03.08.2009

bof!?

·                          La direction du parti s'interroge sur sa capacité à transformer le PS.

À quoi bon ? Les socialistes deviennent fatalistes. Depuis des mois, si ce n'est des années, le PS navigue d'une crise à une autre sans trouver d'issue. À la base, les militants, lassés des divisions internes, doutent. «Ils ne viennent plus aux réunions», rapporte-t-on. Même inertie chez les permanents du parti. «Ils sont comme les militants, raconte un dirigeant. Dès que c'est bien et sympa ils retrouvent de l'envie.» Visiblement, ce n'est pas tout à fait le cas pour l'instant. Alors, même au sommet du PS, on commence aussi à s'interroger sur tout ce temps consacré à changer un parti qui ne bouge plus. Avant la dépression, c'est le coup de blues.

Désabusés, les opposants à la direction ne mènent plus la bataille, mis à part Manuel Valls. De ses vacances, Gaëtan Gorce philosophe et ironise. Le député de la Nièvre fait partie de ceux qui voudraient renverser la table au PS. Il y a renoncé et observe son parti avec amertume. «J'essaie de garder le moral, en soi c'est un exercice difficile… J'essaie de savoir pourquoi cet appareil est insensible aux réformes», explique-t-il. Pour l'instant il demeure «silencieux» mais peut-être que plus tard il tentera à nouveau de se «faire entendre». Ségolène Royal a elle aussi rangé les armes contre Martine Aubry, pour ne pas abîmer davantage le PS.

La «tronche» de l'opposition

Même au sein de la direction du parti, la lassitude affleure. «Je suis là pour aider, mais pas pour mener un combat interne», soupire David Assouline. Ce proche de Vincent Peillon a intégré la direction au printemps, avec d'autres responsables du courant de Ségolène Royal. Investi dans les travaux de rénovation, le sénateur prévient : si le «processus» qu'il veut mettre en place ne voit pas le jour à la rentrée, il «ne restera pas». «Je suis fatigué par ces batailles de chien pour rénover le PS», dit-il. «Depuis 2002, je ne me suis pas arrêté.» S'il ne parvient pas à ses fins, il laissera la première secrétaire Martine Aubry seule à la tâche. Pour mieux la contester ensuite ? «Si le parti n'est pas remis en route, s'il ne retrouve pas un karma positif, je ne vois pas comment on pourra être prêt en 2012», observe-t-il.

Les socialistes se soupçonnent entre eux de faire une croix sur la prochaine présidentielle. L'état du PS les démoralise. «Si la droite était jugée à ses résultats plutôt qu'à la tronche de son opposition, on serait au pouvoir pour cent ans», soupire le porte-parole Benoît Hamon dans un commentaire diffusé sur Internet. Huit mois après le congrès de Reims, le leader de l'aile gauche s'interroge aussi sur sa place dans le parti : n'a-t-il pas perdu sa singularité ?

La plupart des dirigeants socialistes ont deux vies : l'une nationale, l'autre au niveau local. «Ce qui m'intéresse le plus, c'est mon mandat à Rouen», confiait Laurent Fabius il y a quelques semaines. L'ancien premier ministre, allié essentiel de Martine Aubry, souhaite «apporter» ses idées, mais ce n'est pas Rue de Solferino qu'il s'épanouit. Comme beaucoup d'autres.

À Martine Aubry d'entendre le message. «Ce que je fais, c'est gratuit, expliquait Claude Bartolone, l'un des artisans de la victoire de la maire de Lille, avant de partir en congés. Je pourrais bien ne pas être à la direction du PS. Je veux intervenir dans un cadre apaisé.» Lui aussi raconte sa satisfaction d'exercer son mandat local de président du conseil général de Seine-Saint-Denis. Un endroit où tout est tellement plus simple, dit-il.

Les premiers mois de Martine Aubry ont déçu. Ses alliés espèrent la voir changer. Mais elle aussi est en quête de repos. Pendant ses congés, elle a prévu de se faire opérer de son œil, qui la fait toujours souffrir. Elle a déjà assez de soucis en ce moment.

·           L'université d'été du PS se déroulera à La Rochelle du 28 au 30 août.

Pour la dernière fois peut-être, les socialistes ont rendez-vous à La Rochelle. C'est là que se tient leur université d'été à la fin du mois d'août depuis des années. Il est temps d'aller ailleurs, jugent certains : «On n'est pas là ad vitam aeternam. Les traditions sont faites pour être bousculées», pense Emmanuel Maurel, chargé de l'organisation. Mais faute de temps, il n'a pas été possible de changer dès cette année.

Sur le programme, l'édition 2009 s'annonce «plus ouverte», plus «studieuse» mais aussi plus «festive» que les précédentes. À voir. Les responsables des autres partis de gauche ont été invités. Mais, mauvais signe, la présence de leurs ténors n'est pas assurée. Côté PS, Martine Aubry, comme première secrétaire, et Ségolène Royal, comme présidente de la Région, ouvriront ensemble les travaux le vendredi 28 août. Les organisateurs ont prévu une fête militante le samedi et un festival du film politique. La maire de Lille conclura dimanche.

Sur le papier, tout pourrait bien se dérouler. Mais les socialistes, en réalité, n'attendront pas La Rochelle pour faire leur rentrée. Vincent Peillon et le courant l'Espoir à gauche (qui avait soutenu Ségolène Royal au congrès) organisent leurs propres «ateliers d'été» à Marseille les 21 et 22 août. Ils comptent réunir des personnalités venues de tous les partis de gauche et du centre : notamment Daniel Cohn-Bendit pour les écologistes et Marielle de Sarnez pour le MoDem. De quoi agacer la direction, qui accuse Peillon de ne pas jouer «collectif».

Le lendemain, le 23 août, Arnaud Montebourg organise comme chaque année sa fête de la Rose à Frangy-en-Bresse. Le porte-parole du PS Benoît Hamon, hostile à l'alliance au centre est son invité. Pour ne pas laisser la primeur aux quadras, Martine Aubry envisage de faire sa rentrée avant eux.

Plus sages, les autres figures du PS attendront septembre pour organiser leur raout. Bertrand Delanoë veut réunir ses amis le 26 septembre. François Hollande a prévu un séminaire de travail le même mois à Périgueux. Début octobre, Ségolène Royal organise des «ateliers participatifs». Au PS, on réfléchit à la rénovation du parti, mais chacun de son côté.

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