26.07.2009

réunions

2 Août Rencontres estivales
Désirs d'avenir Picardie

Les comités Désirs d'avenir de la région Picardie

invitent tous les participants et sympathisants
Désirs d'avenir

à une rencontre fraternelle
 sous la forme d'un pique-nique familial
le dimanche 2 Août à partir de 12h
dans la clairière Saint-Albin
des bois de Thiescourt (Oise)
 

 Au menu de ce moment de détente et de partage:
- Désirs d'avenir en général et en Picardie en particulier

- la situation politique
- les relations DA / Espoir à gauche / PS et Marseille / La Rochelle en Août
- la famille, les amis, les enfants
- la fête de la fraternité en septembre à Montpellier et les prochaines Universités Participatives
- le boulot, les assoc'
- notre future assemblée régionale et les travaux de nos comités
- ...
Thiescourt est situé au centre de la Picardie entre Roye et Ribécourt. Un fléchage à partir de la D57 Thiescourt /  Ribécourt sera réalisé
Plus de détails sur http://desirsdavenir60.over-blog.com/article-34209347.html
Vous pouvez vous inscrire sur facebook ou nous annoncer votre venue.

primaire

Cinq idées pour des primaires au PS

10 réactions

Par EMERIC BRÉHIER premier secrétaire fédéral, Besoin de gauche, JEAN-PIERRE MIGNARD président de Désir d’avenir, ARNAUD MONTEBOURG secrétaire national du PS à la rénovation., CHRISTOPHE CARESCHE député, Pôle écologique, OLIVIER FERRAND président de Terra Nova

Nous venons de remettre un rapport à Martine Aubry pour des «primaires ouvertes et populaires de toute la gauche». Le débat est lancé. Nous voudrions répondre aux interrogations et critiques qui se font jour. La primaire, alpha et oméga de la rénovation de la gauche ? Certes pas. L’essentiel, c’est de proposer un projet d’avenir aux Français. Mais il n’est pas interdit de se demander pourquoi nous en avons été incapables jusqu’ici. 2002 - 2009 : sept ans de malheur, beaucoup de vaisselle brisée, mais pas de projet socialiste… Notre conviction, c’est que la crise actuelle de la gauche française est avant tout une crise de leadership. La succession de Lionel Jospin n’est toujours pas assurée. Contrairement à la droite, aucun leader «naturel» ne s’est imposé. Nous avons des candidats au leadership, mais les institutions actuelles du Parti socialiste ne permettent pas de choisir entre les compétiteurs. C’est une situation unique : tous les autres partis de gouvernement au monde ont des procédures qui leur permettent de désigner un leader «légal». Pas le Parti socialiste. Face à cette réalité, il y a l’option habituelle : ne rien faire. Les conséquences, nous les connaissons, nous les avons déjà vécues dans la période précédente : une primaire sauvage et permanente.

La bataille des egos n’est pas liée à la primaire, mais au contraire à l’absence de procédure de régulation qui exaspère la compétition au lieu de favoriser les convergences indispensables. Elle paralyse toutes les fonctions du parti, et notamment le projet. Et à la fin de la séquence, comme il faut bien se choisir un candidat, on négocie à chaud les règles de la primaire, dans la précipitation et le rapport de forces des intérêts personnels des candidats. Résultat : la primaire de 2006, verrouillée, trop tardive, trop aseptisée, et oublieuse d’une procédure de rassemblement autour du vainqueur. On ne doit pas se résigner à ce statu quo perdant. Tel a été notre objectif : élaborer des règles de désignation du candidat à la présidentielle qui nous donnent les meilleures chances de gagner. En voici les grands principes :

1. Une primaire ouverte aux sympathisants. L’idée est que la dynamique - électorale, militante, démocratique - offerte par quatre millions de votants, comme lors de la primaire italienne pour Romano Prodi en 2004, est infiniment supérieure à celle conférée par les 150 000 militants socialistes qui ont investi Ségolène Royal en 2006.

2. Une primaire proposée aux partis progressistes qui le souhaitent. L’objectif est de remédier à la fragmentation du camp progressiste et d’éviter le risque de dévisser au premier tour, comme en 2002. C’est quand même bien le moins que de se tourner vers nos alliés. Ils choisiront mais nous aurons fait notre devoir.

3. Une primaire organisant une vraie compétition. L’idée est de choisir «le ou la meilleur(e)», c’est-à-dire celui ou celle qui a le plus de chances de gagner la présidentielle.

4. Un accès élargi à toutes les candidatures légitimes. En 2006, un Barack Obama français n’aurait pas pu émerger - il n’aurait même pas pu concourir. Le processus peut toujours être allégé, mais l’objectif demeure.

5. Un dispositif de clôture, centré autour d’un congrès extraordinaire de désignation, garantissant le rassemblement autour du vainqueur. Mais il faut le faire dès maintenant. C’est une nécessité pour la qualité de la primaire. La codification doit se faire à froid, tant que le voile d’ignorance existe sur les intérêts personnels des candidats potentiels. Elle doit se faire à temps : faire voter quatre millions de personnes, sans l’aide de l’appareil d’Etat, ce n’est pas une mince affaire et cela nécessite une longue préparation technique et le maximum de loyauté déontologique si l’on veut un succès. C’est aussi une nécessité pour le projet. La codification de la primaire permet d’externaliser les enjeux de personne dans une procédure régulée et calée dans le temps (2011). Elle «libère» ainsi la réflexion de fond. Cette réflexion doit rester libre, créatrice, ouverte. Le patrimoine collectif dans lequel les candidats viennent puiser. Et il reviendra à la primaire de trancher, non pas simplement entre les personnalités dans le cadre d’un «concours de beauté», mais aussi entre leurs options politiques.

Ces principes - et les propositions techniques qui les déclinent - sont des propositions. Elles ne sont pas à prendre ou à laisser en bloc. Elles sont versées au débat. Il revient à la direction du PS de les trancher et de les porter devant tous les adhérents. Faisons-le maintenant et passons rapidement au projet

21.07.2009

contrat d autonomie

Contrats d’autonomie : petits arrangements entre amis

Dans L’Humanité du 29 juin 2009, un article de Dany Stive paru sous le titre « Les petites manipulations du secrétariat d’État à la Ville ». In extenso.

« Pour améliorer le mauvais bilan des contrats d’autonomie pour l’emploi des jeunes, les services de Fadela Amara ont détourné le travail de missions locales au bénéfice d’un opérateur privé.

Jusqu’où les services de Fadela Amara sont-ils prêts à aller pour sauver les apparences et présenter un bilan honorable du plan Espoir banlieues ? Et, plus particulièrement, de l’une de ses mesures phares : les contrats d’autonomie. Ces contrats d’accompagnement dans l’emploi pour les jeunes des quartiers populaires, qu’un appel d’offres gouvernemental a offert à des opérateurs privés, devaient aboutir dans les trois ans (à partir de mai 2008) à l’embauche de 45 000 jeunes dans 35 départements. Un an après le lancement de cette « démarche volontariste », les résultats sont si loin du cap fixé par le secrétariat d’État chargé de la Politique de la ville que ce dernier n’a pas hésité à se livrer à une incroyable manipulation.

Dans les missions locales de la boucle nord des Hauts-de-Seine (Asnières, Clichy-la-Garenne, Colombes, Gennevilliers, Villeneuve-la-Garenne), les professionnels qui se battent pour trouver des emplois aux jeunes des quartiers populaires n’en reviennent toujours pas. Ils ont été victimes du détournement par le secrétariat à la Ville d’un travail commencé il y a plusieurs années avec la RATP au bénéfice de l’opérateur privé qui, dans ce territoire, gère les contrats d’autonomie : C3 Consultants.

Depuis 2002, un partenariat lie la Régie des transports parisiens et les missions de la boucle nord pour recruter des conducteurs de bus. Non pour favoriser les jeunes de ce secteur – il n’y a aucune dérogation – mais pour les accompagner efficacement dans un processus qui dure de trois à six mois et qui passe par quatre étapes incontournables : un test de culture générale, des tests psychotechniques, une visite médicale et, enfin, un entretien avec le responsable d’une ligne de bus. Échouer à une des étapes condamne le candidat à ne pas représenter son dossier avant un délai d’un an. Cela étant, plus de 60 personnes ont ainsi intégré la RATP. Résultat appréciable mais insuffisant selon les professionnels. En raison de deux écueils : le laps de temps trop long entre le dépôt du dossier (déjà bien douloureux à monter) et le dernier entretien, qui provoque beaucoup « d’évaporation » de candidats ; et le test de culture générale sur lequel butent trop de novices. Grâce au Fonds d’insertion professionnelle des jeunes, les missions mettent donc en place une préparation spécifique – français, maths, connaissance de l’entreprise… – pour que le premier obstacle ne soit plus rédhibitoire. Quant à la durée du processus, une réflexion avec la RATP est engagée.

Le 4 juin, Fadela Amara visite le dépôt de bus Charlebourg à La Garenne-Colombes. La RATP a, pour l’occasion, invité quelques représentants des missions locales pour qu’ils présentent leur travail commun de recrutement de jeunes. L’exposé est si convaincant que le directeur de cabinet de la secrétaire d’État demande une note de synthèse qui lui est adressée le jour même. Le 10 juin, les missions locales de la boucle nord des Hauts-de-Seine reçoivent un mail de C3 Consultants, qui leur rappelle étrangement quelque chose. La missive commence par : « Dans le cadre de sa stratégie de recrutement, la RATP souhaite recruter 60 machinistes en contrat de professionnalisation », se poursuit par : « L’objectif de cette opération est d’accélérer et de simplifier les procédures de recrutement. En effet, à l’issue de l’information collective, si la candidature est présélectionnée (sic), il sera remis le jour même une convocation pour les tests qui se tiendront le 9 juillet au siège de la RATP », et se conclut par un appel de C3 Consultants aux missions pour qu’elles lui adressent des candidatures potentielles, vu les délais très courts.

Dans les missions locales, on s’étrangle ! Le détournement est évident. La note de synthèse a effectivement retenu toute l’attention du secrétariat d’État. On ne s’attendait pas à ce qu’elle soit ainsi recyclée. Quinze jours entre le dépôt de dossier du candidat et le premier test : les professionnels des missions, depuis des années, en rêvaient. Mieux, ils oeuvraient pour sa réalisation. Mais ils n’en profiteront pas : les services de Fadela Amara ont choisi C3 Consultants pour mettre en place cette procédure accélérée. Le bénéfice espéré de ce tour de passe-passe vaut bien un coup de canif au service public de l’emploi. »

C’est dit. Et ce n’est pas faux. Aux missions locales qui « s’étranglent » de passer du stade de la stupéfaction à celui de la revendication. Debouts plutôt qu’asphyxiées.

20.07.2009

ca sent mauvais ...

BHL: « Le PS doit disparaître »

 

Bernard-Henri Lévy réagit sans détour aux spasmes qui ont agité le PS ces derniers jours. Pour le philosophe, Martine Aubry est le gardien d’une « maison morte ». Lui espère Royal, Valls ou Strauss-Kahn pour que la gauche renaisse sur les décombres du socialisme. Retrouvez ici des extraits de l’entretien qu’il a accordé au JDD, à paraître dimanche.

 

L’homme de gauche Bernard-Henri Lévy est-il triste quand il regarde le PS?

Naturellement, je suis triste. J’ai rarement vu des politiques mettre autant d’énergie à s’autodétruire. Si ça ne concernait qu’eux, ce ne serait pas trop grave. Mais il s’agit de l’alternative à Nicolas Sarkozy, de l’espérance des gens. Or ce PS-là n’incarne plus l’espérance de qui que ce soit. Il ne provoque plus que la colère et l’exaspération.

 

Qu’avez-vous voté aux européennes?

Socialiste, bien sûr. Qu’est ce que je pouvais faire d’autre?

 

Générationnellement, on vous aurait attendu chez Cohn Bendit…

Oui, j’aurais pu voter pour Dany. Mais il y avait cette alliance, que je trouvais contre nature, avec l’antilibéral Bové. Donc j’ai voté PS. Mais comme tout le monde : par habitude, sans y croire, et en ayant le sentiment qu’on essayait de réanimer un cadavre…

 

Ce grand cadavre à la renverse ?

Exactement. Le livre a deux ans. Mais la situation ne s’est, en deux ans, pas arrangée. Le cadavre, toujours. Mais en décomposition. Et qui pue. Exactement la situation décrite par Sartre dans la préface à Aden-Arabie à laquelle j’avais emprunté mon titre.

C’est morbide!

Non. C’est juste la situation. Car à quoi bon se voiler la face ? On est à la fin d’un cycle. Le PS est dans la situation du PC de la fin des années 70, quand la désintégration s’amorçait et qu’on tentait de la conjurer par des formules incantatoires sur – déjà – la « refondation », la « rénovation ».

Et Martine Aubry joue le rôle de Georges Marchais?

Aubry est sûrement quelqu’un de très bien. Mais il ne s’agit plus, à ce stade, des qualités de tel ou tel. Elle est dans le rôle de gardien de la maison morte et elle n’y peut rien. Les mots, d’ailleurs, disent tout. On parle du « rappel à l’ordre » de Manuel Valls. Rappel à l’ordre… Le socialisme termine en caporalisation…

 

Donc, le PS va mourir?

Non. Il est mort. Personne, ou presque, n’ose le dire. Mais tout le monde, ou presque, le sait. Il est comme le cycliste d’Alfred Jarry qui pédalait alors qu’il était déjà mort. Ou comme le chevalier d’Italo Calvino dont l’armure était vide. Il est mort.

 

Et vous vous en réjouissez ?

Je pense surtout qu’il faut dire les choses. Que cela plaise ou non, il faut les dire, en prendre acte, dresser l’acte de décès – et faire sauter cette chape de plomb qui empêche de penser, d’imaginer, de respirer et, évidemment, de reconstruire. Il y a une figure de la gauche morale dont vos jeunes lecteurs ont peut-être oublié le nom. C’est Maurice Clavel. Il disait, jadis : pour vaincre la droite, il faut d’abord briser la gauche. On en est là.

 

Pour beaucoup de gens, le PS est quand même le parti qui les protège, qui administre les régions…

C’est vrai. Et il vaut mieux, c’est évident, que les régions soient bien gérées, et par des militants qui protègent les faibles plutôt que par des darwiniens. Mais la politique, ce n’est pas que cela. C’est aussi la volonté de changer, un peu, le monde. Or, de cette volonté, il n’y a plus trace chez les rhinocéros d’un Parti qui ne semble là que pour gérer, outre vos régions, ce qu’Hannah Arendt appelait « la déréliction du politique ».

 

Donc, pour vous, il faut achever le PS?

Il faut accélérer le mouvement, oui, sûrement. En finir, le plus vite possible maintenant, avec ce grand corps malade qui ne paraît ironiquement occupé, comme le prolétariat de jadis, qu’à « se nier en tant que tel ».

 

Et comment l’achever ?

L’histoire, disait Marx, a plus d’imagination que les hommes. Donc tous les scénarios sont possibles. Tous. La seule chose sûre c’est que ce Parti qui fut celui de Blum et de Jaurès est en train de perdre ce qui lui restait d’âme – et doit mourir.

Et quid de ces leaders qui ne pensent plus qu’à eux-mêmes et à leur carrière ?

Ce n’est pas ce qui choque le plus. A la limite même, ce choc des égos a au moins pour vertu de faire éclater les contradictions qui, seules, génèrent le débat. La politique, c’est aussi des corps. Des mémoires, des idées – mais incarnées. Ce qui tue le PS ce n’est pas l’excès, mais le défaut de guerre intestine.

Nicolas Sarkozy dit que le PS ne disparaitra pas…

Quelle cruauté !

Parce que qu’il porte une responsabilité dans la situation ?

Qu’il en tire parti, c’est évident. Mais il faut arrêter de chercher la paille dans l’œil du voisin quand on une poutre dans le sien. Ce n’est pas parce que Sarkozy débauche des socialistes que le socialisme se meurt. C’est parce que le socialisme se meurt que Sarkozy peut débaucher.

 

La question du nom, socialiste, est importante ?

Evidemment. N’importe quel nominaliste vous le dira : un nom, c’est plus qu’un nom. Et, sur ce point, Valls a raison : il faut, de toute urgence, changer ce nom.
Juste le nom? Le nom dit le reste. Mal nommer les choses, disait Camus, c’est ajouter à la misère du monde. Mieux les nommer c’est, à l’inverse, diminuer la confusion, renouer avec l’essentiel. Or c’est quoi, l’essentiel ? Trois grands refus, qu’il faut penser ensemble, non contradictoirement, car ils sont l’identité même de la gauche. L’antifascisme. L’anticolonialisme. L’antitotalitarisme.

 

Et l’égalité?

C’est le point de recoupement des trois. Evidemment, l’égalité.

Ce déclin dont vous parlez, il date de quand?

Il y a deux choses qui ont masque le phénomène. La victoire de Mitterrand, et l’exaltation qui a suivi. Et puis la montée du Front National qui nourrissait l’illusion d’une identité « facile ». Mais, en réalité, le mal était là.

 

Depuis quand ?

Tout a commencé avec le déclin du communisme. On était pour. On était contre. Mais on se déterminait par rapport à lui. En sorte que, quand l’astre s’est éteint, quand il n’a plus brillé que de l’éclat des étoiles mortes, c’est toute la gauche, toute la galaxie, qui a commencé de pâlir à son tour.

Le PS n’a pas été dans le camp des ennemis de la liberté! Non. Mais, quand son surmoi marxiste s’est écaillé, il s’est laissé infiltrer par une idéologie réactionnaire, littéralement réactionnaire, dont il ne guérit pas.

 

En quoi ?

Cette affaire d’Europe où d’aucuns ont renoué avec le chauvinisme de l’époque Jules Guesde. Ou cet antilibéralisme pavlovien, cette incapacité, comme la gauche italienne par exemple, à distinguer entre le bon « libéralisme » (celui des autonomies ouvrières, de Gavroche, des luttes pour plus de liberté) et le mauvais « libérisme » (la loi du marché appliquée à tout, y compris la culture, la vie privée, la part de secret de chacun, etc). Ou encore la haine phobique de l’Amérique qui est, elle aussi, un marqueur infaillible de la plongée dans les anti-Lumières.

 

Mais le PS suit Obama?

Il le fétichise, c’est différent. Et il se garde bien d’intégrer ce qu’il apporte vraiment : un retour aux valeurs mêmes du progressisme.

 

L’idée des primaires, pour désigner le candidat ?

Sans les primaires, jamais Obama n’aurait été désigné. Sans des primaires à la française, sans une vaste consultation ouverte, populaire, jamais ne s’enclenchera le processus aboutissant à ce nouveau parti de gauche qui rompra avec la machine à perdre.

Vous avez été le conseiller de Ségolène Royal. Elle aurait pu sauver le PS?

Ou peut-être, au contraire, le PS n’aurait-il pas survécu à sa victoire.

 

Et Valls?

Il fait partie, comme Royal, comme Strauss-Kahn, comme d’autres, de ceux qui peuvent être à l’origine du big bang et reconstruire sur les ruines.

Valls revendique la fin du PS, mais il est dans la machine depuis si longtemps… Royal, Strauss-Kahn ont été ministre sous Mitterrand…

Peu importe. Il y a un vieux machin qui s’appelle la dialectique et qui a la bonne habitude de faire ses enfants dans le dos des acteurs de l’Histoire. Eh bien la dialectique, en la circonstance, est à l’œuvre. La gauche de demain, la gauche moderne et réinventée, est encore invisible – mais elle est là.

A en pleurer

En l'espace d'une semaine, par la publication de deux lettres, Martine Aubry a résumé et confirmé les grandes caractéristiques de son début de mandat de première secrétaire du parti socialiste : l'impuissance, l'amateurisme, et surtout une étonnante incapacité à entendre ce qui se passe et dans son parti, et dans la société.

 

La défaite des élections européennes lui offrait, paradoxalement, une chance et un espace pour revoir en profondeur sa méthode de direction, et donner – enfin – des perspectives politiques motivantes aux militants. Avec ce choc qui venait sanctionner durement la (non) ligne politique qui avait remporté le congrès de Reims, elle pouvait trouver les moyens de s'émanciper de la coalition hétéroclite qui l'avait installée rue de Solférino, de s'appuyer sur des forces nouvelles et surtout sur les militants pour lancer le processus de refondation que tout le monde attend. Non seulement il n'en a rien été, mais, pire encore, la semaine qui vient de s'écouler a révélé un enkystement dans l'archaïsme, un entêtement dans l'impasse qui sont proprement désespérants.

 

Deux lettres, deux fautes. Celle, tout d'abord, aux partis de gauche pour construire avec eux une « maison commune » en vue des prochaines échéances. Trop tard, et surtout avec trop peu de crédibilité, quand on voit comment certains de nos partenaires – PRG, MRC – aujourd'hui caressés dans le sens du poil, ont été à l'occasion des européennes traités comme de vulgaires squatteurs, que l'on ne tolérait pas même dans le jardin de ladite maison ! Quelle crédibilité, donc, pour cette démarche qui se pare de la grandeur de la main tendue, mais est d'abord et avant tout perçue par tous comme une émission de fusées de détresse, de la part d'une force politique aux abois ? Et puis, il y a la méthode, doublement erronée, de la lettre ouverte rendue publique. On a bien compris qu'il s'agissait, dans l'esprit de la direction, d'un signal d'ouverture donné à l'opinion. Les militants y ont surtout vu un retour à la vieille logique des accords d'appareil « au sommet », passant une fois de plus allègrement au-dessus de leurs têtes, alors que dans les collectifs, dans les mouvements sociaux, c'est bien par la base que se construit l'unité. Autre erreur, celle consistant à interpeller gauchement et publiquement nos partenaires, sans aucun préliminaire ni préparation d'aucune sorte, donnant une forte impression de manipulation médiatique, de « coup de comm' » fait sur leur dos. Il y avait pourtant une alternative : celle qui aurait vu Martine Aubry prendre son bâton de pèlerin et se rendre successivement dans toutes les universités d'été des partis contactés, pour expliquer concrètement sa démarche et donner un signe fort d'écoute et de respect. Occasion manquée, et sans doute irrémédiablement gâchée par cette lettre qui a bien fait l'unanimité parmi nos partenaires – mais contre nous.

 

Deuxième lettre, deuxième faute, le coup de semonce envoyé, le jour de la fête nationale, à Manuel Valls. Après avoir abandonné des camarades dans la tourmente, après avoir laissé se dérouler, à Hénin-Baumont, une lutte fratricide entre socialistes dont les conséquences auraient pu être funestes, la première secrétaire tente de restaurer son autorité bien mise à mal ces dernières semaines en employant la vieille méthode de la tête de Turc, de la victime « expiatoire » pour l'exemple. Ainsi donc, Manuel Valls serait le symbole des fauteurs de trouble, des malfaisants qui viennent troubler l'unité du parti socialiste. On pourrait prendre le parti d'en rire, devant le spectacle cocasse de ces camarades, qui ont failli faire exploser le PS il n'y pas si longtemps, et qui aujourd'hui se muent en Saint Jean Bouche d'Or de la discipline de parti aux côtés de la première secrétaire. Mais le cœur n'y est pas, même pour rire jaune. Le cœur n'y est pas quand on voit que l'expression, rare, de Martine Aubry se concentre désormais sur la dénonciation publique de camarades, alors que les sujets d'actualité sur lesquels elle pourrait prendre la parole et positionner le PS ne manquent pas. Drôle de pratique, vraiment, alors que l'on nous avait pourtant expliqué en long, en large et en travers, lors du congrès, que « le linge sale se lave en famille », même pour une affaire aussi grave qu'un vote douteux ! En vérité, il faut être lucide. Quoi que l'on puisse penser des prises de position de Manuel Valls, il est clair que c'est bien la première secrétaire qui suscite ce type de démarches. En ratatinant la démocratie interne au parti – faut-il rappeler que l'une de ses premières décisions a été de diviser par deux le rythme du Bureau national, conseil politique de direction, puis de le suspendre le temps des européennes, faut-il rappeler qu'elle n'a pas jugé bon de remettre son mandat en jeu après la déroute aux même élections – elle rétrécit l'espace, en interne, pour le débat, et favorise les démarches extérieures. En outre, en intervenant trop peu dans le débat public, et souvent à contre-temps, elle ouvre grand la voie pour d'autres voix que la sienne.

 

Autant se l'avouer, le bilan comme les perspectives sont sombres. Il semble bien que l'on soit réduit à boire jusqu'à la lie le calice du congrès raté de l'automne dernier, de ce sacre de Reims qui avait pour toute assise politique l'empêchement du camp de la refondation. Nous n'en finissons pas de subir les conséquences de cette absence fondamentale de projet, qui fait du parti socialiste un grand corps non seulement malade, mais à la dérive. Et ce ne sont pas quelques coups de menton, qui sont autant d'aveu d'impuissance, qui y changeront quelque chose. A celles et ceux qui se targuent d'exprimer tout haut ce que les militants penseraient « tout bas », en s'acharnant sur un camarade pour tenter de se donner un semblant de cohésion, nous conseillons d'aller dans les sections, pour se rendre compte de l'étendue du désarroi et de la colère. A moins qu'ils ne préfèrent continuer à se murer dans cet autisme hautain et suicidaire. Absurde, à en pleurer.

 

Julien Dray et Romain Pigenel

15.07.2009

un vent neuf !!!

Reynié : «Aubry s'enferre dans un modèle archaïque»

Propos recueillis parAlbert Zennou
13/07/2009 | Mise à jour : 06:47

INTERVIEW - Pour Dominique Reynié, professeur à Sciences Po et directeur général de la Fondation pour l'innovation politique, «le PS est dépourvu de dynamique interne».

LE FIGARO. - Pourquoi le PS n'est-il plus une force d'attraction pour la gauche ?
Dominique REYNIÉ. - Le PS apparaît comme un parti sans doctrine et sans chef qui a lassé bon nombre de ses électeurs, lesquels n'hésitent plus à le boycotter massivement, comme on l'a vu en 2002 ou encore lors des dernières élections européennes. Les régionales de 2010 ne sauraient constituer des perspectives encourageantes, car la gauche risque de perdre quelques-unes des Régions conquises en 2004. Même à gauche, le Parti socialiste a cessé d'être considéré comme une locomotive électorale. D'autant plus que le PS est dépourvu de dynamique interne. Il est divisé et sans chef, ce qui lui interdit de jouer le rôle d'une force fédératrice. Il n'a pas clairement fait le choix d'une alliance avec le centre ou la gauche de la gauche : voyez encore le cas de la municipale partielle d'Aix-en-Provence où le PS s'est allié au MoDem. Symptôme inquiétant, les appels au rassemblement se multiplient, ce qui est contradictoire ! Et Martine Aubry n'a même pas été la première, puisqu'elle suit Moscovici ou même Robert Hue.

La gauche de la gauche en profitera-t-elle ?
Le choix des destinataires de l'appel de Martine Aubry est révélateur de la situation du PS. La lettre a en effet été adressée à toute la gauche, à l'exception du NPA. Or, avant même cet appel, le parti de Besancenot avait affirmé qu'il y apporterait une fin de non-recevoir. Ce n'est donc même pas le PS qui a décidé de ne pas solliciter le NPA, mais l'inverse.

Dans cet appel, on retrouve la gauche plurielle, chère à Lionel Jospin en 1997.
C'est la preuve que ce sont des idées d'hier. Cet appel est un énième aveu d'impuissance du PS qui ne sait plus imaginer les nouvelles conditions de son avenir politique. Nous ne sommes plus en 1997. C'est peu dire que le monde a changé depuis 12 ans !

Pourtant, 1997 était une victoire ?
C'était une illusion. 1997 a été une défaite de la droite bien plus qu'une victoire de la gauche. 1997, c'est d'abord une erreur stratégique de Jacques Chirac qui n'a pas su expliquer la dissolution aux Français. 1997, c'est ensuite les triangulaires imposées par le Front national qui ont permis d'élire bon nombre de députés socialistes. La gauche est minoritaire en voix si on range le vote FN dans les votes de droite. Enfin, la reprise de cette ancienne référence est d'autant plus étonnante de la part de Martine Aubry que ce sont ces alliances qui ont débouché sur le 21 avril 2002.

La gauche plurielle se conjugue donc au singulier...
Les réactions au courrier de Mme Aubry montrent que les relations entre les différentes composantes de la gauche sont épouvantables. Les alliés potentiels du PS ne cachent pas qu'ils ne croient plus au PS. En cela, ils portent sur ce parti le même regard que la droite.

Dans ce cas, quelle peut être la solution pour le PS ?
La question est d'autant plus difficile que leur problème c'est désormais aussi leur chef. Placée à la tête du parti dans des conditions déplorables, Martine Aubry se montre incapable de le renouveler, refusant d'assumer, comme tous les grands partis sociaux-démocrates, une alliance avec le centre, sans pour autant l'interdire de facto. Elle s'enferre dans un modèle archaïque. Son vocabulaire en témoigne. Elle incarne un parti aliéné à une gauche radicale, intellectuellement exaltée, politiquement très active mais électoralement peu crédible.

La changement de direction est-il inéluctable ?
Ils doivent y réfléchir rapidement car la question de la survie du PS est en passe d'être posée. La situation aurait été tout autre si Ségolène Royal avait été portée à la tête du parti. Royal présente l'avantage de combiner le pragmatisme, l'utopie et le charisme, tout en exprimant la volonté claire de passer une alliance avec le centre.

 

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