27.04.2008
rsa
Le redéploiement partiel de la prime pour l'emploi pour financer le Revenu de solidarité active (RSA), annoncé jeudi par Nicolas Sarkozy, suscite les inquiétudes d'une partie de la classe politique et des syndicats qui craignent que les salariés modestes soient ainsi pénalisés pour aider les plus pauvres. Le chef de l'Etat a déclaré qu'il voulait généraliser le RSA "l'année prochaine" en le finançant par un redéploiement partiel de la Prime pour l'emploi (PPE), pour un coût de "1 ou 1,5 milliard d'euros".
L'ancien premier ministre socialiste Laurent Fabius a estimé, samedi 25 avril, la réforme proposée jeudi par Nicolas Sarkozy représente la fin de la Prime pour l'emploi (PPE) telle qu'elle existe. Dans un entretien au Parisien, M. Fabius calcule : "Si l'on prélève 1 à 1,5 milliard d'euros (sur les 4 milliards d'euros de la PPE) pour la généralisation du RSA, cela veut dire que c'est la fin de la PPE, telle qu'elle éxiste", explique Laurent Fabius. "On ne va pas régler la problème du pouvoir d'achat en ponctionnant les gens qui ont déjà un pouvoir d'achat faible", ajoute M. Fabius.
Des craintes partagées par François Bayrou, qui s'est de nouveau élevé contre ce redéploiement partiel de la Prime pour l'emploi : "nous ne considérons pas qu'il soit socialement juste ni acceptable de faire payer la solidarité par les plus pauvres", a déclaré le leader centriste en clôturant une réunion à Paris d'élus et ex-candidats de son parti aux municipales.
"Je ne comprends pas cette obsession du gouvernement et de sa majorité de faire payer la solidarité par ceux qui ont moins, et de ne pas mettre à contribution ceux qui ont plus", a-t-il ajouté.
CERTAINS FOYERS FISCAUX PÉNALISÉS, SELON LE SNUI
Le haut commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, a precisé les modalités de financement du Revenu de solidarité active, dans un entretien au Parisien, samedi 25 avril. "Nous allons reconsidérer le plafond de la PPE (Prime pour l'emploi) qui est actuellement de 1,4 fois le Smic (1 792 euros brut)", déclare au quotidien M. Hirsch. "Ce recentrage ne me choque pas du tout", ajoute-t-il. Interrogé sur le budget dont il dispose, M. Hirsch indique qu'"aujourd'hui, il y a les 4,2 milliards de la PPE auxquels s'ajoute 1 à 1,5 milliard d'euros sur le budget de l'Etat, comme l'a indiqué le président de la République".
Les syndicats ont également fait part de leur inquiétude. Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque estime que cette mesure renvoie "une image détestable" aux populations les plus modestes. De son côté, la CGT déplore que la généralisation du RSA soit financée par l'"amputation de la prime pour l'emploi aujourd'hui versée à plusieurs milliers de salariés modestes". "Je ne pense pas que ce soit l'égalité", a ainsi dénoncé Jean-Christophe Le Duigou, un de ses dirigeants.
Pour le Syndicat national unifié des impôts (SNUI, majoritaire), le redéploiement de la PPE devrait "principalement s'effectuer au détriment" des 4 millions de contribuables imposables qui bénéficient actuellement de la PPE. Certains foyers fiscaux "seront donc pénalisés par la future réforme de la PPE, notamment ceux qui gagnent un peu plus que le SMIC mais moins que 1,4 fois le SMIC, c'est-à-dire sensiblement moins que le salaire médian" indique le SNUI.
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21.04.2008
Chomage , autre vue ....
Une centaine de représentants du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP), venus de toute la France, se sont retrouvés, du jeudi 17 au samedi 19 avril, pour leur assemblée annuelle à Sète (Hérault). Ils ont vivement critiqué les propositions gouvernementales visant à renforcer les sanctions en cas de refus de deux offres valables d'emploi (OVE).
Ce projet prévoit de mieux définir l'OVE, en fonction de nouveaux critères de distance, de salaire... et de faire varier cette notion selon le bassin d'emploi. Surtout, les demandeurs d'emploi devront revoir à la baisse leurs souhaits au bout d'un certain temps. A Sète, quatre personnes témoignent.
Nicolas Rousseau, 33 ans, doctorat en physique, est spécialisé en semi-conducteurs, puces et circuits intégrés. Jeune, il a fait preuve de mobilité avec un CDD de deux ans en Allemagne. Nicolas est au chômage depuis son retour à Montpellier en 2005. "A l'ANPE, se rappelle-t-il, on a défini mon profil, mais quelqu'un qui est trop formé est un ovni, ils savent qu'ils risquent de ne pas lui proposer beaucoup d'offres." Sur sa fiche, Nicolas a inscrit : travail en recherche et développement, chercheur, et, même, responsable de production, disponible pour un emploi de Toulouse à Marseille. Pas d'offres. Depuis, il a ajouté la corde de l'enseignement à son arc.
L'ANPE vient de lui proposer un emploi de professeur à Nîmes, à 60 kilomètres. Une annonce prometteuse, "un an à 1 800 euros par mois". En fait, ce sont 500 euros de moins, et cela se termine le 4 juillet. "J'ai refusé, dit-il, si j'acceptais, je ratais mon examen, dans un mois, pour devenir instituteur."
Fabrice Le Saouter a été conducteur typographe pendant vingt ans. C'était il y a longtemps. Depuis, cet homme de 54 ans a exercé bien des métiers. Il a nettoyé des bidons de lait, accompagné des malades en fin de vie, distribué des médicaments à l'hôpital de Vannes (Morbihan), "sans aucune formation". Après avoir rejoint l'association Ensemble contre le chômage, il en a été permanent durant six ans.
Licencié pour raisons budgétaires, il a trouvé un emploi de surveillant dans un collège privé de son village, à Saint-Jean- Brévelay. Il espère que le contrat qui s'achève en août sera prolongé. Il touche 574 euros net par mois pour un mi-temps. Soit une cinquantaine d'euros en moins que ce qu'il avait avec l'allocation de solidarité spécifique (ASS) et un complément de revenu minimum d'insertion (RMI). Avec les aides au logement, il paye 123 euros par mois de loyer. L'eau, l'électricité, le téléphone lui coûtent près de 200 euros. L'ANPE lui a proposé d'autres emplois. Peu, il est vrai. "Gérer une association théâtrale, mais je n'avais pas les compétences de gestionnaire, raconte Fabrice. S'occuper de handicapés mentaux, mais sans formation particulière, ou encore distribuer des annuaires à Pontivy, un job de quelques jours et à trente kilomètres. Avant, les annuaires, je les fabriquais."
Christine Samuel vit à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence). Elle a connu six années de chômage et a vécu avec l'ASS. Elle a accepté un contrat d'insertion pour être "assistante de direction" et travaille chez EDF, dans une usine hydroélectrique sur la Durance, où elle met en place un service d'archivage.
Aujourd'hui, Christine regrette et assure qu'elle n'acceptera plus un tel contrat. "A 54 ans, je vais au travail en stop, je tire des chariots d'archives toute la journée, mon allocation logement a été réduite de 25 % et, surtout, avec mon petit salaire, j'ai perdu la couverture maladie universelle (CMU) parce que je dépasse le plafond", explique-t-elle. Christine, en dépression depuis six ans, dépensait près de 200 euros par mois en médicaments. Christine dit ne plus pouvoir se soigner.
Nour-Eddine Ouali est au RMI - 394 euros par mois plus une allocation logement de 250 euros - depuis deux ans. Avec sa formation de comptable, ce Montpelliérain de 49 ans a surtout connu des emplois de magasinier et n'a pas reçu d'offre depuis un an. Bien qu'il ait occupé un poste de gérant dans la restauration rapide, aucune proposition ne lui a été faite dans ce secteur en tension.
"Je suis dans la catégorie "senior", ce n'est pas la peine. L'entretien mensuel à l'ANPE dure dix minutes, ils ne me proposent plus rien", constate Nour-Eddine. Ils lui ont "imposé", dit-il, un coaching par un organisme privé pour rédiger son CV, se présenter à un entretien d'embauche. C'est "un peu tard", constate-t-il, amer. Il vient d'avoir une proposition d'une agence d'intérim : agent magasinier, à Uzès, à 90 km. "Mais sans voiture, pour trois mois, ce n'est pas la peine", estime-t-il.
Rémi Barroux
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26.03.2008
privatisation anpe
L’Agence nationale pour l’emploi privatisée de l’intérieur
Gagner de l’argent avec le chômage
Vue par le patronat, la « flexisécurité à la française » ressemble au pâté d’alouette : beaucoup de flexibilité, peu de sécurité. L’accord qu’il a signé, le 21 janvier 2008, avec quatre des cinq syndicats officiellement reconnus risque de faciliter la précarité et le passage par la case Agence nationale pour l’emploi (ANPE). Cette dernière sous-traite de plus en plus ses activités de formation et de placement. Une aubaine pour les organismes privés, grands et petits, sérieux ou non.
Par Marion LhourEncore un senior à l’avenir précaire ? L’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) a fêté discrètement ses quarante ans cet été. Quarante ans que cet établissement incarne un principe constitutionnel : l’Etat prend en charge les personnes privées d’emploi. Mais, désormais, des centaines d’entreprises font la même chose. Cabinets de reclassement ou de coaching, organismes de formation, job boards sur Internet ou agences d’intérim, elles ont pour cible un gigantesque marché : deux millions de chercheurs d’emploi, auxquels s’ajoutent un million deux cent mille RMistes, sans compter les travailleurs précaires. Sur ce marché, les clients, nombreux – ANPE, Unedic (1), entreprises et même particuliers –, dépensent des millions d’euros. Parfois sans discernement.
Certains accusent la loi de cohésion sociale d’avoir ouvert la brèche au privé, en janvier 2005, en autorisant d’autres organismes que l’ANPE à « placer » les demandeurs d’emploi. En fait, assure Mme Fabienne Brutus, conseillère ANPE et auteure de Chômage, des secrets bien gardés (2), voilà longtemps que le traitement du chômage s’est transformé en un marché où l’Etat laisse à d’autres les tâches qu’il ne peut ou ne veut assumer. « Depuis les années 1980-1990, il y a une véritable coopération public-privé, confirme un cadre de l’ANPE ; le privé fait appel à nous, et nous ne nous passons pas de lui. »
Plus d’un quart du budget de l’agence, soit 528 millions d’euros, rémunère des prestataires externes. De quoi faire prospérer les organismes sous-traitants qui répondent aux appels d’offres. Ils réalisent, entre autres, tous les bilans de compétences approfondis (BCA), soit 6 % des prestations (cent cinquante-cinq mille en 2003). Une vingtaine d’heures d’entretien pour « redéfinir son projet » ou « se préparer à la mobilité ». Et cela rapporte gros : entre 800 et 1 200 euros pièce dans les centres institutionnels de bilans de compétences (70 % des bilans). Sans compter les centres privés attirés par l’aubaine. Le cabinet Dyade, par exemple. Cette entreprise de sept salariés a réalisé, en 2006, 500 000 euros de chiffre d’affaires, en « accompagnement personnel de parcours professionnel ». Or, dans ce type de société, aucune norme ne garantit la formation des consultants, et le personnel change souvent. Pourtant, l’ANPE surveille de moins en moins, affirme Mme Brutus. Le résultat se résume à l’« effet redynamisation »... Un effet difficile à mesurer.
Peu ou pas de résultats concrets
Malgré des tarifs prohibitifs, le service d’accompagnement renforcé – une prestation sur trois – est aussi largement sous-traité. Ce suivi individuel ou collectif de trois mois coûte en moyenne 320 euros quand l’ANPE le réalise et... plus du double ailleurs (agence d’intérim ou cabinet de recrutement). « Ils protègent contre le chômage récurrent », assurait déjà une étude, en 2005 (3). Mais, là encore, les résultats sont peu évalués.
Pour les RMistes, ce sont les collectivités locales qui prescrivent cet accompagnement. Matthieu, bac + 5 en mesures physiques, en a fait l’expérience. Deux cabinets l’ont successivement suivi, via la mairie de Paris. Eurydice Partners ne l’a pas satisfait : « Ils ne m’ont proposé que des jobs alimentaires que j’aurais pu trouver seul. » Chez Lee Hecht Harrison, il était assisté d’encore plus près : « Rendez-vous tous les quinze jours, avec trois semaines de formation. » Mais pas plus de résultat concret : « On a seulement appris à faire des curriculum vitae (CV), témoigne le jeune homme. Pour le reste, on parlait surtout de nos problèmes. » Finalement, Matthieu a retrouvé un emploi par ses propres moyens.
Les chômeurs repreneurs d’entreprise représentent également une mine d’or, puisque l’ANPE leur préconise souvent un accompagnement avec stage en cabinet. M. Vincent Rocher en est revenu : « Neuf fois sur dix, ces organismes ne sont pas compétents, martèle-t-il, ils tirent leur méthodologie d’Internet et de livres vendus partout. » Cet ancien directeur des ressources humaines voulait monter son entreprise. Or, en Poitou-Charentes, sans formation, pas de subvention. « Ils nous faisaient faire des exercices théoriques plutôt que de passer au concret, comme nos études de marché », résume M. Rocher. Bilan : « Ça ne m’a pas aidé, et mes collègues non plus. Je ne comprends pas que le cahier des charges des formations soit si mal contrôlé. » Prix de ce suivi durant quatre mois : 10 000 euros par tête.
Toute une activité mercantile s’est développée autour de la reprise et de la création d’entreprise, qui a l’avantage de faire chuter les chiffres du chômage. Un chômeur senior raconte : « J’ai cotisé 150 euros par an pour appartenir à un club de repreneurs d’affaires... Avec, en plus, beaucoup d’autres dépenses, comme rémunérer mon avocat, 5 000 euros. Certains, qui passent par des intermédiaires, les payent jusqu’à 50 000 euros. »
Les formations, de moins en moins prescrites, coûtent toujours des millions par an. Etat, collectivités et Unedic mettent la main à la poche, à hauteur de 134,8 millions d’euros pour l’Unedic en 2006, dont 5,8 millions pour les formations homologuées et 129 millions pour les formations conventionnées (4). Or, si l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) reste le principal prestataire, avec d’excellents résultats, « il faut attendre un an et demi » avant d’obtenir une formation, regrette Mme Brutus.
Du coup, d’autres se sont lancés sur ce créneau, avec plus ou moins de bonheur. « Le pire que j’aie vu, se souvient M. Olivier Davoust, du blog Mon petit observatoire du recrutement (5), ce sont des stages où les chômeurs devaient se promener masqués et se toucher les uns les autres, prétendument pour mieux comprendre l’espace. » Autre cas, celui de Corinne, à qui l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) a proposé une formation peu après son licenciement. « J’étais un peu obligée de dire “oui”, raconte-t-elle, mais ça a coûté 700 euros pour rien. Chaque semaine, je devais rencontrer un consultant indépendant qui ne connaissait rien à mon domaine. » Il est vrai qu’un chômeur qui rentre en formation sort des statistiques, « ce qui n’incite pas l’Etat au contrôle », avance M. Patrick Salmon, ancien directeur d’une agence ANPE (6).
Il existe aussi un marché privé du chômage, en dehors de la sous-traitance. Les pionniers en sont les cabinets de reclassement, apparus avec les délocalisations, dans les années 1980. Dans le cadre d’un plan social, ils doivent trouver un nouveau poste pour les licenciés. L’encadrement est plus serré qu’à l’ANPE : en 2003, pour Metaleurop, un consultant pour trente-trois salariés (un pour trois cents à l’ANPE). A l’époque, un tiers des travailleurs restent sur le carreau. Il faut dire que, dans ces structures aussi, le personnel change souvent. Et, pour ces cabinets, les clauses d’objectifs posées par les entreprises ne résolvent rien. « Elles poussent surtout à faire pression sur les gens pour qu’ils acceptent des missions d’intérim, assure le sociologue Olivier Mazade. Les salariés se plaignent... Les cabinets devraient connaître les personnes et le terrain, ce qui prend du temps. Par définition, lors d’un plan social, on en a peu. » Pis, selon Mme Brutus, « ce sont parfois les mêmes cabinets qui provoquent les licenciements en conseillant l’entreprise, et qui reclassent ensuite. Par exemple Altedia, pour la société Formica. »
Pourquoi, dès lors, continuer à faire appel aux cabinets ? L’hypothèse de M. Salmon est qu’ils « permettent aux entreprises de déplacer la responsabilité. En termes d’image, c’est mieux qu’un licenciement sec ». Et, dans les statistiques du chômage, un salarié intérimaire ne compte pas.
Mais la nouveauté, ce sont les cabinets de placement qui, depuis 2005, profitent de la fin du monopole de l’ANPE sur le placement des chômeurs. Ingeus, BPI, Altedia ou Adecco se sont engouffrés dans cette activité synonyme de bénéfices... Un an après la première expérience, l’Unedic affichait 24 millions d’économies (7) grâce aux cabinets, qui, eux, revendiquaient 70 % de chômeurs classés en dix mois. L’Unedic décida d’élargir l’expérience à quarante et un mille demandeurs d’emploi. Pour les cabinets, c’est une « manne financière, affirme M. Eric Aubin, représentant de la Confédération générale du travail (CGT) à l’Unedic. Un chômeur placé rapporte 3 500 euros environ. Si vous multipliez, cela fait un marché de plus de 140 millions ».
Il faut dire qu’Ingeus, BPI et consorts « ne vous ravalent pas au rang de chômeur, explique M. Davoust. Leurs locaux sont plus propres, plus spacieux, on est mieux accueilli... ». Mais la CGT et Force ouvrière (FO) contestent la performance des cabinets privés. Pour eux, les comparer à l’ANPE est impossible : les cabinets ne s’occupent que des chômeurs « volontaires et motivés », et l’Unedic calcule ses économies sur l’hypothèse que les chômeurs seraient indemnisés... vingt-trois mois. Or rien n’est moins sûr.
« On a sauté l’étape de l’évaluation avant d’étendre le dispositif », regrette M. Aubin. Les grands cabinets sortent gagnants, comme Ingeus, qui tablait sur 10 millions d’euros de bénéfices en 2007, avec ses six mille chômeurs traités. Mais les cabinets ne convainquent pas toujours. « Je veux bien qu’on me parle de motivation, mais il manque des offres d’emploi adaptées », estime M. Davoust. Par ailleurs, le placement par les cabinets serait parfois source de discrimination : « On privilégie le traitement des chômeurs les plus indemnisés », juge M. Salmon.
Concurrentes des cabinets sur ce marché, les agences d’intérim sont, elles, rémunérées par les entreprises qui ne trouvent pas seules le salarié idéal. Un recrutement rapporte aux agences de 15 à 20 % de la rémunération annuelle du salarié. Leur rôle se limite donc à faire se rencontrer offre et demande, sans accompagnement particulier. Le cœur du métier, c’est la sélection : « Certaines entreprises refusent des chômeurs pour l’intérim », assure Mme Brutus. Mais, pour les entreprises de travail temporaire (ETT), faire embaucher des chômeurs – pour peu qu’ils appartiennent à une population « choisie », notamment chez les non-cadres, négligés par les cabinets – est un marché porteur.
En 2006, les membres du syndicat Prisme (Professionnels de l’intérim, services et métiers de l’emploi) ont triplé leurs placements : vingt-six mille cinq cents, sept sur dix en contrat à durée indéterminée (CDI). D’autant plus facilement qu’ils connaissent bien les bassins d’emploi. Pour l’instant, le placement ne représente que 60 millions d’euros sur leurs 20 milliards de chiffre d’affaires. Modeste, en apparence, mais très rentable. « Cette activité est directement profitable, explique M. Marc Riou, directeur général de Kelly Services. Elle représente peu en chiffre d’affaires, mais beaucoup en marge brute. » Certaines agences espèrent atteindre d’ici deux ans 20 % de marge brute sur cette activité.
Un avantage pour le gouvernement
Derniers acteurs de ce marché : les sites d’emploi sur Internet et leurs cinq cents consultants. En France, la loi interdit de faire payer les internautes pour consulter des offres. Sur la Toile, ce sont donc encore les entreprises qui paient. Autour de 650 euros pour une annonce sur Monster.fr, leader du marché en termes d’audience. Un chiffre auquel s’ajoutent les revenus de la publicité. Et, dans les faits, les job boards proposent souvent aux internautes d’ouvrir leur porte-monnaie pour d’autres services dits « premium » : l’envoi d’offres en avant-première, la rédaction de CV ou, plus récemment, la création de blogs personnels. Chez CV Premium, par exemple, un CV rédigé coûte 120 euros, 350 euros pour un dirigeant.
Le marché s’élargit au fur et à mesure que les classes populaires se connectent. « Aujourd’hui, le chiffre d’affaires des membres de l’Association des professionnels pour la promotion de l’emploi sur Internet [Appei] atteint 70 millions d’euros, constate Mme Valérie Vaillant, présidente de l’Appei, il croît de 40 % par an. »
Cas de figure plus rare mais bien réel, donc, les chômeurs eux-mêmes doivent parfois mettre la main à la poche. Outre les services Web, ils peuvent aussi financer leur propre formation, ou encore demander les services d’un « coach ». Sans qu’une norme ou une certification en garantisse la qualité. « J’ai vu beaucoup de types exploités, commente M. Davoust, ils sont perdus et prêts à payer 150 euros pour un bilan de compétences sur le Net. » Quant au coaching, le marché représente 90 millions d’euros. Pour un particulier, une séance coûte de 150 à 300 euros... et il en faut souvent plusieurs. Encore une fois sans garantie.
Lucratif, donc, le marché du chômage... En croissant, il s’est émietté entre de nombreuses entreprises sans réelle coordination. Là se trouve sans doute la plus grande faute de l’Etat. Mais ces pratiques ont, pour le gouvernement, un avantage : elles dégonflent les statistiques du chômage.
Marion Lhour.
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03.03.2008
précarité
Immersion dans le monde du travail précaire
Dans son livre "Et pourtant je me suis levée tôt", Elsa Fayner, journaliste, raconte ses trois mois d’immersion dans le monde du travail précaire. Elle y décrit des conditions de travail épuisantes, des emplois du temps fluctuants, des entorses au Code du travail, des techniques de management infantilisantes ou humiliantes.
En janvier 2007, Elsa Fayner s’installe à Lille dans un foyer de jeunes travailleurs. Munie d’un CV allégé, elle se lance dans la recherche d’un emploi. "J’ai commencé cette enquête en pensant que je travaillerais au Smic pour 35 heures. Très vite, j’ai constaté que je devrais raisonner en terme de Smic horaire avec un salaire oscillant entre 500 et 700 € pour un temps partiel", souligne-t-elle.
Des jeux à gratter et un pot de confiture pour les meilleurs. Le premier emploi qu’Elsa décroche n’est ni un CDI, ni un CDD mais un CIPI (Contrat d’insertion professionnelle intérimaire) en tant que télévendeuse d’abonnements téléphoniques. "Je pensais commencer par un emploi facile : parler, conseiller, rester assise derrière un bureau, au chaud, sans effort physique", écrit-elle. La réalité est tout autre : des techniques de ventes qui s’apparentent à "un vrai lavage de cerveau", 300 appels par jour, interdiction d’aller aux toilettes durant les heures de travail, un ordinateur qui calcule le temps passé entre chaque appel, des jeux à gratter en guise de récompense pour les meilleurs vendeurs, un pot de confiture pour les meilleures équipes. "Les objectifs fixés sont impossibles à atteindre mais le discours tenu a pour but de culpabiliser l’individu : s’il échoue, c’est de sa faute", explique Elsa Fayner.
Un planning différent tous les quinze jours. Deuxième expérience pour Elsa Fayner : un poste de serveuse de hot-dogs dans une cafétéria d’un magasin Ikéa. Un contrat de vingt heures par semaine avec un planning qui change tous les quinze jours : difficile dans ce cas de cumuler deux emplois à temps partiel, de travailler plus pour gagner plus.
Le choix entre taylorisme forcené ou chômage. Elsa Fayner travaille ensuite en tant qu’employée d’étage dans un hôtel quatre étoiles en CDI. Neuf heures de travail par jour, de 13 à 22 heures, cinq jours d’affilée pour 1400 euros bruts. Elle découvre des conditions de travail épuisantes, "un subtil alliage de polyvalence forcenée et de taylorisme improvisé". Si certains abandonnent face à la "cadence des interminables journées", pour nombre de ses collègues, avoir un CDI est "une chance" d’échapper au chômage même si après des années en poste "ils n’ont pas décollé du Smic". "J’ai rencontré au cours de cette enquête des jeunes femmes âgées de 22-23 ans qui étaient déjà sur le marché de l’emploi depuis l’âge de 18 ans. Elles sont jeunes mais déjà usées, désabusées par leurs conditions de travail, la fatigue physique et morale, des horaires décalés et l’instabilité professionnelle. Pourtant, la plupart de ces personnes ont le goût du travail bien fait", insiste Elsa Fayner.
En savoir plus
Et pourtant je me suis levée tôt… Une immersion dans le quotidien des travailleurs précaires
E.Fayner
Ed. Panama, 2008,
172 pages, 15 €
07:10 Publié dans emploi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.02.2008
evolution
AVEC PRÈS de 60 000 nouveaux emplois créés au quatrième trimestre 2007, selon les chiffres provisoires publiés par le ministère de l'économie vendredi 15 février, les créations d'emploi continuent sur un rythme soutenu, malgré une croissance faible de 1,9 %.
Au total, l'année 2007 s'achève avec une augmentation de 297 700 nouveaux salariés dans les entreprises des secteurs marchands (hors agriculture), selon l'Insee. Il s'agit d'une nette augmentation par rapport à 2006, qui avait créé 188 900 emplois, année présentée déjà comme "très dynamique".
Le nombre de salariés du secteur concurrentiel dépasse pour la première fois la barre des 16 millions (16 027 100) sur un total d'environ 25 millions de salariés. La ministre de l'économie, Christine Lagarde, s'est félicitée de "la vigueur remarquable des créations d'emploi en 2007, d'un rythme inédit depuis l'an 2000".
L'augmentation dépasserait, selon ces données encore provisoires - les chiffres définitifs seront publiés le 21 mars - les prévisions de l'Insee qui tablait sur 287 000 nouveaux emplois en 2007 (348 000 sur l'ensemble de l'économie). "La croissance de l'emploi se poursuivrait au premier semestre 2008 au même rythme qu'au second trimestre 2007", estime l'Insee dans sa note de conjoncture.
Cette hausse, qui représente une variation de +1,9 % sur douze mois (+0,4 % au quatrième trimestre), repose sur le tertiaire et la construction. Les services ont fourni plus de 282 000 nouveaux emplois en 2007. Cette performance a été obtenu e en dépit d'une activité de l'emploi intérimaire plutôt faible, marqué aux deuxième et troisième trimestres par des légers reculs et une forte diminution des contrats aidés. La construction continue de tirer l'emploi au rythme de 15 000 emplois nouveaux par trimestre.
Dans l'industrie, l'emploi recule. Le quatrième trimestre 2007 marque une amplification de ces pertes, avec un recul de 17 000 emplois contre 13 500 au troisième trimestre et 9 900 au deuxième. Au total, l'industrie aurait détruit près de 50 000 emplois l'an passé.
Au-delà de ces bons résultats, l'Insee avait souligné, en décembre 2007, une hausse du "sous-emploi", notamment des personnes qui ont un emploi à temps partiel ou qui souhaiteraient travailler plus d'heures.
Rémi Barroux
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09.02.2008
l'arbre cache ...
Ce que cache l'objectif du «plein emploi»
Mardi, 05 Février 2008
Derrière la réduction du taux de chômage se cache potentiellement l'explosion de l'emploi inadéquat : bas salaires, contrats précaires, sous-emploi des qualifications. L'essor des travailleurs pauvres explique bien des crispations sur le pouvoir d'achat.
«Si d’autres pays y arrivent, je ne vois pas pourquoi nous n’y arriveront pas», Nicolas Sarkozy a coutume de marteler cette antienne. Parmi les objectifs de son quinquennat, le locataire de l’Elysée a fixé celui-ci : en 2012, la France devra parvenir au plein emploi. Soit un taux de 5% de chômeur. Autrement dit une visée proche du chômage frictionnel ou incompressible à l’instar des Etats-Unis (4,9% de chômeurs en janvier) ou, mieux, du Japon et ses 3,5% de chômeurs. Sans parler de la Norvège qui affiche un taux de chômage de 1,8%, rente pétrolière oblige.
Cet objectif du plein emploi, la ministre de l’Economie l’a encore réaffirmé la semaine dernière, lors de la publication des chiffres de l’ANPE. Ils ont montré une nouvelle décrue en 2007 : au 31 décembre, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits dans la catégorie 1 est descendu sous la barre des 1,9 million. Sur un an, la baisse est de 9,3%. Selon l'INSEE, au troisième trimestre 2007, le taux de chômage était de 7,9% en France. La réforme en cours des contrats de travail, censée fluidifier le marché du travail et favoriser les embauches, et la fusion ANPE-Unedic, supposée faciliter le retour à l’emploi, permettraient d’accélérer le rythme. La France tiendrait donc le bon bout.
Sauf que… les chiffres du taux de chômage font l’objet d’une controverse récurrente. Notamment sur la réalité de cette décrue. Il s’agit d’une baisse en trompe l’œil, accusent des associations de chômeurs et des syndicalistes de l’INSEE, de la DARES et de l’ANPE réunis en un collectif : Les autres chiffres du chômage (ACDC). Pour une large part, cette baisse tient à des bidouillages statistiques, dénoncent-ils. Mais le cœur du problème n’est pas là. «Pour nous, cette question du taux de chômage, si elle est la plus médiatisée, n’est pas la plus fondamentale», insistent-ils. Le taux de chômage est au contraire l’arbre qui cache la forêt. «L’essentiel des changements du marché de l’emploi se joue ailleurs, dans le développement continu et insidieux de la précarité», interpellent ces trouble-fêtes. Tout ce que le Bureau International du Travail (BIT) englobe sous la notion «d’emploi inadéquat». C’est à dire un emploi qui ne permet pas de vivre décemment, de prévoir l’avenir, de préserver ses compétences et sa santé.
ACDC a fait ses calculs. A partir des données fournies de 1990 à 2005 par les Enquêtes Emploi de l’INSEE, le collectif a observé que la proportion d’emplois inadéquats «n’a cessé d’augmenter». De 25% de la population active, elle est passée à 41% en 2005 et concerne 11,4 millions de personnes. Sur la période, «la qualité des emplois s’est donc continûment dégradée», épingle le collectif. Les chiffres de cette évolution donnent en effet le tournis.
En 2005, 3,8 millions de salariés percevaient un bas salaire. Par convention est appelé «bas salaire» une rémunération inférieure aux deux tiers du salaire médian. Ce qui donne en France moins de 818 € par mois pour 14% de la population active. Depuis 1990, cette proportion a progressé de plus de 23%. Les femmes sont les premières concernées, tout particulièrement dans des secteurs comme la grande distribution. Justement, les salariés des hypermarchés se sont fait entendre, vendredi dernier. L’appel à la grève a été suivi par 4,5% d’entre eux, selon la fédération du commerce et de la distribution (FCD). Ce qui, de son propre aveu, est «exceptionnel» pour le secteur.
En 2005, 2,7 millions de salariés, soit 10% de la population active, étaient en contrat précaire : CDD, intérim, contrat saisonnier, stage, emploi aidé. Depuis 1990, la progression dépasse les 56%. Aujourd’hui, 3 embauches sur 4 se font en CDD. Cette même année, 5 millions de salariés, soit 18% de la population active, étaient comptabilisés en sous emploi de leurs qualifications et de leurs capacités. Depuis 1990, la progression a dépassé les 147%. Essentiellement dans l’hôtellerie et la restauration, le commerce, les services aux particuliers et aux entreprises. Vendeurs, vigiles, employés de restauration rapide, ce que l’on appelle justement les «fast-food jobs».
Le plein emploi, donc, mais à quel prix ? Non seulement «la focalisation médiatique et politique sur le taux de chômage rejette en arrière-plan le problème beaucoup plus vaste de la précarité», s’insurge le collectif ACDC, mais, pire encore, «elle aide à justifier des politiques qui aggravent encore la précarité au nom de la lutte contre le chômage», dénonce-t-il.
«Pour combattre le chômage dans les années 90, on s’est efforcé d’enrichir la croissance en emplois», rappelle Mathieu Lemoine, économiste à l’OFCE et spécialiste du marché du travail. Une économie crée des emplois quand son taux de croissance est supérieur à ses gains de productivité. «Enrichir la croissance en emploi» revient à casser cette équation. C’est tout le propos des politiques d’exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires développées depuis 1993. «Se fixer un objectif de 5% de chômage fait courir le risque de développer l’emploi précaire», prévient ainsi Mathieu Lemoine.
«A ce titre, il s’agit d’être vigilant quant à la réforme en cours de l’assurance chômage et la fusion ANPE-Unedic», suggère-t-il. Nicolas Sarkozy l’a rappelé, il souhaite des sanctions pour les chômeurs en cas de refus d’une offre valable d’emploi (OVE). Il reste aux partenaires sociaux à s’entendre sur le contenu de cette notion. Car, comme le craignent les syndicats, le risque est de voir les chômeurs obligés d’accepter des emplois très dégradés.
L’Allemagne en sait quelque chose. La baisse de son taux de chômage, spectaculaire, est en partie le résultat des lois Hartz, adoptées sous le gouvernement de Gerard Schröder (SPD). Ces dernières ont fortement réduit les allocations de chômage. Au bout d’un an, les demandeurs d’emploi n’ont plus, outre-Rhin, qu’une allocation forfaitaire du niveau du RMI. Dans le même temps, l’emploi précaire et le temps partiel subi y ont explosé. Conséquence : alors que l’Allemagne a enregistré en janvier son taux de chômage le plus faible depuis quinze ans (8,1%), la consommation des ménages est toujours en berne. C’est tout le problème des travailleurs pauvres.
08:27 Publié dans emploi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.02.2008
l anpe efficace ?
Profilage des demandeurs d'emploi peu performant, efficacité des opérateurs privés à démontrer pour un coût élevé, rapprochement aléatoire des structures de l'ANPE et des Assedic, outil informatique unique en devenir... La Cour des comptes est sceptique sur l'évolution des services rendus aux demandeurs d'emploi.
Le rapport propose que les conseillers de l'ANPE utilisent le profilage des chômeurs plus systématiquement. Et que l'accompagnement intensif par un opérateur privé ne puisse plus être refusé par les demandeurs d'emploi.
Les magistrats épinglent aussi la gestion des ressources humaines à l'ANPE. Selon eux, la direction a calculé "largement" les besoins de recrutement, n'a pas mis en place de gestion prévisionnelle de l'emploi, a laissé s'installer un absentéisme "élevé" et a distribué généreusement certaines indemnités "à ses personnels de direction et à des correspondants locaux informatiques
07:03 Publié dans emploi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.01.2008
G Gorce
Quelle réforme du marché du travail ?
L'Assemblée nationale vient d'adopter le projet de loi qui réalise la fusion de l'Unedic et de l'Anpe. Le Groupe socialiste a voté contre. J'avais préconisé l'abstention.
Il n'y a rien en effet dans ce texte qui puisse justifier l'approbation sans réserve. Engagée indépendamment de la réforme de la formation professionnelle et de celle de l'assurance chômage, la démarche apparait en effet assez mal synchronisée. Alors qu'il est partout, et à juste titre, question d'efficacité, le pilotage du dispositif paraît mal assuré. Il peut laisser craindre au mieux une étatisation des politiques de l'emploi (alors qu'il conviendrait au contraire de les territorialiser), au pire une aggravation de la confusion qui prévaut aujourd'hui sur le terrain et que la création des maisons de l'emploi a plutôt aggravé.
Enfin, l'organisation de la nouvelle institution reste mal assurée : les régions sont,
pour des raisons partisanes, tenues à l'écart, les nouveaux moyens qui pourront être consacrés à l'accompagnement des demandeurs d'emploi sont flous et les déclarations du Président de la République peuvent laisser craindre que la réforme n'ait d'autre objet, au final, que de renforcer le contrôle sur les demandeurs d'emploi.
On aurait pu espérer, et je l'ai suggéré en séance, plus de cohérence, en choisissant clairement l'autorité chargée de conduire les politiques de l'emploi. Soit l'État, mais alors dans un cadre contractuel avec les régions et les départements autour d'objectifs et de moyens définis dans un cadre pluriannuel en fonction des besoins du terrain. Soit les Conseils régionaux, poussés par un nouveau souffle décentralisateur, qui se seraient vus ajouter, assez logiquement au fond, à la formation professionnelle, la compétence en matière d'emploi. Dans ce contexte, l'avenir des directions départementales du travail (en dehors des missions d'inspection) et du service d'orientation de l'Afpa, aurait été posé. Puisque le regroupement est présenté comme le gage de l'efficacité, fallait-il, en clair, s'arrêter en chemin ?
Mais il n'y a rien non plus dans ce texte de quoi véritablement justifier un vote négatif. La fusion des services de placement et d'indemnisation était, pour des raisons évidentes, réclamée par tous pendant la campagne présidentielle ; le transfert à l'Urssaf des tâches de recouvrement, pour autant que la situation des personnels soit bien prise en compte, constitue une vraie simplification ; la Ministre a fait preuve d'ouverture sur de nombreux sujets. Elle a ainsi accepté le principe d'expérimentation de la régionalisation comme nous le demandions ; elle s'est aussi engagée à ramener le nombre de demandeurs d'emploi suivis par chaque conseiller à une cinquantaine environ; enfin, elle a admis le principe du référent unique dès le premier mois qui devra figurera dans le décret d'application et dans la convention qui liera l'État à la nouvelle institution.
L'idée, par ailleurs, d'un grand débat à l'Assemblée nationale sur les politiques de l'emploi, une fois réalisées les réformes de l'assurance chômage et de la formation professionnelle a été, alors que je le proposais, retenue et devrait nous permettre d'avoir d'ici la fin de l'année une vision panoramique des dispositifs mis en place.
Bref, de quoi alimenter des interrogations, des critiques et justifier une grande vigilance pour que le système envisagé puisse véritablement fonctionner dans l'intérêt des demandeurs d'emploi. Au delà des textes, c'est en effet et surtout dans la manière dont cette réforme sera conduite qu'il faudra rechercher des motifs d'inquiétude ou de satisfaction.
07:26 Publié dans emploi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
offres
Offres ANPE 2007 : précarité quand tu nous tiens
Jeudi, 24 Janvier 2008
L'ANPE indique qu'elle a proposé 3,7 millions d'offres d'emploi l'année dernière, un chiffre en progression de 6,6% par rapport à 2006. Si cette hausse a connu une accélération régulière, force est de constater que seulement une offre sur trois était un CDI.
Les contrats d’1 à 6 mois raflent la mise avec 1,5 million d'offres, suivis par ceux de moins d’1 mois (524.000) et ceux de plus de 6 mois (419.500). Pas de quoi se réjouir, même si c'est un peu mieux que l'année précédente.
Et n'oublions pas qu'avant sa mise à mort, judiciaire cet été puis internationale cet hiver, feu le CNE, bien que précaire deux ans durant, était comptabilisé comme CDI. On peut donc encore dire qu'aujourd'hui, 70% des offres d'emplois sont dans le champ de la précarité.
Les secteurs de la distribution/vente et de l'hôtellerie-restauration ont été les premiers pourvoyeurs d'offres, suivis par le transport/logistique, le secrétariat/administratif, le BTP ainsi que… les services à la personne. La région Ile-de-France arrive en tête, à la fois en nombre d'offres et progression, suivie par les régions Rhône-Alpes et Provence-Côte d'Azur.
07:08 Publié dans emploi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.01.2008
accord
Marché du travail,
une nouvelle dynamique
Au terme de trois jours de négociation intense, nous sommes parvenus à un accord qui amorce une dynamique nouvelle dans notre pays et qui, à terme, devrait changer la vie de millions de salariés. Nous pouvons être satisfaits de ce résultat qui marque une première étape dans la sécurisation des parcours professionnels telle que nous la concevons. Reconnaissons que nous ne sommes pas allés aussi loin que nous le souhaitions. Deux raisons à cela : un patronat bien frileux, dont une frange est plus disposée à parler d’innovation sociale que de poser des actes, et un débat intersyndical qui doit encore progresser pour dépasser des contradictions limitant l’espace du compromis. Mais le résultat d’une négociation s’apprécie au regard de ce qui était possible. Pouvions-nous aller plus loin dans un accord qui, pour être légitime, a besoin d’être majoritaire ?
Notre démarche de transformation sociale dans une société en mutation, telle que nous l’avons adoptée au congrès de Grenoble, trouve là sa déclinaison concrète. Nous avions fait le constat d’un chômage de masse persistant, d’un accroissement des inégalités et de la précarité. Nous affirmions qu’une économie performante doit reposer sur une mobilisation des compétences et des qualifications. Sécuriser les parcours professionnels répond à une nécessité d’équilibre entre fluidité du marché du travail et garanties nouvelles pour le plus grand nombre.
Concrètement, le projet d’accord donne un cadre collectif aux fins de contrats, dont trois sur quatre en sont aujourd’hui dépourvus. Mais – c’est sans doute le plus important – il permet d’enclencher à plus long terme une dynamique en direction des salariés les moins formés, les demandeurs d’emploi les moins bien servis par nos systèmes sociaux. Certes, les changements ne seront pas immédiats et le marché du travail ne va pas s’en trouver révolutionné. Mais, même modeste, cet accord est un succès. Surtout si on le rapproche de l’absence de négociation interprofessionnelle à ce niveau dans notre pays depuis plus de vingt ans. Félicitons-nous de cette crédibilité retrouvée du dialogue social et d’une légitimité confortée des partenaires sociaux même si, depuis le début, nous pensions que la CGT n’aurait pas les moyens de signer le texte.
Soulignons aussi la méthode : une première phase d’état des lieux suivie d’un diagnostic à partir desquels la confrontation sur des propositions peut déboucher sur des compromis. Cette démarche autonome des partenaires sociaux, engagée depuis fin 2006, s’est avérée une garantie pour le dialogue social et cet accord légitime la loi de modernisation du dialogue social de janvier 2007. C’est l’énergie mobilisée par toute la CFDT sur ce dossier qui trouve là son aboutissement. Mais c’est notre capacité à le traduire dans la vie des salariés qui sera vraiment décisive.n
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13.01.2008
Dominique Meda
modèle social français ? » avec Alain Lefebvre.
Le 10 janvier va s’achever la négociation interprofessionnelle consacrée au fonctionnement du marché du travail. C’est le 19 juin dernier que les partenaires sociaux ont décidé de lancer une négociation sur les sujets qui avaient préalablement fait l’objet d’une « délibération sociale » et qui ont été regroupés en septembre autour de quatre thèmes : l’entrée dans l’emploi ; l’évolution dans l’emploi ; la sortie de l’emploi ; le retour à l’emploi. Patronat et syndicat se sont rencontrés chaque semaine pour traiter de ces questions et voir s’il était possible de signer un accord. La négociation avait pour point de départ les « états des lieux » établis au terme de la « délibération sociale » et un « document d’orientation » du Premier Ministre.
Si cette négociation revêt une importance toute particulière, c’est parce que cela fait longtemps que les partenaires sociaux n’avaient pas eu l’occasion de se saisir eux-mêmes d’un sujet aussi vaste et qu’il s’agit donc d’un véritable défi : ou bien ils parviennent à s’entendre et montrent qu’ils sont capables d’assurer une part de la régulation qui était jusqu’alors prise en charge par la loi (au grand dam des partenaires sociaux), et nous allons peut-être assister à un bouleversement des équilibres entre loi et contrat, ou bien, ils n’y parviennent pas et laissent le Gouvernement reprendre la main et imposer ses propres décisions. La partie est d’autant plus difficile à jouer pour les organisations syndicales qu’elles savent que les décisions qui seront prises par l’Etat risquent d’être relativement proches des souhaits du MEDEF, le Président de la République n’ayant pas caché, pendant la campagne, la nature des réformes qu’il souhaitait voir aboutir, notamment en matière d’assouplissement des règles régissant le contrat de travail. Elle l’est aussi en raison de la brièveté des délais impartis, du caractère incomplet de la négociation - plusieurs questions sensibles ayant été sorties du champ -, et de la manière dont le gouvernement et le Président de la République éperonnent les négociateurs en traitant eux-mêmes ou en indiquant comment seront traités des sujets lourds d'implication pour les thèmes qui appartiennent au champ de la négociation.
La deuxième raison qui explique l’importance de la négociation qui s’achève, c’est bien sûr son contenu : il s’agit en effet de mettre en place la politique de sécurisation des parcours professionnels dont on parle en France depuis quinze ans mais qui reste à l’état de vœu pieux. Il s’agit pour parler clairement de faire en sorte que les individus retrouvent la maîtrise de leur destin professionnel, et qu’ils disposent enfin des moyens et des accompagnements nécessaires pour s’orienter, changer d’emploi, maintenir leurs compétences, retrouver rapidement un emploi s’ils perdent le leur. Les objectifs des représentants des employeurs et des représentants des salariés sont assez clairs : les premiers réclament une réforme du marché du travail qui leur laisserait une plus grande liberté pour adapter leurs effectifs - plus de flexibilité -, les seconds veulent plus de sécurité pour les salariés. L’enjeu, c’est la mise en place de cette flexicurité dont chacun se réclame aujourd’hui, en mettant l’accent prioritairement sur l’un ou l’autre composant de ce mot valise.
A quelle aune allons-nous pouvoir juger les résultats de l’accord, s’il y a accord ? Le seul fait qu’existe un accord ne sera bien sûr pas suffisant. Car il existe de mauvais accords. Un accord qui ferait trop de place à la flexibilité, qui donnerait aux employeurs une trop grande liberté de gestion de la main d’œuvre, leur permettant de tester celle-ci pendant une durée anormalement longue ou de s’en séparer très facilement, transférant tous les risques sur les salariés, serait mauvais, non seulement pour ceux-ci, dont une partie non négligeable est déjà en emplois temporaires, mais aussi pour la société tout entière (peut-on maintenir la cohésion sociale avec une masse toujours plus grande de travailleurs plongés dans l’incertitude du lendemain ?), et pour la compétitivité de notre pays. Comme l’a rappelé récemment le Parlement européen, sur le même sujet (puisqu’il s’agissait de prendre position sur une communication de la Commission européenne relative à la flexicurité ), cessons de croire que l’Europe tiendra sa place dans l’économie de la connaissance avec une main d’oeuvre précarisée et inquiète. Une main d’œuvre confiante dans l’avenir et bien qualifiée est au contraire la condition d’une bonne productivité et d’une adaptation permanente des entreprises aux évolutions de la division internationale du travail. La qualification est non seulement le meilleur rempart individuel contre le chômage mais aussi la garantie que les entreprises parviendront à développer rapidement les biens et services à très haute valeur ajoutée dans lesquelles elles doivent désormais se spécialiser. Et le Parlement européen de rappeler que les résultats de l’OCDE sur lesquels s’appuyait la Commission pour recommander un assouplissement du droit du travail (et notamment du contrat de travail) n’ont pas été confirmés par cette institution. Ce n’est ni en supprimant, ni en suspendant pour un temps les garanties qui entourent la rupture du CDI comme l’a fait le CNE que l’on créera des emplois. Un bon accord serait donc celui qui, sur la question du contrat de travail, et la fameuse question de la rupture amiable souhaitée par le MEDEF permettrait à l’employeur et au salarié, dans le cadre d’un accord collectif, de s’accorder sur la rupture et sur le motif de celle-ci, en étant certain que le consentement n’est pas extorqué, que le salarié est indemnisé correctement de cette rupture (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui), qu’il peut en toutes circonstances recourir à un juge, qu’il bénéficie d’un revenu de remplacement correct et d’un accompagnement individualisé de la part du service public de l’emploi et conserve une partie des droits accumulés pendant son parcours.
Un bon accord serait donc celui qui permettrait à la fois aux entreprises de s’adapter avec la rapidité et la souplesse nécessaire aux évolutions de leur environnement économique et aux salariés de construire leur carrière sans craindre de voir leurs compétences et leurs qualifications devenir obsolètes du simple fait des changements technologiques ou économiques, de tomber au chômage et d’y rester enfermés sans d’autre choix que de prendre n’importe quel emploi (peu qualifié, à courte durée et mal rémunéré). Au contraire, il leur permettrait d’entretenir régulièrement leurs compétences, de changer d’emploi, de faire reconnaître les compétences acquises pendant la période travaillée, de se reconvertir, de bénéficier d’un revenu de remplacement permettant la recherche active d’un emploi en cas de chômage, d’être accompagnés individuellement vers des emplois qualifiés. On le voit, un bon accord mettrait en son cœur la possibilité pour les salariés d’obtenir, en toute circonstance, la possibilité de maintenir leurs qualifications, de les améliorer, de les enrichir, de les faire reconnaître, d’en acquérir de nouvelles tant le risque majeur, dans nos sociétés, est devenu celui de disposer d’un faible niveau de qualification. Comme l’explique le sociologue danois G. Esping Andersen, c’est ce risque dont nous devons absolument prévenir l’occurrence car un faible niveau de qualification risque d’impliquer aujourd’hui, bien plus qu’auparavant, une vie de piètre qualité.
Cela suppose quatre types d’intervention :
- permettre aux salariés changeant d’emploi de conserver tout ou partie des droits accumulés pendant leur parcours (formation, complémentaire santé, épargne retraite) et leur reconnaître de nouveaux droits (à l’entretien des compétences et qualifications ; à la formation ; à la reconversion ; à l’accompagnement individuel ; à un revenu de remplacement permettant une recherche sereine d’emploi ; à des politiques actives d’emploi destinées à proposer aux demandeurs d’emploi les actions de formation ou les emplois aidés qui leur sont le plus appropriés) ;
- réformer le service public de l’emploi de manière à ce que, au-delà des aspects purement administratifs (la fusion de l’ANPE et de l’Unedic), les personnes soient réellement accompagnées, orientées, aidées, à la fois comme salariés et comme demandeurs d’emploi et que les institutions, décentralisées, coordonnées, bien dotées en moyens, bienveillantes, soient organisées autour des personnes, de leurs parcours et de leurs besoins ;
- faire en sorte que le passage du salarié par l’entreprise se traduise sinon par une augmentation de sa qualification au moins par un maintien à niveau de ses compétences, évaluées régulièrement et formalisées au moment de la séparation ;
- développer à tous les niveaux l’anticipation (gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences par les entreprises, organisation des mobilités au sein des territoires..).
Comme on le voit, un bon accord se déploierait autour de plusieurs axes et sur plusieurs plans. Les droits fondamentaux qu’il devrait mettre en place concerneraient l’accès à la formation, notamment pour les moins qualifiés et ceux qui ne sont pas dans l’emploi - qui pourrait se concrétiser par un compte formation individuel abondé (selon les circonstances, les périodes de la vie et les évènements professionnels des personnes) par différentes sources et différents fonds mutualisés et mobilisé lors de chaque transition -, et l’indemnisation du chômage qui devrait être profondément revue de manière à ce que les différents régimes soient mieux articulés et le taux de couverture amélioré (seuls 59% des demandeurs d’emploi sont indemnisés). Il n’est pas certain que le prochain accord, s’il existe, aille aussi loin : la formation a été sortie du champ de la négociation, une négociation spéciale doit être consacrée à l’indemnisation du chômage et plusieurs questions ont commencé d’être traitées directement par le Gouvernement (fusion Anpe-Unedic) pendant que se déroulait la négociation sur le marché du travail…Le champ de l’accord sera donc réduit par construction. Au moins faudra-t-il qu’il dessine en creux la possibilité de telles mesures, globales et coordonnées, et qu’il indique ce qui devra être fait pour que les différents éléments constitutifs d’une politique de sécurisation des parcours professionnels aient leur cohérence d’ensemble : question des 150 000 jeunes sortant chaque année du système scolaire sans diplôme ou qualification ou échouant durant les deux premières années d’université ; réorganisation totale du système de formation professionnelle ; articulation entre les régimes d’indemnisation du chômage et les minima sociaux.
L’accord traitera-t-il de la question que le Président de la République vient de lancer à nouveau, quelques jours avant la fin des négociations : celle des sanctions réservées aux chômeurs qui refusent une offre valable d’emploi ? Rappelons que de telles sanctions existent déjà en France mais que les cas de refus de la part des demandeurs d’emploi sont extrêmement rares. Rappelons aussi que dans les pays où la flexicurité fonctionne comme une stratégie gagnant-gagnant (notamment dans les pays nordiques), tout est organisé pour que les demandeurs d’emploi ne soient pas obligés d’accepter des emplois « à la baisse » qui tireraient vers le bas l’ensemble des normes régissant le marché du travail. Au contraire, tout est fait pour que les demandeurs d’emploi accèdent à la formation et retrouvent un emploi de qualité (les pays nordiques sont en tête de l’Europe pour ce qui concerne non seulement la quantité mais aussi la qualité de l’emploi ). Suivre des formations, accepter des emplois subventionnés, rechercher activement un emploi n’y est d’ailleurs pas seulement considéré comme un devoir mais surtout comme une nécessité absolue pour retrouver rapidement un emploi.
Gageons en tous cas qu’un tel accord ne sera considéré par les salariés de ce pays comme un progrès que si préalablement à tout assouplissement, même négocié, du droit du travail, leur sont reconnus de nouveaux droits, à l’effectivité garantie et de nouvelles sécurités. Si tel n’était pas le cas, le pessimisme dont les Français font preuve notamment en matière d’emploi (ils sont parmi les plus nombreux, au sein de l’Europe des 27, à craindre de perdre leur emploi et de ne pas en retrouver un leur permettant d’exercer leurs compétences) et la peur d’être les victimes d’un nouveau marché de dupes rendraient plus difficiles encore les nécessaires réformes qui doivent être engagées pour que notre pays soit enfin doté d’une politique de sécurisation des parcours professionnels.
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10.01.2008
fin???
Il leur reste deux jours pour se mettre d'accord. L'issue des discussions, entamées en septembre et marquées par de fortes divisions patronales, devrait être connue après deux nouvelles séances marathon au siège du Medef mercredi et jeudi. "Les négociations, ça se joue dans la dernière ligne droite", a souligné lundi dernier Jean-Claude Mailly (FO), qui, comme Jacques Voisin (CFTC), s'est dit "ni optimiste ni pessimiste" sur leur issue.
Mardi, les négociateurs des cinq syndicats se sont retrouvés chez FO pour éclaircir leurs positions alors que Nicolas Sarkozy affirmait vouloir en finir avec les 35 heures en 2008 (Voir notre article). Ils se montrent critique envers le dernier projet d'accord proposé par le patronat.
Dans cette négociation qui concerne les 18 millions de salariés du secteur privé, les patrons cherchent notamment à obtenir des facilités accrues de rupture des contrats de travail, tandis que les syndicats réclament des sécurités pour les salariés. En voici les principaux points, à négocier :
La rupture conventionnelle
La présidente du Medef Laurence Parisot y tient. Cette alternative au licenciement et à la démission prévoit un départ à l'amiable entre un salarié et une entreprise. Elle répond aux départs négociés actuels qui sont à la limite de la légalité. Elle devrait permettre aux salariés de toucher une indemnité de départ et de ne pas perdre leurs droits au chômage.
La CGT, la CFTC et FO espèrent convaincre le patronat de l'inutilité de ce mode de rupture "par consentement mutuel" entre employeur et salarié, alors qu'il suffirait en cas de litige, de remettre au goût du jour la conciliation prud'homale pour apporter une homologation.
Un CDI de mission
Il portera le nom moins parlant de "CDI à objets précis". Ce nouveau contrat proposé par les patrons devra être précisé par des accords de branche. Il durera au minimum dix-huit mois et une échéance, au moins indicative, devra être prévue. Un salarié non reconduit à son issue touchera une indemnité égale à 10% de la rémunération touchée pendant son exécution. Plusieurs syndicats accepteraient un "CDD de projet" très encadré.
La période d'essai
Le projet patronal demande un allongement de la période d'essai. Aujourd'hui exceptionnelle, elle serait dorénavant encadrée par la loi à raison de trois mois pour les non-cadres et 6 mois pour les cadres. Cette nouvelle période d'essai sera renouvelable une fois sur les mêmes durées. En contrepartie, une indemnité doit être négociée entre les partenaires sociaux en cas de rupture de cette période et les stages de fin d'étude pourraient être pris en compte dans sa durée.
Les syndicats refusent des périodes d'essai si longues, mais certains accepteraient des plafonds courts au niveau interprofessionnel en laissant le soin aux branches professionnelles de décider du renouvellement.Ils craignent un mini-CNE (contrat nouvelles embauches).
Une sécurisation des parcours
En cas de perte d'un emploi, un maintien des complémentaires santé et prévoyance pourrait être garanti pendant un tiers de la durée des droits à l'indemnisation. Dans le même cas et dans le cadre d'un changement d'entreprise, la moitié des droits à la formation pourraient également être mobilisable.
Des indemnités en hausse
En cas de licenciement, elle pourrait être augmentées de 10 à 12,5% des salaires annuels.
La suite...
Si un accord est signé par trois syndicats au moins, une rencontre est prévue autour du 15 janvier avec le ministre du Travail Xavier Bertrand avant une transcription dans la loi envisagée début février. Le patronat ne s'attend pas à un paraphe de la CGT, mais espère les signatures de la CFDT, de la CFE-CGC, de la CFTC, voire de FO. Si les négociations ne débouchent pas sur un accord, le gouvernement proposera une loi à sa guise.
06:51 Publié dans emploi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.01.2008
fusion
ue pensez-vous de la fusion de l'Unédic avec l'ANPE ?
Cette fusion peut être une bonne chose. Mais les décisions ont été prises de façon trop rapide et la mise en oeuvre sera très longue. Nous plaidons pour disposer du temps nécessaire pour réussir cette réforme. Une préparation plus en amont et la possibilité d'intégrer les conclusions de la négociation sur le marché du travail, qui se termine cette semaine, auraient été préférables. On a construit l'outil avant de définir quelles allaient être ses missions.
Ne craignez-vous pas une perte d'influence des partenaires sociaux et le recul du paritarisme ?
Le fait que le conseil d'administration du nouvel organisme ne soit plus uniquement composé des syndicats et du patronat, comme à l'Unédic, peut laisser croire à un affaiblissement du paritarisme. Mais il se renforce au plan régional dans les conseils pour l'emploi, tandis qu'au plan national, les partenaires sociaux seront reconnus au même titre que l'Etat dans la définition de la politique de l'emploi. Et l'Unédic demeure la structure de gestion de l'assurance-chômage.
Offrirez-vous votre patrimoine immobilier au nouvel organisme ?
Le patrimoine de l'Unédic est plus important que ce dont va avoir besoin le nouvel opérateur, compte tenu de l'apport immobilier de l'ANPE. Nous mettrons à disposition, gratuitement, les locaux nécessaires aux missions du nouvel organisme. Mais pas plus.
L'effort doit être conjoint et équilibré avec l'ANPE. Une partie de nos locaux pourraient être vendus, par exemple, pour rembourser la dette de l'Unédic. Discuter des missions et des offres de service nous semble plus important, le point de départ d'un schéma d'implantation cohérent.
Partie prenante dans la création de l'institution, pourquoi demandez-vous des garanties sur son financement ?
Le financement du nouvel organisme par l'assurance-chômage est inscrit dans la loi, à l'échelle de l'effort que nous faisons déjà (l'équivalent de 2,7 milliards d'euros). Mais il s'agit de l'argent des cotisations et nous devons avoir des garanties sur son usage. Il n'est pas admissible que les dépenses pour le personnel, les investissements immobiliers ou les prestations pour les chômeurs soient mélangés dans le même poste budgétaire. C'est à l'Unédic de décider de l'affectation des sommes qu'elle versera au nouvel organisme. Sur cette question, le projet de loi ne fixe aucun paramètre ni chiffre concernant les sommes que l'Etat s'apprête à investir dans le nouvel organisme. Ce n'est pas très équitable.
07:19 Publié dans emploi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.12.2007
formation
La formation continue : entre critiques et réforme
Le système de formation professionnelle continue, fait l’objet d’un certain nombre de critiques sur son efficacité. Une mission sénatoriale, en a dressé un tableau pessimiste synthétisé en 3 C : complexité, cloisonnements et corporatisme. Le constat est le suivant : plus de 150 000 jeunes sortent du système scolaire chaque année sans diplôme, la formation va majoritairement aux diplômés de l’enseignement supérieur travaillant dans des entreprises de plus de dix salariés.
Derrière le constat des sénateurs, demeurent des questions de fond. Les attentes, le financement, la gouvernance, les choix politiques, la philosophie même du système, sont en jeu. La loi de 1971 visait à offrir une seconde chance à tous les salariés. Instaurée dans un contexte économique florissant, elle a émoussé ses attraits sur les arrêtes de la crise. Depuis, des dispositifs comme la validation des acquis de l’expérience et le droit individuel à la formation ont instillé une touche d’individualisation. Entre temps, la formation avait changé d’objectif : d’outil de promotion sociale elle est devenue au fil des années un élément essentiel de la politique nationale de traitement social du chômage.
Car à quoi doit servir la formation professionnelle continue ? A permettre aux salariés d’évoluer dans leur poste, leur carrière professionnelle, à favoriser l’insertion de jeunes non diplômés, de chômeurs de longue durée, à anticiper des évolutions de l’entreprise ? Sans doute les trois, et pour chaque objectif, les politiques à mettre en place sont particulières et nécessitent des financements propres. D’un point de vue économique, il faudrait se pencher non plus uniquement sur les gains amenés par la formation aux entreprises et aux individus mais aussi sur les bénéfices ressentis par la société dans sa totalité (moins de chômage, élévation du niveau culturel etc.
Les débats sont vastes et se rapprochent des questionnements de la formation initiale. Sans réelle évaluation de leur efficacité, il est difficile de rejeter en bloc les dispositifs existant, les nouveaux dispositifs devront intégrer une dimension d’évaluation. L’orientation est là aussi fondamentale : comment accompagner l’individu adulte à choisir une nouvelle voie professionnelle. La question des diplômes est aussi disputée : doit on inciter les moins qualifiés à passer des diplômes ou se limiter à des apports ponctuels, la juste dose pour exercer efficacement son emploi ou au contraire une formation large qui s’attarde aussi sur les savoir-être, la créativité, l’analyse et la recherche de solutions adaptées.
2008 devrait être une année de réforme pour la formation continue, dans le cadre de la sécurisation des parcours professionnels. Les discussions entre partenaires sociaux ne pourront faire l’économie de questions de fond, à commencer par l’articulation entre formation initiale et formation continue pour une réelle éducation tout au long de la vie.
Monique Royer
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25.11.2007
Incroyable
Le site Internet de l’Agence nationale pour l’emploi (Anpe), www.anpe.fr, vient d’être renouvelé. Le communiqué de presse, daté du 18 octobre 2007, de ce qui se présente comme le « 1er site emploi français et européen » annonce, notamment, « un accès simplifié au moteur de recherche ». Ledit moteur de recherche fonctionne région par région, du moins en métropole, puisqu’outre-mer, seule La Réunion y a droit.
J’ai donc voulu tester (le 9/11/2007) le nouveau moteur de recherche, dont, c’est vrai, l’accès est vraiment simple. Les résultats sont assez simples aussi.
J’ai choisi de taper « maison de l'emploi » dans les 23 régions équipées, et la réponse a été systématiquement la même : « Aucun document n'a été trouvé pour 'maison de l'emploi'. »
Bon, c’est vrai que chercher une maison de l'emploi sur le site de l’Anpe, ce n’est pas très malin.
Donc, j’ai continué sur le site de la région Île de France en me disant : « je vais chercher un emploi », çà, çà les connaît ; voici la réponse : « Aucun document n'a été trouvé pour 'emploi'. »
Ce n’est pas grave, je me contenterai d’un travail : « Aucun document n'a été trouvé pour 'travail' ». Ah bon, et un tout petit job ? « Aucun document n'a été trouvé pour 'job' ». Tant pis, un stage, peut-être ? « Aucun document n'a été trouvé pour 'stage' ».
Vous l’avez compris, le moteur de recherche de l’Anpe est simplissime.
Précisons tout de même que, les mots que j’ai mentionnés ci-dessus donnent des résultats dans les régions autres que l’Île de France…
Source Emploi création
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20.11.2007
Nouvelle mission
Projet de loi sur la réforme du service public de l’emploi
Le texte du projet de loi relatif à la réforme du service public de l’emploi transmis aux partenaires sociaux le 13 novembre prévoit des mesures transitoires pour faciliter la mise en place de la nouvelle organisation.
Le texte sera examiné lors de la réunion du Comité supérieur de l’emploi, le 19 novembre prochain. Les dix articles de ce texte reprennent très largement les dispositions prévues dans le document d’orientation récemment communiqué par Christine Lagarde aux partenaires sociaux (v. Bref social nos 14989-14990 du 9 novembre 2007), mais intègrent certaines des revendications exprimées par ces derniers et prévoient des mesures transitoires.
Nouvelle institution nationale
Opérant la fusion annoncée, la gestion du réseau unique sera confiée à une institution nationale dotée de la personnalité civile et de l’autonomie financière, qui intégrera l’ensemble des services de l’ANPE et les réseaux opérationnels de l’ensemble Unedic-Assedic. L’institution sera créée à la date de nomination de son directeur général. Les agents et les biens de l’ANPE et de l’Unedic seront transférés à la nouvelle institution.
Le projet de loi précise les missions et l’organisation de la nouvelle institution.
• Cette institution exercera l’ensemble des missions de service public : l’inscription et la tenue de la liste des demandeur d’emploi ; le contrôle de la recherche d’emploi et les décisions de radiation ; le versement des allocations de l’assurance chômage et du régime de solidarité ; la collecte des offres d’emplois ; l’orientation, l’accompagnement et le placement des demandeurs d’emploi. Un décret devra préciser les conditions d’accès des agents de l’institution, dans le cadre de leur mission de contrôle, aux renseignements détenus par les administrations sociales et fiscales. L’État restera cependant seul compètent pour les décisions de suppression et de réduction du revenu de remplacement.
• L’institution sera administrée par un conseil et dirigée par un directeur général. Ce dernier sera nommé par décret, après avis du conseil, pour une durée de trois ans. Son mandat sera renouvelable. Le conseil sera composé de trois collèges : cinq représentant de l’État, dix partenaires sociaux à parité et trois personnalités choisies en raison de leurs compétences dans les domaines d’activité de l’institution. Le mandat des membres du conseil sera de trois ans renouvelable. Il se réunira au moins quatre fois par an et aussi souvent que nécessaire. Il délibérera notamment sur les mesures touchant à l’organisation et au financement de l’institution, mais aussi sur les mesures destinées à favoriser l’REPLACEion, le reclassement ou la promotion professionnelle et la mobilité géographique des demandeurs d’emploi.
• Le financement de la nouvelle institution sera assuré par l’État et l’Unedic. Outre les crédits destinés à financer l’indemnisation des demandeurs d’emploi, à la charge, d’une part, du régime d’assurance chômage, dans les conditions prévues par la convention d’assurance chômage, et, d’autre part, de l’État pour le régime de solidarité, les dépenses de fonctionnement, d’intervention et d’investissement sont couvertes par une subvention versée d’une part par l’État et d’autre part par l’Unedic. Celle-ci participera à des mesures actives en faveur des demandeurs d’emploi sous la forme d’une contribution au financement de la nouvelle institution. Le niveau de cette participation, fixé par la convention d’assurance chômage et qui pourra évoluer en fonction des équilibres de la convention d’assurance chômage et des besoins du marché du travail, représentera 10 % au moins des contributions collectées par l’Unedic.
• Pour faciliter la transition vers la nouvelle organisation, une instance nationale provisoire préparera la mise en place de l’institution définitive. Elle sera amenée à définir notamment l’organisation au niveau national et territorial de cette future institution. L’institution provisoire sera organisée autour d’un conseil qui pourra s’appuyer sur les services de l’ANPE et de l’Unedic.
Statuts des agents
Le statut des agents sera fixé par une convention collective agréée par l’État, qui devra comporter les garanties nécessaires à l’accomplissement des missions de service public de l’institution. Le projet de loi comporte des dispositions permettant aux personnels issus de l’ANPE et de l’ensemble Unedic-Assedic de conserver, pendant une période transitoire, les garanties résultant de leurs statuts respectifs. Les agents de l’ANPE auront ainsi un droit d’option entre leur statut actuel et la nouvelle convention collective. Quant aux agents de l’Unedic et des Assedic, ils conserveront leur convention actuelle jusqu’à ce que la nouvelle convention ait pu être négociée.
Recouvrement des cotisations
Selon le projet de loi, le recouvrement, pour le compte de l’Unedic, des cotisations d’assurance chômage sera confié aux Urssaf, à l’issue d’une période transitoire dont le terme est fixé au plus tard le 1er janvier 2012. Il s’agit, selon l’exposé des motifs, de « simplifier et rationaliser les démarches des entreprises, qui auront désormais un unique interlocuteur pour le versement des cotisations sociales destinées au régime général de sécurité sociale et à l’assurance chômage ». Cette mesure vise en outre à « réduire notablement le coût de collecte des cotisations ». À titre provisoire, le recouvrement sera confié à la nouvelle institution.
Le régime d’assurance chômage conservera toutefois sa complète autonomie financière, y compris dans la gestion de sa trésorerie, et disposera également de l’ensemble des données relatives à la collecte et aux entreprises contributrices.
Un conseil national et des conseils régionaux
Le projet de loi prévoit la mise en place d’instances pour veiller à la cohérence des politiques de l’emploi.
• Un Conseil national de l’emploi remplacera le Comité supérieur de l’emploi. Présidé par le ministre en charge de l’Emploi, il comprendra des représentants des partenaires sociaux, des collectivités territoriales, des administrations intéressées, des principaux opérateurs du service public de l’emploi et des personnalités qualifiées. Il aura pour principale mission de concourir à la définition des orientations stratégiques des politiques de l’emploi et veillera à la mise en cohérence des actions des différentes institutions et l’évaluation des actions engagées. Il sera consulté sur l’agrément de la convention d’assurance chômage et sur la convention tripartite conclue entre l’État, l’Unedic et la nouvelle institution (cette dernière convention définissant les objectifs impartis à l’institution).
• Des conseils de l’emploi seront mis en place au niveau régional. Présidés par les préfets de région et associant les partenaires sociaux, les principaux acteurs territoriaux et les services de l’État, ces conseils seront consultés sur la convention passée par l’institution et le préfet de région pour fixer la programmation et les modalités des interventions de l’institution dans le cadre des actions pour l’emploi programmées par le préfet.
Liaisons sociales quotidien, 16/11/2007
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14.11.2007
semaine du handicap
Les 6 grandes catégories de handicap
Extrait du site de l'
Le handicap moteur
Il recouvre l’ensemble des troubles pouvant entraîner une atteinte partielle ou totale de la motricité, notamment des membres supérieurs et/ou inférieurs (difficultés pour se déplacer, conserver ou changer une position, prendre et manipuler, effectuer certains gestes). Certaines déficiences motrices d’origine cérébrale peuvent également provoquer des difficultés pour s’exprimer, sans altération des capacités intellectuelles. En France, plus de 8 millions de personnes sont touchées par une déficience motrice, de la plus légère (rhumatisme, arthrose) à la plus lourde (hémiplégie, paraplégie, tétraplégie). Environ 600 000 personnes sont para-, tétra-ou hémiplégiques. Seules 370000 personnes utilisent un fauteuil roulant.
Le handicap visuel
Il concerne les personnes aveugles, mais aussi, dans la majorité des cas, les personnes malvoyantes. Dans certains métiers, une personne daltonienne peut-être reconnue comme handicapée. En France, 1 500 000 personnes sont malvoyantes, 60 000 sont aveugles.
Le handicap auditif
La perte auditive totale est rare. Comme pour le handicap visuel, la plupart des déficients auditifs possèdent « des restes auditifs » pour lesquels les prothèses auditives apportent une réelle amplification. Selon les cas, ce handicap s’accompagne ou non, d’une difficulté à oraliser. Un certain nombre de personnes sourdes utilisent la langue des signes et d’autres la lecture sur les lèvres pour communiquer. Sur 6 millions de personnes sourdes et malentendantes, seulement 100 000 utilisent le langage gestuel.
Le handicap psychique
Aucune définition exhaustive n’est possible, d’autant que la terminologie psychiatrique (névrose, psychose…) est seulement maîtrisée par les psychiatres. Néanmoins on peut retenir que les personnes atteintes de difficultés d’ordre psychique souffrent d’un malaise qui peut se traduire, à certains moments, par des comportements déroutants pour les autres, car éloignés des conduites convenues et habituelles.
La déficience intellectuelle
C’est une difficulté à comprendre et une limitation dans la rapidité des fonctions mentales sur le plan de la compréhension, des connaissances et de la perception. Les incapacités qui en découlent peuvent avoir des degrés différents et perturber l’acquisition de la mémorisation des connaissances, l’attention, la communication, l’autonomie sociale et professionnelle, la stabilité émotionnelle et le comportement….
Les maladies invalidantes
Toutes les maladies respiratoires, digestives, parasitaires, infectieuses (diabète, hémophilie, sida, cancer, hyperthyroïdie…) peuvent entraîner des déficiences ou des contraintes plus ou moins importantes. Elles peuvent être momentanées, permanentes ou évolutives. Près de la moitié des maladies invalidantes sont d’origine respiratoire ou cardio-vasculaire.
07:28 Publié dans emploi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Maison de l emploi
Maison de l’Emploi : « ne pas stopper la dynamique »
En accord avec le réseau des Maisons de l’Emploi, Alain Ligné, Président de la Maison de l’Emploi du Pays Thouarsais, demande à être reçu avec une délégation d’élus par la Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi suite à sa décision de "gel" des maisons de l'emploi dans la perspective de la fusion ANPE-UNEDIC. Il a également interpellé le Premier Ministre François Fillon et les parlementaires du Département.
Cette demande de rendez-vous s'accompagne d'un projet de "lettre ouverte", dans laquelle il dénonce "l'incohérence" du gouvernement qui, après avoir créé ces structures dans la loi de cohésion sociale, les gèle "sans concertation ni évaluation".
La décision de la Ministre est incohérente. Elle remet en cause d’autorité la parole donnée de l’Etat, qui a été validée dans le cadre de la concertation engagée avec la commission de labellisation. Elle n’est pas sérieuse alors même que tout le territoire est engagé dans la mise en œuvre d’un plan d’actions validé par l’ensemble des partenaires y compris des services de l’Etat, de l’ANPE et l’UNEDIC. Il est certain que si la convention n’est pas entérinée avant la fin d’année, cela fragiliserait l’édifice qui a été construit et remettrait en cause gravement les actions initiées par les collectivités territoriales et les partenaires de l’emploi, qui ont su se fédérer pour créer une véritable synergie locale.
Pour l'heure, sur les 227 maisons de l'emploi labellisées, 152 ont été conventionnées par l'État. Trente-trois autres, dont les conventions sont finalisées, bénéficieront des crédits inscrits au budget de l'État en 2008, ce qui porte à 185 le nombre de structures en état de marche. "Il en reste à peu près 42 qui restent à finaliser dont celle du Thouarsais".
"L'essentiel est de ne pas stopper le mouvement engagé". "La dynamique d'emploi se crée avec les élus à partir des territoires pour tenir compte de leurs spécificités." C'est d'ailleurs l'objet du premier domaine d'intervention des maisons de l'emploi : l'observation, l'anticipation et l'adaptation au territoire. "Ce qui se prépare en ce moment d'en haut est extrêmement inquiétant".
"En soi, si le rapprochement ANPE-UNEDIC est une bonne chose, il ne doit pas se faire au détriment des maisons de l'emploi qui, en vertu de l'article 1er de la loi du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale, contribuent à la coordination des actions menées dans le cadre du service public de l'emploi". De plus, "c'est souvent grâce aux maisons de l'emploi que se sont rapprochées l'ANPE et les Assedic". Tel est le cas à Thouars où le projet est en cours de discussion pour aboutir au printemps 2008.
Source Mairie de Thouars
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