14.10.2009
france métissée ...
De la France métissée !
« Nous avons l’obligation d’obtenir des résultats dans la lutte contre les bandes. J’en fais mon affaire. Par ailleurs, je ne tolère pas que dans certaines banlieues les forces de l’ordre ne puissent plus rentrer. La police de la République doit pouvoir aller partout ». C’est ainsi que Nicolas Sarkozy, le doigt pointé, le visage sévère et le verbe haut, s’exprimait, à Nice sur les questions de délinquance le 21 avril dernier.
Les voyous et autres bandits étaient à la fête. Oyez, oyez braves gens ! Vous allez voir, ce que vous allez voir, son altesse va arracher la victoire, dans sa guerre contre les délinquants.
Le propos aurait pu être crédible, s’il n’avait eu l’odeur d’un plat maintes fois réchauffé. Depuis son accession au ministère de l’Intérieur en 2002, jusqu’à ce discours de Nice, en passant par la mémorable envolée de la dalle Karchérisée d’Argenteuil, notre bon monarque s’énerve, régulièrement, et promet des résultats dans sa lutte contre la délinquance. En vain. Jamais, depuis que Nicolas Sarkozy est en charge des questions de sécurité, la délinquance contre les personnes, la plus insupportable de toutes, n’aura été aussi forte. Entre 2002 et 2009, le nombre d’atteintes volontaires à l’intégrité physique constatées par les services est passé de 381 400 à 454 000 (selon les chiffres d’août 2008 à juillet 2009). Soit une augmentation de 19 %.
J’ai eu l’occasion récemment de débattre avec mes amis d’enfance, qui vivent toujours à la Reine Jeanne, cité de 5.000 habitants à l’entrée d’Avignon. Des familles françaises et étrangères s’y côtoient dans un climat de pauvreté avancée et de violences régulières. La tension est palpable ; le désespoir se lit sur les murs dès l’entrée du quartier. La Reine Jeanne a connu ses dernières années une disparition progressive de tous les services publics et même l’école, dernier symbole de la République, est aujourd’hui menacée de fermeture. Malgré tout, la fraternité règne ici et la solidarité entre les habitants est permanente.
Le débat, commencé en début de soirée, s’est terminé à 6 heures du matin. Il aura été question toute une nuit du parcours de « galériens » de mes potes. Un récit ponctué de rires, de cris de colère, de moment d’émotion et de silences. Beaucoup de silences. Ces silences qui parfois en disent plus que bien des mots.
Ils racontent. Que dis-je, ils se lâchent. Le premier, Ali, évoque le racisme au quotidien. Son récit me renvoie violemment à l’article poignant de Mustapha Kessous, journaliste au « Monde », qui raconte les nombreuses brimades dont il a été victime dans sa vie et sa carrière du fait de ses origines. Ali se présente pour un poste d’agent d’accueil et d’information dans une grande surface proche de la cité. Le DRH le reçoit, lui explique qu’il a les compétences requises « mais que le poste nécessitant d’être en contact permanent avec la clientèle, nous préférons un profil plus…neutre ». Neutre.
Dialo, né en France de parents Sénégalais, me raconte comment il a dû finir par accepter un contrat de videur de boîte de nuit pour aider ses parents retournés vivre au Sénégal. « J’ai travaillé le premier soir et tout s’est très bien passé. Le deuxième soir, le patron est venu me voir quelques minutes avant l’ouverture pour me dire que j’avais laissé rentrer trop d’arabes et de blacks la veille et que ce soir je devais faire attention. Je suis parti immédiatement ». Dialo, 24 ans, est titulaire d’une licence de géographie.
Karim, l’ami de maternelle, m’explique qu’il se fait contrôler jusqu’à 4 fois dans la même journée, parfois par la même patrouille. Les policiers s’installent à l’entrée de la cité et contrôlent les allers et venues. « On se croirait dans un pays étranger alors que nous sommes à l’intérieur même de la France. Il faut passer la douane le matin et la repasser le soir. Même pour passer la frontière espagnole, il n’y a plus besoin de montrer ses papiers » m’explique-t-il. La France fait partie de l’espace Schengen mais elle a érigé des frontières en son sein. Au-delà du principe même des contrôles, c’est bien le tutoiement systématique de la police qui revient dans les propos de tous. Ce fait là, qui peut paraître anodin au premier abord, est vécu comme une véritable humiliation, quand les gosses des quartiers chics sont vouvoyés et toujours respectés.
Le dernier contrôle a mal tourné. Les policiers, particulièrement énervés, s’en sont pris à un jeune qui roulait sans casque. On a connu plus grave comme infraction. La mère du jeune homme voyant son fils en mauvaise posture, eut la mauvaise idée de descendre pour tenter de ramener les forces de l’ordre à la raison. L’individu a fini par être embarqué. Sa sœur et sa mère aussi. Le quartier s’est embrasé. Résultat : quatre voitures brûlées et la vitrine de la boulangerie fracassée.
Un autre, pourtant titulaire d’un BTS Technico-commercial, me raconte la longue série des entretiens qu’il a du passer pour décrocher un emploi ; « Je fais un effort pour les fringues, je me présente, j’ai le bon diplôme, tout colle mais quand je dis que je viens de la Reine Jeanne, je sens la même réaction négative à chaque fois. C’est humiliant. Du coup, je ne fais même plus l’effort d’aller aux entretiens. Comment veux-tu que je dise à mon petit frère de ne pas faire de conneries et de bien travailler à l’école pour avoir un boulot, si moi avec mon BTS je suis au chômage depuis 3 ans ? ».
Il est 6 heures. Mes amis rentrent chez eux. Ils sont fiers, malgré tout. Fiers d’être Français autant qu’ils sont fiers de leurs origines. Ils n’ont aucun problème, eux, avec le drapeau tricolore qu’ils arborent les soirs de compétitions sportives, quand les bonnes consciences, elles, traitaient Ségolène Royal de poujadiste pendant la présidentielle parce qu’elle voulait réhabiliter les valeurs républicaines. D’ailleurs, ils me reparlent souvent du discours de Ségolène Royal à Villepinte. Ils se souviennent de cette femme, cette mère de famille s’inquiétant avec émotion du sort des banlieues et craignant les gestes de désespoir radical et autres actes de nihilisme face à l’inertie des pouvoirs publics.
Car aujourd'hui, qu’en est-il du plan Marshall des banlieues ? Où sont-elles les promesses du candidat Sarkozy ? Où sont-ils les moyens promis aux structures associatives ? Les questions sont nombreuses. Les chantiers aussi. Oui, il faut renforcer l’école qui doit être au cœur et en avant de tout. Oui, il faut mettre en œuvre une politique spécifique d’accompagnement vers l’emploi pour ces jeunes qui subissent souvent une double discrimination : celle de la couleur de peau et celle du lieu de résidence. Oui, il faut revoir les politiques d’aménagement du territoire afin que plus jamais dans ce pays il n’y ait de ghettos. Oui, il faut construire une relation plus apaisée entre les forces de l’ordre et les jeunes en instaurant une vraie police de proximité. Oui, enfin, il faut ouvrir à ses jeunes les portes des responsabilités publiques car l’uniformité de la classe politique est, chaque jour qui passe, une insulte à l’égalité des droits.
Je reste seul après le départ de la bande. Je repense alors à nos parents, arrivés dans les années 1970, travailleurs discrets, citoyens modestes et modèles, qui eux n’ont jamais pensé à fuir le fisc et à qui l’on refuse pourtant le droit de vote. Je repense même aux générations précédentes qui ont tant donné à la France. Mon propre grand père, engagé dans l’armée française et qui a laissé sa vie sur les côtes de Provence la nuit du 15 août 1944. Par respect pour eux, nous avons l’ obligation d’imposer la France métissée…ici et maintenant !
Il est 7 heures. Je quitte le banc. Les femmes de ménage prennent le service dans les barres d’immeubles. Les rues sont désertes. Une patrouille passe, jette un regard et continue son chemin. Cette nuit, la Reine Jeanne est calme. Calme précaire. Jusqu'à quand ?
07:26 Publié dans actualite | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.10.2009
Martine et la danse ....
Par un militant du Puy de Dôme
Le Petit Conservatoire de Martine
Mireille a laissé orphelins et inconsolables, voilà déjà quelque
temps, les élèves de son Petit Conservatoire.
Nous autres, au PS, on a Martine qui, à défaut de s'être mise à l'art
vocal, s'est mise en tête de nous faire découvrir l'art de la danse.
D'abord au congrès, pas de doute, ce fut une sacré Java dont on parle
encore dans les chaumières roses et même plus, car affinités.
D'autres, mauvaises langues, qui tenaient les urnes ont même susurré
qu'elle envisageait de lancer la mode de la Bourrée, mais apparemment,
ça n'a pas pris autant qu'espéré du côté des militants.
On a tout de suite vu, avec l'épisode de Manuel qu'elle ne se
lancerait ni sans la Salsa, ni dans la Samba, ni dans le Flamenco, ni,
et ce fut une confirmation, dans la Valls.
On s'était pourtant dit 1, 2, 3 et 1, 2, 3 et 1, 2 3... ça va Valser,
au Bureau National.
Et puis non.
Elle a aussi abandonné cette idée.
Pas facile de partir dans des rythmes tellement endiablés qu'ils sont
capable de vous faire tourner la tête, au risque d'en perdre
l'équilibre!
Finalement, après un passage par le Tango (1 pas en avant de
rénovation, 3 pas en arrière de Fabius/Delanoé/et consorts qu'on
ressort), qu'elle pensait être une valeur sûre, il semblerait bien
qu'elle va rester dans le Classique.
Des gammes dures à pratiquer qui ont traversé les siècles, des années
d'entraînement, même si les exercices à la barre obligent quelquefois
à quelques contorsions un peu douloureuses.
Juste une question d'entraînement.
Et pendant ce temps-là, alors qu'on apprend que VGE s'envoyait
régulièrement en l'air dans un Rock acrobatique endiablé avec Lady Di,
Sarkozy et Villepin, tendrement enlacés et portés par les derniers
potins, de se laisser aller à un Rondot (si, si, mon général!), en
faisant un doigt d'honneur à Mitterrand (celui que vous voulez)!
Elle est pas belle, la vie?
Et moi, pendant c'temps là?
J'tournais la manivell'!
Pourtant, le Nantais d'origine, ne vous cachera pas que ça lui demande
un petit effort, de ne pas partir au Galop essayer de trouver un(e)
prof de Carmagnole, un(e) vrai(e).
Paul Suteau, Section de Romagnat
07:01 Publié dans actualite | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.10.2009
primaire : mode d'emploi ???
Les militants socialistes viennent d'adopter le principe de primaires ouvertes pour désigner leur candidat à la présidentielle de 2012, mais les modalités et le calendrier de cette innovation politique restent à définir.
Les adhérents PS - qui jusqu'à présent avaient le monopole de la désignation de leur champion - ont donné le feu vert pour que le candidat "des socialistes" soit désigné "par des primaires ouvertes aux citoyens qui souhaitent le changement en 2012". Ils ont également donné mandat au Bureau national du parti pour organiser la consultation "avec les formations de gauche qui le souhaitent".
- La question du périmètre de la consultation est le dilemme le plus délicat à résoudre alors que le PS est déchiré entre les partisans d'une primaire pour départager des candidats socialistes et ceux qui veulent l'élargir à d'autres formations de gauche.
- Qui peut voter? Il s'agit de définir le corps électoral, soit en établissant des listes électorales à l'avance, soit en autorisant les citoyens à se présenter le jour du scrutin, ce qui permettrait une participation plus large, pouvant atteindre 4 millions, selon le "think tank" Terra Nova, cheville ouvrière de l'innovation. Il faut aussi décider si une somme (de quelques euros) et un engagement à voter à la présidentielle pour le vainqueur sont requis.
- Qui peut postuler? Il est essentiel pour Terra Nova que la compétition soit ouverte au plus grand nombre de candidats pour faire émerger le meilleur. Un parrainage serait toutefois requis.
- Quel rapport entre les candidats et le projet PS? Le projet peut servir de socle, laissant du champ aux candidats pour défendre leurs options.
- Quel mode de scrutin? Un scrutin à deux tours semble privilégié.
- Quel calendrier? Il doit tenir compte du délai nécessaire pour organiser cette opération inédite. Arnaud Montebourg propose juin 2011, les amis de François Hollande fin 2010, les proches de Dominique Strauss-Kahn l'autonme 2011 pour permettre au directeur général du FMI d'y participer s'il le souhaite.
- Une Convention - imitant le modèle des primaires américaines - pourrait être prévue après le scrutin pour panser les plaies de la compétition et rassembler le parti derrière le vainqueur en vue de 2012.
08:08 Publié dans parti socialiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
liberté surveillée....
Martine Aubry est une adepte de la méthode Coué. Ce qui lui permet d'affirmer sans rougir que le référendum pour la rénovation du PS est « une superbe leçon démocratique » donnée «à toute la France ». Mais peut-elle dire autre chose ? Non, et c'est bien son problème.
Passons sur les faits. Moins d'un militant sur deux a voté, par devoir, ce qui n'est pas une gifle, mais pas un succès non plus. Quant au reste des Français, s'ils s'y intéressent, ils ont appris à se méfier des scrutins internes au PS depuis les révélations de tricherie qui ont entouré l'élection de Martine Aubry au poste de premier secrétaire. Accusations qu'elle n'a pas attaquées en justice.
Si Martine Aubry n'est pas libre de ses propos, elle ne l'est pas plus de ses choix. Ainsi était-elle obligée de passer par l'épreuve de ce référendum dont elle se serait bien passée. Ignorée par les grands barons régionaux (Collomb, Guérini, Percheron), contestée par les quadragénaires (Valls, Peillon, Montebourg), elle n'avait pas d'autre option possible que de se montrer plus ouverte au dialogue. Ce qu'elle fit à l'université d'été de La Rochelle, avec la promesse du référendum d'octobre.
Régulièrement débordée par les imprévisibles déclarations de Ségolène Royal, sur la taxe carbone par exemple, elle devait aussi tenter de reprendre la main sur sa meilleure ennemie. Quand Royal apparaît moderne, souriante et imaginative aux yeux de beaucoup, Aubry présente une image démodée, classique, voire dogmatique.
Acculée, la première secrétaire du PS n'avait même pas la maîtrise des questions posées jeudi soir aux militants. Onze au total, dont quatre sur le non-cumul des mandats et l'organisation de primaires ouvertes pour désigner le candidat à la présidentielle. Deux thèmes sensibles, chers aux quadras, qu'elle n'avait pas prévu d'aborder si tôt. Deux thèmes certes plébiscités jeudi soir, mais qui seront très difficiles pour elle à mettre en musique sans fausses notes.
Ainsi va Martine Aubry, et donc le parti. Un bateau ivre. Un capitaine qui n'a pas l'initiative, une formation qui cherche son cap. Et pendant ce temps, Georges Frêche, pourtant exclu du PS, se frotte les mains. Les militants du Languedoc-Roussillon ont choisi son homme de confiance, contre l'avis de la Rue de Solferino, pour les représenter aux prochaines élections régionales. À lui seul, cet épisode résume tout de l'absence d'autorité dont souffre le PS.
08:04 Publié dans actualite | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




