA dans un cortège de 100 000 personnes en quoi cela grandit-il DA ? Peu à peu, insensiblement, on deviendrait une organisation banalisée dans le cartel de toutes les autres…



Nous différencier du PS et « laisser Martine Aubry au bord du chemin » comme je l’ai lu. Mais outre que nul n’est obligé de se faire mal en restant au PS, je ne crois pas que cela nous aide beaucoup à faire avancer la transformation de la gauche. S’il faut se différencier, je suis bien d’accord, c’est par nos initiatives, l’exploration de nouveaux champs de réflexions et de méthodes, et par nos propositions. Et c’est beaucoup plus ardu.



Cela fait longtemps que je suis adhérent au PS, avec des fortunes d’amitié diverses, des succès parfois et des désillusions beaucoup, mais la conviction que c’est, à cette date, le seul lieu de fixation d’une gauche de gouvernement n’a pas changé. Comprendre la révolte sociale, y répondre, prévenir les violences et les exclusions, fertiliser le champ démocratique : voila le projet politique dont la France a besoin.



4/ Je pense que nous sommes aujourd’hui en quête d’une gauche nouvelle, dans le fond comme dans la forme, qu’un cycle historique, celui des partis d’avant-garde sous tous leurs déguisements, est achevé. Il faut le comprendre sous peine de disparition. Les primaires devraient nous y aider, avec un bon projet politique. Il nous faudra deux jambes.



Nous ferons ce chemin avec le PS, avec Ségolène Royal, et sans laisser quiconque au bord du chemin, ni Martine Aubry, ni personne à gauche. Nous le ferons avec la société, car c’est d’abord vers elle que je vous demande de vous tourner. Notre force d’avenir, c’est elle. Le désir de partager un avenir, c’est avec elle.



Amicalement à tous,



Jean Pierre MIGNARD

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