29.04.2008

ps

Le PS condamné à de petits replâtrages»
Rémi Lefebvre, professeur de science politique.
Recueilli par DAVID REVAULT D’ALLONNES
QUOTIDIEN : mardi 29 avril 2008
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Professeur de science politique à l’université de Reims, auteur, avec Frédéric Sawicki, de la Société des socialistes (Editions du Croquant), Rémi Lefebvre livre son diagnostic sur la rénovation du PS.

Dans l’épais brouillard qui entoure aujourd’hui la préparation du congrès, quels scénarios se dégagent ?

Rarement congrès, dans l’histoire du PS, aura été aussi incertain, avec des lignes de force aussi changeantes. Trois intrigues sont possibles. Un duel frontal entre Delanoë et Royal, une opposition entre cette dernière et des «reconstructeurs», groupe aux frontières aujourd’hui très floues, ou encore une configuration plus classique, comme à Dijon ou au Mans, avec confrontation entre gauche et droite du parti. Avec un risque commun à tous ces scénarios : qu’il n’y ait, à l’arrivée, aucune clarification idéologique.

Pourquoi une telle incertitude ?

C’est le signe d’un parti qui n’est plus structuré par des loyautés idéologiques durables. Les courants sont devenus des coteries instables. Les identités y sont fluides, et les reclassements permanents. A part, peut-être, à la gauche du parti. Encore faudrait-il que celle-ci dépasse une certaine culture de la division et de la balkanisation idéologique. Car, au fond, qu’est ce qui distingue Marie-Noëlle Lieneman, Jean-Luc Mélenchon ou Benoît Hamon ?

Est-ce la fin des courants ?

C’est en tout cas la crise des sensibilités organisées. Un exemple : le courant strauss-kahnien était l’un des plus structurés, avec une vraie identité idéologique construite autour de la modernisation et du refus du surmoi marxiste. Mais il n’a pas résisté au départ de son leader, ni aux rivalités qui l’ont miné de l’intérieur. Au-delà, les positions sont devenues interchangeables : quelles sont, sur la durée, les positions sur l’Europe de Julien Dray, Arnaud Montebourg ou Vincent Peillon ? Qu’est ce qui distingue, sur le fond, Ségolène Royal, François Hollande ou Bertrand Delanoë ? Il n’y a même pas d’accord sur les désaccords ! Les clivages sont artificiels et ne masquent que des luttes d’intérêts. La déshérence idéologique est totale.

Que signifie l’inflation du nombre de prétendants au poste de premier secrétaire ?

Le jeu est tellement ouvert que tout le monde tente sa chance. Dans la mesure où le débat ne porte plus sur les idées, la question des personnes devient surdéterminante. Le leadership est devenu le nouveau mantra du PS. Mais, plutôt qu’à l’homme ou à la femme providentiel(le), il faudrait réfléchir aux conditions à réunir pour qu’il existe une autorité au PS. Aujourd’hui, il n’y en a plus.

Partant de ce constat, la rénovation s’avère-t-elle une mission impossible ?

Le PS a déjà perdu beaucoup de temps. La défaite de 2007 avait ouvert une fenêtre d’opportunité. Mais elle n’a débouché que sur une période de latence. Aujourd’hui, il y a retour à la routine de l’organisation, et le mot de rénovation a perdu tout son crédit. Même au sein du parti, personne n’y croit plus. Le PS est condamné à de petits replâtrages en coulisses. Avec un effet délétère sur l’opinion publique. Le PS est même devenu illisible pour ses propres militants…

Justement, comment expliquer que le PS ait perdu 40 % de ses militants ?

D’abord parce que, dans toute organisation politique, les défaites sont toujours suivies d’hémorragies militantes. Mais aussi parce que le départ des nouveaux «adhérents à 20 euros» était écrit. Le PS se retrouve à son étiage historique, autour de 130 000 adhérents, plus que jamais retracté sur son réseau d’élus. Et ceux-ci n’ont pas intérêt à ce qu’arrive le nouvel adhérent, qui est celui qui va remettre en cause les équilibres établis et se montrer critique. Le PS est un monde fermé, qui ne cherche pas à recruter. Sa logique est celle d’un repli sur soi.

Beaucoup de socialistes promettent un congrès pas comme les autres, avec des militants qui ne voteront plus selon la consigne du patron de la fédération…

Le vote des militants reste captif. Certes, les militants sont de moins en moins sensibles aux pressions et aux intimidations de leur secrétaire de section, ou de leurs responsables fédéraux. Mais le poids des élus demeure déterminant. Et d’abord parce qu’énormément de militants sont des collaborateurs des élus, qui travaillent dans les cabinets ou les collectivités locales. Ils sont donc dans des relations de dépendance. Le poids des grands féodaux du PS demeure donc très important.

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22.04.2008

declaration de principe du Ps

declaration de principe.pdf

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08.04.2008

Gaetan

A Jean-Christophe Cambadélis, par retour de courrier (comme d’affection ...)
Jean-Christophe Cambadélis m'a fait l'amitié de répondre (Cf. infra) au courrier que j'ai diffusé la semaine dernière. Je lui réponds à mon tour :


Le débat rebondit, je m’en réjouis !

Rien ne vaut un bon duel. Et l’épistole plutôt que le pistolet. Le bretteur est un rhéteur, je m’en félicite ! Laissons donc de côté les circonvolutions, les précautions de langage et la mouche des fleurets : disons-nous notre fait ! En amitié ! Et donc en toute franchise !

Non mon cher Jean-Christophe, je ne cède pas au découragement. Ce serait mal me connaître. Je m’essaie simplement à un exercice singulier que l’on appelle, je crois, même si on semble l'avoir oublié sur les bancs dirigeants de notre beau Parti, la cohérence. Bref, tirer, autant que faire se peut, les leçons de l’expérience. Et que nous a-t-elle appris, cette expérience, sinon que le débat de fond servi en entremet, comme en plat principal, n’annonce en dessert que les arrangements les plus plats, les opérations les plus personnelles. Notre congrès du Mans s’en est repu. Il devait être celui du débat poussé à haute cuisson : le projet ! Il fût celui, comme toujours, des haines rassies et des petites habiletés recuites, avec le résultat que tu sais, pour l’avoir, dans un ouvrage, brillamment disséqué.

Serions-nous entrés à ce point dans des temps nouveaux, que l’on pourrait enfin faire fond … sur le fond ? La collégialité ? Je m’y suis essayé à l’automne mais j'ai dû rapidement convenir que chacun avait du collectif une conception bien personnelle. Certes, comme tu t’efforces de le démontrer chaque jour, il n’est pas impossible de conclure des alliances. A la condition que ce soit celles des contraires. Très peu pour moi. En admettant même la poésie de la chose, ne peut-on se demander quel Cyrano se cache derrière l’allant du beau Christian ?

Les courants ? Toute notre histoire en est pétrie, certes ! Mais il en est, depuis 1908, passés sous les ponts. Et de toutes sortes. Citer Jaurès, c’est se rappeler qu’il ne fût que le leader moral d’un Parti où Jules Guesde pesait plus que Lucien Herr. Invoquer les mânes de Blum, c’est évoquer aussi sa défaite avec Daniel Mayer contre Guy Mollet. L’embargo idéologique, c'est vrai, ne date pas d’aujourd’hui. Mais même dans un meilleur jour, j’aurai quelque peine à confondre la profusion d’alors avec les querelles d’égos d’aujourd’hui. N’est-on pas passé depuis près de 20 ans à une forme de démocratie censitaire qui ne fait sens justement que pour les chefs de tribu siégeant au conseil de toute éternité ? Captation et cooptation ne sont-ils pas les deux piliers d’un système qui démontre depuis une décennie qu’il lui est impossible, et pour cause, de s’auto-réformer ? La tradition, dont tu te réclames, te permettra d’admettre que j’accepte l’héritage sous seul bénéfice d’inventaire.

Alors oui un leader ! Mettre fin à cette comédie du pouvoir, faire tomber les masques, revenir au collectif en partant du singulier ! Outrance ? Transgression ? Un peu court, jeune homme. L'on aurait pu dire bien des choses en somme. Interrogatif : la démocratie n’est-elle pas d’abord responsabilité ? Ingénu : n’est-ce pas le débat doté d’un débouché ? Péremptoire : pour avoir lu l’œuvre de Pierre Mendès-France et vu, à l’œuvre, François Mitterrand, j’ai compris qu’ils ne récusaient ni le principe, ni l’exercice d’un leadership. Et si Pierre Mendès-France préférait le régime parlementaire au présidentialisme, il préférait aussi le leadership au régime d’assemblée. Sa République Moderne donnait à son chef les moyens de gouverner comme le devoir de rendre compte. Pas un Machiavel, aurait-il fait ses classes en Corrèze, mais un « Prime Minister » fort, mais d’une confiance révocable « ad nutum ». Alors restons-en là de cette tirade d'aînés ! Je ne vois pas en quoi désigner un Premier secrétaire qui s'engagerait à ne pas être candidat à la présidentielle pourrait nous aider. L'eunuque plutôt que l'unique ? Beau paradoxe que de vouloir faire d'un revendiqué muet du sérail notre éloquent porte parole ! Car enfin, comment ne pas voir l’enlisement dans lequel nous sommes ? Le Parti serait-il moins démocratique parce que notre Premier secrétaire serait élu d’abord par les adhérents ? Et le débat serait-il moins riche, parce qu’il ne serait plus nourri par l’appel aux signatures ? Pour en sortir, il y faudra de l’énergie, formule certes barrésienne, mais qualité vitale au point où nous en sommes. Plus que l’appel aux bonnes volontés, un choix clair. Que celles ou ceux qui veulent diriger ce parti, qui s’y sentent prêts ou s’en croient dignes, le fassent connaître et connaître leur projet. Qu’avec panache, celui que l’on met à son chapeau, comme dans ses actes, ils viennent se compter devant les militants et gagner enfin leur légitimité. Pour que le congrès, ensuite, ne soit plus un conclave mais une assemblée tournée vers son projet. Et enfin, après cela, des Assises ouvertes à tous pour bâtir un nouveau parti, où toute la gauche puisse non se compter par chapelle mais se retrouver et se fondre plutôt que se regrouper.

Dois-je enfin, et pour conclure, avouer que je ne ressens plus d’excitation à l’idée de refermer la parenthèse de 1920, tant il me semble que l’histoire récente l’a fait pour nous ? Et que la tâche qui nous revient est d’inventer l’avenir sur des schémas nouveaux que les électeurs ont manifestement déjà en tête. Si j'osais, je dirai ne rien proposer d'autre que de « changer d'ère ». La bipolarisation est là, elle nous tend les bras. Elle ne signifie pas le refus de la diversité mais l'émergence de nouvelles identités ; elle n’implique pas conformisme mais renouvellement. Elle nous oblige à ne plus avoir d’autre objectif que la victoire. Non plus sur nous-mêmes, comme toute notre histoire en cherche la preuve depuis que nous avons fait le choix du pouvoir, mais sur une droite qui se nourrit de nos faiblesses et que j’aimerais contraindre à la disette.

Amitiés socialistes.

Gaëtan Gorce

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01.04.2008

rebsamen

On ne peut pas écarter Ségolène Royal d’un revers de la main»
François Rebsamen, maire de Dijon et numéro 2 du Parti socialiste.
Recueilli par DAVID REVAULT D’ALLONNES
QUOTIDIEN : mardi 1 avril 2008
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Proche de Ségolène Royal, François Rebsamen, maire de Dijon et numéro 2 du PS, évoque la suite des opérations socialistes.

Que vous inspire la percée de Bertrand Delanoë dans le sondage LH2-Libération d’hier ?

Cela ne change rien. Il profite de sa victoire à Paris, mais rien n’est joué. Je note simplement que ceux qui critiquent les sondages auront l’œil rivé dessus.

Etes-vous candidat au poste de premier secrétaire ?

Pour le moment, je ne me pose pas la question. Je souhaite que le futur premier secrétaire assume pleinement le leadership du parti. Ce qui écarte un plus petit dénominateur ou un accord entre courants.

Ségolène Royal doit-elle être ce leader ?

Elle peut, comme d’autres, assumer cela. Je ne crois pas à un intérimaire ou à un premier secrétaire de transition.

Est-elle aujourd’hui majoritaire, comme elle l’affirme ?

Je ne l’ai jamais entendue affirmer cela, mais bien malin qui peut le dire ! Cela dépendra de la dynamique qu’elle saura impulser. Les militants n’ont pas été consultés depuis maintenant près de deux ans, et les cartes ont été rebattues. Une chose est sûre : on ne peut pas l’écarter d’un revers de la main, alors qu’elle a été la candidate désignée par 60 % des adhérents, présente au deuxième tour, et qu’elle a réalisé un score honorable alors que les socialistes n’étaient pas rassemblés.

On a le sentiment que nul n’est majoritaire à lui tout seul…

On voit bien par qui et avec quelle majorité le PS a été dirigé depuis 2002. Il n’y aurait donc aucun scandale à voir ceux qui pensent la même chose travailler ensemble.

Comment jugez-vous l’entreprise des «reconstructeurs» ?

Je respecte les camarades qui ont une autre conception stratégique. Mais si on met en œuvre le «ni Ségolène Royal ni Bertrand Delanoë» pour avoir le «et Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius» cela n’apporte aucune clarté.

Quelle leçon tirer de la victoire de la gauche aux municipales ?

C’est la victoire d’un certain pragmatisme. Bien qu’adossés aux valeurs socialistes, nos candidats n’ont pas passé leur temps à se poser de faux débats idéologiques. Ça fait longtemps qu’ils savent qu’on vit dans une économie de marché et qu’il faut produire de la richesse avant de la redistribuer. Et cette victoire montre que quand nos candidats rassemblent les socialistes, la gauche et au-delà, dans la clarté et sur un projet, la stratégie fonctionne.

Le rapport au Modem sera-t-il central au congrès ?

Avant de faire de faux débats sur les questions d’alliance, posons cette question : le PS doit-il se concevoir de manière frileuse, repliée sur lui-même ? Ou comme une force suffisamment attractive pour attirer bien au-delà ?

La position de Ségolène Royal sur le Modem, comme la vôtre, reste «controversée…

Personne n’a jamais parlé de renversement d’alliance. Ce sont de faux procès qui nous sont intentés, à Ségolène Royal ou à moi-même. Je souhaite pour ma part que ce qui s’est passé aux municipales serve d’exemple. Il faut, comme le dit Gérard Collomb [maire de Lyon, ndlr], que le PS fasse sa «mue culturelle». Et je ne me sens pas moins à gauche que d’autres, qui prennent sur leurs listes d’anciens membres de l’UMP.

Vous souhaitiez accélérer. Pourquoi vous être rangé au calendrier de François Hollande, avec son congrès en novembre ?

Son calendrier a été conforté par la victoire et accepté par tout le monde. Mais ne perdons pas six mois tournés vers nous-mêmes. Près d’un an après la présidentielle, la direction du PS ne s’est toujours pas tournée vers ses militants. Si on veut redonner vie au parti, il faut maintenant les associer, rapidement, au processus de rénovation.

07:34 Publié dans parti socialiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

31.03.2008

Gaetan Gorce

Lettre de Gaëtan Gorce aux Parlementaires socialistes et Premiers fédéraux

Cher(e) Camarade,

Au lendemain des élections municipales, je souhaite te faire part de mon sentiment sur l'état de notre Parti et sa nécessaire rénovation. En homme libre. En socialiste de toujours !

Le succès que nous venons de remporter nous permet de reprendre ce débat dans la sérénité.

L'appui que nous ont apporté les Français le 16 mars, l'espoir d'une alternative, nous créent maintenant un double devoir de vérité et de clarté.

Je crois en l'avenir de la Gauche : l'exigence de justice n'est pas près de s'éteindre ! Mais pour y répondre, il nous faut faire l'inventaire des transformations que nous devons apporter à notre pensée, comme à notre organisation.

Ma conviction, celle que j'avais déjà exprimée à la tribune du Conseil national après l'échec de 2007, c'est que le fonctionnement de notre Parti ne correspond plus aux défis d'une démocratie moderne. Sa rénovation constitue donc bien un préalable !

Héritée d'une histoire tourmentée, la logique des courants s'appuie depuis 20 ans sur des questions qui n'ont, à l'évidence, plus rien d'idéologique. Protégés par la proportionnelle, des dirigeants, en mal de notoriété ou d'influence, perpétuent depuis le Congrès de Rennes le même et vain combat. Celui-ci ne produit plus au mieux que des synthèses molles, au pire, comme on l'a encore vu à la présidentielle, des affrontements suicidaires.

Le bilan est terrible aux yeux d'une opinion persuadée que les Socialistes se sentent désormais davantage concernés par les batailles de pouvoir interne que par les solutions à apporter aux problèmes du pays. Cette dérive, au delà des défaillances personnelles, répond à des causes profondes auxquelles il faut nous attaquer, sauf à prédire sa réédition à la première occasion.

La réponse tient en une seule formule : démocratisation. C'est en donnant le premier et le dernier mot à nos adhérents que nous pourrons déjouer les petites tactiques, contourner les stratégies personnelles et faire prévaloir l'intérêt collectif.

../..


Nous devons d'abord bâtir un Parti populaire et moderne, capable d'accueillir et de mettre en mouvement plusieurs centaines de milliers d'adhérents. Avec un objectif unique mais impératif, la victoire en 2012, auquel toutes les autres préoccupations doivent être subordonnées.

Nous devons ensuite, pour y parvenir, nous doter d'une Direction claire et un leadership fort de la confiance des adhérents.

Je propose ainsi que notre Premier secrétaire soit élu avant le Congrès, pour donner le ton et fixer l'orientation. Ce sera le moyen de déjouer les manoeuvres d'appareil et de consacrer notre congrès au travail de rénovation.

Nous devons également organiser différemment la consultation de nos adhérents. Je propose de renoncer au triste cortège des contributions, des motions et des nuits de synthèse pour organiser dans chaque fédération et chaque section une vaste consultation sur la base de laquelle sera établi le document d’orientation soumis au vote final (et aux amendements) de nos adhérents.

Je propose enfin de jeter les bases d'un fonctionnement plus efficace, plus démocratique et plus moderne. Comment nous ouvrir sur la société et changer notre rapport aux Français sans favoriser les adhésions, comme nous l’avons fait avec les nouveaux adhérents ? Comment faire vivre la démocratie sans tenir chaque année une Conférence nationale chargée d'arrêter les orientations du Parti ? Comment professionnaliser notre action, sinon en faisant de nos secrétaires nationaux des responsables à temps plein ?

L'autre axe de changement doit concerner nos alliances : la Gauche plurielle ne renaîtra pas et je ne vois pas l'intérêt pour le PS de ressusciter, à travers une quelconque formule de fédération d'appareils à bout de souffle. Quant à l'alliance au Centre, elle peut constituer une passade, le temps des municipales, ici ou là, mais certainement pas ouvrir une perspective si l'on veut bien tenir compte du fait que François Bayrou n'imagine de reconfiguration du paysage politique qu'autour de sa candidature à la présidentielle. Nous devons donc assumer notre destin, c'est à dire construire par nous-mêmes une nouvelle force politique représentative d'un électorat aujourd'hui éclaté qui cherche une alternative au sarkozysme.

Je propose qu'une fois le congrès passé, nous lancions des « Assises de l'Alternative », ouvertes à tous les citoyens, qu'ils viennent du Centre ou de la Gauche, qui voudront contribuer à refonder notre formation politique, un peu sur le mode des Assises du Socialisme lancées en 1974 par François Mitterrand et qui avaient permis à notre Parti de s'enrichir de tant d'apports nouveaux. Alors que le Parti se rétracte aujourd'hui sur un noyau dur, ces Assises nous permettront d'enclencher une dynamique d'adhésions dont nous savons, depuis le succès des nouveaux adhérents, qu'elle est possible. Cet élargissement résoudrait, en la rendant caduque, la question des Primaires.

De tels changements sont souvent présentés par leurs détracteurs, c'est à dire les conservateurs qui sont nombreux à Solférino, comme un retour à la SFIO. Le rapprochement est savoureux venant de ceux qui ont précisément placé le Parti dans la situation que connaissait la SFIO dans les années 60 : l'effacement de l'autorité de la direction nationale, l'incapacité à trancher et à fixer une stratégie, des alliances électorales à la carte.

Il est temps de rejeter le joug des habitudes, de bousculer le poids des intérêts de boutique et des ambitions personnelles. La clé du succès réside dans la capacité qui sera la nôtre à innover, changer, transformer.

Imposons le Changement. Ici et maintenant !

Je te prie de croire, Cher(e) Camarade, en l'expression de mes amitiés fidèlement socialistes.

Gaëtan Gorce

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28.03.2008

calcul?

Quand Hollande fait ses calculs
Confié jeudi matin par François Hollande, à l'heure du café, dans son bureau de la rue de Solférino: "Tout le monde a compris que le congrès était imprévisible quant à son dénouement et ses résultats. Donc quand on ne sait pas, on prend son temps. C'est pour ça que mon calendrier a été d'autant plus facile à faire accepter." Une référence au conseil national de mardi dernier, qui a validé sans coup férir le calendrier concocté par le patron du parti.

Décidément en grande forme, le premier secrétaire. Après avoir rappelé à Paris Match qu'il restait dans le jeu ("Pour l'élection présidentielle, il y a plusieurs personnalités possibles, j'en fais partie, je ne m'exclus pas"), le voilà qui estime que la petite géopolitique du PS, particulièrement incertaine ces jours-ci, incite chacun à la retenue.

"Chacun a pris conscience de cette donnée incontestable: personne ne sait ce quel est le rapport de forces interne au PS. Même les pointeurs les plus virtuoses."

Incité à se prêter à l'exercice, le futur-ex-patron du PS s'essaye tout de même à parler chiffres. "Le PS n'a pas beaucoup changé depuis le congrès du Mans. Environ un tiers des voix sont fixées." Fabius? "De 10 à 15 %." Les strauss-kahniens? "De 10 à 15" également. Hamon-Emmanuelli? "10 maximum". Mélenchon? "4 ou 5".

Et le premier secrétaire de laisser planer le doute sur les autres écuries: "Mais pour le reste... Combien pèse Ségolène? Pas le score de la désignation. Combien pèse Bertrand? S'il ne s'agit que des jospinistes... Moi-même?" Et, relancé sur ce dernier point, d'évaluer ses forces à quelques "25%".

A l'arrivée, une conclusion: "Personne ne peut être majoritaire à lui tout seul. Chacun s'en est rendu compte, autour de Ségolène comme autour de Bertrand. Mais personne ne peut le dire."

Manière de dire que personne ne pourra se passer de lui pour construire une majorité... Une légère impression de déjà vu?

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27.03.2008

congres

Suite au Conseil National de ce soir, voici les principales dates de l'agenda adopté :

1/ Convention nationale portant sur la déclaration de principe, les modifications statutaires préconisées par la commission nationale de la rénovation, et la riposte aux mesures gouvernementales (sic)

6 mai : envoie des textes définitifs dans les fédérations
29 mai vote dans les sections
Date limite de présentation en section pour le vote du 29 mai : 31/12/07
du 5 au 7 juin : conventions fédérales
14 juin : convention nationale

2/ Congrès

Date limite de présentation en section pour pouvoir voter au congrès : 31 mars 2008

16 au 27 juin : validation du corps électoral par le Bureau National des Adhésions
15 juin : début du dépot des contributions
1er juillet : date limite d'arrivée des contribution chez les militans
du 29 au 31 aout : université d'été à La Rochelle
13 septembre : CN de synthèse
20 septembre : date limite d'arrivée des motions chez les militants
23 octobre : vote dans les sections
du 24 au 26 octobre : congrès fédéraux
du 7 au 9 novembre : congrès national
13 novembre : election des secrétaire (de section et premiers federaux et national)
14 novembre : second tour éventuel
15 novembre : conseil national de désignation du BN et SN

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20.03.2008

congres

Politique
The Associated Press - 19/03/08 à 20:14:27 - 337 mots

Politique française
Royal juge "tardif" le calendrier du congrès du PS
Ségolène Royal a jugé "tardif" mercredi le calendrier proposé par la commission de la rénovation du PS pour le congrès du parti, prévu début novembre. "Il ne faut pas attendre novembre pour apporter des solutions alternatives, concrètes aux Français. Ce calendrier paraît tardif. L'opposition a son rôle à jouer dès maintenant", a déclaré sur France-3 la candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007.

Interrogée sur ses visées sur le poste de Premier secrétaire, qui sera laissé vacant par son ex-compagnon François Hollande, Mme Royal a affirmé "ne pas se mêler des problèmes de calendrier ou d'organisation interne", et avoir "délégué pour cela François Rebsamen", co-directeur de sa campagne présidentielle.

"Ma responsabilité aujourd'hui, avec d'autres, c'est d'être prête le moment venu pour incarner une véritable alternative à ce qui se passe aujourd'hui dans le pays", a-t-elle dit.

La commission de la rénovation, présidée par M. Rebsamen, a entériné mardi soir le calendrier en deux temps proposé par François Hollande: une convention nationale avant l'été pour entériner une nouvelle déclaration de principes et des changements statutaires, et le congrès lui-même à l'automne. Cette proposition sera soumise mardi prochain au conseil national, le "Parlement" du parti. L'idée d'un congrès anticipé formulée par Ségolène Royal n'a pas été reprise.

Ségolène Royal a également défendu sa stratégie d'alliance avec le MoDem de François Bayrou, alors que son appel à des accords "partout" avec les centristes au soir du premier tour des municipales a été très décrié au PS.

"L'attitude qui a été la mienne est la bonne. Il faut tendre la main au centre et au centre-gauche après avoir fait bien sûr le rassemblement de tous nos partenaires de la gauche", a assuré Mme Royal. "Il faut sortir du sectarisme, de l'affrontement bloc contre bloc. Il ne faut pas avoir peur d'anticiper les nouvelles alliances de demain". AP

egp/mw

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19.03.2008

congres

Congrès: fallait-il accélérer?
L'affaire est entendue: le congrès socialiste se tiendra donc du 7 au 9 novembre. L'annonce a été faite hier soir aux hiérarques du parti lors de la "commission de rénovation". Le lieu reste à déterminer, même si la proposition de Toulouse, ville symbole de la victoire socialiste aux municipales, faite par Kader Arif, premier fédéral de Haute-Garonne, semble ne poser de problème à personne.

Ségolène Royal et ses partisans, plutôt enclins à accélérer le tempo, se sont donc rangés à ce que François Rebsamen appelle "un principe de réalité". En l'occurence, un calendrier proposé par une direction renforcée par le succès de dimanche, soutenu par la quasi-totalité des courants soucieux de temporiser pour diverses raisons et donc, à l'arrivée, impossible techniquement à brusquer.

La position des amis de Ségolène Royal avait d'ailleurs été adoptée mardi matin, lors de la traditionnelle réunion des proches de l'ex-candidate. Seul Jean -Louis Bianco a tenté hier un baroud d'honneur sur Canal +, prônant des changements "avant l’été" et souhaitant que Royal "fasse acte de candidature". Réplique immédiate de Claude Bartolone: "Qu’est ce que c’est que cette politique fast food, vite cuisinée, vite consommée? Le parti a besoin de quelque chose de consistant!" Hier après midi, Jean-Louis Bianco rectifiait donc le tir: "Nous n’allons pas faire la guerre sur des questions de calendrier..."

Au-delà de la petite cuisine interne, ce calendrier ne risque-t-il pas de retarder le processus de rénovation, et de faire trop durer l'inévitable compétition interne, alors que le gouvernement va repasser, dans les jours qui viennent, à l'offensive? Ces huit mois de réflexion supplémentaires ne risquent-ils pas d'apparaître comme du temps perdu après une séquence post-présidentielle pas franchement productive sur le plan des idées et du projet? Au fond, ne valait-il pas mieux trancher au plus vite?

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17.03.2008

On continue

Alors que les résultats tombent au fur et à mesure, François Miquet Marty, directeur des études politiques de l’institut LH2, analyse les premiers résultats du second tour des municipales.

Les résultats du second tour des élections municipales laissent entrevoir une large victoire de la gauche. Comment expliquez-vous cette vague rose?
Les électeurs ont amplifié le succès de la gauche, entre les deux tours, car ils ont voulu amplifier le message de contestation émis au premier tour. Ce vote sanction porte sur les politiques publiques engagées. Ainsi, 71% des Français jugent inefficace la politique en matière de pouvoir d’achat et 74% rejettent le style de Nicolas Sarkozy, estimant qu’il ne se contrôle pas assez et affiche trop sa vie privée.

Le président de la République a déclaré qu’il tiendrait compte du résultat des élections. Va-t-il rectifier le tir de sa politique dès lundi?
Sur la forme oui. En assistant aux obsèques de Lazare Ponticelli, lundi, Nicolas Sarkozy va redonner plus d’humilité à la fonction présidentielle. En revanche, il ne va pas changer sur le fond: il est dans une situation difficile pour mener une politique différente de celle engagée depuis neuf mois. Son pari est de ressouder le camp de droite: il est donc contraint de plaider pour une accélération des réformes. Une option qui peut être dangereuse en terme d’opinion publique car elle peut aboutir à une radicalisation de l’électorat de gauche.

Quel rôle a joué l’abstention sur le scrutin?
Elle a beaucoup pesé. Le plus mauvais taux enregistré sous la Ve République traduit deux choses: gauche et droite n’ont pas su mobiliser sur le vote sanction car le vote des électeurs a été motivé par les enjeux locaux et l’idée du devoir civique, revenue dans les esprits après l’élection présidentielle de 2002, a pris fin.

Qui sont les abstentionnistes?
Nous n'avons pas encore les détails, mais on retrouve les mêmes profils que ceux du premier tour: les jeunes, les personnes vivant dans les quartiers difficiles et une partie des électeurs de Nicolas Sarkozy au second tour de l’élection présidentielle.

Ce scrutin signe-t-il la fin du MoDem?
Non, même s’il devient une formation qui peine à exister au niveau local. Ainsi, la défaite de François Bayrou à Pau est une extraordinaire mauvaise nouvelle pour lui. Déjà parce qu’elle symbolise la difficulté du MoDem à s’inscrire dans la vie politique locale mais aussi parce qu’elle donne l’impression que le parti se concentre sur la personnalité de François Bayrou. Cela signifie aussi que le leader centriste n’a pas réussi à faire émerger une classe de personnalités MoDem fortes.

Et quel enseignement pour la gauche?
Les résultats sont favorables à Ségolène Royal car elle peut faire valoir sa forte implication dans la campagne, où elle s’est montrée très active, donc sa contribution à la victoire. De plus, le conseil général des Deux-Sèvres a basculé à gauche, ce qui complète les victoires en Poitou-Charente. En outre, elle prend une longueur d’avance pour la présidence du PS, toujours dirigé par François Hollande, face à Bertrand Delanoë. Le maire de Paris voit sa victoire relativisée par la vague rose: il n’apparaît plus comme LA personnalité du PS mais une personnalité parmi d’autres.
Jean Ayissi AFP/Archives ¦ Ségolène Royal (g) s'entretient avec un passant lors d'une visite de soutien au candidat PS de Longjumeau Jean-Claude Marquez (c), le 12 mars 2008



Propos recueillis par Sandrine Cochard

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26.02.2008

chut sur la chute ....

Comment le PS a perdu le tiers de ses troupes
Par Zineb Dryef (Rue89) 20H37 25/02/2008

Les anciens sont déçus par Royal, les nouveaux par l'accueil que leur a réservé le parti: près de 80 000 adhérents ont déserté.



Cliquez ici pour voir le panoramique de Gilles Vidal en plein écran

Pendant que les ténors du PS s'enlisent dans leurs querelles de chapelles, les adhérents s'en vont. Au service communication du parti, on n'apprécie d'ailleurs pas trop les questions sur les chiffres:

"Seul un officiel peut vous parler et d'ailleurs, vous n'aurez pas de chiffres. On ne les communique pas."

Après plusieurs coups de fil, le PS finit par nous fournir une réponse. C'est rude: des 218 000 adhérents de l'année 2006, il n'en reste, selon Yves Bonnefoy, président du Bureau national des adhésions, que 140 000. Un chiffre probablement surévalué, grincent certains cadres du parti, qui accusent la campagne d'adhésion "à 20 euros" (contre au moins 55 euros précédemment) lancée en mars 2006.

A l'époque, des jeunes et des femmes étaient certes venus grossir les rangs du parti. Mais aux réunions de sections, notamment à Paris, une fédération forte de 70 000 adhérents au plus fort de la mobilisation, les nouvelles recrues s'étaient faites invisibles.

A quelques semaines de la désignation du candidat socialiste à la présidentielle, au mois de novembre, les secrétaires de section décident même d'établir une nouvelle règle du jeu: pour voter, il faut s'être présenté au moins une fois dans une réunion. Gagné: les nouveaux se sont bousculés pour avoir le droit de glisser leur bulletin dans l'urne.

Des vieux militants déçus par Ségolène Royal

Depuis cette soirée de primaires, c'est le calme. Un responsable du XIIe arrondissement avoue que sa section, qui avait gagné 800 personnes, est aujourd'hui redescendue à son niveau d'avant, soit quelques 600 adhérents. Parmi ces démissionnaires, des "vieux" militants. Arrivé en 1996, Eric Besançon, 46 ans, n'a pas renouvelé sa cotisation cette année:

"Après dix ans au PS, deux choses m'ont traumatisées: le sourire de Ségolène Royal au soir de la défaite et son volte-face sur le Smic à 1 500 euros. Je ne la supporte plus et j'ai voulu manifester ma colère."

Saine ou pas, sa colère est surtout passagère. Eric l'a décidé, il retournera au PS... sauf si Ségolène Royal prend les rênes du parti. Ce rejet de l'ex-candidate a motivé la décision de partir chez beaucoup de militants de longue date.

A 54 ans, Patrick Soulier a passé dix-huit ans dans des réunions de section à Cesson-Sévigné (Ille-et-Villaine):

"Je suis arrivé en 1990, après le Congrès de Rennes. Je voulais faire avancer les choses. J'ai failli partir en 1997 quand Lionel Jospin a initié la privatisation d'EDF. Puis à nouveau en 2005, à cause de l'Europe. Et j’ai finalement plié bagages en 2006 après la désignation de Ségolène Royal."

Qualifiant la présidente de la région Poitou-Charentes de "candidate des sondages", Patrick Soulier déplore sa désignation par des "gens peu fiables". Il n’est pas le seul à fustiger ces "adhérents à 20 euros".

De nouveaux camarades éphémères, "sans fidélité au parti"

Les militants de longue date ne sont pas les seuls à déserter. Une grande partie des nouveaux adhérents, attirés par la candidature de Ségolène Royal, n'ont finalement pas renouvelé leur carte.

Un secrétaire fédéral y voit une absence de politisation de ses éphèmeres camarades:

"Ce sont des gens sans fidelité au parti. Ils n’ont pas fait campagne. Peu d’entre eux sont venus voter au projet. Le contenu leur importait beaucoup moins que les candidats."

Mais cette sévérité a lourdement pesé dans leur décision de fuir. Etudiant, Yann a poussé les portes de sa section dans le Val-de-Marne en 2006. Plein de l'envie de voir gagner Dominique Strauss-Kahn, il est allé aux réunions, a participé à des groupes de discussions, a collé des timbres sur des enveloppes, a tracté. Avant de déchanter:

"J'en ai eu marre qu'aux réunions, on me reproche mes questions. J'en ai eu marre que tout soit compliqué. Les autres adhérents nous traitaient comme des fans de la Star Ac'. Je suis parti."

Farid Taha est aujourd'hui au MoDem. Il se souvient de ses deux mois à la section de Compiègne (Oise) en 2002. Voici le témoignage qu'il nous a envoyé par mail:

"J’ai demandé à adhérer à la fédération de l’Oise et un syndicaliste de la CFDT travaillant avec moi m’a conseillé de voir une des responsables locales à Compiègne. On m’a fait attendre presqu’une bonne heure dans un local de permanence électorale exiguë sans trop m’adresser la parole.

"J’ai payé ma cotisation et je suis parti avec un bout de papier annonçant la réunion publique du surlendemain. J’y suis allé, découvrant pour la première fois une réunion politique avec d’un côté des chaises et des militants qui écoutent (ils n’avaient pas encore inventé la démocratie participative) et de l’autre une estrade avec des cadres qui parlent.

"J’ai posé une ou deux questions qui se sont soldées par une réponse catégorique du genre 'c’est pas le moment'."

Un mode de fonctionnement poussiéreux et décourageant

Pour Rémi Lefebvre, politologue spécialiste du socialisme français, également membre de Gauche Avenir, club de réflexion de l'aile gauche du parti, cette opération à bas prix a été bricolée dans l’urgence et l’amateurisme:

"L’UMP, à la même époque, pesait lourd en terme de militants. Le PS n’avait pas le choix, ils leur fallait tenter quelque chose."

A l'époque, le parti ne comptait que 130 000 militants. Jack Lang, responsable de cette campagne, y a beaucoup mis du sien. Sur la forme: accueil des nouveaux, déplacements, nouveau site Internet. Sur le fond: discours très antisarkozyste et nouveau mode de désignation.

Lang avait annoncé, à l'époque, être candidat à la candidature, avant de soutenir Ségolène Royal. Un responsable socialiste persifle: "Il a été zélé parce qu’il se voyait déjà président…"

L'affluence des nouveaux adhérents a ainsi été mal accueillie par des sections dont le mode de fonctionnement, poussiéreux, n'a pas su s'adapter.

"Les partis surévaluent toujours leurs adhésions."

Un an après, le Parti socialiste, qui a tant communiqué les chiffres de ses nouveaux adhérents, se fait discret lorsqu’il s’agit de soustraire. Suffisamment vague, le secrétaire aux Fédérations Kader Arif reconnaît que la majorité des partants se compte parmi les adhérents à 20 euros. Pour Rémi Lefebvre, "c’est certainement bien pire que ce qu’ils annoncent. Les partis surévaluent toujours leurs adhésions."

Pour ça, les comptables n’ont même pas besoin de recourir au mensonge. Il suffit de conserver les fichiers d’une année à l’autre, sans faire de mise à jour... Estelle continue ainsi de recevoir du courrier de sa section parisienne, alors qu'elle a quitté le PS en février 2007.

Yves Bonnefoy, président du bureau national des adhésions, concède qu'il est difficile d'établir le nombre exact, notamment en raison de ce double comptage: celui des adhérents dont la cotisation est à jour, et le "corps électoral" constitué par l'ensemble des adhérents des deux dernières années.

Si un adhérent a payé sa cotisation en 2006, il reste pris en compte dans les fichiers et peut, pendant deux ans, renouveler sa carte à tout moment pour participer aux votes internes. Un système complexe qui explique en partie le flou des chiffres.

"Le parti où ils sont le plus nombreux, c’est chez les anciens." Rengaine en vogue dans les années 70 pour railler les vagues de désertions qui touchaient le PCF, elle s’est appliquée dès la fin des années 80 aux socialistes.

"Cette chute des adhérents socialistes est exceptionnelle"

La décrue, d’environ 25% officiellement, est "normale après une campagne", insiste Solférino. Notamment après une défaite. "Ils viennent faire un tour pendant la campagne et repartent. Les réunions politiques de base ne sont pas spécialement rigolotes", dédramatise un socialiste, avant d’observer que "l’amplitude des marées est impressionnante". Rémi Lefebvre rétorque qu'en France, "si le turn-over est très élevé et le taux de fidélité à un parti très faible, cette chute des adhérents socialistes est exceptionnelle".

En public, les socialistes minimisent. En privé, ils laissent entrevoir leur découragement. Un responsable souhaitant rester anonyme avoue :

"L’attractivité dans ce parti est faible… Entre les dirigeants mous, ceux qui ont rejoint Sarkozy et l’absence totale de programme, il n’y a aucune raison de venir chez nous

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19.01.2008

perte ....

e Parti socialiste a perdu entre 40 000 et 60 000 adhérents depuis le vote d'investiture pour l'élection présidentielle de novembre 2006, a-t-on appris vendredi 18 janvier auprès de la direction du PS.

"On est entre 160 000 et 180 000" contre un peu plus de 218 000 au moment de la primaire interne qui a vu la victoire de Ségolène Royal devant Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, a expliqué à Reuters Kader Arif, secrétaire national chargé des fédérations. Ces chiffres représentent une décrue de 17 à 27 %, huit mois après la défaite présidentielle du PS, la troisième consécutive.





La fourchette approximative s'explique par le fait que "les gens peuvent reprendre leur carte jusqu'à mi-février" 2008, a précisé Kader Arif, démentant que la perte s'élève à 40 % de militants, comme l'ont évoqué certains journaux.

Il a, en revanche, confirmé qu'une majorité des nouveaux adhérents - les militants à 20 euros - qui s'étaient inscrits dans la perspective de l'investiture avaient quitté le PS. "Dans les cartes à 20 euros, on n'en récupère que 30 % même si cela varie beaucoup d'une fédération à l'autre", a-t-il déclaré.

"C'est un ressac important mais c'est toujours la même chose pour une année de congrès ou de désignation. On assiste à une élévation forte [du nombre de militants] avant une perte importante", a-t-il assuré.

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14.11.2007

renovation

Intervention de Gaëtan Gorce le 10 novembre 2007 lors de la journée de débat « Refonder le clivage Droite / Gauche







Si nous sommes ici, c'est parce que nous aimons la Gauche ; parce que nous ne pouvons nous résigner à son échec ; surtout parce que nous ne pouvons nous résoudre à cette impuissance à se transformer à sa régénérer dans laquelle elle semble aujourd'hui vouloir s'enfermer. La gauche n'a de pire ennemi qu'elle même. Notre conviction , c'est que le Parti socialiste a toutes les ressources humaines, politiques, intellectuelles, pour réussir son renouvellement. Mais il se heurte, pour y parvenir, à deux obstacles majeurs, que nous avons pour devoir de dénoncer, contester et combattre :

d'abord « l'attentisme », celui qui, joue de la force des habitudes, qui trouve toujours de nouveaux prétextes pour ne rien changer : la crainte du chaos, la guerre des chefs, les risques que contient tout changement à l'approche des élections municipales. C'est cet attentisme qui aujourd'hui nous mine, transformant toute question à trancher en obstacle à franchir.

A l'attentisme s'ajoute ensuite une autre dérive dangereuse, ce que j'appellerai « l'arrangisme », qui se donne aujourd'hui libre court et qui consiste à opérer les recompositions, les alliances, les futures synthèses, sans aucun rapport avec les questions de fond, sans souci de l'orientation politique commune, en continuant à brouiller les repères et les enjeux.

Ceux qui se livrent à cela commettent une erreur majeure de perspective. Ils voient dans notre échec de 2007 un nouvel accident, alors qu'il est la conséquence de notre incapacité durable à rénover notre Parti, son organisation, son projet, à tourner la page d'Epinay et à inventer un socialisme d'aujourd'hui.

Si nous sommes réunis aujourd'hui, c'est, en revanche, parce que nous sommes les uns les autres convaincus que l'avenir de la Gauche et du Parti socialiste passe par une double exigence :

l'exigence d'abord de refondation intellectuelle : ce sont les fondements mêmes sur lesquels est bâti le projet de la Gauche qu'il faut aujourd'hui retravailler. Et c'est le sens de nos débats, qui visent non pas à récuser le clivage droite / gauche, mais bien au contraire à le refonder, à l'actualiser, en un mot à le moderniser pour tenir compte de la rupture qui est intervenue dans les années 80 à travers l'accélération de la mondialisation et l'individualisation des rapports sociaux. La Gauche aujourd'hui ne ressemble plus à celle des Trente Glorieuses. Le communisme s'est effondré et avec lui l'idée d'un sens de l'histoire, d'une lutte entre le Bien et le Mal, c'est à dire entre l'État et le marché. L'écologie s'est imposée comme une priorité vitale et comme une composante de la Gauche politique. Ce sont ces changements qu'il nous faut assumer, intégrer à l'intérieur d'un grand Parti ayant vocation à regrouper toutes ces idées neuves. Face à une droite qui n'est pas libérale mais conservatrice, qui utilise le mot de rupture pour mieux poursuivre ses politique traditionnelles, pour mieux servir les mêmes clientèles, la Gauche doit retrouver l'esprit du mouvement, incarner le changement et s'identifier avec le besoin de réforme et de modernisation de l'entreprise comme de l'État ou de notre système de protection sociale.

La seconde exigence est celle de la clarification politique. Il existe dans notre Parti deux orientations distinctes et entre lesquelles il faut choisir : d'un côté les fondamentalistes, ceux qui estiment que la Gauche s'est trop éloignée de ses valeurs de base, d'ailleurs mal définies, et qui renvoient aux grands moment des années 70, et les Rénovateurs qui pensent au contraire que nous sommes entrés dans un monde radicalement nouveau et que la fidélité à nos valeurs doit s'accompagner d'une révision complète et sans tabou de notre projet politique.

Nous proposons a tous ceux qui se reconnaissent dans cette approche de se retrouver dans une nouvelle majorité qui doit être une majorité d'idées et non un système d'alliances factice uniquement destiné à compter ses voix et ses mandats. Nous proposons une démarche, dynamique autour d'idées et de valeurs, non un retour aux vieux courants.

Le paradoxe, et sans doute la cause de nos échecs, c'est que cette mutation, nos électeurs l'ont accompli avant nous. S'ils se reconnaissent toujours clairement sur une échelle Droite / Gauche, ils sont beaucoup plus dubitatifs pour exprimer leur proximité à l'égard des partis et en particulier du Parti socialiste. Ce qui montre clairement le décalage qui s'est installé entre leurs attentes et notre projet. Les électeurs de Gauche réclament à la fois la protection de l'État mais d'un État plus efficace ; ils veulent que cette intervention ne mette pas en danger par un poids excessif de la fiscalité le développement des entreprises et l'esprit d'initiative. Ils expriment toujours un attachement massif à la solidarité et à la justice sociale, mais ils refusent de les dissocier d'un appel à la responsabilité de chacun. Bref, ils nous montrent la voie de ce qu'il nous reste à faire. C'est ce dont nous allons débattre aujourd'hui. Non pas à partir de forums vagues et rapidement bricolés, mais autour de questions précises sur lesquelles nous prenons position pour donner à la rénovation un contenu et son véritable agenda :

nous devons d'abord redéfinir l'idée même que nous nous faisons de l'État et de son rôle en sortant des opposition grossière entre l'État et le marché. La gauche doit être le parti de la Réforme du service public et de la protection sociale, non pour des raisons idéologiques ou comptables, mais parce que dans un contexte où les prélèvements pèsent lourdement sur nos concitoyens, ceux-ci doivent avoir la garantie que les objectifs de justice, de solidarité, d'égalité des chances sont bien atteints.

Nous voulons également que la gauche revoit sa vision de l'entreprise et s'affirme comme la force politique qui veut garantir le niveau de vie de nos concitoyens en soutenant l'initiative économique et en faisant de l'entreprise le lieu, non de l'affrontement, mais d'une nouvelle dynamique sociale.

Nous voulons enfin réintégrer l'écologie au coeur de notre projet sans le sous traiter à tel ou tel autre Parti et refonder notre vision de l'Europe en tenant compte des nouveaux équilibres du monde.

Pour y parvenir il y a naturellement un préalable : une réforme en profondeur du Parti socialiste, qui doit apprendre à choisir, s'appuyer sur ses militants et faire le choix d'une majorité.

La nouvelle Gauche française arrive au fond au bon moment pour dresser l'acte de décès (un peu tardif en France c'est vrai) du socialisme traditionnel, mais surtout pour prendre le relai, politique, d'une sociale démocratie à bout de souffle, et idéologique, d'une troisième voie dont l'efficacité est désormais émoussée.

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11.11.2007

Gaetan

Au PS, la querelle des anciens et des modernes peut continuer. Gaëtan Gorce vient de tirer de nouvelles munitions contre l'actuel parti socialiste. Le député de la Nièvre, animateur du courant «rénovateur», a affirmé samedi à Paris qu'il était temps de «dresser l'acte de décès du socialisme traditionnel».

Sur le même sujet
«Le PS est dans une psychanalyse de groupe»


«Il existe dans notre Parti deux orientations distinctes et entre lesquelles il faut choisir», a déclaré le député de la Nièvre. «D'un côté, a-t-il dit, les fondamentalistes, ceux qui estiment que la gauche s'est trop éloignée de ses valeurs de base, d'ailleurs mal définies, et qui renvoient aux grands moments des années 70.»

«De l'autre, a-t-il poursuivi, les rénovateurs qui pensent au contraire que nous sommes entrés dans un monde radicalement nouveau et que la fidélité à nos valeurs doit s'accompagner d'une révision complète et sans tabou de notre projet politique.»

Gaëtan Gorce participait à une journée-débat ayant pour thème Le clivage droite-gauche, organisée avec d'autres tenants de la «rénovation» tels les députés Manuel Valls (Essonne), Patrick Bloche et Christophe Caresche (Paris).

Il a dénoncé «l'attentisme» qui «trouve toujours de nouveaux prétextes pour ne rien changer» et ce qu'il a appelé «l'arrangisme».

Cette attitude, selon lui, «se donne aujourd'hui libre cours» dans le parti. Elle «consiste à opérer les recompositions, les alliances, les futures synthèses, sans aucun rapport avec les questions de fond, sans souci de l'orientation politique commune, en continuant à brouiller les repères et les enjeux».

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31.10.2007

bianco

Quelles sont les différences idéologiques au sein du Parti Socialiste ?

publié le lundi 27 août 2007 à 23h04



Derrière la dénomination "la gauche" se cache en réalité une multitude de courants idéologiques qui s'affrontent. Il n'y a pas une gauche, mais des gauches. Si les différences entre l'extrême-gauche qui rejette la société capitaliste et les socialistes qui ne souhaitent que la réformer sont visibles, les divisions idéologiques peuvent surprendre lorsqu'elles sont présentes au sein d'un même parti. C'est ce qui se passe au Parti socialiste ou plusieurs courants s'affrontent depuis des années mais de manière plus virulente depuis la défaite de Ségolène Royal à l'élection présidentielle. Tous veulent incarner la rénovation à gauche. Mais quelle gauche ? N'y a-t-il pas plusieurs gauches ? Quelles sont les différences idéologiques au sein du PS ? Dans sa chronique sur France Culture, Olivier Duhamel a tenté de définir les différentes gauches.

La dénomination des gauches
Selon que l'on appartienne à un courant ou à un autre, la dénomination des différents courants change. Les sociaux-démocrates (Royal, Strauss-Kahn) se considèrent comme la nouvelle gauche par opposition à la vieille gauche qui serait celle des socialistes traditionnels qui se réfèrent aux premières années de Mitterrand. Du point de vue des socialistes traditionnels, on désigne le courant rival par le terme de centre gauche par opposition à la vraie gauche pour souligner la dérive droitière de ce courant. Quelles que soient les dénominations adoptées, ces différences d'appellation désignent bien des différences idéologiques.

La gauche social-démocrate ou social-libérale
Pendant la campagne présidentielle, un groupe de hauts fonctionnaires et d'intellectuels, qui s'est donné le nom de "Gracques", a lancé un appel pour une alliance entre les socialistes et les centristes de Bayrou. Ces personnalités de gauche prônent un socialisme réformiste : l'adaptation de la société capitaliste passe d'abord par le compromis et la négociation entre les partenaires sociaux pour les questions d'emploi par exemple.

La gauche traditionnelle, égalitariste
Au Parti Socialiste, des personnalités comme Laurent Fabius et Jean-Luc Mélenchon incarnent la gauche traditionnelle, plus étatiste, plus soucieuse de l'égalité de traitement. La justice sociale passe avant l'efficacité économique. L'égalité est la valeur de référence. La fraternité prédomine dans la vision de la politique de l'immigration. La sécurité passe d'abord par la prévention, la répression étant un thème laissé à la droite.

Un rapport de force déséquilibré entre ces deux gauches
Pour analyser le rapport de force entre ces deux gauches, Olivier Duhamel s'appuie sur une enquête parue dans le Nouvel Observateur. Un sondage auprès de tous les Français indique que les idées de la gauche social-libérale dominent. Cette domination est normale puisque l'échantillon des personnes interrogées comprend tous les Français, de droite, du centre et de gauche. En revanche, le même sondage réalisé auprès des sympathisants de gauche indique le contraire, la gauche traditionnelle l'emporte nettement. Par exemple, les 2/3 des sympathisants de gauche approuvent le SMIC à 1500 euros alors même que Ségolène Royal avait jugé que cette proposition qui figurait dans son pacte présidentiel n'était pas crédible.

Ces divisions reflètent les contradictions des Français
En réalité, l'opposition entre ces deux gauches reflète les contradictions de l'opinion. Ainsi, les Français savent que la réduction des déficits publics est indispensable (gauche social-démocrate) mais dans le même temps, ils refusent qu'on diminue le nombre de fonctionnaires pour maintenir un service public de qualité (gauche traditionnelle). De même, les Français s'inquiètent des déficits de la sécurité sociale mais ils contestent l'allongement de la durée du travail pour financer les retraites. Ils acceptent l'économie de marché mais ils craignent la mondialisation.

Une équation difficile à résoudre
La rénovation au Parti Socialiste passe par le choix entre ces deux gauches. Mais ces oppositions font écho aux priorités contradictoires sans cesse exprimées par les Français. De fait, la victoire d'une gauche sur l'autre entraînerait une clarification idéologique salutaire, mais dans le même temps, elle couperait le parti de toute une frange du peuple de gauche.
Malgré cela, les vainqueurs du prochain congrès du PS devront résoudre ce dilemme pour pouvoir espérer l'emporter en 2012, l’absence de choix idéologique clair entre 2002 et 2007 expliquant en partie la défaite de la candidate socialiste
Jean-Louis Bianco, la seconde jeunesse du Secrétaire général de Mitterrand

publié le lundi 29 octobre 2007 à 23h40



Portrait de Jean-Louis Bianco.
A bientôt 65 ans, Jean-Louis Bianco ne fait pas partie de la nouvelle génération du PS. Il a 20 ans de plus que les quadras qui montent comme Arnaud Montebourg ou Vincent Peillon. Pourtant, il a joué un rôle central pendant la campagne présidentielle de 2007 au côté de Ségolène Royal au point d'être présenté comme un Premier ministre potentiel. Depuis la défaite, il est resté fidèle à la présidente de Poitou-Charentes et, à ce titre, pourrait entrer à la direction du PS en cas de victoire de Ségolène Royal au prochain congrès du parti. (Série 7/20)


Pendant un mois, Politique.net propose une série de 20 portraits de personnalités politiques du Parti Socialiste qui pourraient compter dans un avenir proche. La victoire de Ségolène Royal lors de la primaire socialiste en 2006 avait montré l'envie des militants de tourner la page des Eléphants du PS. Exit Jospin, Fabius, DSK, Hollande. En 2008, un congrès exceptionnel doit se tenir pour désigner le successeur de François Hollande. Qui va prendre le contrôle du PS ?

Origines et formation
Jean-Louis Bianco est né le 12 janvier 1943 à Neuilly-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine. Fils d'un immigré italien qui a fui l'Italie de Mussolini, Jean-Louis Bianco a fait ses études secondaires au lycée Janson de Sailly dans le XVIe arrondissement de Paris. C'est là qu'il fit la connaissance de Jacques Attali. Après son bac, Jean-Louis Bianco poursuit des études prestigieuses : Sciences Po, l'Ecole Nationale d'Administration en 1969. En 1971, il entre dans la haute administration en tant qu'auditeur au conseil d'Etat. En 1978, il monte en grade et devient maître des requêtes au conseil d'Etat. Mais très vite, Jean-Louis Bianco est rattrapé par la politique.

9 ans au poste de secrétaire général de l'Elysée
En 1982, le secrétaire général de l'Elysée, celui qui gère l'agenda du président, les visites, et organise toute la vie du palais de l'Elysée, s'appelle Pierre Bérégovoy. Mais ce dernier souhaite entrer au gouvernement, François Mitterrand doit donc lui trouver un remplaçant. Le nom de Jean-Louis Bianco est alors proposé à François Mitterrand par Jacques Attali, son camarade du lycée Janson de Sailly. A 39 ans, Jean-Louis Bianco fait une entrée fracassante dans la vie politique en devenant secrétaire général de l'Elysée. Pendant 9 ans, ce qui constitue un record de longévité à ce poste, Jean-Louis Bianco va être l'un des plus proches collaborateurs de Mitterrand.

Ministre, député, élu local
En 1992, il quitte le palais de l'Elysée pour entrer au gouvernement. Il devient ministre des Affaires sociales et de l'Intégration dans le gouvernement d'Edith Cresson. L'année suivante, il devient ministre de l'Équipement, du Logement et des Transports dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy.
Après la défaite des socialistes aux législatives de 1993, Jean-Louis Bianco consacre son énergie à son enracinement local. Il fait toute sa carrière dans le département des Alpes-de-Haute-Provence : conseiller général, maire de Digne-les-Bains, puis conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur.
En 1997, il est élu député pour la première fois dans la 1ere circonscription des Alpes-de-Haute-Provence. En 2002 et 2007, il est réélu à chaque fois de justesse (50,79 % en 2002, et 52,32 % en 2007 malgré un ballotage défavorable).

La traversée du désert sous Jospin
Député, président du conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, Jean-Louis Bianco pensait pouvoir revenir au pouvoir avec la victoire de la gauche aux législatives de 1997. Mais lorsque Lionel Jospin devient Premier ministre, il n'est pas nommé au gouvernement. A Jacques Attali, il avait confié son amertume d'avoir été mis à l'écart. Officiellement, Lionel Jospin, qui avait annoncé le droit d'inventaire des années Mitterrand, estimait que Jean-Louis Bianco était trop proche de l'ancien président de la République. En réalité, le poids politique du député des Alpes-de-Haute-Provence était assez faible au PS à cette époque.

Un homme politique assujetti à l'ISF
Pendant sa traversée du désert, Jean-Louis Bianco se replie sur son fief électoral des Alpes-de-Haute-Provence. Parallèlement à ses activités politiques, Jean-Louis Bianco gère un patrimoine personnel important de près de 3 millions d'euros au point d'être assujetti à l'Impôt de Solidarité sur la Fortune. Il est notamment co-propriétaire d'une entreprise spécialisée dans la fourniture de tubes et de poutrelles pour les travaux publics. Cette entreprise, nommée Stat, est une filiale française du groupe italien Bianco.

Au service de Ségolène Royal en 2007
La campagne présidentielle de 2007 offre un retour politique spectaculaire à Jean-Louis Bianco sur la scène nationale. Ségolène Royal cherche des soutiens au Parti Socialiste en vue de la primaire en 2006. Très vite, Jean-Louis Bianco lui offre ses services, sentant que la présidente de la région Poitou-Charentes peut bousculer les éléphants du PS, Jospin, Fabius, DSK. Pour Ségolène Royal, le soutien de Jean-Louis Bianco s'avère important. Pilier de la Mitterrandie, il connaît par cœur le Parti Socialiste. Directeur de campagne de la candidate pendant la présidentielle, il va exercer la fonction de vieux sage en rectifiant les multiples erreurs et improvisations de Ségolène Royal dans les médias.
Malgré la défaite de la candidate, Jean-Louis Bianco a réussi son retour politique sur la scène nationale à l'occasion de cette présidentielle. Si Ségolène Royal devient Premier secrétaire du Parti Socialiste au congrès de 2008, Jean-Louis Bianco pourrait être nommé numéro 2 du parti.

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05.10.2007

congres extraordinaire

04 octobre 2007
Appel pour un Congrès extraordinaire de refondation



Appel pour un Congrès extraordinaire de refondation

















Depuis 3 mois, le calendrier du Premier secrétaire nous est présenté comme le plus à même d’assurer la stabilité de notre parti. Voire ! Ce processus n'a pas su prévenir le choc des égos, dont les échos nous font un tort considérable. Il n'a pas non plus contribué à donner à notre opposition une forme innovante, pourtant rendue indispensable par la nature des enjeux auxquels est confronté le pays. Il n'a pas su impulser une véritable dynamique de rénovation. Loin de nous préserver, ce statu quo nous affaiblit.

Depuis 3 mois, alors que notre Parti n'a jamais compté autant d'adhérents, ceux-ci n'ont à aucun moment été consultés, qu'il s'agisse de débattre des raisons de notre défaite ou de renouveler notre orientation politique. Les scénarios qui se dessinent, au travers de manoeuvres d'appareil, reposent sur des schémas dépassés qui contournent la volonté des militants d'intervenir et de peser.

Notre devoir est d'abord d'empêcher que le prochain congrès serve à vider les querelles de leadership au détriment du débat d'idées. Notre devoir est aussi d'empêcher que la perspective d'une nouvelle guerre des chefs ne serve de prétexte à différer toute décision et à prolonger le statu quo.

Parce que nous croyons en la force des idées et dans la capacité de la Gauche à se régénérer, nous en appelons avant l’été 2008 à un congrès extraordinaire consacré exclusivement à la modernisation de nos méthodes de travail, à la démocratisation de notre fonctionnement et à la redéfinition de notre projet politique. L’urgence comme l’intérêt de notre Parti, c’est de découpler ces questions de celles du choix de son leader.

Nous invitons toutes celles et tous ceux qui, par delà des chapelles ou des courants dépassés, aspirent à un véritable changement et veulent refonder le PS autour d'un débat de fond à soutenir notre démarche et à signer et diffuser cet appel.


Pour signer cet appel :

Renvoyer les renseignements suivants sur :

congresextraordinaireps@gmail.com


Nom et Prénom :

Section et Fédération :

Fonction et Mandat :

Adresse mail et postale :
Gaetan Gorce

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14.09.2007

renovation

u parti socialiste, l'heure n'est pas à la "rénovation" ou à la "refondation" : les trois grands rendez-vous destinés à entamer la réflexion collective après les électoraux du printemps ont été baptisés "forums du changement" à l'issue d'une réunion du secrétariat national, mercredi 12 septembre. Un terme suffisamment neutre pour signifier que ces débats devront s'inscrire "hors des enjeux de pouvoir" et ne pas tourner au procès de la direction du parti.




La désignation des quadragénaires qui présideront chaque groupe de travail a fait l'objet d'un subtil dosage. Le forum consacré aux rapports du socialisme avec la nation, prévu le 26 octobre, sera dirigé par le strauss-kahnien Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère. André Vallini, fidèle de Ségolène Royal, conduira les travaux sur la place dévolue au marché dans l'économie (le 15 décembre), alors qu'Anne Hidalgo, première adjointe de Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris, a été chargée de superviser le thème "individu et solidarité" (le 20 janvier).

Des rapporteurs, choisis parmi des trentenaires comme Najat Belkacem, ancien porte-parole de Mme Royal, ou le fabiusien Guillaume Bachelot, ont également été désignés.

"Ces forums vont mettre en évidence ce qui nous rassemble, mais aussi les questions qu'il nous faudra trancher ensemble. Nous préparons ainsi le congrès de 2008 dans les meilleures conditions", estime François Hollande, premier secrétaire du PS. La déclaration de principe du parti, ratifiée lors du congrès de Rennes de 1990, pourrait être réécrite.

En parallèle, un groupe de travail présidé par François Rebsamen, numéro deux du parti, va proposer de modifier certaines règles de fonctionnement, notamment en introduisant une dose de scrutin majoritaire pour la représentation des différentes sensibilités.

Jean-Michel Normand

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12.09.2007

ou va t on ?

Selon notre sondage LH2-Libération, la famille libérale autoritaire fait une percée parmi les sympathisants de gauche.
Par Paul Quinio
QUOTIDIEN : mercredi 12 septembre 2007

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C’est un peu le triangle des Bermudes de la gauche. Elle peut y perdre facilement une partie de son âme, mais aussi y trouver une planche de salut électoral… C’est un morceau «sociologique» de la gauche, mais qui transgresse ses frontières. C’est un bloc, mais mobile, infidèle, zappeur, qui lorgne parfois sur sa droite. C’est à l’arrivée, en ces temps de rénovation idéologique, un gros point d’interrogation stratégique et identitaire pour la gauche en général et le Parti socialiste en particulier.
Dans la livraison 2007 de son étude sur les familles de la gauche - réalisée pour Libération à l’occasion du forum Vive la politique qui va se tenir à partir de demain et pendant trois jours à Grenoble -, l’institut de sondages LH2 a identifié parmi les sympathisants de gauche qu’il a interrogés un groupe qui n’a pas fini de faire causer. Le nom de cette famille: libérale autoritaire, «numériquement la plus importante, politiquement la plus mobile, électoralement la plus décisive», résume François Miquet-Marty, directeur des études politiques à LH2.
«Bloc puissant». Qui sont-ils? En majorité des ouvriers, des employés, des salariés du secteur privé, qui estiment pour la plupart (67%) que leur «situation au sein de la société s’est détériorée» ou que notre «société va de plus en plus mal» (90%). Economiquement, ils acceptent le système libéral, sont favorables aux baisses d’impôts et à la réduction des dépenses publiques (87%). Ils sont sensibles à la productivité dans les administrations (73%) et aux questions comme la sécurité et l’immigration. Mais se disent «plutôt à gauche» pour 51% d’entre d’eux. Au premier tour de la présidentielle, ils ont privilégié le vote Royal (à 56%), mais ont aussi voté Bayrou (10%), Sarkozy (7%), ou Besancenot (6%).
Combien sont-ils ? 35% des sympathisants. Ce qui en fait la famille de gauche la plus nombreuse. Devant la famille sociale-libérale (26%), étatiste (24%) ou antilibérale (15%). «Au cœur de l’ensemble de l’échiquier politique s’est installé un bloc puissant qui se réclame de la gauche mais qui affiche des valeurs libérales et autoritaires et qui est à même de briser la cohérence de la gauche au profit de la droite, et de nourrir la popularité de Nicolas Sarkozy», analyse le directeur de LH2.
Giron. Dans le rétro de la campagne présidentielle, c’est cette famille que Ségolène Royal a tenté de ramener dans le camp de la gauche après la défection massive des ouvriers le 21 avril 2002, avec les conséquences que l’on sait pour le candidat socialiste Lionel Jospin. Les armes de séduction royalistes, son discours sur «l’ordre juste» et son positionnement antisystème, ont permis à la candidate PS d’en ramener une partie dans le giron de la gauche. Mais une partie seulement.
Après la défaite, l’enjeu est désormais de savoir quelle importance accordera le PS à cette famille dans ses débats sur sa rénovation idéologique. «Tout le travail de la gauche consiste à proposer une offre politique qui fédère durablement cette famille libérale et autoritaire, mais sans renier les valeurs en lesquelles se reconnaissent les antilibéraux, les étatistes et les sociolibéraux», explique Miquet-Marty. Pas simple quand on sait que les premiers veulent à 85% s’opposer «radicalement à la mondialisation», aspirent à des renationalisations (61%) et se reconnaissent dans Besancenot (51%). Que les deuxièmes sont opposés à 70% aux baisses d’impôts. Et que les derniers, majoritairement des cadres, trouvent que leur situation s’est globalement améliorée (49%) et se reconnaissent dans Dominique Strauss-Kahn pour porter la croissance économique.
Fermeté. Pas simple en résumé de «vertébrer» un nouveau projet capable de répondre «aux tentations centristes et droitières d’une gauche désarticulée». Travaux pratiques: le débat de ces derniers jours sur la réforme des régimes spéciaux, qui a vu les socialistes, de Jean-Luc Mélenchon à Manuel Valls, décliner une gamme impressionnante de positions. Le prochain débat parlementaire, à l’occasion de l’examen de la nouvelle loi sur l’immigration, devant leur fournir une nouvelle occasion de grand écart.
A l’arrivée, et ces débats recouperont évidemment ceux sur les alliances électorales à nouer (lire ci-dessous), c’est bien à la question de sa droitisation que la gauche devra faire face, puisque prêt de la moitié de ses sympathisants (si on cumule les familles libérale autoritaire et sociale-libérale) est réceptive au discours centriste et de droite en matière économique et au discours de fermeté sur les questions plus sociétales… Comme dans le même temps, les sympathisants de gauche sont plus nombreux qu’il y a deux ans à remettre au goût du jour le clivage gauche-droite, la voie est décidément bien étroite.

Y aurait-il aujourd’hui, à gauche, une fracture? C’est le premier des enseignements du sondage LH2- Libération consacré à «l’identité de la gauche» : 88 % des sympathisants estiment que trop de divisions la traversent. L’appréciation n’est pas nouvelle, mais prend aujourd’hui une acuité particulière, puisqu’ils n’étaient que 82% en 2003. Trop de divisions, donc, qui, loin de se limiter au choc des ambitions, recouvrent également des oppositions idéologiques difficilement conciliables. Le récent flottement du PS sur les régimes spéciaux le démontre, qui a vu s’affronter Manuel Valls, «rénovateur», à la gauche du parti, puis à sa direction.
Clivages. Voilà qui n’incite guère à rêver à des lendemains électoraux qui chantent : 57 % des personnes interrogées pensent que la gauche a «de fortes chances de revenir au pouvoir». Ils étaient 65 % en 2003. Les tenants de l’effacement des frontières politiques en seront néanmoins pour leurs frais: si 52 % des sondés jugent «dépassées» les notions de gauche et de droite, ils sont 47 % à estimer qu’elles sont «toujours valables», contre 36 % il y a deux ans.
Valeurs et clivages reprendraient-ils quelque vigueur ? Paradoxe : dans le détail, ceux-ci ont, doucement mais sûrement, glissé. Alors que les socialistes n’ont que le mot de «rénovation» à la bouche, sans toutefois s’accorder sur les moyens de celle-ci, les Français de gauche, eux, semblent avoir déjà, en partie du moins, révisé leurs positions.
S’habituer. C’est sur les questions économique que le glissement est le plus flagrant. Au moment où les socialistes clament que la question de l’acceptation du marché n’en est plus une, les sympathisants de gauche semblent ne plus combattre l’ordre économique avec la même vigueur. C’est le cas pour la mondialisation, à laquelle 39 % des sondés estiment qu’il faut s’opposer nettement. Il y a deux ans, ils étaient 44 %.
Le devoir de contester s’effrite. Alors qu’ils étaient 80 % à juger, en 2003, que les altermondialistes exprimaient des critiques justifiées contre la mondialisation, ils ne sont plus, aujourd’hui, que 68%. De même pour la structure de notre capitalisme national et le partage entre public et privé auquel, de plus en plus, ils semblent s’habituer. 52 % des sympathisants de gauche considèrent aujourd’hui qu’il y a, «juste ce qu’il faut d’entreprises nationales et privées», 7 points de plus qu’en 2005. Et sur le rôle de la puissance publique, 59 % d’estimer que «l’Etat joue un rôle trop important dans la société française».
La pilule du libéralisme serait-elle désormais moins amère à avaler ? Certes, pour beaucoup à gauche, l’urgence demeure sociale - 49 % considèrent la lutte contre le chômage comme la priorité, devant la précarité (37 %), l’éducation (32 %), les salaires (27 %), la santé (24 %) et l’égalité des chances à 23 % -, mais l’individualisme gagne du terrain. Et il investit l’école (77 % des sondés s’affirment favorables au libre choix de l’établissement scolaire par les parents), la protection sociale (61 % approuvent le développement d’organismes privés), la fiscalité (62 % approuvent l’idée de baisses d’impôt permettant de réduire les dépenses publiques).
Productivité. Même les fonctionnaires n’échappent pas à cette dernière injonction, 61 % des sondés se disant favorables au développement de la productivité dans l’administration…
Un peu moins ferme sur ses fondamentaux, l’opinion de gauche semble l’être toujours envers les partis. Ainsi, 81% des sondés considèrent qu’ «ils ne s’intéressent qu’au pouvoir et pas aux citoyens». Une opinion que ne manqueront pas de méditer les dirigeants socialistes.

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08.09.2007

Election de Mister ou Miss Amiens 2008

Quelques annonces a caractère local :
Candidatures pour la tête de liste socialiste aux élections municipales d'Amiens et aux cantonales d
Les candidatures à la tête de liste aux élections municipales et aux cantonales de 2008 seront reçues, par écrit,à la Fédération du 03 au 15 Septembre 2007
Election du premier des socialistes aux élections municipales d'Amiens et des candidats aux cantonal
L'Election du premier des socialistes aux municipales d'Amiens et de nos candidats aux cantonales aura lieu, le Jeudi 27 Septembre de 19h00 à 22h00, grande salle, place Dewailly
Présentation de nos candidats aux cantonales et au poste de 1er des socialistes sur Amiens
La présentation du 1er des Socialites sur Amiens et de nos candidats aux cantonales en 2008 aura lieu, le Vendredi 21 Septembre, à 19h, salle Dewailly.
Nous voilà donc convier à élire celui ou celle qui affrontera le roi Gillou en l'an de grace 2008.
Chacun saura peser de son influence et de sa personne .
Du coté de Désir d'avenir , nous continuons notre cheminement joyeux , convivial , solidaire , loin de ces querelles socialo socialistes et de la valse des éléphants .
Nous étions à Melles , à la Rochelle , nous avons poursuivi nos échanges par Internet ou par téléphone.
Poulainville va entamer le débat sur la rénovation du PS, rien en vue de la part de la fédération de la Sommes ????????
Jean Rivera
Da poulainville

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31.08.2007

avant la Rochelle

L eur discours est vieillot, leur propositions sont vieillottes, ils n’ont pas changé depuis plusieurs années sur un petit peu tous les sujets.» Le diagnostic de cet étudiant de 18 ans sur l’état du Parti socialiste est sévère. Mais à peine plus que celui de ce cadre de 35 ans : «Il faut que la gauche se modernise. On dirait qu’on est encore dans les années 70, dans les idées du XXe siècle.» Et une ouvrière de 20 ans de trancher : «Personne n’incarne la gauche.» Alors que les socialistes se retrouvent à partir d’aujourd’hui et jusqu’à dimanche à La Rochelle pour leur université d’été, Libération et l’institut LH2 ont «sondé», via des entretiens qualitatifs, les états d’âme de personnes se disant proches de la gauche (1).
Après trois raclées électorales, ceux que les leaders de gauche appellent «les personnalité anonymes» ou les «héros de la vie quotidienne» ne font pas dans la langue de bois, mais prennent aussi au mot le PS qui promet de faire de son week-end la première étape de la rénovation.
Le diagnostic est sévère, mais les arguments sont là. Les sympathisants dénoncent le flou du discours : «Ségolène, elle avait beaucoup de bonnes intuitions, mais souvent on ne voyait pas exactement ce qu’elle voulait», constate le cadre de 35 ans du panel LH2. «Manque de coordination de la gauche, idées fluctuantes», assène le retraité de 64 ans. La plupart concèdent de bonnes intentions, mais l’absence de propositions concrètes et réalistes : «Il faut convaincre les gens que le PS va améliorer leur vie. Sarkozy a apporté des réponses», juge un ouvrier de 42 ans.
Exemple le plus symptômatique : le pouvoir d’achat : «L’histoire des 1 500 euros, les gens savaient que c’était pas faisable», commente l’ouvrier de 36 ans. Le retraité de 66 ans abonde : «Faut pas rêver, les 1 500, qui les paye ?» En juillet, Ségolène Royal elle-même a reconnu ne pas y avoir cru non plus. Un peu tard. «Désenchanté», le peuple de gauche attend qu’on lui propose de nouvelles raisons d’espérer.
L’impératif social et le rôle de l’Etat
Le constat est quasi unanime : la gauche s’est embourgeoisée, jusqu’à devenir «peu consciente des différences sociales», selon un membre du panel qui partage avec les autres les mêmes priorités : le pouvoir d’achat et le chômage. Résultat : elle a abandonné sa mission fondatrice d’aide aux plus démunis.
Pour une étudiante de 20 ans, «la gauche c’est la solidarité, l’aide aux personnes», un idéal délaissé par ses leaders, selon certains sondés. Trois ouvriers de 20, 36 et 59 ans se sentent oubliés : «La gauche, aujourd’hui, elle pense d’abord aux fonctionnaires, et puis après aux cadres, et puis après aux ouvriers.» Mais la gauche ne trouve pas plus d’écho chez les classes moyennes et les seniors, dont les votes ont manqué à Royal : «Pour les retraités, ils ne font pas grand chose», regrette un sondé.
Quant au rôle dévolu à l’Etat, le bureau des réclamations est ouvert : «Il faudrait que l’Etat soit plus présent [...] ou nationaliser les entreprises» (étudiante, 20 ans), «garder les services publics» (ouvrier, 42 ans). Un état régulateur n’étant pas à leur yeux synonyme d’assistanat social : la solidarité, oui, mais contrôlée : «Il faut trier, car il ya des gens qui abusent des allocations, j’en vois beaucoup», lâche une jeune ouvrière. Preuve que l’argumentaire antiassistanat et le clientélisme de Sarkozy séduit les couches populaires : «On a beaucoup diabolisé Sarkozy, mais, quelque part, il est presque social.»
Plus de fermeté sur l’insécurité et sur l’immigration
Si la droite chasse sur les terres sociales, la gauche peut regagner du terrain sur la sécurité. Pour les ouvriers et les retraités, elle doit prendre position, sans angélisme, sur ce thème : «Quand la gauche parle de l’insécurité, elle est moins crédible parce qu’elle est toujours humaniste, note un cadre quadra. On répugne à parler de repression, on n’arrive pas à en parler». L’ouvrier agricole de 30 ans acquiesce : «Si le PS prend des mesures plus sévères, il aura plus de soutien.» La réponse par l’éduction et la prévention ne convainc plus qu’une minorité : «La gauche, son rôle, c’est de faire évoluer les gens dans le bon sens. Il faut réprimer quand il faut, mais c’est pas sa priorité», recadre un ouvrier de 42 ans.
Même diagnostic sur l’immigration. Ouvriers et retraités sont en attente de plus de fermeté : «La France ne peut pas accepter toute la misère du monde», explique un retraité de 66 ans. A la fin des années 80, cette phrase de Michel Rocard, alors Premier ministre, avait choqué. Elle est désormais assortie d’une demande de régulation : «Pour l’immigration, la gauche n’a pas voulu faire comme il fallait, il faut oser mieux les contrôler. La droite le fait bien, ça gueule, c’est vrai, mais au final ça passe. Sinon c’est l’anarchie», explique un ouvrier de 59 ans. Sur l’immigration, comme sur le social, la réclamation est identique : pas d’aide sans contrôle. Un vrai casse-tête en perspective pour la refondation du PS. De quoi, en tout cas, alimenter le forum «Défi du vivre ensemble», que lancera le PS à l’automne.
Une gauche plombée par les bisbilles et le manque de leadership
Sans surprise, les sympathisants de gauche se disent exapérés par les rivalités de personnes au PS. «A gauche, à part se bouffer le nez, ils n’ont plus grand-chose à faire», balance un employé de 24 ans. «Ils se tirent dans les pattes, donc il n’y a pas de cohérence», dénonce un quinqua. D’où un crédit au ras des pâquerettes : «Il y a des querelles, mais pas de programme solide. On va faire confiance à qui, nous ?» se demande un ouvrier de 59 ans.
Au petit jeu des tâcles et des bouderies, Royal s’en sort mieux que ses camarades. «Elle n’a pas été soutenue par certains éléphants, comme DSK», affirme un ouvrier de 36 ans. Voilà l’ex-candidate plus exonérée que stygmatisée. Et l’improvisation de sa campagne présidentielle mise en premier lieu sur le dos du PS et de son programme : «Dans son projet, il n’y avait rien de concret», regrette une chômeuse de 55 ans. L’icône Royal ne fait pas l’unanimité pour autant : «trop superficielle», «manque de carrure», lâchent les sondés. «Elle parlait beaucoup d’elle-même, mais pas des autres», reproche l’ouvrière de 20 ans.
Mais quid de la relève ? S’ils déplorent les batailles d’ego, les sondés divergent sur le leadership. Premier au hit-parade : DSK, qualifié de «rassurant», de tenant de la «gauche moderne», mais aussi de «trop techno». Certains reconnaissent les qualités «d’homme d’Etat» de Fabius, pour concéder qu’il doit «laisser la place». La jeune garde séduit chez les sympathisants : «Il faut mettre des têtes un peu plus jeunes, Montebourg, Valls», plaide l’ouvrier de 36 ans. «Mais il faut aussi garder les plus vieux», ajoute un retraité de 66 ans. Chez les sympathisants aussi, chacun cherche son chef.
Entretiens individuels réalisés au téléphone ou en face-à-face entre le 9 juillet et le 10 août auprès d’une vingtaine de personnes recrutées dans le cadre d’un sondage de 1000 personnes représentatives de la population française, réalisé les 6 et 7 juillet.

Août 2007. L’université d’été du parti s’ouvre aujourd’hui, jusqu’à dimanche, à La Rochelle (Charente-Maritime), et lance la «phase de diagnostic» prévue dans le calendrier de la rénovation.
Fin 2007. Trois forums sont prévus : «Individualisation, vieillissement de la population, fragmentation de l’emploi», «Mondialisation, délocalisation et financiarisation» ainsi que «Défi du vivre ensemble».
2008. Le prochain premier secrétaire, successeur de François Hollande, doit être désigné lors du congrès ordinaire du parti, maintenu «au lendemain» des municipales par François Hollande.
2010. Un congrès devrait être convoqué en vue de choisir le candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012. Ségolène Royal avait souhaité que cette échéance soit anticipée
Large choix d’alliances
QUOTIDIEN : vendredi 31 août 2007
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«Il ne devrait plus y avoir les Verts, le PRG, l’extrême gauche. Ils devraient faire un grand parti, en changeant de nom […] qui puisse aller jusqu’au centre avec Bayrou.» Sur la question stratégique des alliances, tous les sondés LH2- Libération ne partagent pas l’avis de cet ouvrier de 36 ans. Mais ils sont globalement enclins à penser, comme cet étudiant de 18 ans, que «le PS devrait aller plus vers le centre». Ou encore comme ce retraité de 66 ans, qui balaie une alliance avec l’extrême gauche : «Elle est trop sectaire, ne tient pas ses promesses.» «Les socialistes ne doivent pas se recentrer sur les valeurs traditionnelles de gauche. Il faut une évolution, plutôt en s’alliant avec le centre», considère ce sondé de 49 ans, profession intermédiaire. Cette ouvrière de 20 ans est d’un avis contraire : «Il faut faire alliance avec des partis de gauche.» Tout comme cette demandeuse d’emploi de 55 ans : «Les socialistes veulent s’ouvrir à la droite. Ils en seront exclus.»
Le diagnostic demeure flou. Dépression ? Crise de nerfs ? Ou plus grave encore ? A l’heure de l’ouverture de son université d’été à La Rochelle, le PS est loin d’avoir cerné les voies de la guérison. Et peine à émerger d’un brouillard politique des plus déconcertants. «Entre les rentrées individuelles et fracassantes des uns et des autres et les prochaines conventions thématiques du parti, quel est l’objet de l’université d’été ? On l’ignore», s’interroge un socialiste, qui résume : «La Rochelle, cette année, c’est le Prozac, et l’iode.»
«Bosser». L’an passé, primaire oblige, le défilé des ténors avait focalisé l’attention. Cette fois, ce sont les absents qui font du bruit, de Lionel Jospin à DSK, en campagne en Amérique latine pour le FMI, de Laurent Fabius, «en colloque à l’étranger» selon un proche, à Jack Lang et Martine Aubry. Des absents qui auraient presque raison : «Pour une fois, on va pouvoir bosser», estime un cadre. Car l’affluence des cadres et militants, elle, ne varie pas.
Plus de 3 000 socialistes assisteront aux ateliers sur «socialisme et marché», la «droitisation de la société française» ou «l’offre idéologique de Sarkozy». Avec nombre d’intervenants extérieurs. «Ce ne sont pas des socialistes, mais des universitaires qui feront les rapports introductifs, rappelle Jean-Christophe Cambadélis, président de l’université. C’est un gage d’objectivité», assure ce proche de DSK.
«S’ils viennent, c’est le parti des éléphants. Et, s’ils ne viennent pas, le parti des déserteurs. Quoi qu’on fasse, il y a un a priori négatif», se désole Benoît Hamon, porte-parole du PS, qui en convient : «C’est aussi notre faute, eu égard à la crise morale qui se traduit dans les comportements.»
Car les poussées d’agressivité demeurent, principalement contre François Hollande. Des «rénovateurs» qui, comme Gaëtan Gorce, l’accusent de «s’installer dans un rôle de syndic, alors qu’il ne s’agit pas d’attendre patiemment un éventuel repreneur». Aux historiques, comme Claude Allègre (lire Libération d’hier). A tel point que Stéphane Le Foll, son directeur de cabinet, planche sur une «charte de respect pour les socialistes». Cela suffira-t-il à affermir la position de son patron ? Celle-ci, même un de ses partisans en convient, s’avère «hyperinconfortable. Il ne peut échapper à un examen personnel de ses responsabilités».
Leadership. Le premier secrétaire, pourtant, est bien là. Tout comme Bertrand Delanoë, dont «la montée, estime un cadre, attire pas mal l’attention.» Et, bien sûr, Ségolène Royal, qui a tiré la première contre le discours de Nicolas Sarkozy, hier, dénonçant le «contraste entre l’illusion de mouvement» et «le flou, l’inertie, l’inaction» du gouvernement. La question du leadership, donc, demeure. Même si, officiellement, les idées seraient prioritaires. Régler la première ou s’attaquer aux secondes, le parti peine à trancher. Un député résume : «Tout le monde reste dans le jeu plutôt que sur les enjeux. Chaque sous-courant cherche tactiquement à se maintenir, mais ne sait même plus pourquoi.»

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