27.08.2009

avant la rochelle ????

·                          Dans une tribune au Monde, la première secrétaire du PS souhaite «changer profondément les pratiques et les règles politiques». En commençant par accepter que le choix du candidat pour 2012 ne soit pas réservé aux seuls militants du PS.

Martine Aubry a cédé à la pression de ses camarades. Alors que de nombreuses voix s'élevaient depuis plusieurs jours pour l'organisation de primaires ouvertes à gauche en vue de l'élection présidentielle de 2012, la première secrétaire indique son ralliement à la cause, dans une tribune à paraître dans Le Monde de vendredi.

Selon le site internet du quotidien, qui doit mettre en ligne l'intégralité du texte jeudi après-midi, Martine Aubry annoncera le lancement d'un tel processus vendredi, lors de l'ouverture de l'université d'été du PS à La Rochelle. «Réinventer la démocratie, c'est changer profondément les pratiques et les règles politiques au sein de notre Parti, notamment sur le non-cumul des mandats et sur l'organisation de primaires ouvertes pour la désignation de notre candidat», écrit la numéro un socialiste, sans toutefois définir les bornes de l'ouverture.

En donnant son feu vert avant même l'ouverture de l'université d'été du parti, Martine Aubry prend de court ceux qui, sceptiques, craignaient que les journées de La Rochelle ne tournent qu'autour de ce sujet. Une question que la première secrétaire semblait d'ailleurs jusque là vouloir esquiver. Martine Aubry s'enlève par la même occasion une pression qui se faisait croissante sur sa personne, alors que les primaires ouvertes rassemblaient de plus en plus de soutiens, d'abord au sein du PS (Montebourg, Peillon, Hamon, Royal, Delanoë, Lang, Rocard…), mais aussi chez les écologistes, au PCF ainsi qu'au MoDem. Mercredi, 100 personnalités politiques et issues de la société civiles avaient ainsi lancé un appel publié dans Libération.

Plusieurs questions restent en suspens

Restent désormais deux inconnues de taille, sur lesquelles les universités d'été de La Rochelle pourraient permettre d'avancer. D'une part, qui votera lors de ces primaires ouvertes, et qui pourra s'y présenter ? Et d'autre part, comment le PS tranchera-t-il l'épineuse question des alliances. Dans sa tribune au Monde, Martine Aubry laisse planer un mystère entier sur ces points. Affirmant simplement que «c'est un PS porteur de valeurs et d'idées, modernisé dans son fonctionnement qui doit s'ouvrir à toute la gauche» et que «le projet précédera les alliances, c'est incontournable».

·           ne campagne d'adhésion et un statut de sympathisant pourraient être créés à la rentrée.

Y croire encore, malgré tout. Pour les militants socialistes, la période est dure à vivre : échecs électoraux, flou idéologique et stratégique, division au sommet, désaffection des sympathisants… Les militants que l'on croise localement soupirent presque tous : «On est touché par le discrédit au niveau national.» Le désintérêt s'entend dans les conversations. «Le PS n'attire plus. Il ne fait pas envie. Il fait rire ou pitié aujourd'hui», écrit un blogueur assidu. Un autre dresse un constat amer : «Si beaucoup de militants ont pris du recul, dans l'indifférence générale de Solferino, c'est justement qu'il y a une double déception : une absence de réponse aux attentes de “refonte interne”, combinée à une forte envie de retrouver des temps “politiques” plus forts où nous serions tous derrière un authentique projet socialiste, de gauche et mobilisateur. »

Comment ne pas voir ce désarroi. Pour réagir aux polémiques de l'été, l'un des lieutenants de Martine Aubry, Jean-Christophe Cambadélis, a jugé bon d'intituler le texte qu'il a rédigé «Lettre à un militant qui n'en peut plus ». C'est dire. «J'imagine ta colère, ton amertume, ta tristesse, ton inquiétude pour la rentrée », écrit-il.

En l'absence d'enjeu interne, le PS a perdu quelques militants. Officiellement, le fichier du parti compte 204 000 noms : adhérents à jour de cotisation ou ceux qui peuvent le faire à tout moment. Lors du congrès de Reims en novembre 2008, le PS comptait 232 900 inscrits. Les militants avaient été environ 130 000 à se déplacer pour choisir leur premier secrétaire.

«Il y a eu peu de départs, ce qui m'a un peu surpris, constate Olivier Falorni, patron de la fédération de Charente-Maritime, qui accueille l'université d'été. Mais par ailleurs il y a eu peu d'arrivées de nouveaux militants. »

« Un peu la gueule de bois»

Rien de grave ? Le mal est ailleurs. Les réunions de section «n'attirent plus », constatent plusieurs responsables locaux. «Il y a une prise de distance qui ne contribue pas à revitaliser le PS», poursuit Olivier Falorni. «C'est normal, les militants ont un peu la gueule de bois, explique Pascale Boistard, la secrétaire nationale chargée des adhésions. Quand on connaît des défaites, ce n'est pas la joie. Et les militants sont très agacés par les voix dissonantes. Ils sont fatigués, abattus.» Ailleurs, c'est «une forme de colère» qui domine. «Il y a une attente de résultat, avec un sentiment d'urgence», explique le député maire de Laval, Guillaume Garot. Pour renouer les liens avec ses propres électeurs, le PS entend les associer à la réflexion sur son projet qui doit être menée durant l'automne sur l'identité du PS. Il faut «redonner la parole aux Français», dit-on Rue de Solferino, avec des airs de démocratie participative comme l'avait défendue Ségolène Royal.

À la rentrée, le PS compte lancer une nouvelle campagne d'adhésions : le retour, en quelque sorte, des adhérents à 20 euros qui avaient été tant décriés en 2006… Mais les socialistes pourraient aller plus loin puisqu'ils envisagent de créer un statut de «sympathisant» : «Les gens auront le choix entre les deux statuts. Les sympathisants ont toujours été suivis, mais auparavant ils l'étaient au niveau des sections. Là, ils pourront faire partie d'un réseau», expliquait, durant l'été, Pascale Boistard. Au fond, le PS cherche d'ores et déjà une préfiguration du corps électoral élargi qui pourrait être consulté lors de la primaire de désignation du candidat à la présidentielle.

24.08.2009

alliances

·                          PS : Aubry sous pression avant La Rochelle

 


Martine Aubry voulait se concentrer sur le projet socialiste avant d'aborder l'organisation de la campagne présidentielle. Crédits photo : AFP

À la veille de l'université d'été du parti, Vincent Peillon et Arnaud Montebourg ont imposé dans le débat la question des alliances et des primaires, que la première secrétaire voulait esquiver.

Dure rentrée pour Martine Aubry. À la veille de sa première université d'été en tant que chef du PS, ses opposants l'ont mise sous pression pour qu'elle se prononce sur les deux sujets qu'elle comptait justement esquiver à La Rochelle : le périmètre des alliances du parti et l'organisation de primaires ouvertes pour désigner le candidat de la gauche en 2012. «Le problème, c'est que tout le monde joue avec la même boîte de cubes mais que tout le monde ne les met pas au même endroit pour commencer le montage», explique Claude Bartolone, l'un des lieutenants de Martine Aubry à la direction du PS.

Les cubes ? Il y en a cinq : la remise du parti au travail, la construction du projet socialiste, la reprise de contacts avec la société civile, les primaires ouvertes et les alliances du PS. Tout le débat qui agite le PS en ce moment consiste à savoir dans quel ordre les assembler pour que la gauche puisse espérer l'emporter sur Nicolas Sarkozy en 2012. Martine Aubry estime avoir d'ores et déjà remis le PS au travail, notamment avec le contre-plan de relance de janvier. Elle comptait sur La Rochelle pour montrer un PS à nouveau en prise avec les chercheurs et les intellectuels pour enclencher la construction du projet. Ce n'est qu'ensuite qu'elle souhaitait se pencher sur les primaires et les alliances. «Quel est le moteur qui donnera une chance à ces primaires de réussir ?, demande Claude Bartolone. C'est bien le projet. Quant aux alliances, après le discours de Marielle de Sarnez à Marseille, il faut qu'une personnalité du MoDem s'exprime à la rentrée pour le confirmer. On ne peut pas avoir d'un côté Mercier qui entre au gouvernement et de l'autre ce type de propos.»

Mais en préemptant la rentrée officielle des socialistes vendredi à La Rochelle, Vincent Peillon a fait de la question des alliances la question prioritaire. D'autant qu'à Marseille, ce week-end, Marielle de Sarnez a fait basculer le MoDem a gauche. Applaudie debout par les militants du courant L'Espoir à gauche, la numéro deux du parti de François Bayrou l'a assuré : «Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous oppose». En l'occurrence, l'«ultrapersonnalisation du pouvoir en place, l'hégémonie et la partialité de Nicolas Sarkozy». Son discours assorti d'attaques contre les bonus des traders ou le comportement des banques ne pouvait qu'enchanter les socialistes. «Je t'avais dit que tu serais bien accueillie, tu en as la preuve. Il faut dire que tu as mis la barre à gauche. Ça va être difficile pour Robert», a commenté François Rebsamen, qui animait les débats, avant de passer la parole à l'ancien leader communiste Robert Hue. Du PC au MoDem en passant par les Verts, avec Daniel Cohn-Bendit, et le PRG, avec Christiane Taubira, la photo de famille réalisée par Vincent Peillon ce week-end à Marseille était en tout cas réussie. Si le courant qu'il anime défend également l'idée de primaires ouvertes à l'ensemble des électeurs de gauche, c'est en revanche Arnaud Montebourg qui a réussi à imposer le sujet au programme de La Rochelle.

Dimanche, à Frangy-en-Bresse, pour sa traditionnelle Fête de la rose, le député de Saône-et-Loire a distribué le rapport rédigé sur le sujet avec Olivier Ferrand, le président de la fondation Terra Nova. «Un brûlot dangereux, plaisante Montebourg, grinçant. Nous avons travaillé pendant quatre mois comme des chrétiens dans les catacombes, sous le pas de la légion romaine.» Mercredi, Ferrand compte lancer un «appel citoyen» en faveur du processus.

Benoît Hamon enfonce le clou

L'objectif est clair : mettre Martine Aubry au pied du mur. «Elle est sous la pression de sa majorité et de ses amis. Il faut qu'elle parle», demande Montebourg, qui menaçait il y a quelques jours de quitter le PS s'il n'obtenait pas gain de cause. «Un dirigeant politique a le droit, de temps en temps, de faire part de son découragement», explique-t-il, en reconnaissant qu'il «n'est pas très heureux» au PS aujourd'hui, faute de combats remportés. «Je suis secrétaire national à la rénovation, pas à la conservation.» Ses proches font part de son agacement. Entre Aubry et lui, les relations sont devenues difficiles.

Mais il n'est pas seul dans son combat. Invité de la Fête de la rose, le porte-parole Benoît Hamon enfonce le clou. Il est favorable à une primaire ouverte aux partis de gauche. «C'est le moyen de choisir un candidat qui soit un candidat sérieux contre Nicolas Sarkozy», explique l'ancien député européen. La présidentielle étant dans trois ans, «il ne faut pas que cela traîne trop» pour décider de l'organisation de la primaire. En aparté, il admet que pour faire avancer l'idée et convaincre les autres partis de gauche, au moins les Verts ou les radicaux, il faut «un peu de doigté et de diplomatie».

À entendre Hamon et Montebourg, ils ne seraient pas loin d'atteindre leur objectif. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, s'est déclaré, samedi, favorable aux primaires, soulignent-ils. «Un consensus est en train d'émerger», assure Montebourg. Il ne lui reste plus qu'à convaincre François Hollande et Laurent Fabius, qui sont réservés ou hostiles, et surtout la première secrétaire, Martine Aubry. Ou alors la question continuera à la poursuivre.

·           ux ateliers d'été de son courant «L'espoir à gauche», l'eurodéputé socialiste est parvenu à réunir autour de lui des personnalités du MoDem, du PCF, des Verts et du PRG. Une façon de presser Martine Aubry à opérer un tel rassemblement pour les prochaines échéances électorales.

De très nombreux photographes pour immortaliser un instant inédit. Samedi après-midi, aux premiers ateliers d'été de «son» courant, «L'espoir à gauche», Vincent Peillon a réussi son pari. Dans les jardins du Pharo, à Marseille, l'eurodéputé socialiste est parvenu à rassembler Daniel Cohn-Bendit (Verts), Marielle de Sarnez et Jean-Luc Benhamias (MoDem), Robert Hue (PCF) et Christian Taubira (PRG). Petites boutades par ci, sourires généreux par là. Et tous bras dessus bras dessous, pour une grande «photo de famille progressiste». «Jetez-nous des grains de riz !», s'amuse Vincent Peillon, pas peu fier d'avoir gagné son coup en incluant le MoDem dans son ouvrage.

Puis à la tribune, le député européen multiplie les messages à l'intention de Martine Aubry. «A Marseille, un espoir est né», s'enthousiasme-t-il à la tribune, appelant à un grand «rassemblement socialiste, écologiste et démocratique». «A moins d'être sourd, aveugle et désespérément cynique, il s'agit d'un événement historique dans l'histoire de la gauche française», insiste-t-il, espérant dans une mise en garde à la première secrétaire du PS que «ce qui avait été refusé jusqu'à présent sera maintenant médité». «La responsabilité historique de notre génération est d'ouvrir le nouveau cycle politique dont nous avons besoin», conclut-il devant un amphithéâtre comble et enthousiaste de 1.500 personnes.

Sarnez convaincue

Une union de la gauche élargie à laquelle la vice-présidente du MoDem, Marielle de Sarnez, a montré son adhésion. «Nous venons d'horizons divers mais si nous croyons qu'il y a de l'insupportable dans ce qui se fait aujourd'hui (...) alors ce qui nous rassemble est plus fort que ce nous divise», lance-t-elle. Standing ovation assurée. Fustigeant l'«ultrapersonnalisation du pouvoir», l'«hégémonie» et la «partialité» de Nicolas Sarkozy, le bras droit de François Bayrou enfonce le clou : «Tous ceux qui partagent ces convictions ont à faire ensemble. Ensemble. Pas les uns sans les autres. Et pas les uns contre les autres». «Les temps appellent des comportements nouveaux. Nous avons beaucoup à faire ensemble», termine-t-elle, parlant «au nom d'une famille politique qui a coupé ses amarres pour rester fidèle à ses valeurs».

Cohn-Bendit prudent


Crédit photo : AFP.

Plus distancié que ses collègues, Daniel Cohn-Bendit se montre prudent, estimant que «l'unité ne se décrète pas», mais plaidant malgré tout pour un «rassemblement écologiste, socialiste et démocratique». Avec une once de provocation, il lance un avertissement aux socialistes : «Si vous voulez un rassemblement, au bout duquel c'est vous qui décidez, et que [les partenaires] se retrouvent dans la chambre de bonne, alors le président en 2012 sera Sarkozy».

En juin, Martine Aubry avait indiqué vouloir des alliances à la carte aux régionales, et privilégier la stratégie du «si besoin», sous-entendant d'éventuelles alliances avec le MoDem au second tour, mais pas au premier. A une semaine de l'université d'été du PS à La Rochelle, la balle semble désormais dans le camp de la première secrétaire. Vincent Peillon, lui, compte maintenant s'atteler à l'organisation de «grands débats autour des questions centrales». Parmi elles, l'école, l'université, l'information ou la justice fiscale.

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Brochette d'invités «progressistes» à Marseille

Le socialiste Vincent Peillon, l’écologiste Daniel Cohn-Bendit, les centristes Marielle de Sarnez et Jean-Luc Benhamias, le communiste Robert Hue et la radicale de gauche Christiane Taubira: c’était le casting des Ateliers d’été du courant PS, L’espoir à gauche, qui se tenait vendredi et samedi à Marseille. Après avoir déjeunénon loin des jardins du Pharo, la brochette de personnalités de gauche et du Modem se sont livrés à une séance photo. «Jetez-nous des grains de riz !», a lancé Vincent Peillon, organisateur des journées, invitant Daniel Cohn-Bendit, tout juste arrivé des journées d’été des Verts à Nîmes à le rejoindre. Et d’ajouter, en posant pour un dernier cliché avant de descendre dans l'amphithéâtre: «On vous jette un dernier regard avant d'aller dans la fosse aux lions!»

Ils ont été accueillis par un tonnerre d'applaudissements dans une salle pleine à craquer un atelier au thème éminemment stratégique: «Une nouvelle majorité progressiste pour la France: comment et avec qui?»

Hamon exclut toute alliance avec le Modem

A une semaine de l’université d’été du PS à la Rochelle, le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a réaffirmé son opposition à une stratégie d’alliances avec le Modem. Et ce pendant qu'à Marseille, Peillon et ses amis plaidaient en faveur de la construction d’une large majorité incluant le centre. Option exclue par Hamon tant que François Bayrou «garde son orientation libérale actuelle».

Cette règle - qu’il dit, dans un entretien, samedi, au quotidien Le Parisien-Aujourd'hui en France, dictée par la «cohérence politique», pas par «le sectarisme» - vaut aussi pour les régionales de 2010. «Pas d'alliance au niveau national mais dans les régions? Les électeurs n'y comprendraient rien! Arrêtons l'hypocrisie au PS! Si certains sont en accord avec les orientations libérales, qu'ils le disent au lieu de prétexter vouloir garder des régions en s'alliant au Modem. A chaque fois que le PS a été confus, il a perdu des électeurs.»

Cohn-Bendit, le non-candidat de 2012

Leader du rassemblement Europe Ecologie, l’eurodéputé, malgré son carton plein au scrutin du 7 juin, a répété qu’il ne serai pas candidat en 2012. Lui qui «ne rêve pas» d'être Président depuis qu'il est «petit».

«Jouons le jeu: la prochaine présidentielle se passera à gauche dans le cadre d'une primaire. Si je me présente à cette primaire, c'est pour la gagner, c'est donc que je veux être le candidat de la gauche en 2012. Et si je le suis, c'est pour gagner l'élection et donc être président de la République et ça, no chance !», promet-il dans l'édition de samedi du JDD. Et de prédire: «Je ne sais pas qui sera le candidat de la gauche en 2012 mais ce sera quelqu'un de très différent de moi». «Je ne suis pas comme ça. Fondamentalement, je ne suis pas un Lider Maximo. Je ne veux pas être ministre non plus», écarte encore l’écologiste.