15.03.2007

riposte

Arguments & Ripostes 2007 n° 36
Deux impostures récentes de Nicolas Sarkozy

I) Sarkozy et les successions : un grand mensonge au service de l'injustice sociale
Nicolas Sarkozy l'a répété jeudi soir dans l'émission A vous de juger sur France 2 : s'il est élu, il supprimera l'impôt sur les successions « pour 95% des Français ». Il a fait de cette mesure une de ses priorités, en l'inscrivant sur la liste des 6 propositions les plus importantes qu'il s'est engagé à tenir à la fin de l'émission.
Cette proposition relève à la fois du grand mensonge électoral, de l'injustice sociale et du non-sens économique.
 Un mensonge électoral : Nicolas Sarkozy entend exempter 95% des Français de l'impôt sur les successions, et veut ainsi faire croire que cette mesure profiterait à tous, riches et moins riches. C'est une vaste hypocrisie : 90% des conjoints et 80% des enfants qui héritent sont déjà exemptés de tout impôt. Un cinquième seulement des déclarations de succession sont frappées de droit. La mesure de Sarkozy vise donc à satisfaire une clientèle électorale bien précise, les 15% des Français les plus riches (avec, par pudeur sûrement, le maintien de droits sur les 5% encore plus riches). Les contribuables de Neuilly apprécieront, les ouvriers auxquels le candidat de l'UMP a fait mine de s'intéresser récemment avec une grande compassion, nettement moins.

 Une injustice sociale : au cours de la même émission, Nicolas Sarkozy a justifié cette mesure de façon plutôt curieuse, voire incompréhensible.
: « L'égalité des chances, c'est pas d'aller prendre à celui qui a travaillé le fruit d'une vie de travail, c'est que celui qui n'a pas la chance de pouvoir hériter ait les mêmes chances un jour de se constituer un patrimoine que celui qui a hérité ».
Le candidat de l'UMP justifie donc la suppression de l'impôt sur les successions au nom même de ce pour quoi il a été créé, c'est-à-dire éviter que ne se reproduisent et s'accroissent indéfiniment les inégalités de patrimoines entre ceux qui héritent et ceux qui n'héritent pas
Avec Nicolas Sarkozy, les enfants des plus riches seront toujours plus riches, les enfants des plus pauvres toujours aussi pauvres. Loin de valoriser le « travail » et « l'effort », la suppression de l'impôt sur les successions favorise les rentiers, les « fils de », les dynasties.

 Un non-sens économique : cette mesure témoigne enfin de l'incohérence totale du projet de Nicolas Sarkozy en matière économique. Il est complètement contradictoire de défendre la « valeur travail » tout en exonérant fiscalement les patrimoines. Loin de brider les initiatives, l'impôt sur les successions était défendu dès le XIXe siècle par Carnegie et par les self made men comme une puissante incitation… à travailler, pour éviter que les héritiers ne se contentent de vivre paresseusement de l'argent de leurs parents.

En résumé, à la grande majorité des Français qui gagnent entre 1 et 2 fois le SMIC et qui ne sont pas imposés sur leurs successions, Sarkozy dit : travaillez plus. Aux 15% des Français les plus aisés, le même Sarkozy dit : l'Etat va vous aider en supprimant l'impôt sur les successions. Cette mesure s'apparente donc à une redistribution à l'envers, des classes populaires et moyennes vers les classes les plus aisées.
II) «Je veux un ministère de l'immigration nationale et de l'identité nationale»

Propos de Nicolas Sarkozy dans l'émission de France 2 « A vous de juger » le 8 mars 2007.

En faisant de l'immigration une menace à « l'identité nationale », Nicolas Sarkozy s'aventure une nouvelle fois du côté des thèses traditionnelles du Front National.
L'extrême droite française a fait en effet de la thématique identitaire son fonds de commerce depuis les années 1970. C'est une vision de l'immigration comme « agent dissolvant » d'une identité nationale figée et préexistante que le candidat de l'UMP véhicule aujourd'hui. Ce repli identitaire fait de la nation française un concept abstrait, qu'il faudrait protéger de toute autre influence culturelle, sous peine de la voir disparaître. Nicolas Sarkozy ressuscite la peur de « l'étranger », amalgamant immigrés intégrés de longue date dans la société française, nouveaux arrivants réguliers et clandestins, tous porteurs du même danger : celui de « dénaturer » la nation.

C'est oublier précisément que « l'identité » française est le produit de vagues d'immigration successives, qui ont toutes pris une part essentielle à la construction de la nation et de son histoire. Nicolas Sarkozy porte au contraire une conception nauséabonde de l'identité, endossant les mots de la vulgate frontiste, en affirmant « Je souhaite qu'on ne puisse pas vivre en France sans respecter sa culture et ses valeurs (…). C'est parce que je veux protéger la France et ses valeurs que je souhaite que soient définis les principes de l'entrée et du séjour des étrangers dans notre pays » (discours prononcé à Cormeilles-en-Parisis, le 6 mars 2007).

Le candidat de l'UMP utilise une nouvelle fois le thème de l'immigration et l'obsession de l'identité nationale à des fins électoralistes, pour mieux éluder les vraies questions économiques et sociales. Alors qu'il est Ministre de l'Intérieur depuis 5 ans, après avoir fait deux lois répressives contre les immigrés, restreignant de façon drastique les conditions d'accès au territoire français des immigrants et des demandeurs d'asile, Nicolas Sarkozy annonce de nouvelles règles encore plus dures pour les immigrés, qui créeront des conditions d'existence inhumaines et un nombre de clandestins accru.


Avec Nicolas Sarkozy vraiment, tout sera pire
Arguments & ripostes 2007 n° 37

La République nouvelle


I) Une crise politique bien réelle

Tous les aspects de la crise de la République sont réunis : un président de la République sans responsabilité politique ni pénale, un parlement sans réel pouvoir, un personnel politique qui cumule les fonctions, une justice attaquée de toute part, des organes de régulations comme le CSA discrédités, des méthodes de gouvernement qui ignorent les citoyens et la société civile.

Et les chiffres de la dernière présidentielle le soulignent encore : 14 millions d’abstentionnistes, 6 millions d’électeurs jetés dans les bras de l’extrême droite, moins de la moitié de la population en âge de voter soutenant les candidats des partis de gouvernement, le président de la République choisi au premier tour par seulement un Français sur dix, et le deuxième tour se transformant en plébiscite monarchique. Trois ans plus tard, le rejet du Traité constitutionnel européen par référendum n’est qu’une expression supplémentaire du divorce entre les Français et leur représentation politique. La crise du CPE, au printemps 2006 a montré aussi l’étendue des carences de la démocratie sociale, dans un pays qui ne supporte plus le passage en force comme méthode du gouvernement.

Il n’y a plus désormais de lien clair entre l’expression du suffrage et l’exercice du pouvoir. Les Français ne sont pas devenus indifférents à la politique, mais ils veulent une démocratie qui fonctionne mieux et dans laquelle chacun se sente respecté, et représenté, à laquelle, chacun puisse mieux participer.

II) Réconcilier les Français avec leur République

La crise est si évidente que la nécessité de réformer les institutions est admise par tous les partis politiques, à l’exception notable de l’UMP dont le candidat promet au contraire une concentration accrue des pouvoirs entre ses seules mains, annonçant même qu’il étendra ses attributions au-delà du seul domaine réservé du Président de la République (politique étrangère et de la défense). Des institutions qui datent de la fin des années 50 doivent pourtant être profondément revues.

Les Français ont besoin de dialogue, de participation, d’être écoutés, entendus, reconnus, au sein même des institutions politiques. Et un bon fonctionnement démocratique a aussi besoin d’eux. C’est dans l’échange et le respect qu’une démocratie moderne doit se forger. Il faut donc démocratiser et réviser nos institutions pour que les Français reprennent la place qui est la leur et qu’on leur a trop longtemps confisquée, pour dépasser une crise devenue dangereuse pour l’équilibre républicain.


III) Une Révolution démocratique pour une République nouvelle

La révolution démocratique proposée par le Pacte présidentiel consiste à rendre le pouvoir aux Français et à changer la façon de gouverner :

 en organisant une meilleure représentation au Parlement par l’introduction limitée d’une dose de proportionnelle aux élections législatives, afin d’assurer la présence des minorités, sans interdire la nécessaire émergence d’une majorité ;

 en augmentant les pouvoirs des parlementaires pour qu’ils contrôlent mieux l’action du gouvernement ; cela suppose la suppression de l’article 44/2 sur le vote bloqué, 49/3 sur l’adoption sans vote d’un texte, la révision de la procédure des ordonnances (article 38) :

 en introduisant des règles strictes de non-cumul des mandats de sorte que les élus parlementaires se consacrent entièrement à leur mission et redonnent du crédit à l’action politique ;

 en modifiant les règles d’élections du Sénat, pour favoriser la proximité du peuple et faire en sorte que cette assemblée entre enfin dans l’ère de l’alternance ;

 en permettant aux citoyens de peser directement et immédiatement sur le cours des choses par la constitution de jurys citoyens, par le dépôt de propositions de loi d’initiative populaire ou par un meilleur contrôle des budgets des collectivités locales ;

 en accordant le droit de vote aux élections locales aux résidents étrangers extra communautaires, sous certaines conditions de durée de séjour ;

 en facilitant l’accès pour tous, à une justice dont le fonctionnement sera totalement réformé et mieux doté ; aujourd’hui le budget consacré à la justice place la France au 23ème rang de l’Union Européenne, quant à la part de l’effort financier ;

 en garantissant le pluralisme et l’indépendance des médias ;

 en promouvant une nouvelle étape de la décentralisation, permettant de renouer concrètement avec les principes d’égalité territoriale.

Le Pacte présidentiel propose une transformation, qui relève de l’urgence démocratique. Il a pour objectif de construire une république nouvelle, au sein de laquelle chacune et chacun pourront trouver leur place et se reconnaître.





Avec Ségolène Royal, une démocratie renouvelée
Arguments & Ripostes 2007 n° 38
Retraites et personnes âgées

I) L’enjeu

la France connaît aujourd’hui 13 millions de retraités. Dans dix ans, ce chiffre dépassera les 15 millions. A la même date, le nombre de personnes âgées de plus de 85 ans aura progressé de 75 % soit 800 000 supplémentaires.

Pour l’heure le financement des retraites. A structures inchangées demeure un problème, le déficit de la branche vieillesse se creusera dans les années à venir en raison même des impasses de la loi Fillon. Les injustices s’aggravent de jour en jour et le risque de paupérisation des personnes âgées est là. On dénombre déjà fin 2006 environ 1 million de personnes âgées sous le seuil de pauvreté. Le développement des avantages de toute nature consentis aux systèmes parallèles par capitalisation fragilise le système par répartition des retraites.

La prodigieuse progression de l’espérance de vie, trente ans en un siècle, ne doit pas se transformer en angoisse pour les personnes âgées et leur famille. La dépendance et la semi-dépendance ne peuvent plus être perçues comme des données marginales.

Le départ en retraite ne doit plus être vécu comme un couperet séparant activité et inactivité sociale alors qu’aujourd’hui un homme ou une femme cessant son activité professionnelle dispose en moyenne de plus de 20 ans d’espérance de vie devant lui ou devant elle. La revendication d’une vie et d’une implication sociale est légitime pour les retraités.

II) Les propositions de la droite

La réflexion et les propositions de la droite ne sont pas à la hauteur des transformations en cours, des attentes sociales.

La droite ne comprend pas l’aspiration de tous les partenaires sociaux à une vraie renégociation du dispositif Fillon parce qu’elle refuse d’admettre son échec.
Elle confirme sa préférence pour les systèmes d’épargne et de capitalisation qui génèrent inégalités et incertitudes et affaiblissent financièrement le régime général.

Elle envisage, au nom du libre choix, le recul de l’age de la retraite à 70 ans tout en cautionnant l’éviction du marché de l’emploi des salariés de plus de 50 ans, qui ne demandent pourtant qu’à travailler. Elle ne perçoit pas l’ampleur de la révolution de société que représentent les progrès de l’espérance de vie. L’aspiration à une retraite non seulement décente mais citoyenne, la prévention et la prise en charge de la dépendance, inévitable chez les nonagénaires et les centenaires de plus en plus nombreux, le droit à l’égalité d’accès à la santé représentent des exigences profondes et justes. Depuis 5 ans, et encore aujourd’hui, la droite se montre incapable d’assumer la formidable innovation qu’est l’allocation personnalisée d’autonomie, préférant délibérément laisser les départements en première ligne, et désengageant l’Etat par dogmatisme.

III) Les réponses de Ségolène Royal

Elle souhaite de vraies négociations avec tous les partenaires concernés sur tous les aspects de la retraite sans rien laisser dans l’ombre, sans passage en force. C’est le gage de la réussite.

Elle veut mettre au cœur du débat les questions de pénibilité des métiers, de précocité des carrières, de réduction des inégalités d’espérance de vie encore très vivaces selon les catégories socio-professionnelles. Elle entend réhabiliter l’emploi durable et pérenne respectueux du salarié et justement rémunéré, préalable indispensable au financement de retraites décentes pour tous.

Elle entend rapprocher à termes le niveau garanti des retraites de celui du SMIC qui sera lui-même sensiblement relevé au cours de la prochaine législature, tout en proposant une majoration de 5 % dès cette année pour les retraites inférieures à 985 euros.

Surtout, le développement d’une politique innovante et ambitieuse est indispensable pour répondre et anticiper les puissantes transformations consécutives au bond de l’espérance de vie.

Il convient de proposer une action permettant à un grand nombre de retraités de trouver leur place et d’être utiles à une société qui a besoin de leur expérience et de leur compétence. La profonde réforme du comité national des retraités et des personnes âgées dans le sens d’une meilleure représentation contractuelle des associations concernées, s’impose.

Une autre politique de santé mieux adaptée aux patients les plus âgés est nécessaire. Les phénomènes vieillissement apparaissent souvent de manière progressive : un développement de la prévention et une meilleure formation à la gériatrie ont donc toute leur place. Il faut enfin prendre à bras le corps à partir de ce que la gauche a créé, l’APA, le défi de la dépendance, compte tenu de la progression attendue des personnes de plus de 85 ans.

C’est pourquoi, Ségolène Royal préconise :
- un effort de solidarité nationale de sorte que l’Etat finance bien l’APA à concurrence de 50 % des besoins, conformément aux engagements pris en 2001 et abandonnés depuis par la droite ;
- la création de 10 000 places par an de services de soins infirmiers à domicile. La politique d’aide au maintien à domicile reste la priorité des personnes concernées et la solution la moins onéreuse.
- La création de 10 000 places par an en établissements, pendant toute la durée de la législature.
- Une politique d’amélioration des services rendus en accordant une priorité au recrutement et à la formation des personnels. Cette action devrait conduire à une plus grande attractivité des carrières sanitaires et sociales au service des personnes âgées.
- Un traitement à la fois sérieux et indispensable du problème du « reste à charge » pour les familles qui doivent assumer le coût d’un hébergement en établissement.

La cohabitation simultanée de 5 générations, des arrières-arrières petits enfants au arrières-arrières grands-parents sera de plus en plus fréquente. Le défi de la solidarité entre générations est à coup sûr l’un des tous premiers, auquel notre société doit se préparer à répondre collectivement.

Une France juste, c’est une France qui reconnaît la place et le rôle des personnes âgées
Arguments & Ripostes 2007 n° 39

Nicolas Sarkozy et l’immigration :
Ou le cercle infernal inefficace – démagogique - injustice

« La France, tu l’aimes ou tu la quittes »
Slogan du Front National

« Dire que si on n’aime pas la France,
il vaut mieux la quitter n’a rien de choquant.»
Nicolas Sarkozy, Jeune Afrique, 5 novembre 2006
I) Le ministre a mis en musique certaines propositions fortes du Front National
En 5 ans, en matière d’immigration, Nicolas Sarkozy a pratiqué un activisme législatif qui l’a rapproché pas à pas des thèses du Front National. Nombre de décisions du ministre sortant font en effet écho au programme du Front National. En voici quelques exemples :

Le Front national l’a proposé Nicolas Sarkozy l’a fait
"Expulser les condamnés étrangers à l’expiration de leur peine" Lors des événements de novembre 2005, le Ministre de l’Intérieur a demandé l’expulsion des jeunes soupçonnés d’avoir pris part aux violences dans les banlieues.

"Abroger le regroupement familial" La Loi RESEDA votée en 2006, soumet le regroupement familial à la notion d’"intégration réussie" et instaure un délai probatoire de trois ans.
"Instaurer une période probatoire pour les mariages mixtes".
Un étranger ne peut désormais demander la nationalité française que quatre ans après son mariage avec une personne de nationalité française. Il faut désormais attendre trois ans de vie commune depuis le mariage pour solliciter une carte de résident, qui n’est plus délivrée de plein droit et qui tient compte de l’intégration des intéressés.
II) Les exemples d’une mauvaise gestion du ministre et de mauvaises propositions du candidat : expulsions, regroupement familial, immigration choisie
1. Nicolas Sarkozy avait promis un doublement des reconduites à la frontière. Cet objectif étant loin d’être atteint entre 2002 et 2005, le ministre a multiplié les consignes pour « expulser à tout prix » en 2006 :
- Pour faire du chiffre, les préfectures ont multiplié en 2006 les expulsions de Roumains plus faciles à éloigner du fait de la coopération du gouvernement roumain ; mais depuis le 1er janvier 2007, ils sont ressortissants de l’Union européenne.
- La Cour des comptes juge sévèrement cette politique dans son rapport annuel 2006 remarquant que « le doublement des reconduites à la frontière a été obtenu au prix d’un accroissement important des moyens mobilisés » et que son coût global est « encore loin d’être connu » alors que « le respect de l’exercice des droits des étrangers retenus reste incomplet ».
Rappelons qu’entre 2002 et 2005, le gouvernement sortant a délivré 16% de titres de séjour de plus que sous le gouvernement Jospin pourtant accusé de laxisme.

2. Les restrictions toujours plus fortes au regroupement familial, qui ne concerne que 25 000 personnes, ne freinent absolument pas l’immigration des pays du Sud. Les lois Sarkozy vont donc multiplier les cas des immigrés non expulsables (car protégés par la convention européenne des droits de l’homme) et non régularisables.

3. Nicolas Sarkozy prétend enfin favoriser l’immigration des travailleurs dont la France a besoin. Depuis le 16 juin 2005, le ministre de l’intérieur a autorité pour donner des instructions aux services qui délivrent des autorisations de travail. Qu’a fait NS de ce nouveau pouvoir ? Rien. De 2002 à 2004, l’immigration légale a augmenté, et l’immigration de travail a baissé.

4. De nombreux couacs :
- Des dérapages : une vaste opération de contrôle d’identité à la distribution de repas des Restos du cœur qui s’apparente presque à une « rafle »
- Des injustices : devant la mobilisation associative, Nicolas Sarkozy avait reculé à propos des expulsions des parents sans papiers d’enfants scolarisés ; mais seuls 20% des 33 000 demandeurs ont eu gain de cause, et de nombreuses injustices ont été relevées
- Des tendances dangereuses : la création du fichier Eloi qui permet de conserver pendant 3 ans des données sur les étrangers en situation irrégulière mais aussi sur les personnes qui les hébergent ou leur rendent visite
- Des effets pervers : la fin du dispositif permettant de régulariser des étrangers au bout de 10 ans de présence irrégulière sur le territoire (qui, contrairement à ce qu’affirme NS, existe dans d’autres pays européens sous des formes proches) empêche de régler de façon pragmatique des cas humanitaires, pour des personnes présentes depuis très longtemps en France.

III) Aujourd’hui le candidat veut aller plus loin
Le candidat sortant veut une nouvelle révolution sur ce sujet :
- Faire voter une nouvelle loi et durcir le dispositif de regroupement familial, pour obliger notamment les étrangers à connaître le français avant leur entrée sur le territoire
- Créer un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale (A vous de juger, 8/03/2007).
IV) À l’inverse, le Pacte présidentiel de Ségolène Royal retient des propositions réalistes, humaines qui correspondent à la fois à la tradition française et aux exigences de notre temps
- Instituer un visa permettant des aller-retours multiples sur plusieurs années
- Rétablir la règle des 10 ans comme critère de régularisation
- Régulariser les sans papiers à partir de critères fondés sur la durée de présence en France, la scolarisation des enfants et la possession ou la promesse d’un contrat de travail.
Avec Ségolène Royal, arrêtons la démagogie et l’injustice
Arguments & Ripostes 2007 n° 40
L’UDF d’hier et d’aujourd’hui

I) Majorité UMP/UDF (2002/2005) : la mémoire effacée de François Bayrou

Déclaration politique des groupes : bureau de la présidence de l’Assemblée nationale - 25 juin 2002 (source Assemblée nationale) Groupe Union pour la Démocratie Française
« Les députés UDF se reconnaissent dans la majorité présidentielle née le 5 mai 2002 et soutiennent l’action du gouvernement nommé le 17 juin 2002…. »
Alliance UMP/UDF

François Bayrou : Invité du JT de TF1 (03/06/02) « Voter UMP ou UDF mais pas socialiste »
« Voter UMP ou UDF mais en tout cas pas voter socialiste . Mais l’urgence de l’urgence, la priorité des priorités, c’est que l’on ne reparte pas pour 5 ans dans les 5 années qu’on vient de vivre avec cette manière d’épuiser la France que la cohabitation impose. »
je soutiens le gouvernement parce qu’il faut avoir des positions simples et claires. Ma position c’est de soutenir le gouvernement qui a été mis en place… »,

 Interview de François Bayrou (Le Monde du 06.10.02) : « pour l’union entre l’UMP et l’UDF »
« Pour l’instant, l’UMP nous regarde et peut-être de haut. Mais le jour viendra où il faudra entre l’UMP et l’UDF des relations suivies, et une organisation de notre travail en commun sur la base d’un partenariat. Préparons-le d’ores et déjà ».

 Interview d’Hervé Morin (le Figaro : 20/09/03)
« L’UDF ne critique pas tout ce que fait le gouvernement ! Nous apprécions le travail de Sarkozy, de Fillon, de Dutreil, de Robien, de Mer, par exempe.

 François Bayrou invité de Jean Michel Blier (France-Info du 23.10.03) « l’UDF fait partie de la majorité »
« L’UDF fait partie de la majorité parce qu’elle traduit les sentiments du plus grand nombre des Français qui ont voté pour le Président de la République et pour la majorité nouvelle en 2002. Il y a des millions de Français aujourd’hui qui pensent qu’ils ont voté pour un choix clair et qui ne s’y retrouvent pas.
II) Droit du travail, pouvoir d’achat, fiscalité, etc …

 Interview de Hervé Morin (Les Echos du 01.10.02) : Le pouvoir d’achat
« Non, tout est encadré. Il n’y a rien à négocier. Le carcan de la loi est tel que l’incitation à négocier n’existe pratiquement pas. Par exemple, le texte annonce que le taux de majoration des salaires est fixé par la négociation collective, mais il précise que, si aucun accord n’est trouvé, il sera fixé à 25% pour les huit premières heures et à 50% pour les suivantes. Connaissez-vous un syndicat qui accepterait, dès lors, un taux inférieur à 25%. Fixer le taux de bonification à 25% a tué la négociation et va coûter cher aux entreprises ».

 Interview de François Bayrou (Le Parisien du 09.10.03) : « travailler plus pour gagner plus… »
« L’UDF a critiqué depuis le début l’instauration autoritaire des 35 heures. Nous avons regretté que l’on choisisse des mini-aménagements et pas un vrai changement. Nous croyons qu’un jour ou l’autre, par accord entre le salarié et l’entreprise, sans y être obligés, les Français qui le veulent devront pouvoir travailler plus pour gagner plus ».


 À propos du droit de grève…
« Le mouvement social contre la réforme des retraites va vers son terme. Il est naturel dans ces conditions que se réunissent des manifestations de « ras le bol » d’associations comme « la France qui bosse » contre ceux qu’on caricature comme « privilégiés » ou « nantis » de la fonction publique…. »
(Source : Démocratie Info n° 81 / 19 mai 2003

 l’Impôt Sur la Fortune
Interview de Jean Arthuis (La Croix du 13.09.02)…
Question : Lors de la discussion du budget au Sénat, proposerez-vous une réforme du plafonnement de l’impôt de solidarité sur la fortune ?
« Cette mesure fait également partie des priorités. La mondialisation doit nous conduire à gommer tous les impôts qui se retournent contre nous, c’est-à-dire qui incitent les contribuables à pratiquer leur activité à l’étranger ».

 Interview de Philippe Augier, maire de Deauville, secrétaire national de l’UDF (Le Parisien du 09.02.03)
« Non. A qui l’ISF coûte-t-il le plus ? Aux chômeurs. Il ne rapporte rien ou presque à l’Etat, mais fait fuir hors de France les capitaux qui créent des emplois à l’étranger plutôt que chez nous. Je pense que l’ISF est nuisible du point de vue de la justice sociale parce qu’il aggrave le chômage ».

 Le budget 2003
« Le mois de décembre a vu l’adoption par le parlement de la traditionnelle loi de finances. … Ce projet marque une étape importante. Il opère des choix que l’UDF soutient, prend de bonnes orientations, répond à plusieurs des attentes de nos compatriotes….
Charles de Courson, député UDF de la Marne
(Source : Démocratie Info n°73 / 13 janvier 2003)

 La loi Falloux
François Bayrou invité du Grand Jury RTL/Le Monde/LCI du 26.06.03 :
« Sur la loi Falloux, Je n’ai rien retiré et le gouvernement n’a rien retiré. C’est le Conseil Constitutionnel qui, la veille de la manifestation, a dit, sur un motif qui d’ailleurs me laisse encore perplexe neuf ans après, qui a dit : « ce n’est pas constitutionnel de permettre aux communes d’aider à réparer ou à construire ».

 José Maria Aznar : un exemple :
« L’UDF est libre dans la majorité, elle peut donc aider le gouvernement en ayant un langage de vérité qui est plus difficile à tenir pour les parlementaires UMP. Il nous faut proposer les vraies réformes dont le pays a besoin, celles des retraites, de l’assurance maladie, la réforme de l’Etat et la décentralisation…. »
« C’est sur ce terrain que les élus doivent mener la bataille politique. Beaucoup de gouvernements l’ont gagnée. Notre ami Aznar en Espagne en a été récompensé ».
Charles de Courson député UDF de la Marne
(Source : Démocratie Info n° 79 / 15 avril 2003)





Ce florilège est tout à fait explicite.
Qu est-ce qui a changé aujourd’hui ?
Arguments et Ripostes 2007 n° 41

François Bayrou : une curieuse idée de la laïcité

I) Quelle est sa conception de la laïcité ?

François Bayrou se présente souvent comme un grand défenseur de la laïcité. Mais qu’entend-il exactement par ce terme ?

 La laïcité républicaine, du point de vue de FB, a pour avantage de renforcer les religions : « Elle donne à l’engagement religieux une authenticité personnelle qu’il n’y avait pas avant. » (8e rendez-vous de l'Histoire à Blois, 17 octobre 2005)
 Pour lui, elle n’est pas neutralité, mais défense et protection des religions : « la laïcité ce n’est pas la neutralité, malgré les affirmation simples, de Renan par exemple. La laïcité, ce n’est pas un ensemble vide » ; « La laïcité dit " dans tout cela, il y a du sacré ". Pour nous, Français, on n’y touche pas. Exemples : juifs, shoah, races, etc. » (Audition par la Commission de réflexion sur l’application du principe de laïcité, présidée par Bernard Stasi, 7 octobre 2003). Mais que recouvre exactement ce « etc. » ? Par exemple, faut-il « ne pas toucher » au voile pour les femmes ?
 Sa position est donc tout sauf claire, comme le résume son attitude ambiguë à propos de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905 : « Un code de la laïcité est devenu nécessaire, un code qui reprenne de manière simplifiée et solennelle les textes qui fondent l’architecture juridique de notre laïcité et ont construit le compromis laïque. Je ne suis pas favorable à modifier l’arsenal juridique, notamment la loi de 1905. Si des adaptations doivent être trouvées, la rédaction d’un tel code le permettra. ». En résumé, il faut changer la loi, sans la changer, tout en la changeant !
 Alors que la laïcité revient à ce que l’Etat ni ne soutienne, ni n’attaque les religions, FB regrette que l’Etat ne prenne pas en compte explicitement les religions, et envie le communautarisme religieux anglo-saxon : « Les sociétés anglo-saxonnes, par exemple, sont moins sensibles à ces sujets [la laïcité] que nous ne le sommes. C’est qu’elles ont dès l’origine intégré le communautarisme pluriel dans leur représentation d’elles-mêmes. » (Audition par la Commission de réflexion sur l’application du principe de laïcité, présidée par Bernard Stasi, 7 octobre 2003).

François Bayrou ne défend pas la laïcité républicaine, mais une version très personnelle de celle-ci, selon laquelle l’Etat doit prendre en compte et soutenir tous les cultes : « La laïcité n’est pas l’ennemi de la conviction religieuse, mais la prise en compte de toutes » (discours pour le vote d’abstention du groupe UDF le 10 février 2004, pour la loi sur le voile).

II) Une ambiguïté qui se traduit dans ses actes

Le ministre de la loi Falloux

Alors qu'il est ministre de l'Education nationale en 1993, FB tente de réformer la loi Falloux sur le financement de l'enseignement privé. Son projet propose de permettre aux collectivités locales de financer sans restriction la construction et l'entretien des établissements d'enseignement privé.

 S'ensuivit une mobilisation nationale, et même l'intervention du Conseil constitutionnel, qui censure le projet de loi, en particulier parce qu'il « contrevient au principe de la laïcité de la République posé par l'article 2 de la Constitution et méconnaît le devoir de l'Etat concernant l'organisation de l'enseignement public, gratuit et laïque à tous les degrés imposé par le Préambule de la Constitution de 1946 » (Décision n° 93-329 DC du 13 janvier 1994).

L’opposant à la loi sur le voile

Se protégeant derrière la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, FB ainsi que certains députés UDF ont refusé de voter la « loi sur le voile » en 2004, qui visait à défendre la laïcité à l’école en y interdisant le port de signes religieux ostensibles.

 FB explique le 3 février 2004 : « sauf à démontrer que le port d’un insigne religieux est nuisible à la société, nul n’a le droit de l’interdire ».

Le défenseur de l'enseignement catholique

 FB déclare dans un discours du 25 janvier 2007 à Orléans : « Personne ne peut soupçonner en moi un ennemi de l’enseignement privé. J’ai pris suffisamment de risques pour être objectif et compréhensif en la matière pour pouvoir prétendre que je suis partisan de la liberté de l’enseignement. »
 Pour comprendre la portée de ces propos, il faut se souvenir que, en France, 97% de l'enseignement privé est catholique



FB n’hésite pas à mettre en avant ses croyances comme argument électoral :

 « Je suis croyant, j’ai un attachement pour les religions et si j’avais été directeur d’un de ces journaux, je n’aurais pas publié (ces dessins). », déclare-t-il dans Libération le 8 février 2007, alors même qu’il prend la défense de Charlie Hebdo dans le procès des caricatures !





Comme toujours, François Bayrou joue la carte de l’ambiguïté, du « un coup à droite, un coup à gauche » pour tromper les Français et attirer à lui plus d’électeurs. Sa posture de défenseur de la laïcité est démentie par une lecture attentive de ses propos, et par ses actes. Sur ce sujet comme sur d’autres, sa stratégie revient à parer les idées de Nicolas Sarkozy avec les mots et les principes de Ségolène Royal et du PS.
Arguments & Ripostes 2007 n° 44
La Jeunesse

Confrontée à une génération qui, à bien des égards, vit déjà moins bien que celle de ses parents, la droite a fait un choix : celui de la mettre au pas.
Dans son programme à l’attention de la jeunesse, Nicolas Sarkozy tire sur deux grosses ficelles : L’assimilation jeune-délinquant et le fait que pour les politiques publiques, la jeunesse est une charge.
Après un bilan désastreux qui a vu l’explosion du chômage chez les jeunes et l’aggravation des inégalités, l’UMP nous propose d’entériner cet état de fait et nous offre pour seule perspective la précarité.

I) Critique des Propositions de l’UMP :
• Supprimer la carte scolaire
Cette mesure aura comme seul effet d’annuler la mixité sociale garantie, certes de manière insuffisante, par la carte scolaire. Le libre choix, c’est la liberté pour ceux qui en ont les moyens. Avec ce projet, ce sera la mise en place définitive d’une ségrégation sociale et territoriale généralisée.
• Contrat d’autonomie pour les jeunes
Plagiée sur le projet socialiste, cette proposition est réduite au prêt à taux zéro…Pour la droite, l’autonomie se limite aux seuls problèmes financiers et ce, complètement en décalage avec les attentes de la jeunesse. La droite souhaite substituer la dépendance des jeunes vis-à-vis de leurs parents à une dépendance vis-à-vis des banques. Ce n’est pas en offrant comme seule perspective de s’endetter que l’on rétablira l’égalité des chances. Renouvelable chaque année, ce prêt a vocation à remplacer le système de bourse…
• Défiscaliser les revenus du travail étudiant
C’est encourager le salariat étudiant qui est une des premières causes d’échec, en particulier pour les étudiants issus des milieux les plus modestes. Ne payant pas d’impôt sur le Revenu, cette promesse est purement démagogique et restera un gadget.
• Un contrat de travail unique à droit progressif
Bienvenue dans la précarité pour tous ! Non seulement l’expérience du CNE a démontré que la vulnérabilisation des salariés ne fait pas baisser le chômage, mais en l’absence de dispositif d’insertion et d’accompagnement des jeunes à leur entrée sur le marché du travail, la précarité et le chômage des jeunes ne sont pas prêts de baisser.
Rien sur la santé des jeunes, aucune proposition concernant l’accès au logement, ni même l’accès au premier emploi et bien sûr, aucune solution pour rétablir l’égalité des chances.
La politique suivie depuis 2002 renforce les inquiétudes que nous pouvons avoir. C’est une politique contraire à la jeunesse qu’ont mené les gouvernements successifs : Contrat Première Embauche, loi Fillon sur l’éducation, harcèlement policier dans les quartiers, apprentissage à 14 ans, travail de nuit dès 15 ans, destruction méthodique des systèmes de protection sociale… La liste est longue et loin d’être exhaustive.
Nicolas Sarkozy a initié et accompagné toutes ces mesures en ajoutant sa touche sécuritaire qui a pour unique objectif de faire des jeunes les boucs émissaires de l’échec de 5 années passées au ministère de l’Intérieur.

II- Propositions de Ségolène Royal
Ségolène Royal, dans son pacte présidentiel, prend en compte les aspirations de la jeunesse. Elle fait le choix de la confiance parce que, pour elle, la jeunesse n’est pas un problème, elle est une partie de la solution aux problèmes de la France.
• Une allocation autonomie pour sortir les jeunes de la dépendance et de la précarité. C’est le contraire d’une société de l’assistanat que propose Ségolène Royal, elle veut signer un pacte avec la jeunesse donnant des droits mais également, fixant des devoirs pour chaque jeune qui en bénéficiera.
• Un droit au premier emploi pour tous les jeunes qui au bout de six mois sur le marché du travail sont encore au chômage. Nous proposons que la société fasse le pari de la jeunesse, que les entrepreneurs ne considèrent plus les jeunes comme un risque pour leur entreprise. Avec les emplois-tremplin, le dispositif Eva et le service civique, Ségolène Royal propose un plan ambitieux et cohérent pour permettre aux jeunes d’accéder au premier emploi.
• Un cautionnement public pour aider à l’accès au logement et un plan de construction de logements pour les étudiants et pour les jeunes travailleurs. Parce que trop de jeunes ne peuvent pas avancer les cautions, parce que trop d’étudiants et de jeunes travailleurs n’arrivent pas à trouver de logements avec des loyers accessibles. Ségolène Royal a décidé de mettre les moyens pour en finir avec ces situations inacceptables.
• Une carte santé jeune pour permettre aux jeunes de consulter gratuitement des généralistes et des spécialistes. De plus en plus d’étudiants et de jeunes salariés renoncent à se soigner pour des raisons financières. Parce que la santé de notre jeunesse mérite tout les efforts, et ce, d’autant plus qu’avec une prévention accrue, il est prouvé que les dépenses médicales, au final, diminueront.
Des sanctions financières pour les entreprises qui abusent des stages et des emplois précaires. Nous ne voulons plus de cette société de l’employé-kleenex à la merci des dirigeants et actionnaires de son entreprise! Pour retrouver leur dignité, les jeunes doivent pouvoir construire leur avenir en toute sérénité et Ségolène Royal propose de moduler les impôts des entreprises en fonction de la qualité des contrats auxquels elles ont recours.
• Le droit à la contraception gratuite pour toutes les jeunes filles de moins de 25 ans. C’est une demande forte exprimée par un grand nombre de jeunes et qui reflète cette volonté d’enfin pouvoir maîtriser son avenir au delà de considérations financières. Le droit à disposer de son corps est primordial dans l’accès à l’autonomie pour les femmes et Ségolène Royal l’a entendu.
• Un prêt de 10000 euros à taux 0 pour que chaque jeune puisse lancer son premier projet de vie. Le crédit est trop souvent inaccessible aux jeunes, faute de personnes dans leur entourage pour garantir ces prêts ou du fait des situations trop précaires de grand nombre de jeunes. Ségolène Royal veut donner les moyens à chacun de construire son avenir.
• Un investissement massif dans l’éducation et des dispositifs de suivi individualisés pour lutter contre le décrochage scolaire. L’inégalité à l’école et durant le parcours scolaire est à l’origine de toutes les inégalités et de toutes les difficultés futures. Les socialistes n’acceptent plus de voir un jeune décrocher du système scolaire parce que ses problèmes familiaux ou sociaux l’empêchent de pouvoir mener ses études sereinement. Ségolène Royal veut faire primer la réussite du plus grand nombre sur la sélection qui laisse trop d’élèves sur le bord de la route.
L’aspiration au changement est forte chez les jeunes. Une chose est sûre, ce n’est pas dans le projet de l’UMP pour 2007 qu’elle trouvera un débouché politique. C’est bien dans le pacte présidentiel de Ségolène Royal !
Le progrès pour tous et le respect pour chacun !
Arguments & Ripostes 2007 n° 45

Gagner la bataille de l’emploi


I) La droite et l’emploi : cinq années perdues

Le nombre de chômeurs avait été ramené de 3.137.500 en juin 1997 à 2.242.700 en mai 2002, soit une réduction de 894.800. Depuis juin 2002, il s’est simplement stabilisé, puisqu’il atteint 2 093 200 en janvier 2007.

Le chômage des jeunes est en hausse : 46.000 chômeurs de plus, soit une hausse de 15%.

Le chômage de longue durée stagne : 648.723 en janvier 2007 contre 630.604 en mai 2002, soit une baisse de 3%. En revanche, le taux de chômage d’une durée comprise entre 2 et 3 ans est en hausse : + 10.000 soit + 7%.

Cette situation résulte de la faiblesse des créations d’emplois : 161.900 emplois depuis mai 2002, soit seulement 38.000 par an. Entre 1997 et 2002, la France en avait créé 1.804.500, soit 360.900 par an. Depuis la mi-2002, la France crée dix fois moins d’emplois.


II) Polémique sur les statistiques

Quelle que soit la majorité, les statistiques du chômage sont sujettes à caution, puisqu’elles émanent du gouvernement. C’est pourquoi chaque année l’INSEE publie une enquête visant à corriger les statistiques gouvernementales en fonction des évolutions de la population active et de la réalité des emplois créés.

Pour la première fois cette année, le gouvernement a expressément demandé le report de la publication de l’enquête INSEE à l’automne, soit au lendemain des élections. Or, selon des experts de l’INSEE, le taux de chômage au sens du BIT, suite à ces corrections, se situerait aujourd’hui à 9,5% et non à 8,6%. Cette manipulation est d’ailleurs évidente : comment la France pouvait-elle compter 350.000 chômeurs de moins en 18 mois en ne créant que 180.000 emplois ?


III) Ségolène Royal, candidate du bon emploi pour chacun

- Ses propositions pour l’emploi des jeunes :
• Sécuriser le parcours des jeunes créateurs en soutenant la création d'entreprises et en généralisant les ateliers de la création dans toutes les régions ;
• Créer une allocation autonomie pour les jeunes sous condition de ressources avec un contrat pour faciliter les études et l’entrée dans la vie active ;
• Créer le droit au premier emploi des jeunes, pour qu’aucun jeune ne reste au chômage au-delà de six mois sans avoir un accès à une formation, un emploi aidé ou un tutorat rémunérés.
• Créer 500 000 emplois-tremplins, prioritairement destinés aux jeunes, en généralisant la mesure prise par les régions de gauche ;
• Instaurer un prêt à taux zéro de 10 000 euros en faveur de chaque jeune pour l’aider à construire un projet personnel ou professionnel ;
• Créer un service public d’orientation pour que les jeunes soient informés pleinement des débouchés offerts par chaque filière.
- Ses propositions pour l’emploi des chômeurs de longue durée :
• Mettre en place un revenu de solidarité active (RSA) permettant l’amélioration d'un tiers de ses ressources à tout bénéficiaire de minima sociaux reprenant le travail ;
• Renforcer la qualification et la capacité de revenir à l’emploi des salariés menacés de licenciement : mettre en œuvre systématiquement une démarche de validation des acquis de l’expérience professionnelle et reconnaître à chacun un droit à la formation et à la reconversion inversement proportionnel à la durée des études ;
• Mettre en place une sécurité sociale professionnelle garantie par l’Etat et permettant à chaque personne privée d’emploi de se voir proposer par les pouvoirs publics un contrat de droits et devoirs comportant : une rémunération, pendant un an, égale à 90 % du dernier salaire net perçu, une formation qualifiante et une aide personnalisée à la recherche d’emploi. Cette prestation sera assurée par un service public de l’emploi rénové.
- Ses propositions pour créer de nouvelles filières d’emploi :
• Anticiper l’épuisement du pétrole en soutenant massivement les énergies renouvelables pour atteindre 20% de la consommation en 2020, ce qui permettra de créer 70.000 emplois
• Généraliser l’isolation et les économies d’énergie dans le logement, ce qui permettra de créer 80 000 emplois.
• Créer des emplois-parents, généraliser des écoles de parents et des consultations de médiation familiale pour aider les parents en difficultés à conforter leur autorité.

08:09 Publié dans riposte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

01.03.2007

UMP BIS

Arguments & Ripostes 2007 n° 27
François Bayrou ou la confusion

François Bayrou a choisi de construire sa candidature sur le « ni droite-ni gauche ». Cela peut se justifier quand la République est menacée. Il s’agit alors de situations d’urgence nationale. Et la Résistance avec les gouvernements de la Libération en ont été les exemples emblématiques. Mais le ni droite, ni gauche n’est pas une forme durable de gouvernement, il se termine généralement en crises politiques.
Or, aujourd’hui, la France a besoin de choix clairs –ce dont elle a été privée en 2002 avec les conséquences négatives qui en ont découlé, François Bayrou parie sur le manque de mémoire des électeurs. C’est indéniablement faire preuve de démagogie. On avait connu un centre politique avec une identité nette, la démocratie chrétienne, que l’on pouvait approuver ou critiquer. Aujourd’hui, le centre que François Bayrou n’a plus un sens autre que tactique. Car il n’est pas « neutre » -contrairement à ce qu’il prétend- il est enraciné dans la droite, à la fois dans les faits et dans les idées.
I) François Bayrou : la droite dans les faits
• François Bayrou a fait toute sa carrière à droite. Il a soutenu Valéry Giscard d’Estaing, il a fait partie de l’état major de Raymond Barre, il a été un allié d’Édouard Balladur et de Nicolas Sarkozy, il a été ministre d’Édouard Balladue de 1993 à 1995, de Jacques Chirac de 1995 à 1997. Refusant d’être un second rôle à l’UMP, il a décidé de jouer sa partie en 2002 avec l’UDF maintenue.
• François Bayrou a voulu frapper l’opinion en demandant à son groupe parlementaire de voter de temps à autre avec le Parti Socialiste à partir de 2006. Mais sur l’ensemble de la législature, l’UDF, à l’Assemblée Nationale, et plus encore, au Sénat, de voté le plus souvent avec l’UMP. Sur 78 votes majeurs de 2002 à 2007, à 44 reprises pour des lois importantes, l’UDF a voté avec l’UMP, à 16 reprises avec le Parti Socialiste (surtout depuis 2006…). Il a déjà noter que dans ce cas, le groupe parlementaire UDF s’est divisé –François Bayrou étant incapable d’imposer la discipline à son petit groupe parlementaires !
• François Bayrou mène un parti où tous les élus ont un électorat de droite, travaillent dans toutes les régions, les départements, les municipalités avec les élus UMP. La sociologie politique est quand même révélatrice d’une réalité ! D’ailleurs ses représentants ce sont unis ce mois-ci dès le premier tour à l’UMP lors d’une élection municipale partielle à Romainville (93).
II) François Bayrou : la droite dans les idées
Nous avons désormais la « chance » de disposer du programme économique et social –la « social-économie»- de François Bayrou. Si l’on passe sur des propositions purement démagogiques, un référendum sur les retraites !- l’essentiel permet de voir que ce programme est « UMP-compatible ».

• Pouvoir d’achat : une pâle copie de Nicolas Sarkozy
Tout comme Nicolas Sarkozy, François Bayrou fait l’impasse sur la question du pouvoir d’achat :
• rien sur les salaires et le niveau des pensions des 13 millions de retraités, au risque de laisser une part non négligeable de notre population se paupériser, au détriment de la demande, seul moteur de la croissance encore allumé ;
• rien sur les prix, qu’il s’agisse des produits de consommation courante, du prix du logement (120 euros de plus par mois pour louer depuis 2002 et 65% de hausse à l’achat) ou encore de l’énergie (+70% pour le fioul et 55% pour le gasoil depuis 2002) !

Tout comme Nicolas Sarkozy, les propositions de François Bayrou pour élever le niveau de vie se limitent à l’octroi aux entreprises de nouvelles exonérations de cotisations sociales portant sur les heures supplémentaires (dont le taux serait majoré de 35%). Cette proposition, qui s’apparente au « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy, est :
• un non sens juridique et économique : ce ne sont pas les salariés mais les employeurs qui décident seuls de recourir aux heures supplémentaires. lls le font s’ils l’estiment nécessaire aux besoins de l’entreprise : la proposition de François Bayrou se heurte à l’insuffisance de la demande et de l’activité économique ;
• une fin de recevoir sociale : la première valeur du travail, c’est son prix. Or, cette proposition exclue de facto les deux salariés sur trois qui n’ont tout simplement pas accès aux heures supplémentaires, ainsi que le million de salariés à temps partiel subi ( dont 80% de femmes) ;
• un nouveau cadeau fiscal consenti aux entreprises, et non des moindres : près de 2,8 milliards d’euros, sans la moindre obligation de la part de l’entreprise. Les effets d’aubaine seront conséquents, puisque aucune condition n’est fixée pour être éligible à l’allègement.

• Emploi : une pâle copie des échecs du passé
Tout comme Nicolas Sarkozy, François Bayrou propose des exonérations de cotisations massives et indifférenciées. Ainsi, ses « deux emplois francs » de cotisations par entreprise seraient excessivement coûteux pour la collectivité et provoqueraient des effets d’aubaine massifs à l’avantage des entreprises, de loin les plus nombreuses, qui auraient embauché en l’absence de ces exonérations.
Cette mesure, qui priverait les caisses sociales de 4 milliards d’euros, représente un cadeau inédit par son ampleur mais aussi par la forme qu’il revêt : aucune limite n’étant fixée quant au niveau de qualification ou de salaire, il sera possible pour les entreprises d’utiliser ce dispositif pour défiscaliser les emplois les plus rémunérés.

• Fiscalité : la fortune en héritage
Tout comme Nicolas Sarkozy, François Bayrou propose d’aggraver les réformes fiscales injustes de ces dernières années (qui ont placé la fiscalité française à l’avant dernier rang de l’OCDE en termes de progressivité) : il partage avec lui la même volonté d’abaisser fortement, jusqu’à les vider de leur contenu, l’impôt sur la fortune et l’impôt sur les successions, puisqu’il s’engage à exonérer de droits toutes les successions en ligne directe inférieures à 200.000 euros. Cette quasi suppression des « droits de donations et de successions pour tous les patrimoines petits et moyens » est une supercherie qui masque une mesure d’une injustice rarement atteinte : dans un pays où la succession moyenne est de 55.000 euros, ce dispositif a déjà exclu 80 % des patrimoines transmis en ligne directe de toute imposition. Cette proposition dédouanerait les Français les plus riches du paiement de cet impôt, puisque seul 25% des Français détiennent un capital supérieur à 260.000 euros . Elle priverait le budget de l’État de près de 5 milliards d’euros par an, soit l’équivalent de 700 écoles ou encore 900 crèches. Clairement, au prétexte de favoriser les fruits du travail, François Bayrou favorisera l’héritage et la rente.

« L’autre chemin » de François Bayrou mène simplement à droite !

17:06 Publié dans riposte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

inquiétude

Arguments & Ripostes 2007 n° 26
« Nicolas Sarkozy : de la volonté de puissance à la tentation de l’autoritarisme »


I) Nicolas Sarkozy, une ambition boulimique

• La mise en scène de soi comme incarnation d’une volonté inflexible lui permet d’escamoter la plupart des critiques sur son bilan aux affaires
- Ainsi, quand il évoque son bilan à l’Intérieur, NS demande à être jugé sur ses intentions (lutte contre l’insécurité et l’immigration) plus que sur les résultats de son action (quadrillage policier aussi incessant qu’inutile, lois s’empilant les unes sur les autres, etc.). Difficultés et échecs sont toujours à rejeter sur les autres (les juges, les éducateurs, les autres pays,...). Privilégiant une éthique de conviction sur une éthique de responsabilité, NS illustre en permanence la confusion entre vouloir et agir
• Cette posture lui permet aussi d’escamoter les dérives personnelles d’une ambition effrénée
- Sa formule magique « Je veux être le Président » représente à elle seule 0, 68% de tous les termes qu’il emploie ! « La seule chose qui m’intéresse, c’est d’être un jour président de la République. » (Le Parisien, 11/03/2005). La franchise de l’aveu permet de masquer sa mégalomanie et son goût pour les fastes du pouvoir qu’il a montré et montre dans toutes ses fonctions ministérielles. Ce n’est pas demain que les dépenses de l’Élysée seraient réduites !

II) Entre concentration des pouvoirs et confusion des genres

• Son ambition sans borne l’amène à cumuler les mandats et les fonctions ( présidence du Conseil Général des Hauts de Seine, ministre d’Etat, président du parti majoritaire)sans se soucier des conflits d’intérêt ni des mélanges de genre
- Ainsi, son mépris de la séparation des pouvoirs, avec ses mises en cause répétées des juges, qu’il critique pour leur prétendu laxisme alors même qu’ils n’ont jamais été aussi répressifs (10 000 détenus de plus sur 2002-07). « Le président du tribunal de Bobigny refuse de condamner les multirécidivistes, il faut le remplacer ! » (A vous de juger, 30/11/2006)
- Ainsi, son utilisation des moyens de l’Etat à des fins personnelles et partisanes, avec l’instrumentation des RG, pour se défendre (« Je vais redevenir le patron de ceux qui ont fait des enquêtes sur moi. Certains doivent mal dormir depuis qu’ils savent que je reviens » déclare-t-il au Parisien en 2004) comme pour attaquer (l’espionnage de l’entourage de SR)
• Sa boulimie de pouvoir laisse bien mal augurer de ce que pourrait être l’autorité dans « l’État irréprochable » qu’il prône :
- Ainsi, sa conception du rôle présidentiel comme celui d’un super premier ministre : « La démocratie irréprochable c’est un président qui s’explique devant le Parlement. C’est un président qui gouverne. C’est un président qui assume. On n’élit pas un arbitre mais un leader ». Comment croire en ce dirigisme omniscient qui a déjà échoué avec Juppé en 1995 ? La méthode est mauvaise, les conflits certains…
- Ainsi, l’absence dans son projet (à la différence de SR) de toute mesure concrète pour rééquilibrer les pouvoirs. NS ne dit rien sur le rôle du Parlement, sur la nécessité de contre pouvoirs, sur la décentralisation, sur la démocratie participative, et tout simplement sur le rôle des citoyens dans la vie publique

III/ Derrière le tempérament autoritaire

• Une agressivité verbale
- Ainsi, sa gestion des conflits dans les banlieues, où il joue le pompier pyromane (52 % des habitants de banlieue estiment que ce sont ses propos qui ont le plus contribué aux émeutes ), multipliant provocations et amalgames (banlieues = immigration = délinquance = racaille)
• Nicolas Sarkozy menace à l’occasion – et sur un ton très sérieux - toute personne susceptible de le gêner ou de l’interpeller sur son action
- « Un jour, je finirai par retrouver le salopard qui a monté cette affaire et il finira sur un crochet de boucher » (F.-O. Giesbert, la Tragédie du Président - à propos de Clearstream). Au Parlement, les socialistes sont accusés à plusieurs reprises de préférer « leur parti à leur pays ». Il a même menacé un député de l’opposition (Henri Emmanuelli), suite à une question au gouvernement, le 27/04/2004 : « Fais gaffe à toi, fais gaffe, fais bien attention à toi ! »
• Nicolas Sarkozy recourt enfin facilement à l’intimidation et aux représailles
- Ainsi, entre autres exemples, l’éviction d’Alain Genestar : « Pour la première fois, l'ancien directeur de la rédaction de Paris Match, Alain Genestar, met publiquement en cause le rôle de Nicolas Sarkozy dans son licenciement : « Le ministre de l'Intérieur, quand il affirme n'être pour rien dans mon licenciement, ne dit pas la vérité » (Libération, 17/11/2006)

IV) Une réelle volonté de remise au pas du pays

• A partir du constat que la France aurait besoin d’autorité (« Je sais que notre pays a un fort besoin d'autorité, il faut le satisfaire. » - Le Progrès, 23/02/2006), NS développe la vision d’un ordre adossé à deux piliers principaux
- La criminalisation à tout va et la mise en place d’un ordre répressif dès la maternelle, avec une répression qui privilégie le « chiffre » et la mise en scène (« En affectant des CRS dans les banlieues sensibles (…), je fais de la police de proximité » - La Gazette des Communes, 21/11/2005), qui met les libertés en péril et attise les tensions entre la police et la population. Mieux, la santé publique et l’école passent au service du maintien de l’ordre : « Il faut agir plus tôt, détecter chez les plus jeunes les problèmes de violence. Dès la maternelle, dès le primaire, il faut mettre des équipes pour prendre en charge ces problèmes. Dès la maternelle ? Oui. » (Le Parisien, 2/11/2005)
- La religion comme facteur privilégié d’encadrement social : « On ne peut éduquer les jeunes en s'appuyant uniquement sur des valeurs temporelles, matérielles, voire même républicaines (…) la dimension morale est plus solide, plus enracinée, lorsqu'elle procède d'une démarche spirituelle, religieuse » - in Nicolas Sarkozy. - La République, les religions, l'espérance. - p. 163) - avec une attention particulière à l’Islam : « Certains des jeunes dans les banlieues qui n’ont rien dans la tête… La religion peut être un soutien pour eux. » (Cent minutes pour convaincre, France 2, 9 décembre 2002)


Alors, oui, avec Nicolas Sarkozy, les Français peuvent vraiment s’inquiéter

17:04 Publié dans riposte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

La france selon Sego

Argument & Ripostes 2007 n° 24
La France de Ségolène Royal

« Plus juste, la France sera plus forte. » Par ces simples mots, Ségolène Royal marque l’opposition profonde qui la sépare de Nicolas Sarkozy et François Bayrou.
La droite ne cesse de réclamer des « sacrifices » qui seraient « nécessaires » au « redémarrage » de la France et pèsent toujours sur les plus fragiles. Cette France libérée du fardeau de la solidarité deviendrait seulement ensuite « efficace » !
Pourtant cette politique ne marche pas, d’autant que la droite l’accompagne en général de cadeaux à ses clientèles traditionnelles : chacun de ses passages au pouvoir amène donc un ralentissement de la consommation, un nouveau déficit record de la Sécurité sociale et un accroissement historique de la dette de l’Etat.
La conception de Ségolène Royal est à l’opposé : la France sera plus forte si elle est solidaire, si chacun y trouve sa place, si tous contribuent à son dynamisme… bref, si elle sait mettre en place cet « ordre juste » qui est la condition de son relèvement.
I) Ecouter les Français : la démocratie participative
Ségolène Royal a pris la mesure du 21 avril 2002. La colère et l’exaspération des Français est ancrée dans le sentiment, tellement partagé, que la politique ne s’occupe pas suffisamment des problèmes des Français (salariés, retraités modestes, femmes actives, mères célibataires, patrons de PME) et que les politiques, n’entendent pas, les aspirations des Français.
« A-t-on porté remède au précariat, à l’insécurité sociale, aux discriminations, à la désertion des services publics, au chômage des jeunes, à ce sentiment d’abandon, de mépris ? Non, hélas, rien ou presque rien n’a été fait. Or chacun sait que, si rien n’est fait, les mêmes causes produiront les mêmes effets et que, ce que la France a connu hier n’est rien en comparaison de ce qu’elle connaîtra demain si toujours rien n’est jamais fait. Et c’est tout le lien social qui, de proche en proche, menacera de craquer. Il y a urgence. J’ai la ferme volonté d’empoigner ce problème à bras-le-corps ». (Villepinte 11 février 2007).
II) Le Pacte présidentiel : une forte cohérence
À Villepinte, Ségolène Royal a proposé aux Français un « pacte » : 100 propositions concrètes, réalistes, vérifiables. Des engagements clairs, pouvant être comparés, discutés. Le chiffrage mis sur la table, 35 milliards d’euros sur cinq ans, peut être vérifié, soupesé, critiqué, même. Ségolène Royal avance avec transparence.
Sur le fond, ces propositions tiennent compte à la fois du projet du Parti socialiste et des aspirations remontées des débats participatifs : besoin urgent de soulager la misère et la précarité qui sont le lot de trop de Français, de restaurer la justice sociale, besoin d’innover et de produire des richesses pour l’ensemble des Français, besoin de dignité, désir d’un ordre à la fois ferme et juste, nécessité d’un nouveau contrat avec la jeunesse, besoin que la France retrouve dans le Monde une voix qui porte et qui compte.
Au lieu d’opposer les Français les uns aux autres, de les dresser dans des catégories artificielles – il y aurait les Français méritants et ceux vivant de l’assistanat généralisé, les fonctionnaires ayant « la vocation » et les mauvais agents de l’Eta t, etc. - Ségolène Royal propose à chacun de prendre sa place dans la vie de la Cité.

III) Face à la méthode autoritaire de N. Sarkozy et à sa culture du conflit, Ségolène Royal ouvre une voie de réconciliation et de coopération
 En matière économique et sociale : construire des cercles vertueux
« C’est le système tout entier qui se redresse et qui se rééquilibre » ( « J’ai une question à vous poser » TF1, le 19 février 2007). Il est possible de prendre le problème de la dette et du coût de la protection sociale à bras-le-corps tout en finançant les propositions du pacte présidentiel :
- L’augmentation des salaires les plus bas - porter le SMIC à 1500 euros le plus tôt possible dans la législature - doit contribuer à relancer la consommation ; une conférence nationale sur les salaires, les revenus et la croissance sera engagée avec les partenaires sociaux afin d’accompagner une progression du pouvoir d’achat pour l’ensemble des salariés.
- L’impôt sera rééquilibré entre travail et capital et indexé sur l’intensité en emploi de l’activité afin de ne plus pénaliser –comme c’est le cas aujourd’hui – les entreprises dont l’activité repose principalement sur les hommes.
- Les PME seront soutenues par la création de fonds régionaux de participation et grâce à une part qui leur sera réservée dans les marchés publics.
- Les efforts accomplis en matière de formation professionnelle permettront de rendre les salariés plus efficaces et donc de renforcer la compétitivité des entreprises.
- Une véritable démocratie sociale, avec des syndicats forts, et donc en position de participer à la vie des entreprises, permettra de « réconcilier la France avec ses entreprises ».
- Les efforts accomplis en matière de formation professionnelle permettront de rendre les salariés plus efficaces et donc de renforcer la compétitivité des entreprises.
- La sécurité sociale professionnelle donnera des sécurités aux salariés (tout salarié licencié disposera d’un contrat comportant une rémunération égale à 90% de son salaire antérieur et d’une formation qualifiante), tout en fournissant aux entreprises l’agilité dont elles ont besoin.
 L’environnement : une chance pour l’économie
Là où certains voient l’environnement au mieux comme un impératif de lutte contre des dangers qui menacent l’humanité, au pire une pénalisation de la compétitivité des entreprises, Ségolène Royal voit à la fois une urgence pour l’humanité et une chance pour la France. Il est possible, en visant l’excellence environnementale, de contribuer au respect de la planète et d’acquérir des positions stratégiques sur des technologies, des services, des marchés essentiels et de créer de nouveaux emplois.
 Une vision d’une République moderne
« La République, c’est le drapeau tricolore et la Sécurité sociale ». La République, c’est-à-dire à la fois un idéal partagé, défendu par nos ancêtres au prix de leur sang, écouté dans les Nations, et une solidarité effective, concrète, protectrice, qui permet à chaque citoyen de pouvoir prendre pleinement sa part dans la vie de la Nation. La République, c’est avoir conscience de ses devoirs parce que les droits sont respectés.



Une France plus forte car plus juste

16:56 Publié dans riposte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

ump

Arguments & Ripostes 2007 n° 23

La France de Nicolas Sarkozy

La France que propose le candidat de l’UMP : un pays divisé, un corps social réduit à une somme d’individus en concurrence et en lutte les uns contre les autres.

I) La France qu'il dépeint : celle de la méfiance et de la division

Le discours politique de Nicolas Sarkozy se fonde sur une exacerbation des différences entre les Français. Il dresse les Français les uns contre les autres. Il n’y a pas une France mais plusieurs France, des bons Français et des mauvais Français, responsables évidemment de tous les maux.

A) « Français de souche » contre « pièces rapportées »
Pour Nicolas Sarkozy, l’étranger ou l’immigré, même naturalisé ou né en France, est un éternel suspect, jamais assez francisé :

 L’étranger, c’est le Noir ou l'Arabe, réduit à un amalgame de clichés douteux :
« Ceux qui veulent soumettre leur femme, ceux qui veulent pratiquer la polygamie, l'excision ou le mariage forcé, ceux qui veulent imposer à leurs soeurs la loi des grands frères, ceux qui ne veulent pas que leur femme s'habille comme elle le souhaite ne sont pas les bienvenus sur le territoire de la République française. » (Discours de Poitiers).

 Lors de l'émission « J'ai une question à vous poser » sur TF1 le 5 février dernier,
Nicola Sarkozy fait mention des « agneaux égorgés dans les appartements », provoquant d’ailleurs l’indignation d’une jeune femme de parents algériens (faisant partie du panel) C'est une manipulation raciste en bonne et due forme car l'abattage des agneaux consacrés est légalement organisé en France.

B) La France « qui se lève tôt » contre celle des assistés et des fonctionnaires
Il y a aussi deux France du point de vue socio-économique, selon Nicolas Sarkozy, qui oppose fréquemment le travailleur vertueux à toutes les catégories d’assistés et de privilégiés (fonctionnaires, grévistes, chômeurs). Sa rhétorique est simple : ce sont précisément les assistés et les salariés protégés qui sont responsables de la chute du pouvoir d’achat.

« Il est temps de parler vrai, la solidarité c’est pour aider ceux qui veulent s’en sortir, pas pour protéger ceux qui ne font rien » (« La France dans la Mondialisation, Saint-Étienne, 9 novembre 2006).

Les fonctionnaires sont souvent montrés du doigt comme trop privilégiés :

«Il y a une nouvelle forme d'inégalité dans notre pays : c'est celle qui sépare les salariés du secteur public, protégés dans leur emploi, des salariés du secteur privé, menacés par le chômage, les délocalisations, la tertiarisation de l'économie qui exige plus de mobilité » (Convention UMP sur les injustices, « Un avenir pour tous dans une société plus juste », 30 novembre 2005)

Aider les Français qui sont dans le besoin, c’est pénaliser les « méritants » ; il faut au contraire aider ceux qui vont déjà bien !

C) La recherche des « boucs émissaires »
Comme tous les populistes, Nicolas Sarkozy donne, pour chaque problème, un bouc émissaire dans la population. Ainsi les juges sont-ils responsables des dysfonctionnements de la justice et de la sécurité.

Dans la France de Sarkozy, autrui est un danger pour moi. Les Français sont incités à se replier sur leur groupe social ou religieux, et à rejeter sur les autres groupes la responsabilité de leurs problèmes.

II) La France qu'il défend : celle des possédants

En vérité, et quoi qu’il en dise ou essaie de faire croire par ses incantations à Jaurès et à Blum, Nicolas Sarkozy n’est pas le candidat des travailleurs, mais bien celui des possédants et des fortunés, qu’il prévoit de protéger et de privilégier par toute une série de mesures. C’est le retour de la droite dure et conservatrice du XIXème siècle.

A) L'avenir des travailleurs et des salariés : une précarisation encore accrue
Il faut casser le droit du travail, qui entrave les entreprises :

 « Notre droit du travail qui décourage l’embauche sans protéger du chômage est une régression sociale » (« Pour la France qui souffre » Charleville-Mézières, lundi 18 décembre 2006)

Fort logiquement, CPE et CNE devraient donc servir de modèle au nouveau contrat de travail, et la flexibilité du salarié devenir la règle :

 « Le CNE est un progrès, il ne faut pas y toucher… Le contrat de travail unique inspiré du CNE est une occasion de simplifier beaucoup le droit du travail français. ». (Rencontre organisée par des patrons de PME, le 24 janvier 2007).

B) Son projet pour les propriétaires et les Français les plus aisés : moins d'impôts, et plus de patrimoine.
Nicolas Sarkozy propose un projet fiscal et économique clientéliste, visant à satisfaire tout d'abord les plus aisés, les détenteurs de patrimoine. C’est la négation de la solidarité qui est au fondement de notre modèle social.

 Il compte mettre en place des réductions d'impôts profitables pour les plus riches : « Je veux un bouclier fiscal à 50% y compris la CSG et la CRDS » (Discours d'investiture, 14 février 2007).

 Nicolas Sarkozy ne veut pas non plus lutter contre les inégalités trans-générationnelles, mais au contraire favoriser les privilèges familiaux acquis, en supprimant l'impôt sur
les successions.

Nicolas Sarkozy ne veut pas réhabiliter le travail et les travailleurs, mais protéger
la rente, le capital et la reproduction sociale. Il veut rompre avec le modèle social
français, durement acquis tout au long du siècle dernier, en particulier par l'action
des grandes figures socialistes qu’il ose invoquer !

III) La France qu'il prépare : celle du conflit permanent

À vouloir dresser les Français les uns contre les autres, tout en soutenant éhontément les intérêts d’une minorité, Nicolas Sarkozy va faire de la France un pays de conflits et de désordre social et politique. Ceci se comprend aussi bien à l’aune de son projet que de son bilan.
A) Dans le monde du travail
Nicolas Sarkozy est décidé à s'attaquer au droit de grève par tous les moyens, et le plus vite possible, alors même qu’il prétend vouloir gouverner en concertation avec les syndicats :

« Je veux poser la question du vote à bulletin secret dans les entreprises, les
universités, les administrations au bout de huit jours de grève ». (Interview dans les Echos, 14 février 2007).

B) Dans les banlieues
Durant son mandat de Ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy s'est souvent comporté de façon brutale, en parfaite contradiction avec la retenue que requiert un tel poste. Il ne faut pas oublier le rôle joué par son vocabulaire (« karcher », « racaille ») dans l’embrasement des banlieues, rôle qui ne le conduisit pourtant jamais à se repentir.

 Selon le «Le rapport au politique dans les zones urbaines sensibles après la crise
des banlieues» -, réalisée par le Centre d'études de la vie politique française
(Cevipof), associé à la Sofres en novembre 2006, 52% des 2.039 banlieusards
interrogés affirment que ce sont «les propos de Nicolas Sarkozy» qui ont le plus
lourdement contribué aux émeutes de novembre 2005. La télévision a ensuite « facilité l’escalade », pour 44,5 % des sondés. Le « harcèlement et les violences de la police » ne viennent que très loin derrière (25 ù), de même que le « rôle des mafias » qui défendent leur petit commerce contre les « bleues » (20 %).

C) Avec l'opposition
Nicolas Sarkozy a des mots très durs et à la limite de la diffamation envers ses adversaires
politiques de gauche, là encore contraires à la volonté d’apaisement qu’on serait en droit d’attendre de l’homme d’État qu’il prétend être.



Incapable de concevoir l’action politique autrement que comme coups de main et passages en force, Nicolas Sarkozy risque de semer le désordre, l’injustice et l’inégalité s’il parvenait à se faire élire à la tête de notre pays

16:52 Publié dans riposte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

01.02.2007

santé

Arguments et Ripostes 2007 N° 7

Une politique de santé pour tous



I) Un constat alarmant

Les inégalités sociales et géographiques dans l’accès aux soins se creusent.

Les disparités d’espérance de vie selon les catégories socio-professionnelles s’accentuent : l’écart atteint aujourd’hui 9 ans contre 8 en 1980.

La démographie médicale est de plus en plus mal répartie selon les régions, mais aussi les quartiers d’une même agglomération ; le phénomène s’ajoute à un véritable affaissement du service public hospitalier dans certaines zones en particulier rurales.

13 % de la population renoncent à se soigner faute de moyens financiers ; 23 % des étudiants agissent de même et pour les mêmes raisons. La situation sanitaire des jeunes se détériore tandis qu’environ 1 million de salariés continuent d’être exposés, dans leur activité, à des substances cancérigènes ou dangereuses pour leur santé.

La réforme Douste-Blazy de l’été 2004 n’a rien réglé sur le plan comptable puisque le déficit prévisionnel pour 2007 s’élevait à 3,9 milliards d’euros alors que le gouvernement avait promis le retour à l’équilibre cette année.

Les déremboursements se multiplient alors que la droite ferme les yeux sur les dépassements d’honoraires et l’explosion des forfaits hospitaliers. L’hôpital public est à la fois en crise et maltraité face à la marchandisation à l’œuvre. La banalisation des refus de soins traduit un dérapage éthique et sanitaire que le gouvernement Villepin-Sarkozy tolère, au-delà de protestations de pure forme.

II) Un vrai clivage droite-gauche

Les propositions du candidat de l’UMP sont à la fois faibles et révélatrices d’un état d’esprit. Elles sont injustes et inefficaces.

Il s’agit de culpabiliser les assurés sociaux et les malades rendus ainsi responsables des dérapages financiers de la branche maladie de la sécurité sociale.

Atteintes à la CMU et à l’AME, avènement et extension d’un mécanisme de non remboursement des soins, signifient le renoncement à une réelle politique de prévention et de santé publique, le renforcement des injustices dans l’accès aux soins. De plus, ces préconisations ne résoudraient rien sur le plan comptable puisque 50 % des dépenses de l’assurance maladie sont générées par 4 % des malades atteint des pathologies les plus graves, ou des personnes âgées en fin de vie.

III) La santé un bien pour tous


Nous refusons une santé à plusieurs vitesses. Nous récusons un système de santé où la carte bleue se substituerait bientôt à la carte vitale !

Notre politique repose avant tout sur la réduction des inégalités d’accès aux soins.

Elle suppose la priorité accordée à une politique de santé publique, et de prévention :

- d’où une vigoureuse relance d’une médecine scolaire digne de ce nom et d’une médecine du travail conçue comme un vrai service public indépendant de l’employeur ;

- d’où notre proposition de créer 500 maisons de santé, d’instaurer une carte santé « jeunes », de donner un nouvel essor à la politique du médicament et de la recherche pour faire reculer les maladies graves comme le cancer.

- Cette détermination est inséparable d’un hôpital public réhabilité et conforté dans sa vocation d’excellence. La reconquête du service public hospitalier est un impératif pour des raisons d’efficacité sanitaire, de justice sociale et territoriale.

L’ambition d’une politique de santé pour tous suppose des praticiens respectés, reconnus, et responsables, quel que soit leur statut, avec une évolution concertée des modes de rémunération.

Elle exige le développement d’une logique de réseaux associant médecine de ville, hôpital, permanence des soins et secteur médico-social.

Elle doit aussi inciter à une meilleure prise en compte sociale et géographique des besoins de santé par une installation plus rationnelle, plus conforme à l’intérêt général, des médecins.

Elle implique une action résolue contre l’inflation des dépassements d’honoraires qui nuisent à l’image même de notre système de soins et altèrent les fondements de la sécurité sociale.

La santé est un objectif social ; elle doit placer le citoyen et le malade au cœur de cette ambition, dans le cadre d’une démocratie sanitaire plus accomplie. Les progrès de l’espérance de vie, le défi du vieillissement, les retombées attendues de la recherche médicale, sont devant nous. Ils appellent une mutualisation toujours plus forte des moyens pour une qualité de soins toujours plus exigeante.


La santé est un bien trop précieux

pour être laissée aux mains des libéraux

07:43 Publié dans riposte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

jean Marie

Arguments et Ripostes 2007 n° 6

Critique du positionnement du Front National


I) Non, le FN n’a pas changé !

La mise en avant médiatique de Marine LE PEN, qui représente « la marque » tout en offrant un visage qui se veut plus « moderne », vise à élargir l’audience du FN en jouant la carte de la « respectabilisation ». Mais derrière cette image, se cache une réalité inchangée: celle d’un parti d’extrême droite dont le leader était déjà élu sous la IVe république et dont les obsessions demeurent les mêmes qu’il y a trente cinq ans lors de sa fondation : l’immigration, la présence d’étrangers en France, la détestation de la gauche..

II) La réalité du Front National

- Un programme xénophobe

Le FN continue de jouer sur les peurs et les fantasmes en affirmant par exemple que les « clandestins ont tous les droits » ou que « 500 000 immigrés entrent chaque année » en France. Il continue de prôner l’arrêt de l’immigration toute entière, car selon lui, « la France est en voie de colonisation ». Soucieux de ne pas se laisser déborder par de VILLIERS, il réaffirme en outre que « la France, pays de civilisation chrétienne ne sera pas terre d’Islam tant que le FN sera là » ; (Le Monde 22 mars 2006).

Cette orientation débouche sur un mot d’ordre : la « préférence nationale » :« Nous devons rendre aux Français leur privilège dans leur propre pays et ceci passe par la préférence nationale à l’emploi, au logement, aux aides sociales et familiales. Qu’une chose soit claire ! Les Français sont chez eux en France, ils n’ont pas à s’en excuser ».

De façon plus générale, et même s’il inclut désormais sur ses affiches des jeunes français issus de l’immigration, LE PEN entretient vis-à-vis de l’électorat populaire l’idée que les « immigrés » au sens large dérobent les emplois et les avantages sociaux des français de souche.

Rappelons à cet effet que ce mythe de l’immigré voleur d’emplois est complètement ridiculisé par les statistiques de l’INSEE de 2005. Le taux de chômage des immigrés est deux fois plus élevé (18%) que pour les actifs non-immigrés (9%).

- Un parti tolérant envers les négationnistes

Le FN est la seule formation politique française dont les dirigeants et les militants sont régulièrement condamnés pour des propos négationnistes ou antisémites, Bruno Gollnish, l’officiel n° 2, tout récemment. Et Jean-Marie Le Pen lui-même, qui n’hésite pas à affirmer que « l’occupation allemande n’a pas été particulièrement inhumaine, même s’il y eu des bavures » !

- Un parti sans représentation démocratique

La difficulté de trouver 500 signatures d’élus démontre l’incapacité de ce parti de s’enraciner dans le tissu démocratique. En 25 ans, le FN n’a pas su constituer un réseau d’élus locaux, perdant les quelques villes qu’il avait conquises, soit par la médiocrité de sa gestion (Toulon), soit que ses maires préfèrent rejoindre l’UMP (Simonpierri à Marignane) ou le MPF (Bompard à Orange). La pire démonstration de l’incapacité de gérer reste celle des époux MEGRET à Vitrolles, avec qui Jean-Marie LE PEN repasse aujourd’hui une alliance alors que le parti mégrétiste était accusé par Marine Le PEN quelques semaines avant de comporter des « racialistes » dans ses rangs.

- Les liaisons européennes dangereuses du FN

Le FN dit avoir changé, mais, constitue un groupe au Parlement européen avec les formations d’extrême droite européennes xénophobes comme le Vlams Belang flamand, le FPOe autrichien qui a rompu avec HAIDER car jugé trop modéré ( !), tenant des discours antisémites, racistes comme le parti bulgare ATAKA ou le parti de la Grande Roumanie ; exaltant les valeurs du fascisme comme la petite fille de Mussolini.

- Une politique ultra libérale classique qui accentuerait les inégalités sociales

Le FN dit être le parti des Français de base, gens modestes et des sans grade. Mais son programme économique et social concret est en contradiction avec cette prétention. Sous couvert de permettre aux Français de « jouir des fruits de leur travail », LE PEN préconise la suppression progressive de l’impôt sur le revenu et de sortir de l’ISF l’imposition de la résidence principale. Toujours au service des plus riches dans les faits, le FN ne fait aucune proposition sur des mesures réelles en faveur des plus défavorisés. En finir avec l’impôt sur le revenu que près de la moitié de la population ne paye pas est une hypocrisie. C’est, en fait, par le culte de la déréglementation et le libéralisme poussé à l’extrême, que le Front National ouvre la voie à l’exploitation sans aucune protection des travailleurs.

III) Un Front National légitimé par la droite ?

L’apparente « modération » du Front National a une raison. Il n’est plus combattu par la droite. Ses idées sont reprises, un ton au-dessous, par Nicolas Sarkozy. « Nous avons subi une immigration que nous n’avons ni voulue ni maîtrisée » a-t-il récemment déclaré ou encore « si certain se sentent gênés d’être en France (….) qu’ils ne se gênent pas de quitter un pays qu’ils n’aiment pas ». L’UMP est aujourd’hui plus désireuse d’attirer les électeurs du Front National que d’affirmer les vérités républicaines.



Le risque est grand, au contraire, que l’UMP favorise un Front National qui par ses origines, le fond de son programme, ses alliances internationales n’est pas un parti républicain

07:40 Publié dans riposte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Les travailleurs

Arguments et Ripostes 2007 n° 8
Nicolas Sarkozy et les travailleurs

I) Nicolas Sarkozy découvre les ouvriers !
Après son premier essai de récupération à Saint Quentin, Nicolas Sarkozy s’est présenté, à Poitiers, comme le défenseur des travailleurs, dont il découvre, ému, la culture ( !), et prétend désormais les défendre, car la gauche les aurait « trahis » (sic).

C’est son nouveau leitmotiv : avec les 35 heures, la gauche aurait non seulement ruiné l’économie française mais trahi les valeurs de la culture ouvrière, propageant le mythe de la « fin du travail » …

II) Face à ces subterfuges rhétoriques et ces contre vérités, il est indispensable de rétablir les faits :

Non, la gauche n’a pas dévalorisé le travail

Les 35 heures ont permis à 350 000 personnes de retrouver le chemin de l’emploi : peut-on oser dire que pour ces 350 000 personnes et leurs familles, le travail a été dévalorisé ?
De même, les emplois jeunes ont permis de redonner espoir à 470 000 jeunes embauchés de 1999 à 2005, dont 9 sur 10 étaient en emploi et 70% en CDI un an et demi après leur emploi jeune (DARES, n° 44, novembre 2006)

Non, le pouvoir d’achat n’a pas baissé à cause des 35 heures

Selon l’INSEE, le niveau de vie des Français, qui avait augmenté continûment de 1997 à 2002, a baissé en 2002 et 2004. Le pouvoir d’achat qui avait lui aussi augmenté sous la gauche a stagné depuis. En effet, de 1998 à 2002, la part des salaires dans la valeur ajoutée, en baisse depuis le début des années 1980, a augmenté de 1,9 point ! Au contraire, entre 2002 et 2004, cette part a diminué.

Nicolas Sarkozy, comme il en a l’habitude, amalgame les chiffres pour présenter ce qui l’arrange (« depuis 25 ans, le pouvoir d’achat n’a cessé de baisser ») et oublier le bilan désastreux de la droite en la matière : le pouvoir d’achat avait augmenté de 3% par an en moyenne entre 1997 et 2002, il n’a augmenté que de 1,5% par an depuis, et 1,1% en 2004, lorsque Nicolas Sarkozy était à Bercy !

Les propositions de Nicolas Sarkozy contribueront à précariser le travail au lieu de le valoriser

En proposant, avec le contrat unique, un « CNE pour tous », Nicolas Sarkozy, qui se réclame de la dignité de l’homme, oublie-t-il qu’un licenciement sans motif porte atteinte à la dignité même du travailleur, en contradiction avec le droit international du travail ? Le salarié jetable, licencié sans motif, est-ce cela le travailleur émancipé de M. Sarkozy ?
Nicolas Sarkozy prétend permettre aux Français de « travailler plus pour gagner plus » mais c’est une vaste supercherie : ses propositions de détaxation des heures supplémentaires ne permettront que de rendre moins cher le travail pour les employeurs… en aucun cas de donner une quelconque « liberté » aux salariés, qui ne décident pas des heures supplémentaires. Elles n’apporteront aucune solution aux trois millions de salariés en temps partiel subi qui souhaiteraient bien travailler plus. Elles décourageront l’embauche en rendant plus avantageuses les heures supplémentaires.
En attaquant constamment les « charges sociales », Nicolas Sarkozy reprend l’antienne bien connue du MEDEF. S’il s’intéressait réellement aux « travailleurs », il saurait que ces « charges » qu’il pourfend sont en fait des cotisations qui servent à financer la protection sociale et donc précisément à améliorer la vie des travailleurs. Il se demanderait si outre ces charges sociales insupportables, les « charges financières » que font peser les exigences des actionnaires sur les dirigeants ne sont pas aussi une contrainte forte qui empêche de redistribuer du pouvoir d’achat aux salariés…

Les propositions de Nicolas Sarkozy favorisent les rentiers et les employeurs, pas les travailleurs

Est-ce revaloriser le travail que de favoriser outrageusement l’héritage en supprimant l’impôt sur les successions, en renforçant le mécanisme du bouclier fiscal qui déjà en 2007, permettra à 17 000 personnes de se partager 350 millions d’euros ?

Nicolas Sarkozy prétend défendre la « liberté » en détaxant les patrimoines et en favorisant les plus riches, alors même qu’il ne contribue ainsi qu’à favoriser les rentiers et la reproduction sociale. Rappelons que même les Etats-Unis si chers au candidat ont toujours eu un taux supérieur d’imposition sur les successions supérieur au taux français : il était de 77% dans les années 1940, il est de l’ordre de 55% aujourd’hui -tout simplement parce qu’au pays des « self made men », il est incompréhensible de favoriser les rentiers !

III) Les propositions de Ségolène Royal sont les seules à même de répondre aux attentes des classes populaires

Nous voulons :

Réellement « faire que le travail paie » par une revalorisation du SMIC à 1500 euros brut et une grande conférence salariale qui permettra une hausse de tous les salaires et une progression des carrières ;

Lutter contre la précarisation en faisant du CDI la norme pour tous

Plutôt que de favoriser l’héritage de ceux qui ont beaucoup, revaloriser les petites retraites dans le cadre d’une négociation d’ensemble sur les retraites avec les syndicats et instaurer une fiscalité plus juste qui permette une véritable redistribution des richesses et pas une accumulation par les rentiers.

« Le courage, c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe ». Cette phrase de Jaurès s’applique bien à Nicolas Sarkozy qui aime maintenant le citer !

07:38 Publié dans riposte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Les travailleurs

Arguments et Ripostes 2007 n° 8
Nicolas Sarkozy et les travailleurs

I) Nicolas Sarkozy découvre les ouvriers !
Après son premier essai de récupération à Saint Quentin, Nicolas Sarkozy s’est présenté, à Poitiers, comme le défenseur des travailleurs, dont il découvre, ému, la culture ( !), et prétend désormais les défendre, car la gauche les aurait « trahis » (sic).

C’est son nouveau leitmotiv : avec les 35 heures, la gauche aurait non seulement ruiné l’économie française mais trahi les valeurs de la culture ouvrière, propageant le mythe de la « fin du travail » …

II) Face à ces subterfuges rhétoriques et ces contre vérités, il est indispensable de rétablir les faits :

Non, la gauche n’a pas dévalorisé le travail

Les 35 heures ont permis à 350 000 personnes de retrouver le chemin de l’emploi : peut-on oser dire que pour ces 350 000 personnes et leurs familles, le travail a été dévalorisé ?
De même, les emplois jeunes ont permis de redonner espoir à 470 000 jeunes embauchés de 1999 à 2005, dont 9 sur 10 étaient en emploi et 70% en CDI un an et demi après leur emploi jeune (DARES, n° 44, novembre 2006)

Non, le pouvoir d’achat n’a pas baissé à cause des 35 heures

Selon l’INSEE, le niveau de vie des Français, qui avait augmenté continûment de 1997 à 2002, a baissé en 2002 et 2004. Le pouvoir d’achat qui avait lui aussi augmenté sous la gauche a stagné depuis. En effet, de 1998 à 2002, la part des salaires dans la valeur ajoutée, en baisse depuis le début des années 1980, a augmenté de 1,9 point ! Au contraire, entre 2002 et 2004, cette part a diminué.

Nicolas Sarkozy, comme il en a l’habitude, amalgame les chiffres pour présenter ce qui l’arrange (« depuis 25 ans, le pouvoir d’achat n’a cessé de baisser ») et oublier le bilan désastreux de la droite en la matière : le pouvoir d’achat avait augmenté de 3% par an en moyenne entre 1997 et 2002, il n’a augmenté que de 1,5% par an depuis, et 1,1% en 2004, lorsque Nicolas Sarkozy était à Bercy !

Les propositions de Nicolas Sarkozy contribueront à précariser le travail au lieu de le valoriser

En proposant, avec le contrat unique, un « CNE pour tous », Nicolas Sarkozy, qui se réclame de la dignité de l’homme, oublie-t-il qu’un licenciement sans motif porte atteinte à la dignité même du travailleur, en contradiction avec le droit international du travail ? Le salarié jetable, licencié sans motif, est-ce cela le travailleur émancipé de M. Sarkozy ?
Nicolas Sarkozy prétend permettre aux Français de « travailler plus pour gagner plus » mais c’est une vaste supercherie : ses propositions de détaxation des heures supplémentaires ne permettront que de rendre moins cher le travail pour les employeurs… en aucun cas de donner une quelconque « liberté » aux salariés, qui ne décident pas des heures supplémentaires. Elles n’apporteront aucune solution aux trois millions de salariés en temps partiel subi qui souhaiteraient bien travailler plus. Elles décourageront l’embauche en rendant plus avantageuses les heures supplémentaires.
En attaquant constamment les « charges sociales », Nicolas Sarkozy reprend l’antienne bien connue du MEDEF. S’il s’intéressait réellement aux « travailleurs », il saurait que ces « charges » qu’il pourfend sont en fait des cotisations qui servent à financer la protection sociale et donc précisément à améliorer la vie des travailleurs. Il se demanderait si outre ces charges sociales insupportables, les « charges financières » que font peser les exigences des actionnaires sur les dirigeants ne sont pas aussi une contrainte forte qui empêche de redistribuer du pouvoir d’achat aux salariés…

Les propositions de Nicolas Sarkozy favorisent les rentiers et les employeurs, pas les travailleurs

Est-ce revaloriser le travail que de favoriser outrageusement l’héritage en supprimant l’impôt sur les successions, en renforçant le mécanisme du bouclier fiscal qui déjà en 2007, permettra à 17 000 personnes de se partager 350 millions d’euros ?

Nicolas Sarkozy prétend défendre la « liberté » en détaxant les patrimoines et en favorisant les plus riches, alors même qu’il ne contribue ainsi qu’à favoriser les rentiers et la reproduction sociale. Rappelons que même les Etats-Unis si chers au candidat ont toujours eu un taux supérieur d’imposition sur les successions supérieur au taux français : il était de 77% dans les années 1940, il est de l’ordre de 55% aujourd’hui -tout simplement parce qu’au pays des « self made men », il est incompréhensible de favoriser les rentiers !

III) Les propositions de Ségolène Royal sont les seules à même de répondre aux attentes des classes populaires

Nous voulons :

Réellement « faire que le travail paie » par une revalorisation du SMIC à 1500 euros brut et une grande conférence salariale qui permettra une hausse de tous les salaires et une progression des carrières ;

Lutter contre la précarisation en faisant du CDI la norme pour tous

Plutôt que de favoriser l’héritage de ceux qui ont beaucoup, revaloriser les petites retraites dans le cadre d’une négociation d’ensemble sur les retraites avec les syndicats et instaurer une fiscalité plus juste qui permette une véritable redistribution des richesses et pas une accumulation par les rentiers.

« Le courage, c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe ». Cette phrase de Jaurès s’applique bien à Nicolas Sarkozy qui aime maintenant le citer !

07:38 Publié dans riposte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

24.01.2007

bayrou

Arguments et Ripostes 2007 n°3

Critique du positionnement
de François Bayrou

Ni de droite ni de gauche, François Bayrou ? Le candidat « antisystème », porte-parole des « petits », est en fait un représentant des notables. Ses réseaux, ses soutiens, ses alliés sont à droite.
I) Comme Sarkozy, il partage le bilan de la droite
Comme Sarkozy « qui a changé », Bayrou tente de se faire passer pour un homme neuf, un homme qui appartient à l’avenir et auquel l’avenir appartient. Mais l’ancien ministre de Balladur et de Juppé a aussi un passé, et un bilan.
Depuis 2002, le groupe UDF a régulièrement soutenu les gouvernements dirigés par l’UMP et son ancien lieutenant Gilles de Robien est aujourd’hui ministre de l’Education dans le gouvernement Villepin.
François Bayrou a attaché son nom à des projets de loi emblématiques de la droite. Il a fait partie des signataires de la proposition de loi déposée le 18 novembre 2003 sur le service garanti dans les transports publics réguliers de voyageurs. Il a voté fin 2005 la prolongation de l’état d’urgence voulue par Nicolas Sarkozy. Pendant quatre ans, il a tout voté avec l’UMP, avant d’entrer en dissidence avec une fraction de son groupe suffisamment réduite pour que toutes les lois passent quand même.
Sa posture d’opposant est récente. De toute sa carrière politique, il n’a voté qu’une seule motion de censure contre un gouvernement de droite, celle que le Parti socialiste a déposée le 16 mai 2006 contre le gouvernement Villepin à l’issue de la crise du CPE. Et encore : sur les trente députés que compte son groupe parlementaire, seuls dix l’ont suivi. Fort logiquement : la censure n’était même pas une consigne de groupe.
II)- Bayrou, c’est la France des notables et de l’immobilisme
Candidats autoproclamé des « petits », François Bayrou est en fait le représentant de la France des notables. Ses électeurs représentent une bourgeoisie protégée des évolutions du pays réel, qui ne s’intéresse que de très loin aux préoccupations des salariés.
Son seul bilan ministériel le dit assez : après avoir tenté de remettre en cause la laïcité et amené des centaines de milliers de Français dans la rue, Bayrou a été le ministre de l’immobilisme. Pour s’assurer la docilité du monde enseignant, il a chois