13.06.2009
rénovation ...???
Liberation
Pas un simple ravalement de façade mais un grand ménage du sol au plafond de la maison PS. Depuis leur déroute électorale de dimanche, les socialistes pressent leur première secrétaire de tout changer: cap, équipe, rassemblement, mode de désignation du candidat, etc. «Ce qu’il faut faire c’est des propositions tous azimuts, au sommet, à la base, au milieu» pour que «cent fleurs jaillissent», a lancé Laurent Fabius. «Pas de rafistolage mais de vrais changements», a renchéri Pierre Moscovici.
Faut-il en déduire pour autant que le PS a «fermé la boîte à gifles» pour ouvrir «la boîte à idées», comme l’a certifié Jean-Christophe Cambadélis? Chacun y va, en tous cas, de ses suggestions pour engager la refondation du parti.
Une «nouvelle gouvernance»
Dès la semaine prochaine, un nouvel organigramme doit être mis en place à Solférino. Forme de shadow cabinet allégé - autour d’une quinzaine de personnes - et rajeuni. Parmi les «quadras et les quinquas», Moscovici devrait faire son entrée dans la direction. Le député Jean-Louis Bianco a, de son côté, souhaité voir émerger «la génération d’après, pas les quinquas, pas les quadras, les gens de trente ans». Tandis que Manuel Valls, autre proche de Ségolène Royal, ne voit «pas de raison que Vincent Peillon, [lui] ou d’autres participent à la direction».
Aubry envisage une instance avec «des grandes figures» comme Bertrand Delanoë, Laurent Fabius, François Hollande et Royal. Celle-ci s’est aussi vue confier la vice-présidence de l’Internationale socialiste pour «aller porter le message du PS français dans le monde.»
Des Etats généraux du renouveau
Pour nombre de socialistes, le changement de logiciel passe par un grand-rendez-vous du PS avec la société: 11 parlementaires et cadres demandent ainsi la tenue, pour la rentrée, d’«Etats généraux du renouveau» avec adhérents, sympathisants et société civile, afin de «définir une alternative».
Parmi les signataires, Arnaud Montebourg, Christophe Caresche, Aurélie Filippetti, Gaëtan Gorce, l’écologiste Géraud Guibert. Gorce et Filippetti veulent en particulier que la «rénovation» soit confiée, non pas à «l’appareil» mais «à nos militants et sympathisants»: ceux-ci fixeront «les étapes et grandes lignes d’un nouveau projet qui intègre l’exigence sociale aux exigences économique et écologique». Filippetti, proche de Royal, appelle à mettre à l’ordre du jour une série de sujets: «environnement, éducation, sécurité, Europe».
Pour sortir «des commissions Théodule, comités truc, conventions thématiques», Bianco prône «une démarche participative» qui redonnerait «tout de suite la parole» aux militants.
De ces états généraux qu'ils voudraient étendre à toute la gauche, Paul Quilès et Marie-Noëlle Lienemann, de l’aile gauche du PS, préconisent de dégager «des thèmes fondateurs en vue de la mise au point, avant mi-2010, d’une charte pour la présidentielle, ambitieuse et novatrice».
A gauche, une «maison commune»
Sur quel socle bâtir une «maison commune» de la gauche, comme la nomme Aubry? Régulièrement évoqué, un rapprochement avec le Modem semble moins d’actualité. Ce qui n’est pas pour déplaire à Fabius: «les élections ont tranché», le parti de François Bayrou s’étant effondré aux européennes.
Après leur percée, les écologistes, par contre, sont nettement plus courtisés. L’ex-Premier ministre propose ainsi un «rassemblement de la gauche et des Verts». Selon Jean-Marc Ayrault, patron des députés PS, «l’alternative ne peut se faire que par une alliance entre l’ensemble des forces de gauche et des écologistes». Pour Michel Sapin, il s’agit de «repenser complètement notre dialogue avec les forces de gauche en particulier avec les Verts».
Sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb note tout de même que «Cohn-Bendit, qui propose de rassembler toute la gauche et le Modem, occupe la place centrale que devrait occuper le leader du PS».
Resté porte-parole, Benoît Hamon entend rester pour «oeuvrer» au «rassemblement de la gauche» avec notamment écologistes et communistes en vue de 2012. Et le duo Quilès-Lienemann appelle les «organisations de gauche et écologistes» à la création rapide d’«un comité national pour un nouveau Front Populaire» en y associant clubs, associations et mouvements syndicaux.
Des primaires en vue de 2012
Voilà le dossier remis sur le haut de la pile: plusieurs socialistes, d’Arnaud Montebourg au pôle écologique, en passant par Moscovici, Filippetti et Gorce, prônent ainsi la tenue de primaires pour désigner le candidat à la prochaine présidentielle. Fausse solution pour le fabiusien Guillaume Bachelay: «quand on s’est pris un grand coup de bambou, on cherche un sésame»... la primaire. «Outil de fabrication du projet et de la sélection du candidat», et même clé pour gagner, défend Arnaud Montebourg, qui pilote une commission sur la question.
A condition donc, d’opter pour des primaires «ouvertes». Voire «doublement ouvertes», argumente Vincent Peillon, pour «permettre à l’ensemble des sympathisants de gauche et non aux seuls adhérents du PS» - comme en 2006 - «de participer au processus de désignation» mais aussi «de faire concourir des candidats de toutes les formations de gauche».
S’il n’est pas question de «lancer le processus avant les régionales», l’eurodéputé recommande d’en acter le principe «sans tarder». Au départ guère enthousiaste, Aubry s’est résolue, au conseil national, à proposer une «réflexion» sur ce sujet «qui ne peut être traité à la légère comme un gadget». Pour le calendrier, Moscovici qui vient de lancer une pétition «pour l’organisation de primaires» afin d’«ouvrir les portes et les fenêtres», suggère de les «organiser en juin ou septembre 2011». Lienemann et Quilès avancent début 2011.
09:43 Publié dans parti socialiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





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