20.01.2007
citations
Etre socialiste : c’est « vouloir mettre en place (un) ordre juste ».
« Etre socialiste, c’est d’abord répondre aux problèmes des gens qui souffrent. Où sont les deux principales souffrances aujourd'hui ? C’est le chômage et la précarité et c’est la question de l’insécurité et des violences. D’ailleurs, souvent, les deux sont liés car lorsque des parents sont en situation de précarité, n’ont pas un salaire régulier, n’ont pas un travail régulier, ils ont du mal à assurer leurs responsabilités de parents. Et les enfants n’ont pas envie de travailler à l’école puisqu’ils voient que, même quand les grands frères ou les grandes sœurs ont passé le baccalauréat, ils sont au chômage, alors ils ont un doute sur le sens de l’effort scolaire. Donc tout se tient, c’est la sécurité au travail qui apporte aussi la sécurité dans la famille et qui apporte la sécurité dans le comportement à l’école. »
France 2, Les 4 vérités, 2 juin 2006
« Refuser le cercle de la fatalité, le cercle de fer » disait Jaurès. C’est d’abord cela, le socialisme : s’arracher à la pesanteur des habitudes, porter une exigence de justice et de transformation sociale, garder au cœur une révolte vive. Avant d’embrasser l’idéal socialiste, chacune et chacun d’entre nous s’est élevé contre une injustice qui lui semblait insupportable. »
Devoir de victoire, Profession de foi, candidature à l’investiture du Parti socialiste, 11 octobre 2006
« (Etre socialiste), c’est vouloir et mettre en place cet ordre juste qui, disait, Léon Blum, installera « la raison et la justice là où règnent aujourd’hui le privilège et le hasard. » »
Hommage à Léon Blum, Narbonne, 4 novembre 2006
« Rassemblez-vous, mobilisez-vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour notre pays, imaginons ensemble une France qui aura le courage d’affronter les mutations sans renoncer à son idéal de liberté, d’égalité et de fraternité. Pour un ordre juste, contre tous les désordres injustes qui frappent les plus faibles, pour des énergies positives qui se rassemblent et des libertés nouvelles à inventer. »
Déclaration solennelle de Ségolène Royal, Melle, le 17 novembre 2006
« Nous pouvons changer la France en réconciliant l’ordre et la justice, car seule la justice est facteur d’ordre. C'est-à-dire en faisant le pari de la démocratie et de notre intelligence collective, en nous respectant tout simplement. »
Vœux aux Français « Les combats qui seront les miens », Jeudi 4 janvier 2007
En matière d’insécurités, « tout se tient ».
« Tout se tient : les insécurités financières, les insécurités dans la famille, le mauvais fonctionnement de l’école ou l’échec scolaire, le retrait de la police de proximité, décidée par Nicolas Sarkozy, et le manque de moyens donnés à la justice des mineurs, tout cela crée des insécurités. Donc, il faut remettre des services publics qui fonctionnent en leur rendant leurs moyens de fonctionner et des règles du jeu claires qui s’appliquent à tous. »
Journal de France2, 6 novembre 2006
« Moi, je suis axée sur les problèmes du pays: la relance de l’emploi, la lutte contre toutes les formes d’insécurité, mais aussi l’aide à ceux qui décrochent. Je veux tenir les deux bouts de la chaîne. Les sécurités quotidiennes sont le problème majeur des catégories populaires. »
Journal du dimanche, 12 novembre 2006
« Beaucoup ont perdu tout espoir de promotion professionnelle et sociale. Beaucoup aussi sont révoltés par les rémunérations extravagantes de quelques-uns, qui représentent ce qu’en toute une vie de labeur la majorité des salariés ne gagnera jamais. Ces contrastes, ces injustices criantes sont insupportables, elles démotivent et elles pèsent donc sur l’efficacité économique. Notre pays souffre en même temps de trop de rigidités et de trop d’insécurités qui l’empêchent de saisir toutes ses chances. »
Vœux aux Français « Les combats qui seront les miens », Jeudi 4 janvier 2007
Il y a une exaspération à laquelle il faut répondre.
« L’Etat démissionnaire n’est pas celui auquel je crois. Tous ces désordres et toutes ces insécurités minent le moral des Français et leur foi en l’avenir. Il est possible de faire autrement. La France doit faire place aux générations suivantes et assurer cette transmission qui est la condition de leur liberté et de leur responsabilité ultérieures, de leur inscription dans l’histoire collective et de leur capacité à en inventer demain la suite. »
Discours à Rodez, le 12 mai 2006
« La droite, c’est l’autoritarisme, l’injustice et le désordre qui en résulte. Je défends, moi, un ordre qui procède de la justice et une autorité fondée sur des valeurs partageables. Les règles respectées sont les règles respectables : celles qui s’imposent à tous et pas seulement aux uns pendant que les autres s’en affranchissent. (…)Dans les cités où le désespoir et la colère s’accumulent, dans le monde du travail où règne la peur d’être débarqué du jour au lendemain, dans l’ensemble de la société où le « descenseur » social semble inexorablement en marche, à la tête de l’Etat : partout, la droite sème l’injustice et crée le désordre. »
« Le pays attend le bon deal », Les Echos, le 19 mai 2006
« Trop de gens ont le sentiment d’être tirés vers le bas. Il y a aujourd’hui une attente exaspérée pour stopper le sentiment d’être rétrogradé. Le vécu quotidien de la violence est devenu trop prégnant. Il y a une forme de saturation, d’inquiétude permanente. Trop de gens sont exposés au qui-vive permanent : à l’école, dans les quartiers, dans les familles… Et qui sentent, même quand ils s’en défendent, parce qu’ils sont exaspérés par cette violence quotidienne, cette agressivité verbale, que, petit a petit, ils sont tirés, malgré eux, vers le rejet des autres. »
Discours de Lens, 16 septembre
« Il faut trouver des mesures nouvelles en restant fidèles à nos valeurs »
Soutenir les familles en difficulté :
« La droite aujourd'hui suspend les allocations familiales, c'est-à-dire les supprime pour les familles. La mise sous tutelle qui existe d’ailleurs depuis des années (…), ça consiste à faire en sorte que les dépenses continuent à se faire pour la famille, mais avec une personne qui suit ces dépenses et qui décide. Et lorsque la famille a repris ses marques, il s’agit d’ailleurs souvent de femmes seules, et la question de l’insécurité, c’est souvent une question de femmes…Car quand on est seule face à un, deux, même plusieurs adolescents, on est en grande difficulté, d’où l’idée des stages, des réseaux de parents, c'est-à-dire des parents qui se regroupent et qui sont épaulés par un travailleur social, pour faire en sorte d’assumer leurs responsabilités. Donc, c’est une mesure respectueuse des familles, mais qui cherche à les réinstaller dans leur position d’autorité parentale. »
France 2, Les 4 vérités, 2 juin 2006
S’appuyer sur les internats-relais :
« Est-ce que les socialistes peuvent accepter que des destins d’enfants se nouent dès la classe de 4ème et qu’on sache pertinemment que ces enfants vont finir délinquants ? Etre socialiste c’est refuser cette fatalité.
On les sort du collège parce qu’ils perturbent le collège et on les recadre dans des structures éducatives, dans un appartement de proximité parce qu’il ne faut pas disqualifier les parents. Les parents peuvent continuer à être associés aux encadrants qui vont reprendre les enfants, les lever à l’heure le matin, leur redonner des règles de vie en commun, leur faire faire leurs devoirs, faire en sorte qu’ils fassent du sport, des activités culturelles. Qu’est-ce qu’ils font les parents qui ont des moyens et qui ont des enfants en difficulté ? Ils les mettent où ? Dans des internats privés, très coûteux. Pourquoi les enfants issus des familles populaires n’auraient pas le droit d’avoir au bon moment un système qui les raccroche à la réussite scolaire ? Etre socialiste, c’est ne pas accepter la fatalité de l’échec scolaire pour les familles les plus déstructurées. »
France 2, Les 4 vérités, 2 juin 2006
07:59 Publié dans Ségolène a dit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.12.2006
CNIT
"Droite et gauche, aujourd'hui, sont à égalité dans les starting blocks. Tout va se jouer dans la campagne, avec une exigence plus forte à notre égard que pour la droite.
L'état de la France n'est pas bon. Il y a de multiples fractures, il y a de multiples ruptures, il y a une montée des brutalités et des violences. Parallèlement, on voit monter une forme de crédibilité du Front national.
Ramener à gauche le vote populaire : il est là l'enjeu de 2007, nulle part ailleurs.
La façon dont nous allons nous adresser aux Français les plus éloignés de la politique va compter énormément. Il faut s'adresser en priorité à cette France qui pense ne compter pour rien: les travailleurs pauvres, les invisibles, les gens de peu, à ces millions de Français victimes de la politique de la droite, qui n'ont pas envie de voter ou iront vers les extrêmes si notre campagne ne répond pas à leurs préoccupations. Tout l'enjeu de cette campagne est de raccrocher les Français qui décrochent vers le mouvement de la France qui avance. Si on arrive à faire ce lien et à être crédibles dans les propositions que nous ferons, à ce moment-là les gens nous feront confiance.
Nous allons construire le projet présidentiel avec les Français. Nous allons organiser jusque début février des débats participatifs dans toute la France. Pour attirer dans ces réunions des Français qui ne sont jamais venus dans une campagne, je vous demande d'être imaginatifs. Trouvez des lieux sympathiques. Ça peut être des petites micro-réunions dans un quartier, dans une rue, dans un bistrot, dans un appartement. Pourquoi pas une tente itinérante qui va dans des quartiers populaires ? Pas de bla-bla, pas de discours pour rien, pas de formules recuites! Ecoutez attentivement les mots que disent les gens, à côté de vous, dans votre famille, chez vos voisins, dans vos quartiers, chez les commerçants". Notez-les, parce que là on est dans la vérité de ce que les gens pensent. Il faut que ça soit joyeux, et même ludique. Les gens attendent désespérément un changement des pratiques politiques. Cette démarche, ne la négligez pas !
Après cette phase d'échange avec les Français, nous établirons en février une hiérarchie des priorités.
Cette campagne sera sérieuse, joueuse, belle, créative. Elle sera imaginative. Et elle sera gagnante !"
16:18 Publié dans Ségolène a dit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.11.2006
du concret ....
Bon, je viens d'écouter notre présidente, voila ce que je retiens .
Désir d'avenir était un galop d'essai , maintenant voila la chevauchée fantastique, Ségolène nous propose d'aller vers nos compatriotes dans une phase d'écoute , 4 thèmes sont proposéees :
Education , formation, travail
L'ordre juste
le pouvoir d'achat
L'environnement et le co développement
A poulainville , nous avons deja une certaine expérience .
Pour plus de précisions , écouter Ségolène sur :
http://www.segolene-video.org/index.php?video=0&size=1&ret=0
07:42 Publié dans Ségolène a dit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.11.2006
En avant...
Je remercie les militants du parti socialiste qui sont venus voter en masse et qui ont donné à toutes celles et tous ceux qui veulent que ça change la force d’y croire.
Je ne tire de ce résultat aucune gloire personnelle mais je mesure l’immense responsabilité de ne pas décevoir toutes celles et ceux qui espèrent.
L’élection présidentielle va à l’essentiel : la possibilité pour chacun de choisir son destin et de le maîtriser dans les turbulences du monde d’aujourd’hui.
Oui, la France peut reprendre la main. Oui elle peut croire suffisamment en elle, renouer avec le meilleur de son histoire, se projeter à nouveau dans l’avenir pour construire un destin commun.
Car les questions que se posent les Français, nous les connaissons : la pauvreté et la précarité sont-elles une fatalité ? Non – ces risques inédits, ces inégalités qui se creusent, ces fragilités qui déstabilisent même ceux qui se croyaient à l’abri, est ce là le visage inéluctable de la modernité ? Assurément pas.
Ces jeunes qui désespèrent de pouvoir vivre un jour de leur travail, ces salariés qu’on pousse vers la sortie bien avant l’âge de la retraite, ces familles qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts, à se loger correctement, à élever leurs enfants, et qui s’endettent pour faire face aux dépenses courantes, est-ce cela la condition promise aux millions d’ouvriers, d’employés, de salariés mais aussi d’artisans, de commerçants, de petits agriculteurs et de retraités qui forment l’immense majorité du peuple français ? Je ne le crois pas et je ne le veux plus.
Etre socialiste c’est garder au cœur une révolte intacte. Le socialisme, c’est mettre le progrès social au cœur de toutes les décisions politiques - le progrès social pour tous et le respect pour chacun. C’est l’Education au cœur de tout, encore l’Education, toujours l’Education. Le monde a changé, la France a bougé, alors la politique doit changer. Je veux non seulement incarner ce changement profond mais le construire avec tous. La politique doit partir de la réalité de la vie des gens, être attentive aux leçons que le peuple donne, comprendre que le citoyen est le mieux placé pour faire le diagnostic de sa vie et pour dire au nom de quelles valeurs la gauche doit agir.
La France doit donner à chacun les moyens de prendre effectivement son existence en mains. Voilà pourquoi les libertés individuelles appellent des solidarités et des garanties collectives à construire. N’ayons pas peur des idées neuves, puisons-les dans la vie quotidienne du peuple français, dans ses souffrances, dans ses difficultés mais aussi dans ses talents et dans ses formidables réussites.
La France doit saisir toutes ses chances et se redresser. Je veux lui donner cette fierté sans prétention inutile, qui l’aidera à rassembler ses forces et à écrire, avec tous les siens, une nouvelle page de son histoire. Je la vois créative, innovante, mais bridée de trop de lourdeurs et de méfiances, fragilisée par un Etat qui se désengage et qui devra demain assumer toutes ses responsabilités dans le cadre d’une autorité juste.
Je la sens, cette France, en avance sur ceux qui la gouvernent et qui se plaignent de son immobilisme. Les Français sont prêts aux réformes mais ils ne veulent pas consentir aux décisions qu’on leur impose sans les y associer ; ils ne sont pas partants pour des efforts qui, toujours, pèsent sur les mêmes. Etre socialiste et conduire une politique à gauche, c’est apporter la garantie permanente du recul des inégalités, des précarités et des insécurités. Parce que c’est comme cela que le pays sera plus fort dans la compétition internationale.
On nous répète que le pouvoir échappe à la nation, que la volonté politique peut de moins en moins, que ce n’est plus l’Etat-Providence mais l’Etat-minimal, faiblement protecteur qui serait dans le sens de l’histoire. Je crois moi tout le contraire. Je crois que la politique peut beaucoup et prouver jour après jour son efficacité. On nous dit que la mondialisation a disqualifié la nation et l’aspiration croissante à l’autonomie individuelle se ferait forcément au détriment du collectif. Je crois moi tout le contraire ; ce sont les solidarités collectives qui nous rendront plus forts. Ma conviction est à l’inverse de cette idéologie insidieuse : c’est au contraire, en restant fidèles à nous-mêmes que nous pourrons résister le plus efficacement aux vents mauvais d’un libéralisme sans foi ni loi et en même temps saisir l’ensemble des opportunités d’une mondialisation qui porte dans ses flancs le pire et le meilleur, selon ce que nous saurons en faire. Et je veux pour la France faire en sorte que ce soit le meilleur.
Imaginer la France, c’est la tâche nouvelle que je propose aux Français. Car ne lui renvoyer que l’image de son déclin et la sommer sans cesse de renoncer à son exception, de se banaliser et de s’aligner sur les pays où, paraît-il, le marché sans entrave pourvoirait au bonheur de tous, faire cela, c’est rendre à la France un bien mauvais service et attiser l’exaspération des Français. A cette façon de faire, il faut mettre fin. Car je crois qu’il y a beaucoup à corriger dans le fonctionnement de nos systèmes de solidarité mais pas pour les amoindrir : pour les rendre plus efficaces. Je crois que nous devons incarner l’ambition d’une France économiquement dynamique et socialement plus solidaire.
Oui, imaginer la France, c’est à cela que je vous invite car elle s’est beaucoup transformée, diversifiée et colorée sans encore admettre totalement ce qu’elle est devenue. Et pour en tirer parti et fierté, la France doit achever de reconnaître comme ses enfants légitimes, tous ces jeunes dont les familles sont venues d’ailleurs et qui sont aujourd’hui des Français à part entière quoique toujours exposés aux discriminations. C’est cela notre tâche: aider la France non seulement à s’accepter telle qu’elle est mais à voir dans sa diversité une formidable énergie. Une nouvelle donne avec tous les jeunes, dans la diversité de leurs talents, est à bâtir. L’honneur de la République et la fidélité de la France à ses idéaux, c’est la lucidité d’une histoire partagée dans une France respectueuse de toutes les mémoires et accueillante à tous les siens, nés ici ou ailleurs. Ce n’est jamais quand elle oublie ses valeurs mais quand elle les prend au mot et reste fidèle à elle-même que la France peut aussi, au delà de ses frontières, parler de l’Europe et à l’Europe, parler du Monde et au Monde.
Car la nation pour la gauche est indissociable d’une perspective plus large. Car nous sommes de ce pays, la France, qui vota la liberté du monde et où l’on fit une constitution en pensant à l’univers entier. C’est en donnant aux peuples l’exemple et le signal de la justice et de l’humanité que la France se ressemble et se rassemble.
Regardez l’histoire de France : c’est toujours quand le peuple s’y met que la France avance et bâtit un nouvel avenir. Et aujourd’hui, je sens que le peuple s’y est mis et que ce mouvement va continuer. Je crois que la France peut puiser dans la meilleure part de son passé des valeurs pour ses combats d’aujourd’hui, à commencer par celles-ci : de fortes raisons de croire en elle. Pour tirer le pays vers le haut, il faut bien sûr comprendre les changements du monde alentour, mais il faut d’abord aimer la France, cette idée toujours neuve, et vouloir que les Français s’aiment en elle.
Nous allons gravir la montagne jusqu’à la victoire.
Aujourd’hui c’est un beau jour pour partir au combat car nous sommes portés par un mouvement populaire généreux et heureux qui sent que nous sommes soutenus par une cause qui est plus grande que nous. Je lance aujourd’hui un appel à tous les Français, hommes et femmes de notre pays. Rassemblez-vous, mobilisez-vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour notre pays, imaginons ensemble une France qui aura le courage d’affronter les mutations sans renoncer à son idéal de liberté, d’égalité et de fraternité. Pour un ordre juste, contre tous les désordres injustes qui frappent les plus faibles, pour des énergies positives qui se rassemblent et des libertés nouvelles à inventer.
Mettons nous en mouvement pendant six mois au cours desquels il nous faudra investir toute notre énergie et tout le fruit de nos échanges avec les Français, et je vais continuer comme je l’ai fait depuis plusieurs mois.
Avec toute la force de nos convictions socialistes pour unir toute la gauche dans sa diversité puis rassembler une majorité de Français dans un même désir d’avenir
21:48 Publié dans Ségolène a dit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
c est reparti
"Je voudrais simplement vous dire tout le bonheur que je ressens. Je suis très heureuse et je vis intensément ce moment de bonheur. Je mesure l'honneur qui m'est fait aujourd'hui par tous les militants qui sont venus massivement voter. (...) Ils sont en train de me donner un élan et, ça, je veux les en remercier du fond du coeur.
"L'heure maintenant sera au rassemblement, je vous en reparlerez demain. Ce que je veux simplement faire, c'est méditer et vivre pleinement ce moment de bonheur.
"Je mesure aussi le fait de recevoir cet élan, d'être choisie de cette façon-là, c'est quelque chose d'extraordinaire. Je pense que le peuple français a écrit cette histoire. C'est le peuple qui s'est mis en mouvement, ce sont les militants de base qui se sont mis en mouvement et qui aujourd'hui me donnent cette force, me donnent cet élan.
"Je voudrais leur dire qu'ils ne seront pas déçus, que nous allons construire ensemble quelque chose d'extraordinaire, que la France va écrire une nouvelle page de cette histoire et que c'est le peuple français qui est en train d'écrire cette histoire.
"Et, fidèle aux valeurs qui sont les miennes, d'écoute, d'attention, de regard sur la réalité telle qu'elle est, je vais continuer de la même façon.
"Je vais rester moi-même pour que ceux qui aujourd'hui me font confiance, parce que je sais qu'autour des militants socialistes il y a eu plein de gens qui ont parlé aux militants socialistes, qui ont dit: 'il faut lui donner de la force, il faut lui donner du mouvement, il faut la mettre en situation d'aborder l'élection présidentielle dans les meilleurs conditions par rapport à l'aspiration profonde du pays qui a envie que ça change'.
"Je veux incarner ce changement, lui donner de la crédibilité, lui donner de la légitimité et je crois que ce soir cette légitimité m'est aujourd'hui apportée et j'en remercie du fond du coeur les militants socialistes. Parce que demain je vais avoir comme tâche de les rassembler tous, y compris ceux qui n'ont pas voté pour moi, je compte sur eux.
"Chaque militant socialiste va être utile dans cette bataille difficile, chaque militant socialiste doit être à son poste, si on veut autour des socialistes rassembler toutes les forces de gauche, un maximum de force de gauche dès le premier tour des élections.
"Nous avons six mois de travail devant nous. Ces six mois vont être utilisés de façon intensive, de façon participative. Je vais, avec les militants socialistes, remettre le peuple français au coeur du projet des socialistes pour le mettre en mouvement, pour apporter des précisions, pour dire dès aujourd'hui ce que nous ferons demain si les Français m'accordent leur confiance.
"Cette confiance, elle se mérite. Et aujourd'hui je repars de la base pour remonter la montagne et gravir cette montagne avec les militants socialistes qui m'apportent leur confiance, avec tous les Français qui ont envie que ça change et nous allons tous ensemble gravir cette montagne jusqu'en mai 2007
09:49 Publié dans Ségolène a dit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.11.2006
slogan
Elle a conclu en évoquant "les nourritures intérieures sans lesquelles on ne peut rien, les nourritures spirituelles sans lesquelles on ne peut pas avancer: "fraternité, humanité, générosité, authenticité
07:25 Publié dans Ségolène a dit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.11.2006
JDD
quelques jours du vote des militants pour la désignation du candidat du Parti Socialiste, Ségolène Royal a accordé cette interview au Journal Du Dimanche.
Trois femmes démocrates, dont
Hillary Clinton, viennent d’émerger du scrutin américain. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
L’arbre ne doit pas cacher la forêt. Il ne faudrait pas accréditer l’idée que l’accès des femmes aux responsabilités est une chose acquise. De plus, le jour où trois femmes démocrates émergent aux Etats-Unis, on apprend qu’en France, une femme est violée toutes les deux heures. Il y a encore tellement à faire contre ces violences cachées faites aux femmes, contre le harcèlement sexuel, les inégalités salariales… La question des femmes n’a donc pas beaucoup progressé. Je pense même le contraire, quand j’observe que 80 % des travailleurs précaires sont des femmes.
Cependant, le fait qu’une femme puisse être candidate à l’Elysée ne montre-t-il pas un progrès ?
Je crains qu’on ne se réjouisse trop vite e t qu’à partir de quelques symboles, on se dise: « Voilà, c’est fait », alors que les résistances machistes sont fortes. Au plus profond de certains hommes, il y a antinomie entre l’exercice de l’autorité et du pouvoir, et lefait d’être une femme. On voit d’ailleurs ressortir des plaisanteries douteuses.
Quel bilan tirez-vous de ces débats que vous craigniez au départ ?
Le parti a pris le risque d’affaiblir son candidat. Doutant de mes capacités, ce sont les deux autres qui ont voulu ces débats. Et s’ils en ont exigé six, c’est qu’ils pensaient que je ne tiendrais pas la distance. Finalement,
les militants ont permis que tout se déroule correctement et moi, j’ai refusé de répondre aux attaques très violentes dont j’ai été l’objet. Si j’étais tombée dans la polémique, cela aurait pu très mal se terminer. Or, à l’issue de ce processus, ma légitimité n’est plus contestable, et le PS en sort grandi. C’est bien.
Que pensez-vous de la vidéo qui circule sur le Net et dans laquelle vous affirmez que les enseignants devraient être présents 35 heures par semaine au collège, au lieu de donner des cours de soutien dans le privé ?
Ce sont des méthodes de fin de campagne. Je les déplore. Les questions d’éducation méritent mieux que ce genre de procédé. Je pense qu’une vraie révolution éducative est nécessaire pour lutter contre l’échec scolaire. Je préconise donc que les moyens à donner à l’éducation et à l’organisation du travail dans les collèges fassent l’objet d’un débat approfondi dès la campagne présidentielle et que l’on réponde au besoin de soutien scolaire individualisé. Je redis ici toute l’estime et la confiance que j’ai dans les enseignants.
Ces mauvaises méthodes ne compromettent-elles pas le rassemblement des socialistes derrière le vainqueur ?
Plus la participation sera forte, plus le score sera net, et mieux les socialistes pourront se rassembler. C’est pourquoi la désignation du candidat, largement et dès le premier tour, est indispensable pour combattre la droite et les dégâts de sa politique.
Etes-vous rancunière ?
Non, pas assez, c’est peut-être ma faiblesse. Mais comme je vais de l’avant, je ne traîne pas avec moi les scories du passé, toutes les méchancetés, les humiliations…
Pourquoi les militants voteraient-ils pour vous jeudi soir ?
Mais parce que je peux gagner! Je suis la seule à pouvoir l’emporter sur la droite. J’incarne le changement profond que réclament les gens. Pour beaucoup, je suis la candidate contre les pouvoirs en place, contre les pesanteurs, contre ceux qui se pensent propriétaires de la chose publique. Il y a un côté insoumission chez mes partisans. Que la symbolique du père de la nation puisse être une femme, ça, c’est une révolution!
Vous sentez-vous prête à affronter le débat, vraiment contradictoire celui-là, avec des adversaires de droite ?
Tout à fait, le débat sera plus clair, donc plus motivant.
Nicolas Sarkozy ne vous fait-il pas peur ?
Mais c’est aux Français qu’il fait peur!
Même s’il reprend certaines idées du projet du PS, comme le remboursement des aides publiques par les entreprises qui délocalisent ?
Il n’y a pas de risques de nous confondre. On ne fera pas une seconde fois aux Français le coup de la fracture sociale. Mais pourtant, son thème de la rupture paraît marcher… Les gens ont tellement besoin de croire au changement, de croire à l’efficacité du politique! Précisément, si je mène une bonne campagne, je saurai faire la différence.
La campagne sera-t-elle à nouveau axée sur la sécurité ?
Moi, je suis axée sur les problèmes du pays: la relance de l’emploi, la lutte contre toutes les formes d’insécurité, mais aussi l’aide à ceux qui décrochent. Je veux tenir les deux bouts de la chaîne. Les sécurités quotidiennes sont le problème majeur des catégories populaires. Ceux qui, au PS, m’ont traitée de « deuxième Sarkozy », sont à côté.
Ce thème de la sécurité renforce-t-il le vote Le Pen ?
La question que je me pose c’est comment ramener les électeurs d’extrême droite dans le giron républicain ? Parmi les électeurs de Le Pen, une partie, la moins nombreuse, adhère à ses idées. Les autres votent par colère. Il n’y a pas de honte à s’adresser à eux, le Front national n’est propriétaire d’aucun électeur. L’important, c’est d’être vrai. Je ne veux pas revivre le 21 avril 2002.
Le Pen doit-il avoir ses 500 signatures ?
C’est son problème.
Si vous êtes désignée par le PS, comment comptez-vous rassembler la gauche ?
Je crois à notre force de persuasion, et je fais le pari de rassembler un maximum de personnalités dès le premier tour. C’est mon côté idéaliste. Je ne suis pas inquiète et je m’attellerai à cette tâche immédiatement, si je suis désignée.
Et Jean-Pierre Chevènement ?
J’ai bon espoir de le convaincre, dès lors qu’il se sentira respecté dans son itinéraire et ses convictions, qui font partie du patrimoine de la gauche.
Un rapprochement avec François Bayrou est-il envisageable ?
Il est hors de question de nouer des alliances d’appareil avec la droite. Mais il peut y avoir des convergences sur des projets de loi. On appelle cela des majorités de projets.
Vos détracteurs vous soupçonnent de vouloir transformer le PS en parti de supporteurs?
Qu’il y ait des supporteurs ne me choque pas, ce sont eux qui m’ont soutenue. Je respecte suffisamment les adhérents pour penser que, s’ils peuvent être des « supporteurs », c’est parce qu’ils ont des convictions.
Interview Pascale Amaudric et Florence Muracciole
07:56 Publié dans Ségolène a dit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.11.2006
toulouse
"L'engagement socialiste commence par un cri de révolte. Etre socialiste c'est garder au coeur cette révolte intacte, ne jamais laisser les habitudes ou les calculs en éteindre la flamme.
Etre socialiste, c'est agir en sachant que tout se tient, la lutte contre la précarisation du travail, le refus de l'écrasement du pouvoir d'achat pour les salaires et les retraites, le soutien aux familles fragilisées...".
"Etre socialiste, c'est comprendre son époque et poser des mots justes sur les souffrances et les espérances des Français, notamment ceux qui se sont éloignés de nous.
Ségolène Royal a évoqué la mondialisation "et le chaos qu'elle peut devenir, abandonnée aux seules forces du marché, quand chacun se replie, dresse des barrières, installe des miradors aux frontières, et l'autre devient un intrus et pour finir un ennemi".
"Un fleuve entretenu et organisé irrigue et donne la vie, un fleuve délaissé détruit tout sur son passage, à nous socialistes de construire les digues du nouveau monde.
J'assigne à l'action publique une obligation de résultats, c'est le meilleur rempart contre le populisme. On n'exerce plus le pouvoir aujourd'hui comme hier. Il ne s'agit pas de substituer une technocratie de gauche à une technocratie de droite.
La bataille de 2007 sera rude mais sera belle, je ne la crains pas, car ce n'est pas une aventure individuelle mais un combat collectif".
07:43 Publié dans Ségolène a dit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.11.2006
appel
Chères amies, Chers amis,
Mobilisons-nous plus que jamais.
Les semaines à venir ont un objectif, Le voici : mobiliser pour la
plus forte participation le jeudi 16 novembre.
Ne laissons pas le débat dériver.
Je vous demande de rappeler à tous notre détermination à conserver
sa dignité au débat. Que toutes les réunions dans les Fédérations
et les Sections se déroulent dans cet esprit de camaraderie qui est
notre bien commun. Et enfin, que tous les militants se mobilisent
pour voter massivement le jeudi 16 novembre !
Ne laissons pas étouffer les idées neuves.
Mes principes et ma démarche je les ai affirmés tout au long de mes
contacts et visites dans les Fédérations, je les ai explicités
notamment dans ma déclaration de candidature à Vitrolles ou à
Frangy. Vous pouvez d'ailleurs trouver ces élèments sur le site
"Désirs d"Avenir". Notre Parti a toujours été un laboratoire
d'idées et ceux qui ont réclamé le débat ne peuvent pas aujourd'hui
le fuir en diabolisant ou ridiculisant des idées neuves que les
Français qui se sont éloignés de la gauche attendent parfois
désespérément. Je ne veux pas, comme vous, revivre un 21 avril 2OO2
et je maintiens que "le peuple s'intéresse à la politique quand la
politique s'intéresse à lui".
Mes idées qui sont reprises et qui font débat ou polémique ne sont
pas des" ballons d'essai". Elles sont déjà installées et cohérentes
avec le reste mais le contexte leur donne un écho très fort dans
les médias. Pour que vous ayez plus vite des arguments une cellule
de veille est mise en place par les porte-parole pour réagir dans
la journée. Par exemple le concept de jury citoyen est venu dans un
débat avec les jeunes à la Sorbonne qui demandaient comment
s'intéresser à la politique entre deux votes. J'ai alors expliqué
toutes les palettes de la démocratie participative dont les jurys
citoyens, qui sont des observatoires des engagements ou des lieux
de conseil. J'avais déjà évoqué le sujet en 2OO2 au nom du groupe
socialiste ! Mais l'impact de ce mot et le débat qui a suivi
doivent être positivés comme le révélateur d'une soif de comprendre
et d'inventer des réponses à la crise démocratique.
Les quinze jours qui viennent doivent nous permettre de gagner la
bataille de la mise en cohérence avec une sincérité sans faille.
Vous pouvez compter sur moi. Avançons, incarnons le changement.
Nous sommes porteurs de cette mutation, avec sérénité et c'est pour
cela que nous gagnerons.
Amitiés fidèles.
Ségolène
09:32 Publié dans Ségolène a dit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.10.2006
profession de foi
Profession de foi de Ségolène Royal pour sa candidature pour l'investiture du Parti socialiste
Chères, chers camarades,
Au moment où je soumets ma candidature à vos suffrages, je voudrais vous dire à quel point je ressens ce mélange de gravité et de bonheur.
En effet, si vous en décidez ainsi, vous me confierez la plus belle des missions, celle d’incarner le changement et l’ardent devoir de victoire, en donnant aux Français un désir d’avenir.
Ce sont les socialistes qui peuvent accomplir l’audacieuse révolution de porter une femme à la tête de l’Etat et de parachever ainsi leur idéal de parité et de modernité.
La campagne sera victorieuse si nous le méritons. Beaucoup de Français ont le sentiment de ne plus être ni écoutés ni compris. La rénovation des méthodes, l’exigence d’écoute et de participation, les réformes précises et crédibles, les réponses apportées aux inquiétudes des catégories populaires détermineront non seulement le résultat pour gagner, mais surtout la confiance pour réussir.
Forts de nos convictions socialistes, nous sommes capables de rassembler toute la gauche et de mobiliser les Français.
Nous croyons, nous socialistes, que la globalisation financière appelle le renforcement de l’Etat : c’est la droite qui fait le choix de son désengagement et de la paupérisation des services publics.
Nous croyons, nous socialistes, que l’angoisse du lendemain et la précarité ne sont pas une fatalité : c’est la droite qui, par ses choix, fabrique de l’insécurité sociale.
Nous croyons, nous socialistes, que la société de la méfiance, des ghettos et des communautés rivales n’est pas une fatalité : c’est la droite qui affaiblit la République et porte atteinte au pacte social et à la laïcité.
Nous croyons, nous socialistes, que l’arrogance de gouvernement, le mensonge d’Etat et le mépris des citoyens ne sont pas une fatalité : c’est la droite qui fait le choix de l’autoritarisme, de la confusion et de l’irresponsabilité des pouvoirs, attisant la crise démocratique.
« Refuser le cercle de fatalité, le cercle de fer » disait Jaurès. C’est d’abord cela, le socialisme : s’arracher à la pesanteur des habitudes, porter une exigence de justice et de transformation sociale, garder au cœur une révolte vive.
Avant d’embrasser l’idéal socialiste, chacune et chacun d’entre nous s’est élevé contre une injustice qui lui semblait insupportable. Notre passion de l’égalité se nourrit de la flamme de ces refus.
Pour moi, ce fut le rejet de la place assignée aux femmes par la tradition qui m’a ouvert les yeux et a forgé à jamais mon engagement. De la maîtrise par la femme de son corps jusqu’au combat encore inachevé pour l’égalité professionnelle et politique, sans oublier le sort fait aux femmes asservies dans trop de pays du monde, ce combat illustre tous les autres. Mon adhésion au socialisme s’est aussi nourrie du spectacle révoltant d’une hiérarchie sociale où le privilège de quelques-uns l’emportait sur le droit de tous.
Et ce double refus m’a amenée à la certitude que l’émancipation passait par l’école et par la lutte jamais achevée pour une juste répartition des richesses.
Me présentant à vos suffrages, je crois honnête de vous dire quelques mots de ce que m’a appris l’expérience politique.
Je n’oublierai jamais l’allégresse de la campagne de 1981. J’ai eu la chance d’y participer, puis de travailler à l’Elysée tout au long du premier septennat de François Mitterrand.
Elue députée sans discontinuer depuis 1988 d’une circonscription rurale, je me suis battue pour l’égalité des territoires, affrontant le poids des conservatismes.
Dans mes fonctions ministérielles, je crois avoir démontré ce que signifie la morale de l’action et de l’efficacité.
Ministre de l’Environnement, j’ai agi avec fermeté contre les lobbys (loi sur l’eau et sur les déchets), mené des négociations âpres, notamment au Sommet de la Terre de Rio, et déjà soutenu les énergies renouvelables.
A l’Enseignement scolaire, dans le gouvernement de Lionel Jospin, je me suis battue pour une école plus juste, contre les violences scolaires, pour l’accès gratuit à la pilule du lendemain et pour l’intégration des enfants handicapés.
A la Famille, j’ai refondé une politique de gauche, réformé l’accouchement sous X, reconnu l’association des parents gays et lesbiens et favorisé la parité entre les deux parents, avec le congé de paternité.
Présidente de Région, après avoir battu l’équipe de Jean-Pierre Raffarin, j’agis avec une majorité de gauche pour renforcer les solidarités, libérer les énergies et faire vivre une démocratie participative. Et j’en tire chaque jour la conviction qu’il faudra aller jusqu’au bout de la décentralisation.
Aujourd’hui, nous avons un grand rendez-vous démocratique.
Je sais la dureté du combat qui s’annonce.
Je ne la crains pas.
Car, je mesure l’espérance qui se lève dans le pays.
J’ai confiance dans notre capacité à joindre nos forces et à rassembler la gauche.
Ensemble, nous mériterons la confiance des Français et nous accomplirons ce changement profond qu’ils attendent : un pays créatif et accueillant à tous les siens et fier de sa diversité ; un Etat au service des citoyens garant d’un ordre social juste et de sécurités durables.
Le projet socialiste fixe les axes de notre politique pour la France et précise les engagements du prochain quinquennat. C’est notre projet, c’est notre bien commun.
De toutes les perspectives exigeantes qu’il ouvre, je retiendrai ici celles qui sont à mes yeux essentielles et que je porterai avec mes mots et mes convictions :
- Pour l’emploi : seule la gauche est capable de relancer la croissance et la confiance en augmentant le pouvoir d’achat car la justice sociale n’est pas un handicap mais un facteur de compétitivité, en investissant dans la recherche et l’innovation, en choisissant résolument l’excellence environnementale, riche d’activités et de métiers nouveaux.
- Pour le pouvoir d’achat : les socialistes doivent moins taxer le travail que le capital. Pourquoi, sinon, se proclamer socialistes ? La gauche ouvrira donc une conférence salariale qui, au-delà de la nécessaire et évidente augmentation du SMIC, confortera tous les salariés, et notamment les plus modestes, dans leur travail et renforcera aussi notre économie. Le succès de cette conférence les incitera puissamment à adhérer au syndicat de leur choix. Mon objectif, c’est qu’avec un syndicalisme de masse, une démocratie sociale fondée sur des règles se mettra en place.
- Pour l’école : l’égalité réelle, c’est de tenir pour tous les élèves la promesse républicaine de réussite. C’est une offre scolaire de qualité sur tout le territoire, c’est le refus que la ségrégation scolaire redouble la ségrégation spatiale et urbaine. C’est le service public de la petite enfance, la lutte contre le décrochage scolaire, des moyens renforcés pour ceux qui en ont le plus besoin, un soutien scolaire individuel et gratuit, l’augmentation de la présence adulte dans les établissements. La France doit aimer tous ses enfants, d’où qu’ils viennent, où qu’ils aient grandi, dans la diversité de leurs talents. Les jeunes sont notre avenir, et je ne me résignerai jamais à regarder un enfant ou un adolescent, quoi qu’il ait fait, comme perdu à jamais. Il nous revient, à nous adultes, de leur rendre la confiance lorsqu’ils la perdent, de les remettre sur le chemin lorsqu’ils dévissent. Fermement et affectueusement.
- Pour l’excellence environnementale : je veux faire de la France un pays exemplaire en Europe et dans le monde dans la lutte contre le réchauffement de la planète, la gestion de l’eau, la priorité aux énergies renouvelables, le développement des transports propres, le traitement des déchets et la mise en place d’une véritable fiscalité écologique.
- Contre la violence : nous devons être lucides et implacables contre toutes les délinquances et contre toutes les causes qui conduisent aux comportements délinquants. Ce sont nos concitoyens les plus démunis qui en sont les principales victimes ; ceux qui souffrent ne doivent plus être abandonnés à leur sort.
Avec vous, je veux une France qui retrouve sa place en Europe et dans le monde.
Quels qu’aient été nos votes lors du referendum de l’an dernier, nous voulons une Europe plus concrète, plus protectrice, et donc moins libérale : une fiscalité écologique, un vrai gouvernement économique qui ne soit plus soumis à la Banque centrale européenne, une régionalisation de la PAC, une réforme du Pacte de stabilité.
Dans un monde instable où le terrorisme et le risque de dissémination nucléaire menacent la paix, alors que les peuples aspirent à la justice et à la dignité, la France doit renforcer son rôle. Aider les pays pauvres à vaincre la misère en les traitant comme des partenaires égaux et en conduisant avec eux un co-développement efficace : cette utopie concrète est à notre portée et la France doit en donner l’exemple, pour construire ainsi, également, une politique d’immigration partagée.
Pour assurer le succès de notre projet, nous avons besoin d’une nouvelle République qui s’appuie sur une démocratie représentative rénovée, et la fin du cumul des mandats, sur une démocratie plus participative, et sur une décentralisation aboutie. Décider aujourd’hui, et notamment au plus haut niveau de la République, c’est assumer pleinement sa responsabilité, partager le pouvoir, l’organiser démocratiquement et reconnaître à chacun un droit égal à s’occuper des affaires communes.
Voilà ce que je vous propose de réaliser ensemble.
Voilà le sens du combat que je suis prête à conduire avec vous.
Fidèlement.
Ségolène ROYAL
21:29 Publié dans Ségolène a dit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.10.2006
vitrolle
Seule, je ne peux rien, mais si nous sommes de plus en plus nombreux, alors tout devient possible !
Chers amis, chers camarades,
Merci d’abord pour le bonheur de votre présence.
Merci aux organisateurs de cette soirée, Eugène Caselli et Patrick Menucci, les artisans inlassables d’un soutien des premiers jours qui n’a jamais manqué.
Merci pour la présence de nombreux élus d’ici, de ce département, et d’ailleurs, que je reconnais dans la salle.
Et puis merci à toi, Jean-Noël, dont les mots justes et forts viennent de faire écho à ceux de Pierre Mauroy et de nombreux élus et militants du Nord qui m’ont rejointe hier. Beau symbole : le Nord et le Sud en mouvement pour nous entraîner vers 2007.
Vous m’avez déjà accueillie ici, il y a six mois, avec Guy Obino, le maire de Vitrolles, le 24 mars dernier. Et déjà : cet incroyable accueil, cette chaleur incomparable, cette énergie militante et fraternelle.
Ces retrouvailles avec les Bouches du Rhône interviennent tout près du vote au sein du Parti Socialiste. Dans quelques semaines, les militants désigneront celui ou celle qui aura le devoir de victoire. Pour faire gagner la gauche et faire avancer la France.
J’entends ces appels dont Jean-Noël a parlé.
Je ferai tout pour en être à la hauteur.
Je mesure, dans ces soutiens, l’honneur qui m’est fait.
Je n’en tire aucune gloire personnelle.
Seule, je ne peux rien, mais si nous sommes de plus en plus nombreux, alors tout devient possible !
Depuis des mois que je parcours la France et ma région, je vois ces foules sentimentales et joyeuses, comme ce soir, j’aperçois beaucoup, beaucoup de femmes, j’apprécie cette alliance entre les anciens et les jeunes, de nombreux, très nombreux jeunes : vous êtes notre avenir et avec vous, nous définirons une nouvelle donne.
Alors ici, au milieu des militants et des Français,
je réponds à ta question, Jean-Noël.
Avec simplicité. Avec gravité aussi.
Consciente du poids des mots et de l'importance de l'acte.
Oui, j'accepte d'assumer cette mission de conquête pour la France
et les épreuves qui vont avec, dont je veux protéger ma famille.
Et donc de me présenter au vote des socialistes,
puis, je l'espère, au jugement des Français
en gagnant, par le mérite, leur confiance en avril 2007.
Accomplir le changement profond espéré, incarner la nation, puis bien faire fonctionner l'Etat, telle est la tâche qui nous attend.
J’apprécie de m’adresser à vous dans cette ville, symbole de la reconquête républicaine par la gauche, pour vous parler de la nation qui tient fermement debout, de la République pour tous et de l’autorité d’un Etat efficace.
Vous le savez mieux que personne, Vitrolles a vécu le pire : l’arrêt brutal des solidarités municipales, la guerre déclarée à la culture et au mouvement associatif, les quartiers populaires mis à l’index, la tentative d’instaurer une politique familiale discriminatoire, le racket des contribuables et des usagers et, pour couronner le tout, la faillite financière ! Ce devait être le laboratoire de l’extrême-droite. Ce fut le révélateur de son incompétence haineuse.
Il faut que les Français le sachent : ce n’est pas en les dressant les uns contre les autres que l’on redresse le pays.
Ce n’est pas trahissant la République qu’on relève la nation.
Au contraire.
L’élection présidentielle va à l’essentiel :
la possibilité de choisir son destin
et de le maîtriser dans les turbulences du monde d’aujourd’hui.
Oui, la France peut reprendre la main !
Oui, elle peut se protéger efficacement contre les désordres qui l’assaillent. Croire suffisamment en elle, renouer avec le meilleur de son histoire, se projeter à nouveau dans l’avenir et construire un avenir commun.
Car les questions qui se posent aux Français nous les connaissons.
La pauvreté et la précarité sont-elles une fatalité ? Non !
Ces risques inédits, ces inégalités qui se creusent, ces fragilités qui déstabilisent même ceux qui se croyaient à l’abri, est-ce là le visage inéluctable de la modernité ? Non plus !
Ces jeunes qui désespèrent de pouvoir vivre un jour de leur travail,
ces salariés qu’on pousse vers la sortie bien avant l’âge de la retraite,
ces familles qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts, à se loger correctement, à élever leurs enfants, et qui s’endettent pour faire face aux dépenses courantes,
est-ce cela la condition promise aux millions d’ouvriers, d’employés, de salariés mais aussi d’artisans, de commerçants, de petits agriculteurs qui forment l’immense majorité du peuple français ?
La mondialisation sonne-t-elle le glas du rôle de l’Etat et condamne-t-elle la nation ? La globalisation financière met-elle forcément à bas les protections sociales ? Non !
Les socialistes ne le veulent pas et ce sont là les combats qu’il faudra mener.
Ce désir de France que nous gardons au cœur n’est pas condamné à dépérir : il constitue un atout pour les combats d’aujourd’hui.
Et cette « passion de l’égalité », constitutive de notre identité, reste de nos jours le meilleur guide pour l’action.
Quand on demande aux Français ce qui, pour eux, symbolise le mieux la France, ce qui vient en premier ce ne sont ni les frontières ni la langue, c’est le drapeau tricolore et la sécurité sociale. L’emblème de la République et les outils de la solidarité : voilà ce qui cimente en premier l’appartenance commune.
Mais plus les insécurités sociales quotidiennes et la précarité gagnent du terrain, plus les Français ont mal à la France. Et plus ils s’inquiètent de la pérennité de la nation, moins ils sont portés à la vouloir généreuse avec les siens et hospitalière aux autres. Car, chez nous, on le sait, le social et le national marchent ensemble et c’est l’Etat qui est garant de leur alliance. Ce pacte républicain est aujourd’hui malmené, affaibli, parfois même frontalement remis en cause. Or les Français y sont attachés mais se demandent s’il est encore viable, et si oui, comment l’actualiser. Au nom de quelles valeurs, pour quelles sécurités nouvelles, en vue de quels équilibres ?
Je vous le dis : la campagne des élections présidentielles va permettre de refonder ce pacte républicain et d’apporter la preuve que la parole sera tenue. C’est pourquoi cette campagne devra être participative. Parce que ce pacte républicain doit être redéfini avec tous les Français. C’est parce que nous arriverons à faire lever leur parole pendant cette campagne que nous aurons ensuite l’obligation de respecter la parole donnée, qui a si souvent manqué au peuple français.
A toutes ces questions et à bien d’autres qui tenaillent les Français, à tous ces problèmes qui ne sont ni de droite ni de gauche – ce sont des problèmes, tout simplement - il y a bien des réponses de droite et des réponses de gauche.
Sur l’emploi stable, sur l’avenir de l’école, sur l’avenir des retraites, sur la santé, l’environnement, les conditions de travail, le logement, les transports, la culture, la sécurité publique et la lutte contre toutes les formes d’insécurité et de violence, dont le niveau jamais atteint est la marque de la faillite de la droite, oui, il y a des réponses efficaces et de gauche !
Le clivage droite-gauche n’a jamais été aussi pertinent qu’aujourd’hui, jamais aussi actuel. C’est à nous, à l’écoute des inquiétudes et des espoirs des Français, de construire avec eux et forts des orientations de notre projet socialiste l’alternative crédible à la politique de la droite dont le pays a besoin. Car les Français ne veulent pas d’une fausse rupture. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un vrai changement, appuyé sur un impérieux devoir d’invention, afin de construire le progrès pour tous et le respect pour chacun.
La droite et la gauche, cela vient de loin : de la naissance de la République. Cela structure de longue date deux visions du monde, deux attitudes opposées face au désordre des choses et aux injustices, deux conceptions du rôle de la puissance publique.
Pour la droite, au fond, les inégalités sont naturelles, elles sont le prix à payer pour le dynamisme du marché et chacun, d’où qu’il parte, est seul responsable de son point d’arrivée.
Pour nous, l’égalité ne se borne pas aux droits théoriques des citoyens devant la loi : le combat contre l’inégalité des chances et contre sa reproduction héréditaire est au cœur de notre engagement. Pour nous, « il faut subordonner , comme l’écrivait Jaurès, les lois brutales de la concurrence aux lois supérieures de la vie » et donner à chacun les moyens de prendre effectivement son existence en main. Voilà pourquoi, pour nous, la liberté et la responsabilité individuelle, qui sont aussi des valeurs de gauche quoique parfois trop délaissées, appellent le renforcement des solidarités et des garanties collectives et non pas leur affaiblissement. C’est cela qui nous distingue de la droite.
Le socialisme, c’est une histoire et une mémoire que nous avons reçues en héritage.
C’est une lignée dont nous sommes fiers.
Nous savons ce que les conquêtes sociales doivent aux luttes du mouvement ouvrier. Nous savons ce qu’il en a coûté de courage, de ténacité et de solidarités pour arracher une à une les premières lois sociales et aussi ce droit de grève, désormais garanti, mais qu’on voudrait, à droite et sous les acclamations du Medef, remettre en cause.
Ces luttes, si elles ont changé d’objectif, sont toujours d’actualité et plus que jamais nécessaires à l’échelle de la planète.
En célébrant cette année l’anniversaire du Front Populaire, nous nous souvenons de l’immense espoir de dignité et de vie meilleure qui souleva alors la France du travail. Une certaine droite de l’époque s’indigna des bals improvisés dans les usines. Mais le combat n’est pas moins respectable ou moins juste quand le plaisir et la fête sont aussi de la partie !
Pour nous, socialistes, un fil solide relie les espérances d’hier à celles d’aujourd’hui, ce qui n’empêche pas, comme le disaient les rappeurs marseillais d’IAM, «d’inventer le futur plutôt que sampler le passé ».
Bien sûr, le monde a changé.
Bien sûr, des questions nouvelles sont apparues depuis.
Etre fidèles au patrimoine vivant du socialisme, c’est faire dans le temps qui est le nôtre ce que nos prédécesseurs surent faire : ouvrir des droits nouveaux, créer des protections nécessaires, tenir ferme le cap du progrès social et inventer des libertés neuves.
Forts de leurs valeurs, nos grands anciens n’ont pas craint de porter sur leur époque un regard neuf car c’est aussi cela être socialiste : « le socialisme n’est pas une momie enveloppée de bandelettes doctrinales. Nous avons des idées directrices mais nous sommes un parti vivant, nous poursuivons notre œuvre de justice non dans le vide mais au travers des réalités multiples et diverses de la société présente ».
En regardant la réalité de la vie quotidienne.
Pour aller à contre-courant des pesanteurs et des frilosités.
François Mitterrand nous a rappelé que le socialisme n’est pas un dogme figé mais une méthode vivante.
Et nous sommes fiers, nous socialistes, de commémorer ces jours-ci le vingt-cinquième anniversaire de l’abolition de la peine de mort.
C’est parce que nous avons le courage de regarder la réalité en face que je crois, moi, la gauche plus capable que la droite d’assurer la sécurité des biens et des personnes tout en offrant aux jeunes qui dérapent autre chose que la prison pour les recadrer. C’est l’ordre juste et la sécurité durable.
Je crois, moi, que la gauche est plus capable que la droite de préparer l’avenir du pays, de faire éclore les activités et les emplois de demain en investissant massivement dans la formation, dans la recherche et dans l’innovation, qui ont été dramatiquement délaissées.
Je crois, moi, que la gauche est plus capable que la droite d’instaurer un ordre économique juste fondé sur un pacte à trois – entre les entreprises, les salariés et les pouvoirs publics – qui soutienne la compétitivité en misant sur le facteur humain, sur la formation professionnelle tout au long de la vie, sur la sécurité sociale professionnelle et sur l’excellence environnementale.
Je crois, moi, que la gauche est la seule capable de remettre l’éducation au cœur de tout, de remettre l’école d’aplomb, de remettre de la culture partout, sur tout le territoire, de donner à chaque enfant le droit à la culture et à une ambition scolaire ainsi qu’à la récompense de l’effort.
Je crois, mes chers camarades, que nous pouvons être des socialistes la tête haute, fiers de notre identité, sans sectarisme mais sans complexe.
Le parti socialiste devient - et deviendra pendant cette campagne - « un de ces lieux d’exception où l’on sait remettre en chantier l’examen du réel ». La feuille de route me convient. A vous aussi, j’en suis sûre.
Alors, quelle est elle notre responsabilité ?
C’est redresser le pays et lui redonner toutes ses chances.
Lui donner cette fierté sans arrogance qui l’aidera à rassembler ses forces et à écrire, avec tous les siens, une nouvelle page de l’histoire.
Car nous croyons à la France, à ses talents, à son potentiel, à sa jeunesse, à son goût d’entreprendre et à la solidité toujours actuelle de la nation, de l’Etat et de la République.
La France, je la vois créative, innovante mais bridée de trop de lourdeurs bureaucratiques et fragilisée par un Etat qui se désengage.
Je la sens en avance sur ceux qui la gouvernent et se plaignent injustement de son immobilisme. Non, les Français ne sont pas hostiles au changement ! Ils l’attendent même désespérément. Mais ils ne sont pas disposés, et ils ont bien raison, à accepter des décisions qu’on leur impose sans les y associer. Ils ne sont pas partants pour des sacrifices mal compris et mal repartis, qui pèsent toujours sur les mêmes. C’est pourquoi la démocratie participative est une façon de répondre à la crise démocratique.
La droite a le toupet d’appeler « réforme » - les mots n’ont plus de sens ! - le démantèlement des protections sociales et l’avènement d’une société du précariat, avec le CNE et sa tentative de CPE.
Mais cela, les Français n’en veulent pas et ils ont bien raison !
Car ce n’est pas moderniser le pays : c’est défaire la France.
Ils nous répètent que le pouvoir échappe à la nation,
que la volonté politique ne peut plus grand chose,
que ce n’est plus l’Etat-Providence mais l’Etat-minimal, faiblement protecteur, qui serait dans le sens de l’histoire.
Nous ne sommes pas d’accord !
Ils nous disent que la mondialisation a disqualifié la nation
et que l’aspiration croissante à l’autonomie individuelle
se ferait forcément au détriment du collectif national.
Nous ne sommes pas d’accord !
Ma conviction est à l’inverse de cette idéologie insidieuse :
c’est en restant au service des valeurs de justice et de progrès que nous pourrons résister le plus efficacement aux vents mauvais d’un libéralisme sans foi ni loi et saisir ensemble les opportunités d’une mondialisation qui porte dans ses flancs le pire comme le meilleur, selon ce que nous saurons en faire.
Je crois que la nation, dans le monde d’aujourd’hui, est protectrice des individus et doit apporter à chacun le renfort dont il a besoin pour maîtriser sa vie.
Cette nation remplissant son devoir à l’égard de tous ses membres, je ne la veux pas frileuse, apeurée, défensive, doutant d’elle-même, mais au contraire, porteuse d’un projet collectif et solidaire, d’un devoir d’invention qui lui donne tout son sens et tout son allant !
Imaginer la France, c’est vrai, ne va plus de soi et nous devrons le faire ensemble. Mais ne lui renvoyer que l’image de son déclin et la sommer sans cesse de renoncer à son « exception » pour se banaliser et s’aligner sur les pays où, paraît-il, le marché sans entrave pourvoirait au bonheur de tous, c’est rendre à la France un bien mauvais service et attiser l’exaspération des Français.
Je crois qu’il y a beaucoup à corriger dans le fonctionnement de nos systèmes de solidarité mais certainement pas pour les amoindrir : pour les rendre plus efficaces et plus justes. Je crois que nous devons incarner l’ambition d’une France économiquement dynamique et socialement plus solidaire.
Imaginer la France ne va plus de soi parce qu’elle s’est beaucoup transformée, pluralisée, diversifiée et colorée sans encore admettre totalement ce qu’elle est devenue.
Pour en tirer parti et fierté, la France, je vous le dis, doit achever de reconnaître comme ses enfants légitimes ceux dont les familles sont venues d’ailleurs et qui sont aujourd’hui des Français à part entière quoique toujours exposés aux discriminations.
Oui, la France doit non seulement les reconnaître comme ses enfants légitimes, mais s’appuyer sur eux comme sur tous ses enfants.
La France doit écouter ce qu’ils lui disent, notamment les moins nantis. Elle doit même comprendre ce qu’ils ne lui disent pas.
Jusqu'à quand parlera-t-on de 2ème, de 3ème ou de 4ème génération pour certains descendants d’immigrés alors qu’on ne le fait jamais pour ceux dont les parents sont originaires d’Europe ?
Jusqu’à quand parlera-t-on de Français « de souche » comme si les autres étaient… de feuillage ou de branchage ?
C’est cela aussi la tâche de la gauche : aider la France à se reconnaître comme elle est et à se reconnaître dans cette diversité humaine, une formidable chance pour nous tous.
L’honneur de la République, la fidélité de la France à ses idéaux, c’est aussi la lucidité d’une histoire partagée, dans une France respectueuse de toutes les mémoires, et accueillante à tous les siens, nés ici ou ailleurs.
C’est une France qui reconnaît, en 2001, l’esclavage comme crime contre l’humanité.
C’est une France qui demande, à juste titre, pardon pour la Rafle du Vel d’Hiv’ et le régime de Vichy.
C’est une France qui refuse de reconnaître des « aspects positifs » dans la colonisation, système de domination et d’asservissement.
Ce n’est jamais quand elle oublie ses valeurs mais, au contraire, quand elle les prend au mot et reste fidèle à elle-même que la France peut aussi, au-delà de ses frontières, parler du monde et au monde.
Car la Nation, pour la gauche, est indissociable d’une perspective plus large.
Car nous sommes de ce pays, la France, où l’on « vota la liberté du monde », où l’on fit une Constitution en pensant à l’univers entier.
Car «c’est en donnant aux peuples l’exemple et le signal de la justice » que la France se ressemble et se rassemble.
Je veux, avec vous, une France forte, qui retrouve sa place dans le monde et dans l’Europe. Parce que la France a besoin d’Europe pour mieux faire face aux dérives de la mondialisation. La France a besoin d’Europe pour être en paix à l’intérieur et sereine à l’extérieur, sans agressivité mais sans concession non plus sur ce que doit être son rôle.
Je m’oppose à une diplomatie rhétoricienne, sans crédit.
Je veux une diplomatie du partenariat exigeant, libre dans sa parole parce qu’un allié authentique est quelqu’un à qui on peut dire la vérité.
Je veux une France juste à l’extérieur de ses frontières car, dans un monde qui se déchire, hanté par les conflits de civilisation, la justice est ce à quoi nous aspirons tous à l’échelle de la planète, de Badgad à Kaboul ou à Guantanamo.
Pour agir efficacement pour la paix et la sécurité dans le monde,
pour agir contre la faillite des Etats et contre les trafics de toutes sortes,
il faut mettre le développement, la santé et l’éducation au cœur de notre politique étrangère.
Chers amis, chers camarades, le chemin sera long jusqu’à la victoire,
même si, somme toute, six mois c’est assez vite passé.
Mais c’est aujourd’hui un beau jour pour partir vers cette victoire,
portés par une cause plus grande que nous.
Rassemblons-nous,rassemblons la gauche,mobilisons-nous,
demandons nous ce que nous pouvons faire pour notre pays,
imaginons une France qui aura le courage d’affronter les mutations
sans renoncer à son idéal de liberté, d’égalité, de fraternité et de solidarité, pour un ordre juste, des énergies positives et des libertés nouvelles.
Pour tirer le pays vers le haut, il faut bien sûr comprendre les changements du monde alentours, mais il faut d’abord aimer la France, afin que les Français se retrouvent, heureux, en elle, avec un vrai désir d’avenir.
C’est à cela que je vous invite.
Tous ensemble, volonté et courage, en avant !
09:05 Publié dans Ségolène a dit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.05.2006
lyon
«Les gens sont inquiets. Pour qu'ils retrouvent le désir d'avenir, il faut le construire avec eux. L'intelligence, c'est l'ensemble des citoyens qui la détient.»
Lyon 09052006
18:45 Publié dans Ségolène a dit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.05.2006
Ambrun
Les Français ont envie de responsables politiques honnêtes, dévoués, animés d'une morale publique, au service des autres, capables de rendre des comptes",
Aimer son pays, c'est servir, et non pas se servir",
Oui, je tiendrai bon, parce que ce n'est pas de moi qu'il s'agit, mais parce qu'existe une espérance de changement que j'incarne aujourd'hui",
Aucun homme politique ne supporterait ce que j'ai à supporter", affirme-t-elle. "Mais je ne suis pas fragile derrière les apparences. Je suis une coureuse de fond, une barreuse de haute mer. Les épreuves, j'en ai connues, je les ai surmontées"
.
Cependant, la présidente PS de la région Poitou-Charentes affirme que les "obstacles" devant elle "sont nombreux", dénonçant des "attaques (...) violentes, haineuses, méprisantes". "Elles se retournent contre leurs auteurs qui, le plus souvent, appartiennent à la même famille politique que moi, ce qui est un comble", lance-t-elle, y voyant là le témoignage d'un "fonctionnement vieilli, dépassé, où les mesquineries, les peaux de banane ont droit de cité".
Ambrun Pas de Calais
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credo
je considère, moi;qu'il faut remettre une morale sociale collective au coeur du projet que nous devons porter dans les mois et les années à venir . Il faut mettre un coup d'arret à cette descente , il faut rompre avec ce défaitisme , avec ces alignements vers le bas . Et c'est possible ...Il faut rétablir un ordre juste par le retour de la confiance,par le retour de repères clairs, par le bon fonctionnement des services publics, par des règles d'honneteté qui soient les memes pour tous , pour les petits comme pour les grands , pour ceux d'en haut comme pour ceux d'en bas , afin qu'une sécurité durable se construise autrement qu'en dressant les gens les uns contre les autres , en dehors des provocations des violences verbales ministérielles qui ne sont que le signe d'une impuissance à garantir une tranquillité et une sécurité quotidienne
Mars 2006 ,Privas
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