04.08.2009

rupture amiable

21.07.2009

contrat d autonomie

Contrats d’autonomie : petits arrangements entre amis

Dans L’Humanité du 29 juin 2009, un article de Dany Stive paru sous le titre « Les petites manipulations du secrétariat d’État à la Ville ». In extenso.

« Pour améliorer le mauvais bilan des contrats d’autonomie pour l’emploi des jeunes, les services de Fadela Amara ont détourné le travail de missions locales au bénéfice d’un opérateur privé.

Jusqu’où les services de Fadela Amara sont-ils prêts à aller pour sauver les apparences et présenter un bilan honorable du plan Espoir banlieues ? Et, plus particulièrement, de l’une de ses mesures phares : les contrats d’autonomie. Ces contrats d’accompagnement dans l’emploi pour les jeunes des quartiers populaires, qu’un appel d’offres gouvernemental a offert à des opérateurs privés, devaient aboutir dans les trois ans (à partir de mai 2008) à l’embauche de 45 000 jeunes dans 35 départements. Un an après le lancement de cette « démarche volontariste », les résultats sont si loin du cap fixé par le secrétariat d’État chargé de la Politique de la ville que ce dernier n’a pas hésité à se livrer à une incroyable manipulation.

Dans les missions locales de la boucle nord des Hauts-de-Seine (Asnières, Clichy-la-Garenne, Colombes, Gennevilliers, Villeneuve-la-Garenne), les professionnels qui se battent pour trouver des emplois aux jeunes des quartiers populaires n’en reviennent toujours pas. Ils ont été victimes du détournement par le secrétariat à la Ville d’un travail commencé il y a plusieurs années avec la RATP au bénéfice de l’opérateur privé qui, dans ce territoire, gère les contrats d’autonomie : C3 Consultants.

Depuis 2002, un partenariat lie la Régie des transports parisiens et les missions de la boucle nord pour recruter des conducteurs de bus. Non pour favoriser les jeunes de ce secteur – il n’y a aucune dérogation – mais pour les accompagner efficacement dans un processus qui dure de trois à six mois et qui passe par quatre étapes incontournables : un test de culture générale, des tests psychotechniques, une visite médicale et, enfin, un entretien avec le responsable d’une ligne de bus. Échouer à une des étapes condamne le candidat à ne pas représenter son dossier avant un délai d’un an. Cela étant, plus de 60 personnes ont ainsi intégré la RATP. Résultat appréciable mais insuffisant selon les professionnels. En raison de deux écueils : le laps de temps trop long entre le dépôt du dossier (déjà bien douloureux à monter) et le dernier entretien, qui provoque beaucoup « d’évaporation » de candidats ; et le test de culture générale sur lequel butent trop de novices. Grâce au Fonds d’insertion professionnelle des jeunes, les missions mettent donc en place une préparation spécifique – français, maths, connaissance de l’entreprise… – pour que le premier obstacle ne soit plus rédhibitoire. Quant à la durée du processus, une réflexion avec la RATP est engagée.

Le 4 juin, Fadela Amara visite le dépôt de bus Charlebourg à La Garenne-Colombes. La RATP a, pour l’occasion, invité quelques représentants des missions locales pour qu’ils présentent leur travail commun de recrutement de jeunes. L’exposé est si convaincant que le directeur de cabinet de la secrétaire d’État demande une note de synthèse qui lui est adressée le jour même. Le 10 juin, les missions locales de la boucle nord des Hauts-de-Seine reçoivent un mail de C3 Consultants, qui leur rappelle étrangement quelque chose. La missive commence par : « Dans le cadre de sa stratégie de recrutement, la RATP souhaite recruter 60 machinistes en contrat de professionnalisation », se poursuit par : « L’objectif de cette opération est d’accélérer et de simplifier les procédures de recrutement. En effet, à l’issue de l’information collective, si la candidature est présélectionnée (sic), il sera remis le jour même une convocation pour les tests qui se tiendront le 9 juillet au siège de la RATP », et se conclut par un appel de C3 Consultants aux missions pour qu’elles lui adressent des candidatures potentielles, vu les délais très courts.

Dans les missions locales, on s’étrangle ! Le détournement est évident. La note de synthèse a effectivement retenu toute l’attention du secrétariat d’État. On ne s’attendait pas à ce qu’elle soit ainsi recyclée. Quinze jours entre le dépôt de dossier du candidat et le premier test : les professionnels des missions, depuis des années, en rêvaient. Mieux, ils oeuvraient pour sa réalisation. Mais ils n’en profiteront pas : les services de Fadela Amara ont choisi C3 Consultants pour mettre en place cette procédure accélérée. Le bénéfice espéré de ce tour de passe-passe vaut bien un coup de canif au service public de l’emploi. »

C’est dit. Et ce n’est pas faux. Aux missions locales qui « s’étranglent » de passer du stade de la stupéfaction à celui de la revendication. Debouts plutôt qu’asphyxiées.

27.06.2009

degradation

Luc Darmais, directeur territorial Loire, mais étant donné que l'indemnisation des demandeurs d'emploi - toujours plus nombreux - reste la priorité du service public de l'emploi, nous ne devons pas prendre de retard sur le traitement des dossiers et le paiement des indemnités ». Surtout que les effectifs vont se réduire pendant les vacances (50 % de personnel en moins) et que la rentrée promet d'être explosive avec l'arrivée massive des jeunes à la recherche d'un emploi et des victimes de licenciements,.

Pour résorber le nombre de dossiers en attente (« 10 000 dans la région mercredi » selon Dominique Chomarat, déléguée syndicale CFDT et ex-agent Assedic) , « trois nouvelles journées de rendez-vous auront lieu en juillet et en août ». Ce qui revient à dire que les 65 sites ex-Assedic régionaux seront fermés trois jeudis sur quatre.

Autre mesure, « la direction a mis en place ou a maintenu des pools de liquidation sur chacun des territoires de Pôle Emploi en Rhône-Alpes, des lieux centralisés où une dizaine d'agents s'affairent pour traiter des dossiers », explique encore Dominique Chomarat. « Mais ce n'est pas suffisant car en septembre, les primo-demandeurs d'emploi vont mobiliser énormément de ressources ».

La direction régionale de Pôle Emploi abordera-t-ellec la rentrée de façon sereine ? Son objectif serait de ne pas dépasser les 6 000 dossiers en attente. Avec les fermetures ponctuelles d'agences, les heures supplémentaires, les CDD recrutés d'ici au 1er juillet et la mise en place d'une inscription complète par téléphone au 39 49 cet été sans rendez-vous de validation, rien n'est moins sûr. Quant à l'intersyndicale, elle exige une augmentation des effectifs conséquente avec des embauches pérennes car « le nombre de demandeurs d'emploi suivis par conseiller se révèle trois fois plus élevé qu'il ne devrait être».

Magali Soubeyran

13.04.2009

dégradation

Alternative economique
Emploi : une dégradation inquiétante
Désormais, les choses sont claires : nous sommes dans une vraie crise. Et pas seulement, comme beaucoup le disaient sans doute pour minimiser les choses, dans une récession.
Car la récession désigne un recul momentané d'activité, tandis que la crise - comme en 1929 - désigne une situation où la conjoncture tend spontanément à s'aggraver, par un phénomène d'interdépendance bien connu : moins de demande, donc moins de débouchés, donc moins de revenus, donc moins d'emplois, donc moins de demande...
Pour ceux qui en doutaient encore, les dernières prévisions de l'Insee pour le premier semestre 2009 tablent sur une baisse du produit intérieur brut (PIB) de 2,9 % à la fin juin. Ce qui signifie que, si la chute d'activité devait se poursuivre au cours du deuxième semestre, même à un rythme moins rapide qu'actuellement, nous pourrions terminer l'année 2009 avec une réduction d'activité de l'ordre de 4 % ! Et ceci alors même que la loi de finances, bouclée le 15 septembre dernier, prévoyait une croissance positive comprise entre 1,5 % et 2 %.
Même s'il est de tradition que le gouvernement tente de peindre la réalité en rose, ce qui aboutit en général à avancer des prévisions un peu surestimées, personne, à l'époque, ne pensait que la situation allait se dégrader aussi vite et aussi fortement : en neuf mois, on est passé d'une croissance de + 1,5 % à - 2,9 %, soit une révision à la baisse de 4,5 points. L'équivalent de 85 milliards d'euros de PIB - et peut-être davantage si le deuxième semestre 2009 ne marque pas un arrêt dans la baisse - manquera donc à l'appel du fait de la crise.
On en voit tout de suite les conséquences : ce sont de l'ordre de 25 milliards d'euros qui ne rentreront pas dans les caisses des organismes sociaux, de l'Etat ou des collectivités territoriales, à peu près autant qui ne seront pas versés en salaires nets. Bref, si ces prévisions devaient devenir réalité, se mettraient alors en place bien des éléments d'une sévère crise aux effets sociaux désastreux. C'est pourquoi il faut agir dès maintenant. Vite et fort. Non pas pour augmenter le pouvoir d'achat, mais pour l'empêcher de se dégrader encore plus fortement.
Malheureusement, le mal est déjà en partie fait sur le plan de l'emploi. Début juillet 2008, on comptabilisait (France métropolitaine seulement) 26,05 millions de personnes en emploi. Six mois plus tard, on en comptabilisait 82 000 de moins, et l'Insee estime que, au cours du premier semestre 2009, ce sont encore 300 000 emplois qui devraient disparaître. Ce qui ferait passer alors le chômage (au sens du BIT, c'est-à-dire des personnes sans emploi, n'ayant pas travaillé au cours de la semaine précédente [1] , recherchant activement un emploi et disponibles dans les quinze jours pour l'occuper) d'un peu plus de 2 millions (début du troisième trimestre 2008) à 2,48 millions, en progression de 430 000 personnes. C'est cette hémorragie qu'il faut faire cesser de toute urgence. Car avec les emplois qui disparaissent, ce sont des personnes qui perdent pied, parmi lesquelles certaines risquent de retrouver très difficilement quelque chose, en raison de leur âge, de leur formation ou de leur expérience professionnelle, notamment industrielle, difficilement utilisable ailleurs.

31.03.2009

contraste


(25/03/2009) Chômage et créations d'entreprises. Des chiffres qui explosent


Le nombre de demandeurs d'emploi en Bretagne est en hausse de 10,1% pour le dernier trimestre 2008. Ils étaient 93 717 à être inscrits sur les listes de Pôle emploi (catégorie 1). En Bretagne, 6,6% de la population active est au chômage contre 7,8% au plan national. Le taux de créations d'entreprise augmente, lui, de 40,9% sur la période de février 2008 à février 2009. La Bretagne enregistre ainsi 1 621 nouvelles créations. Les chiffres nationaux sont aussi importants : 42% d'immatriculations en plus, avec 44 544 créations contre 31 432 l'année précédente. Le nouveau statut d'auto-entrepreneur expliquerait sans doute, cette explosion.

26.03.2009

Charpy

Charpy : «La tendance
Le Figaro
sera mauvaise jusqu'à l'été»

Propos recueillis par Olivier Auguste et Marc Landré
25/03/2009 | Mise à jour : 20:32 Commentaires 29 | Ajouter à ma sélection

« Le rendez-vous crucial sera la rentrée de septembre », explique Christian Charpy.
Pour Christian Charpy, directeur général de Pôle emploi né de la fusion de l'ANPE et des Assedic, la hausse du chômage est d'une «incroyable brutalité».

LE FIGARO - Le nombre de chômeurs grimpe encore en flèche. Cela va-t-il durer ?
Christian CHARPY - La forte augmentation de février correspond à la tendance des mois précédents. Toutes les catégories de chômeurs sont concernées, surtout les jeunes. Ce qui est nouveau, c'est le tassement des fins de CDD ou de mission d'intérim et la forte augmentation des inscriptions après un licenciement écono­mique. C'est moins l'effet des plans sociaux très médiatisés - les grands groupes ne font pas forcément beaucoup de licenciements «secs» - que des difficultés des PME. Pour la suite, les prévisions de l'Insee ne sont pas vraiment encourageantes. La tendance sera mauvaise jusqu'à l'été. Le rendez-vous crucial sera la rentrée de septembre.

La hausse du chômage ne sert-elle pas de paravent pour masquer les difficultés de la fusion ?
Le retournement est d'une incroyable brutalité, on n'a jamais vu des chiffres pareils ! Je vous signale que le pic des dossiers à traiter - presque 100 000 - a été atteint en fin d'année, avant la fusion. Depuis fin janvier, nous sommes revenus à la normale, de 50 000 à 60 000 dossiers en ins­tance, soit deux ou trois jours de traitement. Bien sûr, il aurait été plus facile pour tout le monde de faire cette fusion dans une période de stabilité ou de baisse du chômage. Mais, sans la fusion, cela aurait été plus difficile de faire face à la situation.

Avez-vous été obligé, en raison de la flambée du chômage, à certaines ambitions ?
Il y a certains sujets, comme le suivi mensuel de certains publics dès le deuxième mois d'inscription ou la plate-forme pour démarcher les offres d'emploi dans les entreprises, dont nous avons dû décaler la mise en œuvre. Car nous avons fixé trois priorités absolues : inscrire, indemniser et accompagner le plus rapidement possible les nouveaux demandeurs d'emploi. 80 % des nouveaux chômeurs sont reçus physiquement dans une agence dans les 5 jours suivant leur pré-inscription par Internet ou téléphone. Évidemment, avec 500 000 inscriptions par mois, vous trouverez toujours quelques centaines de cas où le délai a atteint 15 jours ou un mois.

Combien d'agences ont-elles déjà fusionné ? Et, au-delà du logo affiché à l'entrée, qu'est-ce que cela change ?
Le nombre de sites mixtes reste d'une centaine depuis le début de l'année, car chaque rapprochement d'agences ANPE et Assedic ne peut se faire qu'après la consultation du comité d'entreprise régional. C'est parfois long, diffi­cile, mais ces consultations seront terminées sur tout le territoire dans les prochains jours, ce qui nous permettra de relancer le mouvement. Fin septembre, 956 sites mixtes seront en place. Dans 42 % des cas, cela veut dire une implantation géographique unique. Ailleurs, il reste deux établissements, c'est moins favorable à la cohésion des équipes, mais un seul accueille le public, l'autre regroupe le back office : les chômeurs n'ont plus à se présenter dans deux lieux distincts. Dans leur grande majo­rité, les agents Assedic considèrent que l'accompagnement des chômeurs est un véritable enrichissement de leur tâche. Côté ANPE, ils sont souvent moins emballés à l'idée de calculer le montant des indemnités, mais ils comprennent très bien l'intérêt pour les chômeurs qu'une seule personne traite tout leur dossier.

Dans combien de temps le chantier de la fusion sera-t-il derrière vous ?
Vers la mi-2010. Mais d'ici neuf mois, l'essentiel sera fait en termes d'offre de services. Avant l'été, de 30 % à 35 % du personnel aura été formé : nous aurons donc plus de conseillers disponibles, et ils seront polyvalents, capables aussi bien d'inscrire les chômeurs en vue de leur indemnisation que de les accompagner vers l'emploi. À la même époque, nous aurons confié l'accompagnement de 100 000 chômeurs à des opérateurs privés. Et déjà Pôle emploi permet une plus grande simplicité des démarches et une vraie personnalisation des services pour les demandeurs d'emploi et les entreprises, également la possibilité de formations ou d'aides à la mobilité pour des chômeurs non indemnisés.

Au final, quel sera le coût de l'opération ?
Je ne peux pas vous le dire, car il dépendra de la convention collective que nous sommes en train de négocier. Mais n'oublions pas que l'indemnisation d'un chômeur, c'est, en moyenne, 1 000 euros par mois. Or nous avons plus de capacité à résister à la montée du chômage dans un Pôle emploi qui se crée que dans deux institutions séparées.

Justement, pour le gouvernement, la fusion doit permettre aux chômeurs de retrouver un travail plus vite, car leurs chances diminuent au fil du temps. Cet objectif est-il atteint ?
Comparer la durée moyenne du chômage avec ce qui existait dans les mois précédant la fusion serait absurde, tant le contexte économique a changé. Songez qu'en janvier et février, les offres d'emploi adressées à Pôle emploi ont plongé de 30 % par rapport à début 2008.

19.03.2009

Pole emploi l enfer !!!

Marianne
Pôle emploi : le numéro demandé n'est pas attribué
Au retard dans le traitement des dossiers par le nouvel organisme public d’emploi s’ajoutent les problèmes posés par le numéro d’appel unique, le 3949.
Une soixantaine de militants du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP) ont occupé mardi une agence Pôle emploi à Paris pour dénoncer les difficultés croissantes des chômeurs.
C’est qu’aux énormes retards dans le traitement des dossiers des allocataires (cf : Pôle emploi: des mois pour toucher les Assedic) s’ajoute la quasi impossibilité de pouvoir joindre son conseiller. Composer le 3949, le numéro mis à la disposition des chômeurs depuis le 5 janvier par les pôles emploi, c'est avoir la certitude d'attendre de longues, très longues minutes au bout du fil avant d’avoir un interlocuteur. Des minutes qui valent de l’or pour les opérateurs de téléphonie mobile français, qui jusqu’ici ont refusé de revoir leur prix à la baisse. Pour cinq minutes d'attente, l'appel est facturé entre 2,40 euros et 3,3 euros HT d’un téléphone portable, ce qui est le cas de la grande majorité des demandeurs qui ont souvent préféré faire l'économie d'une ligne fixe au profit d'un portable, histoire de rester joignable à tout moment par un éventuel employeur…

Mais même pour ce prix-là, il n’est pas dit que le chômeur pourra joindre son conseiller, celui qui lui a été attribué au moment de son inscription. Car la plupart des appels sont redirigés vers des plateformes téléphoniques d’où un téléopérateur traite les dossiers à la chaîne. Une déshumanisation qui pour le secrétaire général du syndicat l’UNSA rime avec privatisation, et surtout soulève une question plus embarrassante encore : Pourquoi avoir construit en France 956 sites, si les chômeurs et leur conseiller ne peuvent quasiment jamais s’y rencontrer ?

Les agressions se muliplient dans les pôles emploi
Depuis la fusion entre ANPE et ASSEDIC on constate une très forte augmentation des agressions verbales et physiques contre les salariés des pôles emploi.


Insultes, gifles, détériorations de matériel, menaces avec arme… Depuis quelques semaines, les violences à l'encontre des salariés des pôles emploi se sont multipliées. La fusion, en janvier dernier, de l'ANPE et des ASSEDIC a généré des retards phénoménaux dans le traitement des dossiers des nouveaux inscrits, doublés d'une désorganisation du travail dans les unités. Le tout alors que le chômage a fait un bond : 90 000 inscrits supplémentaires en janvier.
Résultat : il faut attendre des mois avant de toucher ses allocations. D'où l'incompréhension des chômeurs, qui se retrouvent parfois dans des situations désespérées. A tel point que certains d'entre eux s'en prennent aux seules personnes auxquelles ils ont affaire : les salariés des pôles emploi.

Ces clashs, de plus en plus nombreux, commencent à faire planer une ambiance de peur dans les couloirs des unités. A Paris, à l’occasion d’une réunion syndicale, nous avons rencontré trois conseillères de pôle emploi. Leur témoignage est effarant : Voir la vidéo.


Dépassée, la direction de Pôle emploi vient de décider de mettre temporairement des vigiles dans plusieurs agences du département des Deux-Sèvres après l'agression d'une conseillère par un demandeur d'emploi. Plusieurs sites s’apprêteraient à en faire autant ; en désaccord avec la plupart des syndicats qui craignent une montée supplémentaire des tensions

Pôles emploi : déprimes, psychotropes et suicides
Deuxième volet de notre enquête sur les conséquences de la crise et de la fusion ANPE/Assedic : les employés des pôles emploi sont de plus en plus nombreux à craquer.




envo


La nouvelle n’a pas fait grand bruit : un employé du Pôle emploi de Saint-Quentin (Aisne) s'est pendu dans la nuit de jeudi à vendredi dernier sur son lieu de travail. Lundi, Sud emploi a appelé la direction à «assumer ses responsabilités» estimant que les conditions de travail ont pu jouer un rôle dans cet événement. Selon de nouveaux témoignages que nous avons recueillis (voir la vidéo) , d’autres suicides ont eu lieu, et pourraient être étroitement liés à la dégradation des conditions de travail sur les pôles emploi.

La fusion entre l’ANPE et les ASSEDIC, l’inscription en masse de nouveaux demandeurs d’emploi, ont aggravé la situation. D’abord, parce que depuis la fusion les salariées doivent apprendre sur le tas à gérer plusieurs postes de travail à la fois. Ainsi, un ancien salarié ANPE doit s’occuper de 200 dossiers en moyenne, mais aussi aller répondre aux appels de la plateforme téléphonique du 3949, le nouveau numéro unique du Pôle emploi mis à la disposition des demandeurs depuis janvier; et le lendemain, être amené à se rendre dans une unité différente que celle de la veille. Une charge de travail ingérable pour atteindre les «objectifs» fixés par la direction, et qu'il n'arrive à remplir qu'en rognant sur ses poses déjeuner et en travaillant 45h, déclarées 35...

L’arrivée de 90 000 chômeurs supplémentaire en début d'année a fait monter d’un cran les tensions : l’augmentation des violences verbales et physiques des demandeurs à l’encontre des salariés (http://www.marianne2.fr/Les-agressions-se-muliplient-dans-les-poles-emploi_a176964.html)
participe de la détérioration de leur état de santé mentale. Fragilisés, certains craquent, d’autres ont recours aux psychotropes, ou tombent en dépression.

C’est ce revers de la médaille qu’ont accepté de nous raconter trois salariées. Toutes demandent non seulement l’augmentation des effectifs, mais surtout un moratoire sur la fusion, avant que de nouveaux drames se produisent.

16.03.2009

solde emploi

Alors que l'économie créait encore des emplois au premier trimestre 2008, la situation s'est dégradée jusqu'à terminer de façon catastrophique au dernier trimestre, selon les chiffres publiés hier.

Après quelque 300 000 créations nettes d'emplois salariés en 2007, un dynamisme inédit depuis l'an 2000, le ministère de l'Emploi compte environ 100 000 emplois en moins dans le privé en 2008. « L'emploi salarié a chuté de 0,5 % au quatrième trimestre 2008, ce qui équivaut à une perte de 86 400 postes », a précisé Bernard Ernst, directeur statistiques de Pôle emploi, l'organisme issu de la fusion de l'ANPE et de l'Unedic.

Ces mauvais chiffres s'expliquent notamment par le déclin des missions d'intérim - en un an, leur baisse s'établit à 29,7 %. Un fait d'autant plus inquiétant que ce secteur est considéré comme un indicateur avancé des tendances de l'emploi.

Parmi les secteurs les plus touchés par la crise, l'industrie a vu ses effectifs reculer de 75 200 postes. « Elle ne représente plus que 18 % de l'emploi salarié actuel, contre 42 % en 1976 », a commenté Bernard Ernst. On retrouve la même sinistrose du côté du tertiaire (-16 600 emplois).

La construction a un peu mieux résisté, car elle affiche une légère progression des effectifs. Ces chiffres positifs ne devraient pourtant pas perdurer, car les carnets de commandes des entreprises ont de plus en plus de mal à se remplir. Au total, dix-sept régions ont vu baisser leurs effectifs salariés sur un an, contre sept qui ont enregistré des créations d'emplois (Corse, Paca, Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Bretagne et Ile-de-France). ■ Delphine Bancaud et Angeline Benoit

06.03.2009

3949 , allo!!!???

Le 39 49, c’est la galère et le top de la déshumanisation», résume l’équipe d’actuchomage.org. Depuis janvier, les demandeurs d’emploi s’adressent désormais à un seul organisme, le Pôle emploi (né de la fusion ANPE-Assedic) via un numéro de téléphone unique : le 39 49. Sur le papier, l’objectif était de simplifier les démarches. La réalité est tout autre : attente interminable, serveur automatisé et facture de téléphone qui s’envole.

Du coup, pour aider les chômeurs, associations et syndicats ont trouvé la parade. Depuis quelques semaines, ils publient sur leurs sites web la ligne directe de certaines agences pôle emploi, pour permettre aux chômeurs de contourner le numéro d'appel unique.

Chaque agence dispose en effet d’un numéro fixe classique normalement réservé aux employeurs. Au départ, seuls quelques numéros étaient disponibles. «Aujourd'hui, on les a, à peu près tous», annonce ce jeudi avec une pointe de fierté un responsable de la CGT.

«Tout ça est fait pour cacher les chômeurs»
«On s’est rendu compte du problème en lisant les messages laissés sur les forums. Des chômeurs mais aussi des agents du Pôle emploi racontent les galères de ce nouveau service automatisé», témoigne Yves Barraud qui préside l’association Apnée et anime le site actuchomage.org.

«Vous pouvez vous accrocher avant d’avoir un conseiller au bout du fil ! Et inutile d’espérer avoir deux fois le même interlocuteur au téléphone… C’est usant», raconte, amère, une jeune diplômée à la recherche d’un emploi depuis trois mois.

«Quand on arrive enfin à avoir un agent, il ne connaît que votre dossier technique qui s’affiche sur l’écran. On ne peut plus parler à un conseiller, les rapports sont déshumanisés», renchérit Jean-Pierre Antoine, secrétaire général du Comité des privés d’emploi (CGT) de Lorient. «Au fond, tout ça est fait pour cacher les chômeurs. Désormais, vous ne pouvez plus vous présenter spontanément dans les agences. Tout se fait par téléphone ou sur convocation…»

«39 49, trop cher»
Depuis le mois de janvier, il est entré en résistance contre la fusion ANPE-Assedic et ses conséquences. Partout en Bretagne, il colle ces affiches «39 49, trop cher». C’est le deuxième problème épinglé par les associations et les syndicats: ce numéro unique est surtaxé par certains opérateurs. «Pour faire simple, si vous appelez d’un poste fixe France Telecom, l’appel coûte le tarif normal. Mais si vous avez le malheur d’appeler via un autre opérateur ou d’un portable, l’appel est dix fois plus cher !»

Jean-François Kiefer, président de la CGT Comité national des chômeurs et des précaires, enrage : «La gratuité de ce type d'appel, cela devrait être un minimum ! La recherche d’emploi coûte cher. Entre les factures de téléphone, l’accès à Internet, l’achat de la presse (pour les petites annonces), les frais d’habillement et de déplacement pour les entretiens… On a fait le calcul : 414 euros par mois en moyenne.»

Tous (syndicats, chômeurs et associations) espèrent que la direction du Pôle emploi va faire machine arrière en supprimant le 39 49. Mardi, elle répondait à l'AFP que les conseillers pouvaient donner eux-mêmes leur numéro direct... «Passer par des numéros directs n'amènera pas de plus pour les demandeurs d'emploi». Pas sûr.

27.02.2009

chomage

Forte dégradation du marché du travail en Picardie
La brutale et forte augmentation de la demande d'emploi en Picardie traduit la sensible baisse de l'activité économique. La situation de l'Oise, subissant de plein fouet la chute de la production industrielle est, à cet égard, particulièrement préoccupante. Au 31 janvier 2009, la hausse de la demande d'emploi de catégorie 1 en Picardie s'amplifie, avec une tendance mensuelle de +5,0% dans la région, soit 0,7 point de plus qu'à l‘échelle nationale. Cette orientation mensuelle concerne très fortement le département de l'Oise (+6,7%), l'Aisne et la Somme étant en deçà du niveau régional avec toutefois des hausses importantes, respectivement +4,6% et +3,6%. Sur les douze derniers mois, la hausse régionale dépasse les 15,0%, un niveau jamais atteint jusqu'ici. Les trois départements s'inscrivent dans cette même tendance, avec des variations fluctuant de +13,8% dans l'Aisne à +16,8% dans l'Oise.

Tendance mensuelle difficile, notamment chez les hommes
Dans la conjoncture actuelle, les difficultés face au marché du travail concernent aussi bien les femmes que les hommes mais la situation est d'autant plus préoccupante pour ces derniers. Plus nombreux que leurs consoeurs, ils pâtissent davantage de la dégradation, notamment annuelle, enregistrant ces douze derniers mois une hausse de +20,8%, atteignant quasiment les 25% dans le département de l'Oise.

Quelque soit l'âge du demandeur d'emploi, on retrouve cette difficulté plus marquée chez les hommes à retrouver un emploi. A l'image du mois dernier, ce sont les jeunes qui souffrent le plus, avec une augmentation mensuelle de près de +6,0%, devançant les 25-49 ans et les seniors. Sur un an, la situation s'est aggravée avec des accroissements annuels de 34,4% chez les jeunes hommes Isariens. Avec une hausse de +3,7% ce sont les femmes de plus de 50 ans du département de l'Oise qui sont les moins touchées par les difficultés liées au marché du travail.

Forte progression de la demande d'emploi de longue durée
Au niveau régional, la demande d'emploi de longue durée continue de progresser fortement. Sur les douze derniers mois, celle-ci augmente de +16,8%, soit quasiment deux fois plus qu'à l'échelle nationale. Les trois départements s'inscrivent dans cette évolution, avec une difficulté plus accrue dans la Somme. Toutefois, les jeunes du département de l'Oise - qu'ils soient inscrits ou non depuis plus d'un an à Pôle Emploi - pâtissent davantage de cette situation avec une progression annuelle de plus de 45% dans la demande de longue durée. Par ailleurs, au regard du taux national, la part des demandeurs d'emploi de longue durée reste importante dans la région (28,7% contre 23,8%), principalement dans l'Aisne où elle demeure très élevée (33,2%).

Baisse sensible de l'offre d'emploi en janvier par rapport à janvier 2008
Le nombre d'offres d'emploi cumulées enregistrées cette dernière année reste orienté à la hausse ( +3,0%), alors qu'au niveau national, une baisse de -6,2% a été enregistrée. Toutefois, seules les offres d'emploi dites occasionnelles connaissent un bel essor (+18,0%), face aux emplois dits temporaires qui connaissent une hausse moins significative (+3,3%) et aux emplois de plus de six mois qui diminuent de -3,2%. Cependant, en janvier 2009 le marché de l'offre accuse une dégradation importante avec, notamment, une baisse de près de 40% de l'offre d'emploi durable par rapport au même mois de l'année précédente.

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