28.08.2009

discours de Martine

Lire le discours de Martine Aubry

VIDÉO : Voir de discours de Ségolène Royal

Cher(e)s ami(e)s, Cher(e)s camarades,

Je suis heureuse de vous retrouver ici à la Rochelle pour l’Université d’été de notre Parti.

Oui je suis heureuse, d’aborder cette rentrée politique en famille au milieu des militants et des élus.

Permettez-moi, en votre nom à tous, de remercier avec chaleur l’ensemble des militants de la fédération de Charente-Maritime qui font de cet événement un succès, et en particulier bien sûr son premier fédéral, Olivier (Falorni). 

Merci aussi à toi cher Maxime, pour ton accueil. Maxime, il suffit de se promener dans ta ville, à laquelle tu as tant donné, où l’on se sent si bien, pour comprendre ce que veut dire une politique de gauche respectueuse des femmes et des hommes et de l’environnement.

Merci bien sûr à Ségolène d’être présente à nos côtés pour ouvrir notre université. Elle nous accueille aujourd’hui. Nous serons à ses côtés et à celui de tous les Présidents de Région pour cette année électorale. Ce sont les Régions, comme les Villes et les Départements qui combattent aujourd’hui la crise, qui préparent l’avenir en développant des projets écologiques et Ségolène en est un formidable exemple. Je salue notamment son action aux cotés d’Heuliez qui est symbolique de notre combat pour l’emploi, pour la sauvegarde et de développement d’une industrie d’avenir. Elle y a mis toute son énergie et sa combativité et on sait combien elles sont grandes.

Je veux saluer aussi Antoine (Détourné) et avec lui l’ensemble des militants du MJS. Le MJS est à l’avant-garde de nos combats collectifs, pour la jeunesse bien sûr, mais aussi sur les services publics, sur la santé, sur l’éducation. Dans les manifestations comme dans les initiatives, on ne peut pas rater le drapeau du MJS : il flotte toujours bien haut !

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Nous tous ici nous partageons la même volonté : faire de nos rencontres de la Rochelle trois jours utiles pour les Français.

Utiles pour affronter la crise qui, quoi qu’en dise le gouvernement, est loin d’être finie. La crise est bien là en effet, pour les jeunes qui cherchent un emploi, les salariés qui se battent dans leur entreprise, les PME qui luttent pour leur survie, les ménages qui préparent la rentrée scolaire, les retraités dont les pensions n’augmentent pas. Nous leur devons à tous une indignation contre la politique actuelle, mais surtout des propositions pour une vie meilleure en demandant au Président de la République d’agir enfin. Les Français ne sont pas dupes : ministres en Sarkozye, professionnels de la méthode Coué, managers et traders – ceux qui s’empressent d’annoncer le retour à la normale sont ceux qui n’avaient pas vu arriver le choc global. Le monde a changé, pas leurs lunettes ni leurs recettes !

Un Parti Socialiste utile aux Français, c’est aussi un PS capable de proposer un autre projet de société. Les événements de cet été, les bonus en cascade dans les banques et les coups de menton à répétition de l’Elysée, sont une preuve de plus que le libéralisme financier n’est pas amendable, que c’est bien un nouveau modèle, juste, efficace et préparant l’avenir qu’il nous faut proposer. Ce projet doit tout à la fois être imaginatif et crédible, original et solide, inventif et réaliste. Le travail a bien commencé, et La Rochelle en sera le premier temps fort collectif. Dans la foulée, nous lancerons le tour de France du projet pour débattre avec les Français sur la société dans laquelle ils ont envie de vivre. Nous préparerons nos propositions pour un nouveau modèle de développement économique, social, écologique, mais aussi territorial, éducatif, républicain.

Un Parti socialiste utile aux Français, c’est un Parti socialiste ouvert aux forces de gauche et aux citoyens qui n’en peuvent plus de ces politiques injustes et inefficaces, de cette pratique du pouvoir autocratique du Président de la République, et qui n’accepte pas l’affaissement de la place de la France dans le monde.

Pour réussir cela, il faut un Parti socialiste fier de ses valeurs, enthousiaste à les faire partager et profondément rénové dans ses pratiques. Il nous faut maintenant sortir des discours et des réflexions pour passer aux actes.

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J’ai fixé une feuille de route en m’adressant en juin à chaque militant : un parti combatif contre la politique de Nicolas Sarkozy, un Parti de transformation porteur d’un large projet de société, la construction d’une maison commune de la gauche, et la rénovation de notre Parti. L’ensemble de ces missions qui sont celles d’un grand Parti de gauche doivent être menées de pair. Au cours des dernières années, notre Parti est souvent apparu immobile, donc conservateur ; fermé sur lui-même, donc imperméable aux défis d’aujourd’hui ; divisé par des ambitions personnelles, donc bien loin des difficultés des Français. Les Français nous demandent, attendent avec impatience un Parti socialiste en mouvement et une pensée en mouvement. Je souhaite ardemment l’un et l’autre.

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C’est dans cet esprit que nous avons conçu cette Université d’été. Centrée sur l’enjeu du moment : comprendre la crise et penser l’avenir, nos cinq grandes plénières y seront consacrées ; ouverte sur la société : avec des intellectuels de tous horizons (philosophes, sociologues, historiens, économistes, artistes, etc…), responsables syndicaux et associatifs. La moitié des intervenants sont des personnalités extérieures au Parti. Nous sommes profondément convaincus que, de ces regards croisés, sortiront des idées et une vision du monde fécondes. Leur présence montre d’ailleurs la volonté du monde intellectuel, syndical, associatif et de se réinvestir auprès de nous. Je veux tous les remercier en votre nom.

Et puis nous nous réjouissons que soient présents auprès de nous les dirigeants de la gauche. Nous avons voulu mettre la gauche à l’honneur avec des représentants dans chaque atelier et bien sûr la présence demain à nos deux grandes tables rondes de ses dirigeants, que je salue en votre nom. C’est en partant de l’analyse et des idées de progrès que nous voulons pour la France, que nous devons commencer. Le projet doit précéder les alliances. C’est incontournable. Faute de quoi, on confond refondation et combinaisons.

Je veux remercier très chaleureusement Emmanuel Maurel et toutes les équipes qui ont travaillé autour de lui pour cette édition qui allie l’exigence sur le fond, l’ouverture aux autres, de nombreuses innovations – je pense par exemple au festival du film politique-, mais aussi aux moments de convivialité avec notamment une soirée festive où nous nous retrouverons tous ensemble, militants et intervenants extérieurs.

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Je n’ai pas souhaité m’exprimer avant la séquence de la Rochelle parce que c’est ici, au milieu de vous que je souhaite le faire. C’est une marque de respect pour la démocratie interne d’un grand parti comme le nôtre, pour les militants, les élus qui consacrent une grande partie de leur temps, de leur vie à se battre pour changer la vie des Français. Et puis je préfère –vous le savez- la pensée solide au raisonnement rapide, l’expression collective au chacun pour soi. La société médiatique a ses exigences, mais pour moi – on ne se refait pas-, le respect d’un Parti, de ceux qui en portent les valeurs, qui en font l’âme et la force, prime avant tout et primera toujours. 

Cette feuille de route, nous devons la mener avec détermination. Mes camarades, l’alternance se mérite. Nous devons être enthousiastes et non impatients ; convaincants et non arrogants. Les Français attendent du sérieux et non des coups d’éclat. C’est là l’honneur de la politique. Vous m’avez demandé de conduire notre Parti socialiste pour qu’il retrouve la confiance des Français car c’est la condition pour que les Français retrouvent confiance dans l’avenir. Et vous le savez, rien ne me fera dévier de cette mission, ni le tintamarre médiatique, ni les injonctions, ni le yoyo des sondages.

Je m’adresserai aux Français en votre nom dimanche à la suite de ces trois jours de travail. Je leur ferai part de nos propositions pour sortir de la crise, mais aussi de notre volonté de leur proposer une alternative. Mais cet après-midi, je veux vous parler à vous, les militants mais aussi les sympathisants du Parti que nous avons l’honneur de servir.

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Et d’abord, mes chers camarades, soyez fiers de notre Parti. Rappelez-vous d’où nous venons, la force qui est celle de notre histoire, de nos combats…

Au moment où le néolibéralisme démontre l’absurdité de son système et son échec économique et social, soyons fiers de défendre ce dont le monde a besoin : la justice, l’égalité qui rime avec liberté, la fraternité, la laïcité, l’internationalisme. 

Et puis souvenez-vous de ce qui a entrainé votre engagement personnel. Dans les périodes d’hésitation, chacun doit se rappeler ce qui l’a fait franchir le pas pour devenir militant du Parti Socialiste. C’était un matin d’espoir ou un soir de colère. C’était dans tous les cas une volonté de justice, le refus des inégalités, un besoin de démocratie, et puis la volonté d’être utile, de changer la vie ou même seulement un bout de terrain auprès de chez soi, qui a conduit chacun d’entre nous au Parti Socialiste. Oui, souvenons-nous de ce jour où nous nous sommes engagés. Soyons en fiers et ravivons cette flamme. On en a besoin. Les Français nous attendent.

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Alors oui, notre grand Parti, il faut qu’il bouge. La rénovation est une exigence de démocratie. Le socialisme, c’est la démocratie jusqu’au bout, dans la société, mais aussi en notre sein. Nous parlons depuis longtemps de rénovation. Nous en parlons surtout au moment des Congrès d’ailleurs. Il est temps maintenant de passer des discours aux décisions et aux actes.

Je le dis avec force, la rénovation de notre Parti ne peut à elle seule convaincre les Français de nous refaire confiance. Il nous faut un projet fort, mais nous le savons aussi : quelle que soit la qualité de nos propositions, notre crédibilité passe par d’autres pratiques politiques, par la construction d’un grand Parti ouvert sur la société et la gauche et qui sache se renouveler en permanence.

Retrouver nos valeurs en refondant nos idées et en rénovant notre Parti, voilà ce qu’il faut mener de pair. C’est pour lancer simultanément ces deux chantiers que j’ai souhaité m’exprimer ici à la Rochelle.

Alors, laissez-moi vous parler de rénovation. On dit ce terme éculé. Il l’est quand on en parle et ne la fait pas. Il devient exaltant lorsqu’il est porté par tout un Parti, fort de son histoire, de ses valeurs et ouvert à la société.

J’ai défendu avec beaucoup de camarades, dans la motion que j’ai signée au Congrès de Reims, le non cumul des mandats comme la désignation de notre candidat par des primaires ouvertes. Je les ai inscrits dans la lettre que j’ai adressée en Juin aux militants pour fixer notre feuille de route. De nombreux autres camarades les ont défendus aussi, et je crois comprendre que d’autres nous ont rejoints depuis.

Alors oui, cette fois ci, cette rénovation, nous allons la faire. De A à Z – ou plutôt de C comme cumul à P comme primaires !

Aujourd’hui, je ne fais pas de grandes promesses. Je propose des décisions, une démarche et un calendrier.

Je vous propose de tenir une Convention nationale extraordinaire de modification de nos statuts avant l’été 2010. J’ai entendu beaucoup de positions, souvent convergentes, parfois contradictoires, sur ce qu’il fallait faire ou ne pas faire. Il s’agit de l’avenir de notre Parti. C’est donc aux militants de trancher. Alors je souhaite leur donner la parole, vous donner la parole.

J’ai décidé d’organiser une consultation militante le 1er octobre pour que les militants nous fixent le cap. Nous tiendrons un Conseil National le 12 septembre pour la préparer. Ces orientations choisies, le travail s’engagera pour fixer les modalités concrètes et les modifications statutaires qui devront être votées avant l’été.

Je vois pour ma part cinq champs de réforme.

-Tout d’abord, le non-cumul des mandats. Nous savons que c’est une condition du renouvellement des générations et de l’ouverture de notre Parti vers la société. Nous ne pouvons pas en permanence vouloir notre Parti exemplaire et attendre des lois qui ne viennent pas, même lorsque nous sommes au pouvoir. Je souhaite que nos statuts avancent radicalement dans le non-cumul des mandats, que nous appliquerons au lendemain de notre Convention extraordinaire statutaire de l’été 2010. Je propose que nous demandions aux militants s’ils partagent cette volonté d’avancer drastiquement sur cette question. Ils devront nous dire s’ils souhaitent que nous travaillions sur le mandat unique des parlementaires et sur la limitation du nombre de mandats exercés simultanément ou successivement. J’y suis pour ma part favorable. Actons les principes puis travaillons ensemble les modalités.

- En second lieu, les primaires ouvertes. Chacun ayant dit sa vision des primaires, il est logique et – j’ai cru comprendre attendu – que je fasse part de ma propre analyse. Elle est commandée par l’intérêt général. Les primaires doivent être une opportunité pour nous, pas un problème entre nous. Sur ce sujet comme sur d’autres, il faut travailler dans la sérénité et le sérieux. 

Les primaires ouvertes doivent être une extraordinaire chance pour notre Parti, pour nous renouveler, pour nous ouvrir à la société et pour créer un vaste mouvement populaire. Pour y parvenir, il ne faut pas s’y engager tête baissée, mais avec une véritable cohérence politique. Penser avant de décider, c’est le principe de précaution en politique et mon rôle de le faire valoir. Nous refusons évidemment que les primaires se transforment en une compétition entre des réseaux de partisans pour tel ou tel candidat à l’élection présidentielle. 

Mais plus important encore, nous souhaitons qu’elles permettent d’agréger autour de nous toutes celles et ceux qui veulent nous aider à construire un autre projet de société, et qui se mobiliseront ensuite pour la changer avec nous. Nous voulons finalement accueillir tous ceux que l’on pourrait appeler les « activistes » du projet alternatif au système libéral. Et le Tour de France que nous allons engager dans quelques jours pourra en constituer le premier socle. Ce lien entre les primaires ouvertes et la préparation du projet est essentiel. Faute de l’avoir fait avec clarté, sans projet structurant, les primaires de l’Olivier en Italie, aussi exaltantes qu’elles aient pu être, n’ont pas permis le mouvement espéré et nous en mesurons malheureusement aujourd’hui les conséquences dans la faiblesse de la gauche italienne.

Ce mouvement autour des primaires avançant en parallèle de notre projet pourrait conduire au choix de notre candidat au premier semestre 2011. 

Ceci étant posé, il est temps d’avancer maintenant. Je souhaite, comme je l’ai défendu dans ma motion au Congrès à Reims, que nous organisions des primaires, ouvertes à toutes les femmes et hommes de gauche qui le souhaitent, pour désigner le candidat du Parti socialiste à la Présidentielle. Les militants s’exprimeront sur ce sujet dans la consultation du 1er octobre.

Doit-on, comme je l’entends défendre par certains, décider qu’il s’agira du candidat de toute la gauche ? Il est sans doute nécessaire d’en discuter avec les autres Partis. Mais je crois que cette décision relève d’une analyse commune et non pas de notre seule vision des choses. Nous disons que nous ne voulons pas être hégémoniques. Prouvons-le ! J’ajoute qu’il est bien difficile de savoir aujourd’hui si l’intérêt de la gauche sera de présenter un ou plusieurs candidats à l’élection de 2012 : la politique, c’est affaire de dynamique, non de simple arithmétique. Nous aurons à en discuter avec nos partenaires et nous devrons le décider ensemble.

- Troisième champ de la consultation militante, la parité, la diversité et le renouvellement générationnel. Un Parti fort est un Parti qui ressemble à la société qu’il représente. Nous devons ainsi organiser en notre sein les conditions de l’égalité réelle d’accès aux responsabilités. Il est grand temps tout d’abord d’inscrire dans nos statuts la parité intégrale dans toutes nos instances. Au-delà, je souhaite que soient créées les conditions d’assurer la diversité en notre sein, au sens le plus large du terme, c’est-à-dire visant l’accès aux responsabilités de militants issus de l’immigration, mais aussi d’ouvriers, d’agriculteurs, d’employés…, qui sont aujourd’hui sous représentés parmi les cadres et les élus de notre Parti. Il s’agit aussi – c’est pour moi un devoir historique – de préparer aujourd’hui une nouvelle génération à exercer demain les responsabilités.

- Nous avons également à trancher plusieurs réformes statutaires visant à mieux articuler le choix de nos orientations et de nos dirigeants politiques, à faciliter les adhésions et à favoriser des modalités de vote fiables.

- Dernier champ de rénovation, les règles d’éthique. Comment garantir un réel civisme interne et la solidarité entre socialistes à tous les niveaux ? Je propose que soit rédigée une charte d’éthique souvent annoncée, jamais mise en œuvre. Une commission présidée par une personnalité faisant autorité dans notre Parti pourrait être chargée de faire respecter ces règles communes.

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Un Parti plus ouvert sur la société, renouvelé et forgé à l’image de la société, plus démocratique et plus efficace dans le fonctionnement de ses instances, et doté de règles d’éthique partagées et appliquées : voilà ce que je propose ; voilà ce que trancheront les militants par leur vote le 1er octobre.

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Par ailleurs, nous devons engager cet immense travail et ce débat de manière ouverte en utilisant tous les moyens y compris internet. Je vous annonce que nous aurons bientôt à notre disposition notre réseau social. Il entre en phase de test et sera accessible mi-octobre pour les adhérents et fin novembre pour l’ensemble de nos sympathisants. Les uns comme les autres trouveront avec cet outil puissant et innovant une nouvelle manière, libre et coopérative, d’investir l’action politique (discuter, partager, échanger, s’organiser…). Son nom, CooPol, Coo, comme coopérative, coopération, bref collectif ; Pol, comme Politique, retour des valeurs, retour du débat, CooPol, comme un lieu de rencontre, de convivialité.

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Un Parti rénové, mais aussi un Parti fer de lance du rassemblement de la gauche. Voilà pourquoi j’ai appelé de mes vœux une maison commune de la gauche. Ce terme laisse ouvert tous les chemins que nous voudrons emprunter ensemble.

Mais avec nos partenaires, nous devrons d’abord nous engager sur le projet, sur nos priorités communes avant de parler stratégie électorale.

Mais pour que la maison commune fonctionne, afin de créer ce que j’appellerais la gauche solidaire, il faut respecter trois règles d’or.

La première, c’est la clarté, et la clarté c’est le projet. Notre édifice serait bien fragile si nous commencions par monter les murs et poser le toit avant d’en avoir bâti les fondations. Il nous faut être porteurs ensemble d’un projet commun. C’est un travail exigeant qui nous attend pour proposer le modèle alternatif à cette économie financière libérale qui décidément n’est pas amendable. C’est pour amorcer concrètement ce travail, que nous avons invité nos partenaires de gauche à tous nos ateliers, j’ai par ailleurs proposé deux journées à nos partenaires, que nous pourrions préparer ensemble, l’une sur l’emploi dans ce contexte de rentrée sociale très difficile et l’autre en vue de préparer ensemble nos propositions environnementale pour Copenhague.

La deuxième règle d’or, c’est la conjugaison du droit à l’identité et du devoir de solidarité. En d’autres termes, c’est le respect de chacun. Ce respect, nous devrons nous l’appliquer à nous-mêmes et la demander à nos partenaires, dans la préparation de notre projet comme dans la conduite de nos campagnes électorales. Dans cet esprit, j’ai proposé, notamment à Cécile Duflot, une charte de bonne conduite pour les élections régionales. Quand on appartient à une majorité, on en défend le bilan, on en discute les actions et on en porte ensemble les projets.

La troisième règle d’or, c’est l’acceptation du pluralisme qu’a très bien défini l’ancien maire de Venise, Massimo Cacciari : « le pluralisme serait un malheur si chacune de ses composantes n’avait pas une hospitalité pour chacune des autres ».

C’est l’état d’esprit que je nous recommande, mes chers camarades, pour nous engager, avec la force de ce que nous sommes, dans la construction de cette maison commune.

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La maison commune est notre priorité. Et alors qu’en est-il du Modem, puisque ce sujet est sur la table, ce qui est naturel à l’approche d’élections ?

Rappelons tout d’abord que les militants ont tranché cette question lors du Congrès de Reims. Il est vrai qu’il a coulé depuis de l’eau sous les ponts, et que plus aujourd’hui encore qu’hier, François BAYROU revendique son anti-sarkozysme. Mais l’anti-sarkozysme ne fait pas un projet politique … Le rejet du pouvoir actuel, de sa confiscation des médias, de sa fascination pour l’argent, de sa détestation des corps intermédiaires et des contre-pouvoirs, est nécessaire à l’alternance, mais pas suffisant. Il nous faut savoir ce que l’on veut construire sur le plan économique et social.

Nous avons la conviction, plus que jamais, que c’est un vrai projet de gauche qui est nécessaire pour retrouver la confiance des Français en 2012. 

François BAYROU nous dit qu’il combattra l’UMP. Mme de SARNEZ nous explique que nous avons un adversaire commun. Cela suffit-il pour bâtir ensemble l’avenir ? Je ne crois pas. J’ai la profonde conviction que ce n’est pas à nous aujourd’hui de nous exprimer sur le MODEM tant que celui-ci n’a pas clarifié sa position. Nous devrions tous ensemble poser deux questions à M. BAYROU.

M. BAYROU,

-Vous nous dites vouloir combattre partout l’UMP. Cela va donc changer de vos alliances à la carte aux municipales de 2008. Dont acte. Encore faudra-il vérifier que c’est bien le cas partout. Mais il faut nous en dire plus, allez vous soutenir les candidats de la gauche aux élections régionales ?

- Nous savons contre quoi vous vous battez, mais que proposez-vous ? Etes vous prêts à nous rejoindre sur un projet économique, social et écologique ? 

Mes amis, ne soyons pas naïfs. Est-ce que chacun d’entre nous est bien sûr que les clins d’œil appuyés du Modem aujourd’hui n’ont pas pour seul objectif de nous diviser et de faire la courte échelle à François Bayrou pour 2012 ? Nous, en 2012, nous voulons un candidat de gauche.

La véritable modernité, celle qui conduit à la victoire, ce n’est pas la nouveauté dans les photos de famille, c’est la clarté dans les choix politiques. Chaque fois que les socialistes ont été confus, ils ont perdu.

Si des démocrates et humanistes souhaitent nous rejoindre, nous sommes ouverts, mais ils doivent le faire dans la clarté et c’est à François Bayrou de l’apporter si c’est sa conviction.

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Voilà, mes camarades, la feuille de route de notre Parti.

Nous avons une responsabilité historique. Faire que la gauche revienne au pouvoir en 2012. Non pas pour nous. Mais pour les français. 

Nous avons beaucoup entendu les socialistes parler aux socialistes et parler d’eux-mêmes. Il faut parler de la France, des Français, de ce que nous avons à leur proposer, de ce que nous voulons pour demain.

Pour engager la France dans l’après crise. Pour construire la France que nous aimons ! Voilà le véritable message de la Rochelle 2009.

Il nous reste moins de 1000 jours pour réussir. 

Alors soyons nous-mêmes, soyons fiers de l’être.

Et bonne Université d’été !

27.08.2009

avant la rochelle ????

·                          Dans une tribune au Monde, la première secrétaire du PS souhaite «changer profondément les pratiques et les règles politiques». En commençant par accepter que le choix du candidat pour 2012 ne soit pas réservé aux seuls militants du PS.

Martine Aubry a cédé à la pression de ses camarades. Alors que de nombreuses voix s'élevaient depuis plusieurs jours pour l'organisation de primaires ouvertes à gauche en vue de l'élection présidentielle de 2012, la première secrétaire indique son ralliement à la cause, dans une tribune à paraître dans Le Monde de vendredi.

Selon le site internet du quotidien, qui doit mettre en ligne l'intégralité du texte jeudi après-midi, Martine Aubry annoncera le lancement d'un tel processus vendredi, lors de l'ouverture de l'université d'été du PS à La Rochelle. «Réinventer la démocratie, c'est changer profondément les pratiques et les règles politiques au sein de notre Parti, notamment sur le non-cumul des mandats et sur l'organisation de primaires ouvertes pour la désignation de notre candidat», écrit la numéro un socialiste, sans toutefois définir les bornes de l'ouverture.

En donnant son feu vert avant même l'ouverture de l'université d'été du parti, Martine Aubry prend de court ceux qui, sceptiques, craignaient que les journées de La Rochelle ne tournent qu'autour de ce sujet. Une question que la première secrétaire semblait d'ailleurs jusque là vouloir esquiver. Martine Aubry s'enlève par la même occasion une pression qui se faisait croissante sur sa personne, alors que les primaires ouvertes rassemblaient de plus en plus de soutiens, d'abord au sein du PS (Montebourg, Peillon, Hamon, Royal, Delanoë, Lang, Rocard…), mais aussi chez les écologistes, au PCF ainsi qu'au MoDem. Mercredi, 100 personnalités politiques et issues de la société civiles avaient ainsi lancé un appel publié dans Libération.

Plusieurs questions restent en suspens

Restent désormais deux inconnues de taille, sur lesquelles les universités d'été de La Rochelle pourraient permettre d'avancer. D'une part, qui votera lors de ces primaires ouvertes, et qui pourra s'y présenter ? Et d'autre part, comment le PS tranchera-t-il l'épineuse question des alliances. Dans sa tribune au Monde, Martine Aubry laisse planer un mystère entier sur ces points. Affirmant simplement que «c'est un PS porteur de valeurs et d'idées, modernisé dans son fonctionnement qui doit s'ouvrir à toute la gauche» et que «le projet précédera les alliances, c'est incontournable».

·           ne campagne d'adhésion et un statut de sympathisant pourraient être créés à la rentrée.

Y croire encore, malgré tout. Pour les militants socialistes, la période est dure à vivre : échecs électoraux, flou idéologique et stratégique, division au sommet, désaffection des sympathisants… Les militants que l'on croise localement soupirent presque tous : «On est touché par le discrédit au niveau national.» Le désintérêt s'entend dans les conversations. «Le PS n'attire plus. Il ne fait pas envie. Il fait rire ou pitié aujourd'hui», écrit un blogueur assidu. Un autre dresse un constat amer : «Si beaucoup de militants ont pris du recul, dans l'indifférence générale de Solferino, c'est justement qu'il y a une double déception : une absence de réponse aux attentes de “refonte interne”, combinée à une forte envie de retrouver des temps “politiques” plus forts où nous serions tous derrière un authentique projet socialiste, de gauche et mobilisateur. »

Comment ne pas voir ce désarroi. Pour réagir aux polémiques de l'été, l'un des lieutenants de Martine Aubry, Jean-Christophe Cambadélis, a jugé bon d'intituler le texte qu'il a rédigé «Lettre à un militant qui n'en peut plus ». C'est dire. «J'imagine ta colère, ton amertume, ta tristesse, ton inquiétude pour la rentrée », écrit-il.

En l'absence d'enjeu interne, le PS a perdu quelques militants. Officiellement, le fichier du parti compte 204 000 noms : adhérents à jour de cotisation ou ceux qui peuvent le faire à tout moment. Lors du congrès de Reims en novembre 2008, le PS comptait 232 900 inscrits. Les militants avaient été environ 130 000 à se déplacer pour choisir leur premier secrétaire.

«Il y a eu peu de départs, ce qui m'a un peu surpris, constate Olivier Falorni, patron de la fédération de Charente-Maritime, qui accueille l'université d'été. Mais par ailleurs il y a eu peu d'arrivées de nouveaux militants. »

« Un peu la gueule de bois»

Rien de grave ? Le mal est ailleurs. Les réunions de section «n'attirent plus », constatent plusieurs responsables locaux. «Il y a une prise de distance qui ne contribue pas à revitaliser le PS», poursuit Olivier Falorni. «C'est normal, les militants ont un peu la gueule de bois, explique Pascale Boistard, la secrétaire nationale chargée des adhésions. Quand on connaît des défaites, ce n'est pas la joie. Et les militants sont très agacés par les voix dissonantes. Ils sont fatigués, abattus.» Ailleurs, c'est «une forme de colère» qui domine. «Il y a une attente de résultat, avec un sentiment d'urgence», explique le député maire de Laval, Guillaume Garot. Pour renouer les liens avec ses propres électeurs, le PS entend les associer à la réflexion sur son projet qui doit être menée durant l'automne sur l'identité du PS. Il faut «redonner la parole aux Français», dit-on Rue de Solferino, avec des airs de démocratie participative comme l'avait défendue Ségolène Royal.

À la rentrée, le PS compte lancer une nouvelle campagne d'adhésions : le retour, en quelque sorte, des adhérents à 20 euros qui avaient été tant décriés en 2006… Mais les socialistes pourraient aller plus loin puisqu'ils envisagent de créer un statut de «sympathisant» : «Les gens auront le choix entre les deux statuts. Les sympathisants ont toujours été suivis, mais auparavant ils l'étaient au niveau des sections. Là, ils pourront faire partie d'un réseau», expliquait, durant l'été, Pascale Boistard. Au fond, le PS cherche d'ores et déjà une préfiguration du corps électoral élargi qui pourrait être consulté lors de la primaire de désignation du candidat à la présidentielle.

24.08.2009

alliances

·                          PS : Aubry sous pression avant La Rochelle

 


Martine Aubry voulait se concentrer sur le projet socialiste avant d'aborder l'organisation de la campagne présidentielle. Crédits photo : AFP

À la veille de l'université d'été du parti, Vincent Peillon et Arnaud Montebourg ont imposé dans le débat la question des alliances et des primaires, que la première secrétaire voulait esquiver.

Dure rentrée pour Martine Aubry. À la veille de sa première université d'été en tant que chef du PS, ses opposants l'ont mise sous pression pour qu'elle se prononce sur les deux sujets qu'elle comptait justement esquiver à La Rochelle : le périmètre des alliances du parti et l'organisation de primaires ouvertes pour désigner le candidat de la gauche en 2012. «Le problème, c'est que tout le monde joue avec la même boîte de cubes mais que tout le monde ne les met pas au même endroit pour commencer le montage», explique Claude Bartolone, l'un des lieutenants de Martine Aubry à la direction du PS.

Les cubes ? Il y en a cinq : la remise du parti au travail, la construction du projet socialiste, la reprise de contacts avec la société civile, les primaires ouvertes et les alliances du PS. Tout le débat qui agite le PS en ce moment consiste à savoir dans quel ordre les assembler pour que la gauche puisse espérer l'emporter sur Nicolas Sarkozy en 2012. Martine Aubry estime avoir d'ores et déjà remis le PS au travail, notamment avec le contre-plan de relance de janvier. Elle comptait sur La Rochelle pour montrer un PS à nouveau en prise avec les chercheurs et les intellectuels pour enclencher la construction du projet. Ce n'est qu'ensuite qu'elle souhaitait se pencher sur les primaires et les alliances. «Quel est le moteur qui donnera une chance à ces primaires de réussir ?, demande Claude Bartolone. C'est bien le projet. Quant aux alliances, après le discours de Marielle de Sarnez à Marseille, il faut qu'une personnalité du MoDem s'exprime à la rentrée pour le confirmer. On ne peut pas avoir d'un côté Mercier qui entre au gouvernement et de l'autre ce type de propos.»

Mais en préemptant la rentrée officielle des socialistes vendredi à La Rochelle, Vincent Peillon a fait de la question des alliances la question prioritaire. D'autant qu'à Marseille, ce week-end, Marielle de Sarnez a fait basculer le MoDem a gauche. Applaudie debout par les militants du courant L'Espoir à gauche, la numéro deux du parti de François Bayrou l'a assuré : «Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous oppose». En l'occurrence, l'«ultrapersonnalisation du pouvoir en place, l'hégémonie et la partialité de Nicolas Sarkozy». Son discours assorti d'attaques contre les bonus des traders ou le comportement des banques ne pouvait qu'enchanter les socialistes. «Je t'avais dit que tu serais bien accueillie, tu en as la preuve. Il faut dire que tu as mis la barre à gauche. Ça va être difficile pour Robert», a commenté François Rebsamen, qui animait les débats, avant de passer la parole à l'ancien leader communiste Robert Hue. Du PC au MoDem en passant par les Verts, avec Daniel Cohn-Bendit, et le PRG, avec Christiane Taubira, la photo de famille réalisée par Vincent Peillon ce week-end à Marseille était en tout cas réussie. Si le courant qu'il anime défend également l'idée de primaires ouvertes à l'ensemble des électeurs de gauche, c'est en revanche Arnaud Montebourg qui a réussi à imposer le sujet au programme de La Rochelle.

Dimanche, à Frangy-en-Bresse, pour sa traditionnelle Fête de la rose, le député de Saône-et-Loire a distribué le rapport rédigé sur le sujet avec Olivier Ferrand, le président de la fondation Terra Nova. «Un brûlot dangereux, plaisante Montebourg, grinçant. Nous avons travaillé pendant quatre mois comme des chrétiens dans les catacombes, sous le pas de la légion romaine.» Mercredi, Ferrand compte lancer un «appel citoyen» en faveur du processus.

Benoît Hamon enfonce le clou

L'objectif est clair : mettre Martine Aubry au pied du mur. «Elle est sous la pression de sa majorité et de ses amis. Il faut qu'elle parle», demande Montebourg, qui menaçait il y a quelques jours de quitter le PS s'il n'obtenait pas gain de cause. «Un dirigeant politique a le droit, de temps en temps, de faire part de son découragement», explique-t-il, en reconnaissant qu'il «n'est pas très heureux» au PS aujourd'hui, faute de combats remportés. «Je suis secrétaire national à la rénovation, pas à la conservation.» Ses proches font part de son agacement. Entre Aubry et lui, les relations sont devenues difficiles.

Mais il n'est pas seul dans son combat. Invité de la Fête de la rose, le porte-parole Benoît Hamon enfonce le clou. Il est favorable à une primaire ouverte aux partis de gauche. «C'est le moyen de choisir un candidat qui soit un candidat sérieux contre Nicolas Sarkozy», explique l'ancien député européen. La présidentielle étant dans trois ans, «il ne faut pas que cela traîne trop» pour décider de l'organisation de la primaire. En aparté, il admet que pour faire avancer l'idée et convaincre les autres partis de gauche, au moins les Verts ou les radicaux, il faut «un peu de doigté et de diplomatie».

À entendre Hamon et Montebourg, ils ne seraient pas loin d'atteindre leur objectif. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, s'est déclaré, samedi, favorable aux primaires, soulignent-ils. «Un consensus est en train d'émerger», assure Montebourg. Il ne lui reste plus qu'à convaincre François Hollande et Laurent Fabius, qui sont réservés ou hostiles, et surtout la première secrétaire, Martine Aubry. Ou alors la question continuera à la poursuivre.

·           ux ateliers d'été de son courant «L'espoir à gauche», l'eurodéputé socialiste est parvenu à réunir autour de lui des personnalités du MoDem, du PCF, des Verts et du PRG. Une façon de presser Martine Aubry à opérer un tel rassemblement pour les prochaines échéances électorales.

De très nombreux photographes pour immortaliser un instant inédit. Samedi après-midi, aux premiers ateliers d'été de «son» courant, «L'espoir à gauche», Vincent Peillon a réussi son pari. Dans les jardins du Pharo, à Marseille, l'eurodéputé socialiste est parvenu à rassembler Daniel Cohn-Bendit (Verts), Marielle de Sarnez et Jean-Luc Benhamias (MoDem), Robert Hue (PCF) et Christian Taubira (PRG). Petites boutades par ci, sourires généreux par là. Et tous bras dessus bras dessous, pour une grande «photo de famille progressiste». «Jetez-nous des grains de riz !», s'amuse Vincent Peillon, pas peu fier d'avoir gagné son coup en incluant le MoDem dans son ouvrage.

Puis à la tribune, le député européen multiplie les messages à l'intention de Martine Aubry. «A Marseille, un espoir est né», s'enthousiasme-t-il à la tribune, appelant à un grand «rassemblement socialiste, écologiste et démocratique». «A moins d'être sourd, aveugle et désespérément cynique, il s'agit d'un événement historique dans l'histoire de la gauche française», insiste-t-il, espérant dans une mise en garde à la première secrétaire du PS que «ce qui avait été refusé jusqu'à présent sera maintenant médité». «La responsabilité historique de notre génération est d'ouvrir le nouveau cycle politique dont nous avons besoin», conclut-il devant un amphithéâtre comble et enthousiaste de 1.500 personnes.

Sarnez convaincue

Une union de la gauche élargie à laquelle la vice-présidente du MoDem, Marielle de Sarnez, a montré son adhésion. «Nous venons d'horizons divers mais si nous croyons qu'il y a de l'insupportable dans ce qui se fait aujourd'hui (...) alors ce qui nous rassemble est plus fort que ce nous divise», lance-t-elle. Standing ovation assurée. Fustigeant l'«ultrapersonnalisation du pouvoir», l'«hégémonie» et la «partialité» de Nicolas Sarkozy, le bras droit de François Bayrou enfonce le clou : «Tous ceux qui partagent ces convictions ont à faire ensemble. Ensemble. Pas les uns sans les autres. Et pas les uns contre les autres». «Les temps appellent des comportements nouveaux. Nous avons beaucoup à faire ensemble», termine-t-elle, parlant «au nom d'une famille politique qui a coupé ses amarres pour rester fidèle à ses valeurs».

Cohn-Bendit prudent


Crédit photo : AFP.

Plus distancié que ses collègues, Daniel Cohn-Bendit se montre prudent, estimant que «l'unité ne se décrète pas», mais plaidant malgré tout pour un «rassemblement écologiste, socialiste et démocratique». Avec une once de provocation, il lance un avertissement aux socialistes : «Si vous voulez un rassemblement, au bout duquel c'est vous qui décidez, et que [les partenaires] se retrouvent dans la chambre de bonne, alors le président en 2012 sera Sarkozy».

En juin, Martine Aubry avait indiqué vouloir des alliances à la carte aux régionales, et privilégier la stratégie du «si besoin», sous-entendant d'éventuelles alliances avec le MoDem au second tour, mais pas au premier. A une semaine de l'université d'été du PS à La Rochelle, la balle semble désormais dans le camp de la première secrétaire. Vincent Peillon, lui, compte maintenant s'atteler à l'organisation de «grands débats autour des questions centrales». Parmi elles, l'école, l'université, l'information ou la justice fiscale.