20.09.2009

Montpellier

Ségolène Royal sonne le rappel de ses troupes samedi lors de sa Fête de la fraternité à Montpellier. Arrivée vers 16 heures dans l'enceinte où se tient la fête, la présidente de la région Poitou-Charentes, de plus en plus isolée au sein du PS, se fraye un chemin dans la foule. Cette dernière l'accueille comme une "rock star", scandant des "Ségolène présidente", "Tu es la meilleure !", "On t'aime !"... Lors de son discours, Ségolène Royal dit souhaiter "le dépassement du Parti socialiste" par un "mouvement puissant et accueillant que le pays attend" : "La France compte sur vous. Je continue à faire tout ce que je peux pour faire avancer cet idéal et ce siècle citoyen qui s'avance. A nous d'agir et de donner envie d'agir autour de nous", poursuit-elle devant 3.000 participants, selon la maire de Montpellier Hélène Mandroux.

 

"Pour une traversée du désert, ça reste très peuplé !", se félicite sa fidèle conseillère Sophie Bouchet-Petersen, en allusion aux commentaires acerbes sur le départ de plusieurs lieutenants du Congrès de Reims, comme Vincent Peillon ou Manuel Valls... Ségolène Royal peut en tout cas compter sur Georges Frêche. "Ségolène, c'est la seule qui déplace les lignes au PS, la seule qui est moderne. Les autres sont restés au XXe, si ce n'est pas au XIXe siècle", a même lancé le controversé président du conseil régional du Languedoc-Rousillon en l'accueillant à la gare !

 

"Tourment d'amour"

 

L'atmosphère est bon enfant et champêtre pour cette seconde édition de la Fête de la fraternité qui mêle politique et musique. Sous les hautes frondaisons du parc, une quinzaine de stands sont disposés autour d'une grande tente marocaine. Il faut suivre le fléchage qui mène au "parking Ségolène", puis dans le domaine, les stands proposent pâtisseries orientales, thé à la menthe, moules-frites ou mets antillais, comme le "tourment d'amour"... Des pancartes proclament, en remake de 2007 : "En route avec Ségolène Royal" ou "Demain ne se fera pas sans toi". Une "université populaire" sur l'éducation accueille en plein air plus de 600 personnes attentives. Sur l'estrade, se trouvent notamment deux des proches de la désormais présidente de l'association Désirs d'avenir : le député Jean-Louis Bianco et la maire du 4e arrondissement parisien, Dominique Bertinotti.

 

Cette fête est donc l'occasion pour Ségolène Royal de rebondir après une semaine agitée. Semaine qui fut notamment marquée par la publication du livre sur les fraudes présumées lors de l'élection de Martine Aubry en novembre 2008 et le lancement catastrophique du nouveau site de Désirs d'avenir. "Seule compte ma constance à incarner un leadership, la constance de mon discours, et ce que je veux dire aux Français, à Montpellier", a-t-elle aussi glissé au Journal du dimanche .

Liberation

«Tous ensemble, nous accompagnerons le dépassement du Parti socialiste. Nous créerons ce mouvement puissant et accueillant que le pays attend.» C’est le souhait formulé ce samedi, lors de la Fête de la Fraternité qu’elle organisait à Montpellier.

S’adressant aux quelque 3000 sympathisants réunis pour la seconde édition de ce meeting politico-festif, la présidente de l’association Désirs d’avenir a clamé: «La France compte sur vous. Je continue à faire tout ce que je peux pour faire avancer cet idéal et ce siècle citoyen qui s'avance. A nous d'agir et de donner envie d'agir autour de nous.»

Isolée en cette rentrée socialiste qui a été marquée par la polémique sur des fraudes présumées lors du scrutin interne de novembre 2008, l’ex-rivale de Martine Aubry a dénoncé les «notables de la politique» qui l'ont délaissée et le «microcosme parisien» qui instruit, selon elle injustement, le procès de sa propre mise à l’écart au sein du PS.

«Je ne me sens pas seule»

«Alors vous êtes venus? Est-ce que vous vous sentez seuls?», a fait mine de demander la socialiste aux participants. «Non», a hurlé la foule. «Oui, moi non plus je ne me sens pas seule», a-t-elle répondu, ajoutant: «Vous êtes simples, vous êtes vrais, vous êtes tout simplement la France qu'on aime.»

«Comme si quelques notables de la politique, en attente de jours meilleurs, allant faire leur marché ailleurs, comptaient davantage que vous tous qui donnez généreusement votre temps, vos déplacements, vos énergies!», a-t-elle poursuivi, en allusion à certains de ses lieutenants qui ont pris ses distances, tels Manuel Valls et Vincent Peillon.

L’ex-candidate (PS) à la présidentielle s’est enfin posée en première opposante à Nicolas Sarkozy en le mettant au «défi» d'accorder ses «actes à ses paroles» avant le G20 de Pittsburgh les 24 et 25 septembre. «On ne peut pas ouvrir à gauche et gouverner à droite. On ne peut pas moraliser le capitalisme au G20 et protéger à l'Assemblée les niches fiscales et le bouclier fiscal. Ce n'est tout simplement pas possible!», a lancé Royal.

«Si tout recommence, nous aurons à nouveau les mêmes malheurs, les mêmes dégâts, les mêmes fermetures d'usine, les mêmes délocalisations, les mêmes détresses et on nous dira encore que la politique a été incapable de réagir et d'anticiper!», a-t-elle mis en garde.

19.09.2009

revue de presse

18.09.2009

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INTERVIEW EXCLUSIVE - Pour l'ex-candidate à la présidentielle, «l'alternance» ne pourra se faire en 2012 «qu'avec un accord avec le centre».

Le FIGARO. - Vous organisez une Fête de la fraternité samedi. Le PS semble en avoir besoin…
Ségolène ROYAL. Au contraire. La fraternité doit guider nos pas. Aujourd'hui, il y a une épreuve à traverser dont le PS est victime. Il faut la gérer correctement pour que le parti en sorte renforcé. Il faut que la vérité soit faite et qu'on reparte sur de nouvelles bases. Je n'ai jamais pensé que la loi du silence permettait de régler les problèmes. Mais je ne veux pas être facteur de crise ou de divisions. J'ai dit ce que je pensais, ce livre (sur la fraude au PS, NDLR) m'a meurtrie, et je ne veux pas y revenir.

Comment voyez-vous la suite de cette affaire ?
C'est à la direction de prendre ses responsabilités. Je n'interfère pas. Depuis un an, j'ai été très loyale. Aujourd'hui, je m'occupe de ma région.

Martine Aubry a déclaré : «Ségolène sait que je n'ai pas triché»…
Je n'accepte pas cette pirouette, mais je ne veux pas polémiquer. J'ai fait une proposition pour que la vérité soit faite. De la vérité naît la lumière.

Les amis de Martine Aubry vous décrivent comme une femme de plus en plus seule…
On me dit «isolée». C'est le buzz qu'on entretient quand je prends la parole ou quand on n'a rien à me reprocher. On l'a dit avant la désignation à la présidentielle et avant le congrès ! Et vous avez vu les résultats. Un journal a même titré «Coucou, la revoilà». Il y a de la liberté d'expression autour de moi. Je ne caporalise pas les personnes et heureusement. Je ne suis pas dans une opération d'appareil, de courant ou d'armée à organiser. Cela n'a jamais été ma méthode et cela ne le deviendra jamais. J'accepte tout à fait que chacun suive sa route puis revienne dans les moments cruciaux.

Appelez-vous les militants à voter oui lors de la consultation sur la rénovation du PS ?
Oui, bien sûr. La plupart des propositions étaient contenues dans ce que, avec mon équipe, j'avais pu dire. Le PS peut reprendre le chemin de la rénovation.

Comment voyez-vous votre rôle au PS dans les prochains mois ?
D'abord, dans ma région. Il est important d'être appréciée par son travail et de porter une espérance malgré la crise. Il faut être créatif. Par exemple, le bilan environnemental de ma région est exceptionnel, nous avons anticipé la crise énergétique. Ensuite, il y a la prise de parole nationale sur les sujets où je veux éclairer l'opinion et forcer au débat démocratique. J'ai fait par exemple émerger le débat sur la taxe carbone. L'exercice de pédagogie s'est révélé indispensable. Il a fait basculer un certain nombre d'avis qui pensaient que c'était une taxe écologique. En fait, c'est un impôt nouveau qui va se retourner contre l'écologie.

Avant le G20, que pensez-vous des propositions franco-allemandes de réforme du capitalisme ?
Il y a eu beaucoup de discours pour l'instant. Maintenant, on attend les actes. S'il ne se passe rien au G20, ce sera le coup de trop pour les opinions publiques. Va-t-on interdire la spéculation financière des banques pour leur compte propre ? Celles qui spéculent doivent le faire à leurs risques et périls et ne pas recevoir l'appui des États, c'est la meilleure façon de lutter contre les bonus. À l'inverse, les banques qui financent l'économie réelle doivent pouvoir recevoir le soutien public. Si le couple franco-allemand est suffisamment fort, le rapport de force peut déboucher sur quelque chose de concret. C'est impératif.

Reconnaissez-vous un rôle moteur à Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ?
Oui, ils ont été à l'offensive, sans beaucoup de résultats concrets pour l'instant. Je ne dis pas que c'est facile. Mais il y a une volonté politique, au moins dans les discours.

Qu'attendez-vous du FMI de Dominique Strauss-Kahn ?
C'est une force de proposition et d'action mais il ne faut pas faire porter au FMI la responsabilité de la non-réforme des institutions financières. Ce sont des décisions politiques des chefs d'État et de gouvernement. J'apprécie ses propositions concernant les pays les plus pauvres.

Comment la gauche doit-elle réagir face à la stratégie de rassemblement de Nicolas Sarkozy ?
C'est une bonne stratégie du point de vue de Nicolas Sarkozy, et la gauche, en conséquence, doit s'organiser même si c'est toujours plus compliqué : il y a des identités, des autonomies… Mais, par exemple, l'alliance avec le MoDem n'est plus un tabou. Il y a encore des divergences, mais on voit bien que l'alternance ne peut se faire qu'avec l'accord avec le centre après avoir d'abord rassemblé toute la gauche et les écologistes.

Les primaires peuvent-elles rassembler la gauche ?
Elles créent une dynamique mais il faut aussi préparer des convergences programmatiques. Il y a plusieurs pistes. François Bayrou a évoqué un parlement des gauches et des républicains. Pourquoi pas ? Daniel Cohn-Bendit a proposé un système de double appartenance politique. On souffre du cloisonnement des organisations. Il faut au contraire faire sentir aux gens qu'à un moment il peut y avoir des convergences de bonnes volontés qui veulent agir ensemble pour que ça aille mieux et pour redonner de l'espoir.

Faut-il installer une organisation au-dessus des partis après les régionales ?
Ce serait bien. Au second tour des régionales, nous verrons quelles dynamiques se sont mises en place. Ensuite, il faut se rencontrer avec sérieux et respect sans que cela fasse forcément l'événement. Nicolas Sarkozy est déjà candidat. Donc il faut ne pas tergiverser trop longtemps.

À quelle date doivent se tenir les primaires ?
Plus un candidat est désigné tôt, plus il a le temps de se préparer.

Où en sont vos discussions d'alliance pour les régionales ?
Les Verts étaient avec moi en 2004. Les centristes peuvent se reconnaître dans notre action. Le ralliement de Philippe de Villiers à l'UMP devrait faciliter les choses : je ne pense pas que les centristes se reconnaissent dans ses idées !